L’événement-1
par Serge Plenier
Quelle politique migratoire pour l’Europe ?
La Méditerranée devient-elle un cimetière de migrants ? Après les 700 victimes du naufrage au large des côtes libyennes, voici qu’un nouveau bateau, cette fois dans les eaux internationales, vient de chavirer avec 300 personnes à son bord.
Bien sûr, il s’agit d’une catastrophe humanitaire et le sauvetage des survivants s’impose à tous, comme s’impose le devoir de prévenir de nouveaux naufrages, mais cela demeure insuffisant. Tant que des masses d’immigrants venus d’Afrique tenteront de gagner par tous les moyens les côtes européennes, de telles tragédies ne pourront que se reproduire, inéluctablement. Les manifestations d’empathie et les appels à la solidarité n’y changeront rien. Du reste, les naufrages ne sont que l’aspect le plus choquant de la question. Ils ne doivent pas faire oublier les milliers de clandestins qui arrivent régulièrement sur l’île de Lampedusa ou sur les côtes siciliennes.
La vague migratoire qui s’abat sur les côtes méditerranéennes, et principalement sur l’Italie pose déjà de redoutables problèmes. Ces problèmes touchent déjà de plein fouet l’Italie dont le gouvernement se trouve aujourd’hui dans l’incapacité matérielle d’accueillir et de secourir ceux qui se pressent aux portes de l’Europe. L’aide européenne a aujourd’hui montré ses limites.
Car l’Union européenne semble elle aussi paralysée. L’agence Frontex (destinée à assurer la sécurité des frontières extérieures de l’UE a sans doute multiplié les interventions telles que l’opération « Triton » (actuellement en cours), les résultats obtenus demeurent marginaux et ne résolvent rien. Ecartelées entre ses impératifs « humanistes » et les multiples dangers (y compris pour la démocratie) d’une immigration incontrôlée, les institutions européennes paraissent tétanisées devant un phénomène à la fois calamiteux et irréversibles.
Pourtant, la seule véritable solution n’est pas humanitaire, elle est politique et doit s’appliquer en priorité aux pays d’origine des migrants. Faut-il rappeler que c’est l’Occident (USA compris) qui, depuis des décennies, a amplifié les flux migratoires en déstabilisant et saccageant sottement le Moyen Orient et l’Afrique, que ce soit en Irak, en Libye ou en Syrie. Il fallait investir là où on a fait la guerre.
Laisser la porte complètement ouverte aux migrants n’est pas plus tolérable que transformer l’Europe en citadelle assiégée. C’est d’abord de prévention qu’il s’agit. Mais l’Europe a-t-elle encore les moyens d’une telle politique ?
L’événement-2
par Jean-Gabriel Delacour
Des gouvernants décalés
François Hollande a tenté une fois encore de reprendre la main. Venu, le dimanche 19, participer à « Supplément » de Canal Plus, une émission branchée qui, à l’heure du déjeuner, combine divertissement et information, il n’a guère pu annoncer que la saisine du Conseil constitutionnel sur la loi concernant le renseignement et la mise en place d’un compte personnel d’activité. En fait, il est apparu comme dépassé, même s’il a affirmé que le second tour de la présidentielle dans deux ans opposerait le Ps au Fn ; du coup, il a semblé ajourner sa promesse d’introduire de la proportionnelle aux législatives car ce qui avait été conçu pour affaiblir la droite traditionnelle risquerait d’ajouter aux déboires de la gauche…
Nos gouvernants apparaissent de plus en plus décalés par rapport aux réalités. On l’a vu, pendant près d’un mois, avec le plus long conflit social de l’histoire de Radio France, qui a connu 29 jours de grève : la ministre de la Culture a éprouvé le plus grand mal à fixer une ligne alors que la responsabilité de l’État reste majeure et directe — il est vrai que la même Fleur Pellerin a stigmatisé les journalistes des radios privées en croyant vanter ceux du service dit public…
Si on regarde le plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, doté de 100 millions d’euros sur trois ans, destiné à faire face à la hausse « insupportable » des actes racistes en France et présenté par Manuel Valls le 17 avril, on voit une fois de plus une opération de communication. Elle est d’ailleurs revendiquée comme telle mais pas un mot n’y est dit des actes christianophobes pourtant en pleine expansion — au moment où, en pleine Méditerranée, des chrétiens étaient jetés par dessus bord parce que ne voulant pas prier « Allah ».
Quant à l’Éducation nationale, qui semble complètement prise au dépourvu par des affaires de pédophilie, elle poursuit son petit bonhomme de chemin loin des réalités. On a ainsi appris qu’on n’irait plus à la piscine, mais dans un « milieu aquatique profond et standardisé », à moins qu’on ne préfère s’amuser avec un « référentiel bondissant » plutôt qu’avec un ballon. Plus grave, la fin du latin et du grec semble bien définitivement programmée derrière des enseignements réaménagés, tout comme certaines langues vivantes. Et passons sur la présentation de l’islam en 5e et pas celle du christianisme… Même dans les hautes sphères, on veille au grain : l’africaniste Bernard Lugan vient d’être déchargé de toutes ses interventions aux Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan parce qu’il avait osé critiquer l’envoi du secrétaire d’État aux Anciens combattants à Sétif pour avaliser la vision algérienne des émeutes de 1945.
Une bonne nouvelle, quand même : le conseil d’administration de Renault s’est opposé à la mainmise coûteuse — environ 1 milliard d’euros — du gouvernement soucieux de faire appliquer une loi votée pour contenter la partie la plus à gauche de sa majorité.
Politiques
par Alice Tulle
Lutte contre les phobies
Le Premier ministre veut lutter contre le racisme et l’antisémitisme. Cette volonté mériterait d’être approuvée s’il ne s’agissait d’un vulgaire coup de communication.
C’est une étrange maladie qui se répand en France depuis bien des années : la phobie réelle ou supposée d’un groupe social ou d’une organisation politique. Il y a les islamophobes, les europhobes, les homophobes, les prolophobes, qui viennent rejoindre les xénophobes, les racistes et les antisémites dans une catégorie plus générale désignée comme populiste. Les médias sont friands de ce type de classification que les dirigeants du pays reprennent volontiers à leur compte : c’est simple, parlant, et « les gens » peuvent comprendre.
C’est ainsi que le Premier ministre a annoncé le 17 avril un plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Il a voulu marquer les esprits en se faisant accompagner par Bernard Cazeneuve (Intérieur), Najat Vallaud-Belkacem (Éducation), Christiane Taubira (Justice), Fleur Pellerin (Culture), Myriam El Khomri (Ville, Jeunesse et Sport).
L’intention est digne d’éloge : les agressions contre les citoyens juifs sont en augmentation, de même que les actes commis contre les musulmans et il faut arrêter au plus vite cette spirale de la violence. C’est la mise en œuvre du plan qui laisse sceptique.
Manuel Valls a annoncé un durcissement de la législation qui ne peut être apprécié qu’au vu des textes législatifs déposés devant le Parlement. La formation des enseignants sera renforcée et les élèves devront visiter un lieu de mémoire à chaque étape de leur scolarité : les enseignants connaissent bien et depuis longtemps la pédagogie en ce domaine mais les réactions de certains lycéens après les attentats de janvier ont montré que les élèves, formés avant tout pour devenir des producteurs et des consommateurs, ne pouvaient pas tout à coup se transformer en citoyens responsables, conscients de cette culture française et de cette histoire nationale — et accessoirement chrétienne… mais nulle trace de la « christianophobie » dans les réflexions actuelles, malgré quelques faits divers éloquents — que le ministère de l’Éducation maltraite ouvertement depuis de trop nombreuses années.
Quant à la « grande campagne de communication » annoncée par le Premier ministre, elle provoque le malaise. Cent millions d’euros lui seront consacrés. C’est une belle somme. Mais il s’agit de réallocation de crédits déjà inscrits au budget, ce qui signifie qu’on se contentera, comme d’habitude, de virer de menues sommes sur le compte d’associations un peu trop amies et de publicitaires bien proches également qui mèneront quelques « actions de sensibilisation » supplémentaires — aussi inefficaces que toutes celles qui ont été menées depuis trente ans.
Il y a plus grave : le gouvernement accepte ou encourage la dénonciation des « phobies » et les regroupe dans le « populisme » dans un but électoral. Or le choix des termes n’est jamais sans conséquences : dire que toute critique ou tout rejet est l’expression d’une phobie signifie grosso modo que des citoyens sont atteints d’une maladie mentale et qu’il faut les soigner.
Tous ces malades relèveraient d’une même thérapie puisqu’ils sont tous regroupés dans ce populisme qui abrite, tel un hôpital, les citoyens atteints de déficience mentale ou sujets à des pulsions haineuses. L’europhobie réunit le nationaliste acharné et le citoyen qui critique le traité de Lisbonne ; l’islamophobie mélange la dispute théologique et la diatribe antimusulmane…
Mais pratiquer de tels amalgames, c’est nier les causes idéologiques, sociales et politiques des phénomènes odieux contre lesquels on prétend lutter. C’est, en bref, prendre « les gens » pour des imbéciles (cf. le récent livre de Chantal Delsol : Populisme, les demeurés de l’Histoire, éd. du Rocher), en voulant croire qu’ils ne s’en rendront pas compte.
Monde
par Yves La Marck
États-Unis : Nouvelles dynasties
Un duel Clinton-Bush se profile dès maintenant pour l’élection présidentielle de novembre 2016. Pour de bonnes et de moins bonnes raisons.
Hillary Clinton a déclaré sa candidature le 12 avril. Jeb (John Ellis Bush) l’avait fait en février. Sans surprise ni pour l’un ni pour l’autre. C’est très tôt : la première primaire n’est qu’en janvier prochain et l’élection dans plus de dix-huit mois ! La vie politique américaine va devenir schizophrénique : Obama face au Congrès républicain d’une part ; la course aux primaires de l’autre. Celle-ci n’est d’ailleurs qu’une formalité pour les Démocrates alors qu’elle reste fort ouverte chez les Républicains où on compte déjà quatre candidats à la candidature, Bush restant le plus sérieux.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le facteur dynastique ne semble pas le handicap majeur des deux « héritiers ». D’abord il faudrait s’entendre sur le terme de dynastie. Les Clinton ne constituent pas une dynastie : ni les parents ni la fille du couple Clinton n’étaient ou ne sont dans la politique. à l’inverse des Bush : grand-père sénateur, père président, frère aîné président. Moins que les Kennedy qui se sont perpétués aux générations suivantes mais sans atteindre la notoriété des trois frères.
Ensuite, aux États-Unis c’est monnaie courante. Il y a des dynasties locales de sénateurs et de gouverneurs. Il y a aussi des familles puissantes dans les affaires, avec parfois des aller et retour : les Rockefeller par exemple pour ne parler que d’une époque antérieure. On ne reproche à personne d’être le fils de son père s’il réussit. C’est le pragmatisme américain. Et comme il n’y a pas de monarchie ni d’aristocratie établie, il n’y a pas de droits acquis : la carrière est ouverte à tout le monde, même aux « héritiers ».
Cela va même plus loin puisque, en rupture avec les théories antérieures sur la gestion des entreprises ou des organisations, la mode intellectuelle est à la revalorisation du modèle « familial » ! L’hebdomadaire britannique The Economist, champion de l’économie libérale, y consacre un dossier particulièrement convaincant dans sa dernière édition datée du 18 avril.
Un autre handicap aurait pu être l’âge, surtout celui de Hillary qui lors de l’élection aura 69 ans, la plus âgée après Ronald Reagan. Encore une fois, l’âge n’est pas un obstacle dirimant dans la société américaine ni dans les affaires, ni à l’université, ni au Congrès, où les positions acquises le sont pratiquement à vie. L’idée de la retraite y est plutôt saugrenue.
Notons que les catégories les plus défavorisées continuent également de travailler jusqu’à un âge avancé pour joindre les deux bouts et bénéficier des prestations sociales.
Derrière la notion d’héritage ou d’âge se cache le reproche majeur de la référence au passé. Les États-Unis veulent toujours se projeter vers l’avenir. Là se situe le plus sérieux handicap, surtout pour Hillary Clinton qui a la plus longue histoire personnelle avec le peuple américain : épouse de gouverneur depuis 1979, un tiers de siècle dans la vie publique, première dame de 1992 à 2000 et l’on se souvient avec combien de péripéties, jusqu’à récemment ministre des Affaires étrangères d’Obama de 2009 à 2012 avec un bilan honorable mais qui comptera peu dans la balance.
Jeb, par comparaison, apparaît comme un homme neuf : même s’il a été gouverneur de Floride de 1999 à 2006, c’est quand même vingt ans de moins de vie publique ! Et il a su se démarquer de son frère. Moins d’expérience dira-t-on mais aussi moins de déjà-vu, ce qui sera le handicap majeur d’Hillary Clinton qui réunit sur son nom autant d’opinions négatives que positives.
L’erreur des Républicains serait de transformer la campagne en référendum pour ou contre Hillary. Celle des Démocrates serait de considérer l’élection comme un couronnement. La victime de ces deux tactiques serait le projet, la vision pour l’avenir des États-Unis et donc quelque part du monde.
Magazine
par Joël Broquet
L’Hermione et La Fayette : « vous revoilà »
L’Hermione, frégate sur laquelle embarqua en 1780 le marquis de La Fayette, âgé de 22 ans, pour rejoindre les insurgés de la guerre d’indépendance américaine, a été reconstruite à l’identique. Il est heureusement étonnant de voir à quel point la presse, les historiens et le politique s’en mêlent. Même François Hollande, réputé hermétique à notre passé national, a su faire cause commune avec Ségolène Royal pour venir saluer l’Hermione quittant l’île d’Aix (Charente Maritime) ce samedi 18 avril pour une traversée de six semaines vers les Etats-Unis avec une escale aux Canaries. Il a même parlé de « journée historique » évoquant ce « chantier titanesque commencé en 1997 » « sous l’impulsion de Ségolène Royal » qui fut en effet une présidente de Poitou Charente attentive à ce projet. Barack Obama y est allé de son compliment souhaitant « bon vent ».
L’Hermione accostera le 5 juin à Yorktown, avant Baltimore, New York, Annapolis, Philadelphie, Boston. Toutes les escales (12 au total le long de la côte est des Etats-Unis) donneront lieu à des commémorations comme à Yorktown, du 5 au 7 juin, première escale, où s’est déroulée en septembre 1781 une bataille navale décisive à laquelle l’Hermione a participé. Presque toutes les autres escales ont été marquées par a présence de La Fayette. A Philadelphie (escale du 25 au 28 juin) les membres du Congrès américain ont été reçus en mai 1781 à bord de l’Hermione. Elle sera notamment associée aux fêtes de l’indépendance américaine, le 4 juillet à New York, à l’occasion d’une grande parade navale. Newport (8 et 9 juillet) est surtout connu car c’est là que débarquèrent les 5500 hommes de corps expéditionnaire commandé par Rochambeau. L’escale de Boston (11 et 12 juillet) rappellera que c’est dans cette ville que La Fayette débarqua le 28 avril 1780. Les dernières escales seront en terre acadienne et devraient donner lieu à des évocations non plus de la guerre d’indépendance américaine mais de l’amitié franco acadienne.
Burke qui soutenait la révolution américaine (au nom de la « liberté des peuples ») et attaqua la révolution française (au nom de « l’identité des peuples) montre que les Anglais eux-mêmes furent partagés dans cette affaire. Toujours est-il que de cette aventure sont nés les Etats-Unis d’Amérique, permettant au colonel Stanton du corps expéditionnaire américain de déclarer « La Fayette nous voilà » sur la tombe de La Fayette le 4 juillet 1917 au cimetière de Picpus (Pais XIIème)
Gilbert de Pusy La Fayette, maire adjoint d’une commune champenoise, président de la Société La Fayette, membre du Conseil National du Carrefour des Acteurs Sociaux sera sur place, officiellement invités par les autorités américaines à New York et à Philadelphie pour recevoir l’Hermione au nom de la France et des organisations culturelles et historiques qu’il représente.
L’épopée de l’Hermione relève certes de la mémoire, de l’histoire, de politique mais ce devrait être aussi l’occasion de susciter l’intérêt la marine comme instrument du rayonnement et l’influence français sur la planète. Même si aujourd’hui les « forces de projection » doivent plus à l’aviation qu’à la marine, qui ne voit que de la Méditerranée à la côte des Somalis et du golfe de Guinée en passant par la sécurisation des voies maritimes, des zones de pêche, ou de prospection pétrolières, le rôle de la Marine est essentiel ?
Et l’Amérique aurait eu un autre destin si la politique de Louis XVI n’avait redonné à la France une puissance maritime permettant de sécuriser les mers et d’acheminer en Amérique les troupes qui devaient lui donner son indépendance.
(Notre prochaine livraison donnera une interview exclusive de Gilbert de Pusy La Fayette.)
Tribune
par Nicolas Lecaussin, économiste
Pour chaque réglementation nouvelle, il faut en supprimer deux !
Quand on veut « résoudre » un problème, on crée un organisme administratif et/ou on rédige une nouvelle loi. C’est une véritable maladie en France. Le rapport Lambert-Boulard de 2013 avait bien montré que les Codes français comptent plus de 21 000 pages alors qu’ils n’avaient que 800 pages au début du XXe siècle. La France est classée (2013) 126ème sur 144 pays en matière de complexité administrative par le World Economic Forum.
Nous avons plus de 10 500 lois, 130 000 décrets et plus de 400 000 normes. A titre de comparaison, l’Allemagne est régie par « seulement » 1 728 lois. En France, l’inflation des réglementations dans les Codes dépasse toute imagination. Le Code du travail représente 3 492 pages et 10 000 articles et tous les ans, plus 10 % de son contenu change, alors que le du Code du travail suisse n’a que 54 articles. L’Allemagne n’a même pas de Code du travail ! Le Code du commerce français compte 26 livres et 2 939 pages (sic) tandis que le « UK Coorporate Governance Code » (le Code du Commerce britannique) ne fait que 26 pages !
Il est temps pour nous de guérir de cette maladie, en appliquant une méthode qui fonctionne ailleurs : la « sunset clause » (qui signifie à la fois coucher du soleil et clause d’extinction). Une « sunset clause » est un outil législatif qui propose une date d’expiration à une réglementation ou à une loi. Chaque fois en effet qu’une nouvelle loi, ou une nouvelle réglementation (ou une norme) est votée, le législateur y applique obligatoirement une date d’expiration comme sur les produits alimentaires. Cette date correspond à une période qui varie en général de 2 à 10 ans. Au moment de l’expiration, la loi, la norme, ou la réglementation, est abrogée automatiquement. Cela signifie que seules les lois effectives survivent. On se débarrasse ainsi des règlementations superflues, et démodées, qui ne servent plus à rien !
Les Etats-Unis sont les plus grands utilisateurs de la « sunset clause ». Ce système a été introduit dans les années 1970, et aujourd’hui plus de la moitié des Etats américains l’utilisent. Certains d’entre eux vont même plus loin que de programmer l’expiration d’une loi, ou d’une réglementation.
L’Etat du Texas, par exemple, profite de ces « sunset clauses », en – appliquant également la philosophie législative de la « sunset clause » aux organisations gouvernementales. Au Texas, toute agence gouvernementale (à l’exception des universités et des lois (?) établies par la Constitution) a une durée de vie de 10 années maximales. En gros, cette mesure signifie que toute agence, qui ne serait pas efficace, et qui gaspillerait l’argent de l’Etat, disparaîtrait, à moins qu’elle ne prouve sa raison d’être.
Selon la « Texas Sunset Commission », l’Etat a réalisé 945,6 millions de dollars d’économies, en fermant toutes les agences considérées comme inutiles.
Plus récemment, la Coalition britannique de 2010 menée par David Cameron a promis d’augmenter l’utilisation des « sunset clauses » pour réduire l’énorme quantité de réglementations mises en œuvre par le gouvernement travailliste. Le Premier ministre britannique s’est surtout concentré sur le fardeau administratif qui pesait sur les entreprises. Des dizaines de réglementations et de normes ont été supprimées et l’on a introduit la règle du « One in, one out », ce qui signifie que pour chaque nouvelle réglementation adoptée, on en supprime une autre. Par ailleurs, toute nouvelle réglementation qui concerne une entreprise de moins de 10 salariés ne doit pas avoir une durée de vie de plus de 3 ans. Et aujourd’hui, chaque loi qui concerne les entreprises doit contenir une « sunset clause » ou une « review clause » après 5 ans en moyenne. Suite à ces mesures, on a estimé à 10.4 millions de livres sterling (14.4 millions d’euros) les économies pour les entreprises.
Le gouvernement français cherche des mesures pour relancer l’investissement et la création d’emplois. Il devrait commencer par laisser respirer les entreprises. Vu la quantité de réglementations qui pèsent sur elles, une « sunset clause » à la française devrait supprimer non pas une ancienne réglementation mais deux pour une nouvelle. Concernant les organismes administratifs et para-administratifs, il faudra même en supprimer trois d’un coup pour chaque création.
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Clefs
par Jean Etèvenaux
Aashenayi, surprenante musique « ottomane »
Haut lieu de la musique baroque et centre international animant un festival éblouissant à la fin de l’été, l’abbaye d’Ambronay a réussi à produire des dizaines de cd permettant de populariser des œuvres redécouvertes par ses soins et interprétées par des musiciens de haute volée. Voici que sort un ensemble d’enregistrements tout à fait inattendus, dont le titre lui-même provoque l’interrogation : Aashenayi. Rencontre musicale en terre ottomane.
Lorsqu’on écoute une première fois les treize morceaux composant ce recueil, on se dit sans grande originalité que tout cela fait très oriental et qu’on y trouve partout des relents de ces sonorités auxquelles les parties méridionales et orientales de la Méditerranée ont habitué ne serait-ce que les simples touristes. Quand, dans un deuxième temps, on s’efforce d’en savoir un peu plus sur chacune, on se trouve en présence d’une accumulation ethno-géographique impressionnante, puisque, à côté de l’Espagne, on y croise l’Empire ottoman et la Turquie sous divers aspects, les Balkans, l’Arménie, l’Iran et l’Afghanistan. Pourtant, ce qui aurait pu n’être qu’un pot-pourri se révèle un chatoiement qui montre sinon une unité impossible tout au moins une inspiration assurant une véritable communauté musicale.
Le titre choisi est emprunté au persan et signifie justement « rencontre ». Cela l’est non seulement par la diversité de l’espace mais encore par la juxtaposition de mélodies venues par l’oralité et de partitions soigneusement conservées. Cette variété dans la complémentarité est accentuée par les origines des interprètes puisqu’on y trouve aussi des Algériens, des Français et des Kurdes. Tout cela a donné l’ensemble Canticum Novum auquel est dû ce cédérom.
Bien entendu, la référence à Soliman le Magnifique peut surprendre. D’abord parce qu’elle est anachronique pour certaines pièces. Ensuite parce qu’elle privilégie un espace historico-politique plus restreint que les multiples terres d’où sont issues ces musiques. Enfin parce que certains pourront contester que, malgré la volonté du sultan d’incarner une sorte de pont entre l’Occident et l’Orient en s’inscrivant dans la grande tradition romano-byzantine, le pouvoir qui s’est alors développé n’est pas toujours apparu comme pacificateur. Il n’empêche : cet empire ottoman a aussi été un lieu de contacts et des communautés différentes ont pu y vivre, parfois même mieux accueillies que dans les pays qu’elles avaient dû quitter — on pense aux séfarades.
Il était donc inévitable qu’Ambronay retienne cette formation créée il y a une vingtaine d’années à Saint-Étienne et qui excelle à rapprocher des traditions tournant autour de la fameuse route de la soie. Ici, on ne se situe pas dans l’incantation idéologique : la musique fait vivre les rapprochements et franchir les siècles pour les faciliter.
In Memoriam
par Erwan Violin
Le train ne sifflera plus
On n’entendra plus siffler le train. Il a quitté le quai avec Richard Anthony et un gros paquet de souvenirs à son bord.
Pour tous ceux qui ont connu les années 60 et 70, Richard Anthony c’était bien sûr « Et j’entends siffler le train », mais c’était aussi » Itsi, Bitsi, Petit Bikini », « Si seulement tu m’avais dit la vérité… » ou encore l’ineffable « Sirop Typhon », en somme, de la joie de vivre et de la nostalgie à revendre. Alors que d’autres chanteurs « Yéyé » avaient pris d’autres chemins musicaux, lui était resté fidèle à un style fait de bonne humeur et de tendresse.
Décidément, que c’est triste un train qui siffle dans le soir
Livres
par Catherine Pauchet
Roman
L’instant présent
Boston, 1991. Quand son père l’invite à la pêche, Arthur Costello croit qu’une belle journée s’annonce, il va vite déchanter. L’objet de cette rencontre est l’héritage. Contrairement à ses frère et sœur, il ne touchera pas d’argent, il recevra un phare : une tour délabrée battue par les vents et la mer, un lieu sinistre d’où son grand-père a disparu un jour de tempête. En outre, sous aucun prétexte, il ne devra ouvrir la porte métallique qui condamne la cave, une clause qu’il va bien sûr s’empresser de violer à peine devenu propriétaire. Le voilà pris dans une spirale infernale. Heureusement la belle Lisa lui apporte son soutien dans l’épreuve. Guillaume Musso aime entraîner ses lecteurs dans des univers parallèles, quelque part entre romance et fantastique.
« L’instant présent », Guillaume Musso, XO éditions, 374 p., 21,90 €.
Roman historique
Shanghaï-la-juive
Comme vingt mille autres juifs européens, Walter Neuman, jeune Autrichien rescapé de Dachau, a fui le nazisme et s’est réfugié à Shanghaï, l’unique ville où, en 1938, il leur est possible d’entrer sans visa. Cette cité est extravagante : le luxe le plus honteux, celui des nababs russes et des trafiquants d’opium philippins, y côtoie la misère la plus sordide, celle des Chinois. Bientôt il devient pianiste au Wiener Café et se partage entre deux jolies femmes, Macha, la Russe fortunée, et Feng-Si, la Chinoise qui l’aime. Mais l’Histoire le rattrape : les Japonais, maîtres de la ville, regroupent les juifs dans un ghetto. Il lui faut fuir à Hong-Kong puis à Macao. Avec ce roman d’amour et d’aventures signé Michèle Kahn, les éditions Le Passage lancent la collection Echo : de petits volumes à la fabrication soignée et à prix d’ami.
« Shanghai-la-juive », Michèle Kahn, éditions Le Passage, coll. Echo, 528 p., 11,50 €.
Photographie
Les secrets du cadrage photo
Une belle photo, c’est d’abord un bon cadrage qui contient juste ce qu’il faut pour captiver le regard, donner une information ou provoquer une émotion. Dans ce livre dédié aux photographes débutants et avertis, Denis Dubusset montre comment construire une photo dans tous les formats (carré, horizontal, vertical) et dans diverses situations (paysage, portrait, photo de rue, nature, reportage). Points de vue, lignes, perspectives… chaque thème est illustré et longuement expliqué.
« Les secrets du cadrage photo », Denis Dubesset, Eyrolles, 144 p., 22 €.
Revue
Combats pour une presse libre
En Europe, la liberté de la presse commence au XVIe siècle avec le débat autour du droit de croire ou de ne pas croire. Après la liberté de conscience viendront la liberté d’expression puis celle d’imprimer sans censure. Et aujourd’hui ? Peut-on blasphémer, se moquer du chef de l’Etat, piétiner la morale en toute impunité ? L’Histoire fait le point. Au sommaire également : les historiens et les archives, comment Montpellier a écrit son histoire, les esclaves fonctionnaires d’Athènes, les Etats-Unis ont-ils porté les khmers rouges au pouvoir ?
« Combats pour une presse libre », L’Histoire, avril 2015, 6,40 €. En kiosque.
Cinéma
par Marie-Christine Renaud d’André
Caprice
Avec son air lunaire, Clément, un modeste instituteur, n’aurait jamais pu imaginer séduire la superbe Alicia, une actrice de théâtre renommée. Mais celle-ci a été troublée par la prédiction d’une voyante lui assurant que son prochain amour ne sera pas du même milieu qu’elle.
De son côté, Caprice, une jeune fille délurée, croise par hasard Clément et se persuade que c’est l’homme de sa vie. Elle va mettre tout en œuvre pour le convaincre que c’est le cas. Ce dernier, qui vit un rêve éveillé auprès d’Alicia, ne sait que faire de cette femme pot de colle.
Pour qui apprécie le côté décalé et un peu ahuri d’Emmanuel Mouret, ce film est un régal. Avec ses yeux de grand naïf et sa maladresse, il campe un anti-héros tout étonné d’être l’objet de tant de convoitises de la part de si jolies femmes.
La mise en scène est subtile et élégante, tout comme les dialogues. Et le rythme est soutenu. Mais c’est, surtout, l’interprétation qui fait tout le sel de cette histoire. Virginie Efira est éblouissante de charisme et de féminité, mais c’est Anaïs Demoustier, à la fois drôle, collante, insupportable et touchante, qui emporte l’adhésion du spectateur, sous le charme d’une œuvre légère, délicate et drôle, qui réussit à faire réfléchir sur l’amour et l’apparence de l’amour.
Il est touchant ce jeune homme qui ne veut pas tromper la femme qu’il aime (ou qu’il croit aimer !) ni lui mentir. Comme elle finit par être émouvante cette jeune fille que rien n’arrête dans sa détermination à conquérir l’objet de sa passion. On l’aura compris, cette histoire se déroule sur fond de licence des mœurs, mais c’est le propre du vaudeville.
Comédie française (2014) de Emmanuel Mouret, avec Virginie Efira (Alicia), Anaïs Demoustier (Caprice), Emmanuel Mouret (Clément), Laurent Stocker (Thomas), Michaël Cohen (un comédien), Thomas Blanchard (Jean), Olivier Cruveiller (Maurice), Mathilde Warnier (Virginie) (1h40). (Grands adolescents) Sortie le 22 avril 2015.
Broadway Therapy
Jeune comédienne qui monte, Isabella Patterson se confie à une journaliste.
Absent des écrans depuis près de quinze ans, Peter Bogdanovich revient avec cette comédie déjantée et très amusante, véritable hommage aux comédies américaines d’antan, celles des Lubitsch, Capra et autres Hawks. Avec un rythme soutenu, des personnages originaux et, surtout, des comédiens de talent, il nous entraîne dans une succession de quiproquos et de situations cocasses, digne de ses maîtres. Même les dialogues empruntent à un célèbre film d’Ernst Lubitsch, La folle ingénue. C’est drôle, plein de retournements de situations hilarants.
Bien sûr, la fidélité n’est pas au programme, la licence des mœurs est totale, et le langage très cru. Mais c’est la règle des comédies de ce genre.
Comédie américaine (2014) de Peter Bogdanovich, avec Imogen Poots (Isabella Patterson), Owen Wilson (Arnold Albertson), Illeana Douglas (la journaliste), Kathryn Hahn (Delta Simmons), Rhys Ifans (Seth Gilbert), Jennifer Aniston (Jane), Cybill Shepherd (Nettie) (1h33). (Grands adolescents) Sortie le 22 avril 2015.
Pourquoi j’ai pas mangé mon père
À l’aube de l’humanité, Édouard, né faible et moche, est appelé à disparaître.
Premier film européen réalisé en « motion capture » , cette œuvre du comique Jamel Debbouze est assez amusante, malgré un rythme trop soutenu et des dialogues assez pauvres. Mais les enfants risquent d’apprécier.
Animation française (2012) de Jamel Debbouze, d’après Roy Lewis, avec Jamel Debbouze (Édouard), Mélissa Theuriau (Lucy), Arié Elmaleh (Ian), Patrice Thibaud (Vladimir), Diouc Koma (Vania) (1h35). (Adolescents) Sortie le 8 avril 2015.
Entre amis
Amis depuis une cinquantaine d’années, Gilles, Philippe et Richard partent en croisière sur un magnifique voilier.
Au début, on s’attend au pire, avec cette histoire classique d’amis de longue date qui vont finir par se déchirer. Mais, grâce au talent des comédiens (et comédiennes !), on passe un bon moment en compagnie de ces personnages qui nous ressemblent tant. Et malgré quelques lourdeurs, on rit de bon cœur avec cette œuvre sans prétention, mais, finalement, assez réussie.
Les vilains secrets qui remontent à la surface ne parviennent pas à détruire cette belle amitié. D’autant plus qu’ils servent à de réelles prises de conscience chez les personnages. Mais les dialogues sont souvent très grossiers.
Comédie française (2014) de Olivier Baroux, avec Daniel Auteuil (Richard), Gérard Jugnot (Gilles), François Berléand (Philippe), Zabou Breitman (Astrid), Mélanie Doutey (Daphnée), Isabelle Gélinas (Carole), Jean-Philippe Ricci (Battistu), Justine Bruneau (Cathalina) (1h35). (Grands adolescents) Sortie le 22 avril 2015.
LE CHIFFRE DE LA SEMAINE
0,85%
C’est le supplément de température à la surface des terres et des océans enregistré pour le mois de mars 2015 par rapport aux moyennes enregistrées au XXème siècle, selon le rapport de la « National oceanic and atmosphérique administration » (l’agence américaine océanique et atmosphérique). Cet excédent fait de mars 2015 le plus chaud jamais enregistré. depuis 1880 (année des premiers enregistrements). Le précédent record avait été établi en mars 2010 avec un excédent de 0,05°C.
La température moyenne du mois de mars de cette année dépasse en outre de 1,51°C celle du mois de mars 1898, le plus froid jamais enregistré. La NOAA signale enfin que la période courant de janvier à mars 2015 a été la plus chaude jamais enregistrée.
D’un jour à l’autre
France
Présidence
Invité à une émission de deux heures (Le Supplément) dimanche après-midi 19 avril sur Canal+, le président Hollande a fait, sur un ton dont l’humour n’était pas absent, quelques annonces sérieuses notamment en direction d’un public jeune : une prime d’activité sera versée à ceux, même âgés de moins de 25 ans, qui acceptent des « petits boulots » plutôt que de ne rien faire. Les petites entreprises qui recruteront des apprentis mineurs verront l’indemnité de ceux-ci prise en charge par l’État à partir de l’automne. Il a annoncé une extension de la proportionnelle pour les prochaines élections et a défendu les projets de lois sur le Renseignement et sur l’économie (loi Macron). Le Président pense que le « compte personnel d’activité », pour chaque salarié, sera la grande réforme sociale de son quinquennat. Comparant le programme de Marine Le Pen à « un tract communiste des années 70 », il a provoqué une réaction outrée du PCF actuel.
Front national
Jean-Marie Le Pen, 86 ans, a été hospitalisé plusieurs jours la semaine dernière suite à un malaise cardiaque, ce qui rend très improbable une sanction sévère par le bureau exécutif de son parti après ses récents propos polémiques. La candidature de sa petite-fille Marion Maréchal-Le Pen pour les élections régionales en PACA est acquise.
Faits divers
Le 15 avril, un ressortissant polonais de 38 ans, au lourd passé judiciaire, a enlevé une petite fille de 9 ans qui jouait devant sa mère sur une aire de jeux à Calais, puis l’a violée et étranglée dans un bois avant d’être arrêté par la police. Plusieurs « marches blanches » de solidarité avec la famille de l’enfant ont été organisées par des milliers de Calaisiens.
Le 18 avril, la police a saisi, dans un pavillon de Mennecy, (Essonne), plus d’une tonne de résine de cannabis. Quatre personnes ont été arrêtées.
Le 17 avril, les fumées de l’incendie à La Courneuve d’un entrepôt de 10 00 m2 contenant des textiles et chaussures importés de Chine, ont obligé à arrêter durant plusieurs heures la circulation sur la ligne B du RER et l’autoroute A 86.
215 tombes chrétiennes ont été profanées dans le cimetière Saint-Roch, à Castres, le mercredi 15 avril, par un « déséquilibré » musulman. Selon le ministère de l’Intérieur, 296 cimetières ont été profanés en 2014.
Histoire
L’Hermione, frégate sur laquelle embarqua en 1780 le marquis de La Fayette pour participer à la guerre d’indépendance en Amérique, a été reconstruite à l’identique. La réplique a quitté l’île d’Aix (Charente-Maritime) le 18 avril pour une traversée de six semaines vers les États-Unis.
Social
La grève à Radio France a pris fin le 15 avril, après 29 jours de conflit et, semble-t-il, sans rien régler.
Décès
Le chanteur de variétés Richard Anthony est décédé dans la nuit du 18 au 19 avril à l’âge de 77 ans. Créateur de nombreux « tubes » des années 60, il était notamment connu pour avoir créé « Et j’entends siffler le train ».
Monde
Immigration
Le 16 avril, la police de Palerme a arrêté 15 immigrants musulmans sénégalais, ivoiriens et maliens, venant de Libye, qui venaient d’être recueillis sur les côtes italiennes. Ils sont accusés d’avoir jeté à la mer 12 autre immigrants originaires du Ghana et du Nigeria parce qu’ils étaient chrétiens.
Le même jour, 4 survivants d’un naufrage ayant fait 41 noyés sont arrivés dans le port de Trapani.
Dans la nuit du 18 au 19 avril, un bateau surchargé d’immigrés clandestins a chaviré au large des côtes libyennes. Un premier bilan fait état de 700 noyés et de seulement 30 survivants.
Débordée, l’Italie a réclamé un sommet européen d’urgence.
Libye
Le groupe État islamique (EI) a publié le 19 avril une nouvelle vidéo montrant l’exécution en Libye d’au moins 28 chrétiens qui seraient des émigrés éthiopiens. 12 sont égorgés, 16 tués par balles.
Yémen
Les combats font beaucoup de victimes (85 morts annoncés pour la seule journée du 19 avril à Aden, Dhaleh et Taëz). L’Arabie saoudite qui mène les bombardements aériens, a promis à l’Onu une aide humanitaire de 274 millions de dollars pour les besoins élémentaires des 7,5 millions d’habitants (sur 24 millions) qui sont directement affectés par les opérations militaires.
Nigeria
Une maladie non identifiée a tué 18 personnes en une semaine au sud-ouest du Nigeria.
Finlande
Le parti d’opposition du Centre mené par l’ancien homme d’affaires Juha Sipilä, 53 ans, champion de l’austérité budgétaire, est arrivé en tête des législatives, avec environ 50 sièges sur 200, face à la « grande coalition » droite-gauche sortante. Les conservateurs auront 38 sièges et leurs alliés sociaux-démocrates 39. Les eurosceptiques, qui pourraient participer à la nouvelle majorité, en ont 32.
Afrique du sud
Les commerçants étrangers (nigérians, congolais, zimbabwéens, mozambiquains, malawiens…) subissent des pillages, voire des lynchages, notamment à Durban et dans les territoires zoulous. Il y a eu au moins 10 morts depuis le début avril. Une manifestation anti-xénophobie a réuni 4 000 personnes le 19 avril à Durban.
Grèce
La Grèce devrait rembourser au FMI en mai près d’un milliard d’euros, mais elle ne les a pas.
Algérie
Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’État français aux Anciens Combattants, a participé en Algérie aux cérémonies du 70e anniversaire des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, qui avaient fait plusieurs milliers de morts en mai 1945 (2 000 à 45 000 selon les sources, avec un consensus des historiens pour des chiffres autour de 2 500 à 6 000).
Automobile
Renault va lancer en Inde une voiture à 5 000 euros baptisée Kayou.

