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Lundi 2 mars

Lundi 2 mars

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L’événement-1

par Serge Plenier

Quel bilan pour le Salon de l’Agriculture ?

Quel bilan tirer de la 52ème édition du Salon de l’Agriculture ? Avec plus de 691 000 visiteurs, la « plus grande ferme de France » n’atteint sans doute pas le record de l’année précédente, mais la fréquentation demeure plus qu’honorable.

Comme tous les ans, les politiques ont effectué leur tournée rituelle entre bestiaux et plateaux de fromage. Au vrai, à un mois des élections départementales, c’était inévitable. On a pu ainsi entendre François Hollande, Manuel Valls, mais aussi Nicolas Sarkozy et Alain Juppé mettre en garde les agriculteurs contre le Front national, un Front national qui commence sérieusement à s’implanter dans le monde rural.

Ces mises en garde répétées, insistantes même, sonnent surtout comme l’expression d’une sourde angoisse. Devant les sondages qui donnent obstinément le parti de Marine Le Pen en tête des intentions de vote, la classe politique classique semble surtout se réfugier dans l’incantation. Son principal argument prend sa source dans la catastrophe que constituerait une sortie de l’Union européenne, laquelle entrainerait la fin de la Politique agricole commune, et donc la fin des subventions. L’argument n’est d’ailleurs pas faux, à beaucoup près, mais il demanderait à être un peu mieux développé.

Un autre fait majeur de ce Salon de l’Agriculture réside dans les annonces faites par François Hollande, annonces centrées autour de deux mots apparemment consensuels : « recherche » et « innovation ». Pouvait-il aller plus loin ? Le président de la République n’oublie pas la conférence internationale sur le climat qui se tiendra cette année à Paris, sous le patronage de l’ONU. Derrière le plaidoyer pour des technologies nouvelles, il y a la nécessité de réduire la facture énergétique de l’agriculture, mais aussi ses émissions de gaz à effet de serre (21% des émissions totales de la France). Dans cette optique, l’apparente promotion d’un modèle résolument productiviste « à l’ancienne » prend une étrange résonnance. Après tout, ce modèle ne cesse de montrer ses limites, notamment dans le domaine de l’environnement.

Les effets d’annonce ne doivent pas faire illusion. Sous couvert de modernisation et d’innovation, ce sont de nouveaux sacrifices, de nouvelles contraintes qui risquent d’être bientôt imposés aux agriculteurs et au monde paysan en général.

Le bilan du Salon de l’Agriculture 2015 risque de paraître singulièrement mitigé.


L’événement-2

par Jean –Gabriel Delacour

Mystères russes

Le 27 février un peu avant minuit, l’opposant russe Boris Nemtsov se promenait, en compagnie d’une jeune Ukrainienne, sur le Grand Pont de Pierre à côté du Kremlin. Vers 23 h 15, depuis une voiture quatre coups de feu l’ont mortellement atteint dans le dos. Âgé de 55 ans, il avait été premier vice-Premier ministre de Boris Eltsine en 1997-1998 avant de se transformer, avec l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, en l’un de ses principaux opposants. Si l’on ne peut actuellement privilégier de piste, beaucoup pensent à un lien avec les révélations qu’il se serait apprêté à donner sur la participation de forces russes aux événements d’Ukraine. En tout cas, la manifestation à sa mémoire qui, dès le dimanche 1er mars, a réuni quelque 50 000 personnes à Moscou montre que, en Russie, on ne compte pas que des partisans du président Poutine.

Le premier réflexe a en effet consisté à mettre en cause celui qui dirige la Russie depuis quinze ans. Mais, outre le fait que des groupes ultra-nationalistes et des organisations criminelles menaçaient nommément Boris Nemtsov, il n’est pas possible d’accuser systématiquement Vladimir Poutine. Celui-ci est en effet d’une certaine manière ridiculisé puisque le meurtre a été commis dans l’endroit le plus sécurisé et le plus filmé du pays. Tout au plus pourrait-on mettre en cause les campagnes menées contre l’opposition, particulièrement depuis que l’Ukraine se trouve en butte à des interventions russes plus ou moins déguisées : il se développe un climat de violence et de haine qui présente souvent les opposants comme de « mauvais » Russes. On ne peut non plus oublier que d’autres dissidents ont été tués ces dernières années, tels, en 2006, la journaliste Anna Politkovskaïa et l’ancien agent secret Alexandre Litvinenko, en 2009 la militante des droits de l’homme Natalia Estemirova, l’avocat Stanislav Markelov et la journaliste Anastasia Babourova, sans oublier la mort restée mystérieuses de Boris Berezovsky en 2013 ; les condamnations qui ont pu avoir lieu ensuite n’ont touché que des exécutants mais jamais les commanditaires.

Sur le plan politique, le problème consiste à savoir si le chef de l’État russe pâtira de cet assassinat. Son image de patriote voulant rendre à son pays sa grandeur perdue en sera-t-elle écornée ? Son souci d’incarner la spécificité russe traditionnelle, différente de l’Occident, en souffrira-t-elle ? Sa personnalité de calculateur froid, cynique et impitoyable mais efficace résistera-t-elle à ce qui pourrait apparaître comme l’assassinat de trop ? En d’autres termes, l’incontestable popularité dont il jouit chez lui peut-elle être ébranlée par ce meurtre et la signification qui lui sera donnée ?

Dans l’imaginaire russe, Vladimir Poutine doit rester non seulement celui qui tient la dragée haute aux Occidentaux — surtout aux Européens, puisque les Américains semblent se retirer — mais encore le « petit père du peuple » qui apporte la fierté nationale et le pain quotidien. Sa crédibilité interne autant qu’externe subirait inévitablement les conséquences d’une implication.


Politiques

par Alice Tulle

Départementales à trois

UMP et PS préparent les élections départementales des 22 et 29 mars avec un problème commun : le Front national qui empêche désormais la bipolarisation de la vie politique.

Qu’on le déplore ou non, le fait est désormais acquis : l’affrontement classique entre la droite et la gauche est un schéma daté qui a laissé la place à un jeu tripolaire qui va se déployer lors des élections départementales. L’UMP et ses alliés centristes (les sondages accordent 29 % des suffrages à cette coalition) doit affronter tantôt le Parti socialiste (qui ne serait qu’à 23 %), tantôt le Front national (à qui l’on prête également 29  voire 33 %).  Et le Parti socialiste est confronté au même problème pour le premier comme pour le second tour.
Pour les candidats socialistes comme pour ceux de la droite classique, l’objectif est de ne pas être éliminé au premier tour d’un scrutin d’autant plus aléatoire que l’abstention sera élevée. Il faut donc que les deux partis naguère dominants mettent en œuvre une stratégie face au Front national. Mais laquelle ?

De manière très classique, le Parti socialiste appelle à l’union de la gauche pour le premier tour et au front républicain au cas où la droite classique aurait à affronter le candidat frontiste au deuxième tour. C’est une attitude logique mais elle a l’inconvénient de conforter la dénonciation frontiste de « l’UMPS , autrement dit la confiscation de la politique par deux partis seulement.
à l’UMP, on observe une hésitation entre deux attitudes : la première, défendue par Laurent Wauquiez, consiste plus ou moins à tenter de séduire les électeurs de Marine Le Pen en allant sur leur terrain, comme Nicolas Sarkozy l’avait fait en 2007 ; la seconde, défendue par la vice-présidente du parti, Nathalie Kosciusko-Morizet, est tournée vers les électeurs centristes et de centre-gauche qui avaient voté pour François Hollande et qui sont déçus par sa politique.

Mais ces opérations tactiques se heurtent à des questions de fond. L’UMP a choisi le libéralisme et la construction européenne qui a progressivement effacé les thématiques spécifiquement nationales qui ont été reprises par le Front national — pas seulement la xénophobie mais aussi le protectionnisme, voire la sortie de l’euro. Une partie de l’UMP proteste contre la politique d’austérité mais elle ne saurait oublier que sa victoire en 2017 l’entraînerait à appliquer les traités européens. Les socialistes ne sont pas moins embarrassés : ils connaissent les travaux des sociologues et des géographes sur les habitants de la France périphérique et sur les millions de chômeurs qui choisissent entre l’abstention et le vote frontiste mais ils vont devoir faire les réformes que demande Bruxelles, notamment faire de nouvelles économies sur la protection sociale. Au contraire de Syriza en Grèce, le Parti socialiste n’envisage évidemment pas de contester si peu que ce soit les normes européennes.

Face à ses adversaires de droite et de gauche, le Front national joue pour l’instant sur du velours. Il est devenu un parti attrape-tout — les Américains parlent depuis des décennies de ce type de catch all party. Il peut tenir à Marseille un discours xénophobe et se montrer très amical pour les musulmans à Hénin-Beaumont, dénoncer l’ultralibéralisme et réclamer la sortie de l’euro, se poser en défenseur de la protection sociale et attirer les citoyens issus de l’immigration. Il est devenu le parti protestataire qui rassemble largement, en bousculant les frontières habituelles : le Parti socialiste, comme l’UMP sont sans cesse tournés sur leur droite et sur leur gauche parce qu’ils sont quant à eux des partis de gouvernement, ce qui n’est pas — du moins dans la configuration actuelle — le cas du Front national. Face à un boxeur qui change tout le temps de pied, les deux colosses ont du mal à garder leur équilibre. 


Monde

par Yves La Marck

Lettons flingueurs

La Lituanie mobilise. L’Estonie est finlandisée. Entre les deux, la Lettonie, qui préside le conseil de l’Union européenne ce semestre, tente d’exister.
Le sommet du « Partenariat oriental » aura lieu en mai, à Riga, capitale de la Lettonie. On se souvient que c’est dans la même enceinte, alors à Vilnius, capitale de la Lituanie, fin 2013, qu’avait commencé la crise ukrainienne autour de l’adoption d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et six pays : Ukraine, Biélorussie, Moldavie, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan. La réunion de Riga risque de générer une nouvelle crise si certaines bombes à retardement ne sont désamorcées. On ne voit pas comment la tâche de déminage pourrait être menée par le rouleau compresseur de la technocratie bruxelloise malheureusement laissée à elle-même en 2013. L’enjeu est décisif. Si Riga devait rater, on imagine à peine les conséquences.

Peut-on faire reposer cette responsabilité sur un pays de moins de deux millions d’habitants, en décroissance démographique (— 23 % de sa population depuis 1991), le quatrième pays le plus pauvre parmi les vingt-huit membres de l’UE ? Bien sûr que non, mais son entregent à ce moment crucial de l’Histoire peut se révéler un atout.

La Lettonie dispose de plusieurs qualités : une forte identité — à la vérité le seul pays ethniquement balte, les Estoniens étant des finno-ougriens, les Lituaniens des Slaves —, une classe dirigeante qui a été capable de faire entrer le pays dans l’euro tout en étant réélue, une relation spéciale avec la Biélorussie qui un jour, avec ou sans le président Alexander Lukashenko, finira bien par s’ouvrir (le second accord de Minsk en février n’est pas neutre pour ce dernier). La Lettonie est le seul des trois pays baltes à avoir conclu (en 2007) un accord frontalier avec la Russie, devenue frontière Schengen. La Lituanie est plus mal à l’aise car coincée entre l’enclave russe de Kaliningrad et la Biélorussie. Elle vient de décider le retour à la conscription. L’Estonie est dans un état de lévitation permanente qui correspond assez bien au statut réservé par Staline à la Finlande après la Seconde Guerre mondiale.

La Lettonie, comme l’Estonie, compte un quart à un tiers de Russes ou russophones. Le maire de Riga comme celui de Tallin, capitale de l’Estonie, appartient à ce groupe qui s’incarne dans un parti qui s’intitule social-démocrate en Lettonie, centriste en Estonie. En Lettonie, ce parti baptisé Harmonie est même arrivé en tête aux élections législatives d’octobre dernier soit en pleine crise de l’Est ukrainien. Il forme l’opposition. Résultat analogue en Estonie qui tenait ses élections législatives le 1er mars : le parti du centre, pro russe gagne un siège (24 sur 101) mais finit second. Les russophones des deux pays baltes ne semblent toutefois pas désireux de rejoindre la mère-patrie. Parfois discriminatoire, leur statut est un argument de poids pour la défense par Moscou de « l’étranger proche ». Mais il est aussi avantageux pour la Russie de disposer d’une sorte de « cinquième colonne ». Poutine y gagne un sympathisant de chacun de ces deux pays au Parlement européen de Strasbourg.

Le risque est que le dossier n’échappe à l’Union européenne pour être abandonné à l’OTAN. Riga n’avait pas hésité à accueillir un sommet atlantique en 2006 juste après son adhésion à l’organisation. On y avait discuté de l’entrée de l’Ukraine et de la Géorgie, pour la rejeter mais ce n’était pas de bon augure. Aujourd’hui encore, le ministre letton de la Défense, qui a accueilli ses collègues des 28 pour un sommet informel le 18 février, mène un lobbying à Washington pour que la Lettonie devienne un site de défense anti-missiles. Huit ministres et non des moindres se sont abstenus de se rendre à Riga. Attentisme ? Il fallait pourtant y aller ne serait-ce que pour calmer le jeu régional tout en rassurant les Baltes. 


Société

par Bernard Hawadier

Enfoirés… Enfoiré de Goldman ?

La tempête médiatique que la chanson des « Enfoirés » a provoquée est-elle dérisoire ? Elle révèle à sa manière le même malaise profond que la réaction populaire du 11 janvier galvaudée et dévoyée par « je suis Charlie ». Inquiétude, angoisse, peur du lendemain, de l’avenir. Désillusion et rancœur face à un immense gâchis, face à la misère de notre discours sur la vie.
Avec cette chanson nous ne sommes plus dans le slogan initial « on n’a pas le droit ni d’avoir faim ni d’avoir froid » qui est malheureusement toujours d’actualité. Ses paroles ne nous lancent-elles pas plutôt une interrogation sur l’insuffisance de la réponse matérielle et caritative ? Sur le sens de la vie. Qu’avons-nous fait de notre héritage ? Jean-Jacques Goldman a quelque part le mérite de retranscrire une vraie question, de manière provocatrice, comme la réponse qu’il y apporte. Pourquoi pas ! Et si c’était de la dérision ?

Goldman met certaines vérités dans la  bouche de nos jeunes. Le monde que nous avons transmis à nos enfants ne les fait pas rêver. Il est vide. Il n’a pas de sens. À leur jeunesse nos enfants préfèrent « nos caisses ». Dans la liberté que nous leur avons vantée ils n’ont trouvé que le sida. Dans la paix que nous avons proclamée ils ne voient que la violence grandissante que nous leur laissons. Ils sont obnubilés par le chômage qui les menace. La vie c’est bidon.
L’utopie est sans avenir. Les idéologies sont sales. Telles sont ses paroles…
Un certain milieu médiatique s’est scandalisé de la réponse faussement prétentieuse de cette chanson, d’un discours volontariste qui relève du « y a qu’à faut qu’on » et de l’impuissance qui le caractérise lui-même si bien…

Notre génération n’a plus à sa disposition que l’imprécation et le volontarisme. Elle est choquée par sa propre impuissance que les paroles de Jean-Jacques Goldman soulignent avec… dérision.

Les jeunes ne sont pas convaincus par nos réponses. Pour finir le dernier conseil « C’est ta vie, vole et vas-y, Vole et vas-y? » est à double sens. Comment doit-on interpréter l’invitation au « vole » qui fait écho au nous n’avons rien volé du début ? Dérision ultime ? Provocation ?

Tout cela me fait penser à la fameuse lettre au général X dans laquelle Antoine de Saint-Exupéry écrit « je hais mon époque de toutes mes forces, l’homme y meurt de soif ». Jean-Jacques Goldman, le préféré des Français, se défend en prétendant avoir voulu délivrer un message d’espoir, n’a-t-il pas souligné par cette chanson, bien pauvre par ailleurs, son angoisse, notre angoisse, face aux défis que la quête du sens lance à notre époque ?

Saint-Vincent-de-Paul qui fit avant Coluche et les enfoirés tout ce qu’il pouvait pour répondre aux misères matérielles de son temps et qui créa une œuvre qui a duré des siècles, avait compris que l’on ne peut pas se contenter de donner à manger et à boire à ceux qui ont faim et soif. En donnant, il faut se donner soi-même. Pour se donner soi-même il faut avoir quelque chose d’autre à transmettre qu’à manger et à boire. Il faut que la vie ait un sens. C’est toute la question.


Environnement

par Fabrice de Chanceuil

Manille: un appel dans le vide

A l’occasion de son déplacement aux Philippines les 26 et 27 février derniers, le Président de la République française a choisi de faire un vibrant plaidoyer en faveur de la lutte contre les changements climatiques. En fait, son but était surtout de mobiliser la communauté internationale en vue de la 21ème conférence des parties de la Convention-cadre des Nations-Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Paris en décembre prochain.

François Hollande donne ainsi l’impression, une fois de plus, de vouloir se mettre dans les pas de son prédécesseur et compatriote corrézien Jacques Chirac en se présentant comme le président conscient des problèmes environnementaux de la planète. Il est vrai que l’enjeu est grand pour le gouvernement qui ne veut pas subir le même échec que celui enregistré à Copenhague en 2009 mais au contraire sortir grandie par un succès à la fois diplomatique et écologique.

D’où l’ « appel de Manille » qui s’inscrit dans la continuité de l’ « esprit du 11 janvier » qui avait vu les grands de ce Monde converger à Paris pour dénoncer le terrorisme. Croyant ou feignant de croire que la France aurait retrouvé son aura internationale, le Président français souhaite susciter la même mobilisation en décembre prochain, confortant ainsi la place de la France comme chef de file des grandes causes mondiales (« la France n’est réellement elle-même qu’au premier rang »  disait le Général de Gaulle) et, accessoirement, rendre à nouveau possible sa propre réélection en 2017.
D’où le soin apporté à l’ « appel de Manille », concocté par le Président et son homologue philippin Benigno Aquino et lu par une personnalité française appréciée du grand public, disposant d’un rayonnement international suite à son Oscar pour son rôle d’Édith Piaf dans le film La Môme et connue pour son engagement en faveur de la cause environnementale, l’actrice Marion Cotillard, assistée pour l’occasion de la sénatrice philippine Lauren Legarda. « Nous appelons la communauté internationale à conclure un accord ambitieux, équitable et universel sur le climat » ont-elles lancé.

Pour autant, au-delà de cette mise en scène réussie, l’appel ne semble pas avoir eu l’effet escompté et ne laissera pas le même souvenir que le discours de Johannesburg et son célèbre « La maison brûle et nous regardons ailleurs ». D’abord, la comédienne s’est montrée moins à l’aise dans son rôle qu’on aurait pu l’imaginer, ne donnant pas, par son ton, toute sa force dramatique au texte. Ensuite, en voulant être consensuel et ne pas insulter l’avenir, le texte est resté assez minimaliste et a déçu une bonne partie des militants de la lutte contre le réchauffement climatique. Enfin, il semble bien que seules les presses françaises et philippines se soient fait l’écho de l’événement, finalement plus bi-national que réellement international.

La présence d’une autre actrice, Mélanie Laurent, invitée par le non moins médiatique Nicolas Hulot, envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète, volontairement très discrète, n’a rien changé à l’affaire. Et que dire du silence de Ségolène Royal, d’ordinaire si diserte pour assurer le service après-vente de la politique française de l’environnement, manifestement peu satisfaite de s’être vue voler la vedette par des concurrentes.

L’ « appel de Manille », qui devait tonner comme une charge héroïque, a plutôt sonné creux. Comme quoi l’écologie est une chose trop sérieuse pour ne la confier qu’aux seuls chargés de communication.



Tribune

par Jean-Philippe Delsol, avocat fiscaliste

Il vaut mieux encourager les « retraites chapeau »

La petite colline de la loi Macron a accouché en première lecture de souriceaux en bien des domaines. Tant pis pour les vraies réformes que ce projet avait envisagées. Tant mieux pour les dispositions attentatoires des libertés qui y sont désormais édulcorées. C’est le cas pour les régimes de retraite à prestations définies, dits « retraites chapeau » qui faisaient l’objet d’un acharnement pas très thérapeutique du ministre. Celui-ci avait souhaité leur suppression dans son projet initial. Finalement, le texte amendé ne prévoit que de « mieux encadrer le dispositif » …

Désormais et pour les droits accumulés à compter du 1er juillet 2015, le versement de la retraite chapeau sera conditionné à la performance de la société et devra être approuvé annuellement par le conseil d’administration ou le conseil de surveillance de l’entreprise. Par ailleurs, l’accroissement des droits conditionnels (au départ en retraite, aux résultats de l’entreprise…) ne pourra excéder plus de3% par an de la rémunération de référence. Il « prévoit également de limiter la vitesse d’acquisition des droits conditionnels à un taux de remplacement de 3% par année de présence dans l’entreprise », peut-on encore lire dans l’exposé sommaire de la mesure. Enfin, elle prévoit l’établissement d’un rapport annuel concernant ces régimes, retraçant notamment les engagements souscrits et les montants de rentes versées. Une version consolidée, après anonymisation éventuelle, sera publique. Un décret est à venir pour déterminer les modalités de cette réformette.

Tout ça pour ça ! Ne suffisait-il pas de relire les dispositions applicables qui encadrent déjà beaucoup ces retraites « chapeau » soumises :

• Sur option de l’employeur : à une contribution de 32% sur les rentes servies ou de 24% sur le financement patronal.


• A une contribution additionnelle de 45% (depuis le 1er janvier 2015) due sur les rentes excédant huit fois le plafond annuel de la sécurité sociale,
En outre depuis la loi du 9 novembre 2010 la mise en place des régimes de retraite supplémentaires est subordonnée au fait que l’ensemble des salariés bénéficie d’un plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO) et/ou d’un régime de retraite supplémentaire.

Enfin, l’article 39, 5 bis du CGI (issu de l’article de la loi du 27 décembre 2008) limite la déduction des rémunérations différées versées par les sociétés cotées à leurs dirigeants. Ainsi, les sommes versées au titre des « retraites chapeaux » ne sont pas déductibles des bénéfices nets lorsqu’elles excèdent, par bénéficiaire, un montant fixé à six fois le plafond annuel de la sécurité sociale.

Ces retraites sont déjà surabondamment règlementées alors même qu’elles ne font pas appel, elles, à des financements publics. Ces retraites fonctionnent par capitalisation, garantissant ainsi à leurs détenteurs un futur que les régimes par répartition ne savent plus offrir. Un rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF) et l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) remis le 16 janvier dernier aux ministres concernés a souligné d’ailleurs si ce dispositif bénéficie à plus de 200 000 salariés d’entreprises et à des dirigeants mandataires sociaux, le nombre de bénéficiaires de retraites chapeau représentant des montants substantiels est limité à un nombre de bénéficiaires réduit : 84% des bénéficiaires perçoivent des retraites chapeau inférieures à 5 000 € annuels.

L’Etat connaît bien l’intérêt des régimes par capitalisation qu’il réserve à ses fonctionnaires et aux élus (PREFON, FONPEL, CAREL). Plutôt que de stigmatiser les retraites « chapeau », il ferait mieux de les encourager. A défaut les retraites s’étioleront en peau de chagrin et l’Etat en portera le chapeau.


Clefs

par Jean Etèvenaux

Il y a deux cents ans les Cent-Jours

Les Cent-Jours — en fait un peu plus — constituent une épopée unique dans l’histoire non seulement de la France mais encore du monde. Même si elle s’inscrit dans la longue liste des régimes qui se succèdent en se renversant entre 1789 et 1870, elle frappe par sa soudaineté, sa brièveté et son originalité. Elle commence par une période de trois semaines qui, à partir du 1er mars, voit l’Empereur remonter de Golfe Juan à Paris en passant par Grenoble et Lyon. Cette reconquête sans un coup de feu de tout un pays avec, comme corollaire, le renversement du régime installé depuis presque un an, mais suivie de son propre écroulement au bout de trois mois, demeure une grande singularité. Ses chances n’apparaissaient aucunement évidentes, comme Napoléon le reconnaîtra lui-même à Sainte-Hélène : « De Cannes à Grenoble, j’étais un aventurier. Dans cette dernière ville, je redevins un souverain ». 

Dans un premier temps, l’« Usurpateur » n’est d’abord guère pris au sérieux et il se garde de chercher la confrontation avec des forces déployées en masse. Cela ne met que davantage en valeur les retournements de veste et les trahisons, mais aussi la naïveté de ceux qui considèrent ce retour soit comme la simple reprise de l’odyssée impériale soit comme la panacée capable de panser les plaies de la France. En tout état de cause, le roitelet de la Méditerranée a réussi son coup, même s’il n’en avait pas précisément arrêté les détails. Entre les charmes limités de l’île d’Elbe et l’échec de la restauration impériale suivi de la descente aux enfers héléniens, se produit une succession de moments magiques qui ont marqué à jamais les étapes de cette route Napoléon. Voilà qui explique les commémorations exceptionnelles qui, cette année, jalonnent des lieux devenus historiques et parfois embellis par la légende.

Manifestement à l’étroit dans sa petite île — une de plus dans son histoire personnelle ! —, Napoléon craignait non sans raison que les Alliés l’éloignent davantage. Il prend donc les devants, organise avec soin son départ et sa traversée et débarque en Provence. Prudemment, le revenant ne rejoint pas la route de la vallée du Rhône, qui lui a laissé de mauvais souvenirs l’année précédente et il se glisse à travers les Alpes, là où les troupes royales ne sont pas trop nombreuses. En fait, derrière ce qui pourrait apparaître comme une promenade militaire, c’est à la reconquête de son trône qu’il se lance. Il compte sur les erreurs de la Première Restauration et sur son aura personnelle. Effectivement, alors qu’on s’imaginait les Français aspirant au calme, la crainte de nouvelles guerres incessantes est vite oubliée par les demi-soldes aigris depuis plusieurs mois et par la masse paysanne qui peut à nouveau rêver de gloire. Mais l’Empereur mésestime la volonté des puissances qui, après vingt ans de conflits, n’acceptent pas une nouvelle contagion révolutionnaire française ; elles peuvent se concerter d’autant plus facilement qu’elles sont réunies à Vienne dans le cadre du congrès chargé d’organiser la paix postnapoléonienne, bientôt confirmée par Waterloo.


Humeur

par Erwan Violin

Question de temps

Un simple pataquès journalistique ? L’annonce de la mort de Martin Bouygues risque de passer dans les écoles de journalisme pour l’exemple même de ce qu’il ne faut pas faire : une annonce hâtive opérée sans le moindre recoupement.

Au fait, comment une agence réputée sérieuse comme l’AFP en est arrivée là ? La réponse est peut-être toute simple : nous sommes devenus des boulimiques de l’information. La chasse au scoop, mais aussi la multiplication des chaînes d’information en continu, et surtout celle des sites sur Internet, laisse de moins en moins de temps aux fameux « soutiers de l’information ».
A force de vouloir être informés, nous n’acceptons plus de laisser du temps au temps.


Livres

par Catherine Pauchet

Roman

Elle & lui

Mia, une actrice anglaise, vit dans l’ombre de son mari, une gloire du cinéma britannique. Elle n’aspire qu’à trouver un rôle où elle pourrait mettre en valeur autre chose que ses atouts physiques. Peu avant la sortie de son film, elle s’enfuit à Paris et débarque chez Daisy, une amie qui tient un restaurant à Montmartre. Paul est Américain. Il avait un cabinet d’architecte réputé, il a tout plaqué pour se lancer dans l’écriture. Son premier livre est un best seller, en particulier en Corée. Pour trouver l’inspiration, il vient vivre à Paris, la cité des lettres et des arts par excellence. Suite à une mauvaise blague préparée par deux de ses amis, il se retrouve face à Mia. Mensonges et quiproquos sont au cœur du nouveau roman de Marc Lévy.

« Elle & lui », Marc Lévy, éditions Robert Laffont/Versilio, 418 p., 21,50 €.

Biographie romancée

La Divine chanson

Dans l’une de ses vies antérieures, Paris, un vieux chat roux, a été soufi. Un sage sans aucun doute à en juger par son talent de conteur. Car, de nos jours, le matou nous apparaît sous les traits du confident, et ici du biographe, de Sammy Kamau-Williams. L’homme est aussi quelque peu devin, à la fois compositeur, chanteur de blues, poète et écrivain. Dans les années 1970, il s’est fait connaître en défendant la cause des Afro-américains. Il a aussi enflammé les Etats-Unis avec ses chansons avant de partir à la conquête musicale du monde : Paris, Berlin… l’ont célébré. Les passionnés de musique reconnaitront le jazzman Gil Scott-Heron, le créateur de The Revolution will not be televised que l’on surnomma le « Bob Dylan noir », dans ce conte moderne que l’on doit à l’écrivain djiboutien Abdourahman A. Waberi.

« La Divine chanson », Abdourahman A. Waberi, éditions Zulma, 240 p, 18,50 €.

Livre d’art

Swimming in the black sea

On se souvient de Kéraban-le-Têtu, le roman de Jules Verne. Ce riche négociant turc refusait de payer au sultan l’impôt qui lui était dû pour la traversée du Bosphore. Pour rejoindre Constantinople, il fit le tour de la mer Noire. Pendant huit ans, le photographe Philippe Guionie a mis ses pas dans ceux de Kéraban et a retrouvé la magie des lieux. Le résultat de cette errance photographique est un livre de polaroïds aux couleurs acidulées. Une présentation soignée et une couverture toute douce complètent cet ouvrage à (s’)offrir.

« Swimming in the black sea », Philippe Guionie, Filigranes éditions, 61 p., 30 €.

Revue

Colbert

Colbert n’aimait pas Versailles : trop grand, trop cher, bâti à mille lieux de Paris et au détriment du seul palais qui trouvait grâce à ses yeux, le Louvre. Mais, en tant que surintendant des Bâtiments, il se plia à la volonté royale et en fit le joyau que l’on connaît. Construire ou ne pas construire, la revue Château de Versailles consacre un dossier au dilemme qui agita ce grand commis de l’Etat. Au sommaire aussi : ces petits princes en robe, le second mariage du dauphin, l’ameublement du château, le Versailles de Stefan Zweig…

« Colbert », Château de Versailles, n°16, mars 2015, 9,90 €. En kiosque.


Cinéma

par Marie-Christine Renaud d’André

Le dernier loup

La révolution culturelle vient à peine de commencer, et Chen Zhen, un jeune étudiant de Pékin, est expédié en Mongolie intérieure avec un de ses camarades. Sa mission consiste à éduquer les bergers nomades. Mais, très vite, il est fasciné par ce pays magnifique et par la simplicité chaleureuse de ses habitants. Ceux-ci le mettent en garde contre les loups qui dévastent les troupeaux. Mais, avec leur sagesse ancestrale, ils ont aussi appris à les protéger, car leur présence est utile à la région. Un jour, contre l’avis de tous, Chen Zhen décide d’adopter un louveteau pour l’apprivoiser.

On connaît la passion de Jean-Jacques Annaud pour les grands espaces et les animaux sauvages. Après les ours et les tigres (L’ours, Deux frères), il s’intéresse aux loups dans cette adaptation d’un best-seller chinois de Jiang Rong (aussi populaire en Chine que Le Petit Livre rouge de Mao !). 

Le résultat est une œuvre splendide, avec des images de toute beauté, dont certaines constituent de véritables exploits, telles celles de l’attaque d’un troupeau de chevaux par la meute des loups, ou des tableaux superbes, tels ces mêmes chevaux prisonniers des glaces. 

Mais le vrai thème du film est l’opposition entre les gens de la campagne, qui respectent ces animaux qu’ils craignent, car ils en connaissent l’utilité, et ceux de la ville qui veulent soudain les exterminer brutalement au nom de l’efficacité productiviste. Malgré quelques longueurs et un doublage assez médiocre, ce film éblouissant est une magnifique réussite.
Le respect de l’équilibre de la nature est au cœur de ce grand et beau film.

Aventures franco-chinoises (2013) en 3D de Jean-Jacques Annaud, d’après le roman de Jiang Rong, avec Shaofeng Feng (Chen Zhen), Shawn Dou (Yang Ke), Ankkhnyam Ragchaa (Gasma), Yin Zhusheng (Bao Shunghi), Basen Zhabu (Bilig) (1h58). (Adolescents) Sortie le 25 février 2015.

Le grand musée

La Kunstkammer, une aile du musée d’Histoire de l’art de Vienne est en rénovation.

Après Frederick Wiseman (National Gallery, en 2014), et Nicolas Phillibert (La ville Louvre, en 1990), c’est au tour de Johannes Holzhausen de pénétrer dans les coulisses d’un grand musée européen. Sans commentaire ni musique, il suit les employés à travers les dédales de ce musée et montre le dévouement de ces gens passionnés. C’est parfois drôle, parfois émouvant, voire étrange, telles ces restauratrices qui traquent les insectes sous une peinture ! Il est dommage que l’ensemble soit trop morcelé, car ce beau film met en valeur la passion pour l’art de tous ces gens qui travaillent dans ce même musée viennois.

Documentaire autrichien (2014) de Johannes Holzhausen (1h34). (Tous) Sortie le 4 mars 2015.

Inherent Vice

Dans les années 70, à Los Angeles, « Doc » est un privé au look hippie.
Où est passé le brillant réalisateur de There Will Be Blood et The Master ? Dans cette pochade, Paul Thomas Anderson a conservé sa maîtrise de l’image, mais pas celle du scénario. Car on ne comprend pas grand-chose à cette histoire alambiquée. Quelques touches d’humour viennent alléger un récit tortueux, mais l’on finit par trouver le temps bien long avec cette œuvre qui semble avoir été écrite et réalisée sous acide (c’est le cas de le dire !).

Ça fume et ça sniffe tout le temps dans cette histoire déjantée, qui met en scène dealers, prostituées, évadés fiscaux, etc., face à un héros positif qui peine à rester dans le droit chemin. En prime, les images ne sont guère discrètes.

Policier américain (2014) de Paul Tho-mas Anderson, d’après Thomas Pynchon, avec Joaquin Phoenix (Larry « Doc » Sportello), Josh Brolin (l’inspecteur Christian F. « Bigfoot » Bjornsen), Owen Wilson (Coy Harlingen), Katherine Waterston (Shasta Fey Hepworth), Reese Witherspoon, Benicio Del Toro (2h38). (Adultes avec des éléments nocifs) Sortie le 4 mars 2015.

La vie des gens

Sur sa trottinette, elle traverse les rues de Lyon, pour visiter ses patients du troisième, voire du quatrième âge. Françoise, la soixantaine rayonnante, est infirmière libérale. 

Elle est épatante, cette infirmière que ses patients ont surnommée « l’étoile filante », car elle a su tisser des liens d’amitié et de tendresse avec ceux qui en manquent cruellement. En se faisant discrète, la caméra capte ces moments de joie, voire de franche gaîté, d’émotion et de tendresse. Ces personnes âgées se sentent si bien en compagnie de Françoise, qu’ils n’hésitent pas à la taquiner, ce qu’elle ne se prive pas de faire à son tour. Car elle refuse le réconfort lénifiant du mensonge, et n’hésite pas devant la vérité : compte tenu de leur âge avancé, ils vont bientôt mourir, et ils le savent. « Il faut réussir la vieillesse des gens », dit-elle joliment. Et ce magnifique documentaire est un appel à davantage de respect et de sollicitude envers ceux… qui nous précèdent dans la solitude du grand âge.

Documentaire français (2014) de Olivier Ducray (1h25). (Adolescents) Sortie le 4 mars 2015.


LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

0,6%

C’est le taux de progression en volume de la consommation des ménages en biens pour le mois de janvier 2015, selon les chiffres publiés par l’INSEE. En décembre 2014, l’augmentation avait été de 1,6%. Cette progression résulte essentiellement du dynamisme des achats d’automobiles et des dépenses de gaz et d’électricité.

Pour les biens fabriqués, la dépense des ménages enregistre une croissance de 1,3%. La progression est encore plus nette en ce qui concerne les biens durables. C’est ainsi que les achats d’automobiles enregistrent un bond de 3,2%, tandis que les achats en équipement du logement augmentent de 1,4% (contre – 0,5% en décembre). Les achats d’habillement augmentent de 2%. Par contre, les autres biens fabriqués baissent légèrement de 0,2%.


D’un jour à l’autre

France

Agriculture

Plus de 691 000 visiteurs sont venus à la 52ème édition du Salon de l’Agriculture, à Paris. Comme chaque année, le Salon a reçu la visite des hommes politiques. François Hollande, Manuel Valls et Alain Juppé ont mis en garde les agriculteurs contre la tentation du vote Front national, tandis que Marine Le Pen, venue elle aussi, a prôné une renationalisation de la politique agricole commune.

Santé

22 000 postes devraient être supprimés dans les hôpitaux d’ici trois ans. C’est ce que révèle un document interne du ministère de la Santé publié par le site « Challenges ». Ces suppressions de postes s’effectueraient par le non remplacement des personnels partant à la retraite. Plus généralement, le document prévoit 3 milliards d’euros d’économies.

Politique

Selon un sondage Odoxa publié par « Le Parisien » le 2 mars, le Front national recueillerait 33% des voix au premier tour des élections départementales. L’UMP obtiendrait 27% des voix tandis que le Parti socialiste resterait loin derrière à 19% des voix.

Intempéries

Pluies et chutes de neige ont été particulièrement abondantes dans le Sud-Ouest et sur le massif pyrénéen, provoquant de nombreuses avalanches et bloquant des voies d’accès aux stations de sports d’hier. C’est ainsi que le petit village de Gazost (Hautes Pyrénées) a été complètement isolé par un glissement de terrain qui a emporté une partie de la route qui y menait.

Économie

La Fnac a annoncé un bénéfice de 41 millions d’euros pour 2014, le triple de 2013, avec un chiffre d’affaires maintenu à 3,9 milliards d’euros, grâce au redéploiement de petites surfaces de vente et aux achats en ligne.
Les ventes de voitures neuves ont augmenté de 4,1% en février, après une croissance de 6% en janvier, selon les chiffres publiés le 2 mars par le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA).

Islam

Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, a présenté au conseil des ministres du 25 février, le projet d’une nouvelle instance de dialogue avec les composantes de l’islam de France. Elle se réunira deux fois par an avec le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur et les ministres concernés par les sujets évoqués.

Médias

L’Agence France-Presse a annoncé, le 28 février la mort de l’industriel français Martin Bouygues avant de diffuser un démenti moins d’une heure plus tard. Cette annonce était le fruit d’un malentendu avec le maire d’une commune voisine. L’AFP a ouvert une enquête interne pour élucider l’origine de l’incident.

Polémique

« Toute la vie », la chanson des « Enfoirés », écrite par Jean-Jacques Goldman a provoqué une polémique. Certains l‘accusent d’être dirigée contre les jeunes.

Faits divers

Les huit braqueurs qui avaient dévalisé la bijouterie Harry Winston (avenue Montaigne à Paris) en 2007 et 2008 — le préjudice a été évalué à 70 millions d’euros et seule une petite partie du butin a été retrouvée — ont été condamnés, le 27 février, par la cour d’assises de Paris à des peines allant de 15 ans à 9 mois de prison selon leur implication et leur passé pénal. Le vigile qui avait, dans les deux cas, donné le renseignement, n’a été condamné qu’à 5 ans de prison dont 3 avec sursis.

Le salon chinois du château de Fontainebleau a été cambriolé dimanche 1er mars. Quinze œuvres majeures, dont la couronne en or du roi de Siam offerte à Napoléon II, ont été volées. 

Monde

Russie  

L’opposant russe et ancien vice-Premier ministre Boris Nemtsov a été tué de quatre balles dans le dos, tirées depuis une voiture, sur une place devant le Kremlin, dans la nuit du 27 au 28 février. Il laisse quatre orphelins. Il sera certainement très difficile de démasquer les commanditaires de cet assassinat politique. Le 1er mars, de 50 à 70 000 personnes sont venues lui rendre hommage sur le lieu de son assassinat.

Irak

Les islamistes de l’État islamique ont diffusé sur You-Tube une courte vidéo où on les voit en train de saccager un musée d’archéologie mésopotamienne de Mossoul, ville d’un million et demi d’habitants qu’ils contrôlent depuis juin dernier. On sait par ailleurs qu’ils ont brûlé des trésors de la bibliothèque de Mossoul.

Inde

Le ministre des Finances, Arun Jaitley, a annoncé le 27 février devant le Parlement que les 8 % de croissance attendus en 2015 serviront no-tamment à financer un système de sécurité sociale universelle. Une TVA générale (appelée GST) devrait aussi remplacer un système compliqué de taxes locales.

Syrie

Quatre parlementaires français — les sénateurs Jean-Pierre Vial (UMP), François Zocchetto (UDI), les députés Jacques Myard (UMP) et Gérard Bapt (PS) ont été reçus à Damas les 24 et 25 février. Mais seuls les trois premiers ont eu une entrevue avec le président Bachar el-Assad. L’ini-tiative n’a pas été appréciée par le Président et le Premier ministre français.

Le 27 février, la milice Unités de protection du peuple kurde (YPG) a libéré un village arabe occupé par l’État islamique : Tall Hamis, dans la province d’Hassaké (c’est dans cette province que 375 chrétiens assyriens ont été récemment enlevés par l’EI). 175 jihadistes auraient été tués dans cette bataille de sept jours tandis que les libérateurs auraient eu 30 tués (dont un volontaire australien).

Un tribunal de l’État islamique a fait relâcher, le 1er mars, 19 des chrétiens assyriens enlevés.

Mali

Un accord de paix a été finalisé à Alger le 1er mars entre le gouvernement malien et des mouvements rebelles nordistes (qui ont demandé un délai avant de le parapher).

Grèce

Le 27 février, les députés allemands ont validé le plan d’aide internationale à la Grèce pour les quatre prochains mois. Le Bundestag était le seul Parlement européen appelé à donner son avis sur la question.

Climat

Le 26 février à Manille, les présidents français et philippin François Hollande et Benigno Aquino ont, dans « l’Appel de Manille », souhaité qu’un accord « ambitieux, équitable et universel » soit signé à Paris fin 2015 lors de la conférence mondiale sur le climat. La délégation française comprenait la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, et deux actrices militantes écologistes : Mélanie Laurent et Marion Cotillard.

Espagne  

Huit combattants espagnols, dans les rangs des séparatistes pro-russes en Ukraine, ont été arrêtés, le 27 février, par la police espagnole. Il s’agit de militants d’extrême-gauche.

Autriche 

Le Parlement autrichien a révisé le 25 février la législation concernant l’islam qui datait en partie de 1912 (annexion de la Bosnie). L’Autriche a 8,5 millions d’habitants dont 560 00 musulmans et elle ne veut plus que les imams soient payés par des pays étrangers (Turquie, Arabie saoudite). Deux-cents citoyens autrichiens combattraient dans les rangs de l’État islamique en Syrie ou en Irak.

Estonie

Le parti centriste de la Réforme, au pouvoir, a remporté les élections législatives du 1er mars. Il aura 30 des 101 sièges de députés, devant le parti du Centre, russophone, qui en obtient 27.

Sport

Football

Lyon reste en tête du classement malgré sa défaite face à Lille (2 à 1) lors de la 27ème journée du championnat de Ligue 1. Le PSG, à l’issue de son match nul face à Monaco (0 à 0), passe en 2ème position grâce à la défaite de l’OM devant à Caen ((2 – 3).

Rugby

Le XV de France a dû s’incliner devant le Pays de Galles par 13 à 20 lors de la 3ème journée du Tournoi des Six nations. De son côté, l’Irlande a battu l’Angleterre par 19 à 9, tandis que les Ecossais ont été vaincus par l’Italie sur le score de 16 à 22.

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