L’événement-1
par Serge Plenier
Redécoupage ?
On attendait une vraie réforme territoriale, on a eu la « carte de France des copains » (comme l’a dit un élu de gauche). Le redécoupage régional décidé en catastrophe la semaine dernière prouve une nouvelle fois l’incapacité de nos gouvernants à penser la République en termes de territoires. Pire encore, on a écarté d’emblée le droit d’option des départements (« ça aurait ouvert des débats sans fin » selon André Vallini), ce qui revient à rejeter l’actuel redécoupage… pour mieux le valider. On fait mieux en termes de cohérence.
Cette incapacité prouve encore une fois que la République est aujourd’hui l’otage des logiques partisanes. En témoigne cette monstrueuse région qui devrait réunir Limousin, Centre et Poitou-Charentes, décidée pour les beaux yeux de quelques barons (ou baronnes). En témoigne aussi le maintien du Nord-Pas-de-Calais apparemment intouchable. Le pire service à rendre aux régions a été de les transformer en féodalités politiciennes, au mépris de la démocratie et des citoyens.
Surtout, cette tentative de réforme visiblement bâclée montre à l’évidence une inaptitude à penser le territoire français. Pour délimiter ces nouvelles régions on a méprisé, ou voulu mépriser, des critères non moins importants, à commencer par la géographie, l’histoire et la culture. L’exemple de l’Allemagne où les « Länder » s’appuient sur de fortes et anciennes réalités humaines devrait suffire pourtant à discréditer totalement les discours s’appuyant sur la seule économie. Une région viable n’est pas une simple addition de chiffres.
Mais nos dirigeants politiques peuvent-ils seulement le comprendre ? En France, la doxa jacobine est encore un dogme quasi religieux. Il est entendu une fois pour toutes que le territoire français constitue un espace indifférencié modelable à l’infini. Toute partie de ce territoire présentant une personnalité propre est confusément perçue comme une menace pour la République une et indivisible. Il suffit de se souvenir des cris d’orfraie qui ont accueilli l’éventualité d’un département basque. Notre pays a décidément trop peur de ses territoires toujours soupçonnés de comploter son affaiblissement.
Il faudra bien un jour surmonter cette peur pour que la France devienne vraiment une République décentralisée… pour le plus grand bien de tous.
L’événement-2
par Jean Etèvenaux
Lumineuse Elizabeth II
Parmi toutes les personnalités qu’on a vues lors des célébrations du 70e anniversaire du Débarquement, il en est une à nulle autre pareille, par sa position politique, par son histoire propre et par sa personnalité. Accueillie avec tous les honneurs, courtisée par le président de la République et ovationnée par la foule, la reine Elizabeth a une fois de plus séduit les Français, toujours un peu nostalgiques de la monarchie et pour une fois oublieux de tout ce qu’ils ont à reprocher aux Britanniques — ce que ces derniers leur rendent d’ailleurs au centuple.
La reine d’Angleterre constitue une institution vivante. La personne royale et sa lignée témoignent de la continuité de l’État, exprimant l’unité de la nation à travers les siècles, au-delà des contingences politiques et des aléas électoraux. Elle garantit la cohésion nationale, non seulement face aux velléités séparatistes comme en Écosse mais aussi dans le contexte actuel du multiculturalisme, même si existent des ferments de dissolution chez les islamistes. En tout cas, la fidélité au souverain repose sur un sentiment quasi charnel, qui n’a rien à voir avec les « idéaux » et les « valeurs » d’une République qui passe son temps à se chercher et qui se confond en permanence avec le parlementarisme et la démocratie.
Elizabeth II, plus ancien chef d’État de tout l’Occident, a même connu la Seconde Guerre mondiale, non seulement parce que ses parents ont refusé de fuir Londres sous les bombardements mais parce qu’elle a été intégrée à l’armée comme chauffeur-mécanicien. Elle a connu, en tant que chef d’État, neuf présidents de la République française — le dernier vient de se signaler en lui tendant la main le premier et en s’asseyant avant elle… Tandis que, depuis l’an passé, les souverains néerlandais, belge et espagnol abdiquent en faveur de leurs fils, elle maintient le prince Charles dans son immuable rôle d’héritier présomptif. Celui-ci ne semble d’ailleurs pas s’en porter plus mal, puisqu’il a représenté la seconde des trois générations qui sont venues ensemble en France, avec son épouse Camilla, mais aussi le prince William et Kate ; accompagnée, elle, du prince Philip, la reine a aussi montré combien, depuis un siècle qu’ils ont adopté le patronyme de Windsor, les « royaux », comme disent les Britanniques, incarnent vraiment leur peuple.
Quant à sa personnalité, on ne peut oublier qu’elle représente avec autant de discrétion que de constance cette part de l’âme britannique qui ne peut se passer de la France et qui l’aime sincèrement. Avec la même retenue, elle a toujours fait passer ses ambitions et ses goûts personnels après ses obligations, montrant ainsi qu’il n’est aucunement déshonorant pour une personne, fût-elle la première dans son pays, de se soumettre à des traditions et à des coutumes garantissant la longue chaîne des générations et, en fait, la place de chacun. L’épisode, aujourd’hui bien oublié, de la princesse Diana illustre cette suprématie de la permanence sur le transitoire, même douloureux : on ne règne pas pour soi, mais pour les autres. Les Français semblent l’avoir compris.
Politiques
par Alice Tulle
Réforme régionale : trop vite !
Conçue dans la hâte, la réforme territoriale présentée par le président de la République soulève une tempête de protestations, y compris dans son propre camp. Il n’est pas sûr que le projet aille à son terme.
Avant même les lois de décentralisation de 1982, on parlait de grandes régions et l’on dessinait des cartes… En octobre 2008, Nicolas Sarkozy avait créé sous la présidence d’Edouard Balladur un Comité pour la réforme des collectivités locales qui avait remis son rapport en mars 2009 et préconisé notamment que les régions soient réduites à une quinzaine, « de taille européenne ».
François Hollande n’a pas créé de comité ni organisé à l’échelon ministériel un travail de plusieurs mois. C’est en quelques jours qu’il a mis au point un projet qui vise à « transformer pour plusieurs décennies l’architecture territoriale de la République ». Comment ? En réduisant de 22 à 14 le nombre des régions afin qu’elles soient de taille équivalente aux autres régions européennes. Ces nouvelles régions seront « capables de bâtir des stratégies territoriales » d’autant plus facilement qu’elles disposeront de compétences élargies et de moyens qui leur permettront de « soutenir les entreprises et porter les politiques de formation et d’emploi, pour intervenir en matière de transports, des trains régionaux aux bus en passant par les routes, les aéroports et les ports. Elles géreront les lycées et les collèges. Elles auront en charge l’aménagement et les grandes infrastructures… » a précisé le président de la République qui a annoncé une révision constitutionnelle permettant la suppression du conseil général en 2020 au plus tard.
Le projet est ambitieux mais son esquisse sous forme de carte des nouvelles régions a provoqué de très nombreuses critiques. Certes, bien peu contestent la réunion des deux régions normandes et il est clair que l’Ile-de-France et la région Provence-Côte d’Azur devaient être maintenues en l’état en raison de leur poids. Mais la fusion du Midi-Pyrénées avec le Languedoc-Roussillon provoque de vives protestations, la grande région qui réunit le Limousin, la région Centre et celle du Poitou-Charentes suscite des commentaires moqueurs ou indignés et les Bretons qui rêvaient d’une fusion avec la Loire-Atlantique ont été cruellement déçus et annoncent qu’ils vont descendre dans la rue.
La méthode de François Hollande explique cette levée de boucliers. Le président
de la République a voulu aller très vite et la carte a été dessinée au fil des négociations téléphoniques avec quelques grands élus socialistes : Jean-Yves Le Drian qui ne voulait pas du rattachement à la Bretagne, Ségolène Royal qui refusait la fusion avec l’Aquitaine, Martine Aubry, qui ne voulait pas de fusion entre le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie… Les négociations ont été si difficiles que le texte de François Hollande envoyé à la presse régionale laissait en blanc le nombre de régions finalement retenu.
La droite et de très nombreux responsables socialistes ont dénoncé l’improvisation de cette réforme qui va se heurter à de gros obstacles : la fronde de milliers d’élus départementaux et régionaux, l’opposition du Sénat qui va retrouver une majorité de droite en septembre prochain, la couleur, sans doute ni rouge ni rose, de l’Assemblée nationale qui sera élue en 2017… ou avant en cas de dissolution.
François Hollande semble ne pas voir que cette réforme ajoute de l’exaspération à l’exaspération. Mais est-il vraiment décidé à aller jusqu’au bout ?
Monde-1
par Yves La Marck
Assad réélu
Qualifiée de « farce », l’élection présidentielle du 3 juin est une preuve de la force du régime de Damas. Il faudra en tirer les conséquences.
Bachar el Assad a été réélu pour un troisième mandat de sept ans avec 88, 7% des suffrages. Le scrutin a été organisé sur près de la moitié du territoire regroupant plus de 60% de la population. Il ne semble pas avoir été perturbé par des attentats. Le pari était audacieux. Quoi qu’on en dise, il a été gagné. Toutes les chancelleries en sont conscientes et se sont réfugiées dans une profonde discrétion. En effet, les cartes sont en train d’être rebattues. La situation sur le terrain depuis neuf mois a clairement évolué en faveur du régime, qui a regagné l’un après l’autre les bastions de l’opposition le long de la frontière libanaise, jusqu’à récemment le départ des « rebelles » du centre de Homs. Toute la Syrie utile est désormais entre les mains du pouvoir. L’opposition dite modérée tient des poches le long de la frontière turque dont en partie Alep, et curieusement le Golan face à Israël (Kuneitra). Les islamistes purs et durs de « l’Etat islamique d’Irak et de la Grande Syrie » ont été repoussés – par les autres forces de l’opposition, appuyés par les Turcs – à l’Est de l’Euphrate, vers la frontière irakienne, avec la seule capitale provinciale qui échappe complètement aux forces d’Assad, Raqqa. Les Kurdes s’autogèrent dans leurs régions limitrophes de la Turquie et de l’Irak, avec la bienveillance de Damas.
Si les positions continuent à se stabiliser sur ces lignes, il est probable que ce sera pour longtemps, qu’il faudra en prendre acte et négocier un cessez-le-feu « de facto » susceptible de durer des années. Il vaudrait mieux pour tout le monde. Le peuple syrien toutes tendances confondues préfère aujourd’hui la cessation des hostilités, quel qu’en soit le coût. Le coût c’est d’abord faire avec
Assad pour encore sept ans. Il n’y a pas d’autre solution.
L’Empereur d’Occident et ses alliés iront-ils à Canossa ? D’ores et déjà l’habile diplomatie saoudienne a senti le vent tourner. Le prince Bandar, qui était à la tête des services de renseignement, après avoir été un indéboulonnable ambassadeur à Washington, a été limogé. Il avait imaginé la formation d’un front islamique combattant en Syrie, pour faire pendant aux forces iraniennes ou libanaises chiites. Depuis, des premiers contacts discrets ont été noués avec Téhéran. Chaque camp doit en effet prêcher la modération à ses affidés. Car c’est aussi une guerre par procuration !
On doit rendre justice à Obama d’avoir constamment évité de verser de l’huile sur le feu comme il lui était facile de le faire. Il a résisté à toutes les pressions, encourant de sévères critiques. Mais il a tenu bon. Pas d’armement lourd à l’opposition, pas d’intervention militaire même lors de l’alerte chimique. Pour une fois, les Américains ont essayé de jouer au plus fin : soutenir suffisamment l’opposition dite « modérée » pour qu’elle boute les islamistes le plus loin possible mais pas assez pour renverser l’équilibre stratégique avec Assad. Pour l’instant cela a marché.
Ce qui était un secret de polichinelle mais bien gardé, à savoir la présence de jeunes européens parmi les djihadistes les plus durs (800 rien que pour la France), a éclaté au vu et au su de tous avec l’attentat de Bruxelles. L’opinion publique, française notamment, déjà ébranlée par le sort des Chrétiens d’Orient en terre de Djihad, sait désormais que le cancer de la guerre syrienne va se métastaser en Europe. Elle comprend de moins en moins l’attitude officielle jusqu’au boutiste défendue par les présidents et ministres des affaires étrangères successifs. Cette politique est désormais minoritaire dans le pays.
Que ce soit pour un cessez-le-feu, les opérations humanitaires, le dialogue avec l’opposition « modérée », l’échange de renseignements sur les djihadistes européens, et demain la remise en marche de l’économie et la reconstruction, Assad est incontournable. Il faut bien reprendre langue avec lui, jusqu’à envisager la réouverture de l’ambassade fermée en mars 2012. A quoi sert la diplomatie sinon parler avec un adversaire ?
Monde-2
par Yves La Marck
Thaïlande : l’armée arbitre
L’armée a mis fin le 22 mai à la paralysie de Bangkok qui durait depuis plus de six mois. Cette fois, elle n’a pas l’intention de redonner avant longtemps le pouvoir aux partis.
La premier ministre Yingluck élue en 2011 n’a pas pu résoudre la crise politique. La convocation de nouvelles élections en février avait été boycottée puis annulée par la cour constitutionnelle, laquelle avait fini par l’invalider le 7 mai. Les deux cortèges de « chemises rouges » – les partisans de la premier ministre – et de « chemises jaunes » – proches des élites traditionnelles – restaient face à face sans aucun compromis possible. L’idée d’un référendum sur des réformes constitutionnelles avait été rejetée par le gouvernement. Il n’y avait plus d’autre issue que la prise de pouvoir par l’armée.
Celle-ci n’en voulait pas au départ, sa dernière expérience en 2006 contre le frère aîné de la Première ministre, Thaksin Shinawatra, n’avait pas été concluante. L’armée avait gardé le pouvoir une année sans réussir à mieux gérer le pays. Le même parti revenait toujours par la voie des élections quoi qu’il arrive. Cette fois, la situation est différente, pour au moins deux raisons : la première est que Yingluck, quoique conseillée par son frère, en exil volontaire à Dubaï, a commis des erreurs majeures. La principale fut de spéculer sur le prix du riz, dont la Thaïlande était le premier producteur mondial. Le gouvernement a cru faire monter les prix en pratiquant la rétention. Trois conséquences : les stocks se sont accumulés ; d’autres pays ont développé leur production et dépassent désormais la Thaïlande : l’Inde et le Vietnam ; le budget n’a pas pu payer aux producteurs le prix affiché, la décote avec les prix du marché qui se sont effondrés (de 550 $ la Tonne en 2011 à 430 aujourd’hui) étant trop forte. Si on débloque les stocks ce sera encore pire. La première mesure prise par les militaires a été de payer les arriérés aux riziculteurs qui constituaient la masse des électeurs du parti dirigé par la famille Shinawatra.
L’autre erreur de Yingluck qui a déclenché le processus de manifestations populaires fut en octobre dernier la folle tentative de faire voter une loi d’amnistie en faveur du frère, casus belli pour l’armée qui l’avait renversé et la Couronne qu’il avait défiée. C’est bien pourquoi cette fois l’armée ne lâchera pas prise de sitôt. Le général Prayuth Chan-ocha a parlé d’au minimum quinze mois.
A quoi correspond cette période ? Au temps nécessaire à l’organisation de la succession du roi Rama IX âgé de 86 ans. Chacun a tiré la leçon des événements depuis 2001 et l’emprise que s’était constituée Thaksin sur la vie politique et économique du pays. Il est absolument exclu que la succession ait lieu sous un gouvernement de partis, qu’elle devienne un enjeu politique sinon électoral. L’armée est la seule institution qui puisse maintenir la paix et l’ordre durant cette période qui risque d’être douloureuse pour le pays. Même s’il y a un prince héritier – d’ailleurs contesté quoiqu’incontestable -, on ne voit pas un politicien ordinaire présider aux cérémonies d’investiture et l’un ou l’autre parti « encadrer » son avènement.
La division des Thaïs en deux camps irréconciliables n’est pas irrémédiable selon les militaires qui veulent mettre un terme aux méthodes utilisées pour acheter les votes, se constituer des clientèles, jouer la province contre la capitale, le nord contre le sud. Le calendrier est donc serré pour mettre en œuvre des réformes de fond avant la crise de légitimité qui ne manquera pas d’éclater à la mort de l’actuel monarque, figure quasi sacrée. L’armée sait que ce capital ne pourra pas être transmis tel quel au successeur. Ce serait donc la porte ouverte à un raz-de-marée dit «démocratique », en réalité l’instauration d’une hégémonie de la famille Shinawatra, seule à même de rivaliser avec le prestige de la monarchie. Le calcul des chefs militaires était sans doute nécessaire. Il demeure risqué et étroitement dépendant d’une reprise économique qui se fait attendre.
Environnement
par Fabrice de Chanceuil
Un climat qui n’est pas sans histoire
Il y a quelques semaines, l’éminent historien Emmanuel Le Roy-Ladurie était invité, par un grand groupe industriel français, à s’exprimer devant ses cadres pour présenter la contribution de l’Histoire à la compréhension de l’évolution du climat.
Historien du monde paysan, rendu célèbre par son livre « Montaillou, village occitan » publié en 1975, Emmanuel Le Roy-Ladurie s’est vite intéressé, en raison de ses conséquences sur la vie rurale, à l’évolution du climat. Ses recherches aboutissent ainsi, en 2007, sur la publication se son « Histoire du climat du Moyen-Age à nos jours ».
Il peut paraître improbable de connaître le temps qu’il faisait dans les époques les plus reculés mais l’historien peut pourtant s’appuyer sur ce qu’Emmanuel Le Roy-Ladurie appelle les Quatre Chevaux de l’Apocalypse: les dates de vendanges, les anneaux des arbres, la taille des glaciers et les séries événementielles, à partir des données enregistrées, notamment par les curés des paroisses, à l’occasion d’événements particuliers.
Les situations climatiques susceptibles d’avoir des effets sur la vie des populations sont, bien évidemment, les situations extrêmes: les grands froids, qui détruisent les semences, les pluies prolongées, qui ruinent les récoltes et les fortes chaleurs qui, bien que plutôt favorables aux cultures, conduisent à la surproduction et, par conséquent, à l’effondrement des cours.
De fait, effets directs et effets indirects se conjuguent sans qu’il soit toujours possible de dire qui sont les plus déterminants. Dans tous les cas, les situations climatiques extrêmes provoquent des crises de subsistance qui se traduisent par une mortalité, plus ou moins importante, de la population. La mort survient de la famine mais aussi des épidémies qui l’accompagnent le plus souvent. La première recensée date de 1315 et a emporté 5 à 7% de la population française. La période la plus terrible est celle allant de 1350 à 1450 où la population française a diminué de moitié, passant de 20 millions à 10 millions d’âmes: il faudra attendre un siècle pour que la France retrouve son niveau démographique antérieur. La dernière grande famine se situe en 1709-1710 où l’hiver redoutable a fait périr 630 000 personnes.
Face à ces situations, les populations et leurs dirigeants réagissent généralement de trois manières. Tout d’abord la religion, par l’appel à la clémence de Dieu, souvent par l’intercession de ses saints qu’on n’hésite pas à punir si les résultats obtenus ne sont pas à la hauteur de la ferveur déployée. Ensuite le ravitaillement, du moins à partir du XVIIème siècle, avec un interventionnisme étatique sur le prix des denrées qui perdurera jusqu’à Raymond Barre quand celui-ci libèrera le prix du pain. Enfin, la révolte, comme la Grande Rebeine de Lyon en 1529, qui peut aller jusqu’à la révolution: celle de 1789 est concomitante à une forte sécheresse, tout comme en 1848, tandis que 1830 fait suite aux conséquences d’un hiver particulièrement rigoureux. Certains historiens anglais ont même imputé l’origine de la Révolution française à l’éruption du volcan islandais Laki, en 1783, dont les fumées empoisonnées avaient entraîné une mortalité exceptionnelle du bétail.
Quant à l’actuel réchauffement climatique qui suscite tant de débats et pour lequel ses auditeurs attendaient sans doute un éclairage nouveau, Emmanuel Le Roy-Ladurie s’est limité à constater les pics de températures, très bas en 1956, très hauts en 1947, 1976 et 2003, aux effets heureusement sans commune mesure avec ceux du passé, mais sans s’aventurer à en expliquer les causes, encore moins à imaginer l’avenir, rappelant que l’historien, par définition, n’est pas un futurologue.
Homme de bon sens pour autant, nourri par l’expérience que lui confèrent ses 85 ans, Emmanuel Le Roy-Ladurie a néanmoins souligné, en conclusion, l’incohérence de ses contemporains, généralement acquis à la thèse du réchauffement climatique mais qui, parallèlement, n’hésitent pas à produire de l’oxyde de carbone par une utilisation massive de leur voiture et de l’avion.
BD
par Gihé
Le D-Day en bd
Comment ne pas relever, en ce temps de commémorations, les bd traitant de la Seconde Guerre mondiale et, plus particulièrement, celles se rapportant au Débarquement ? Si certaines alimentent la veine romanesque, d’autres se contentent — si l’on peut dire, car il faut un sacré talent pour y arriver ! — de mettre en scène cette réalité. Pourtant, nous avons du mal à la concevoir, tant les soixante-dix ans qui nous en séparent en déforment la vision et l’appréhension, qu’il s’agisse du contexte militaire, politique ou technique d’une époque à la fois proche et éloignée de la nôtre…
Ils ont dû se mettre à plusieurs pour réaliser les trois tomes d’Opération Overlord publiés chez Glénat : Michaël Le Galli, Davide Fabbri, Bruno Falba et Christian dalla Vecchia. Le tome 1 raconte Sainte-Mère-Église, le 2 Omaha Beach et le 3 La batterie de Merville — le nom sans doute le moins connu, se rapportant à une localité à côté d’Ouistreham. Le premier album présente une dominante grise-kaki, le second tire davantage vers le marron — peut-être à cause du feu et du sang — et le troisième tend progressivement vers le bleu, qui est celui de la nuit mais aussi de la sérénité finale, y copris celle trouvée dans la mort. De belles évocations.
Rappelons ce qui a été publié ces dernières années en Normandie même par les Éditions Vagabondages, à savoir les cinq tomes de Normandie Juin 44. Dus à Jean-Blaise Djian, Isabelle Bournier et Bruno Marivain, complétés par des dossiers clairs, ils permettent de ne pas oublier les combattants des divers camps et excellent à mettre en valeur toutes les nations engagées.
Sous le titre de Jour-J. À l’assaut de la forteresse Europe, les Éditions Pierre de Taillac aident à découvrir, traduite de l’anglais, une partie de ce qui a été publié depuis plus d’un demi-siècle par la revue Commando. Depuis 1961, quelque 4 500 numéros sont sortis, dont une partie parut en France sous la même dénomination dans les années 60-70. Là, ce sont plus de 750 pages en noir et blanc dont on dispose, en attendant, à la fin du mois, deux nouvelles anthologies de quelque 200 pages chacune, Derrière les lignes ennemies et Armes secrètes de l’Allemagne nazie.
C’est aussi l’occasion de faire revivre un très grande figure, décédée l’an passé et qui a forcé l’admiration en traversant cette époque et aussi deux autres qui le marquèrent à jamais. Guillaume Berteloot et Patrick de Gmeline nous emmènent Avec Hélie de Saint Marc. L’honneur d’un soldat (Éditions du Triomphe). Défile ainsi la vie de celui qui n’aurait pu être que l’un des rejetons d’une vieille dynastie périgourdine installée à Bordeaux et qui fut résistant déporté, légionnaire en Indochine et rebelle en Algérie par fidélité. Et comment ne pas être non plus ému par la restitution du massacre, en 1937, de Nankin (Les Éditions Fei), raconté et mis en images par Nicolas Meylaender et Zong Kai à travers les yeux d’une survivante ?
Mentionnons enfin deux albums construits à partir de ce qui s’est joué à cette époque. Dans La disparue de Kerlouan (Éditions Vagabondages), Sébastien Corbet et Stéphane Heurteau montrent leur « enquêteur breton » Fanch Karadec aux prises avec le passé des années 40 pour retrouver une disparue d’alors… Quant au deuxième tome des aventures de Lancaster, Les portes de l’Arctique (Glénat) font se télescoper les décennies, avec notamment la présence de survivants du IIIe Reich au fin fond des glaces.
Histoire
par Fabrice de Chanceuil
Charles X : le retour
A l’occasion du bicentenaire de la Restauration, une initiative vient d’être prise pour ramener en France les cendres du dernier Roi de la dynastie des Bourbons, Charles X, actuellement inhumé en Slovénie.
Quand le Roi Charles X est contraint à l’exil par la Révolution de 1830, il trouve d’abord refuge à Holyrood en Écosse puis s’installe dans l’Empire d’Autriche: dans un premier temps en Bohème, au château de Prague puis à Budweis et enfin dans le Sud de l’Empire, à Görz , ville aujourd’hui partagée entre l’Italie (Gorizia) et la Slovénie (Nova Gorica). C’est là qu’il meurt, emporté par le choléra, le 6 novembre 1836.
Il est inhumé au couvent de Castagnavizza (aujourd’hui Kostanjevica à Nova Gorica), rejoint par la suite par cinq autres membres de la Famille royale dont son fils le Duc d’Angoulême, l’éphémère Louis XIX et le neveu de ce dernier, le Duc de Bordeaux puis Comte de Chambord, connu également sous le nom d’Henri V, dernier représentant de la branche aînée des Bourbons, mort à Frohsdorf en Autriche en 1883.
Cette situation vaut au couvent de Kostanjevica le nom de Petit Saint-Denis, visité chaque année par les fidèles de la cause royale et les amateurs d’histoire, mais il ne peut néanmoins rivaliser avec son modèle, la basilique de Saint-Denis, qui attend son dernier Roi.
En effet, à la Restauration, la nécropole royale, détruite sous la Révolution, a été reconstituée et les restes du Roi Louis XVI et de la Reine Marie-Antoinette, initialement enterrés au cimetière de la Madeleine, y ont été réinhumés le 21 janvier 1815, rejoints par le corps de Louis XVIII en 1824, en attendant celui de Charles X pour lequel une dalle noire, sans inscription, est déjà présente à cet effet.
Telle est donc la vocation de l’Association « Pour le retour à Saint-Denis de Charles X et des derniers Bourbons », présidée par Nicolas Doyen, qui s’est assuré du concours de l’historien Philippe Delorme, auteur de nombreux ouvrages sur la Famille royale de France et qui, en 2000, avait fait authentifier le cœur de Louis XVII, permettant ainsi l’inhumation de celui-ci, en 2004, dans la nécropole royale.
A dire vrai, ce n’est pas la première fois que le projet de retour des cendres de Charles X est évoqué. Déjà Victor Hugo l’avait écrit en des vers explicites: « Moi, je n’affligerai pas plus, ô Charles Dix, Ton cercueil maintenant que ton exil jadis, Repose, fils de France, en ta tombe exilée, Dormez, Sire, il convient que cette ombre voilée, Que ce vieux pasteur mort, sans peuple et sans troupeau, Roi presque séculaire ait au moins le repos ». Plus récemment, à l’occasion du Millénaire capétien, en 1987, la question avait été à nouveau soulevée mais sans résultat.
Il semble que ce soit moins les autorités françaises que les autorités slovènes qui soient réticentes à cette perspective, compte tenu des retombées touristiques du Petit Saint-Denis. Les Franciscains du couvent de Kostanjevica pensent de même, exhibant de surcroît un testament du Comte de Chambord refusant la translation de ses restes en France tant que les Lys de France n’auraient pas été restaurés, prolongeant, dans sa mort, la raison de sa renonciation au trône en 1873.
La possibilité de dissocier le cas de Charles X, dernier roi régnant, de celui des autres membres de la Famille royale a bien été citée, mais il est manifeste que les conditions ne sont pas aujourd’hui réunies pour envisager un tel transfert.
Raison de plus, pour les initiateurs de l’association, de fourbir leurs armes et de développer leur argumentaire: ils ont encore jusqu’à 2036 pour convaincre s’ils souhaitent ramener les cendres du vieux roi pour le bicentenaire de sa mort.
Humeur
par Erwan Violin
Encore les intermittents
Une fois encore ils reviennent, bien décidés à mener la vie dure à nos chers festivals d’été. Il est de bon ton de critiquer ces horribles privilégiés accusés de faire gugusse aux frais du contribuable. Il paraît que les intermittents sont riches, privilégiés, et qu’ils coûtent cher.
On oublie un peu vite que l’immense majorité des intermittents du spectacle, artistes et techniciens ne roulent pas précisément sur l’or, loin de là, qu’ils connaissent des horaires à faire tomber en syncope un délégué de la CGT. Surtout on oublie de dire qu’ils rapportent beaucoup à la communauté qui s’y retrouve largement.
Des parasites les intermittents ? Des inutiles ? Pas vraiment puisque ces baladins nous apportent ce dont finalement aucune société n’a réussi à se passer.
Livres
par Catherine Pauchet
Roman
Nuit de Noces à Ikonos
Lottie cherche l’amour désespérément. Lorsqu’elle rencontre Richard, elle pense avoir – enfin ! – trouvé l’homme de sa vie. Mais au bout d’un an de vie commune, l’élu de son cœur l’informe qu’il refuse de l’épouser. Ni une ni deux, elle largue le goujat. Dans la foulée, elle se marie avec Ben, un flirt d’adolescence revu par hasard, et s’envole pour une lune de miel en Grèce. Tout irait à merveille s’il n’y avait Fliss, la sœur ainée de Lottie, persuadée que ce mariage est une sottise et bien décidée à saboter la nuit de noces des jeunes mariés. Après les folles aventures d’une Accro du shopping qui ont connu un succès mondial, Sophie Kinsella nous entraîne dans une comédie d’une grande drôlerie.
« Nuit de Noces à Ikonos », Sophie Kinsella, Belfond, 504 p., 19,95 €.
Jeunesse
La chachatatutu et le phénix
Alors que la chachatatutu cherchait sa nourriture loin de son nid, deux œufs sur les trois qu’elle avait pondus, ont été mangés par un rat. En colère, elle vole demander justice au phénix. Mais le roi des oiseaux n’a que mépris pour cette oiselle chétive dont les plumes du cou sont tout ébouriffées, il l’envoie promener.
La mère doit désormais protéger seule sa couvée ce qui déclenche quelques jolies catastrophes. Ce conte tibétain sort en album illustré et accompagné d’un cédérom.
« La chachatatutu et le phénix », raconté par Jean-Louis Le Craver, illustré par Nathalie Choux, Syros, album de 32 p. + CD, 15,90 €.
Histoire de la photographie
Felice Beato
Aux origines de la photographie de guerre
Felice Beato est l’ancêtre des photoreporters. Né en 1832 à Venise, il se passionne très jeune pour la photographie et part à vingt-trois ans à l’aventure. Ses images sont exceptionnelles. Pour la première fois, les champs de bataille et les soldats morts au combat vont être montrés au public. Beato couvrira de nombreux événements : la préparation des navires de guerre en rade de Sébastopol, la révolte des Cipayes en Inde, la guerre de l’opium en Chine, l’expédition américaine en Corée… Avec cet ouvrage très documenté et illustré de photos d’époque en noir et blanc, Catherine Pinguet, historienne au Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques du CNRS, retrace les origines de la photographie de guerre.
« Felice Beato. Aux origines de la photographie de guerre », Catherine Pinguet, CNRS éditions, 256 p., 25 €.
Revue
L’origine des civilisations
Qu’est-ce qui fait une civilisation ? Les Cahiers de sciences et vie répondent à cette question à partir d’exemples historiques (Scythes, Mongols, Olmèques…). Parmi les thèmes abordés : la rupture et la continuité entre civilisations, l’invention de l’urbanisme, de l’Etat et de l’écriture par Sumer, deux interviews (Maurice Godelier et Emmanuel Devaux), les peuples des steppes…
« L’origine des civilisations », Les Cahiers de sciences et vie, 5,95 €. En kiosque.
Cinéma
par Marie-Christine Renaud d’André
Les voies du destin
On l’a appelée « la voie ferrée de la mort », tant furent nombreux les prisonniers de guerre alliés affectés à sa construction et qui périrent, épuisés par les sévices infligés par les Japonais. L’officier britannique Eric Lomax en a réchappé. Mais, dans les années 80, il n’a toujours rien oublié et vit avec ses traumatismes.
Cette histoire magnifique est l’adaptation des Mémoires d’Eric Lomax, qui a raconté son enfer et son long chemin vers l’apaisement. Tout le monde connaît Le pont de la rivière Kwai, de David Lean (1957), et le présent film en est le prolongement, puisqu’il s’intéresse aux suites de l’histoire, en décrivant la difficile réadaptation des soldats traumatisés.
Entre présent et passé, le film fait revivre les épreuves de ces derniers, avec la brutalité des Japonais. Mais c’est dans la seconde partie que l’histoire prend toute sa dimension, avec la rencontre entre les deux ennemis d’hier.
Ce plaidoyer pour la réconciliation entre les peuples est porté par une remarquable interprétation. Colin Firth, tout en souffrance retenue, est bouleversant, et il est secondé par Nicole Kidman, poignante en épouse aimante et attentive. Mais il est dommage que la mise en scène soit un peu académique, et la fin trop mélodramatique.
Le héros a fait preuve d’un immense courage et d’un beau sens de l’honneur, en se dénonçant pour protéger ses camarades. Des années plus tard, il lui faudra encore plus de courage pour oublier son désir de vengeance et pardonner. Un pardon qui lui permettra enfin de trouver la paix.
Les violences sont suggérées plus que montrées, et les discrètes notes religieuses donnent une autre dimension à cette belle histoire.
Drame britannico-australien (2013) de Jonathan Teplitzky, d’après le livre d’Eric Lomax, avec Colin Firth (Eric Lomax), Nicole Kidman (Patti Lomax), Jeremy Irvine (Eric Lomax jeune), Stellan Skarsgard (Finlay), Hiroyuki Sanada (Nagase), Sam Reid (Finlay jeune), Tanroh Ishida (Nagase jeune) (1h56). (Grands adolescents) Sortie le 11 juin 2014.
La ritournelle
Lasse de sa vie monotone de fermière, Brigitte s’offre une parenthèse lors d’un week-end à Paris.
Avec finesse, Marc Fitoussi décrit la lente érosion de l’amour au sein d’un couple et le désir de liberté d’une femme écrasée par la dureté de son existence. C’est une surprise de voir Isabelle Huppert (très convaincante !) en fermière. En suivant l’errance de son héroïne, le cinéaste montre que rien n’est simple dans les désirs d’une femme que sa vie ne satisfait plus. Elle ne sait pas très bien ce qu’elle veut, se jette à l’eau, avant de reculer, tergiverse et, finalement, revient. Ce sont ces errements qui font la beauté d’une œuvre délicate, mais dont les longueurs sont nombreuses.
Si la tentation de l’adultère est forte, cette œuvre montre qu’un amour conjugal fort peut surmonter toutes les épreuves. À cet égard, l’attitude du mari est magnifique d’amour, de compréhension et de délicatesse.
Comédie dramatique française (2013) de Marc Fitoussi, avec Isabelle Huppert (Brigitte), Jean-Pierre Darroussin (Xavier), Michael Nyqvist (Jesper), Pio Marmaï (Stan), Marina Foïs (Christiane), Anaïs Demoustier (1h38). (Grands adolescents) Sortie le 11 juin 2014.
Black Coal
Des morceaux de cadavres sont découverts dans plusieurs usines de charbon en Chine. L’inspecteur Zhang est chargé de l’enquête.
Récompensé de deux prix au Festival de Berlin, Yi’nan Diao, peu connu en Occident, signe un policier noir et tendu, bien dans la veine américaine. Malgré une certaine confusion dans le récit, du moins au début, le spectateur est envoûté par cette histoire à tiroirs, qui met en scène un policier désenchanté et alcoolique. De surprise en surprise, cette histoire violente désarçonne le spectateur, jusqu’au dénouement final. L’interprétation est digne d’éloges.
Policier chinois (2014) de Yi’nan Diao, avec Fan Liao (Zhang Zili), Lun-mei Gwei, (Wu Zhizhen, la femme de la teinturerie), Jin-chun Wang (le patron de la teinturerie), Ailei Yu (l’inspecteur Wang), Xue-bing Wang (Liang Zhijun, le mari de Zhizhen) (1h46). (Adultes) Sortie le 11 juin 2014.
Un amour sans fin
Très amoureux, David et Jade doivent faire face à l’opposition du père de la jeune fille, qui va tout mettre en œuvre pour les séparer.
Le best-seller de Scott Spencer a déjà été adapté pour le cinéma par Franco Zeffirelli, avec Un amour infini, en 1981. Dans cette nouvelle mouture, la cinéaste n’a pas lésiné sur le mélo et l’eau de rose. Pourtant, peu à peu, grâce à quelques jolis moments, on finit par apprécier (un peu !) cette bluette qui célèbre l’amour éternel.
Comédie dramatique américaine (2014) de Shana Feste, d’après le roman de Scott Spencer, avec Alex Pettyfer (David Elliot), Gabriella Wilde (Jade Butterfield), Bruce Greenwood, Joely Richardson (1h44). (Grands adolescents) Sortie le 11 juin 2014.
LE CHIFFRE DE LA SEMAINE
2,7%
C’est le taux de la baisse de production d’énergie primaire enregistrée en avril 2014 par rapport à avril 2013, selon les chiffres du ministère de l’Environnement. Rappelons que l’énergie primaire se définit comme l’énergie disponible dans l’environnement, directement exploitable sans transformation (combustibles nucléaires, liquides ou solides, gaz naturel, énergie solaire ou hydraulique… ). Cette tendance à la baisse est observée depuis le mois de février.
La baisse affecte notamment l’énergie nucléaire (-0,9% sur un an) et surtout les énergies renouvelables (-20,2%). Des températures relativement clémentes depuis le début de l’année expliquent en grande partie cette tendance qui s’accompagne d’une baisse de la consommation de 8,2% par rapport à avril 2013.

