L’événement – 1
par Serge Plenier
La première faute de François Fillon ?
C’est le premier doute sur les chances de François Fillon. La partie de son projet concernant la Sécurité sociale a déjà suscité de sérieuses réserves, y compris dans son propre camp où des personnalités comme Bernard Accoyer, nouveau secrétaire général des Républicains ont demandé une « clarification », tandis que le député Henri Guaino a tout uniment évoqué un programme « injuste ».
Bien entendu, à gauche et au Front national, on ne s’est pas gêné pour crier à la casse sociale. Marine Le Pen a même affirmé que le programme de François Fillon concernant la santé lui donnait la « nausée ». En somme, et c’est peu dire, la réforme de l’assurance maladie envisagée par le candidat des Républicains, fait aujourd’hui la quasi unanimité contre elle.
Bien sûr, il y a une part d’injustice, voire de mauvaise foi dans certaines critiques. C’est d’ailleurs de bonne guerre. Les propositions de François Fillon veulent prendre en compte les revenus des assurés sociaux et optimiser l’offre de soins. De plus, le dispositif prévu reste dans la logique des précédentes réformes (ou réformettes). Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder l’évolution du champ des remboursements. Enfin, il s’agit tout de même d’en finir avec une dette de système de santé devenue insoutenable. Devant toutes les contestations, François Fillon promet un effort de pédagogie. Ce sera sans doute fort utile, mais insuffisant.
Ce sera insuffisant parce que la Sécurité sociale n’est pas seulement une administration déficitaire et compliquée qui fonctionne tant bien que mal. C’est aussi, pour une immense majorité de Français la certitude de recevoir un minimum de soins. La faute de François Fillon est de méconnaître cette importance de la « Sécu » au quotidien pour les Français les plus modestes.
Surtout, la faute de François Fillon a été de sous-estimer la charge symbolique qui s’attache à la Sécurité sociale, héritage du Comité national de La Résistance et de la Libération (même si la réalité est un peu plus compliquée). En renvoyant une partie des remboursements à la charge du secteur privé, le candidat des Républicains ne s’attaque pas seulement à une institution, il porte, qu’il le veuille ou non, un coup certain à l’idée même de solidarité nationale, et toutes les argumentations techniques n’y changeront rien.
François Fillon a encore plus de cinq mois pour corriger le tir. C’est beaucoup et bien peu, mesuré à l’aune d’une campagne électorale.
L’événement – 2
par Jean-Gabriel Delacour
Valls, nouveau Sarko ?
Derrière l’impertinence de la question « Valls, nouveau Sarko ? » se cachent un ensemble de considérations reposant plus que sur des analogies. On peut en effet se demander si la situation de l’ancien Premier ministre ne recèle pas de sérieux points de comparaison avec celle de l’ex-chef de l’État.
En Espagne, on appelle en effet volontiers le nouveau candidat de gauche le « Sarkozy des socialistes ». De manière un peu inattendue, le journal conservateur La Razón a établi la comparaison : « ce qui est certain, c’est que les biographies de Manuel Valls et Nicolas Sarkozy se ressemblent comme deux gouttes d’eau », ajoutant même que « les deux ont été ministres de l’Intérieur et ont fini par se rebeller contre leur mentor pour mettre à bien leurs ambitions personnelles. » Tandis que La Vanguardia, de centre-droit, voit en lui l’adepte d’un « libéralisme autoritaire », El Mundo, également de centre-droit, note : « comme Nicolas Sarkozy, il a une énergie inépuisable […] et un grand talent pour irriter les siens ».
Mais il existe un autre type de rapprochement pouvant être opéré : la difficulté à se faire désigner par son propre camp, comme l’a montré l’échec de l’ancien président français dès le premier tour de la primaire de droite. On ne se trouve en effet pas en Allemagne, où Angela Merkel, quoique contestée dans son électorat, a été à nouveau investie par la Cdu pour conduire son parti aux élections de l’an prochain.
Aujourd’hui, la compétition désordonnée dans et hors du Ps restreint considérablement la liberté d’action de Manuel Valls. La campagne qu’il a entamée, vigoureusement et immédiatement selon ses habitudes, rappelle celle d’Alain Juppé : elle semble se situer au niveau final lorsqu’il lui faudra convaincre l’ensemble des Français. Or, son ton rassembleur ne plaît manifestement pas partout à gauche, notamment chez les socialistes. Il lui reste aussi à se situer par rapport non seulement à François Hollande, mais aussi à son successeur. Cela s’avère d’autant plus difficile que, si Bernard Cazeneuve présente une personnalité plus lisse que celle du chef du gouvernement sortant, son bilan ne peut être défini uniformément comme positif, qu’il s’agisse de la sécurité des Français, du maintien de l’ordre face aux casseurs ou du malaise des forces de l’ordre.
Existent aussi les côtés cachés ou peu connus de Manuel Valls. Il a d’abord été l’impitoyable ministre de l’Intérieur de François Hollande qui réprimait les rassemblements de la Manif pour tous. Ensuite, s’il joue souvent de ses racines catalanes, il parle fort peu de celles liées à la Suisse, alors que sa mère vient du Tessin et que, même si elle vit à Paris, elle a conservé la nationalité helvétique ; lui-même parle d’ailleurs aussi bien l’italien que la langue de son père. Mais cela ne présente pas la même aura que l’Espagne aux yeux des électeurs de gauche, d’autant que c’était avec sa première femme, Nathalie Soulié, qu’il passait des vacances au-dessus de Ludiano…
Politiques
par Alice Tulle
Gauche : Tous contre tous
La candidature de Manuel Valls n’a pas ramené le calme dans la gauche qui participe aux primaires. Laquelle est défiée par deux candidats qui ne participent pas à la primaire et qui se disputent « la troisième place ».
La gauche n’est plus. Ce sont plusieurs gauches qui s’affrontent aujourd’hui tout en cherchant à mieux se définir. Tous les chefs de tendance veulent une refondation de la gauche après les élections présidentielle et législatives de 2017 et chacun voudrait bien entendu qu’elle se fasse à son profit. Mais, pour le moment, c’est la cacophonie et cette situation n’est pas seulement provoquée par le choc des ambitions personnelles. Même si les choix idéologiques sont souvent noyés dans les artifices de la communication, ces choix plus ou moins contradictoires sont hautement proclamés faute de personnalité capable de faire la synthèse des contradictions.
Au cours de son histoire, le Parti socialiste a toujours connu une aile gauche et une aile droite. François Mitterrand avait réussi à associer Jean-Pierre Chevènement et Michel Rocard pour la conquête du pouvoir puis à maintenir sous son égide les partisans d’une ligne « jacobine », nationale-étatiste et les européistes sociaux-libéraux qui se reconnaissent en Jacques Delors. Lionel Jospin avait quant à lui réuni une « gauche plurielle » entre 1997 et 2002 et François Hollande avait tenté de faire travailler ensemble Manuel Valls le libéral et Arnaud Montebourg le colbertiste tout en donnant des gages à la tendance « sociétale » représentée par Christiane Taubira.
En renonçant à se représenter, François Hollande laisse le champ libre aux antagonismes. La candidature de Manuel Valls n’est pas celle d’un rassemblement des socialistes : elle est portée par l’aile droite du parti, laïque, sécuritaire et libérale en économie. à l’aile gauche, Arnaud Montebourg tente de s’imposer en chef de file sur une ligne industrialiste et protectionniste face à Benoît Hamon qui représente un courant social-démocrate pro-européen.
Manuel Valls a déclaré que ces deux gauches étaient irréconciliables : la victoire de l’ancien Premier ministre aux primaires pourrait lui permettre de créer un Parti démocrate « à l’américaine » sur les ruines du Parti socialiste refondé à Épinay en 1971. Un candidat issu de l’aile gauche pourrait quant à lui tenter de recoller les morceaux d’un parti fragilisé par sa défaite aux élections régionales de 2015 et encore affaibli par une probable déroute aux élections législatives de 2017.
Lors de la primaire de la droite, la bataille entre Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Fillon était décisive pour la candidature à l’élection présidentielle. L’enjeu de la primaire de la gauche est moins important car personne ne croit la victoire possible à la présidentielle et le candidat désigné devra se confronter à deux adversaires déterminés. Jean-Luc Mélenchon fait une campagne socialiste et écologique aux accents souverainistes et il se voit déjà en troisième position, derrière François Fillon et Marine Le Pen, devant Emmanuel Macron et le candidat socialiste. Mais l’ancien ministre de l’Économie peut lui aussi prétendre sérieusement à cette troisième place. Alors que le meeting de « la Belle Alliance populaire », le 3 décembre, avait été un échec (2 000 personnes au lieu des 10 000 prévues), Emmanuel Macron, « candidat du travail », a réuni le 10 décembre de 10 000 à 15 000 personnes à Paris porte de Versailles pour une « révolution » qui réunirait des « progressistes » de droite et de gauche qui veulent à nouveau « oser rêver l’Europe ».
A gauche, la guerre de tous contre tous bat son plein tandis que le futur ex-président se laisse aller à une frénésie d’hommages et d’inaugurations (sur le Charles-de-Gaulle, à Lascaux, etc.).
Monde
par Yves La Marck
Fin de partie à Alep
Alep-Est est tombée alors que Palmyre est à nouveau occupée par Daech. Des deux guerres qui déchirent la Syrie, faut-il savoir arrêter l’une pour remporter la seconde ?
La bataille d’Alep engagée par le régime syrien en février était alors estimée devoir durer six à huit mois. Rien n’étant venu perturber le scénario, dix mois plus tard la résistance a été brisée. La vieille ville d’Alep a été reconquise le 7 décembre. La diplomatie internationale a repris ses droits pour négocier l’évacuation des combattants repliés dans la dernière zone assiégée.
Damas peut-il accepter que des « terroristes » puissent se regrouper ailleurs pour continuer leur lutte ? L’atroce dans une guerre civile est qu’il n’y a pas de quartier, pas de pardon. Pour se laisser convaincre de retenir son bras vengeur, le régime doit donc recevoir lui-même les plus fortes assurances. Sinon, il peut faire prisonniers ou passer par les armes les « rebelles ». Au point où on en est, il n’a que faire de l’opprobre qui s’abattrait sur lui pour quelques crimes de guerre de plus.
Le sort de l’opposition à Assad a été discuté entre Américains et Russes à Hambourg en marge d’une réunion de l’OSCE (Organisation de la sécurité et de la coopération en Europe) les 7 et 8 décembre. Arabes et Occidentaux soutiens de l’opposition se sont réunis à Paris le 10 décembre. L’enjeu est de savoir s’il faut déposer les armes. Cette guerre-là est-elle finie ? N’est-elle pas devenue inutile voire contre-productive u moment où des colonnes de Daech se montrent capables de revenir à Palmyre (les 8 et 9 décembre) et de reprendre les champs de pétrole autour ?
A un moment donné il faut savoir terminer un conflit. Bien entendu, ce n’est pas l’ouverture politique promise par Bachar el-Assad qui pourra satisfaire ceux qui l’ont combattu depuis cinq ans. La minute de vérité est arrivée à Paris au sein de la Coalition. Chacun doit faire un choix. Apparemment une partie des Kurdes se sont déjà ralliés. Leur rôle à Alep semble avoir été important en facilitant le départ de certaines populations et l’affaiblissement des défenses « rebelles ». Ils sont cohérents : à Alep comme à Raqqa ils combattent pour eux-mêmes. Tous les autres ont un problème, à commencer par les Occidentaux qui ont cru que Mossoul et Raqqa seraient « libérés » avant qu’Alep ne tombe. Or les alliés chiites d’Assad – sa propre armée est épuisée tout comme les « rebelles » –, les pasdarans iraniens, le Hezbollah libanais et autres afghans chiites ont imposé l’offensive décisive à Alep pour pouvoir se retourner ensuite contre l’État islamique pris en tenaille à l’est et à l’ouest et ne pas laisser la Coalition seule maîtresse du terrain et du calendrier.
L’armée régulière irakienne continue à ne pas faire le poids et, pour eux, il n’est pas question de laisser de la place aux « tribus sunnites ». Ils n’ont pas l’idée de restaurer un équilibre ancien que défend la Coalition mais d’en imposer un nouveau.
Russes et Chinois sont agnostiques à ce sujet. Pékin, qui n’avait pas mis son veto le 8 octobre au projet de résolution français de cessez-le-feu, s’est cette fois joint à Moscou dans un double veto. La Chine considère que l’affaire est entendue, et que le temps est venu d’engager la reconstruction du pays dans le cadre non de la Banque mondiale mais de l’Organisation de coopération de Shanghai !
L’État islamique est fondamentalement une organisation dirigée par des Irakiens, notamment des ex-officiers de Saddam Hussein et du parti Baas. L’organisation ne s’est déployée en Syrie que comme base arrière, terre de repli, et encore dans la partie orientale, le long du même fleuve mésopotamien. La Syrie utile, levantine, sur laquelle Assad est trop heureux d’avoir rétabli son contrôle, n’a rien à voir avec ce combat. L’EI continuera d’être instrumentalisé par le régime de Damas comme il l’a été depuis le début du conflit avec la libération des activistes islamistes des prisons officielles. Le parti Baas syrien avait depuis longtemps été vidé de tout contenu contrairement à la branche irakienne. C’est ainsi que l’opposition syrienne est apparue aussi éclatée et superficielle. Le conflit n’a pas fait émerger de dirigeant reconnu. L’atomisation de la vie politique syrienne ou même de la société civile n’a pas permis de constituer une alternative. Portée à bout de bras par la diplomatie française – bien isolée sur ce point – l’opposition n’a pas disposé des relais d’opinion qui ont fait la fortune d’autres causes parfois moins dignes d’intérêt. S’il n’y avait eu les combattantes kurdes de Kobane, personne n’aurait « visionné » le conflit. Les autorités religieuses parfois controversées gardaient un silence gêné pourtant bien compréhensible. Alep a fait connaître les casques blancs, quelques médecins héroïques, mais pas de responsables légitimes, même pas de porte-parole. De quelle parole d’ailleurs ? Quant au million de réfugiés passés en Europe, qui parle de leur sein ? Assad a fait le vide et le vide a fait Assad.
Société
par Philippe Montillet
Les trois France
Le géographe et sociologue Christophe Guilluy a popularisé dans La France périphérique1 l’idée de deux France, celle urbaine des élites et celle, qu’il appelle, périphérique, des sacrifiés et notamment des classes populaires. Il stigmatise aussi la partition trop rigide entre une France urbaine assez aisée et celle des banlieues confrontées aux secteurs de non droit c’est-à-dire du règne des mafias et des petits caïds et encore plus du décrochage du monde économique traditionnel basé sur l’emploi et le salaire.
De quelques voyages en « France profonde » effectués ces derniers mois je ressens les choses un peu différemment. Il me semble qu’il n’y a pas deux mais trois France. En effet les critères du seul pouvoir d’achat – Guilluy cite la barre des 11250 € (page 62), s’ils permettent d’étendre –et pourquoi pas ?- le champ des aides publiques, ne répond pas exactement à la réalité. Celle de la Troisième France qui n’attend ni ne sollicite vraiment, en fait, pas grand-chose des aides car elle s’est déjà placée dans un autre contexte. Ces territoires abandonnés depuis de longues années, auxquels on a d’abord coupé les liaisons avec la fermeture des chemins de fer, puis à qui l’on ôte progressivement les services publics, puis les commerces dont le dernier en date les pompes à essence, et dont on veut maintenant faires des déserts médicaux et bien ces territoires se sont peu à peu organisés et ont à leur échelle reconstruit ce que l’état centralisé et seulement préoccupé de finances à court terme, leur a retiré.
La nouvelle économie fait les beaux discours des messieurs de la ville qui d’ailleurs ont souvent bien du mal à savoir ce qu’elle apporte concrètement en dehors du chômage accru par la suppression de nombreux emplois notamment peu qualifiés. Or la nature humaine trouve toujours des moyens de se mettre en position de résistance, quasi animale, face au danger quand il s’agit de survivre. Attaquée de toutes parts, non défendus par « les politiques » qui sont avant tout des urbains, la France des campagnes a réagi et s’est organisée. Toute une « autre » économie fait place à l’ancienne. Elle fait que la province ne désespère pas et que bien souvent elle est même fière d’elle et ne demande qu’une chose, que l’on se s’intéresse pas trop à elle pour quelle puisse continuer à exister, voire à prospérer car ce modèle semble faire des adeptes notamment chez les plus jeunes. Alors certes, sans doute n’a-t-elle pas, en Euros, un gros pouvoir d’achat et est-elle en deçà des barres fixées par les technocrates parisiens. Mais pour un hôtelier des Cévennes, de l’Aubrac, du Gers ou des monts d’Arrée qui travaille (avec les parisiens) six mois de l’année en économie normale cela n’a pas vraiment d’importance. Il dégage suffisamment de revenus pour acquitter impôts et taxes et le reste de parcours de vie il va le faire à travers une économie plus ou moins d’échange, voire de cueillettes (ces pays ont encore des marché aux produits rares [truffe, cèpes et autres champignons…] voire quasi exotiques [châtaignes, varech…]). Chasse et pêche, activités par nature assez communautaires, enfin devenues plus ou moins pérennes depuis que l’électricité permet de faire fonctionner les congélateurs, permettent de pouvoir se passer des restos du cœur. Sa chaudière fonctionne au bois que la nature lui fournit encore et que les règlements européens n’ont pas encore totalement interdit par une fausse idée des précautions à avoir. Internet lui permet maintenant d’avoir accès à l’information au cas où le buraliste a définitivement fermé. Ainsi une nouvelle économie qui s’exempte des contraintes de la haute finance et de l’économie désordonnée que les villes développent, s’est mise en place et permet à tout une troisième France de regarder de haut et les urbains et les déracinés des banlieues et des périphéries des villes frappées de plein fouet de deux maux, l’emploi plus ou moins précaire et les communautarismes de populations immigrées qui à défaut de travail comme c’était le cas durant les Trente Glorieuses viennent chercher des aides d’état et des subventions pour survivre dans les nouveaux bidonvilles. Regarder d’autant de haut que cette troisième France, elle, elle travaille. Ces provinciaux pour défendre leur mode de vie, s’occupent et travaillent toute la journée. Ils ne s’abrutissent pas de télévision pour perdre leur temps. La liberté cela a un coût.
La Troisième France l’assume en se mettant hors circuit financier. Mais pas hors circuit politique car c’est la nouvelle phase de son action. Déjà certaines provinces s’étaient mises plus ou moins en sécession par rapport à Paris, l’Alsace, la Bretagne la Corse, le Pays Basque, en s’organisant plus ou moins elles-mêmes en obtenant des statuts dérogatoires, en mettant en place la préférence régionale. Etre en périphérie (cette fois entendue comme périphérie géographique) les avait aidées. Cette troisième France va devoir se battre maintenant pour conserver son armature politique naturelle qui est la commune. C’est elle qui, comme son nom l’indique, est la garante de la vie en communauté, communauté sans laquelle l’individu se retrouve bien isolé. Cette Troisième France est celle qui déjoue les sondages et ridiculise les pronostics politiques. Il faudra que le prochain Président de la République en tienne compte s’il vaut réussir. La France ne se limite ni à ses fausses élites urbaines, ni à ses assistés…
Clefs
par Jean Étèvenaux
Une place Napoléon à Châteauroux
Alors que certains tremblent à l’idée que l’on puisse célébrer Napoléon dans une République vertueuse ayant évacué tous les grands hommes, la métropole de Châteauroux a inauguré, le 10 décembre, une place Napoléon en plein centre ville, dans un quartier voué à voir s’y développer toutes sortes d’échanges. Cette position apparaît d’autant plus remarquable que l’hexagone ne comptait jusqu’à présent que cinq places perpétuant le nom du premier empereur des Français.
À première vue, le choix pourrait sembler incongru puisque Napoléon n’y est jamais passé, même dans sa jeunesse ou sur les chemins de l’éloignement. Pourtant, le lien s’effectue sans forcer le trait à travers la personnalité d’un des plus célèbres Castelroussins, le général Henri-Gatien Bertrand, grand maréchal du palais à partir de 1813 et à ce titre compagnon des deux exils aux îles d’Elbe et de Sainte-Hélène. Une place porte déjà ce dernier nom dans la cité, dont la légende veut qu’elle reproduise les plans de la Belle-Poule, le navire qui ramena en 1840 les cendres de l’empereur, accompagnées justement par Bertrand. Ce dernier, né et mort à Châteauroux, est également célébré par un musée affichant son patronyme, qui aligne nombre de souvenirs de la période. On ne peut non plus oublier que le grand maréchal fit don à sa ville du sabre que le général Bonaparte portait à la bataille d’Aboukir.
Voilà pourquoi la municipalité dirigée par Gil Avérous, aidée par la délégation Berry Val de Loire du Souvenir napoléonien animée par Jean-Michel Lavaud a voulu utiliser ce nom pour créer un nouveau lieu de rendez-vous dans cette parie de la ville en plein réaménagement. Si quelques-uns de ses opposants du Front de gauche ont manifesté leur regret de voir glorifier un « héros » qui a « massacré des milliers d’innocents », les quelque 700 personnes présentes se sont retrouvées dans cette réappropriation d’une partie de l’histoire nationale. Ils y ont été aidés par les dizaines de reconstitueurs, soldats et musiciens, français et étrangers, qui se pressaient autour du personnage actuellement interprété par le Belge Jean-Gérald Larcin.
Il faut aussi prendre en compte le succès de l’exposition Histoire en briques constituée uniquement d’éléments Lego. On y retrouve non seulement les réalisations qui ont attiré tant de foules à Cheverny — la Malmaison, Longwood, le bicorne, la harpe de Joséphine — et des travaux de grande ampleur comme l’hôtel des Invalides, mais aussi des reconstitutions originales effectuées pour Châteauroux, à commencer, bien sûr, par cette statue de la place Napoléon.
Celle qui a été inaugurée se retrouve décorée de l’œuvre du sculpteur Jean-Pierre Dussaillant. Ce Lyonnais établi dans l’île de Ré a réalisé un plan-plaque de 2,70 mètres de haut reposant sur la silhouette du Vizir, l’un des chevaux de l’Empereur, sur laquelle se découpe en creux celle de Napoléon. Châteauroux est bien parti pour accueillir l’an prochain le parcours Légende impériale.
Humeur
par Erwan Violin
De l’air pour les riches
Il ne faisait pas bon, la semaine dernière, être citadin, surtout dans une grande ville. De vilaines choses appelées « particules fines » issues des cheminées et des pots d’échappement menaçaient directement vos pauvres bronches, encouragées par un air sec que nul vent ne venait déranger.
Bien entendu, il fallait un coupable. Ce fut l’automobile, non pas le gros car de touristes ou le camion, mais la petite voiture, souvent un peu âgée de ceux qui doivent se déplacer là où le bus ne passe pas, encore moins le métro. On dicta donc des mesures drastiques pour entraver l’usage de ces dernières, sans trop penser à ceux qui ne peuvent s’en passer.
Comme si on voulait à toute force nous persuader que la protection de l’environnement est d’abord une affaire de riches capables de s’offrir les coûteuses voitures hybrides ou électriques.
Livres
par Catherine Pauchet
Sélection « cadeaux de fin d’année »
Roman
Règne animal
D’emblée ça sent la sueur et le purin, un remugle qui nous tient et ne nous lâche plus au fil des pages. Le roman débute à la fin du XIXème siècle dans une porcherie du Gers. Il y a là « le père », « la génitrice » et leur fille Eléonore, de pauvres gens qui font corps avec leurs quelques bêtes avant que la grande boucherie de 14-18 ne brise leur monde. Cinq générations plus tard, les éleveurs vivent mieux et les porcs plus mal, tous soumis à l’élevage mécanisé. Souffrance des hommes, souffrance des bêtes, le règne animal est sans pitié. Avec son écriture puissante et précise, Jean-Baptiste Del Amo signe une fresque familiale où dominent les odeurs, les couleurs et la fureur des sentiments. L’un des ouvrages les plus marquants de l’année, plusieurs fois primé.
« Règne animal », Jean-Baptiste Del Amo, Gallimard, 416 p., 21 €.
Pop-up
Un voyage en mer
Ces deux matelots, accompagnés de Mousse le chien, n’ont peur de rien et surtout pas des tempêtes. Les voici qui quittent l’Île de Groix pour un voyage de rêve qui les mènera à Rio de la Plata, en Amérique du Sud. Chemin faisant, ils croisent toutes sortes de bateaux : caravelle, paquebot, voilier clipper… Ce superbe livre pop-up se déploie pour donner vie aux vagues, aux voiles et aux nuages. Pour petits et grands.
« Un voyage en mer », Gérard Lo Monaco, Hélium, six scènes, 24,90 €.
Beau livre
Conte d’hiver, conte d’été
Trente ans que Catherine Henriette parcourt la Chine avec son Leica et un sac de pellicules. Dans cet ouvrage, la photographe a choisi de montrer deux saisons. L’hiver, dans le froid sibérien, elle a suivi des écoliers et des ouvriers qui traversent le fleuve Sungari à pieds ou à vélo ainsi que des pêcheurs partis avec leur traineau et leur filet en quête d’un trou de glace. L’été, Qungdao, Dalian… les plages du nord accueillent des familles entières pour une baignade avec bouée multicolore et tenue de bain kitsch. Un beau livre, couverture toilée, finition soignée, tout en couleurs.
« Conte d’hiver, conte d’été », Catherine Henriette, Filigranes éditions, 96 p., 30 €.
Livre-objet
Fontaine à cocktails
Avec cette fontaine à cocktails de 4,5 litres, il y a de quoi recevoir tous ses amis. Cette jolie bouteille gravée est présentée dans un coffret et s’accompagne d’un livre de trente recettes : fraise antillaise, punch de Paris, rumbullion… mais rien n’interdit d’inventer ses propres boissons pour mieux surprendre ses invités. Pour une année de fêtes et de convivialité.
« Fontaine à cocktails XXL », Larousse, coffret + livre de recettes, 27,95 €.
Cinéma
par Marie-Christine Renaud d’André et Georges Collar
Ballerina
Depuis toujours, Félicie, une jeune orpheline, rêve de l’Opéra de Paris. Avec Victor, son meilleur ami qui rêve, lui, de devenir un inventeur, elle s’enfuit de son orphelinat breton et débarque à Paris. En cette fin du XIXe siècle, la tour Eiffel n’est qu’à moitié construite, tout comme la statue de la Liberté. Mais, dès leur arrivée, Victor chute d’un pont, et ils sont séparés, non sans s’être donné rendez-vous le lendemain au même endroit. Quand elle réussit à trouver le bâtiment de l’Opéra, Félicie y entre et fait la connaissance d’Odette, une femme de ménage, qui, après l’avoir rabrouée, accepte de s’occuper d’elle.
On le sait, l’animation française devient de plus en plus performante face à l’américaine, malgré des moyens financiers nettement plus faibles. Dans ce joli film, tourné au Canada, les réalisateurs ont mis en scène une charmante héroïne, dont le rêve est de devenir danseuse étoile. C’est dire si les morceaux de danse sont nombreux et parfaitement chorégraphiés, grâce à la collaboration d’Aurélie Dupont, directrice actuelle du Ballet de l’Opéra national de Paris, et de son mari Jérémie Bélingard, danseur étoile.
L’animation est très fluide, la reconstitution du Paris de l’époque est magnifique, et l’histoire, même si elle manque un peu d’originalité, se laisse bien suivre. Mais les musiques modernes sur des danses classiques sont plutôt inappropriées.
Cette jolie histoire d’une jeune fille qui se bat pour réaliser son rêve est très positive, et l’on espère que le film suscitera des vocations chez les enfants. Mais est-ce se montrer grincheux que de se demander si, dans un film qui leur est destiné, il était nécessaire de montrer tant de comportements dangereux (danser sur les toits, escalader des grues, etc.) ?
Film d’animation franco-canadien (2016) de Éric Summer et Éric Warin, avec les voix de Camille Cottin (Félicie Milliner), Malik Bentalha (Victor), Kaycie Chase (Camille), Magali Barney (Odette), Frédéric Souterelle (le directeur de l’Opéra) (1h25). (Adolescents) Sortie le 14 décembre 2016.
Demain tout commence
Samuel, un joyeux fêtard, voit débarquer un jour Kristin, une conquête d’un soir, avec un bébé dans les bras qu’elle affirme être le sien. Sans prévenir, elle disparaît, en le laissant désemparé avec Gloria, sa fillette.
Cette comédie familiale offre à Omar Sy un rôle à la mesure de son talent. Il faut le voir s’attendrir devant cette petite fille malicieuse et pleine de vie, et organiser des jeux insensés avec elle. Le film ne s’appesantit pas trop sur les aspects comiques de l’histoire et devient, peu à peu, un drame émouvant qui traite de la paternité et du droit de garde. Malgré des facilités, on est sous le charme de cette jolie comédie, dont la fin est bouleversante.
Il est touchant ce père dont la vie est bouleversée par l’arrivée de cette petite fille et qui va tout mettre en œuvre pour remplacer la mère absente. Mais le personnage de l’homosexuel dragueur est un peu trop insistant.
Comédie française (2016) de Hugo Gélin, avec Omar Sy (Samuel), Clémence Poésy (Kristin), Gloria Colston (Gloria), Antoine Bertrand (Bernie), Clémentine Célarié (Samantha)(1h55). (Grands adolescents) Sortie le 7 décembre 2016.
Sausage Party
Dans un supermarché, Frank, une saucisse, est amoureux de Brenda, un pain de hot-dog.
Au début, on est impressionné par la qualité de ce film d’animation, avec des personnages d’aliments très bien dessinés et fort drôles, et un rythme trépidant. Malheureusement, les dialogues sont d’une vulgarité à toute épreuve, avec une accumulation de gros mots et de gags tous plus trashs les uns que les autres.
Entre les blagues à connotation sexuelle et la partouze finale, il n’y a rien de positif dans ce film.
Film d’animation américain (2016) de Conrad Vernon et Greg Tiernan, avec les voix de Seth Rogen/Tristan Harvey (Frank), Kristen Wiig/Barbara Beretta (Brenda), David Krumholtz/Cyril Hanouna (1h29). (Adultes) Sortie le 30 novembre 2016.
Manchester by the Sea
Gardien d’immeubles, Lee Chandler vit seul. Un jour, il apprend le décès de son frère Joe. Il revient à Manchester.
Cette histoire tragique d’un homme qui vit dans la hantise de son douloureux passé, qui n’est révélé que peu à peu, est hypnotique. De nombreux flash-back l’éclairent, sans jamais insister, et la mise en scène, très brillante, tout comme la lumineuse photographie, sont au service d’une histoire poignante, mais jamais larmoyante. Quelques touches d’humour, en effet, viennent alléger ce portrait d’un homme brisé, magistralement interprété par Casey Affleck, tout en retenue et en finesse.
Le sens de la faute est au cœur de cette histoire tragique qui se termine de manière positive. Mais les relations sexuelles entre mineurs, illustrées d’une brève scène sensuelle, ainsi que l’abus d’alcool et de drogue, sont au programme.
Drame américain (2016) de Kenneth Lonergan, avec Casey Affleck (Lee Chandler), Lucas Hedges (Patrick Chandler), Michelle Williams (Randler), Kyle Chandler (Joe Chandler), C. J. Wilson (George) (2h18). (Grands adolescents) Sortie le 14 décembre 2016.
Le chiffre de la semaine
1,3%
C’est le taux de l’augmentation du nombre d’entrées en apprentissage en 2015, selon les derniers chiffres de la DARES, le service de statistiques du ministère du Travail. Ce pourcentage équivaut à 283 500 nouveaux contrats d’apprentissage en France entière. Le secteur privé compte 272 300 nouveaux contrats, soit 96% de l’ensemble des entrées.
La hausse concerne principalement les TPE (Très petites entreprises de moins de 10 salariés dont les recrutements ont enregistré une hausse de 4%. Cette forte hausse concerne notamment les apprentis mineurs dont le recrutement a crû de 9%. Le recrutement a baissé de 3,2% dans les autres catégories d’entreprises. La reprise de l’apprentissage a profité à l’industrie (+1%), notamment agroalimentaire (+4%), et au tertiaire (+2%).
D’un jour à l’autre
France
Justice
La Cour de cassation a rejeté, le 8 décembre, le recours des parents de Vincent Lambert qui contestaient que la tutelle de cet accidenté de la route, en état « pauci-relationnel » depuis 2008, ait été confiée à son épouse qui souhaite un arrêt des soins.
L’ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac a été condamné à 3 ans de prison ferme pour fraude fiscale, le 8 décembre, par le tribunal correctionnel de Paris. Il fait appel. Sa femme Patricia a été condamnée à 2 ans pour les mêmes faits. Leurs banquiers sont condamnés à des amendes et à de la prison avec sursis.
Un couple qui avait soutiré 60 000 euros au Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme en prétendant avoir été au stade de Saint-Denis le 13 novembre 2015, a été condamné par le tribunal de Grasse à respectivement 6 et 3 ans de prison. 2 444 victimes ont été indemnisées à la suite des attentats de 2015, pour 46,5 millions d’euros.
Le buraliste de Lavaur (Tarn) qui avait fait appel après une condamnation à 7 ans de prison, en 2015, pour avoir, dans la nuit du 14 décembre 2009, tué un jeune cambrioleur, a été condamné à 10 ans le 9 décembre par la cour d’appel de Toulouse.
Les implants « de contraception définitive et irréversible Essure » proposés par Bayer ont été vendus à 1 million de femmes dans le monde, dont 240 000 en France. Certaines ont été victimes de troubles hémorragiques ou neurologiques et ont porté plainte (un millier aux États-Unis, deux plaignantes pour l’instant en France au tribunal de Bobigny).
Christine Lagarde, directrice générale du FMI, est jugée devant la Cour de justice de la République depuis le 12 décembre pour son rôle dans l’arbitrage entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais.
Pollution
Un pic de pollution atmosphérique a déclenché des épisodes de circulation automobile alternée (selon la plaque d’immatriculation paire ou impaire) en région parisienne et en région lyonnaise du 7 au 9 décembre. Les transports en commun étaient gratuits mais la ligne B du RER a dû faire face à de gigantesques pannes dans sa partie Nord.
Politique
Michèle Alliot-Marie a annoncé sa candidature à la présidentielle. Vincent Peillon a annoncé sa candidature à la primaire de gauche. Emmanuel Macron a réuni quelque 15 000 partisans Porte de Versailles à Paris le 10 décembre.
Terrorisme
Six personnes (dont 4 Français arrêtés à Strasbourg et un Marocain arrêté à Marseille) suspectées d’avoir voulu perpétrer un attentat en France le 1er décembre, sont entendues par la police. Une sœur de Boubaker El Hakim, terroriste franco-tunisien qui aurait été tué à Raqqa par un drone américain – a été arrêtée le 6 décembre à Paris.
Présidence
Le 9 décembre, à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle, au large de la Syrie, le président Hollande a rendu hommage aux forces françaises engagées contre Daech. Le 10 il rendait hommage, sur le parvis du Trocadéro, aux 45 000 handicapés morts faute de soins dans les hospices français entre 1940 et 1945. Le même jour il inaugurait « Lascaux » musée reproduisant les fameuses fresques préhistoriques à Montignac (Dordogne).
Aéroport de Nantes
L’expulsion des « zadistes » du site de N.-D.-des-Landes, n’est plus la priorité du gouvernement. Une étude d’impact doit être votée par les élus de l’agglomération nantaise le 19 décembre.
MONDE
Syrie
L’armée de Damas a repris la vieille ville d’Alep. Trois parlementaires français (Cécile Duflot, Hervé Mariton, Patrick Menucci) tentaient, le 12 décembre, d’entrer en Syrie pour alerter sur le sort des réfugiés d’Alep-Est. Des rebelles de l’armée syrienne libre, soutenus par l’armée turque, ont pris à Daech la ville de al-Bab dans la province d’Alep à la frontière turque. Du 8 au 11 décembre, les troupes syriennes ont été incapables d’empêcher les chars de Daech d’entrer dans Palmyre.
Ghana
Le président Dramani Mahama, qui se présentait pour un second mandat, a été battu le 7 dé–cembre par le chef de l’opposition, Nana Akufo-Addo.
Gambie
Le président Yahya Jammeh, qui avait reconnu sa défaite à l’élection présidentielle du 1er décembre, semble, depuis le 9 décembre, vouloir se maintenir au pouvoir.
Yémen
Une quarantaine de militaires ont été tués le 10 décembre lors d’un attentat suicide, revendiqué par Daech, dans une caserne à Aden.
Turquie
Un double attentat, le 10 décembre, dans le quartier de Besiktas à Istanbul a fait au moins 38 morts – dont 30 policiers et 160 blessés.
Somalie
Une vingtaine de personnes ont été tuées et au moins 50 blessées, le 11 décembre, par l’explosion d’un camion piégé près du port de Mogadiscio.
Égypte
Au moins 25 personnes ont été tuées, dimanche 11 décembre, et 31 blessées, dans un attentat à la bombe en pleine messe à l’intérieur de l’église St-Pierre-St-Paul contigüe à la cathédrale copte Saint-Marc du Caire. Le président al-Sissi a proclamé trois jours de deuil national.
Nigeria
Le 11 décembre, deux fillettes de 7 et 8 ans se sont fait exploser sur un marché de Maiduguri, dans le nord-est du pays, causant plusieurs morts. Le même jour, l’effondrement du toit d’un temple évangélique a causé la mort de plus de 100 personnes à Uyo (État d’Akwa Ibom).
Sport
Football
Un seul point sépare Nice de son challenger Monaco à l’issue de la 17ème journée du championnat de Ligue 1 où le leader a concédé le nul ‘2 à 2) face au PSG. De son côté, Monaco a battu les Girondins de Bordeaux par 0 à 4.
Plantes
par Pascal Lambot
Genévrier commun
(juniperus communis).
Cet arbrisseau vivace, haut de 4 ou 5 mètres, aux rameaux diffus, au feuillage toujours vert, fait partie de la famille des cupressacées, c’est un conifère. Juniperus en latin voudrait dire « buisson âpre » qui rappelle le goût de ses fruits.
Le genévrier ou encore genièvre, petro, potron, se distingue des autres végétaux de la même famille, par ses feuilles extrêmement étroites et très longues, rudes et piquantes, de couleurs bleuâtres, fixées trois par trois à la tige. Ses fleurs composées de petites écailles, donnent naissance à des baies globuleuses, de la grosseur d’un pois, qui restent deux années sur l’arbre avant d’atteindre leur maturité. Le genévrier est dioïque, ce qui signifie que seules les plantes femelles produisent des fruits.
On le propage par semis ou par marcottage. Il se contente de pousser dans des terrains arides mais préfère les sols calcaires et profonds.
De son cousin méditerranéen, le genévrier oxycèdre, on extrait de son bois l’huile de cade, substance très active, qu’on emploie en friction dans les affections cutanées, et, qui peut calmer les douleurs sur une dent cariée en attendant votre prochain rendez-vous chez votre dentiste.
Le genévrier fournit à l’industrie du bois de quoi confectionner une foule d’ustensiles, tel que des seaux, grâce à son bois dur et imputrescible.
Toutes les parties de ce conifère sont précieuses en médecine traditionnelle. La décoction des feuilles, de l’écorce ou des rameaux, forme une bonne lotion stimulante et détersive, pour les vieux ulcères et les plaies rebelles. Bue, la décoction peut agir comme sudorifique, contre les refroidissements, contre les affections rhumatismales et les engorgements articulaires.
Les baies récoltées en septembre-octobre, sont mises à fermenter pour donner un vin pouvant remplacer les infusions de baies séchées. Dans beaucoup de régions on en tire par distillation une eau-de-vie très aromatique, comme le Gin ou l’Aquavit.
Les baies sont aussi ajoutées à la choucroute, pour en faciliter la digestion.
Les jeunes pousses, de l’arbrisseau qui nous occupe, une fois séchées, servent à préparer une infusion d’un délicieux arôme, qui possède toutes les qualités du thé sans en avoir les inconvénients.
L’huile extraite des baies de genévrier est utile, en friction, sur les courbatures, les lumbagos, sciatiques, les rhumatismes, les névralgies et autres engorgements douloureux.
Et si vous hésitez à vous soigner avec des extraits de genévrier, car il faut en user avec précautions, vous pouvez toujours accrocher à votre porte une branche de genièvre, ou en glisser un rameau dans votre poche, pour conjurer le mauvais sort, comme on le faisait en Cerdagne (Pyrénées-Orientales pour le côté français).

