L’événement-1
par Serge Plenier
Nouveau scrutin, nouvelle démocratie locale ?
En allant voter dimanche prochain, vous risquez d’avoir une surprise si vous habitez dans une commune de plus de 1000 habitants. Les bulletins de vote que vous recevrez seront en effet des bulletins doubles. D’un côté, vous aurez la liste des candidats au conseil municipal et de l’autre, celle des candidats au conseil de l’intercommunalité à laquelle appartient votre commune. C’est la première application de la loi du 17 mai 2013 sur la réforme des scrutins locaux.
Jusqu’à aujourd’hui, en effet, les élus siégeant dans les organes de décision des communautés de communes ou d’agglomération étaient désignés au sein de l’équipe municipale majoritaire (à de rares exceptions près). Désormais, les représentants des communes seront répartis selon les résultats du scrutin avec une prime de 50% à la liste arrivée en tête.
Tel qu’il se présente, le nouveau mode de scrutin prétend renforcer la légitimité démocratique des intercommunalités. Dans l’immédiat, s’il risque de rendre plus délicats certains équilibres politiques dans quelques unes d’entre elles, il risque de ne pas changer grand chose. Les grandes communes continueront à peser de tout leur poids et les décisions prises resteront souvent marquées par un certain apolitisme.
C’est ce qu’a bien vu René Dosière, député de l’Aisne, qui traite de « bricolage » le nouveau mode de scrutin. Très critique envers les intercommunalités actuelles, qu’il accuse d’aggraver la dépense publique, le pourfendeur des gaspillages et de la corruption affirme dans une interview au « Courrier des Maires » : » Tant qu’il n’y aura pas de débat sur le projet intercommunal, tant qu’il n’y aura pas une véritable élection au suffrage universel direct, rien ne changera ».
A long terme, cependant, l’introduction du suffrage universel ne peut que donner un poids supplémentaire aux intercommunalités qui deviendront ainsi, peu à peu, de véritables collectivités locales, au détriment des petites communes dont les compétences se réduiront toujours plus.
Avec son allure de cote mal taillée, le mode de scrutin qui sera inauguré dimanche pourrait bien marquer le début d’une révolution silencieuse. Mais cette révolution est-elle réellement souhaitée par un peuple toujours attaché à l’identité communale ?
L’événement-2
par Jean-Gabriel Delacour
Crimée : droit, Histoire et morale
Ce qui se déroule en Crimée amène une foule d’interrogations touchant les Criméens, les Ukrainiens, les Russes, leurs voisins proches, l’Union européenne et la communauté internationale. On se demande notamment si un nouveau foyer de tension vient de naître et si des conflits armés peuvent s’y dérouler, soit très violents comme plus à l’ouest il y a une vingtaine d’années, dans la Yougoslavie en pleine dislocation, soit davantage larvés comme plus à l’est, du côté de l’Azerbaïdjan, de l’Arménie ou de la Géorgie, sans parler des petites Républiques plus ou moins autonomes qu’on trouve dans le Caucase : dans ces régions, il n’y a pas que le sol à être instable.
Ceux dont la mémoire n’apparaît pas trop courte ont noté, au début du mois, la déclaration de l’ancienne secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, au sujet des manœuvres de Vladimir Poutine : « Si vous avez l’impression d’avoir déjà vu cela, c’est parce que c’est ce qu’a fait Hitler dans les années 1930 ». Elle rappelait ainsi que, de Sarre en Autriche, des Sudètes de Tchécoslovaquie aux habitants de Dantzig du côté de la Pologne, le dirigeant nazi avait avancé petit à petit ses pions en disant vouloir aider les populations germaniques se sentant persécutées en divers pays d’Europe.
Certes, lorsque plus de 96 % des électeurs votent en faveur de l’union avec la Russie, il s’avère difficile de refuser une expression aussi majoritaire. Le référendum reste controversé mais pas contesté dans son organisation et son expression : il ne s’agit ni d’une mascarade ni d’un tripatouillage. Plus délicate apparaît la question de sa légalité, surtout du point de vue international : si Washington l’a déclaré « contraire à la Constitution ukrainienne » et Paris « d’autant plus illégitime qu’il s’est déroulé sous la menace des forces d’occupation russes », il est malaisé de porter une appréciation juridique à propos du statut futur d’un territoire tout comme d’une déclaration unilatérale d’indépendance ; rappelons à ce sujet que, en 2008, la majeure partie des pays de l’Union européenne, mais pas la Russie, ont reconnu celle du Kosovo
S’ajoute à cette question le sentiment de l’opinion publique occidentale à l’égard de Vladimir Poutine. Même si la tendance dominante exprime une nette hostilité, un certain nombre de personnes sont sensibles à sa défense des traditions telle qu’elle s’est exprimée, par exemple, dans son discours du 19 septembre à Valdaï. Il y a en effet déclaré : « Beaucoup de pays euro-atlantiques sont en train de rejeter leurs racines, dont les valeurs chrétiennes qui constituent la base de la civilisation occidentale. Ils sont en train de renier les principes moraux et leur identité traditionnelle : nationale, culturelle, religieuse et même sexuelle ».
Reste à savoir si cette posture peut justifier le grignotage par Moscou de ses voisins issus de l’ancien empire soviétique : la Russie ne dispose pas du monopole des références morales.
Politiques
par Alice Tulle
Ambiance
Huit jours avant l’échéance, on ne parlait toujours pas des élections municipales. Il y avait d’autres chats, nombreux, à fouetter. Il est vrai que les scandales se succèdent à un rythme inhabituel. Il y a l’affaire des enregistrements dérobés à Patrick Buisson, qui pourrait avoir de nombreux rebondissements. Il y a les surfacturations supposées aux dépens de l’UMP dont Jean-François Copé pourrait être complice. Il y a les soupçons de trafic d’influence qui concernent Nicolas Sarkozy et qui lui ont valu d’être maintenu sur écoute — et les soupçons qui se portent conjointement sur les comportements de Christiane Taubira ou de Manuel Valls dans le suivi intéressé de ces affaires.
Les stratèges politiques ont souligné le retournement presque comique de situation : alors que la droite était dans la ligne de mire de la justice, au grand plaisir de la gauche qui donnait dans les médias des leçons de maintien, c’est le gouvernement qui est pris dans la tempête médiatique, notamment parce que Christiane Taubira a imprudemment déclaré ne rien savoir des écoutes avant que le contraire ne soit démontré… par la lettre même qu’elle brandissait devant la presse pour prouver son innocence. Du coup, le Premier ministre et le président de la République ont pris leurs distances à l’égard du Garde des sceaux avec un embarras qui s’étend à toute la majorité.
La gauche avait oublié que Christiane Taubira milita pour l’indépendance de la Guyane, vota l’investiture du gouvernement Balladur en 1993, contribua à l’échec de Michel Rocard en soutenant Bernard Tapie en 1994, puis à l’extraordinaire échec de Lionel Jospin en se présentant à l’élection présidentielle de 2002. Depuis quelques mois, le Garde des sceaux était présentée comme une héroïne, une « icône » de la gauche qui rassemblait en elle les valeurs du courage et de la rectitude. Et la voilà partout accusée de mensonge et surtout d’ingérence…
Comme un malheur ne vient jamais seul, le gouvernement s’est trouvé confronté à un pic de pollution sur une partie de la France : le silence des ministres « verts » dans les premiers jours et la lenteur des réactions gouvernementales n’ont pas accru la popularité des socialistes et des écologistes — d’autant plus que les mesures de limitation de la circulation font apparaître les automobilistes comme des boucs émissaires.
De surcroît, le flamboyant ministre du Redressement industriel a subi un échec manifeste dans le domaine de la téléphonie le vendredi 14 mars : alors qu’il souhaitait le rachat de SFR par Bouygues, Arnaud Montebourg a constaté avec dépit que Vivendi, qui possède SFR, avait choisi de négocier avec Numericable qui est la propriété d’une société luxembourgeoise.
Ces discrédits et ces revers compliquent la tâche de François Hollande, qui prévoit, dit-on, un remaniement ministériel après les élections municipales. Faut-il garder Jean-Marc Ayrault, alors que celui-ci ne parvient toujours pas à discipliner les membres du gouvernement ? Faut-il garder Christiane Taubira, au risque de la voir contestée plus largement que jamais ? Mais ne ferait-elle pas plus de dégâts encore à l’extérieur ? Que faire de Manuel Valls, qui est de plus en plus détesté dans la gauche du Parti socialiste et à la gauche de la gauche ?
François Hollande aura du mal à trouver un rassembleur et les quelques figures pas trop contestées qui lui permettraient de composer un gouvernement équilibré.
Monde
par Yves Lamarck
Ukraine : l’homme malade de l’Europe
Les Européens peuvent-ils sauver l’Ukraine. Le veulent-ils ? La réponse aux deux questions est négative.
Les élections européennes du 25 mai pourraient être une manière d’interroger les électeurs des 28 pays membres. Il n’y sera guère question de l’Ukraine (pas plus que de Sarajevo en 1994, n’en déplaise à Bernard-Henri Lévy qui y conduisit une liste). Le gouvernement ukrainien de transition a prévu aussi de tenir des élections le même jour. Ce scrutin n’aura sans doute pas lieu. Vote ou pas vote, les réalités s’imposeront d’elles-mêmes.
Les grands médias anticipent déjà le programme de Vladimir Poutine : après la Crimée, les districts du Donbass ou Kharkov, Odessa, la Moldavie, la Lettonie, Narva en Estonie, le Kazakhstan… En revanche, personne ne s’interroge sur le projet d’Arseni Iarseniuk et de son gouvernement. La Crimée est un leurre qui fait opportunément oublier le fond du problème qui est l’Ukraine, Kiev et Maïdan. Les Russes de Crimée ont réagi à la chute du président Ianoukovitch. Mais que veulent ceux qui l’ont renversé et le remplacent ? Quelle aide attendent-ils de l’Union européenne et des États-Unis ? Quelques millions d’euros ? Bruxelles et Washington ne peuvent s’engager que pour garantir des emprunts dont certains sénateurs américains ont bien vu qu’ils viendraient rembourser des dettes auprès de Moscou. Une adhésion à l’UE ou à l’OTAN ?
Encore moins aujourd’hui qu’hier. Alors que promet-on à Iarseniuk ?
Faute d’avoir pu lui conserver la Crimée, la garantie de l’intégrité de l’Ukraine dans ses frontières staliniennes de 1953 ? On ne voit pas comment l’Occident pourrait aller jusqu’à une intervention militaire sauf à revivre le cauchemar d’une guerre civile au cœur de l’Europe. Mourir pour Kiev ? Les interlocuteurs du Premier ministre intérimaire peuvent lui promettre l’asile en cas d’échec ou a minima l’intégration européenne de la partie de l’Ukraine demeurée « libre », État-croupion autour de Lviv, sous protection polonaise, voire polono-roumaine (dans cette hypothèse la Moldavie pourrait en effet rejoindre la Roumanie dans une sorte de fédération tandis que la Biélorussie, après la chute de son dictateur, fusionnerait au sein d’une grande Pologne).
Ce n’est pas que la partition soit inscrite dans les gènes de l’Ukraine, mais seulement qu’elle entre dans le projet de quelques nationalistes « malades de l’Europe ». Les élites intellectuelles les mieux formées de l’Empire austro-hongrois puis ensuite de la Pologne ressuscitée en 1919 venaient de Galicie. Ce sont elles qui aujourd’hui dominent également le milieu intellectuel à Kiev. Mais cela s’arrête là. Elles savent que la masse de l’Ukraine ne les suit pas, qu’elles n’arriveront pas à l’entraîner, que ce poids les retiendra toujours. Elles concluent qu’il vaut mieux une « petite Ukraine » qu’une « petite Russie » (le nom de l’Ukraine de Kiev dont la Galicie orientale n’a jamais fait partie avant la Seconde Guerre mondiale).
Les idées éclairées de fédéralisation et de neutralité se heurtent à ce radicalisme « uniate » (au sens où Rome comme pour la Roumanie symbolise l’Occident) qui s’est affirmé dans la constitution du nouveau gouvernement et le choix du Premier ministre. Si Angela Merkel a changé son approche, c’est qu’elle estime ce projet de petite nation (comme hier la Croatie) désormais plus réaliste et préférable à l’entente avec Moscou. Une « petite Ukraine » (5 à 7 millions d’habitants, majoritairement catholiques ou protestants) serait plus digérable dans l’Union qu’une nation faillie de 52 millions d’habitants.
Il n’y a pas de troisième voie : ou l’on entérine l’hostilité entre l’Europe et la Russie, et il faut s’appuyer sur une grande Pologne et une grande Roumanie ; ou l’on s’y refuse et alors il faut maintenir l’unité de l’Ukraine non pas comme État-tampon neutre (sa taille l’en empêche) mais comme pont et trait d’union entre deux Europe.
Vol pour Pékin
La Chine s’est saisie de la disparition du Boeing 777 des lignes malaises pour tenter de renforcer son hégémonie régionale.
Les recherches de cet avion de ligne disparu des écrans dans la nuit du 7 au 8 mars sont une affaire d’État. Le Premier ministre chinois a pris l’affaire en mains. Le gouvernement malaisien est rendu responsable. Crise diplomatique. Le fait n’est pas courant pour une catastrophe aérienne.
Certes, celle-ci est plutôt extraordinaire. Le vol MH 370 a quitté Kuala-Lumpur, capitale de la Malaisie, pour Pékin le 8 mars à 0 h 41 locales avec 239 personnes à bord. Il devait arriver à destination à 6 h 30 locales (en heure GMT nous sommes toujours dans la soirée du 7 mars). Au bout d’une heure de vol au-dessus de la mer de Chine méridionale, il quitte l’espace aérien malais pour entrer dans l’espace aérien vietnamien. à ce moment précis, il disparaît des écrans radar. Toute communication avec l’appareil est perdue.
Une quarantaine de navires, autant d’avions, des dizaines de satellites, douze nations participent aux recherches, en vain. La mobilisation est exemplaire alors que l’on se trouve déjà dans une des zones maritimes les plus fréquentées au monde, entre le détroit de Malacca à l’ouest, le golfe de Thaïlande, connu pour le trafic de drogue, et des archipels chèrement convoités à l’est comme les Spartlys. Il est impossible qu’un avion de ligne puisse passer inaperçu dans cette région, à moins d’une faille grave dans les systèmes de surveillance.
Pourquoi Pékin décide-t-il donc d’intervenir ? Devant l’absence de résultats, la « confusion » des Malais ? Les relations entre les deux pays ne sont traditionnellement pas bonnes mais le nouveau président chinois y avait néanmoins effectué une visite officielle début septembre.
Autre explication : l’affaire est survenue en pleine session de l’Assemblée du Peuple à Pékin. Le gouvernement devait montrer qu’il n’épargnait aucun effort pour s’occuper du sort des 153 passagers chinois et de leurs familles.
Autre hypothèse : la Chine est la superpuissance régionale qui revendique la souveraineté sur les espaces aérien et maritime les plus larges possibles autour de ses côtes. Elle considère donc qu’elle doit exercer le premier rôle dans leur sécurisation.
Mais n’est-ce pas plutôt la marque de sa faiblesse ? Un Boeing 777 aurait-il pu se transformer en « avion furtif » et pénétrer sans être repéré dans les espaces aériens vietnamien puis chinois ? La défense chinoise ne peut pas ne pas prendre les choses très au sérieux. Existe-t-il une technologie capable de rendre des avions de ligne « invisibles » ? L’espace aérien chinois ne serait donc pas invulnérable ? Si la chose était prouvée, cela causerait un profond traumatisme national. L’un des sujets les plus brûlants de l’Assemblée du Peuple n’était-il pas le vote d’un budget de la Défense en augmentation de 12 % ? D’éventuelles révélations sur le vol MH 370 pourraient venir soit confirmer cet effort soit au contraire l’annihiler. La « guerre des étoiles » perdue avant d’avoir commencé ? L’opinion publique chinoise est d’ailleurs majoritairement convaincue d’un phénomène extra-terrestre…
Les stratèges sont déjà tellement impliqués dans les guerres du futur, les attaques cybernétiques et bien d’autres jeux virtuels, que la disparition d’un avion de ligne semble aujourd’hui parfaitement plausible, quel que soit le mode opératoire. La science-fiction devient réalité. Sauf que la réalité dépasse toujours la fiction.
S’agit-il d’un test grandeur nature ou d’un simple détournement un peu plus sophistiqué par des « terroristes » d’une nouvelle génération ? Attendons la clé de l’énigme, mais en attendant l’incident laissera des traces à travers toute l’Asie et le reste du monde. Peut-être datera-t-on de ce 7 mars (le 8 en Asie) le début d’une nouvelle guerre. Laquelle ? L’avenir nous le dira mais la Chine sera en première ligne.
Environnement
par Fabrice de Chanceuil
Des particules fines aux grosses conséquences
Les beaux jours qui anticipent le printemps sur notre territoire et qui ont fait la joie des vacanciers de la dernière zone de congés, ne font pas que des heureux. Depuis le 12 mars, le seuil d’alerte maximal aux particules fines a été dépassé dans plusieurs villes de France, conduisant le gouvernement et les municipalités à prendre des mesures exceptionnelles. La plus significative et la plus commentée est la limitation de la circulation des véhicules automobiles à Paris et dans les départements limitrophes de la capitale.
Le lundi 17 mars en effet, renouvelant une initiative similaire prise en 1997, seuls les véhicules portant une plaque d’immatriculation avec un numéro impair, pouvaient circuler sur la voie publique, le même avantage étant réservé le lendemain aux véhicules dotés d’un numéro pair et ainsi de suite jusqu’à la fin de l’épisode climatique. Parallèlement, la gratuité des transports en commun est accordée au cours de la même période, mesure également adoptée dans d’autres grandes villes touchées par l’irruption des particules fines.
Celles-ci sont des microparticules de moins de 0,25 micromètre de diamètre, présentes plus ou moins longtemps dans l’atmosphère, également appelées PM pour « particule matter » en anglais. Elles proviennent du trafic routier, plus particulièrement des moteurs diesels des voitures, camions et bus, mais également de l’industrie, de l’agriculture et de la combustion (cheminées, chauffage individuel,…). Les pics de particules fines s’observent dans l’atmosphère lors de conditions anticycloniques avec un beau temps et peu de vent qui se prolongent plusieurs jours, ce qui est le cas actuellement.
Les mesures restrictives adoptées sont dues à la pollution, engendrée par cette situation, qui porte elle-même atteinte à la santé publique. En effet, les particules fines pénètrent profondément dans l’arbre respiratoire, jusque dans les petites bronches et les alvéoles où s’effectuent les échanges gazeux. Toutes les personnes ne réagissent pas de la même manière: les plus touchées sont les personnes âgées, les femmes enceintes, les bébés, les personnes présentant des problèmes respiratoires ( asthme, bronchite chronique ), des maladies cardio- vasculaires ou du diabète.
Les réactions peuvent être rapides, les manifestations respiratoires survenant quelques jours à quelques semaines après leur exposition, avec l’apparition d’une inflammation au niveau des bronches, aggravant ou déclenchant un asthme. De fait, une augmentation du nombre de consultations et d’hospitalisations est observée lors des pics de particules fines. A plus long terme, l’exposition régulière aux particules fines est responsable d’une diminution de l’espérance de vie avec une mortalité plus précoce et d’une augmentation des cancers bronchiques.
Phénomène plus bénin mais néanmoins perturbant, les particules fines jouent un rôle de co- facteurs dans la réaction inflammatoire provoquée par l’allergie, en amplifiant la réaction ou en la déclenchant, les particules fines permettant aux pollens de pénétrer plus profondément dans les petites bronches.
Dans ces conditions, les pouvoirs publics, indépendamment des mesures drastiques signalées plus haut, donnent un certain nombre de recommandations: ne pas fumer afin d’éviter de cumuler les polluants et d’aggraver les réactions, ne pas utiliser de substances polluantes comme des solvants, de faire des travaux fatigants, situations qui aggravent les manifestations cardio-respiratoires, ne pas faire de sport à l’extérieur avant la tombée de la nuit et limiter les efforts, éviter de promener les bébés dans les poussettes qui risquent de se retrouver au niveau des pots d’échappements, aérer son logement plutôt le matin tôt et le soir tard quand l’air est plus respirable, limiter sa vitesse lors des déplacements en voiture (le boulevard périphérique parisien est ainsi limité à 60 km/h) et diminuer l’intensité du chauffage.
A dire vrai, des mesures de bon sens qui, pour la plupart, mériteraient d’être prises quel que soit le temps.
Le monde comme il va
par Denis Lensel
Ecoutes téléphoniques : des ministres branchés mais amnésiques…
Mme Taubira, ministre de la Justice, et M. Valls, ministre de l’Intérieur, avaient été mis au courant, chacun en son temps, des écoutes téléphoniques pratiquées à l’égard de Nicolas Sarkozy et de son avocat. Mais les malheureux viennent tous deux d’être victimes d’un trou de mémoire, juste au moment où l’opposition les a interpellés sur cette ténébreuse affaire… Christiane Taubira a nié publiquement lundi soir à la télévision avoir été informée de cette opération. Et Manuel Valls a affirmé à la radio n’avoir rien su de ces écoutes avant leur révélation dans le journal Le Monde le 7 mars dernier. Une ministre de la Justice qui ignore une procédure judiciaire de cette importance, et un ministre de m’Intérieur qui en apprend l’existence en lisant la Presse, voilà qui paraît quelque peu surréaliste, et, pour tout dire, bien peu crédible, sauf le respect des intéressés…
En conséquence, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, vient de rattraper l’affaire au vol, si on peut dire, en expliquant que Mme Taubira et lui-même avaient bien été mis au courant de cette instruction judiciaire – téléphonique – pour « trafic d’influence et violation du secret de l’instruction ». Mais il a ajouté qu’ils ne savaient rien du contenu des révélations ainsi obtenues. Pourtant, un vilain petit canard, « Le Canard enchaîné », vient de signaler aujourd’hui que le Parquet général avait pourtant transmis une synthèse de ces écoutes à Mme la ministre de la Justice. Information confirmée par le procureur général de Paris François Falletti…, qui parle aussi d’un « rapport d’information ».
La conclusion de cet imbroglio tournant à nouveau à la cacophonie gouvernementale est que les ministres de la Justice et de l’Intérieur du régime actuel ont tous deux été frappés d’une crise d’amnésie quasi simultanée… Sans doute le surmenage… C’est probablement très fatigant d’écouter sans arrêt parler l’ancien président Nicolas Sarkozy et son avocat pendant un an !
CLEFS
par Jean Etèvenaux
Joséphine retrouvée
« Vous connaissez mon goût pour tous les objets d’agrément ». Si une citation de Joséphine de Beauharnais — extraite d’une lettre à Daru, intendant général de la Grande Armée, datée de Mayence le 18 novembre 1806 — peut merveilleusement introduire la magnifique exposition qui lui est consacrée au musée du Luxembourg, c’est bien celle-ci, figurant sur les murs parmi plusieurs. Car, sans être exclusive des autres aspects de sa personnalité, son goût pour les arts transparaît à travers la cinquantaine de pièces proposées à l’œil du visiteur.
Cette rétrospective a été conçue à l’occasion du bicentenaire de la mort de l’impératrice, décédée le 29 mai 1814 dans son château de Malmaison. C’est d’ailleurs l’équipe dirigée par le conservateur général Amaury Lefébure au musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau qui l’a réalisée, avec une sens de la représentation digne de celle qui y est célébrée.
Bien sûr, il y a le destin hors du commun de cette Martiniquaise qui, dans une société en pleine mutation, devint la première impératrice des Français ; le départ de l’exposition commence d’ailleurs auprès d’un premier mari qui la fait entrer dans la période révolutionnaire, avec la malle de voyage d’Alexandre de Beauharnais. Mais l’essentiel sera cette capacité à incarner l’Empire — et même, avant, le Consulat — dans toute sa splendeur et avec une grande élégance, servie par un raffinement sûr et des capacités multiples.
La femme la mieux et la plus richement vêtue de son temps, soucieuse de plaire à Napoléon — même si leurs relations ont vite évolué de la passion à l’affection —, avait su devenir l’ambassadrice de l’élégance et de la distinction françaises, tout en assurant en permanence un rôle de relations publiques incomparable. Promouvant les industries textiles nationales, notamment lyonnaises, elle va être copiée dans toutes l’Europe. Elle conservera toute son aura après le divorce de 1809 qui, après une période de voyages incessants, lui permettra, retirée à Malmaison, de se consacrer surtout aux arts et aux jardins ; ses funérailles dans l’église de Rueil exprimeront le lien établi avec la population, locale et plus lointaine, précédées des visites du tsar Alexandre.
L’exposition permet de se rendre compte de sa passion pour les sciences naturelles et la botanique, avec le véritable jardin botanique et zoologique qu’était devenu Malmaison — par exemple avec les premiers cygnes noirs d’Australie ainsi que par des émeus et des kangourous. Sans oublier la peinture, la sculpture, la musique et tout ce qu’elle pratiqua ou inspira.
www.museeduluxembourg.fr/fr/expositions/p_exposition-22/. Jusqu’au 29 juin, tous les jours de 10 h à 19 h 30, avec nocturne le lundi jusqu’à 22 h. Fermeture uniquement le 1er mai. Gratuité le premier dimanche de chaque mois. On gardera le souvenir de la visite par l’excellent catalogue Joséphine (Paris, Réunion des Musées nationaux, 2014, 192 pages).
Mémoire
par Philippe Montillet
Une semaine Saint-Louis, entre Poissy et Paris
Saint-Louis, Louis IX, bénéficie du 14 au 23 mars (9 jours) d’un traitement tout à fait particulier entre Poissy (Yvelines) et Paris c’est-à-dire entre la ville où il a été baptisé en avril 1214 et celle où il a voulu que soit déposée la Sainte-Couronne d’Epines du Christ. Il avait fait de son Palais parisien l’écrin de la plus précieuse des reliques qu’il avait pu acquérir lors de la VIIème croisade montrant aussi par ce geste que l’expédition en Terre sainte était, pour lui, plus qu’une nécessaire œuvre militaire, un véritable pèlerinage religieux.
Poissy a commencé cette neuvaine de célébrations avec la tenue d’un très important colloque vendredi 14 et samedi 15 mars « La France religieuse du jeune (saint) Louis IX ». Les deux journées du colloque furent très denses. La personnalité du saint roi est telle que tous les sujets ne furent pas abordés, mais ceux qui le furent n’étaient, justement, parmi les moins courants de ceux traités de nos jours puisqu’ils étaient rattachés à la religion. Les principaux thèmes abordés furent ceux du lien entre la papauté et le royaume dans cette époque où le roi affirme sa souveraineté face à l’Empire comme face à la Papauté, dans une société certes totalement imprégnée de christianisme mais également soumise à des évolutions dogmatiques. Les tensions entre ces deux mondes dont l’église de France (le choix des Evêques, la naissance de l’Université) est le reflet, ne pouvaient être résolues qu’à travers la personnalité extraordinaire de Louis. Il est, en effet, à la fois totalement roi, digne petit-fils de Philippe-Auguste, très conscient de ses devoirs et totalement imprégné d’une foi véritablement incarnée, plus que vécue.
Mais ce colloque ouvert par Monseigneur Michel Aumonier et dont le co-organisateur était l’Abbé Eric Courtois, Curé de la Collégiale de Poissy prend une nouvelle dimension lorsqu’il est mis en résonnance avec le reste des cérémonies organisées par le Diocèse de Versailles. Leur temps fort sera la vénération de la Sainte-Couronne d’Epines qui viendra exceptionnellement à Poissy dimanche 23 mars. Rapportée par Saint-Louis en 1239 qui a fait édifier pour elle, la Saint-Chapelle de Paris (1248), elle est depuis 1806 conservée dans la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Compte tenu de l’importance de cette relique, hormis une vénération en 1997, pour les Journées mondiales de la Jeunesse de Paris, elle ne sort jamais de Notre-Dame, sa dernière (et seule) apparition extérieure ayant eu lieu en 1939 à l’occasion du 700ème anniversaire de son arrivée en France. Il s’agit donc d’un évènement exceptionnel.
Les deux diocèses se sont unis pour le solenniser au maximum et lui donner toute son ampleur. Ainsi vendredi 21 mars la Sainte-Couronne sera vénérée dans la cathédrale de Paris avant qu’à 16 h 30, une procession ait lieu de Saint-Gervais à Notre-Dame via l’église Saint-Louis-en-l’Ile, suivie de Vêpres solennelles en la Cathédrale. A 18 h 30 une nouvelle procession mènera l’insigne relique de Notre-Dame à la Sainte-Chapelle où à 19 h 30 le Cardinal-Archevêque célébrera une messe retransmise par KTO. Le samedi le Cardinal laisse la place à l’érudition avec une conférence de Chiara Mercuri, historienne, auteur de Saint Louis et la couronne d’épines, histoire d’une relique à la Saint-Chapelle, Le dimanche 23 les solennités auront lieu à Poissy. La Sainte-Couronne y arrivera par voie fluviale depuis Paris et sera menée en procession jusqu’à la Collégiale où à 11 h, une messe sera célébrée, présidée par Monseigneur Aumonier, Evêque de Versailles. Par la suite entrecoupée des Vêpres à 17 h 30 suivie d’une messe à 18 h 30, la Sainte-Couronne pourra être vénérée dans la Collégiale jusqu’à 22 heures.
Ces cérémonies peuvent être citées en exemple de ce qu’il est possible de faire pour honorer la souvenir d’un roi et d’un saint, pour parler de religion et de pouvoir. Ne s’agit-il pas là des deux dialogues que notre société a le plus besoin de restaurer !
Humeur
par Erwan Violin
La cueillette de tous les dangers
L’Union européenne est une mère, une mère un tantinet abusive. C’est ainsi qu’une direction de Bruxelles interdit aux mineurs de grimper sur un escabeau pour cueillir des fruits dans les arbres. L’intention est bonne, du moins en théorie : empêcher quelques accidents. Dans la pratique, cette directive, traduite par un texte bien français, revient à priver quelques milliers de jeunes d’un travail saisonnier pendant les vacances, et à priver les exploitants d’une main d’œuvre bien utile. Les uns y perdront leur argent de poche de l’été et les autres un temps précieux.
L’Europe est décidément un pays merveilleux !
LIVRES
par Catherine Pauchet
Roman
Portrait d’une femme sous influence
Triste jour pour Yvonne Carmichael. Elle fait face au juge tandis que son avocate retrace le chemin inexorable qui l’a conduit devant le tribunal. A cinquante-deux ans, cette généticienne reconnue au caractère bien trempé, mère et épouse parfaite, doit expliquer comment et pourquoi elle a basculé dans le crime. Elle menait une vie respectable mais sans joie quand, au hasard d’une déambulation dans les couloirs de Westminster, elle a croisé cet homme. Ce fut le coup de foudre et le début d’un adultère. Alors coupable ou victime ? Les jurés vont avoir à se prononcer. Louise Doughty (Je trouverai ce que tu aimes) nous décrit l’histoire d’une passion folle qui mène à la dérive.
« Portrait d’une femme sous influence », Louise Doughty, Belfond, 396 p., 21 €.
Thriller
Chiens enragés
Lannemezan, mars 2011. Après dix ans passés derrière les barreaux pour trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, Sébastien Verdier peut rentrer chez lui, retrouver femme et enfants. Pour ses proches, il est un Français converti à l’islam, devenu trafiquant de drogue afin de financer le djihad, il porte le nom d’Abdelaziz. Pour la DGSE, il est un officier infiltré dans une cellule islamiste que sa hiérarchie a lâché après une opération ratée. Pour les talibans, il est l’ami qui va les aider à déclencher une opération terroriste en Occident lors du dixième anniversaire du 11 septembre. Après deux polars à couper le souffle (Le jour où tu dois mourir et Les soldats de papier), Marc Charuel nous entraîne dans les arcanes du terrorisme.
« Chiens enragés », Marc Charuel, Albin Michel, 558 p., 22 €.
Dictionnaire
Dictionnaire du dadaïsme
Mouvement culturel d’avant-garde apparu au début du vingtième siècle, le dadaïsme compte dans ses rangs des personnalités marquantes du monde des arts : Marcel Duchamp, Francis Picabia, Tristan Tzara, Max Ernst, Erik Satie… Ce dictionnaire qui contient de multiples documents et témoignages rassemblés par Georges Hugnet retrace l’aventure dadaïste. On y trouve les acteurs, les lieux (Paris, Berlin, New York), les revues, l’influence sur le cubisme ou le surréalisme.
« Dictionnaire du dadaïsme », Georges Hugnet, Bartillat, 576 p, 25 €.
Revue
Le cynisme
Comment une philosophie antique est-elle devenue le fléau de notre société ? C’est la question que Le Magazine littéraire, dans sa nouvelle formule et son nouveau format, pose ce mois-ci. L’homme cynique peut être un arriviste sans foi ni loi tout autant que celui qui dit vrai en faisant fi des convenances sociales. Parmi les autres sujets abordés : l’Argentine, invitée du Salon du livre de Paris, un entretien avec Jonathan Coe, un inédit Littérature et érotisme de Julio Cortazar, le carnet de voyage à Shanghai de Philippe Rahmy…
« Le cynisme », Le Magazine littéraire, mars 2014, 6,20 €. En kiosque.
CINEMA
par Marie-Christine Renaud d’André
Son épouse
Pour dire à Joseph, son compagnon qui veut l’épouser et avoir un enfant d’elle, qu’elle est une ancienne droguée, Catherine l’invite à une réunion d’anciens drogués. Mais, après leur mariage, Catherine accouche d’un enfant mort-né, et… disparaît dans la nature.
Peu de temps après, Joseph apprend que Catherine est morte noyée… en Inde. Gracie, une jeune Tamoule, est hantée par le souvenir de son amie Catherine, au point de se prétendre possédée par elle. Troublé, Joseph part en Inde pour la rencontrer et tenter de lui venir en aide.
Quel film étrange ! Mais fascinant, car il plonge au cœur du drame d’un couple en crise, en même temps qu’il nous entraîne dans l’Inde profonde, non pas celle visitée par les touristes, mais celle dans laquelle vivent les Indiens.
Après un début très émouvant, consacré au couple, Michel Spinosa part, sur les pas de son héros déboussolé, au pays des « peys », ces esprits malfaisants qui prennent possession des vivants. Là, dans un milieu de catholiques fervents, le héros athée va découvrir ces coutumes qui veulent que les « possédés » soient confiés aux Églises, plutôt qu’aux psychiatres.
Sans jamais juger, le cinéaste montre un homme, au début sceptique, qui, peu à peu, parvient à s’ouvrir aux autres et à affronter son passé. Inégale, mais profonde et fascinante, cette histoire émouvante est d’une belle humanité.
Comédie dramatique française (2013) de Michel Spinosa, avec Yvan Attal (Joseph de Rosa), Janagi (Gracie), Charlotte Gainsbourg (Catherine), Mahesh (Anthony), Laguparan (Thomas), Nirupama Nityanandan (Nandini) (1h47). (Grands adolescents) Sortie le 12 mars 2014.
3 Days to Kill
Atteint d’une tumeur au cerveau, Ethan, un tueur de la CIA, décide de raccrocher ses flingues et de s’occuper de sa fille. Mais on lui propose une dernière mission.
Luc Besson au scénario et à la production, et McG à la réalisation, il n’y a guère de surprises à attendre de ce thriller, qui privilégie les scènes d’action à la psychologie des personnages. Pourtant, malgré des lourdeurs et des invraisemblances, on n’a pas le temps de s’ennuyer, car tout le film est émaillé d’un humour sympathique.
C’est toujours intéressant de voir un homme apprendre le dur métier de papa… tout en tuant les méchants. Inutile de préciser que les violences sont nombreuses.
Thriller franco-américain (2014) de McG, avec Kevin Costner (Ethan Renner), Amber Heard (Vivi), Heilee Steinfeld (Zooey), Connie Nielsen (Christine), Tomas Lemarquis (The Albinos) (1h54). (Grands adolescents) Sortie le 19 mars 2014.
Un amour d’hiver
Le film aurait pu être un beau mélo, mettant en scène un voyou, qui, grâce à l’amour, parvient à intégrer un milieu qui n’est pas le sien. La scène entre le héros et le père de sa dulcinée, qui commence à apprécier ce voyou plein de charme, laissait présager une œuvre subtile et intéressante. Malheureusement, le réalisateur a mêlé à son histoire d’amour des éléments fantastiques (un cheval blanc qui vole, un agent de Lucifer, un héros qui traverse les années sans vieillir, etc.), le plus souvent incompréhensibles, qui viennent perturber le récit.
Film fantastique américain (2014) de Akiva Goldsman, avec Colin Farrell (Peter Lake), Jessica Brown Findlay (Beverly Penn), Russell Crowe (Pearly Soames), Jennifer Connelly (Virginia), William Hurt (Isaac Penn), Will Smith (le juge Lucifer) (1h58). (Grands adolescents) Sortie le 12 mars 2014.
Situation amoureuse : C’est compliqué
Sur le point de se marier, Ben, un trentenaire peu mature, voit débarquer dans sa vie Vanessa, son amour de collège, à laquelle il n’a jamais osé déclarer sa flamme.
Le thème est un des grands classiques de la comédie romantique. Manu Payet, qui signe là son premier film, en a tiré une comédie sympathique, mais inégale. S’il y a quelques gags très amusants, il y en a d’autres qui tombent à plat, et le film se traîne en longueur. Seule la galerie de seconds rôles, assez réussis, permet de donner une idée de ce qu’aurait pu être le film… si le scénario avait été un peu plus travaillé. Dommage !
Comédie franco-belge (2014) de Manu Payet et Rodolphe Lauga, avec Manu Payet (Ben), Anaïs Demoustier (Juliette), Emmanuelle Chriqui (Vanessa), Philippe Duquesne (Armand), Jean-François Cayrey (Sylvain), Jean-Charles Clichet (Jérémie) (1h40). (Grands adolescents) Sortie le 19 mars 2014.
LE CHIFFRE DE LA SEMAINE
0,7%
C’est le taux de l’inflation en février dans la zone euro, selon la dernière estimation publiée par l’office européen de statistiques Eurostat. La première estimation avançait le chiffre de 0,8%. C’est le plus bas niveau d’inflation enregistré depuis octobre 2013. Il faut remonter à novembre 2009 pour retrouver un chiffre comparable. Des taux négatifs ont été enregistrés à Chypre (-1,3%), en Grèce (-0 ,9%) et au Portugal (-0,1%). En France, le niveau d’inflation pour février a été de 1,1% (1% en Allemagne. Le tabac, les restaurants et cafés ainsi que l’électricité comptent parmi les plus forts agents de la hausse.
Nombre d’experts craignent que cette faible inflation n’accentue la spirale déflationniste, engendrant une baisse des prix mais aussi des investissements, des salaires et de l’emploi.
D’un jour à l’autre
FRANCE
Justice
La Cour de cassation devait se prononcer le 11 mars sur la légalité de la saisie des agendas de Nicolas Sarkozy, avis crucial pour l’avenir judiciaire de l’ancien président. Elle a jugé qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur ces agendas dans la mesure où Nicolas Sarkozy a bénéficié d’un non-lieu dans le dossier Bettencourt ; mais elle a validé la quasi-totalité de l’enquête dans cette affaire.
Téléphonie
Le conseil de surveillance de Vivendi a décidé le 14 mars d’entrer en négociations exclusives avec Numericable pour la vente de sa filiale téléphonique SFR ; mais Arnaud Montebourg considère que le rapprochement, auquel il est hostile, n’est pas acquis.
Violences
La France ne parvient pas à lutter efficacement contre les destructions de voitures ; 30 000 au moins ont brûlé en 2013.
Drogue
La Direction de la police judiciaire a procédé au démantèlement d’un réseau recyclant l’argent du trafic de cannabis ; dix trafiquants ont été mis en examen le 13 mars ; les sommes amassées atteindraient 170 millions d’euros en espèces.
Émigration
La chambre de commerce de Paris a constaté dans une enquête publiée le 12 mars que le mouvement d’expatriation des jeunes cadres s’est accéléré au cours des dix dernières années au point de dénoncer « une fuite des cerveaux ».
Pollution
Un épisode de pollution a atteint le 13 mars le tiers des régions françaises : les vitesses maximales ont été réduites sur les routes d’Île-de-France et les services Velib’ et Autolib’ déclarés gratuits. La circulation alternée a été mise en place à Paris et dans la petite couronne à partir du 17 mars.
Santé
Le baclophène, un médicament prescrit comme relaxant musculaire, permet de soigner la dépendance à l’alcool. Les médecins vont être autorisés à l’utiliser pour cette indication.
Syndicalisme
L’ancien dirigeant de Force Ouvrière, Marc Blondel, est mort le 17 mars à l’âge de 75 ans.
MONDE
Europe
Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker et l’Alle-mand Martin Schultz seront en concurrence dès le 25 mai pour remplacer José Manuel Barroso à la tête de la Commission.
Religion
Un an après son élection le 13 mars 2013, le pape François a bousculé beaucoup d’habitudes et sa popularité reste très grande chez les catholiques et dans les médias.
Rwanda
Au premier procès à Paris pour le génocide au Rwanda, Pascal Simbikangwa a été condamné le 14 mars à 25 ans de réclusion.
Nucléaire
Dans une étude publiée le 12 mars, trois ans après l’accident de la centrale de Fukushima, un cabinet spécialisé estime que la capacité installée dans le monde pourrait augmenter de 26 % d’ici à 2030 ; malgré le renoncement de certains pays d’Europe, 72 centrales sont en construction dans le monde, dont 28 en Chine.
Afghanistan
Le 1er tour de l’élection présidentielle est prévu pour le 5 avril. Les talibans ont menacé de mort les militants et travailleurs chargés d’organiser l’élection.
Ukraine
95,5 % des votants de Crimée ont ratifié, le 16 mars, le rattachement de leur province à la Russie. Le taux de participation annoncé est de 81 %. La Douma russe devait ratifier ce rattachement le 21 mars. Les pays occidentaux se demandent comment réagir.
Malaisie
Selon les autorités malaises, le Boeing de Malaysia Airlines disparu depuis le 8 mars pourrait avoir volé pendant six heures après son dernier contact et parcouru des centaines de km. L’enquête se concentre sur les pilotes. À l’appel de la Malaisie, la France va envoyer trois enquêteurs spécialisés.
Venezuela
D’après l’Organisation des nations unies à Genève, la contestation du régime lancée par des étudiants début février aurait fait, à la date du 13 mars, 28 morts et 35 blessés.
Turquie
A l’approche des élections municipales, la contestation du régime a repris en Turquie où des milliers de personnes se sont de nouveau rassemblées le 12 mars à Istanbul.
Algérie
Les manifestations se multiplient dans le pays à l’appel des organisations hostiles à une nouvelle candidature d’Abdelaziz Bouteflika, très malade, à la présidentielle du 17 avril.
Chili
Deux séismes d’une magnitude comprise entre 6,7 et 7 degrés, accompagnés d’un tsunami, ont secoué la côte septentrionale du Chili le 16 mars. Une évacuation préventive de deux villes a été aussitôt décrétée. Il n’y aurait pas de victimes.
Syrie
La reprise de la ville de Yabroud à la frontière libanaise, le 16 mars, par l’armée et les milices du Hezbollah, est une victoire psychologique importante pour le régime de Damas, d’autant que plusieurs chefs islamistes ont été tués au cours du siège.
SPORT
Football
C’est avec le score de 2 à 0 contre Saint Etienne que le PSG a conforté une nouvelle fois sa place de leader lors de la 29ème journée du championnat de Ligue 1, tandis que, 2ème au classement, Monaco a battu Lyon (2 à 3). Lille reste en 3ème position en dépit d’un nul peu glorieux sur son propre terrain face à Nantes (0 à 0).
Rugby
L’Irlande a remporté le 15 mars le Tournoi des six nations en battant l’équipe de France (22-20).
Paralympisme
La France a remporté 12 médailles, dont 4 médailles d’or pour la seule Marie Bochet, aux Jeux paralympiques de Sotchi qui se sont achevés le 16 mars.
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