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Lundi 1er décembre

Lundi 1er décembre

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L’événement-1

par Serge Plenier
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Les communes fragilisées ?

Manuel Valls n’aura pas rassuré les élus municipaux. Lors de son discours-fleuve à la tribune du congrès de l’Association des Maires de France, le 27 novembre dernier, le Premier ministre est resté sur ses positions : les dotations de l’Etat aux collectivités locales baisseront de 11 milliards d’euros de 2015 à 2017. Tout au plus a-t-il consenti quelques maigres lots de consolation comme une augmentation d’un tiers de la dotation d’équipement aux territoires ruraux (soit un effort de 11 millions d’euros), ainsi qu’un Fonds de 100 millions d’euros pour la construction de logements « là où les besoins sont les plus importants ».

La diminution drastique des dotations n’est sans doute pas le seul dossier qui heurte aujourd’hui les maires et leurs équipes. On peut aussi mentionner la coûteuse réforme des rythmes scolaires et surtout le projet de réforme des établissements publics de coopérations intercommunale (communautés de communes, syndicats intercommunaux), qui prévoit notamment un seuil minimal de 20 000 habitants pour leur création sans tenir compte des nécessités locales. La liste des griefs des maires s’allonge à une vitesse inconnue jusque là.

Bien sûr, la situation des finances publiques est désastreuse et les efforts s’imposent à tous. Pourtant, il y a quelque chose de profondément malsain dans ces attaques répétées contre l’institution communale. Le discours trop répandu sur lequel s’appuient ces attaques est d’ailleurs lui même biaisé : on reproche beaucoup de choses à nos 36 681 communes, à commencer par leur nombre, mais aussi leurs dépenses. C’est oublier que si nos communes dépensent beaucoup, leur dépense profite généralement à l’économie locale. Comme le rappelle la résolution finale du congrès de l’AMF, plus de 70% des investissements publics (soit 58 milliards d’euros) sont réalisés par les collectivités locales. Les communes coûtent, mais elles rapportent aussi, à tous. Toucher au budget des communes, cela revient à faire baisser la croissance et l’emploi, mais aussi à frapper encore plus durement des zones déjà fragilisées.

Trop nombreuses nos communes ? Leur nombre est le fruit d’une longue histoire mais aussi une réponse aux nécessités spécifique d’un territoire. La commune d’une centaine d’habitants qui gère une surface de la taille d’une ville moyenne est aussi un lieu privilégié de la démocratie locale. Que deviendra cette démocratie lorsque la mairie se trouvera à une vingtaine de kilomètres de chez vous ?

S’attaquer aux communes n’est peut-être pas la meilleure façon de défendre notre démocratie.


L’événement-2

par Jean-Gabriel Delacour

L’Ump, le Fn et leurs électeurs

On assiste actuellement à une curieuse dichotomie entre les dirigeants de l’Ump et du Fn, d’un côté, et leurs électeurs, de l’autre. Les deux grands événements du dernier week-end de novembre, qui ont vu l’élection de Nicolas Sarkozy à la tête de la première et la confirmation plébiscitaire de Marine Le Pen aux commandes du second ne doivent pas cacher les mouvements plus profonds qui traversent les deux formations.

Il convient d’abord de se méfier de l’espèce d’engouement médiatique autour de certaines figures comme Alain Juppé. La popularité du maire de Bordeaux est indéniable, mais il apparaît surtout porté par une presse qui, par hostilité systématique à Nicolas Sarkozy, veut en faire non seulement le rempart contre l’arrivée du Front national au pouvoir mais aussi le garant de la non-abrogation des réformes sociétales réalisées par la gauche depuis 2012 : comme la cause socialiste, et non seulement hollandiste, semble définitivement perdue pour la prochaine alternance, la carte Juppé se profile comme celle d’une droite acceptable pour la gauche. De fait, plusieurs observateurs pensent que la véritable compétition se jouera entre deux candidats issus de l’Ump, l’un de tendance centriste allant jusqu’à une certaine gauche et l’autre plus résolument droitière. Nicolas Sarkozy — élu président de l’Ump avec 64, 5 % des voix alors que, il y a dix ans, il l’avait emporté avec 85 % — l’a bien compris qui, tout en affichant une position de droite décomplexée, parle aussi d’alliances au centre, même s’il en exclut pour le moment le MoDem.

Du côté du Front national, se pose aussi la même question. Dans la droite ligne de son père, Marine Le Pen exclut toute alliance ; c’est pour cela qu’une personnalité comme Paul-Marie Coûteaux vient de la quitter, tandis que Robert Ménard, élu avec son soutien à Béziers, ne joue aucun rôle en dehors de sa région. Pourtant, un sondage Harris Interactive publié par Marianne a montré que 58 % des sympathisants de l’Ump et du Fn se montrent partisans d’accords entre leurs partis au deuxième tour des élections régionales. Cette position devra d’une manière ou d’une autre être prise en compte par la présidente du Front national, qui s’accroche toujours à la dénonciation de « l’Umps » renvoyant dos à dos gauche et droite traditionnelles. Les électeurs semblent en juger autrement, ce qui ne manquera pas de déclencher de vifs débats au sein du Fn, à commencer entre les trois générations de la famille Le Pen — on ne peut oublier que, au congrès de Lyon, Marion Maréchal-Le Pen a été élue en première position au comité central du parti.

Des clarifications devront donc être opérées dans les deux formations, qui entraîneront des conséquences pour leurs orientations politiques, économiques, sociales et culturelles. Celles-ci s’avèrent d’ailleurs nécessaires pour que ne soit plus promis n’importe quoi et que les candidats aient le courage de dire la vérité aux Français.


Politiques

par Alice Tulle

Portrait social de la France

L’étude annuelle de l’Institut national de la statistique (INSEE) confirme et précise les effets dramatiques de la crise économique et financière en France.

Les évolutions positives sont peu nombreuses.

Sur la société française, le document publié par l’INSEE est substantiel : 280 pages, beaucoup de tableaux et de chiffres. Tous les aspects mesurables sont présentés : la démographie, le niveau éducatif, l’emploi et les salaires, les revenus et le niveau de vie, les conditions de vie… Ces données sociales sont placées dans le cadre économique français et situées par rapport aux statistiques européennes de même nature.

La démographie est une donnée essentielle et, apparemment, rassurante. La France est, avec l’Irlande, le pays le plus fécond de l’Union européenne grâce à sa dynamique propre alors que l’Allemagne compense le déficit de son solde naturel (- 2,6 %) par le fort excédent de son solde migratoire (+ 5,8 % en 2013). L’espérance de vie à la naissance est très élevée dans notre pays, tout particulièrement pour les femmes. Quant au logement, plus de la moitié des ménages (51,2 %) se déclarent satisfaits alors qu’ils n’étaient que 45,2 % en 2005. L’INSEE note également une légère diminution de l’insécurité mais les statistiques en ce domaine sont toujours contestées — par exemple on ne compte pas les accidents du travail.

Parmi les surprises de l’enquête, on retiendra que les habitants des banlieues vivent mieux que ceux des centres-villes — à l’exception notable de Paris et de Lyon. Par ailleurs, contrairement au préjugé courant, il est établi que les enseignants du second degré travaillent en moyenne plus de quarante heures par semaine — les deux tiers faisant des heures supplémentaires.

Le Portrait social de la France est en revanche très sombre pour ce qui concerne l’emploi et les conditions de travail. Sur les 2,8 millions de chômeurs de la première catégorie, plus d’un million de personnes sont sans emploi depuis au moins un an et, depuis 2008, la crise a été particulièrement dure pour les catégories les plus fragiles : ouvriers, employés, jeunes, personnes sans diplôme… D’où une forte hausse (+ 430 000 personnes, soit + 25 %) du nombre d’allocataires au RSA (Revenu de solidarité active) de 2008 à 2013 qui voient leurs conditions de vie s’aggraver : en 2012, 60 % des allocataires du RSA étaient sous le seuil de pauvreté, 25 % restreignaient leur alimentation et 10 % avaient renoncé à se soigner. Le nombre de personnes sans domicile a augmenté de 44 % entre 2001 et 2012 et une personne sans domicile sur dix est sans abri.

Quant aux salaires, la situation est contrastée. Dans l’ensemble, l’INSEE observe un ralentissement de la hausse du revenu salarial moyen : les salaires ont progressé de 0,6 % entre 2002 et 2007 et de 0,2 % entre 2007 et 2012. Les salaires les moins élevés baissent (- 0,2 % entre 2007 et 2012), les très hauts salaires progressent moins vite que les revenus salariaux moyens. Ceci avec de grands écarts entre les revenus des jeunes et ceux de leurs aînés. Les difficultés financières d’un nombre important de citoyens expliquent la baisse de leurs dépenses culturelles.

La courbe du chômage ne s’étant pas inversée et la politique économique générale n’ayant pas changé, le Portrait social de la France en 2015 ne sera pas plus réconfortant. 


Monde-1

par Yves La Marck

Monde francophone

L’élection d’une Canadienne d’origine haïtienne, Michaëlle Jean, à la tête de l’OIF montre que la francophonie, hors la France, ne se résume pas à l’Afrique déshéritée…

Réuni les 29 et 30 novembre dans la capitale sénégalaise, le quinzième sommet de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) avait pour thème principal : les femmes et les jeunes. Mais toutes les têtes étaient tournées vers un autre objet : l’élection d’un secrétaire général à l’expiration du troisième mandat de l’ex-président sénégalais Abdou Diouf.

Pourquoi a-t-on voulu polariser le choix entre l’Afrique et le reste du monde ? S’il y a des gens pour penser que l’avenir de la francophonie réside en Afrique et, si l’on pousse bien, essentiellement en République démocratique du Congo, « État francophone le plus peuplé » (sic), ce n’est jamais que par l’habituelle illusion de perspective démographique. Y aura-t-il en 2050 cinq cent millions de francophones sur le continent africain, soit plus des deux tiers des locuteurs de français dans le monde ? Acceptons-en l’augure, mais soyons conscients des enjeux. D’abord, le pourcentage de francophones sachant lire et écrire en français dans les pays dits francophones en Afrique est variable mais ne dépasse parfois pas 15 % : illettrisme surtout chez les femmes, faibles taux d’éducation chez les jeunes. Ensuite le français y est en concurrence avec des langues nationales et, au sein de l’élite, avec l’anglais. L’influence d’une langue n’est pas une donnée mais une fonction de l’utilité, notamment économique. Il s’agirait aussi de s’entendre sur ce que signifie la francophonie. Si l’OIF accueille tant de pays membres hors Afrique où le français n’est pas majoritaire, et même très loin de là, c’est que ce n’est pas seulement une affaire de langue, mais de culture (même si vous ne possédez pas la langue et lisez des traductions), d’influence, de diplomatie. Ses deux secrétaires généraux successifs, l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali et le Sénégalais Abdou Diouf, n’ont pas été reconnus à l’échelle internationale parce qu’ils représentaient l’Afrique, mais en fonction de leur profil d’hommes d’État.

Le Canada et le Québec ont autant leur place en Afrique que la France et ils y jouent leur rôle, notamment en termes d’aide publique au développement et de défense des droits de la personne (comme on dit là-bas). L’Afrique de son côté ne pourrait prendre toute sa place dans le jeu international si elle était limitée au continent.

C’est pourquoi en 2014 l’élection d’une femme canadienne, haïtienne de naissance, a été accueillie avec faveur y compris par la plupart des Africains. C’est certes quelque part, pour certains et pour ce qu’il en reste, une nouvelle « décolonisation » de la francophonie, processus qui n’en finit jamais. On sort du pré carré franco-francophone, bref d’un certain parisianisme — n’avait-on pas suggéré la candidature de Bertrand Delanoë ? Sans parler de celle du président burkinabé déchu, Blaise Compaoré (qui n’était pas déchu à la date de la proposition faite par le président Hollande) !!!

L’OIF s’est à juste titre sentie en situation de ringardisation et a réagi positivement. Il est symptomatique que Mme Michèle Jean ait été connue comme gouverneur-général du Canada, dominion de la Couronne, représentant la reine Élisabeth d’Angleterre, fonction encore plus typée britannique que pour n’importe quel pays du Commonwealth.

Son « challenger » le plus sérieux venait d’ailleurs de l’île Maurice qui se trouve dans la même situation binaire franco-anglaise. Le message est clair pour qui veut l’entendre : la francophonie ne s’oppose pas à l’anglophonie. Elle transcende cette opposition en faveur d’une solidarité humaine supérieure qui est l’objectif final, même s’il y a plusieurs chemins pour y arriver. 


Monde-2

par Yves La Marck

Reconnaître l’Etat palestinien

La vague de votes parlementaires en Europe en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien ne devrait pas atteindre les objectifs recherchés.
Depuis la Chambre des Communes le 13 octobre, en passant par Stockholm le 30 octobre, le Parlement européen le 27 novembre (pour un report à décembre), l’Assemblée nationale française le 28 novembre et le 2 décembre et le Sénat le 10 décembre, une course contre la montre semble s’être engagée. Pourquoi cet engouement pour la reconnaissance de l’État palestinien ?

Bien que ses raisons n’aient jamais été clairement explicitées, elle paraît répondre à trois objectifs : sortir les négociations de l’impasse, faire pression sur Israël, désamorcer, enfin, les tensions intérieures illustrées par les manifestations que l’on a connues lors des récentes opérations dans la Bande de Gaza.

Sur le premier objectif, l’idée est de contourner le processus de négociation bilatérale via l’ONU. Apparemment, les auteurs des résolutions en faveur de la reconnaissance pensent ainsi obtenir de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité un vote favorable à l’accession de l’État palestinien à la pleine souveraineté. Il y a deux ans les Palestiniens s’étaient arrêtés à mi-chemin en se contentant d’un statut d’observateur mais au profit de leur État et non plus seulement de l’OLP. On avait comparé cette solution au statut du Vatican. Toute la campagne parlementaire ferait ainsi sens, sauf que l’Autorité palestinienne s’est aperçue entre-temps que ce ne serait là qu’une satisfaction de principe sans réelles conséquences. La reconnaissance acquise pratiquement sans combat, le cabinet de Ramallah se déporte sur une nouvelle cible : une condamnation d’Israël à des sanctions votées par le Conseil de sécurité. Il est évident que l’objectif des parties n’est pas le même que celui des parlementaires bien intentionnés. Ce n’est plus négocier mais faire pression sur Israël.

Ce second objectif, qui n’est plus à la portée de la Maison-Blanche, est-il à la portée des Européens ? Obama, impuissant à Washington, a-t-il activé ses leviers européens ? Cela expliquerait que le coup d’envoi ait été donné à Londres et que le premier pays d’Europe occidentale à officiellement reconnaître l’État palestinien soit la Suède, pays qui agit souvent à couvert pour le compte de Washington ? Pour le moment, on observe l’effet inverse de celui recherché : Israël isolé s’arc-boute sur lui-même. C’est l’une des explications les plus plausibles de l’initiative du cabinet de Jérusalem le 23 novembre en faveur de la proclamation d’Israël comme « État national juif ». Ceux qui en Israël sont favorables au retrait de Cisjordanie et de Gaza le sont pour préserver une majorité juive à l’intérieur de leur État. Il y a consensus en Israël pour affirmer qu’Israël doit rester « éternellement » un État juif.

Reste le fait que les opinions publiques européennes ont basculé. De pro-israéliennes elles sont devenues non seulement pro-palestiniennes mais encore plus nettement anti-israéliennes. C’est un fait avéré sans porter aucun jugement de valeur. La pénétration des idées palestiniennes s’est faite à la faveur de leur caractère de plus en plus théorique et rhétorique. Plus la perspective d’un avenir palestinien s’éloigne, que ce soit à la faveur de l’augmentation de l’habitat israélien dans les Territoires, des divisions intestines entre Hamas et Fatah, de la faible combativité des militants ou de l’absence de chefs aussi prestigieux et d’ambassadeurs aussi brillants que ceux qu’on a connus dans les années 90, plus il est facile d’embrasser la cause. Cela ne coûte rien.

En revanche, Israël est victime du principe de réalité. Il existe. On s’y frotte. C’est dur. Mais c’est cela la politique. 


Francophonie

par Joël Broquet

OIF : De Dakar à la conférence climatique de 2015 à Paris

A l’occasion de son sommet tenu sous le signe des femmes cette fin de semaine à Dakar, l’Organisation Internationale de La Francophonie a porté Michaelle Jean à son secrétariat général. D’origine haïtienne, elle était la seule femme candidate et portée par les gouvernements libéraux du Canada et du Québec. Du fait de la non candidature de Michel Sleiman ancien président du Liban et de Blaise Compaoré , le rôle d’adversaire numéro 1 de Mme Jean est revenu, grâce notamment à la presse, à Jean Claude de l’Estrac candidat présenté par l’île Maurice et qui a su se constituer un fort capital d’estime. On donnait, il est vrai, peu de chances à Henri Lopez, brillant ambassadeur du Congo en France et Pierre Buyoya, ancien président du Burundi et qui a su mener une campagne de qualité, avec des propositions fortes notamment sur les enjeux commerciaux et juridiques de l’espace francophone mondial.
C’est donc une ancienne représentante de la Reine d’Angleterre au Canada membre du Commonwealth, fortement ancrée dans les valeurs du capitalisme libéral et produit d’un Canada dont les intérêts économiques coïncident assez rarement avec ceux de la France en Afrique qui l’a emporté au détriment d’un candidat africain. La cause étant à chercher dans l’incapacité des Africains à dégager un candidat faisant l’unanimité.

Le Partenariat Eurafricain avait proposé aux compétiteurs l’ouverture de cinq chantiers sur la base de documents préparatoires élaborés par des experts reconnus. Parmi ces chantiers : 1/ les problématiques du droit continental confronté à la common law  2/ la définition d’une Responsabilité Sociale des Entreprises « à la française » sous la direction d’Alexandre Wong ; 3/ la recherche d’une vision francophone de l’Economie Sociale à partir des travaux de l’expert mondialement reconnu Philippe Kaminski. Mention particulière doit être faite des enjeux environnementaux. La grande conférence climatique se tiendra fin 2015 à Paris. L’OIF, comme ce fut le cas lors du Sommet de la Terre à Rio y aura sa place. Déjà en septembre dernier, au titre de ses fonctions de président de la Commission de l’Océan Indien, Jean Claude de l’Estrac était intervenu devant la conférence des îles organisée par l’ONU dans les îles Samoa. Des militants de l’environnement envisagent de lui demander d’être le porte-parole des enjeux insulaires lors de cette conférence. Ce pourrait être le sujet de mobilisation pour de nombreuses associations de défense de l’environnement auxquelles viendrait s’associer le pôle environnement du Carrefour des Acteurs Sociaux.

L’Organisation Internationale de la Francophonie en élargissement peu à peu son objet aux confins de la politique de puissance (en abordant par exemple les questions de sécurité, de lutte planétaire contre le terrorisme) acquiert chaque jour un peu plus le statut d’acteur à part entière sur la scène internationale. En témoigne le Forum Economique qui se tient les 1er et 2 décembre à Dakar. Nul doute que ses travaux n’inspirent le forum des investisseurs qui se tiendra dans la foulée à Madagascar (1) ou encore la table ronde organisée, le 19 janvier 2015 à l’initiative de Paul Astolfi sur le thème « Normandie-Afrique, que faire ensemble ? » (2) .

(1) http://forum-international-investisseurs.com/

(2) paul.francois.astolfi@gmail.com


Religion

par Gérard Leclerc

Le Pape et le Patriarche dans la tragédie du Moyen-Orient

Cette visite du pape François en Turquie ne pouvait qu’être marquée profondément par le drame qui se déroule en ce moment en Syrie et en Irak. La Turquie du président Erdogan n’est-elle pas assaillie par une foule de réfugiés qui déferlent sur son territoire ? Le Pape a voulu rencontrer, à la fin de son séjour, une centaine de jeunes exilés chrétiens et musulmans, recueillis dans un centre animé par des religieux salésiens aux portes d’Istanbul. Ainsi voulait-il manifester sa sollicitude pour leur détresse et appeler la communauté internationale à venir au secours d’une population littéralement martyrisée. Avec le patriarche Bartholomée, son unité de vue ne pouvait être que complète à ce propos. Ce dernier pouvait ainsi déclarer : « L’unité qui occupe tant de nos réflexions est en train de se réaliser dans certaines régions, malheureusement par le martyre. » Comment la division entre chrétiens pourrait-elle se perpétuer alors que catholiques et orthodoxes sont l’objet d’une même persécution, qui vise leur éradication dans tout le Moyen-Orient ?

Que ce colloque singulier du patriarche de Constantinople et de l’évêque de Rome se fasse entendre précisément en Turquie relève d’un étonnant paradoxe. Là où hier s’étendait l’Empire byzantin, ce n’est plus qu’une infime minorité de fidèles qui subsiste, pas même protégée par une législation adéquate. François a explicitement demandé au président Erdogan de reconnaître aux juifs et aux chrétiens des droits effectifs. Ce dernier a dénoncé pour sa part l’islamophobie dans les pays occidentaux. Nous sommes loin de la période où la Turquie voulait résolument entrer dans l’Union européenne. Ces dernières années, la politique et l’orientation de la société ont été à l’inverse des principes kémalistes pour mieux s’identifier à une identité religieuse musulmane. Certes, l’islam turc est d’une essence fort différente de l’islamisme radical. Les conditions sont-elles réunies pour autant afin de susciter une alliance « entre musulmans et chrétiens, appelés à travailler ensemble de façon constructive » ? Tels sont les vœux communs de François et de Bartholomée.

Comment sera accueilli dans le reste du monde ce projet d’une alliance interreligieuse pour mieux contrer les ravages de la terreur fondamentaliste de l’État islamiste ? François a renouvelé dans la grande Mosquée bleue d’Istanbul le recueillement qu’avait observé son prédécesseur Benoît XVI au même endroit. C’est qu’un même dessein bienveillant se poursuit, non sans effet partiel, mais sans déclencher encore un mouvement universel qui permettrait de conjurer une violence qui ensanglante aussi toute une partie de l’Afrique.


Clefs

par Jean Etèvenaux

Un nouvel Hercule Poirot

Aussi extraordinaire que cela puisse sembler, un nouvel Hercule Poirot vient de sortir, alors que, comme chacun le sait, Agatha Christie est décédée en 1976. Or, il ne s’agit pas d’une œuvre posthume, comme La dernière énigme — qui concernait Miss Marple — publiée juste après sa mort, ou d’un petit inédit, tels La capture de Cerbère et L’incident de la balle du chien, parus en 2009 en anglais et en 2011 en français, au Masque évidemment, dans le cadre des Carnets secrets d’Agatha Christie présentés par John Curran après leur découverte en 2006. Cette fois, nous sommes en présence d’un long texte rédigé par un autre auteur, Sophie Hannah.

Certes, cela peut sembler d’autant plus surprenant que, durant la Seconde Guerre mondiale, Agatha Christie avait écrit La dernière énigme, l’ultime aventure d’Hercule Poirot, au cours de laquelle il mourait et qui devait empêcher que soient poursuivis ses exploits ; elle fut éditée juste un an avant le décès de Dame Agatha. Mais on sait que les héritiers demeurent libres de reprendre l’exploitation d’une œuvre pour en confier l’écriture à quelqu’un d’autre ; cela s’est déroulé de nombreuses fois pour le James Bond de Ian Fleming, dont le dernier flambeau a été repris avec talent par William Boyd à la demande de la famille pour un Solo sorti cette année aux éditions du Seuil — et il y en aura de nouveaux, écrits par d’autres.

À sa lecture on baigne complètement dans l’ambiance créée et développée par Agatha Christie ; on voit que Sophie Hannah, auteur d’une œuvre personnelle, est un véritable fan de la vieille dame depuis ses 13 ans. Les descriptions et les situations sont dignes de sa devancière. Tout au plus pourrait-on lui faire grief d’une certaine complexité et de quelques longueurs ainsi que de passages trop nombreux dans lesquels le détective n’intervient pas ; peut-être a-t-elle aussi traité avec une certaine légèreté le contexte religieux, dont Agatha Christie aurait mieux montré exigences et difficultés. Mais on reconnaîtra volontiers que, loin des pastiches qui grossissent les tics d’écriture ou des copiés-collés sans originalité, Sophie Hannah a su réaliser une véritable création, s’offrant même le luxe de donner à Poirot un nouveau compagnon en la personne de l’inspecteur Edward Catchpool, narrateur de surcroît.

L’atmosphère n’a rien à voir avec celle développée aujourd’hui avec les polices scientifiques et Poirot reste ce personnage pas toujours sympathique mais diablement fascinant pour sa capacité à relier les fils d’une intrigue.
Précisons enfin que le livre est sorti en même temps dans 50 pays en 29 langues. De toute manière, on se trouve encore loin des 33 romans et 52 nouvelles dans lesquelles apparaît le petit détective belge ! On pourra donc encore intercaler de nouveaux épisodes entre tous ceux-là…

Sophie Hannah – Meurtres en majuscules – traduit par Valérie Rosier – Paris – Le Masque – 2014 – 358 pages


Humeur

par Erwan Violin

Aller à l’opéra ?

Gwyneth Jones est une (très) grande cantatrice qui a fait les beaux jours des grandes maisons d’opéra. Pourtant, selon cette grande dame (anoblie par la reine), les fanatiques d’art lyrique ne se pressent plus dans les salles. La faute à qui ? à ceux qui vous imposent aujourd’hui des mises en scènes délirantes.

Manon n’est plus ainsi qu’une minable fille à soldats (pour être poli), tandis que les dieux de Wagner sont ravalés au rang de bourgeois bornés, le tout sur fond de décors abstrus à base de tubulures et de graffiti sur des murs sales.

Nos metteurs en scène modernes et pleins d’eux-mêmes se croiraient déshonorés de montrer Méphisto comme un vrai diable ou Carmen habillée en gitane. Précisons en outre que ces incongruités sont largement financées par l’argent du contribuable.

Pourquoi aujourd’hui aller à l’opéra, si c’est pour y garder les yeux fermés pendant la représentation ?


Livres

par Catherine Pauchet

Sélection cadeaux de fin d’année

Prix Nobel de littérature 2014

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier

La nouvelle aurait pu être bonne : le carnet d’adresses perdu a été retrouvé. Mais son propriétaire, Jean Daragane, n’aime pas la voix de l’homme qui lui téléphone pour le lui remettre, il la sent menaçante. D’instinct, il se méfie. Rendez-vous est pris avec Gilles Ottolini, son interlocuteur, qui arrive accompagné d’une amie. Bientôt le couple fait dériver la conversation sur un certain Guy Torstel (un nom présent dans le carnet) mêlé à un fait divers d’après-guerre. Daragane est contraint de percer le flou de sa mémoire et de ramener à sa conscience des événements et des personnes qu’il espérait oublier à jamais : une maison fréquentée par des gens douteux, la femme qui l’hébergeait à Montmartre et lui glissait l’adresse dans la poche, en lui disant « pour que tu ne te perdes pas dans le quartier ». Le dernier livre de Patrick Modiano reflète bien son univers : retour sur le passé, étrangeté des souvenirs… Il a reçu le prix Nobel de littérature 2014.

« Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier », Patrick Modiano, Gallimard, 145 p., 16,90 €.

Thriller

L’affaire Cendrillon

Pour le nouvel épisode de « Suspicion », son émission de télé-réalité consacrée aux cold cases (les crimes non élucidés), Laurie Moran a choisi un cas qui devrait faire grimper l’audimat. Vingt ans auparavant, le corps de Susan Dumpsey avait été découvert dans un parc de Los Angeles, près de la villa d’un producteur d’Hollywood chez qui elle se rendait pour obtenir un rôle dans un film. La jeune fille, chercheuse en technologie de pointe, ne portait qu’un seul escarpin ; la presse l’avait nommée « Cendrillon ». A l’époque, les suspects ne manquaient pas : fiancé adepte d’une secte, actrice rivale, collègue chercheur… mais aucun n’avait été arrêté. En rouvrant ce dossier, Laurie alerte le tueur, à ses risques et périls. Mary Higgins Clark (aidée d’Alafair Burke) donne une suite à son best-seller Le bleu de tes yeux et c’est réussi.

« L’affaire Cendrillon », Mary Higgins Clark et Alafair Burke, Albin Michel, 406 p., 20 €.

Beau livre

Un faux horizon

Photographe espagnol, Alberto García Alix, 58 ans, s’est vite imposé dans le monde de la photographie européenne. Son œuvre, typique des années postfranquistes et du mouvement de la « Movida », fait la part belle aux marginaux, motards, rockers… Les photos présentées dans ce très beau livre (édité à l’occasion de son exposition à la Maison européenne de la photographie) sont toutes en noir et blanc et au format carré. On y trouve des portraits, des images d’architecture et d’objets du quotidien pris sous des angles inhabituels, témoignant ainsi d’un regard très personnel porté sur la réalité. Un ouvrage de collection, avec une finition impeccable.
« Un faux horizon », Alberto García Alix, éditions de la Maison Européenne de la Photographie, 126 p., 42 €.

Jeunesse

Le livre des superpouvoirs

Et si les enfants avaient de superpouvoirs ? Prenons le cas de Malcom. Il a le superpouvoir de se rapetisser. Rien de tel pour rendre visite à la reine des fourmis ou faire de l’escalade sur un morceau de sucre. Quant à Morgane, elle a le superpouvoir de transformer ce qu’elle touche en chocolat… Ce livre, en couleurs et joliment illustré, signé Xavier Mauméjean et Roland Garrigue, multiplie les gags.

« Le livre des superpouvoirs », Xavier Mauméjean (texte) et Roland Garrigue (dessins), Syros, 112 p., 15,90 €. A partir de 7 ans.


Cinéma

par Marie-Christine Renaud d’André

Les héritiers

C’est la classe la plus mauvaise du lycée Léon Blum de Créteil. Celle dans laquelle se trouvent les élèves les plus dissipés et les moins motivés. Professeur principal de cette classe de seconde, Anne Gueguen, qui est professeur d’histoire, décide qu’il est temps de faire quelque chose pour ses élèves. Elle leur propose un jour de préparer le concours national de la Résistance et de la Déportation, dont le thème est, cette année : Les enfants et les adolescents dans le système concentrationnaire nazi. 

Véritable documentaire sur une classe difficile, ce film est l’adaptation d’une histoire vraie, vécue par Ahmed Dramé, qui a coécrit le scénario et tient l’un des rôles principaux du film. Au début, on plonge dans la cacophonie d’une classe de jeunes de la diversité, pendus à leur portable, pas intéressés par les études et parlant un français approximatif. Puis, peu à peu, on assiste émerveillé à leur réveil, qu’il s’agisse de celui de leur attention, puis de leur intelligence et de leur créativité. Avec beaucoup de finesse, la réalisatrice décrit cette évolution sans jamais tomber ni dans la caricature ni dans l’angélisme, tant toutes les situations semblent réalistes, qu’elles soient consternantes ou cocasses. Ariane Ascaride campe une enseignante passionnée par son travail, mais aussi et surtout par sa mission d’éveiller de jeunes intelligences, et elle est entourée d’une bande de comédiens sensationnels. Dommage que la fin traîne un peu. 

Même si le sujet est consensuel, on est enthousiasmé par cette belle histoire qui montre que rien n’est jamais perdu dans la vie, pour qui sait écouter et stimuler les jeunes, apparemment peu motivés, comme a su si bien le faire ce professeur.

Comédie dramatique française (2014) de Marie-Castille Mention-Schaar, avec Ariane Ascaride (Anne Gueguen), Ahmed Dramé (Malik), Noémie Merlant (Mélanie), Geneviève Mnich (1h45). (Adolescents) Sortie le 3 décembre 2014.

Mr. Turner

Peintre respecté, William Turner vit à Londres avec son père et Hannah, leur fidèle gouvernante. 

Pour retracer les vingt-cinq dernières années du peintre, Mike Leigh a mis en parallèle la beauté et la douceur de sa peinture (avec une photographie splendide, due à Dick Pope, et des images magnifiques) et la rugosité de son caractère, montrant ainsi que la vie d’un grand génie n’est pas de tout repos. Timothy Spall campe avec beaucoup de naturel cet homme bougon et rustre capable de peindre les œuvres les plus délicates, ce qui lui a valu un prix d’interprétation bien mérité à Cannes. Mais cette œuvre éblouissante est d’une longueur excessive. 

Habité, voire dévoré par son art, Turner était un homme odieux et méprisant avec les femmes (petite scène suggestive à l’appui), sauf la dernière.

Comédie dramatique britannique (2014) de Mike Leigh, avec Timothy Spall (J. M. W. Turner), Paul Jesson (William Turner), Dorothy Atkinson (Hannah Danby), Marion Bailey (Sophia Booth), Karl Johnson (Mr. Booth), Ruth Sheen (Sarah Danby) (2h29). (Adultes) Sortie le 3 décembre 2014. 

Tiens-toi droite

Trois femmes très différentes vont se croiser.

On peut porter au crédit de la réalisatrice une belle énergie. Mais c’est aussi un défaut, dans la mesure où l’histoire part dans toutes les directions, avec des dialogues inaudibles, des situations confuses et une histoire sans intérêt. Le résultat est un film très ennuyeux.

Ce film est censé défendre la liberté des femmes vis-à-vis des différentes pressions que la société leur impose. Mais alors pourquoi y a-t-il des scènes érotiques ?

Comédie française (2014) de Katia Lewkowicz, avec Marina Foïs (Louise), Noémie Lvovsky (Sam), Laura Smet (Lili), Sarah Adler (Emma), Lola Duenas (Marguerite), Jonathan Zaccaï (1h34). (Adultes avec des éléments nocifs)

Sortie le 26 novembre 2014.

Paddington

Un petit ourson, qui parle un anglais très châtié, quitte son Pérou natal et arrive en gare de Paddington.

Ce petit personnage craquant, inventé par Michael Bond en 1958, a connu un immense succès outre-Manche, et plusieurs adaptations pour la télévision. Pour la première fois, un film le met en scène dans une aventure pleine de charme et de cocasserie. Les dessins sont très réussis, les personnages bien campés, et les décors superbes, en particulier ceux de Londres. Mais on regrette que l’humour ne soit pas plus présent dans ces aventures mouvementées, qui raviront les enfants. 

Comédie franco-britannique (2014) de Paul King, d’après Michael Bond, avec Hugh Bonneville (Henry Brown), Sally Hawkins (Mary Brown), Nicole Kidman (Millicent), et avec la voix de Guillaume Gallienne (Paddington) (1h35). (Tous) Sortie le 3 décembre 2014.


LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

135 070

C’est le nombre d’immatriculations de voitures particulières neuves en France en novembre 2014, selon les chiffres publiés par le Comité des constructeurs français d’automobiles. Ce chiffre équivaut à une baisse des ventes de voitures neuves en novembre 2014 par rapport à novembre 2013, aussi bien en données brutes qu’à nombre de jours ouvrables comparable. Pour les véhicules utilitaires légers, sur la même période, la baisse est de 0,9%. Elle est de -13,2% pour les véhicules industriels.

Sur 11 mois (janvier à novembre 2014), les ventes de véhicules légers (voitures particulières et utilitaires légers) ont augmenté de 1% en données brutes et de 1,4% à nombre de jours ouvrables comparable. Pour les véhicules industriels de plus de 5,1 tonnes, le marché a baissé de 10,5%.


D’un jour à l’autre

France

Intempéries

Des pluies diluviennes ont frappé le sud-est de la France lors des derniers jours de novembre. Dans le Var, ces pluies ont provoqué quatre morts. Dans l’Hérault, deux personnes ont été ensevelies sous les décombres de leur maison. Les intempéries se sont déplacées vers l’ouest, provoquant d’importants dégâts.

Chômage

Le nombre des demandeurs d’emploi de catégorie A (sans aucune activité) a augmenté de 0,8% lors du mois d’octobre pour atteindre 3 460 900, soit 28 400 inscrits de plus qu’en septembre. Ce chiffre porte à 5,5% l’augmentation du chômage sur un an pour la catégorie A.

UMP

Les 28 et 29 novembre, 155 51 militants, sur 268 236 inscrits (58,1 %), ont voté électroniquement pour l’élection du président de l’UMP. 100 159 voix se sont portées sur Nicolas Sarkozy (64,5 %). Bruno Lemaire a bénéficié de 45 317 bulletins (29 %) et Hervé Mariton de 9 809 (6,3 %) 9 809 voix).

Front national

Lors de son congrès de Lyon les 30 et 31 novembre le Front national a reconduit à sa tête Marine Le Pen.

Avortement

Pour célébrer les 40 ans de la loi Veil dépénalisant l’« Interruption volontaire de grossesse », 143 députés ont voté le 26 novembre une motion, proposée par 251 d’entre eux, « réaffirmant l’importance du droit fondamental à l’interruption volontaire de grossesse » (résolution n°2360). Seuls 7 députés, dont Jean-Christophe Fromantin, député-maire de Neuilly, ont voté contre (Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, et Chantal Jouanno ont d’ailleurs estimé que c’était contraire aux « valeurs » de l’UDI et appelé à son exclusion du parti). Les autres députés étaient absents de l’hémicycle.

Transport maritime

Le tribunal de commerce de Marseille a constaté, le 28 novembre, la cessation des paiements de la Société nationale maritime Corse Méditerranée (SNCM). Une période d’observation de 6 mois devrait permettre de trouver des repreneurs.

Financements politiques

La société AWF Musique créée par l’ancien secrétaire d’État aux anciens combattant Kader Arif, aurait reçu de l’argent pour ses services lors de la campagne présidentielle de François Hollande de 2012. Les enquêteurs se demandent si cet argent est bien entré dans les comptes de campagne du candidat socialiste…

Monde

Égypte

L’ancien président égyptien, Hosni Moubarak, 86 ans, a été acquitté, le 29 novembre, dans le procès où on l’accusait de complicité dans la mort de 846 manifestants contre son régime en 2011. Il a aussi été blanchi, ainsi que ses fils, dans une affaire de corruption. Cependant il reste en prison car il n’en a pas fini avec la justice.

Arrivant d’Italie, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a fait, les 26 et 27 novembre, une visite d’État en France. La question libyenne était au menu de la rencontre avec François Hollande.

Nigeria

La grande mosquée de Kano, construite au XVe siècle, a été touchée par un attentat qui aurait fait plus de 150 morts. L’émir de Kano, Mohammed Sanusi II, avait récemment prêché la résistance armée face aux exactions de Boko Haram. Le 1er décembre, la ville de Damaturu dans le Nord-Est du pays a fait l’objet d’une attaque de plusieurs commandos de Boko Haram qui ont commencé par détruire un poste de police avant de se répandre dans les quartiers.

Moldavie

Les élections législatives du 30 novembre dans cette province de 3,5 millions d’habitants, arrachée à la Roumanie en 1940 par l’Union soviétique, ont connu un taux de participation de 39 %. La coalition pro-européenne a obtenu 44 % des voix et devrait donc reconduire un gouvernement de droite. Mais le parti socialiste et le parti communiste, qui souhaitent un rapprochement avec la Russie, obtiennent 40 %.

Centrafrique

Un missionnaire polonais, le P. Mateusz Dziedzic et quinze de ses paroissiens, enlevés le 12 octobre par le Front démocratique du peuple, ont été libérés le 25 novembre en échange du chef de ce mouvement, le général Miskine, qui était incarcéré au Cameroun.

Pétrole

La chute continue des cours du pétrole (79 dollars le baril au lieu de 110 l’été dernier) gêne la coûteuse exploitation des gaz de schiste aux États-Unis et au Canada ou la prospection dans l’océan arctique. La Russie, le Venezuela, l’Équateur, le Nigeria, l’Iran ou l’Algérie vont devoir réviser leurs budgets à la baisse. Pour la première fois l’organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a élu une femme à sa présidence : Diezani Alison-Madueke, par ailleurs ministre du pétrole du Nigeria.

Europe

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Junker a décidé de mettre en place un plan de relance de 21 milliards d’euros qui bénéficierait d’un « effet de levier » devant multiplier par 15 ses effets dans la relance de l’économie européenne, pour les trois prochaines années.

Thaïlande

Sept membres de la famille de la princesse Srirasmi, épouse du prince héritier Vajiralongkorn, sont impliqués dans un scandale de corruption et de trafic d’antiquités estimé à plus de 250 millions d’euros. Le Prince a ordonné d’effacer des registres le nom de famille honorifique accordé par la couronne à sa belle-famille. Un divorce serait envisagé.

Le 28 novembre, le Parlement thaïlandais a adopté, en première lecture, un projet de loi pour freiner le phénomène des mères porteuses qui vendent leur grossesse à des Occidentaux.

Hong Kong

Des manifestants pro-démocratie qui manifestaient devant le siège du pouvoir ont été vivement repoussés par la police le 1er décembre.

Uruguay

Président de gauche de 2005 à 2010, le docteur Tabaré Vazque, 74 ans, s’est fait réélire président le 30 novembre avec 56,6% des suffrages.

Sport

Football

Marseille reste en tête du classement après sa victoire sur Nantes (2 à 0) lors de la 15ème journée du championnat de Ligue 1. Le PSG, vainqueur de Nice (1 à 0) reste en 2ème position, suivi de Lyon pourtant battu par Saint Etienne (3 à 0).

Rugby

Toulon a pris la tête du Top 14 en battant Clermont par 27 à 19. Paris reste en 3ème position après sa courte victoire sur Brive (20 à 17).


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