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Lundi 4 juin 2018

Lundi 4 juin 2018

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L’événement – 1

par Serge Plenier

Un uniforme pour quoi faire ?

C’est un de ces débats dont la France a le secret. Depuis que des parents d’élèves se sont prononcés à la majorité pour l’uniforme à l’école, la question est devenue un sujet de société. Il est vrai que le ministre de l’Education soutient à demi-mot le projet.

Il faut d’abord remettre l’initiative à sa juste place. Le vote en question n’a concerné que les parents d’élèves de six écoles publiques de Provins qui ont été 376 à se prononcer pour l’uniforme (sur 609 votants). De plus, le vote, même s’il a reçu l’appui du maire de la commune n’a aucune valeur par lui-même. Le port de l’uniforme ne pourra être validé que par les conseils d’établissement, visiblement réticents. En somme, l’avenir de l’uniforme scolaire paraît quelque peu incertain.

Et puis il y a les objections, à commencer par le prix de l’uniforme en question : 145 euros, une somme bien lourde pour des budgets modestes. D’autres soulignent que cette initiative à vocation égalitaire se heurtera au comportement des enfants. Bien sûr, on ne portera plus de vêtements de marques, mais les enfants se rattraperont sur les marques de chaussures, sur les téléphones portables ou autres attributs. Ces stratégies de contournement sont d’ailleurs à l’œuvre partout où l’uniforme est déjà de rigueur, notamment dans les pays anglo-saxons. On croit échapper aux inégalités et aux discriminations, mais celles-ci réapparaissent toujours aux marges.
Enfin, les pédagogues soulignent que l’uniforme, s’il impose une façade d’égalité, ne règle pas le problème sur le fond. Certains parlent même d’une nostalgie factice puisque les écoliers français n’ont jamais porté l’uniforme, en dehors de quelques institutions prestigieuses.

Tout cela n’est pas faux, loin de là. Pour autant, l’idée de l’uniforme ne peut être écartée d’un revers de main. Elle a pour elle d’abord l’idée de favoriser l’intégration de l’élève dans une véritable communauté éducative. L’unité du vêtement pourrait préluder à l’unité du groupe.

De plus, il y a le caractère proprement symbolique. Porter l’uniforme d’un établissement, c’est reconnaître une distinction, voire une séparation entre le milieu éducatif et le monde du dehors. D’une certaine façon, on peut y voir un début de resacralisation de l’école.

Tout le monde est d’accord : le port de l’uniforme ne règlera pas les problèmes de l’école, mais il peut y aider, même modestement.


L’événement

par Jean-Gabriel Delacour

Et si l’Italie s’en sortait ?

Indépendamment des ambitions personnelles des nouveaux venus et des roueries de quelques madrés politiciens, l’Italie semble manifestement en train de mettre en place une nouvelle manière de gouverner. Passé le premier temps des interrogations et des supputations, on constate une fois de plus l’extraordinaire capacité de nos voisins à se réformer, même si ce n’est pas dans le sens souhaité par les cercles mondialistes et européistes, c’est-à-dire par ceux qui pensent que ne peut exister aucun salut en dehors de la liberté individuelle la plus totale et des échanges économiques et humains sans limite. Du coup, il n’apparaît aucunement déraisonnable de penser que, surmontant les difficultés actuelles — qui ne doivent certes pas se trouver sous-estimées —, l’Italie n’ouvre avec succès une nouvelle page de son histoire. En tout cas, la ferveur avec laquelle a été célébrée, le samedi 2 juin, la fête de la République a montré une nation désireuse d’aller de l’avant avec les nouveaux dirigeants issus des dernières élections. Ce n’est pas parce que s’expriment des incertitudes et que se font jour des incohérences que l’Italie va disparaître.

Il convient ainsi de prendre garde aux idées reçues et aux imprécations tenant souvent lieu d’analyse. Ainsi en France, on a pris l’habitude de regarder avec condescendance les Italiens. Quand on y ajoute, ces derniers temps, des menaces plus ou moins voilées concernant leur politique européenne, non seulement on risque de cabrer des voisins qui restent culturellement les plus proches des Français, mais on peut aussi favoriser les pires réactions de rejet. En particulier, on doit s’interroger sur la soi-disant convergence franco-allemande qui opposerait un mur d’airain à toute déviation par rapport à de rigoureux principes économiques, essentiellement budgétaires. Il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire sur le couple franco-allemand, qui donne l’impression, depuis des années, d’un véritable suivisme de Paris à l’égard de Berlin. La chancelière Merkel, prudente mais tenace, n’a en revanche jamais réalisé quoi que ce soit pour, par exemple, diminuer le déficit du commerce extérieur français par rapport à son pays — ce qui alimente d’ailleurs, même si cela demeure encore essentiellement dans le non-dit, un ressentiment dans la population.

Les gouvernants occidentaux devraient en tout cas prendre garde à la précarité de leur pouvoir, comme vient de le rappeler le très rapide changement de gouvernement espagnol du 1er juin. À moins de se calquer sur les régimes autoritaires ou dictatoriaux en place dans le monde, ils devraient reconnaître qu’il n’existe pas qu’une seule forme de démocratie et que ce régime, « le pire à l’exception de tous les autres » comme disait Churchill, doit à la fois être encouragé dans sa diversité et reconnu comme permettant aux peuples d’exprimer et de vouloir d’autres politiques que celles définies par des dirigeants persuadés de connaître seuls ce qui est bon et bien.


Politiques

par Alice Tulle

Loi alimentation : qui légifère ?

Après une semaine de débats, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture le projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation. Le texte a des incidences importantes sur la santé publique.

Pour être précis, il s’agit d’une « loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire, et une alimentation saine et durable ». Dans le domaine commercial, le texte voté à une forte majorité par les députés – 339 voix contre 84 et 130 abstentions – prévoit de réduire la guerre des prix dans la grande distribution par un relèvement du seuil à partir duquel les produits peuvent être vendus à perte et par une limitation des promotions. Le terme « gratuit » sera proscrit dans la promotion des produits alimentaires.

Par ailleurs, l’étiquetage de certains aliments sera précisé : à partir de 2023, il sera indiqué que certains produits sont issus d’animaux nourris aux OGM ou ont reçu divers types de traitements et le pays d’origine du vin sera inscrit sur les étiquettes. Les contrôles sanitaires relatifs aux denrées alimentaires seront renforcés et, à partir de 2022, les repas servis dans la restauration collective publique devront comprendre au moins 50 % de produits issus de l’agriculture biologique – ou tenant compte de la préservation de l’environnement. Des mesures seront prises par ordonnance pour éviter le gaspillage alimentaire et, à partir de 2022, l’eau du robinet remplacera l’eau en bouteilles de plastique dans les cantines scolaires.

Ces dispositions sont assurément positives pour les consommateurs mais de nombreux députés appartenant à divers groupes ont exprimé leurs nombreuses déceptions. Un amendement favorable à l’interdiction du glyphosate dans les trois ans a été rejeté alors que cet herbicide, massivement utilisé en France, a été dénoncé comme cancérogène par l’Organisation mondiale de la santé. Le rejet de cet amendement a été salué par la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)* mais la plupart des observateurs y voient l’influence de groupes de pression industriels qui s’entendent avec le gouvernement pour préserver leurs marchés. Le porte-parole du gouvernement a d’ailleurs déclaré que l’abandon du glyphosate devait se mener « en partenariat avec les industriels » selon la tendance générale du gouvernement qui consiste à confier le règlement des difficultés aux entreprises privées.

Un député de La République en marche a bien traduit cette philosophie en déclarant que les objectifs de la loi sur l’agriculture et l’alimentation « ne pourront être atteints que si les professionnels s’en emparent ». Comme les entreprises privées se vouent pour l’essentiel et tout naturellement à leurs activités et non aux tâches de régulation, nombre de problèmes environnementaux et sanitaires sont laissés sans solution. Nicolas Hulot, qui voudrait « réconcilier économie et écologie », est sans cesse pris au piège d’une logique qui n’est pas la sienne. 

La discussion à l’Assemblée nationale a par ailleurs mis en évidence le rythme effréné du travail parlementaire. Les lois se succèdent à une telle vitesse que le temps manque pour les examiner : les 2 310 amendements de la loi votée le 30 mai ont été examinés en 77 heures seulement, avec de longues séances de travail de nuit. La qualité des débats s’en ressent et au vu de certains votes, des citoyens peuvent se demander qui légifère : les députés ou les groupes de pression ? 

* En revanche; la FNSEA a annoncé le blocage des raffineries de pétrole dans toute la France à partir du 10 juin, notamment pour protester contre l’autorisation d’utiliser 400 000 tonnes d’huile de palme par an dans les biocarburants.


Monde

par Yves La Marck

Italie : la preuve par deux

Première expérience du genre en Europe, la coalition jaune-verte italienne a finalement triomphé des réticences du président de la République italienne, inquiet des réactions des marchés financiers.

Les deux vainqueurs des élections législatives du 4 mars avaient finalement après deux mois et demi trouvé un terrain d’entente : le Mouvement cinq étoiles et la Lega (Ligue). À eux deux, ils bénéficient en effet d’une majorité parlementaire d’environ quarante sièges à la Chambre des députés et douze au Sénat. Mariage de la carpe et du lapin pour certains, celui entre des populistes plutôt écologistes et libertaires et une extrême droite sécuritaire et antifiscaliste avait abouti à un programme commun de gouvernement que certains avaient comparé à un inventaire à la Prévert.

Les apparences sont trompeuses. Si Luigi di Maio pour Cinq étoiles et Matteo Salvini pour la Ligue avaient réussi à se mettre d’accord, c’est que quelque chose de plus important que leurs différences l’avait emporté : leur commune hostilité au « système », terme commode mais que personne n’avait vraiment défini. Antisystèmes, mais de quel système s’agit-il ? Pour les deux vainqueurs du scrutin, il s’agit du mode de gouvernement dominé par la démocratie chrétienne et le parti communiste qui prévalait depuis la Libération. Certes les deux ont disparu ou explosé après la chute du communisme en URSS en 1990, mais le « système » s’est perpétué, les uns et les autres se retrouvant qui au Parti démocrate qui à Forza Italia, avec Matteo Renzi ou Silvio Berlusconi mais toujours dans les couloirs du pouvoir qu’il soit social, économique, local ou national.

Les Cinq étoiles ne sont pas un parti, mais un « mouvement ». La Ligue comme son nom l’indique est une ligue. Ni l’un ni l’autre ne se veulent un parti. Le « système », c’était la partitocratie avec ce que cela signifie de classe politique, de cooptation, de gérontocratie, de protection, de compromission, de clientélisme et ainsi de suite. Le président de la République, Sergio Mattarella, élu par le Parlement précédent, en est le garant même involontaire et si opposé qu’il ait été à ses dérives notamment mafieuses (il est Sicilien). Il a tenté un baroud d’honneur avec un premier ministre « technicien » qui n’a même pas réussi à former un cabinet restreint. Pressé de se soumettre ou de se démettre (à la veille de la fête nationale italienne du 2 juin), il s’est soumis en sauvant les apparences.

L’hostilité à l’Europe, ou faudrait-il plutôt dire à la « bureaucratie bruxelloise », n’est qu’un prolongement de ce système qui permet de recycler les mêmes personnalités sur la scène transnationale : ne sont-ce pas deux Italiens qui sont l’un à la tête de la Banque centrale européenne (Draghi), l’autre à la présidence du Parlement européen (Tajani) ? L’avant-dernier président du Conseil Romano Prodi n’a-t-il pas été président de la Commission européenne ? La presse a ironisé sur le fait que le président du Conseil investi, un obscur professeur de droit civil au CV plus ou moins gonflé, Giuseppe Conte, soit un « novice » en politique. Mais c’est l’objectif même de l’anti-systémisme !

Les qualificatifs employés pour décrire les deux membres de la coalition ne doivent pas nous égarer : « populisme » et « extrême droite » dans le contexte ne veulent plus dire grand-chose, surtout en termes de gouvernement. C’est le défi adressé aux deux formations : passer d’une force de contestation à un pouvoir efficace. Les formations politiques à travers l’Europe occidentale vont suivre au microscope l’expérience qui vaut à nouveau à l’Italie de mériter son titre de « laboratoire politique ».

Le succès va à la victoire. Les sondages sont favorables. Alors que les deux groupes électoraux avaient rassemblé 49 % des voix le 4 mars, ce sont désormais 60 % qui se disent d’accord. Le premier test électoral, le 20 mai, au Val d’Aoste, région autonome frontalière de la France et membre de l’Organisation de la francophonie, a plébiscité la Ligue qui s’y présentait pour la première fois, et le score des Cinq étoiles a doublé.

La Ligue, en l’état actuel partenaire mineur de la coalition (17 % des voix contre 32 % pour les Cinq étoiles), ne peut que gagner des points jusqu’à ce que chacun des deux membres de la coalition se retrouve plus ou moins équilibré sinon à égalité. Salvini est sur une pente ascendante depuis qu’il a transformé un mouvement quasi sécessionniste en voie de marginalisation (la Ligue du Nord) en une formation nationale inclusive. Sa présence au gouvernement, au ministère de l’Intérieur, devrait encore le crédibiliser.
La mise en œuvre du programme économique et social, laissé à la responsabilité de Luigi di Maio, s’avérera nécessairement plus délicate. Les observateurs qui prédisent déjà la fin de l’expérience avant qu’elle ait commencé prennent leurs désirs pour des réalités. Un certain temps est nécessaire à sa maturation. Luigi di Maio, conscient que de nouvelles élections anticipées ne pouvaient que servir la Ligue, a joué les conciliateurs avec la présidence. La crise peut attendre. 


Finances publiques

par Jean-Philippe Delsol

Budget : promenade au bord du gouffre

Le 3 mai, à l’occasion de sa présentation du rapport de la Cour des comptes sur l’exécution du budget de l’État, Didier Migaud a synthétisé la situation budgétaire de l’Etat au 31 décembre 2017 : le passif total est de 2 178 Md€ ; le total des actifs atteint 979 Md€ ; les engagements hors bilan de l’État s’élèvent à 4 166 Md€, dont la moitié correspond aux retraites civiles et militaires. La situation nette, fortement négative, s’établit donc à — 1 260 Md€ fin 2017, soit quatre années de produits fiscaux, contre seulement deux fin 2006 !

La Cour est très sévère sur les conditions d’élaboration et de gestion du budget : sous-évaluations manifestes de crédits, crédits non consommés et en report trop importants, faiblesse du pilotage, une forme de détournement de la mise en réserve de crédits, des indicateurs de performance insuffisants… Mais elle dénonce surtout la hausse continue des dépenses.
Grace à une croissance plus forte que prévu en 2017, les recettes de l’État se sont établies à 249,3 Md€, en hausse de 14,4 Md€ par rapport à 2016 et de 5,5 Md€ par rapport à la loi de finances initiale. Mais, note la Cour, les dépenses de l’État ont également connu une progression rapide, trop rapide. Les budgets des ministères, hors charge de la dette et pensions, ont connu une hausse inédite depuis 2007 : à 13,6 Md€, soit 6,2 %, à périmètre constant. Les dépenses de personnel, hors pensions, ont augmenté de 4 %, soit plus qu’au cours des six dernières années cumulées. Les dépenses de fonctionnement augmentent, quant à elles, de 4,7 % à périmètre constant (hors recapitalisation d’Areva).

En outre, le budget reste fragilisé par des contentieux en série liés à une mauvaise évaluation par l’État des conséquences de ses décisions. Les provisions pour litiges liés à l’impôt dans le compte général de l’État, s’établissent ainsi à 20,3 Md€ en 2017. Les niches fiscales ne sont pas maîtrisées et ont progressé de 5,4 Md€ par rapport à 2016 pour atteindre 93 Md€ en 2017 de dépenses fiscales (c’est ainsi qu’on les désigne) dans les écritures budgétaires.

Le déficit représente plus de 20 % des dépenses nettes du budget général et il est supérieur de près de 22 Md€ au niveau qui permettrait de stabiliser la dette dans le Produit intérieur brut (PIB). Alors qu’elle baissait continûment depuis 2012, la charge de la dette (les intérêts) de l’État français a légèrement augmenté en 2017, s’établissant à 41,7 Md€, contre 41,4 Md€ en 2016 et elle grimpera avec la reprise de la dette de la SNCF et plus encore en cas d’augmentation des taux d’intérêt.

Selon Eurostat, le ratio de dépenses publiques français est le plus élevé d’Europe, dix points au-dessus de la moyenne européenne et douze points au-dessus de l’Allemagne ou des Pays-Bas par exemple. Certes, il s’agit de 2017. Mais ce dérapage s’aggrave en 2018 avec un budget de l’État qui fait apparaître une croissance des dépenses publiques de 0,6% en volume (hors inflation) et un ratio de dépenses publiques dégradé de 54% du PIB selon la Cour (plus de 56% selon Eurostat, équivalent à ce qu’il était en 2009). Pourtant, l’augmentation des dépenses se poursuit en 2018 par rapport à des charges déjà très élevées en 2017. Double peine en quelque sorte, puisque déjà près du gouffre on s’avance encore vers lui !

Il est vrai qu’il faut saluer le refus d’Emmanuel Macron d’adopter les fausses solutions, purement quantitatives et dépensières, de M. Borloo sur les banlieues, même si pour autant il n’a pas promis de s’engager résolument dans une politique hardie pour faire respecter l’état de droit sur tout le territoire qui serait à la base de la suppression des banlieues-ghettos et du rétablissement d’une véritable égalité des chances pour tous. Par ailleurs des annonces sont esquissées pour réduire les aides à l’emploi et aux entreprises. Mais les mesures concrètes sont reportées.

Sur les dépenses publiques, Emmanuel Macron joue Figaro qui rase gratis demain. Il y a pourtant urgence, et c’est faisable. Par exemple, le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes avait promis de réduire son budget de fonctionnement de 10% et il est en train d’y parvenir deux ans après le début du mandat. La dette publique a diminué quasiment partout en Europe en 2017, sauf en France. Depuis 2009, le ratio dépenses publiques sur PIB a baissé de près de quatre points en moyenne en Europe et notamment en Allemagne. Pourquoi pas en France ?


Société

par Nicolas Lecaussin

Loi contre les fausses informations ou la Pravda pour tous les Français

Deux propositions de loi « anti-fake news » (« lutte contre les fausses informations ») sont discutées en séance publique de l’Assemblée nationale le jeudi 7 juin.

Il s’agit en fait d’un projet de loi, puisque l’on sait qu’il a été voulu par le président de la République et préparé au ministère de la Culture, même s’il est présenté formellement par des députés LREM. Dans l’exposé des motifs, on peut lire que « l’actualité électorale récente a démontré l’existence de campagnes massives de diffusion de fausses informations destinées à modifier le cours normal du processus électoral par l’intermédiaire des services de communication en ligne. Si les responsabilités civiles et pénales des auteurs de ces fausses informations peuvent être recherchées sur le fondement des lois existantes, celles-ci sont toutefois insuffisantes pour permettre le retrait rapide des contenus en ligne afin d’éviter leur propagation ou leur réapparition. » Afin de contrer ces « fausses informations », il faudra « imposer aux plateformes des obligations de transparence renforcées en vue de permettre, d’une part, aux autorités publiques de détecter d’éventuelles campagnes de déstabilisation des institutions par la diffusion de fausses informations et, d’autre part, aux internautes de connaître notamment l’annonceur des contenus sponsorisés ; et aussi permettre que soit rendue une décision judiciaire à bref délai visant à faire cesser leur diffusion ». C’est donc au juge de décider – dans un délai de 48 heures – ce qui constitue une fausse information.

Un amendement adopté le 22 mai dernier précise même que « Les opérateurs de plateformes en ligne (…) s’engagent, notamment par l’élaboration de chartes de bonnes pratiques ou d’accords signés avec les organisations représentatives des journalistes, des éditeurs de presse et des services de communication audiovisuelle, à identifier et promouvoir les contenus d’information produits par les entreprises de presse dans le référencement des contenus d’information. ». Ce qui veut dire que seulement ce qui émane des organes de presse « officiels » peut être considéré comme information.
D’un côté, le juge, de l’autre, les médias de référence. Comment le juge pourra-t-il s’assurer en 48 heures qu’une information et une information « vraie » plutôt qu’une « fake news » ? Selon quels critères ? Et selon quels principes – moraux ou autres – le contenu des entreprises de presse ferait-il figure de référencement ? Les organes de presse L’Humanité ou Libération seraient-ils plus dignes de confiance que certains sites d’information en ligne ? La télé publique, financée avec l’argent des contribuables, serait-elle plus fiable que d’autres chaînes de télé ? Si l’on regarde le passé, rien ne plaide en faveur de nombreuses « entreprises de presse ». De la collaboration sous l’Occupation jusqu’aux sympathies pour l’URSS et pour d’autres dictatures, les « fake news » propagées par une grande partie de la presse française font partie de l’Histoire. Ces « entreprises de presse » ont torpillé le terrible témoignage de Kravchenko et ont jubilé (surtout le quotidien Le Monde) lors de l’entrée des khmers rouges dans Phnom Penh tout en niant le massacre d’un quart de la population. Pendant des dizaines d’années, le marxisme, l’anticapitalisme et le tiers-mondisme ont « guidé » la plupart des « entreprises de presse » dans la diffusion de l’information qui n’en était pas une. L’ouverture des archives après la chute du communisme a révélé que de nombreux journalistes ont été recrutés par Moscou pour propager la « bonne parole communiste ». Aujourd’hui, l’antilibéralisme – qui va de pair avec l’anti-américanisme –, le trop grand respect pour le pouvoir et pour tout ce qui vient de l’Etat, caractérisent de nombreux journalistes qui, selon cette loi, devraient détenir les clefs de l’information.

De plus, la loi exige des opérateurs de plateformes en ligne la transparence et leur demande de « rendre publique le montant des rémunérations reçues en contrepartie de la promotion de contenus d’information, ainsi que l’identité des personnes physiques ou morales desquelles elles les ont reçues lorsque ce montant est supérieur à un seuil fixé par décret. ». Mais les subventions publiques et les avantages fiscaux dont bénéficient la presse et les journalistes français ne devraient-ils pas entrer dans ces obligations ? En quoi les avantages accordés par l’Etat seraient-ils moins dangereux pour la fiabilité de l’information que les rémunérations données par des tiers ?

La loi « fake news » est liberticide et ressemble parfaitement à une forme de censure imposée par le pouvoir. Il ne peut pas y avoir d’information « vraie » cautionnée et approuvée par le pouvoir. Les Français sont suffisamment responsables pour faire le tri. C’est justement l’abondance de l’information et la possibilité de s’informer librement qui nous donnent les repères nécessaires. Sûrement pas l’Etat ou les politiques.


Télévision

par Fabrice de Chanceuil

Bellemare, bons souvenirs et bonnes manières

Les obsèques de Pierre Bellemare, décédé le 26 mai à Suresnes à l’âge de 88 ans, ont été célébrées le 31 mai suivant à l’Église Saint-Roch à Paris, en la Fête de la Visitation, jour prédestiné pour cet homme qui aura effectivement beaucoup visité ses contemporains à travers les postes de radio et de télévision.

Tout a été dit sur celui qui fut à la fois animateur, producteur, conteur et aussi, un peu, écrivain et chanteur, une des plus longues carrières audiovisuelles en continu de près de 70 ans, entre 1948 et 2017. Tout a été dit effectivement, sauf peut-être l’essentiel.

L’émission de télévision qui a laissé la trace la plus profonde chez ceux qui l’ont suivie sur le petit écran est certainement La Tête et les Jambes, jeu diffusé, sous différentes formes, sur la première puis la deuxième chaîne de la télévision française, entre 1960 et 1978. Mais se souvient-on vraiment de son contenu ? Il s’agissait de questions pointues relevant de l’Histoire posées à un candidat qui, s’il échouait, pouvait être rattrapé par un sportif à qui il était demandé d’accomplir des épreuves à la difficulté croissante. Dans les hommages rendus au présentateur disparu, on a repassé en boucle la séquence de présentation, en 1970, du candidat cavalier Laurent Fabius dont on n’imaginait pas alors qu’il deviendrait un jour Premier ministre, prouvant ainsi qu’il était à lui seul la tête et les jambes. L’important n’est pourtant pas là mais dans la présence, au côté de l’animateur, de trois historiens venant approfondir les questions posées. Pourquoi trois historiens ? Tout simplement pour avoir la lecture des trois écoles historiques rendue possible par les commentaires et les échanges toujours courtois apportés par le républicain Alain Decaux, le bonapartiste André Castelot et le royaliste Jean-François Chiappe. Quelle émission dite de divertissement ferait appel aujourd’hui à des historiens et, de surcroît, à un historien royaliste exprimant un point de vue contraire à celui du « roman national républicain » ?

La présence de ces trois personnalités, outre le fait qu’elle témoignait d’une beaucoup plus large liberté de parole que de nos jours, était la preuve également de la grande simplicité et de la totale bienveillance qui régnaient entre les acteurs concernés, loin des égos du moment. On se souvient ainsi qu’Alain Decaux avait participé à une séquence très amusante de La Caméra invisible où, assis derrière un poste de télévision sans écran installé dans un grand magasin, il voyait passer devant lui les clients invités à se prononcer sur la qualité de l’image de ce qui était présenté comme un nouveau récepteur révolutionnaire…

Cette bonhomie partagée était aussi la manifestation du fait que les programmes ainsi proposés étaient le résultat d’un travail en équipe. Parler de Pierre Bellemare, ce n’est pas seulement évoquer le souvenir d’un homme mais c’est faire surgir toute une galerie de personnages plus ou moins oubliés maintenant et qui lui sont inséparables.

Pierre Hiégel d’abord, son beau frère, animateur de radio et brillant critique musical qui le fit entrer à la RTF en 1948. C’est là qu’il rencontra Jacques Antoine, le créateur français des jeux télévisés à qui on doit, outre La Tête et les Jambes, Le Schmilblick, La Chasse aux trésors (dont on n’a pas oublié le dynamique et sympathique animateur Philippe de Dieuleveult, disparu mystérieusement en Afrique en 1985) et Fort Boyard. Comment ne pas évoquer non plus le souvenir des frères Jacques et Jean-Paul Rouland : le premier, avec qui Pierre Bellemare a créé La Caméra invisible et dont le succès de l’émission doit beaucoup à la personnalité pittoresque de Jacques Legras, formé chez les Branquignols, et le second, le complice de toutes les émissions-jeux et auteur de romans policiers, qui vient de fêter ses quatre-vingt dix ans par un spectacle au théâtre du Chesnay dont il fut adjoint au maire pendant douze ans.

Cette amitié et cette fidélité étaient aussi audibles à la radio, notamment sur l’antenne d’Europe 1, où les compères ont animé la tranche horaire du déjeuner entre 1969 et 1986, avec d’autres participants dont l’humour était inséparable de la culture : Grégory Frank, également la plume des Histoires extraordinaires, Jean-Marc Epinoux, à l’esprit particulièrement délié et Jean-Claude Massoulier, comédien bon enfant.

Courtoisie, liberté de parole, simplicité, bienveillance, bonhomie, complicité, humour, culture, esprit et aussi absence totale de vulgarité étaient les caractéristiques et les atouts de toutes ces émissions et aussi la marque d’une époque qui, sur ces points malheureusement, est entièrement révolue et qui, sans vouloir par trop magnifier le passé, ne peut inspirer que de la nostalgie.
Et puis, Pierre Bellemare, ainsi que la plupart de ses acolytes et amis, avaient reçu une éducation catholique qu’ils ne reniaient pas et c’est sans doute ceci qui explique cela.


Clefs

par Jean Étèvenaux

Carte postale de l’île d’Elbe

Petite île de 27 km sur 18, Elbe se situe en regard de Piombino, sur la côte toscane, et, plus loin, de l’autre côté, face à Bastia, à quelque 50 km de la Corse sur la même latitude. L’île d’Elbe est la plus grande de l’archipel toscan avec 224 km2 de superficie et 118 km de côtes. Située à la jonction des mers Ligurienne et Tyrrhénienne, elle ne se trouve séparée du continent que par le canal de Piombino, large d’une dizaine de kilomètres. Au niveau plus général de la botte, bien que de taille réduite, sa superficie la classe en troisième position, après la Sicile et la Sardaigne.

Rattachée à la province de Livourne, cet ensemble d’à peine 30 000 habitants comporte huit communes, dont la principale s’appelle Portoferraio, du nom du fer qu’ont exploité les Étrusques, puis les Romains et les divers occupants d’une île qui demeure d’une grande richesse minéralogique. Aujourd’hui, les activités agricoles et minières ont fortement reculé devant le tourisme qui draine surtout, outre de nombreux Italiens, des Allemands, des Suisses, des Néerlandais, des Britanniques, des Français et des Étasuniens.

Son riche passé, lié notamment à Pise, aux Médicis et à l’Espagne, a été nourri par l’établissement de Napoléon en 1814-1815, lorsque le territoire, qui appartenait à la France depuis 1802, lui a été donné en toute souveraineté. Au-delà de l’exploitation touristique de son souvenir — toutes sortes de produits, y compris la bière et le vin, portent aujourd’hui son nom —, chacun sait qu’il a réveillé l’île, c’est-à-dire qu’il l’a modernisée et qu’il a su en tirer des revenus. On préfère donc se souvenir de lui plutôt que des Français qui, à la Renaissance, étaient alliés des Barbaresques écumant les côtes…

L’île d’Elbe peut également être considérée comme un paradis naturel accueillant promeneurs, randonneurs et marcheurs. Non seulement elle fait partie du Parc national de l’archipel toscan, mais elle offre, à l’intérieur comme sur les côtes, une richesse de paysages et d’espèces qui font oublier sa déforestation dans l’Antiquité, lorsqu’il fallait beaucoup de charbon de bois pour traiter le fer. Ce n’est évidemment pas un hasard si Google s’apprête à lancer une application qui permettra de découvrit et d’explorer à partir de son portable les diverses facettes naturelles de l’île. Si les sangliers s’y sont un peu trop développés, il s’y trouve encore suffisamment de poissons et de fruits de mer ­pour offrir au visiteur de quoi réjouir son palais.
Pour demeurer dans le gustatif, mais d’une manière plus pérenne, il convient d’aller voir les palais de l’Empereur ou, plus exactement, les transformations qu’il a fait opérer pour être logé dignement et confortablement, ne serait-ce que pour mener une vie de Cour reproduisant plus ou moins celle qu’il avait animée à Paris. Sans oublier que ces dispositions somptuaires permettaient de dissimuler les préparatifs de son retour…


Humeur

par Erwan Violin

Sport (en chambre) à tous les étages

A peine éteints les lampions de Roland Garros, voilà que s’allumeront ceux du Mondial de football en Russie. Les amateurs de sport sont décidément à la fête.

Et les autres ? Ceux qui ne prisent ni le foot ni le tennis ni même le rugby ? Ils n’existent pas. D’un geste souverain, les chaînes de télévision suppriment leurs feuilletons ou leurs émissions préférées pour satisfaire les aficionados de la balle ou du ballon.
Il est temps de sauver la minorité ( ?) des « ballophobes »


Livres

par Catherine Pauchet

Thriller

Mort d’une strip-teaseuse

Jean-Christophe Grangé a abandonné (momentanément ?) les méandres de l’Afrique pour ceux, non moins complexes et tout aussi risqués, du Paris porno. Que ses fans se rassurent, le mal affleure à chaque page. Le commandant Stéphane Corso, chef du groupe 1 de la brigade criminelle, se voit confier une enquête très spéciale : des strip-teaseuses sont assassinées et le tueur a mis leur cadavre en scène. L’œuvre d’un tordu. Ses soupçons se portent sur un artiste peintre à la clientèle triée sur le volet mais une piste inattendue surgit. Suivez la femme…

« La terre des morts », Jean-Christophe Grangé, Albin Michel, 554 p., 23,90 €.

Humour

Fakir, le retour

On avait laissé le fakir Ajatashatru Lavash Patel au fait de sa gloire. Après un tour du monde en armoire Ikéa et le triomphe du livre contant ses exploits, il s’était enrichi et marié avec l’adorable Marie Rivière, bref il s’était embourgeoisé. Romain Puértolas lui donne une seconde chance d’acquérir – enfin ! – le lit à clous de ses rêves. Voici donc notre homme en Suède, en quête du nec plus ultra de la literie cloutée, le modèle Kisifrotsipik. Mêlé à une sombre affaire de diamants, il voyagera en mer Baltique amarrer à une commode. Un roman drôle, parfait pour les vacances.

« Les nouvelles aventures du fakir au pays d’Ikéa », Romain Puértolas, Le Dilettante, 288 p., 20 €.

Ethologie

Emotions animales

Biologiste, spécialisé dans la vie animale, Carl Safina a délaissé les laboratoires pour le terrain. Les années passées parmi les scientifiques et les protecteurs de la nature lui ont permis de rédiger cet ouvrage qui foisonne d’observations. Que ce soit au Kenya dans le parc d’Amboseli à suivre la marche des éléphants, aux Etats-Unis dans le parc de Yellowstone en compagnie d’une meute de loups ou dans le détroit de Haro avec les orques, il l’a constaté : les animaux font preuve d’intelligence, d’adaptation, d’amour et d’amitié. Une belle leçon de vie.

« Qu’est-ce qui fait sourire les animaux ? », Carl Safina, La Librairie Vuibert, 560 p., 24,50 €.

Revue

Troubles personnages

Le héros de série s’est transformé. Dans les années 1960, c’était un solitaire, souvent un représentant de l’ordre, bien campé sur ses valeurs, qui confortait la société dans ses certitudes. Depuis les années 1980, il est devenu « multiple » (séminariste, agent de renseignement…), un être ordinaire, partagé entre le bien et le mal, qui ébranle le téléspectateur. La revue Télévision analyse ce glissement de point de vue. Parmi les sujets abordés : la condition du héros sériel, les héros collectifs, l’anti-héros, l’actualisation médiatique du personnage…

« Troubles personnages », Télévision, n°9, 2018, Cnrs éditions, 25 €. En librairie.


Cinéma

par Marie-Christine Renaud d’André

Volontaire

Laure, 23 ans, ne sait pas bien ce qu’elle aimerait faire de sa vie. C’est donc par hasard qu’elle se porte volontaire pour intégrer la Marine nationale. Très vite, cette frêle jeune fille est confrontée à des entraînements très durs. Il n’en faut pas davantage pour qu’elle s’accroche et décide de faire ses preuves. D’autant plus qu’elle est très admirative du commandant Rivière, son supérieur.

Une très jeune fille plongée dans un monde d’hommes et qui va se battre pour se mettre au niveau, en particulier dans les épreuves physiques, tel est le thème de ce film magnifique, superbe hommage à la Marine. Car, de scène en scène, Hélène Fillières, interprète de la série TV Mafiosa, décrit bien l’atmosphère qui règne au sein de ce corps militaire, faite de discipline, d’entraînements physiques, de dépassement de soi, etc. Mais elle décrit également l’évolution de cette jeune fille qui va apprendre, au contact de ces militaires, à trouver sa voie.

Quant aux relations ambiguës entre l’héroïne et son supérieur, elles permettront à l’un et à l’autre d’évoluer positivement. Si l’on retrouve avec plaisir le toujours excellent Lambert Wilson, la révélation de ce film magnifique est la jeune et ravissante Diane Rouxel, étonnante de présence et de courage physique.

Elle est impressionnante cette jeune fille qui ne lâche jamais rien, même dans les situations les plus difficiles, alors qu’elle n’avait pas vraiment la vocation au départ. Son courage, sa détermination et même son attitude amicale forcent l’admiration. Quant à ses relations avec son supérieur, leur puissance érotique est toujours bien suggérée. Dommage qu’il n’en ait pas été de même avec certaines scènes assez complaisantes.

Comédie dramatique française (2017) de Hélène Fillières, avec Diane Rouxel (l’aspirant Baer), Lambert Wilson (le commandant Rivière), Corentin Fila (l’enseigne de vaisseau Dumont), Alex Descas (Albertini), Hélène Fillières (le commandant adjoint équipage), Josiane Balasko (la mère), André Marcon (le père) (1h37). (Adultes avec des éléments nocifs) Sortie le 6 juin 2018.

Le Book Club

Quatre amies d’un certain âge se retrouvent toutes les semaines pour parler des livres qu’elles ont lus. Un jour, l’une d’elles leur propose de lire 50 nuances de Grey. Une occasion de mettre du piment dans leur vie.

Comme on peut s’en douter avec un tel sujet, le premier film du producteur Bill Holderman ne fait pas dans la dentelle ni dans l’élégance. Pourtant, avec son quatuor d’actrices mythiques et son sujet assez original, il parvient à faire rire et même à émouvoir avec cette réflexion sur les opportunités qui peuvent s’offrir à des femmes du troisième âge. Dommage que l’ensemble soit souvent excessif, car les comédiennes sont réjouissantes.

Comédie américaine (2017) de Bill Holderman, avec Diane Keaton (Diane), Jane Fonda (Vivian), Andy Garcia (Mitchell), Candice Bergen (Sharon), Mary Steenburgen (Carol), Don Johnson (Arthur) (1h44). (Grands adolescents) Sortie le 6 juin 2018.

My Pure Land

Leur oncle réclamant, les armes à la main, la propriété de leur maison, Nazo, une jeune Pakistanaise de 18 ans, se bat, avec sa mère et sa jeune sœur, pour préserver leur bien.

Ce film, adaptation d’une histoire vraie, décrit une sinistre réalité du Pakistan, en particulier en ce qui concerne la place des femmes. S’il y a quelques touches d’humour bienvenues dans cette histoire terrible et violente, on regrette que les incessants va-et-vient entre passé et présent rendent l’ensemble assez confus.

Drame britannique (2017) de Sarmad Masud, avec Suhaee Abro (Nazo), Eman Malik (Saeda), Razia Malik (Waderi) (1h32). (Grands adolescents) Sortie le 6 juin 2018.

Trois visages

Bouleversée par la vidéo d’une jeune fille lui annonçant son suicide en révolte contre sa famille étouffante, l’actrice iranienne Behnaz Jafari décide de partir, avec le réalisateur Jafar Panahi, pour le village reculé où vit la jeune fille.
Pour protester contre l’interdiction qui lui est faite de quitter son pays et de continuer à faire des films, le cinéaste iranien Jafar Panahi se met en scène, accompagné d’une célèbre actrice iranienne, dans ce road-movie qui l’entraîne, au volant de sa voiture, dans un endroit sauvage et magnifique, où les habitants sont figés dans leurs traditions séculaires sur la place des femmes dans la société. C’est superbe et très intéressant, avec quelques touches d’humour, mais c’est trop long.

Comédie dramatique iranienne (2018) de Jafar Panahi, avec Behnaz Jafari (Behnaz Jafari), Jafar Panahi (Jafar Panahi), Marziyeh Rezaei (Marziyeh Rezaei), Maedeh Erteghaei (Maedeh) (1h40). (Grands adolescents) Sortie le 6 juin 2018.


Le chiffre de la semaine

3 684

C’est le nombre de personnes décédées sur la route en 2017, selon les statistiques définitives publiés par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière. Avec 54 personnes de moins qu’en 2016, ce chiffre équivaut à une baisse de 1,4%. En revanche, on observe une légère hausse des accidents corporels (+2,2%), des blessés hospitalisés (+2,0%) et des blessés (+1,3%). L’année 2017 conforme ainsi la baisse modérée enregistrée depuis 2 ans.

Si la mortalité automobiliste reste relativement stable, on enregistre une hausse de 9 % des décès de motocyclistes (669 tués), mais aussi une hausse de 7% des décès de cyclistes avec 11 tués de plus qu’en 2016. Cette dernière hausse concerne principalement les cyclistes âgés de 25 à 44 ans et ceux âgés de plus de 75 ans.


D’un jour à l’autre

France

Droite

Le Front national est devenu le Rassemblement national lors d’un congrès tenu à Lyon les 2 et 3 juin. Marine Le Pen avait, le 31 mai, appelé Debout la France à faire liste commune avec le Rassemblement pour les prochaines élections européennes mais, le 3 juin, Nicolas Dupont-Aignan, sur la foi de sondages qui lui donnent 6 %, a repoussé l’offre. L’eurodéputé frontiste Bernard Monot, partisan de l’abandon de la monnaie européenne, a annoncé son ralliement à Debout la France.

Prison

Michel Cardon, 67 ans, condamné en 1979 pour un meurtre odieux, a bénéficié d’une grâce et est sorti de la prison de Bapaume (Pas-de-Calais) après 40 ans de détention.

Justice

Dans l’affaire de l’attaque aux cocktails Molotov de policiers à Viry-Châtillon (Essonne) en octobre 2016, le Parquet a demandé le renvoi aux assises de 13 des 17 mis en examen, tous membres d’une même bande de jeunes gens alors âgés de 16 à 21 ans.

Télévision

Canal+ n’a pas pu rivaliser avec l’espagnol Mediapro qui a remporté les droits de diffusion des matches de la Ligue 1 de foot pour 2020-2024. Par ailleurs la chaîne cryptée a décidé d’arrêter les « Guignols de l’Info » après plus de trente ans à l’antenne des marionnettes politiques. Le groupe Canal +, propriété de Vincent Bolloré, va devoir revoir son modèle économique.

Carburants

La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) a annoncé le blocage des raffineries de pétrole dans toute la France à partir du 10 juin pour protester contre la loi Alimentation et Agriculture et entre autres l’autorisation d’utiliser 400 000 tonnes d’huile de palme par an dans les biocarburants.

Paris

Selon l’opposition de droite, le service Autolib’ (voitures électriques en libre-service) installé par Anne Hidalgo, s’achemine vers un déficit de 300 millions d’euros à l’horizon 2023 dont 60 millions seulement seraient contractuellement assumés par le concessionnaire (groupe Bolloré).

Commerce

Carrefour a fait connaître le 4 juin son plan de cessions et/ou de fermetures de 273 magasins de proximité employant 2 100 employés.

Audiovisuel

La ministre de la Culture Françoise Nyssen a dévoilé, le 4 juin, ses projets de réforme de l’audiovisuel public.

Monde

Burkina-Faso

Le 31 mai, le Parlement a aboli la peine de mort par un vote de 83 députés sur 125.

Espagne

180 sur 350 députés ont voté, le 1er juin, une motion de censure contre Mariano Rajoy, dont le Parti populaire est compromis dans un scandale de corruption. Pedro Sanchez, chef du Parti socialiste a été désigné pour former le nouveau gouvernement avec le soutien de Podemos, du parti indépendantiste catalan (ERC) et du Parti nationaliste basque (PNV).
Quim Torra, président de Cata-logne, a annoncé le 29 mai, un nouveau gouvernement régional qui ne comportera aucun élu actuellement poursuivi par la justice espagnole.

Italie

Le président de la République, Sergio Mattarella, a finalement validé la liste de ministres que lui a proposée Giuseppe Conte mandaté par le Mouvement 5 étoiles, dont le chef de file Luigi Di Maio, sera ministre du Développement économique et du Travail et vice-président du Conseil, et la Ligue dont le dirigeant, Matteo Salvini, sera ministre de l’Intérieur. Paolo Savona, qui avait été refusé par le président italien au poste de ministre de l’Économie, pour cause d’euroscepticisme, se retrouvera aux Affaires européennes !

Belgique

Benjamin Herman, djihadiste de 36 ans, délinquant en permission de sortie de prison, a tué à l’arme blanche et par balles un étudiant et deux policières à Liège, le 29 mai. Il aurait assassiné une quatrième personne la veille.

Tunisie

Une cinquantaine de corps de migrants ont été repêchés le 2 juin au large de Sfax, victimes d’un naufrage qui a fait probablement beaucoup plus de morts.

Commerce

Après la mise en application des taxes américaines sur les importations de fer et d’aluminium, le Mexique et le Canada ont annoncé des mesures de rétorsion. L’Union européenne a porté plainte devant l’Organisation mondiale du commerce et annoncé des taxes sur les importations américaines d’un montant équivalent aux préjudices subis par ses exportateurs, notamment les industriels allemands.

Portugal

Le Parlement a rejeté la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté proposé par le Parti socialiste, les écologistes et l’extrême gauche, le mardi 29 mai. La défection du Parti communiste qui n’y voyait pas un « progrès social » et un sondage qui montrait que 89 % des Portugais préféraient une loi sur les soins palliatifs a permis d’éviter une telle loi « progressiste » sur laquelle le principal parti de centre droit (PSD) avait laissé la liberté de vote à ses députés.

Corées

Après avoir reçu, le 1er juin, à la Maison Blanche le général nord-coréen Kim Yong-chol, porteur d’une lettre personnelle du président Kim Jong-un, le président Trump a confirmé la rencontre du 12 juin à Singapour.

Allemagne
le dimanche 3 juin après-midi, un policier a tiré dans les jambes d’un forcené armé d’un couteau dans la cathédrale protestante de Berlin (Berliner Dom).

Irak

La Française Mélina Boughedir, mère de 4 enfants, dont 3 ont été rapatriés en France, a été condamnée à 20 ans de prison, le 3 juin par la Cour pénale centrale de Bag-dad, pour appartenance à Daesh. Lors d’un procès en première instance en février, elle n’avait été condamnée qu’à être expulsée du pays.

Slovénie

Le Parti démocratique slovène (SDS), conduit par l’ancien Premier ministre conservateur Janez Jansa, est en tête des élections législatives du 3 juin, avec 25 % des suffrages, distançant le Premier ministre sortant de centre gauche, Miro Cerar, qui n’a recueilli que 9,7 % des suffrages, avec un taux de participation d’environ 35 %. Cependant Janez Jansa aura du mal à obtenir une majorité au Parlement qui compte 90 sièges.

Chimie

Bayer a annoncé le 4 juin que la marque Monsanto va disparaître.

Estonie

Les trams et les bus publics sont gratuits depuis 2013 à Tallinn. La gratuité sera étendue aux bus intercités à partir du 1er juillet. Le prix du train va en outre être abaissé par de nouvelles subventions.

Guatemala

Le 3 juin, une éruption du volcan Fuego, à 35 km de la capitale Guatemala a tué des dizaines de personnes.

Sport

Football

La France a battu l’Italie par 3 à 1 lors d’un match amical. Cette victoire est de bon augure pour les Bleus à l’approche du Mondial de Russie.

Rugby

Castres a remporté la finale du Top 14 en battant le favori Montpellier par 29 à 13.