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Lundi 21 mars 2016

Lundi 21 mars 2016

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L’événement-1

par Serge Plenier

Un avenir pour le Centre ?

Le Centre n’est pas mort. C’est du moins ce que nous apprend le dernier congrès de l’UDI. A 66,56 %, les 23 000 adhérents du parti centriste se sont prononcés contre la participation à la primaire organisée par Les Républicains.
Le Centre n’est pas mort mais il ne vaut guère mieux. Ce congrès de l’UDI aura vu les rivalités et les querelles de personnes se donner libre cours.

Aujourd’hui, Hervé Morin, président du conseil régional de Normandie, et président du Nouveau Centre (l’une des composantes de l’UDI), menace tout simplement de quitter le parti au cas où Jean-Christophe Lagarde se présenterait à la présidentielle. En somme, voici un parti dont les principaux dirigeants ne sont pas d’accord sur la stratégie à mener. Surtout, un Parti qui a visiblement cessé de croire en lui-même.

Dans l’affaire, on oublierait presque le Modem, l’autre composante du centre, dont le nombre d’adhérents ne cesse de fondre comme neige au soleil. La valse-hésitation entre le PS et la droite aura coûté cher à François Bayrou qui ne plus guère compter que sur une victoire d’Alain Juppé pour se remettre en selle.

Voilà donc les différentes composantes du Centre réduites au rôle de force d’appoint des gros partis de gouvernement, le tout dans une conjoncture particulièrement délicate : alors que Les Républicains ont tendance à se droitiser, le PS poursuit sa lente dérive vers le centre-gauche et un social-libéralisme plus ou moins assumé. Dans cette recomposition vaguement consciente, la place des forces centristes ne semble guère évidente, pas plus que sa capacité à peser sérieusement sur les prochaines échéances électorales.

Cet effacement de la famille centriste n’est pas une bonne nouvelle. Bien sûr, l’UDI et le Modem peuvent encore compter sur un réseau non négligeable d’élus locaux, mais cela ne suffit pas à faire un mouvement national crédible, ni à se faire respecter (ou craindre ?) par Les Républicains ou le PS. Le Centre a toujours joué un rôle de contrepoids face aux dérives idéologisantes des majorités successives. Qu’il ne soit plus en mesure d’exercer ce rôle est inquiétant.

Y a-t-il un avenir pour le Centre ? On voudrait le croire, même contre les Centristes eux-mêmes. Il y va de l’équilibre de notre vie démocratique.


L’événement-2

par Jean-Gabriel Delacour

Rien n’est résolu

À lire et à entendre un certain nombre de commentaires concernant aussi bien l’arrestation de Salah Abdeslam que l’état de la France, on pourrait croire que les gros problèmes sont résolus et que les choses ne vont donc pas si mal. En réalité, une sorte de cécité volontaire empêche de regarder avec réalisme la situation, voire même se délecte des difficultés auxquelles le pays est confronté — alors que le gouvernement reste dans l’immobilisme. On a l’impression que prévaut la même inconscience qui fait applaudir les vulgarités de la télévision, par exemple lorsqu’un animateur verse un bol de pâtes dans le slip d’un de ses acolytes, marquant par là l’absence de toute dignité et de tout respect vis-à-vis des autres, mais aussi la prédominance d’un esprit qui ne songe qu’à ricaner, voire à détruire. Dans cette optique, les hommes et les femmes ne sont pas à considérer avec plus de sérieux que les dangers et les problèmes de la société.

Ce qui concerne le terroriste arrêté à Bruxelles, outre les habituelles approximations juridiques et procédurales censées éclairer l’avenir, a engendré un double phénomène. Dans un premier temps, le côté feuilleton a été mis en exergue, avec un suspense concurrençant les grandes séries télévisées. Puis est venu le moment du détachement, où on interroge des voisins généralement abasourdis et ne comprenant pas, tandis qu’on appelle à ne pas pratiquer d’amalgame et qu’on insiste sur ce qui pourrait contrecarrer la marche de la justice, tel l’avocat envisageant de porter plainte contre le procureur de Paris qui aurait violé le secret de l’instruction. Du coup, on oublie l’essentiel : comprendre comment le suspect est devenu l’organisateur d’un massacre de masse et les fondements, non seulement logistiques mais également religieux et idéologiques, de son geste.

De même, on glisse sur les attentats commis ailleurs, non seulement lorsqu’il n’y a pas de Français parmi les victimes mais aussi lorsque, pour diverses raisons, les autorités locales privilégient d’autres pistes que l’islamisme. À l’heure où l’on disserte beaucoup sur les élections qui se tiennent dans divers pays africains, on semble y négliger la situation militaire. Quand le général André Lanata, chef d’état-major de l’armée de l’air, avertit que ses troupes se trouvent outre-mer dans un « taux d’engagement hors normes », on pense aux propos du général de gendarmerie Bertrand Soubelet, qui n’a pas craint de les synthétiser dans son ouvrage Tout ce qu’il ne faut pas dire, alors que les forces armées sont aussi fortement déployées en métropole.

Ceci amène à des réalités encore plus proches, comme l’éventuelle attribution de la nationalité française aux frères et sœurs de ceux qui l’ont déjà. Et que dire de l’article 6 de la loi El Khomri qui garantira « la liberté du salarié à manifester ses convictions, y compris religieuses » ? — à moins que cette disposition ne relève de ce que le gouvernement envisage d’abandonner…


Politiques

par Alice Tulle

Fonction publique : Un petit cadeau

Ministre de la Fonction publique, Annick Girardin a annoncé le 17 mars une hausse de 1,2 % du point d’indice qui sert à calculer les rémunérations des fonctionnaires en fonction de leur grade et de leur échelon dans ce grade. Il s’agit d’une nouvelle importante car le point d’indice dans les trois fonctions publiques (étatique, territoriale, hospitalière) n’avait pas bougé depuis 2008.
Tout comme les gouvernements de droite, les gouvernements de gauche qui se succèdent depuis 2012 avaient refusé jusqu’à présent tout « coup de pouce ». Le précédent ministre de la Fonction publique,  Marylise Lebranchu, avait envisagé une petite augmentation à partir de 2017 mais certainement pas en 2016 en raison des contraintes budgétaires. Les syndicats CGT et Force ouvrière, très puissants dans la fonction publique, exprimaient régulièrement de vives protestations mais la Cour des comptes, devenue gardienne de l’orthodoxie financière, soulignait le coût insupportable pour l’équilibre budgétaire d’une hausse de 1 % du point d’indice : un milliard et demi d’euros pour les trois fonctions publiques.

Par ailleurs les diverses mesures de réorganisation administrative ne se sont pas encore traduites par une diminution globale du nombre de fonctionnaires, contrairement aux engagements pris naguère.

Pourquoi le Premier ministre a-t-il soudain décidé de contrevenir à la règle austéritaire ?

Deux raisons : le mouvement d’opposition à la loi El Khomri inquiète le gouvernement qui cherche à empêcher une mobilisation massive des fonctionnaires ; il faut ensuite séduire ou du moins calmer des millions de personnes qui sont censées voter à gauche. 

Cousue de fil blanc, l’annonce de la revalorisation du point d’indice n’aura pas nécessairement les effets attendus. C’est un fait que le salaire net des fonctionnaires d’Etat a baissé de 0,8 % en 2012 et de 0,7 % en 2013. Par ailleurs, la hausse de 2016 se fera en deux fois et les grilles de rémunérations ne seront revues à la hausse qu’à partie de 2017 – si la politique économique et sociale ne connait pas de changement majeur l’an prochain…
Pour le moment, la hausse du point d’indice est une bonne affaire du point de vue des finances publiques : le coût de la hausse est de 1,8 milliard mais le gel a permis d’économiser 7 milliards d’euros depuis 2008. Les syndicats majoritaires dans la fonction publique (CGT, FO et Solidaires) connaissent bien entendu ces chiffres et, après avoir mobilisé leurs troupes le 26 janvier, ils ont annoncé une nouvelle journée d’action pour le 22 mars. En langage syndical, cela s’appelle « construire un rapport de forces ».

Le gouvernement est donc dans l’embarras. La gauche radicale estime qu’il n’en fait pas assez alors que la droite affirme que les fonctionnaires sont trop nombreux sans toutefois préciser lesquels car il faut plus de policiers, plus de soldats, plus de personnel hospitalier. La fonction publique territoriale pourrait être réduite mais quel président de région oserait tenter l’aventure ? 
On continuera donc d’aller de négociations en manifestations accompagnées de grèves plus ou moins suivies tandis que pointe un curieux paradoxe : alors qu’on refuse d’augmenter les salaires dans l’Union européenne, la Banque centrale européenne commence à penser à une distribution massive d’euros dans la population faute de pouvoir juguler par des moyens classiques la déflation. C’est dire que nous sommes dans la zone des tempêtes et pas seulement sur le terrain social. 



Monde

par Yves Lamarck

Poutine arbitre

Le retrait partiel des forces russes consolide la trêve et procure à Moscou un appréciable levier diplomatique dans les négociations qui s’ouvrent.
L’annonce le 14 mars du retrait — en moins 48 heures ! — d’une partie des forces d’intervention russes en Syrie est particulièrement habile. Elle intervient en effet deux semaines après la conclusion de la trêve sur le terrain. Comme celle-ci tient bon, elle préfigure ce que pourrait être un règlement de paix, même intérimaire. Les militaires russes étant de ce fait consignés et les avions immobilisés, les rapatrier est une marque de force autant qu’une mesure de prudence.

Les frappes aériennes russes avaient restauré une forme d’équilibre des forces sur le terrain, condition préalable pour le régime Assad avant toute discussion. La trêve peut donc aussi être portée au crédit de Moscou. Ayant aidé l’armée régulière à se rétablir — elle aurait regagné au total dix mille km2 de la Syrie dite utile —, Poutine s’est donné les moyens de parler à son allié Bachar al-Assad pour qu’il n’aille pas jusqu’au bout de sa logique infernale, la guerre à outrance, et qu’il négocie réellement, acceptant in fine des compromis.
Certains à Damas se voyaient déjà reconquérir la totalité du territoire national grâce aux frères russes. Or il était exclu que Moscou se prête à une telle campagne de Mésopotamie, coûteuse en hommes — pas question de revivre l’Afghanistan ou l’Irak — et en ressources — d’autant plus limitées aujourd’hui avec la chute des cours du pétrole (les revenus du pétrole en Russie sont tombés de 50 à 20 milliards de $).

C’est la grande astuce de la diplomatie actuelle de Vladimir Poutine qui donne ici le modèle d’un conflit maîtrisé dans le temps et dans l’espace. Combien de fois les stratèges américains n’avaient-ils pas cherché la recette de l’intervention limitée ? Avant de s’engager, définir des objectifs précis, concrets et mesurables, préparer d’entrée de jeu la phase de repli une fois ceux-ci atteints ou même une simple date butoir et s’y tenir a toujours paru une tâche impossible à Washington. Si le repli russe se confirme, on aura au moins un précédent à étudier dans les écoles de stratégie.

Poutine donne une leçon politique. On a toujours répété, après Clausewitz, qu’il fallait mettre en cohérence diplomatie et défense, politique et guerre. L’intervention armée accrédite celui qui s’y livre comme un acteur. Sa cessation, temporaire ou définitive, fait de cet acteur l’interlocuteur incontournable dans la négociation qui s’ouvre. 

L’opposition syrienne n’a pas été longue à décrypter le message. C’est Poutine et non Obama qui possède les bonnes clés pour un accord, celles qui ouvrent les portes à Damas. Il est le seul intermédiaire, l’arbitre de la situation. Même Ankara ne pourra plus faire obstacle à l’inclusion des Kurdes dans le règlement si c’est le prix à payer par l’opposition sunnite. Les Kurdes ont, le jour même de l’annonce russe, proclamé leur « entité fédérale » sur les trois cantons qu’ils contrôlent (14 % du territoire). Poutine enfonce un coin entre les deux parrains de l’opposition sunnite, l’Arabie saoudite et la Turquie.
Il fait la démonstration qu’il vaut mieux parler à Assad qu’à Erdogan : les tractations que les Européens avaient engagées avec la Turquie sur le rapatriement des réfugiés syriens sont vouées à l’échec selon le Kremlin. L’opération militaire engagée le 30 septembre à la frontière turco-syrienne a parfaitement atteint l’un des objectifs privilégiés de Moscou : isoler les Turcs. En dépit de leurs rodomontades, ceux-ci avaient finalement tout intérêt de se raccrocher au train de Bruxelles. Chacun, l’Union européenne et la Turquie, sert de bouée de sauvetage à l’autre tout en sauvant effectivement des réfugiés en Mer Égée.

Le retrait russe confirme ce que tout le monde savait, que les Russes n’étaient pas venus en Syrie pour lutter contre le groupe État islamique (EI). Ils avaient pour cela une bonne raison : Daech est le principal moyen de chantage contre l’opposition sunnite syrienne. Moscou fait le calcul que Daech continuera d’être contenu dans ses limites territoriales avant d’être progressivement réduit. Selon lui, la responsabilité principale de cette affaire revient aux forces régionales. La frêle Jordanie se retrouve ainsi devoir contrôler l’opposition dans le sud de la Syrie. Le cercle des intérêts prioritaires de la Russie ne va pas jusque-là, alors que l’Europe et les États-Unis en ont décidé tout autrement qui veulent réduire Daech où qu’il se trouve. Raison de plus pour Moscou de dominer les négociations de Genève sur l’avenir de la Syrie et de laisser les Occidentaux à leur guerre anti-islamique partout ailleurs. N’est-ce pas aujourd’hui privilégier la proie sur l’ombre ? 


Environnement

par Fabrice de Chanceuil

Une juste devise

La présence du Président de la République aux cérémonies commémorant le cessez-le-feu du 19 mars 1962 en Algérie a suscité une polémique que les termes utilisés lors du discours présidentiel n’ont pas totalement dissipée. En effet, le cessez-le-feu n’a pas marqué la fin de la guerre et c’est après cette date que de nombreux massacres ont été perpétrés à l’encontre de la population d’origine européenne et des supplétifs algériens de l’Armée française que celle-ci n’avait pu rapatrier en métropole. A contre-courant, il convient de saluer le rôle trop méconnu joué par la Marine au cours de ces événements.

De fait, la guerre d’Algérie, compte tenu de sa nature et des forces en présence, n’a pas généré de batailles navales. La mission de la Marine a consisté, essentiellement, à assurer une surveillance maritime et aéromaritime de la Méditerranée afin d’éviter le débarquement, par la mer, d’hommes, de munitions et de matériels au profit du FLN, tâche dont elle s’est acquittée d’ailleurs avec succès.

Compte tenu de la situation sur le terrain, une responsabilité nouvelle lui a été assignée avec la constitution, à partir de 1956, de la demi-brigade de fusiliers-marins (DBFM). Constituée essentiellement de réservistes, dont beaucoup d’inscrits maritimes, marins de la marine marchande appelés à servir sous les drapeaux, et de harkis, forte de 3 480 hommes répartis en trois bataillons, la DBFM a été déployée dans la région de Nemours avec pour mission d’assurer l’étanchéité de la frontière algéro-marocaine, protégée par un barrage électrique, afin d’éviter l’infiltration d’éléments hostiles en provenance du Maroc fraîchement indépendant. A cette tâche militaire s’ajoutait un engagement civil avec la mise en place d’écoles et de centres de soins au profit de la population locale. Là-aussi, dans la diversité de ses responsabilités, la Marine a donné entière satisfaction.

Au début de 1962, pressentant les événements a venir, les officiers et officiers mariniers de la DBFM, contre les instructions du Gouvernement français mais en accord avec leur hiérarchie, ont décidé de rapatrier l’ensemble de leurs unités en métropole, harkis compris dès lors que ceux-ci le souhaitaient. Ils constituent alors l’Association amicale de la demi-brigade de fusiliers-marins (AADBFM) destinée à venir en aide aux membres de l’unité et à laquelle, fait exceptionnel pour l’époque, le Gouvernement autorise les officiers et militaires d’active à adhérer. Après les accords d’Evian, la DBFM a d’abord regroupé ses troupes dans la base militaire de Mers-el-Kébir, restée momentanément sous souveraineté française, afin d’assurer leur sécurité. Puis, à partir de juin 1962, elle a fait acheminer ses éléments en France sur des bâtiments de la Marine nationale, ce qui a grandement facilité les choses, « embarquants » et embarqués appartenant à la même armée.

C’est ainsi que 650 harkis et leur famille quittent Mers-el-Kébir à bord du BDC Trieux pour, le 11 juin, arriver 651 à Marseille, une naissance étant survenue pendant la traversée, suivis deux jours plus tard d’un nouveau détachement de 341 personnes débarquées du BDC Argens, soit le plus grand nombre des forces supplétives de la demi-brigade. Ils sont d’abord acheminés dans le camp du Larzac où ils se retrouvent avec 11 000 autres harkis dans une structure configurée pour en accueillir 3 000 .

L’AADBFM s’attache alors à trouver une destination finale à ses harkis qui, en septembre 1962, quittent le camp pour rejoindre Largentière en Ardèche, où ils seront rejoints, en novembre, par quelques nouveaux harkis de la demi-brigade qui étaient restés en Algérie et qui ont réussi à échapper au massacre, Beaurières dans la Drôme, l’île du Levant dans le Var et Montpellier. La Marine n’estime pas pour autant sa tâche terminée et maintient sur place une présence : à Largentière, un détachement de réservistes avec une assistante sociale aide à la réinsertion des harkis démobilisés en liaison avec l’administration locale. Partout, ils trouveront un travail, notamment dans les mines de plomb, de zinc et d’argent de la société Panarroya à Largentière et au sein de ce qui deviendra l’Office national des forêts dans la Drôme. A Largentière, où la population locale accueille généreusement ses nouveaux concitoyens, une école et un dispensaire sont créés par la municipalité ainsi que des logements construits par l’association et financés par la ville de Neuilly-sur-Seine qui était jumelée avec celle de Nemours dans le cadre du Mouvement national des élus locaux (MNEL).

« Honneur et Patrie – Valeur et Discipline ». La Marine nationale n’a pas failli à sa devise. Que justice lui en soit rendue.


Clefs

par Jean Étèvenaux

Des livres sur l’histoire napoléonienne

Pour saisir l’évolution politique et militaire de l’épopée napoléonienne, voici quelques titres qui, bicentenaires obligent, se rapportent surtout à l’environnement des deux campagnes qui, en 1814-1815, ont abouti à la double abdication de l’Empereur.
Au point de départ du régime se trouvent diverses données. Anne Bernet rappelle ce que fut l’Histoire générale de la chouannerie (Paris, Perrin, 2016, 688 pages), à laquelle mit fin la pacification du Consulat. En revanche, Pascal Cyr montre que n’avait pas été résolue en Égypte, la guerre de Bonaparte (Paris, L’Harmattan, 2016, 428 pages). De même, raconte René Belenus, il y avait eu Mai 1802. La guerre de la Guadeloupe (Gourbeyre, Les Éditions Nestor, 2005, 76 pages). Et, bientôt, ce sera, décrit par Rémi Monaque, Trafalgar 21 octobre 1805 (Paris, Tallandier, 2014 [1re édition : 2005], 400 pages). Des difficultés vont également apparaître dans le domaine religieux, présentées sous la direction de Christophe Beyeler : Pie VII face à Napoléon. La tiare dans les serres de l’Aigle. Rome, Paris, Fontainebleau 1796-1814 (Paris, Réunion des musées nationaux, 2015, 248 pages).

L’époque semblait pourtant annonciatrice d’un monde pacifié, comme le relate Francis William Blagdon dans Paris sous le Consulat. Lettres d’un voyageur anglais (1801-1802). « Paris tel qu’il était, Paris tel qu’il est » (Paris, Cnrs Éditions, 2016 [édition originale : Londres, 1803], 576 pages). La volonté de réorganisation européenne éclate sous la plume d’Alain Pigeard avec L’Allemagne de Napoléon. La Confédération du Rhin 1806-1813 (Paris, Éditions de la Bisquine, 2013, 366 pages), mais aussi avec les contributions réunies par Jacques-Olivier Boudon sur Les provinces illyriennes dans l’Europe napoléonienne (1809-1813) (Paris, Éditions SPM, 2015, 352 pages). Grâce à Alan Forrest, on voit tous ces soldats Au service de l’Empereur (Paris, Vendémiaire, 2014 [édition originale en anglais : 2006], 352 pages) ; on peut s’arrêter sur deux cas particuliers, d’abord en compagnie de Sébastien Parra avec Les généraux de Lyon, du Rhône et de la Loire sous la Révolution et l’Empire (préface de Jean-Pierre Deconinck, introduction de Jean Étèvenaux, Gleizé, Éditions du Poutan, 2015, 328 pages) puis avec Alain Pigeard et Les généraux suisses de Napoléon Ier et de la Révolution française (Bière, Cabédita, 2015, 94 pages). Enfin, on étudiera Le cheval sous les deux Empires (Souvenir napoléonien Délégation du Lyonnais, Gleizé, Éditions du Poutan, 2014, 123 pages).

Entrons maintenant, avec Yves Jégo, au sein de La campagne de France 1814 (Paris, Tallandier, 2013, 324 pages), sujet également traité par Jacques-Olivier Boudon dans Napoléon et la campagne de France 1814 (Paris, Armand Colin, 2014, 368 pages) et par les auteurs réunis par Patrice Gueniffey et Pierre Branda autour de 1814. La campagne de France (Troyes / Paris, Département de l’Aube / Perrin, 2016, 384 pages). Plus particulièrement, Jean-Philippe Rey présente 1814 Derniers combats pour l’Empire. Lyonnais, Dauphiné, Savoie (Gleizé, Éditions du Poutan, 2014, 136 pages) et Marie-Pierre Rey 1814. Un tsar à Paris (Paris, Flammarion, 2014, 336 pages). Tout cela a amené, comme l’exposent Didier Burkhalter et François Longchamp, l’apparition de Genève, canton suisse. 1814-2014. La célébration du bicentenaire (Genève, Slatkine, 2014, 64 pages). Quant à l’empereur déchu, Pierre Branda montre ce qu’aura été La guerre secrète de Napoléon : île d’Elbe 1814 – 1815 (Paris, Perrin, 2014, 480 pages).

Advient alors un bref retournement de l’Histoire qui frappe tous les contemporains. Bruno Benoit et Jean-Philippe Rey décryptent Les Cent Jours. Itinéraires politiques et géographiques (Gleizé, Éditions du Poutan, 2014, 176 pages), tandis que Jacques-Olivier Boudon narre Napoléon et la dernière campagne. Les Cent-Jours 1815 (Paris, Armand Colin, 2015, 366 pages), que Laurent Joffrin reste fasciné par ce Seul contre tous. Cent Jours avec Napoléon (Paris, Tallandier, 2015, 240 pages), que Thierry Lentz développe Waterloo 1815 (Paris, Perrin, 2015, 320 pages) et que François Pernot rappelle 1815… Waterloo ! « morne plaine ! » (Paris, Honoré Champion, 2015, 144 pages). Jacques Garnier, lui, confie Les secrets de Waterloo (Paris, Vuibert, 2015, 280 pages) et Yves Vander Cruysen use d’un décapant Waterloo démythifié ! Cent légendes autour de la plus célèbre des batailles (Paris, Jourdan, 2015, 352 pages).

On peut alors revenir aux sources grâce à Waterloo. Acteurs, historiens, écrivains, préfacé par Patrice Gueniffey, avec des textes choisis et annotés par Loris Chavanette (Paris, Gallimard, 2015, 896 pages). Une vision continentale sera fournie par Waterloo 1815 2015. Europa uitgedaagd. Le défi à l’Europe. Europe challenged (Bruxelles, Musée royal de l’Armée et d’histoire militaire, 2015, 4 + 228 pages) cependant qu’est fourni un Itinéraire de mémoire des combattants français de juin 1815 proposé par l’Association franco-européenne de Waterloo et Les Amis de Ligny à l’occasion du bicentenaire de la campagne de Belgique de 1815 ([Bruxelles / Ligny, 2015 ?], 36 pages). Enfin on peut rêver en croyant mettre le Cap sur l’Amérique. La dernière utopie de Napoléon (Rueil-Malmaison / Paris, Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau / Éditions Artlys, 2015, 176 pages)…


Humeur

par Erwan Violin

L’anneau de Jehanne

L’anneau de Jeanne d’Arc va-t-il rallumer la guerre de Cent ans ? Alors que le Puy du Fou a reçu en grandes pompes ledit anneau (acheté 376 000 €), le gouvernement de Sa Très Gracieuse Majesté a fait savoir aux acquéreurs qu’il souhaitait le retour de la précieuse relique. Cet objet à haute valeur symbolique ne pourrait en effet quitter le Royaume Uni sans une autorisation spéciale. Philippe de Villiers, acquéreur de l’anneau a répondu fort courtoisement qu’il était un peu tard, et même « too late ».

Et puis on se demande bien pourquoi nos amis Anglais tiennent tant à cet anneau dont la propriétaire leur a si peu porté chance.


Livres

par Catherine Pauchet

Premier roman

Chasseurs de neige

Deux ans déjà que Yohan arpente les rues de ce village côtier brésilien. Ancien soldat nord-coréen prisonnier des Américains durant la guerre de Corée, il a émigré au Brésil en 1954. Il est apprenti chez Kiyoshi, un tailleur japonais arrivé après la Seconde Guerre mondiale, et qui sera comme un père pour lui. Ce premier roman de Paul Yoon, Américain d’origine coréenne, traite de l’exil et du renouveau : tandis que Yohan reprend goût à la vie grâce à l’amitié des villageois et de deux jeunes orphelins, le souvenir de ses parents, de son enfance dans les montagnes coréennes, de ses amis morts et de son enfermement dans un camp militaire lui reviennent en mémoire avec douleur. Une histoire émouvante servie par une belle écriture.

« Chasseurs de neige », Paul Yoon, Albin Michel, 208 p., 19 €.

Policier

Les nouvelles aventures d’Arsène Lupin.

Les Héritiers

Qu’est-il arrivé à Arsène Lupin ? Nous l’avions quitté (il y a bien longtemps) arborant un style vieille France et cambriolant avec panache. Le voilà de retour transformé en monstre. Du moins c’est ce qu’une société secrète dont l’emblème est l’araignée, voudrait nous faire croire. Accusé d’être l’auteur de l’incendie du Bazar de la Charité, en 1897, qui fit cent vingt morts parmi lesquels Athéna, sa bien-aimée, puis d’avoir vendu des secrets militaires aux Allemands, il ne cesse de multiplier les caches et les déguisements pour mieux tromper la justice. Jusqu’à quand ? Benoît Abtey et Pierre Deschodt (auteurs de la bande dessinée Arsène Lupin, les origines) lui redonne vie dans ce roman policier où sont dévoilées sa filiation et ses jeunes années.

« Les Héritiers », Benoît Abtey et Pierre Deschodt, XO éditions, 352 p., 19,90 €.

Revues

L’affaire Œdipe

Œdipe figure au programme du baccalauréat littéraire de cette année. « Toujours roi » affirme Le Magazine littéraire, qui lui consacre un dossier articulé autour de trois thèmes : le complexe d’œdipe formulé par Freud, la pièce de Sopocle, et le film de Pasolini. Au sommaire aussi : un portrait de poète Georges-Emmanuel Clancier, Bret Easton Ellis, un entretien avec Mario Vargas Llosa, le cas Jean d’O, les nouveautés du livre…
« L’affaire Œdipe », Le Magazine Littéraire, mars 2016, 6,20 €. En kiosque.

Pesticides et santé

Le mensuel La Recherche revient sur les pesticides. Les dernières études confirment leur dangerosité pour la santé des femmes enceintes, des enfants, et des agriculteurs exposés à des doses massives. Présents jusque dans nos assiettes, ils entraînent un risque de lymphome, de maladie de Parkinson et de cancer de la prostate. Au sommaire également : un entretien avec Lucien Steels sur les robots, l’action des scientifiques contre le terrorisme, les ondes gravitationnelles, la conservation des momies anciennes, le portrait de Martin Hairer, médaillé Fields 2014…

« Pesticides et santé », La Recherche, mars 2016, 6,40 €. En kiosque.


Cinéma

par Marie-Christine Renaud d’André

Médecin de campagne

Ils se font de plus en plus rares dans nos campagnes. Mais que serions-nous sans ces praticiens profondément humains et attentifs aux autres ?
Quand le docteur Norès apprend à Jean-Pierre Werner, un médecin de campagne, qu’il a une tumeur au cerveau, il lui conseille de lever le pied. Mais ce dernier continue à exercer son sacerdoce. Le docteur Norès lui envoie alors Nathalie Delezia, une ancienne infirmière devenue médecin sur le tard, afin de le seconder. Mais Jean-Pierre Werner la trouve peu adaptée à ce travail, et il commence à lui faire subir un discret bizutage.

Après Hippocrate, qui brossait un tableau critique d’un service hospitalier d’urgence, Thomas Lilti, lui-même ancien médecin, s’intéresse à la situation précaire des médecins de campagne. Une fois encore, il réussit un film passionnant, qui s’attache surtout à décrire la grande humanité de ces médecins qui consacrent leur vie entière à soulager les autres. Avec beaucoup de finesse, le cinéaste décrit ces patients, pour lesquels la présence du médecin est si rassurante, qu’il s’agisse d’un paysan blessé, d’un vieil homme qui souhaite rester chez lui pour y mourir paisiblement, ou d’un jeune handicapé mental, c’est une magnifique galerie de portraits. 

Il montre également, sans didactisme, à quel point la désertification médicale de notre époque est dramatique. François Cluzet est sensationnel d’humanité et d’empathie, et Marianne Denicourt trouve là un de ses meilleurs rôles. On regrette quelques longueurs. 

Comédie dramatique française (2015) de Thomas Lilti, avec François Cluzet (Jean-Pierre Werner), Marianne Denicourt (Nathalie Delezia), Isabelle Sadoyan (la mère de Werner), Christophe Odent (Norès), Patrick Descamps (Maroini), Serge Moati (Vincent Werner) (1h42). (Adolescents) Sortie le 23 mars 2016.

Triple 9

999 est un code qui indique aux policiers qu’un des leurs vient de se faire tuer et qu’ils doivent tous accourir. 

Au début, on ne comprend rien à ce qui se passe, mais l’on est pris par l’extraordinaire mise en scène de ce braquage spectaculaire. Puis, les choses s’éclaircissent quelque peu — pas tant que cela — et l’on peut goûter ce policier tendu et nerveux, mais dont l’action prime sur la psychologie des personnages. Il reste que le spectacle est époustouflant et ne laisse pas une minute de répit. Quant à Kate Winslet, méconnaissable, elle incarne une chef mafieuse terrifiante.

L’atmosphère est assez glauque et certaines images sont très violentes. Mais c’est la loi du genre, tout comme la présence de deux policiers intègres.

Thriller américain (2015) de John Hillcoat, avec Casey Affleck (Chris Allen), Chiwetel Ejiofor (Michael Atwood), Anthony Mackie (Marcus Belmont), Aaron Paul (Gabe Welch), Woody Harrelson (Jeffrey Allen), Kate Winslet (Irina Vlaslov) (1h55). (Grands adolescents) Sortie le 16 mars 2016. 

Remember

Bien qu’il perde la mémoire, Zev, rescapé de la Shoah, part en quête de celui qui a été responsable de la mort de sa famille.

Dans ce film d’Atom Egoyan, on retrouve ce qui fait la force de ce cinéaste inspiré : une mise en scène brillante, un suspense tendu, une atmosphère étouffante, une interprétation de grande classe et un scénario astucieux. Mais la scène finale, qui donne un autre éclairage au film, n’est guère crédible.
L’histoire de cet homme diminué mais mû par un désir de vengeance est émouvante. Mais la scène avec le fils d’un ancien nazi est très choquante.
Drame canadien (2015) de Atom Egoyan, avec Christopher Plummer (Zev Guttman), Martin Landau (Max Zucker), Bruno Ganz (Rudy Kurlander 1), Jürgen Prochnow (Rudy Kurlander 4), Heinz Lieven (Rudy Kurlander 2), Dean Norris (Rudy Kurlander 3), Henry Czerny (1h35). (Grands adolescents) Sortie le 23 mars 2016.

Rosalie Blum

Quand Vincent, dont la vie est bien morne, rencontre Rosalie, il est sûr de la connaître et se met à la suivre.
Il faut du temps pour entrer dans ce film original, le premier de Julien Rappeneau, scénariste à succès, tant le début semble peu crédible. Mais, très vite, avec une construction en trois parties, chacune adoptant le point de vue d’un personnage différent, le réalisateur fait preuve d’une belle originalité. L’humour et l’émotion sont au programme d’une histoire, souvent surprenante, jusqu’au twist final très réussi, et émaillée de très jolies idées. L’interprétation est au diapason, avec Noémie Lvovsky magnifique, et Kyan Khojandi très convaincant.

Comédie française (2015) de Julien Rappeneau, d’après le roman graphique de Camille Jourdy, avec Noémie Lvovsky (Rosalie Blum), Kyan Khojandi (Vincent Machot), Alice Isaaz (Aude), Anémone (Simone), Sarah Giraudeau (Cécile), Camille Rutherford (Laura), Philippe Robbot (Kolocataire), Nicolas Bridet (Laurent) (1h35). (Adolescents) Sortie le 23 mars 2016.


LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

0,3%

C’est le taux de hausse des prix à la consommation en février 2016 pour la France selon les chiffres publiés par l’INSEE. Ce chiffre est lié au rebond des prix après les soldes d’hiver. En janvier, cet indice avait baissé de 0,1%. En données corrigées des variations saisonnières, on aboutit en fait à une baisse de 0,2%. Sur une année, l’indice des prix à la consommation enregistre un repli à -0,2%. Ce repli s’explique essentiellement par l’effondrement des prix de l’énergie et des services.

L’INSEE souligne le rôle déterminant de l’effondrement des prix du pétrole dans cette inflation quasi nulle. Depuis la mi-2014, le prix du baril est passé de 110 dollars à 30 dollars, soit une chute de 70%.


D’un jour à l’autre

France

Commerce

Les actionnaires anglais de Darty (12 000 salariés et 400 magasins en France) ont été invités, le 19 mars, par leur conseil d’ad-ministration, à accepter l’offre d’achat de Conforama (13 000 salariés et 280 magasins en France, appartenant depuis 2011 au groupe sud-africain Steinhoff), supérieure à l’offre de la Fnac (14 000 salariés en France, groupe Kering appartenant à François Pinault).

Paris

La principale coupole de la nouvelle église orthodoxe russe quai de l’Alma à Paris a été posée le 19 mars.

Calais

La zone sud de la « jungle » a été définitivement vidée de ses réfugiés le 17 mars. 3 500 à 7 000 réfugiés seraient encore dans la partie nord.

Travail

Le projet de loi de Myriam El Khomri, qui vise à fluidifier le marché du travail français, mais dont plusieurs articles ont été supprimés, a été validé par l’assemblée générale du Conseil d’État le 17 mars. Le débat parlementaire en modifiera probablement de nombreux éléments.

Elections législatives partielles

Les candidats Les républicains, ont facilement gagné, le 20 mars au second tour, les trois élections législatives partielles dans l’Aisne, le Nord et les Yvelines.

Monde

Réfugiés

L’accord entre l’Union européenne et la Turquie (qui a 2,7 millions de réfugiés sur son sol) sur l’accueil des migrants et réfugiés traversant la Méditerranée a été approuvé le 18 mars par les chefs d’État et de gouvernement des 28. Depuis le 20 mars, tous les nouveaux migrants irréguliers arrivant de Turquie en Grèce, seront susceptibles d’être refoulés en Turquie. à partir du 4 avril, chaque fois qu’un réfugié sera renvoyé de Grèce vers la Turquie, l’Union européenne acceptera d’accueillir (jusqu’à 72 000 personnes) une personne actuellement dans un camp de réfugiés aux frontières syriennes. L’UE versera plusieurs milliards d’euros à la Turquie et accordera la libre circulation aux citoyens turcs en Europe, à conditions cependant que plus de 70 critères politiques de démocratisation soient progressivement remplis par la Turquie (qui connaît actuellement une dérive autoritaire et mène une véritable guerre contre la minorité kurde).

Belgique

Salah Abdeslam, un des auteurs des attentats islamistes de Paris du13 novembre 2015, qui avait renoncé à se faire exploser au dernier moment, et avait échappé à la police depuis, a été arrêté le 18 mars à Molenbeek, banlieue islamisée de Bruxelles, à 700 mètres du domicile de ses parents. Amine Choukri, un de ses complices a été arrêté en même temps. La veille, un autre de ses complices, l’Algérien Mohamed Belkaid avait été tué au cours d’une perquisition mouvementée dans une autre cache de Salah Abdeslam, à Forest. Le terroriste refuse son transfèrement en France.

Turquie

L’attentat-suicide du 13 mars devant la gare d’Ankara a tué 103 personnes. Un attentat suicide aurait fait 5 morts, dont le kamikaze, le 19 mars dans la rue piétonne d’Istiklal, dans la partie européenne d’Istanbul. Un attentat à la voiture piégée, le 20 mars à Ankara, a fait au moins 75 morts.

Russie

Un Boeing en provenance de Dubaï s’est écrasé, dans la nuit du 18 au 19 mars, sur l’aéroport de Rostov-sur-le-Don, dans le sud de la Russie, tuant 62 personnes.

Brésil

Un juge du Tribunal suprême fédéral de Brasilia a suspendu la nomination par la présidente Dilma Rousseff de l’ex-président Lula comme son chef de cabinet. Ce dernier cherchait à se mettre à l’abri d’une possible incarcération dans le cadre de l’enquête sur le scandale de corruption par la société d’État Petrobras. Le 18 mars, quelques centaines de milliers de manifestants du Parti des Travailleurs (PT) ont défilé dans 55 villes pour assurer Lula et Roussef de leur soutien, beaucoup moins nombreux que ceux (3 millions) qui avaient réclamé la démission de la Présidente le dimanche 13 mars. Une procédure de destitution de la Présidente a été lancée au Parlement par l’opposition de droite.

Cuba

Barack Obama effectue depuis le 20 mars la première visite d’un président américain en exercice à Cuba depuis 1928. Il a rencontré le cardinal Jaime Ortega le 20 au soir, et le président Raul Castro le 21. Le 22 il s’envolait pour L’Argentine.

Bénin
Le Premier ministre sortant, Lionel Zinsou, a été battu par l’homme d’affaires Patrice Talon au second tour de l’élection présidentielle du 20 mars.

Niger

Le président sortant Mahamadou Issoufou s’est fait réélire le 20 mars, l’opposition boycottant un scrutin dont le taux de participation a été très faible.

Congo-Brazaville

Le président Denis Sassou Nguesso (72 ans) s’est fait réélire le 20 mars lors d’un scrutin sans enjeu ni transparence.

Cap-Vert

Le MPD, principal parti d’opposition, a remporté la majorité absolue aux élections législatives du 20 mars.

Sport

Football

Le PSG a été battu à domicile par l’AS Monaco lors de la 31ème journée du championnat de Ligue 1. Cette défaite ne remet pas son titre en cause.


Rugby

L’Angleterre a remporté le Tournois des 6 nations en battant la France par 31 à 21. Derrière elle, le Pays de Galles a infligé une sévère défaite aux Italiens (67 à 14), tandis que l’Irlande a battu l’Ecosse (35 à 25).

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