L’événement-1
par Serge Plenier
Chômage : François Hollande essaye
François Hollande joue-t-il sa dernière carte ? En présentant ses dernières mesures contre le chômage, le chef de l’Etat semble vouloir conjurer une malédiction, celle de François Mitterrand qui affirmait en 1993 : » Dans la lutte contre le chômage, on a tout essayé ».
Les mesures sont peu nombreuses mais spectaculaires : une prime à l’embauche de 2000 euros pour les petites et moyennes entreprises recrutant des salariés pour un CDI ou un CDD de plus de 6 mois, un plan de formation pour 500 000 chômeurs et la mise en place d’un dispositif pour favoriser chez les jeunes la formation en alternance. Au total, 2 milliards d’euros seront dépensés, sans création d’impôts nouveaux. Enfin, les indemnités prudhommales de licenciement seront plafonnées.
Ce train de mesures, s’il a le mérite d’exister, suscite déjà de fortes réticences, à droite, bien entendu, mais aussi chez les syndicats. Certains ne manquent pas de souligner que la formation de 500 000 chômeurs aura surtout l’immense mérite… de faire disparaître ces derniers des statistiques et surtout de la fameuse catégorie A, celle qui recense les personnes n’exerçant aucune activité. D’autres se demandent comment les organismes de formation pourront accueillir autant de nouveaux personnels, lesquels ne sont pas sûrs de trouver un emploi en fin de formation. Enfin, certains font valoir qu’une baisse des charges salariales aurait été plus efficace.
Plus radicalement, on reproche aussi au chef de l’Etat son manque d’audace et son refus de s’attaquer aux « vaches sacrées » du contrat de travail, du SMIC ou des 35 heures. Nombre d’analystes rappellent que c’est en s’affranchissant de ces tabous que nos voisins européens obtiennent des résultats significatifs sur le front de l’emploi, que ce soit en Allemagne, en Espagne ou en Italie.
Ceux-là oublient les différences de mentalités, voire de culture. Certaines remises en cause comme celle du SMIC Ils oublient aussi que beaucoup de ces droits sociaux qui désespèrent tant les économistes ont aussi permis aux Français de supporter, bon an mal an, un peu mieux la crise tout en limitant la casse. En l’état, l’équation de François Hollande peut paraître insoluble.
Décidément, la dernière partie s’annonce mal pour le futur candidat à la présidentielle de 2017.
L’événement-2
par Jean-Gabriel Delacour
Comment croire à l’Europe ?
Dans les conversations tissant la vie quotidienne des citoyens, l’Europe est devenue au mieux un sujet de méfiance, au pire un objet de détestation. Il ne s’agit pas simplement des réflexions qu’on entend aux comptoirs et aux tables des cafés, voire en fin de repas dans les réunions familiales et amicales, mais tout autant dans les discussions que peuvent mener des décideurs et autres cadres avertis des réalités économiques, sociales, culturelles et politiques. C’est d’ailleurs ce qui explique qu’un nombre de plus en plus important d’électeurs accordent leur confiance à des formations marquant une opposition complète à l’organisation actuelle du continent, notamment sur le plan monétaire. On pourrait y ajouter cette presque moitié de la population qui, sauf aux présidentielles, ne juge pas — ou plus — utile de participer aux élections.
On parle de plus en plus de renégocier les traités européens, et pas qu’au Royaume-Uni. Plus profondément, on s’interroge pour savoir comment disposer non pas de « plus d’Europe », mais de « mieux d’Europe », ce qui, de plus en plus, semble se traduire par « moins d’Europe ». L’articulation entre les autonomies régionales et nationales face aux « technocrates européens » se trouve de plus en plus en discussion, cependant que d’autres voient derrière Bruxelles la main de Washington. Certains s’inquiètent aussi de la montée en puissance d’une Chine obtenant de plus en plus de transferts de technologies et d’avantages commerciaux.
L’immigration est aujourd’hui perçue comme un problème européen. Le temps est passé des petites embarcations déversant, tout au moins celles qui n’avaient pas chaviré en mer, des « réfugiés ». Aujourd’hui, ce sont des centaines de milliers de « migrants » qui arrivent d’Afrique et d’Asie dans tous les pays de l’Union, parfois ralentis comme à Calais, parfois lâchés en pleine nature ou en pleine ville, comme un certain nombre de grandes métropoles allemandes en ont fait l’expérience. Si des responsables politiques comme le Premier ministre britannique se focalisent sur les ressortissants d’autres pays européens auxquels il veut réduire les aides sociales accordées dans son pays, d’autres se montrent avant tout préoccupés par l’arrivée massive de populations assez éloignées des modes de vie et de pensée européens.
La question de l’identité européenne se pose en effet de plus en plus chaque jour. On a pu dire que les crèches et les références à Noël et à Pâques s’évanouissent tandis que se développent les mosquées. On peut d’ailleurs se demander si le vieux mythe marxiste — emprunté à la Révolution française — voulant faire table rase du passé ne sert pas aujourd’hui à vider l’Europe de son histoire, de sa culture et de ses valeurs essentiellement judéo-chrétiennes. Nier, cacher ou travestir les faits qui dérangent, prôner le relativisme où tout se vaut et constamment s’excuser pour s’incliner devant autrui ne peut qu’amener à vider le continent de sa substance en attendant d’en faire disparaître les habitants. Si les Européens ne croient plus en l’Europe, qui y croira ?
Politiques
par Alice Tulle
Tous en primaire ?
Les partis de droite et du centre organiseront leur primaire en novembre prochain et des personnalités de gauche ont lancé un appel pour une primaire dans leur camp.
L’organisation de primaires en vue de la présidentielle n’est pas dans l’esprit de la Ve République : l’élection du Président au suffrage universel était sans doute conçue, en 1962, comme la rencontre entre un homme ayant vocation arbitrale et la nation — sans que les partis jouent un rôle décisif dans cette légitimation démocratique.
Le mandat quinquennal (voté en 2000) a confirmé la transformation du chef de l’État en un super Premier ministre élu sur un programme de gouvernement et, dans le même temps, les partis politiques sont redevenus les principaux acteurs du jeu électoral alors qu’ils étaient auparavant les instruments de chefs plus ou moins charismatiques.
Cependant, le système des primaires n’est pas complètement installé. Dès lors qu’il a décidé d’être à nouveau candidat, le président sortant — qu’il s’appelle Nicolas Sarkozy en 2012 ou François Hollande pour 2017 — ne peut accepter une confrontation implicitement déligitimante avec des rivaux plus ou moins sortis du rang. Les primaires ne peuvent avoir lieu que dans un parti d’opposition quand la capacité du président de ce parti est contestée par un ou plusieurs membres de son appareil. Avant 2012, l’éviction de Dominique Strauss-Kahn, qui voulait se présenter comme « candidat naturel » des socialistes, avait provoqué une vive compétition entre François Hollande, Martine Aubry, Arnaud Montebourg et Manuel Valls. Cette année, la probable candidature de François Hollande condamne la tenue d’une primaire pour la gauche.
Certes, une quarantaine d’intellectuels de gauche — dont Daniel Cohn-Bendit ou l’économiste Thomas Piketty… — ont signé un appel à « une grande primaire des gauches et des écologistes ». Ils demandent « du contenu, des idées, des échanges exigeants pour sortir de l’impasse » et « refonder notre démocratie ». Martine Aubry et Cécile Duflot se déclarent intéressées ainsi que le Parti communiste mais, comme prévu, l’initiative a été repoussée par Jean-Christophe Cambadélis pour le Parti socialiste et par Jean-Luc Mélenchon pour le Parti de Gauche. La primaire de gauche est condamnée, sauf si François Hollande renonce à une nouvelle candidature.
En revanche, la primaire de droite aura lieu les 20 et 27 novembre. François Fillon fut le premier candidat déclaré à la candidature et il s’appuie sur un programme très détaillé de réformes libérales. Il a semblé vouloir brûler ses vaisseaux en déclarant (chez Jean-Jacques Bourdin sur BFM-TV le 15 janvier) que s’il échouait à la primaire, il arrêterait définitivement la politique. Alain Juppé est lui aussi en campagne active. Il vient de publier un premier ouvrage (Pour un État fort, Lattès) qui porte sur la justice, la sécurité et l’immigration et le maire de Bordeaux présentera son projet économique et social dans quelques mois. Nicolas Sarkozy n’a pas encore annoncé sa candidature mais il a entamé un tour de France pour rencontrer les Français. D’autres candidats, incarnant une nouvelle génération de quadragénaires, vont se déclarer, moins pour gagner la primaire que pour prendre date — par exemple Bruno Le Maire.
Pour le moment, Alain Juppé est donné favori par les sondages (40 % des voix au premier tour, contre 34 % pour Nicolas Sarkozy, 11 % chacun pour François Fillon et Bruno Le Maire, ce qui permettrait à Alain Juppé d’obtenir 56 % au second tour de la primaire). De nombreux analystes politiques voient d’ailleurs en lui le seul candidat capable de battre François Hollande au premier tour de la présidentielle et de triompher facilement de Marine Le Pen au second. Les proches de Nicolas Sarkozy rétorquent que rien n’est joué tant que leur candidat n’est pas entré en campagne et rappellent que les sondages désignaient Édouard Balladur comme le futur vainqueur de l’élection présidentielle de 1995. Le jeu est ouvert.
Monde
par Yves Lamarck
Etats-Unis : la raison et la conviction
Dernière année de mandat pour Obama : sa petite voix de raison est bien écrasée par les surenchères de la campagne républicaine à sa succession.
Le traditionnel discours sur l’état de l’Union le 12 janvier devant le Congrès réuni a moins retenu l’attention des médias que le débat entre les candidats républicains deux jours plus tard. Les deux événements étaient des dernières occasions : en janvier 2017, il reviendra au successeur élu d’Obama à la présidence de prononcer son discours d’investiture. Le 1er février 2016 commencera en Iowa la longue série d’élections primaires à travers les cinquante États jusqu’à la Convention du parti en juillet. Ce ne sont plus les débats télévisés qui détermineront les sondages mais bien la désignation des délégués à la Convention. Trump part favori mais les primaires sont un exercice essentiellement local qui peuvent relativiser ou amplifier les succès populaires nationaux. Trump est resté fidèle à lui-même et donc s’est rendu crédible.
Le cas d’Obama est plus complexe. Il n’a certes pas échappé au bilan en l’occurrence plus que positif : réduction du chômage passé de 7,5 % à une pointe de 10 % en 2009 et à 5 % aujourd’hui ; diminution des deux tiers du déficit budgétaire passé de 1,5 trillion de dollars à moins de 0,5 (439 milliards de dollars) ; première réduction des émissions de carbone ; et ainsi de suite avec en clou le système d’assurance-maladie pour les plus pauvres. Un tel bilan vaudrait à tout autre l’adhésion massive de la population. Mais les États-Unis ne sont pas un pays comme les autres, c’est, comme le Président l’a d’ailleurs rappelé dans son discours, la première puissance mondiale. On attend donc d’elle qu’elle oriente le reste du monde.
Obama était précisément à titre personnel l’homme dont chacun pensait qu’il changerait le monde. C’est un faux procès qui lui est fait que de lui reprocher huit ans plus tard de ne l’avoir pas fait. Dès son discours d’investiture, il y a sept ans, il avait mis en garde contre cette illusion. Il avait suscité trop d’espérances. Pas seulement auprès des Noirs ou des minorités, mais de l’ensemble des Américains qui n’en revenaient pas de leur choix historique, à commencer par la majorité des Blancs qui l’avaient élu. Or c’est à ce niveau qu’Obama dans son discours du 12 janvier exprime l’un de ses « rares regrets » : « Les rancœurs et les soupçons entre les deux grands partis ont empiré. » Le fossé s’est creusé jusqu’à devenir infranchissable pour toute législation bipartisane. Obama regrette de n’avoir pas été à la hauteur de ses grands modèles, Lincoln et Roosevelt.
C’est la raison pour laquelle l’Amérique passe des rêves d’Obama au « cauchemar Trump ». Bush avait suscité Obama qui aujourd’hui a engendré Trump. Obama reste imperturbablement fidèle à son personnage d’intellectuel quelque peu distant, dédaigneux des émotions qui submergent la vie politique américaine, homme de tête, dévoué à la raison. Il est sûr d’être raisonnable et donc d’avoir raison, mais il n’entraîne plus la conviction. On ne le suit plus. S’il prétend ne penser qu’à l’avenir, il est l’homme du passé désormais.
Il a consacré la partie la plus forte de son discours à la réfutation du populisme, de l’islamophobie, s’appuyant sur les propos du pape François devant le même Congrès en septembre dernier : « Copier la haine et la violence des tyrans et des assassins est la meilleure façon de prendre leur place. » Ses exhortations — notamment à l’égard du Congrès pour qu’il lève les sanctions économiques contre Cuba en « prenant acte que la guerre froide est finie » — et ses autres objurgations n’ont eu d’autre résultat apparemment que de faire passer son action politique, notamment de politique étrangère, pour une leçon de morale et de faire grimper la cote de Donald Trump. Il est d’ailleurs le seul à se risquer aujourd’hui à faire ainsi appel à la raison car il n’a rien à perdre en termes de voix. Il fait et dit ce qui est impossible aux candidats républicains centristes comme Jeb Bush mais aussi à une Hillary Clinton relativement absente du débat.
Actualité du droit
par Christian Frémaux, avocat honoraire et élu local
Plaidoyer pour le juge judiciaire
La vie politique en France offre toujours des sujets d’étonnement sans compter les sujets de mécontentement. On nous a habitués depuis des décennies à penser sous la dictature médiatique des nouveaux philosophes ou apparentés, jadis plutôt classés à gauche sauf exception notable, qui décernaient les brevets du bien, choisissaient ceux qui devaient être entendus et ceux qui devaient se taire et être voués aux gémonies, adoraient tel ou tel régime ou homme politique du style Fidel Castro ou les Khmers rouges pour les plus exaltés d’entre eux, et la vie politique était le reflet de ces donneurs de leçons. La justice avait été déclarée par la Constitution de la 5ème République en 1958 autorité judiciaire : les juges judiciaires étaient ainsi cantonnés à un rôle secondaire dans les institutions. Il fallut Mai 1968 pour que le syndicat de la magistrature se crée et qu’apparaissent les juges dits rouges qui avaient choisi le faible théorique contre les puissants qu’ils définissaient eux-mêmes. Progressivement le juge d’instruction – que déjà Napoléon nommait l’homme le plus puissant de France – s’imposa et de plus en plus de scandales touchant ceux qui dirigeaient furent mis à jour. Personne ne se plaindra que la justice soit égale pour tous. Puis l’histoire passa : on déboulonna les anciennes idoles à l’Est en particulier, en s’apercevant que l’utopie révolutionnaire avait créé des goulags et des victimes en grand nombre ; le mur de Berlin tomba ; l’économie globalisante apparut avec son cortège de difficultés économiques ; les printemps arabes conduisirent plus au chaos qu’à la démocratie à la française ; le terrorisme toucha tous les camps et oblige à une révision radicale des schémas de pensée. Nos intellectuels se firent de plus en plus discrets ne sachant où était l’ennemi extérieur, et furent découragés par la gauche de François Hollande, au point de l’attaquer à boulets rouges, à front renversé : il n’y a pire adversaire que l’ami déçu .Fin 2015 et début 2016 on ne sait plus qui est qui, quels intellectuels – qui dénoncent leurs collègues et leur attribuent des adjectifs disqualifiants comme le fait d’être de droite ou de faire le lit d’une formation politique honnie mais qui est légale et a des millions d’électeurs – représentent le camp du bien et celui de la pensance acceptable cataloguée comme telle.
Il a fallu les attentats de janvier 2015 – que tous les français n’ont pas dénoncé d’ailleurs ce qui est significatif- puis ceux du 13 novembre 2015 où les yeux se sont dessillés et que tout le monde comprenne que nous étions en guerre puisque nous avions été attaqués chez nous, sur nos valeurs républicaines, sur notre mode de vie, pour que citoyens et dirigeants acceptent de prendre des mesures drastiques et on l’espère, efficaces.
Le gouvernement malgré des discussions internes très vives et des désaccords entre ministres, avec sa majorité hésitante sur telle ou telle proposition, a décidé d’agir très fortement. Manuel Valls Premier ministre n’a pas l’intention de céder ou de renoncer à quoi que ce soit en matière de sécurité, tout en préservant les libertés publiques et individuelles même s’ il faut savoir trouver l’équilibre et faire accepter aux français – qui y sont prêts selon les sondages – à restreindre un peu de leurs droits dans cette période très troublée. Il faut en effet savoir ce que l’on veut : de la protection et donc des moyens accrus donnés à nos forces de l’ordre et services de renseignement, ou rester tel quel avec peu de devoirs collectifs et nos avantages de vie y compris juridiques, conformément notamment à la déclaration des droits (et des devoirs) de l’homme et du citoyen ? Notons au passage que Manuel Valls doit rendre à César – je veux dire à Nicolas Sarkozy – ce qui lui appartient à savoir des mesures qu’il avait proposées pendant son quinquennat et que la gauche de l’époque a refusé obstinément de voter criant aux lois liberticides et au racisme et à la discrimination ou au fascisme (ce terme étant particulièrement inadapté et insultant). Comme quoi il faut toujours être prudent et responsable quand on est dans l’opposition et que l’on veut accéder ou revenir aux affaires…Le gouvernement de Manuel Valls soutient avec raison, des mesures que la droite n’aurait pas même osé suggérer ? Cela rend soit en rage soit muets nos donneurs de leçons habituels qui ne savent plus ce que le mot gauche veut dire quelles en sont les valeurs intangibles et ce sur quoi ils ne peuvent pas céder ou faire semblant d’être d’accord. Ils se querellent … entre eux ce qui n’est ni amusant ni utile au débat.
La justice essaie de faire entendre sa voix : je parle des magistrats et pas de Christiane Taubira, Garde des sceaux qui a ses propres convictions, semble avaler beaucoup de couleuvres et tente de justifier sa place au gouvernement. Personne ne peut soupçonner Manuel Valls de vouloir attenter à notre démocratie ou à nos valeurs universelles. Il l’a redit dans l’émission de Laureent Ruquier « On n’est pas couchés ».Effectivement il ne s’agit pas de se coucher devant ceux qui dans le débat interne ,crient au scandale sur la déchéance de nationalité mesure symbolique et non discriminatoire sans avoir besoin d’analyser les raisons et donc commencer à « justifier » même pour les besoins du raisonnement et de la compréhension ceux qui tuent d’autres français ,ou estiment que le part est trop belle pour la sécurité et donc l’armée ou les forces de l’ordre, en oubliant de rappeler que toutes deux sont éminemment républicaines. Il convient d’envoyer un signal fort et faire comprendre que tous les moyens notamment de droit – qui est aussi une arme légale et morale qui s’oppose à la kalachnikov et à la barbarie – seront employés pour nous défendre. Et quand on parle de défense l’avocat que je suis pense aux droits de la défense et aux juges.
Après la loi sur le renseignement d’il y a quelques mois et l’état d’urgence qui a été décrété, le gouvernement de François Hollande pour lutter contre le terrorisme (et non pas dans tous les domaines) veut modifier la Constitution ce qu’il faut faire d’une main tremblante, même si depuis 1958 il y a eu de nombreuses modifications, er certaines dispositions de procédure pénale. « Le malheur » comme le disait jadis mon illustre confrère René Floriot, est que l’exception prise pour les besoins de la cause peut devenir la règle définitive .Il appartiendra aux rédacteurs des textes de préciser que les modifications ne concernent que le terrorisme, dans un état d’urgence et qu’en dehors de ce cadre les textes d’exception ne s’appliquent pas ? Mais comme je crains que le combat contre le terrorisme dure longtemps, le juge judiciaire doit avoir un rôle très important puisqu’il est par la Constitution le garant des libertés individuelles .Et les avocats pourront exercer leur métier : le barreau de Paris notamment qui approuve globalement les mesures de protection de la population ce qui est la mission régalienne de l’Etat, a pointé cependant quelques dérives de l’état d’urgence, et plaide pour que les droits des citoyens soient préservés .Mais le gouvernement semble avoir choisi le juge administratif pour des contrôles a posteriori ?, et les préfets qui seront au centre du dispositif .Personne ne conteste la compétence du Conseil d’Etat en matière de droit et libertés publiques, et de préservation des pouvoirs des autorités publiques, ni la haute conscience et le professionnalisme du Corps préfectoral qui gère l’intérêt général et l’ordre public. Mais il me semble que le juge judiciaire est le mieux placé et le plus légitime pour apprécier et autoriser en temps réel les atteintes aux libertés individuelles ou leurs limitations temporaires, le barreau comme auxiliaire de justice veillant aussi de près. Une société sans juges judiciaires indépendants qui doivent être au centre des débats et de l’action, me parait être un recul démocratique, que le terrorisme ne justifie pas. Au contraire : puisque les terroristes ne respectent rien ni le droit bien sûr, ni la vie d’innocents et s’attaquent à nos valeurs, il faut montrer que nous sanctuarisons nos principes et que malgré l’horreur et la tentation de « la vengeance » nous ne nous écartons pas de ce qui est pour nous, le bien. A défaut les juges auront le sentiment que l’on veut les écarter – à tort ou raison – de la lutte contre le terrorisme, ce qui n’est pas fait pour les valoriser, et viendra ainsi renforcer l’appréciation« mitigée » qui existe de la justice. Je suis pour une justice forte qui joue pleinement son rôle dans la filière pénale, qui renforce l’action des forces de l’ordre qui sont sur le terrain et prennent des risques y compris physiques ; qui ont besoin d’une sécurité juridique dans leurs interventions (ex. le débat sur la légitime défense) ; et qui sanctionne après un débat contradictoire au vu de la loi, ceux qui méritent de l’être .La lutte contre le terrorisme qui est l’affaire de tous se joue à tous les niveaux et en premier lieu naturellement, chez le citoyen qui y participe avec ses moyens. Lors de la rentrée de la Cour de Cassation début 2016, le 1er président M .Bertrand Louvel et le Procureur général Jean-Claude Marin – nommé par le pouvoir exécutif – ont dénoncé le fait que l’Etat ne choisisse pas l’autorité judiciaire pour défendre ses intérêts supérieurs, mais préfère la police administrative placée sous l’autorité du gouvernement, à travers le ministère de l’intérieur, ce qui sera un changement de paradigme pour la procédure pénale, voire pour les libertés ? Les deux plus hauts magistrats exprimaient le sentiment de tous les juges. Jean-Claude Marin a souhaité la création d’un procureur général de la nation ou de la République pour garantir son indépendance et pour répondre, on le suppose, aux critiques de la Cour Européenne des droits de l’homme à Strasbourg sur la nature de notre « parquet » à savoir l’indépendance des procureurs qui n’est pas celle des magistrats du siège. Le gouvernement a cependant entendu le cri des magistrats puisqu’il veut profiter de la révision constitutionnelle pour faire adopter la réforme du conseil supérieur de la magistrature. Attendons le texte définitif des propositions soumises aux parlementaires lors du prochain congrès (où l’on vote à une majorité des 3 /5ème donc majorité et opposition se renforçant mutuellement) en espérant que la justice quotidienne, celle que l’on peut maudire quand elle nous donne tort mais que l’on ne doit pas suspecter a priori, sortira confortée, avec plus de pouvoirs, des comptes à rendre car personne n’échappe à ses responsabilités, et une image rénovée. Le débat sur le fait qu’il faut bâtir ou non un pouvoir judiciaire selon ce que préconisait Montesquieu, n’est pas à l’ordre du jour.
Cinéma
par Jean Étèvenaux
Sur l’univers communiste : Les Innocentes et Le Pont des espions
Le premier sort le 10 février et le second se trouve depuis le 2 décembre dans les salles de cinéma. Mais les deux films constituent d’incontestables chefs d’œuvre, suivant d’ailleurs de près les faits décrits, même s’il a fallu les simplifier. Bien qu’on ne puisse les réduire à ce rapprochement, l’un et l’autre font revivre les rapports entre le monde libre et l’univers communiste, Les Innocentes juste à la fin de la Seconde Guerre mondiale et Le Pont des espions au moment des années 60. Le premier relate la tragédie vécue en 1945 par des religieuses bénédictines polonaises, violées par des soldats soviétiques dont elles vont avoir des enfants. Le second fait revivre le procès d’un des plus célèbres espions de l’Urss, le pseudo-colonel Abel, finalement échangé contre le pilote espion Francis Gary Powers.
Les Innocentes sont soutenues par la belle musique de Grégoire Hetzel — plus Rossini, Chopin, Haendel et Max Richter, par une luminosité extraordinaire, à la Georges de La Tour et qui ajoute à la profondeur humaine et spirituelle et par un décor sobre mais franchement monastique dans un paysage de campagne boisée sous la neige. Les actrices — la Française Lou de Laâge, les Polonaises Agata Buzek et Agata Kulesza — allient la sobriété et le mot juste à un jeu discret et néanmoins bien marqué. Inspiré de faits historiques méconnus, réalisé par Anne Fontaine, ce film décrit une situation extraordinaire, permettant d’explorer les thématiques de la maternité et de la foi dans un contexte de violence bousculant certitudes et engagements. Aucun manichéisme, aucun simplisme, aucune facilité, mais la vie qui s’impose aux êtres humains.
De son côté, Le Pont des espions montre comment l’avocat James B. Donovan (Tom Hanks) accepte de défendre Rudolf Abel (Mark Rylance) malgré une opinion publique peu favorable, car il estime, comme d’autres, trouver là une occasion d’exprimer la supériorité de l’État de droit sur le totalitarisme marxiste — en même temps qu’il entreprend de sauver la tête de son client. Conformément à ce qu’il espérait, la situation évolue vers un échange avec le pilote de l’avion espion U2 abattu par la chasse soviétique. Commence alors une nouvelle partie dans un Berlin-Est où les autorités de la Rda veulent profiter de l’occasion pour se faire reconnaître par les États-Unis. L’avocat ajoute une nouvelle clause en imposant aussi la libération d’un étudiant américain. Œuvre de Steven Spielberg sur un scénario de Matt Charman et des frères Joel et Ethan Coen, il s’agit aussi d’une réflexion sur l’âme de l’Amérique et sur son histoire.
Remarquables pour la reconstitution historique — non seulement dans les décors et les costumes, mais aussi dans la psychologie et le comportement des protagonistes —, les deux films, chacun d’à peu près deux heures, retiennent sans peine l’attention du spectateur. Ils amènent aussi inévitablement à se poser des questions sur la liberté, intérieure et extérieure, conservée en Occident face au rouleau compresseur communiste qui n’a rien à connaître des personnes, simples objets.
Humeur
par Erwan Violin
Chagrins
Après Michel Delpech, Michel Galabru, Pierre Boulez et quelques autres ont passé l’arme à gauche. L’année 2016 commence par une jolie moisson pour la camarde. Certains se sont émus de cette abondance de décès, comme s’ils découvraient que les hommes sont mortels. Ceux-là oublient que cette série statistique n’est significative que parce que les défunts étaient connus et même célèbres.
Telle est la vie : des chagrins que l’on n’éprouverait pas pour le voisin qui vient de mourir en laissant une famille et des petits enfants derrière lui. Pourtant, si nous regardions mieux autour de nous, nous nous apercevrions que la faucheuse frappe toujours aussi dru. Etrange chagrin qui a besoin de la télévision pour s’exprimer.
Livres
par Catherine Pauchet
Romans
Femme au foyer
C’est peu dire qu’elle s’ennuie, chaque jour davantage ! Anna, une Américaine de trente-sept ans, a quitté son pays et une vie active pour suivre son mari, un banquier suisse. Le couple et leurs trois enfants s’installent dans la banlieue chic, et chère, de Zurich. Elle y mène une existence sans relief, à peine acceptée par sa belle-famille. Pour s’intégrer, elle s’inscrit à des cours d’allemand, là elle rencontre Stephen, expatrié aussi, dont elle devient la maitresse. Dès lors, elle accumule les liaisons jusqu’au jour du drame. La poétesse Jill Alexander Essbaum connaît un vif succès aux USA avec ce portrait de femme au foyer désœuvrée, en quête d’elle-même et partagée entre sexe et psychanalyse.
« Femme au foyer », Jill Alexander Essbaum, Albin Michel, 388 p., 22 €.
Un été d’herbes sèches
Juin 1970. Le narrateur, un garçon de quinze ans, est heureux : il vient d’obtenir le BEPC et les vacances approchent. Il passera l’été à la ferme, chez sa tante Marie et son oncle Kléber Vernhes, des paysans pauvres. Elle se languit de n’avoir pas eu d’enfant et lui souffre des séquelles de la guerre lorsqu’il était prisonnier, le gamin est donc le bienvenu. Il sera berger, il aidera pour la fenaison, il poussera la charrue car, chez les Vernhes, on travaille encore à l’ancienne faute de pouvoir acheter le matériel moderne. Plus loin, d’autres cousins prospèrent, et il se murmure que ceux-là ont fait fortune grâce à la collaboration et au marché noir. Daniel Crozes se remémore son enfance en Aveyron et fait revivre la campagne d’autrefois qu’il affectionne.
« Un été d’herbes sèches », Daniel Crozes, Rouergue, 240 p., 18,50 €.
Photographie
La série photo
Quand on aime photographier, on a le choix : prendre des photos suivant son humeur ou ses coups de cœur, ou tenter de composer des séries. Mais qu’est-ce qui fait une bonne série ? A l’attention de ceux qui souhaitent donner du sens à leur passion, Frédéric Landragin propose une démarche professionnelle. Dans ce guide, il fait la part belle à la narration et à la cohérence graphique, à l’editing et à la retouche. Beaucoup d’exemples et d’illustrations.
« Les secrets de la série photo », Frédéric Landragin, Eyrolles, 226 p., 24 €.
Revue
La révolution gothique
Loin d’être une époque sombre, le Moyen Age a été un moment d’effervescence intellectuelle et d’innovation comme en témoigne la construction des cathédrales gothiques. Ces édifices constituent une vraie révolution technique. Architecture, statuaire, musique, vitraux…cet art né à Saint-Denis au XIIe siècle va se propager à travers la Chrétienté et lui donner sa gloire. Au sommaire aussi : la famine en Irlande en 1845, la haine et la Révolution française, la conférence de Serge Grizinski sur « la naissance du monde »…
« La révolution gothique », L’Histoire, janvier 2016, 6,40 €. En kiosque.
Cinéma
par Marie-Christine Renaud d’André
Les chevaliers blancs
Président de l’ONG Move For Kids, Jacques Arnault arrive sur la base de l’association au Tchad. Avec lui, se trouvent Laura, sa compagne, une équipe de pompiers, de médecins et d’infirmiers, et Françoise, une journaliste qui fait un reportage sur eux. Jacques veut réunir 300 orphelins de moins de cinq ans, pour leur assurer des soins et une éducation. Mais ce qu’il n’a pas dit aux chefs des villages qui l’aident (moyennant finances ), c’est que ces enfants vont être adoptés par des familles françaises.
Nul n’a oublié le scandale de l’Arche de Zoé sur fond de crainte de génocide au Darfour. Joachim Lafosse (À perdre la raison, Nue propriété) s’en est emparé, mais sans en faire une rigoureuse adaptation, préférant la liberté de la fiction. Avec beaucoup de réalisme il reconstitue la vie quotidienne d’une ONG, avec l’atmosphère, parfois détendue, parfois houleuse, qui peut exister entre ses membres, en soulignant bien les difficultés matérielles que les uns et les autres peuvent rencontrer. Mais c’est le comportement ambigu du héros, tiraillé entre désir de bien faire, égo démesuré et recours à tous les moyens, même les plus sordides, pour parvenir à ses fins, qui est analysé. Vincent Lindon interprète avec sa finesse habituelle ce personnage qui est loin d’être sympathique, et il souligne les aspects de sa personnalité équivoque. Dommage qu’il y ait des longueurs et que les personnages ne soient pas assez fouillés.
On le sait, l’enfer est pavé de bonnes intentions. C’est ce que montre bien cette œuvre, qui met en scène ce que l’on appelle « le néocolonialisme humanitaire, et, surtout, le pouvoir de l’argent qui corrompt aussi bien celui qui le reçoit que celui qui le donne.
Drame franco-belge (2015) de Joachim Lafosse, avec Vincent Lindon (Jacques Arnault), Louise Bourgoin (Laura Turine), Reda Kateb (Xavier Libert), Valérie Donzelli (Françoise Dubois), Bintou Rimtobaye (l’interprète) (1h52). (Adolescents) Sortie le 20 janvier 2016.
Paris-Willouby
Une famille recomposée se rend en voiture à Willouby pour enterrer un grand-père, avec lequel ses enfants étaient brouillés.
Pour leur premier film, Quentin Reynaud et Arthur Delaire s’attaquent à un genre très difficile, celui de la comédie. Le résultat est inégal, avec des moments très drôles, d’autres assez émouvants. Mais la plupart sont malheureusement lourds et ratés. C’est d’autant plus dommage que l’interprétation, avec une Isabelle Carré en grande forme, est sensationnelle et confère souvent beaucoup de cocasserie à ce film à moitié réussi.
Comédie française (2015) de Quentin Reynaud et Arthur Delaire, avec Isabelle Carré (Claire Lacourt), Stéphane De Groodt (Maurice Guilby), Alex Lutz (Marc Lacourt), Joséphine Japy (Lucie Guilby) (1h23). (Grands adolescents) Sortie le 20 janvier 2016.
Legend
Dans les années 60, à Londres, les frères Krays règnent en maîtres sur l’East End.
Le Londres des années 60 est bien reconstitué, dans cette œuvre élégante, mais c’est surtout l’interprétation époustouflante de Tom Hardy, qui campe les gangsters jumeaux, qui fait toute la force d’un film qui n’évite pas les longueurs et peine à retenir l’attention.
Thriller franco-britannique (2015) de Brian Helgeland, avec Tom Hardy (Reggie et Ron Kray), Emily Browning (Frances Shea), David Thewlis (Leslie Payne), Christopher Eccleston (Nipper Read), Paul Anderson (Albert Donohhue), Joshua Hill (l’agent de police) (2h11). (Adultes) Sortie le 20 janvier 2016.
J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd
Longtemps considérés comme arriérés et handicapés, les sourds ont dû attendre le XVIIIe siècle et l’abbé de l’Épée pour que l’on s’intéresse à leur langue des signes.
Le grand public a découvert la beauté de la langue des signes avec de grands films, tels Miracle en Alabama, d’Arthur Penn, Les enfants du silence, de Randa Haines, Marie Heurtin, de Jean-Pierre Améris, et, bien sûr, La famille Bélier, d’Éric Lartigau. Dans ce beau film, hommage à son ami Vincent, décédé dix ans auparavant, Laetitia Carton nous entraîne au pays des sourds, avec des rencontres très émouvantes. Entre le grand-père qui raconte à ses petits-enfants un conte pour les endormir, ce professeur qui explique son combat pour être accepté par l’Éducation nationale, Levent Beskardes, cet acteur et poète franco-turc, etc., c’est à un voyage magnifique au cœur d’une communauté qui considère la surdité non comme un handicap, mais comme une culture, que nous invite la réalisatrice.
Documentaire français (2015) de Laetitia Carton, avec Levent Beskardes, Camille (1h30). (Tous) Sortie le 20 janvier 2016.
LE CHIFFRE DE LA SEMAINE
1 milliard
C’est, en hectares, la surface de terres fertiles qui a disparu de la surface de la terre depuis cent ans, selon un rapport publié par la FAO (organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), et rassemblant les contributions de 200 scientifiques.
Toujours selon ce rapport, entre 25 et 40 millions de tonnes de l’épiderme terrestre (une couche d’environ 30 cm) sont emportés chaque année à cause de l’érosion, de la pollution, mais aussi de l’urbanisation. Pour la seule Europe, ce sont 33 millions d’hectares qui sont concernés, soit 4% des terres arables. En France, 40% des terres agricoles sont menacées d’un tassement irréversible. « la production vivrière et la sécurité alimentaire de l’humanité qui pourraient être compromises » affirme José Graziano da Silva, directeur de la FAO.
D’un jour à l’autre
France
Emploi
François Hollande a présenté, le 18 janvier une série de mesures pour lutter contre le chômage. Il prévoit ainsi une prime à l’embauche de 2000 euros pour les petites et moyennes entreprises recrutant des salariés pour un CDI ou un CDD de plus de 6 mois, un plan de formation pour 500 000 chômeurs et la mise en place d’un dispositif pour favoriser chez les jeunes la formation en alternance. Au total, 2 milliards d’euros seront dépensés, sans création d’impôts nouveaux.
Montagne
Le 13 janvier, une avalanche aux Deux-Alpes (Isère) a emporté un groupe de skieurs sur un secteur fermé de la station. Un Ukrainien ainsi que deux lycéens lyonnais ont été tués. Le professeur qui dirigeait la sortie a été mis en examen.
Cinq militaires du 2ème régiment étranger du Génie sont morts dans une avalanche à Valfréjus (Savoie), le 18 janvier. Ils effectuaient un entraînement sur une zone hors-piste.
Bourse
Le 15 janvier, à Paris, le CAC 40 est tombé sous les 4 200 points. En deux semaines, il a perdu 9,2 %. Le cours de l’entreprise Renault, qui a été l’objet d’une perquisition concernant le non-respect de normes de pollution de ses moteurs, a perdu 10 %.
Santé
La semaine dernière à Rennes, lors d’un essai thérapeutique, un des 90 patients sur lesquels était testée une molécule antidouleur est tombé en état de mort cérébrale, et 5 sont dans un état grave.
Justice
Quinze personnes, parmi lesquelles trois mineurs, ont été interpellées aux abord d’un camp de gens du voyage. Les interpellés sont accusés d’avoir participé aux violences commises en octobre à Moirans (Isère).
L’affaire Kerviel pourrait connaître un nouveau rebondissement. Dans un enregistrement obtenu clandestinement, une magistrate évoque les anomalies de l’instruction et affirme que la Société générale ne pouvait pas ne pas connaître les agissements du jeune trader.
Géologie
Samedi 9 janvier, à 5 h du matin, un pan de la montagne s’est effondré dans le Mont Garnier, côté Savoie, au-dessus de la commune d’Entremont-le-Vieux, sans faire de victime. L’éboulement impacte des sentiers de randonnées situés en Isère et interdit par les autorités locales.
Monde
Turquie
Le 12 janvier à Istanbul, un kamikaze a entraîné neuf Allemands et un Péruvien dans la mort en se faisant exploser. L’Armée turque a annoncé, en représailles, 500 bombardements contre des sites du groupe États Islamique en Syrie et en Irak. Mais parmi les cibles touchées, il y a eu le village chrétien-assyrien de Shraranesh à la frontière entre la Turquie et l’Irak.
Syrie
Lors d’une contre-offensive le 17 janvier, le groupe État islamique aurait tué environ 300 personnes et en aurait enlevé plus de 400 dans la province de Deir el-Zor (est du pay) riche en pétrole et en gaz.
Près de la frontière libanaise, à Madaya, ville rebelle assiégée par les forces de Damas, un deuxième convoi du Croissant-Rouge a pu apporter des vivres la semaine dernière. Les villages chiites de Foua et Kafraya (province d’Idleb — nord-ouest), assiégés par les forces rebelles, ont également reçu des vivres dans une opération concomitante. Quinze autres villes syriennes sont actuellement soumises à un blocus par une partie ou l’autre. Le Conseil de Sécurité de l’Onu a réclamé, le 15 janvier, la fin d’une telle « tactique barbare ».
Indonésie
Le 14 janvier, à Jakarta, plusieurs attaques terroristes simultanées, calquées sur les attentats pari–siens de novembre et visant des terrasses de café (Starbucks), ont fait 7 morts, à majorité étrangère. Cinq des assaillants ont été abattus. Ils auraient obéi à un Indonésien islamiste, Bahrun Naim, résidant actuellement en Syrie.
Sierra Leone
L’Organisation mondiale de la Santé a confirmé vendredi 15 janvier un nouveau cas d’Ebola en Sierra Leone. La veille, elle avait pourtant annoncé la fin de l’épidémie en Afrique de l’Ouest (Liberia-Guinée-Sierra Leone).
Somalie
Le 15 janvier, des islamistes shebab, ont pris d’assaut un camp du sud de la Somalie hébergeant des soldats kényans de l’Amisom – la force de l’Union africaine (UA). Ils revendiquent la mort de 63 soldats chrétiens.
Burkina Faso
Le 15 janvier, la justice burkinabé a émis un mandat d’arrêt contre Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale ivoirienne, soupçonné d’avoir voulu soutenir la tentative de coup d’État du 17 septembre.
Le même jour, à Ouagadougou, des islamistes ont pris d’assaut l’hôtel Splendid et le restaurant Cappuccinol. Le bilan est d’au moins 29 morts dont 14 étrangers, sans compter les trois ou quatre djihadistes abattus. Parmi les victimes, trois Français.
Toujours le 15, un médecin et sa femme, Australiens octogénaires, ont été enlevés par des islamistes dans le nord du pays, où ce couple vit depuis 1971.
Iran
Le rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique, commandé par l’ONU et vérifiant que l’Iran a tenu ses engagements de réduction d’activité nucléaire dans le cadre de l’accord conclu en juillet dernier à Vienne a été publié le 16 janvier. Il constituait le préalable à la levée d’un certain nombre de sanctions économiques contre Téhéran. L’Iran a aussitôt annoncé l’achat prochain de 114 Airbus. Le même jour l’Iran libérait quatre Irano-Américains dans le cadre d’un échange de prisonniers avec les États-Unis ainsi qu’un étudiant américain accusé d’espionnage. Robert Levinson, un juif américain de 68 ans, arrêté sur l’île de Kish en 2007, n’a, lui, pas refait surface. Le Trésor américain a rappelé que d’autres sanctions économiques américaines frappent l’Iran à cause de ses essais balistiques et d’autres contentieux.
Afghanistan
Le 17 janvier, un attentat suicide, visant des chefs de la tribu des Shinwari, a tué au moins 14 personnes à Jalalabad, capitale de la province de Nangarhar.
Taïwan
TsaiIngwen (59 ans), candidate du Parti démocratique progressiste (PDP), a, le 16 janvier, remporté 56,12 % des voix à l’élection présidentielle face au candidat du Kuomintang qui n’en recueille que 31 %. L’île de 23 millions d’habitants signifie ainsi son refus de se laisser humilier par la Chine communiste. Celle que l’on surnomme « la Merkel taïwanaise » sera la première présidente de son pays.
Chanson
René Angélil, mari et manager de Céline Dion, est mort (à 74 ans) le 14 janvier des suites d’un cancer de la gorge. Un frère de la chanteuse québécoise est mort (à 59 ans) de la même maladie deux jours plus tard.
Sport
Football
Le PSG a battu Toulouse par 0 à 1 lors de la 21ème journée du championnat de Ligue 1.Il est maintenant à 21 points de son dauphin Monaco, vainqueur de Lorient par 0 à 2.

