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Lundi 17 septembre 2018

Lundi 17 septembre 2018

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L’événement-1

par Serge Plenier

Maurice Audin : l’histoire et la mémoire

En reconnaissant le rôle de la France dans la mort de Maurice Audin, sympathisant du FLN en juin 1957, Emmanuel Macron a donné satisfaction à ceux qui demandent encore des comptes sur le comportement de l’armée française – et du pouvoir civil – pendant la guerre d’Algérie.

La part du calcul politique n’est pas absente. Que le chef de l’Etat ait également voulu faire un geste à l’égard du PCF, à quelques jours de la « Fête de l’Huma » est hors de doute. Rappelons que Maurice Audin, sans être un poseur de bombes, ni un apparatchik de haut rang, était un adhérent du Parti communiste algérien (clandestin). Qu’il ait également tendu la main à l’actuel pouvoir algérien paraît tout aussi évident. Mais cela ne suffit pas.

Historiquement, le doute aujourd’hui n’est plus permis : Maurice Audin est mort soit sous la torture ou a été « exécuté » lors de sa détention. La thèse officielle de la disparition lors d’une tentative d’évasion n’a jamais convaincu grand monde. Elle a seulement permis de couvrir la responsabilité des quelques responsables et d’éviter des questions gênantes.
Mais il ne s’agit pas seulement d’histoire, et si la reconnaissance des faits par le président de la République suit les travaux des historiens, elle ne laisse pas de poser de redoutables questions. Ici, la mémoire entre en jeu, ou plutôt les mémoires.

Car il y a plusieurs mémoires de la guerre d’Algérie, et ces mémoires sont toutes douloureuses, qu’il s’agisse des harkis abandonnés à leur sort, ou des pieds-noirs contraint de fuir et souvent atrocement mutilés. Et l’on ne parle pas de massacres massifs comme celui d’Oran, au lendemain des accords d’Evian. La mort de Maurice Audin fut certes un crime, mais il ne fut pas le seul, à beaucoup près. Ces mémoires peuvent être concurrentes, voire antagonistes, elles n’en ont pas moins chacune leur légitimité, à défaut d’être toutes politiquement correctes. Ces mémoires peuvent-elles espérer un jour l’honneur d’une parole officielle ?

Le danger, pour Emmanuel Macron, serait de paraître privilégier un seul aspect d’une histoire qui ne fut pas toute en noir et blanc. Les Pieds Noirs n’étaient pas tous d’affreux exploiteurs, ni les membres du FLN de purs chevaliers. La mémoire ne doit pas être un moyen de division, encore moins un instrument au service des calculs politiques.



L’événement-2

par Jean-Gabriel Delacour

La communication élyséenne en marche

On sait notre époque friande de communication. Ou, plus exactement, elle a transformé les citoyens-électeurs en addicts. Elle a même réussi à supplanter l’information, trop neutre et indépendante pour ceux qui aspirent à gouverner les esprits — et, accessoirement, les portefeuilles. D’où l’importance qui lui est accordée par les plus hauts cercles du pouvoir politique. On s’en était aperçu dès le soir de l’élection du président Macron, qui s’était avancé d’un pas réglé dans la cour du Louvre au son de l’Hymne à la joie de Beethoven, certains journalistes se prêtant même tout de suite au jeu par leurs commentaires.

Manifestement, la communication élyséenne a encore de beaux jours devant elle, non seulement parce qu’elle vient d’être sérieusement réorganisée mais parce que le chef de l’État lui accorde une très grande place. Sa stratégie jupitérienne en a besoin, mais elle suppose aussi d’être déclinée à tous les niveaux, plus ou moins perceptibles par le public. Trois exemples illustrent son omniprésence. D’abord, depuis le 13 septembre, l’ajout de la croix de Lorraine dans le logo de la présidence, ce que le général de Gaulle n’avait jamais réalisé. Ensuite, la mise en place d’une boutique de l’Élysée qui vend toutes sortes d’objets liés à la présidence — y compris des mugs en porcelaine de Limoges mais pas fabriqués dans le Limousin… Enfin, la montre Lip affichée par le chef de l’État, la troisième depuis son accession, sans compter la Cartier qu’il arborait auparavant.

Cela intéresse-t-il le public ? Pas forcément, mais cela donne de la matière aux médias, qui la portent ensuite à la connaissance de leurs lecteurs ou de leurs auditeurs. Accessoirement, cela bouscule le champ médiatique en proposant un thème qui soit élimine soit repousse des sujets moins agréables — tels les cafouillages et outrances verbales liés à l’affaire Benalla. Dans cette perspective, même la démission de Nicolas Hulot aura joué un rôle de dérivatif, d’autant que son remplacement en a entraîné d’autres, à son ministère puis à la tête de l’Assemblée nationale. Mais tout ne se vaut pas : on a peu parlé des ennuis de Laura Flessel tandis que la fermeté budgétaire de son successeur au ministère des Sports, Roxana Maracineanu, a été presque escamotée.

Il apparaît enfin incontestable qu’Emmanuel Macron, lassé d’être considéré comme « le président des riches », se reconstruit actuellement une image auprès de la gauche — puisqu’il est entendu une fois pour toutes qu’on ne trouve des riches qu’à droite. Voilà pourquoi il s’emploie à apparaître comme l’adversaire par excellence de Marine Le Pen. Voilà pourquoi il a lancé son plan Pauvreté. Voilà pourquoi il a rendu visite à la veuve de Maurice Audin en affirmant de façon péremptoire que celui-ci avait « été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires ». Voilà pourquoi il a été, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, inaugurer une exposition consacrée à Picasso, membre fidèle du Parti communiste.


Politiques

par Alice Tulle

Le Plan pauvreté


Différé à plusieurs reprises, le plan de lutte contre la pauvreté a été présenté par le président de la République le 13 septembre. La stratégie annoncée sera-t-elle suffisante pour remédier à ce scandale ?

Entre autres retards dans l’annonce du plan, il y avait eu la Coupe du monde de football, mais le souvenir de ces lenteurs a été effacé par le caractère solennel des annonces qui ont été faites par Emmanuel Macron dans le cadre symbolique du musée de l’Homme. Il s’agit d’une « stratégie nationale » qui traduira une ambition nouvelle, un « changement radical d’approche » : l’enjeu est de passer d’une « logique de prestation monétaire » à une méthode « d’accompagnement social ».

Emmanuel Macron a dénoncé le « scandale de la pauvreté » tout en se montrant très critique vis-à-vis du modèle social français : « Notre modèle, s’il corrige un peu, s’il permet de mieux vivre, ne permet pas suffisamment de prévenir la pauvreté, d’éradiquer la pauvreté ». De fait, la France compte neuf millions de personnes pauvres, dont trois millions d’enfants, et les aides sociales assurent seulement une existence précaire, voire une simple survie.
Face à cette situation dénoncée par tous les gouvernements et par les associations caritatives, le président de la République a détaillé le plan de huit milliards d’euros qui seront dépensés dans les quatre prochaines années pour « prévenir » et « éradiquer » la pauvreté. Le plan prévoit de développer « massivement » les crèches et l’accompagnement de la petite enfance, grâce à la formation de professionnels et par le biais d’un « fonds d’expérimentation sociale ». Les communes les plus pauvres n’auront plus à leur charge que 10 % du montant de la construction des crèches. Par ailleurs, les communes seront financièrement incitées à aider les familles pauvres en organisant des petits-déjeuners à l’école et en assurant des repas de cantine à un euro.

Pour permettre une meilleure entrée dans le monde du travail, Emmanuel Macron veut que les jeunes de 16 à 18 ans soient obligés de suivre une formation. De manière générale, il s’agira d’aider les Français de tous âges à sortir de la pauvreté par le retour au travail. C’est dans ce but que sera développé un service public de l’insertion destiné aux chômeurs de longue durée ; son financement sera assuré par l’État, en lien avec les collectivités locales.

Enfin, le Président a annoncé qu’un projet de loi serait déposé en 2020 en vue de la création d’un « revenu universel d’activité » car il n’a jamais cru au « revenu universel sans activité » que proposait Benoît Hamon en 2017. L’idée est de fusionner dans une même allocation le plus grand nombre possible de prestations sociales ; de son côté le bénéficiaire devra signer un « contrat d’engagement réciproque » et s’inscrire à un parcours d’insertion professionnelle avec obligation d’accepter une offre raisonnable d’emploi.
La stratégie présidentielle a été accueillie avec réserves par ATD Quart Monde et par la Fondation Abbé-Pierre qui regrettent, entre autres critiques, la modestie des moyens engagés. Le projet de revenu universel a provoqué quelques réactions négatives à droite et à gauche mais il est encore trop imprécis pour nourrir un véritable débat. Malgré l’opinion exprimée par divers commentateurs, un seul point est établi : Emmanuel Macron n’effectue pas de virage à gauche mais confirme au contraire son hostilité aux statuts sociaux et sa vision d’une société où les « premiers de cordée » permettent aux « derniers de cordée » de s’élever par le travail afin de participer à la compétition générale. 


Monde

par Yves La Marck

Brésil : tristes tropiques

Après une période d’euphorie sous l’ère Lula, président progressiste de 2003 à 2010, qui valut au Brésil d’être choisi pour héberger la Coupe du monde de football de 2014 et les Jeux olympiques de 2016, le pays a commencé à sombrer sous la charge. L’équipe nationale de football avait été humiliée durant la Coupe. Les Brésiliens ne s’en sont jamais remis. Outre les difficultés économiques, la population était atteinte au moral et sombra bientôt dans une forme de désespoir généralisé tandis que l’on voyait se succéder scandale après scandale (l’incendie du musée national de Rio, le 2 septembre dernier, faisant figure de symbole de l’incurie de l’État).

Le successeur de Lula, Dilma Roussef, qui n’avait pu se détacher de son mentor, fut difficilement réélue en octobre 2014. Après de multiples péripéties, elle fut destituée, à partir de mai 2016, pour un prétendu maquillage des comptes publics (faute d’avoir pu lui imputer le scandale des commissions occultes versées par l’entreprise d’État Petrobras à un grand nombre de responsables politiques). Le vice-président, Michel Temer, a assumé ensuite la fonction pendant plus de deux ans. Personnage falot, il a peiné à contrer dans l’opinion publique la disqualification de l’ensemble de la classe politique traditionnelle.

L’élection d’octobre est donc ouverte à tous les vents. Le vide a permis à un outsider, simple député de Rio de Janeiro, Jair Bolsonaro, de caracoler en tête des sondages, en seconde place tant que l’ex-président Lula pouvait encore espérer participer au scrutin. Or Lula, condamné lui-même pour corruption dans l’affaire Petrobras, et emprisonné, a été empêché de se présenter par le tribunal suprême fédéral le 31 août. Son remplaçant, Fernando Haddad, ex-maire de Sao Paulo, investi par son parti, le Parti des Travailleurs, après la renonciation de Lula seulement actée le 11 septembre, est loin de bénéficier de son aura.

Candidat d’extrême droite, qui avait multiplié les excès verbaux, Bolsonaro a été victime le 6 septembre d’un coup de couteau. Il n’a survécu que par miracle. Évangéliste, il y a vu un signe de Dieu et sa popularité a progressé. Il est désormais largement en tête avec environ un quart des voix. Sur un total de treize candidats, quatre peuvent prétendre à la seconde place au premier tour, le 7 octobre, chacun à peu près à égalité entre 7 et 9 %. Bolsonaro, isolé sur la scène politique, ne semble pas être en mesure de nouer des alliances, mais la situation est telle que la période entre les deux tours jusqu’au 28 octobre devrait être fort tendue.

On en est arrivé au point où l’électorat aurait à choisir entre le bilan de la gauche qui, sur quinze ans, n’est plus jugé aussi positif, et une référence au régime militaire qui, de 1964 à 1985, ne serait plus vue aussi négativement. Si en effet la présidence Lula a fait reculer de moitié la pauvreté (qui concernait un quart de la population, soit 50 millions) et promu le Brésil sur le plan mondial, le régime militaire avait modernisé le pays à coups d’investissements importants. Au-delà de la nostalgie de l’ordre, la droite et le centre ont partie liée avec les forces qui visent à l’exploitation de l’immense potentiel du pays, notamment l’Amazonie. La militarisation de la sécurité vaut tout autant pour les quartiers pauvres (favelas) que pour cette méga-réserve naturelle qui, contre les prétentions internationales, est revendiquée comme un facteur de la puissance nationale à venir.

À une opposition frontale entre productivistes et écologistes qui ont chacun leurs candidats, le Brésil espère échapper par une sorte de conjonction des centres, centre-gauche et centre-droit, ce qui supposerait un retour aux partis classiques. Il n’est pas exclu à ce stade que l’un des candidats respectifs présentés par ceux-ci se qualifie. De toute manière, ils continueront de dominer le Congrès (le Brésil a un régime présidentiel à l‘américaine).

Cinquième pays au monde à la fois par sa superficie et par sa population (200 millions d’habitants), le Brésil de 2018 est au centre de toutes les controverses. On a peine à croire que la lutte internationale en faveur de l’environnement a été engagée lors du fameux sommet de Rio de Janeiro en 1992, d’où sont issues les conférences sur le climat. L’enjeu amazonien constitue l’un des arrière-plans de ces élections. Il sera au centre d’un synode exceptionnel convoqué en octobre par le pape François avec un grand sens de l’opportunité et de l’urgence. Globale autant que locale, la question concerne directement la France. Le Brésil, on l’oublie souvent en métropole, est un pays frontalier de la France (sa plus longue frontière terrestre). Or, la Guyane participe aussi de cet enjeu comme les autres pays sud-américains riverains du bassin de l’Amazone.

« Tristes Tropiques » titrait en 1955 l’anthropologue Claude Lévi-Strauss. Il n’est pas dépassé. 


Clefs

par Jean Etévenaux

Le 250e anniversaire de Chateaubriand

Le 250e anniversaire de la naissance de Chateaubriand, le 4 septembre, a été principalement commémoré par deux manifestations qui se sont déroulées en Bretagne. La première a consisté en la tenue d’un colloque, les 13, 14 et 15 septembre à Saint-Malo, sur le thème Chateaubriand et la Bretagne. La seconde a vu, en présence du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, la remise du prix Combourg Chateaubriand, le 8 dans le parc du château où est né l’écrivain ; destiné à un auteur dont le style honore la mémoire et l’œuvre de Chateaubriand, il a été donné cette année à Philippe de Villiers. En revanche, au niveau national, rien n’a été entendu ou vu à ce sujet.

Pourtant, l’auteur du Génie du christianisme qui mourut presque octogénaire en 1848 peut sans exagération être qualifié de gloire nationale et d’expression de la culture française. Beaucoup plus constant que Victor Hugo dans ses choix politiques, il représente une composante de ce libéralisme qui a contribué à instaurer le système représentatif et parlementaire débouchant sur la démocratie. Cet immense écrivain attaché aux traditions, aussi bien familiales que religieuses, dynastiques que nationales, a incarné le romantisme tout en perpétuant l’esprit français.

On le connait pratiquement toujours représenté d’après le tableau d’Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson — le grand Girodet —, exposé au salon de 1810. L’œuvre avait été placée dans un recoin afin que Napoléon ne l’aperçût point, puisque l’empereur et l’écrivain se trouvaient en froid pour des raisons politiques et personnelles. Mais le souverain voulut la voir, se contentant de ce commentaire : « Il a l’air d’un conspirateur qui descend par la cheminée »…

Chateaubriand restera néanmoins l’un des rares royalistes à avoir porté sur Napoléon un jugement assez équilibré et, surtout, à perspective historique. Celui qui, aux Cent Jours en 1815, avait accompagné Louis XVIII en exil à Gand après avoir commis le pamphlet De Buonaparte et des Bourbons confiera aux Mémoires d’outre-tombe qu’il représentait « le souffle de vie le plus puissant qui jamais anima l’argile humaine » et que, après lui, il n’y avait plus que le « néant ».

François-René de Chateaubriand apparaît évidemment critiquable et son mélange de christianisme, de romantisme et de royalisme — ainsi qu’une bonne dose d’égotisme — peut ne pas plaire. Il n’empêche que, tout en demeurant fidèle aux Bourbons, il a compris le monde nouveau qui se mettait en place. Il y a d’ailleurs contribué par son attachement à la liberté de la presse, qui « n’est redoutable qu’aux médiocrités et aux mauvaises consciences ».

Enfin, l’homme qui garda une indéfectible amitié pour Juliette Récamier et leurs amis de la Vallée-aux-Loups et de l’Abbaye-aux-Bois a su exprimer la persistance d’un certain art de vivre au siècle des révolutions.


Livres

par Catherine Pauchet

Rentrée littéraire

Roman

Moi, la Pelée

Cela fait un moment que la Montagne Pelée gronde, une colère sourde que peu de Martiniquais écoutent. Surveillé par Paris, le gouverneur Mouttet doit d’abord assurer le second tour des élections législatives : il n’ordonnera pas l’évacuation. Le 8 mai 1902, quatre-vingt-dix secondes suffiront pour anéantir la ville de Saint-Pierre et ensevelir trente mille personnes. Daniel Picouly a choisi de donner la parole au volcan. Il raconte l’inconscience des politiques, l’avidité des commerçants, l’amour contrarié de Louise et Othello, la mort qui arrive bruyamment un beau matin. En lice pour le Prix Goncourt.
« Quatre-vingt-dix secondes », Daniel Picouly, Albin Michel, 266 p., 19,50 €.

Thriller

Réincarnation

Chine du nord, juin 1995. Une lycéenne a été empoisonnée. Son professeur de chinois classique, Shen Ming, vingt-cinq ans et déjà promis à un bel avenir universitaire et politique, est suspecté par la police : il aurait eu une liaison avec la jeune fille et l’aurait tuée pour épouser une riche héritière. Peu de temps après, on le retrouve poignardé. Neuf ans plus tard, ses meurtriers sont à leur tour assassinés. Une rumeur court : Shen Ming a retraversé la rivière de l’oubli qui sépare le monde des vivants de celui des morts, il s’est réincarné et se venge. En Chine, Cai Jun est un auteur adulé. Ce thriller proche du fantastique est son premier livre traduit en français.
« La rivière de l’oubli », Cai Jun, XO éditions, 484 p., 21,90 €.

Beau livre

Exploration urbaine

C’est à une plongée dans la ville de Londres que Géraldine Lay nous convie, loin des sites touristiques et des quartiers d’affaires. La photographe a choisi les petites rues et les petites gens, les pauses-café, les déambulations en famille ou dans les transports en commun, les détails qui nous font entrer dans l’intimité des Britanniques. Ses images servies par une lumière rasante sont autant de tableaux animés et colorés. Un beau livre, grand format, à la couverture toilée et aux finitions soignées. A (s’)offrir.
« North End », Géraldine Lay, Actes Sud, 96 p., 32 €.

Revue

L’enfance des rois

Eduqués pour devenir roi, les jeunes princes sont comparables à des « produits d’élevage » constate Stéphane Bern. Peu ont été aimés par leurs parents et jamais ils n’ont été considérés comme des enfants ayant des joies, des peines ou des désirs. La revue Secrets d’histoire consacre un numéro spécial à ces souverains voués dès leur naissance à gouverner et à incarner la grandeur de la France. Parmi les sujets abordés : les grandes figures de l’instruction royale, jouets et hobbies royaux, le drame de l’exil…
« L’enfance des rois », Secrets d’histoire, hors-série n°7, 4,95 €. En kiosque.


Le chiffre de la semaine

251

C’est le nombre de personnes tuées lors d’un accident de la route en août 2018, selon les chiffres de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière. En août 2017, le nombre des morts de la route était de 297, ce qui équivaut à une baisse de 15,5%. La baisse affecte également le nombre d’accidents corporels (4 155, soit -3,2%) et le nombre d’hospitalisations d’une durée supérieure à 48 heures (2 082, soit -13,3%).
Cette tendance concerne essentiellement les automobilistes, les motocyclistes et les cyclomotoristes. Les résultats sont nettement mois encourageants en ce qui concerne les piétons et les cyclistes. Pour ces derniers, on enregistre une hausse avec 24 déc ès, soit le plus mauvais chiffre depuis cinq ans.


D’un jour à l’autre

France

Justice

Le président Macron a décidé que la République française devait reconnaître sa responsabilité dans la mort de Maurice Audin, mathématicien et militant communiste, arrêté à Alger en 1957 par des parachutistes puis déclaré disparu, probablement mort sous la torture. Toutes les archives françaises sur les disparus de la guerre d’Algérie devront être ouvertes.


Justice

Dans l’affaire Fillon, selon Le Journal du Dimanche, les éléments recueillis par la justice ne permettraient pas de confirmer que Penelope Fillon a effectivement travaillé à l’Assemblée et à la Revue des deux mondes.


Police

Alexandre Benalla et Vincent Crasse ont été convoqués devant une commission d’enquête du Sénat le 19 septembre. Ils devaient expliquer comment ils avaient participé à la répression de manifestants à Paris le 1er mai dernier. Mais cette enquête ne devait pas faire double emploi avec l’enquête judiciaire en cours.


Santé

Le docteur Bertrand de Rochambeau, président du Syndicat national des gynécologues-obstétriciens de France, a affirmé sur TMC, le 12 septembre « Nous ne sommes pas là pour retirer des vies » et a contesté le propos de la journaliste qui lui disait que l’avortement n’est pas un homicide. Le médecin a précisé plus tard que c’était un avis personnel relevant de sa conscience mais la polémique a vite enflé et a suscité un communiqué commun d’Agnès Buzyn et Marlène Schiappa défendant le droit à l’avortement.

Danone

Le 21 septembre est un « vendredi vert » pour le groupe dirigé par Emmanuel Faber : le géant de l’agroalimentaire reversera le montant de son chiffre d’affaires réalisé ce jour-là en France, soit 5 millions d’euros, à des projets d’agriculture « régénératrice », à mi-chemin entre le bio et le conventionnel.

Jeunesse  

Le sacre des Bleus en Russie au Mondial de football a provoqué une hausse des inscriptions en club depuis la rentrée (+ 300 000 par rapport à 2017, soit 2,4 millions de licenciés). La Fédération française de football a voté l’attribution d’une enveloppe de 10 millions d’euros pour soutenir les clubs, qui doivent souvent clore leurs inscriptions faute d’encadrants et de terrains disponibles.

Paris

Le premier adjoint et adjoint à la culture à la maire de Paris, Bruno Julliard, a refusé de diriger la campagne d’Anne Hidalgo pour les élections municipales de 2020 et a démissionné le 17 septembre du conseil municipal.

R.N.

Marine Le Pen a fait sa rentrée politique devant un millier de militants à Fréjus le 16 septembre. Les sondages prédisent 21 % à sa liste pour l’élection européenne, à peine un demi-point de moins que La République en marche.

Fait divers

Le 13 septembre à Arcueil (Val-de-Marne) un adolescent, en traversant sans regarder, avait obligé un bus à freiner très brusquement. Alors que le chauffeur morigénait l’inconscient celui-ci avait répondu par des insultes. Le chauffeur ayant giflé l’adolescent, il a été convoqué par la RATP pour être sanctionné. Une pétition en faveur du chauffeur avait recueilli 125 000 signatures dès le 17 septembre.

Monde

Météo  

En Asie, le typhon Mangkhut a ravagé le nord des Philippines – faisant au moins 59 victimes – avant de frapper, le 16 septembre, les mégapoles de Hong Kong et de Macao. De l’autre côté du globe, la tempête tropicale Florence a balayé la côte atlantique des États-Unis. On comptait au moins 13 victimes, le 16 septembre, tandis que la tempête poursuit sa route vers le nord en déversant des quantités d’eau « monumentales ».

Europe

Près de 60 % des eurodéputés ont voté, le 12 septembre, pour l’application de l’article 7.1 du traité de l’Union européenne contre la Hongrie de Viktor Orban, dénonçant un « risque clair de violation grave » des valeurs de l’Europe. Le Conseil devra ensuite voter aux 4/5 des États membres pour que la Hongrie soit mise en demeure de changer sa législation. En cas d’échec, la suspension du droit de vote de la Hongrie au Conseil ne pourra être obtenue qu’à l’unanimité et la Pologne a fait savoir qu’elle voterait contre.

Afrique de l’Est

L’Érythrée et l’Éthiopie ont rouvert, le 11 septembre, deux postes frontières, pour preuve de leur réconciliation en cours après vingt ans de conflit.

Brésil

En prison pour corruption, l’ex-président Lula – crédité de 30 % d’intentions de vote – a désigné, le 12 septembre, son colistier Fernando Haddad, ancien maire de São Paulo, pour la présidentielle d’octobre.

Russie

Du 11 au 17 septembre, l’armée russe a lancé en Sibérie orientale, ses plus importantes manœuvres militaires depuis la Deuxième Guerre mondiale : 300 000 soldats, 36 000 véhicules, 1 000 avions et 80 navires. 3000 soldats chi-nois étaient invités à ces manœuvres.

Allemagne

Un train de banlieue à hydrogène a été mis en service dans la région de Hambourg. Il a été construit dans l’usine Alstom de Salz-gitter, en Basse-Saxe.

Syrie

À la veille de son offensive annoncée sur la province d’Idleb, le gouvernement organisait des élections municipales, le 16 septembre. Plus de 40 000 candidats se présentaient pour 18 478 sièges.

Monnaie

Le 11 septembre, lors d’un sommet à Vladivostok les présidents russe et chinois ont souhaité que leurs échanges commerciaux (100 milliards de dollars annoncés pour 2018) se fassent le plus possible en d’autres monnaies que le dollar afin d’échapper aux conséquences de l’extraterritorialité du dollar américain au nom de quoi la justice américaine s’autorise à intervenir dans les échanges entre pays (embargo sur l’Iran).

Venezuela  

Luis Almagro, Uruguayen, secrétaire générale de l’Organisation des États d’Amérique (OEA), n’a pas écarté, le 13 septembre lors d’un déplacement en Colombie, la possibilité d’une intervention militaire au Venezuela pour rétablir la démocratie. Le lendemain, il a été désavoué par le « groupe de Lima ».

Sports

Marathon 

À Berlin, le 16 septembre, le Kenyan Eliud Kipchoge a pulvérisé le record du monde de la discipline de plus d’une minute, en courant les 42,195 km en 2 h 01 min 39 sec.