L’événement – 1
par Serge Plenier
Prison : le dossier empoisonné
La crise est venue là où on ne l’attendait pas. Alors que le front social était resté singulièrement calme ces derniers mois, ce sont les gardiens de prison qui donnent du fil à retordre au gouvernement. Après une semaine, ce sont 120 établissements pénitentiaires qui ont été totalement ou partiellement bloqués, tandis
La violence de ces derniers s’explique facilement. Il y a bien sûr les agressions à répétition survenues avec une inquiétante régularité depuis une dizaine de jours, mais, derrière les faits particulièrement graves, il y a l’impression de n’être que les laissés pour compte d’une administration à la dérive. Mal payés, peu ou pas considérés, exposés en permanence aux violences des détenus, sans moyens de défense sérieux, les gardiens de prison ne peuvent plus contenir leur exaspération.
Du côté du gouvernement, la réponse n’a visiblement pas été à la hauteur. En visite à Borgo, où deux gardiens avaient été agressés à coups de couteau, Nicole Belloubet, ministre de la Justice, n’a pas su trouver les mots sinon pour calmer du moins pour montrer un peu de compréhension, voire d’empathie. De même, elle n’a pas réussi à convaincre les syndicats lors de la réunion du 22 janvier. On peut être une excellente juriste et une piètre connaisseuse des questions pénitentiaires.
Accordons lui cependant des circonstances atténuantes. Le dossier dont elle hérite est devenu au fil des années parfaitement inextricable, chaque gouvernement, de droite comme de gauche, y ajoutant sa dose d’incurie, voire d’idéologie. Le résultat est sous nos yeux : des établissements vétustes et même indignes où il n’est pas rare de voir des détenus obligés de dormir sur des matelas à même le sol au milieu de la vermine, tandis que se multiplient les trafics de toute sorte et que la présence de détenus radicalisés. On ne corrige pas en quelques jours des dizaines d’années d’abandon.
Des solutions existent à la crise des prisons, mais ce seront forcément des solutions à long terme telles que la construction de nouveaux établissements, stupidement déprogrammée en 2012. Dans l’immédiat, il s’agit de permettre aux gardiens de prison d’exercer leur métier dans des conditions décentes, et pas seulement du point de vue financier, même si cet aspect est important.
Il serait temps qu’Emmanuel Macron use de son pouvoir jupitérien pour remplir une de ses missions régaliennes qui est l’exécution des décisions de justice, y compris en matière pénale.
L’événement – 2
par Jean-Gabriel Delacour
Notre-Dame-des-Landes, ayez pitié de nous !
Pour les zadistes engagés depuis des années contre un nouvel aéroport, le renoncement au projet s’accompagne de la fin de leur mainmise sur la route départementale 81 ; autrement dit, ils sont contraints d’admettre la cessation de leur combat, quitte à poursuivre ailleurs leur vie militante. Pour l’ensemble des Français, c’est une page qui se tourne, apparemment sans trop de regrets.
La campagne de communication a été fort bien bien menée, faisant passer le problème des mains du président à celles du Premier ministre, que l’on a pu voir un peu partout, sur place et à Paris, consultant une centaine d’élus après avoir lu un rapport d’experts qui ne prenaient pas position. Le chef du gouvernement a donc déclaré forfait en constatant « que les conditions ne sont pas réunies pour mener à bien le projet Notre-Dames-des-Landes », qui doit être « abandonné ». Ainsi, après 50 ans d’études préalables, d’analyses, de recherches, d’expertises, d’études d’impact, de déclarations d’utilité publique, de mises en concurrence, de presque 200 décisions de justice établissant la régularité des procédures et même d’un référendum régional, le tout ponctué des habituelles palinodies et lâchetés politiques, cette « décision d’apaisement » aura eu un seul résultat concret, selon les mots d’Édouard Philippe : « les terres retrouveront leur vocation agricole ».
Le soulagement exprimé dans les sondages après la décision se teinte d’une certaine nostalgie. Il faut en effet remonter aux années 1970-1980 lorsqu’ont été, sous la pression des écologistes, jetés aux oubliettes l’extension du camp militaire du Larzac et le projet de centrale nucléaire à Plogoff, tout comme, à la fin des années 90, le surgénérateur Superphénix à Creys-Malville.
On va devoir maintenant indemniser les opérateurs lésés de leurs dépenses et investissements non amortis ainsi que du bénéfice qu’ils auraient réalisé pendant 30 ans si l’opération s’était conclue et le contrat avait été exécuté. On parle d’un total minimum de 3 milliards d’euros, même si l’on annonce l’opportune découverte d’une clause « bizarre » pouvant entraîner l’annulation du contrat avec Vinci. Mais la partie va continuer avec des procédures et des oppositions concernant l’extension de l’aéroport Nantes Atlantique et la mise en place de nouvelles liaisons avec les autres aéroports de la région, sans oublier le renforcement des dessertes tgv avec ceux de la région parisienne. On peut craindre que les partenaires de l’État s’interrogent de plus en plus sur la valeur de sa signature — comme lors de l’abandon des portiques d’Écomouv en 2014.
Ce reniement de la parole publique et cette entorse à la démocratie semblent pourtant acceptés pour trois raisons. D’abord parce que l’affaire apparaît avant tout comme régionale. Ensuite parce que, comme l’a dit Philippe de Villiers, l’heure n’est plus au gigantisme qui coûte cher aux opérateurs et aux voyageurs. Enfin parce que ce refus de construction marque une sorte de victoire des petits contre les grands pour préserver la nature contre les intérêts économiques : le citoyen de base ne se montre pas mécontent de ce coup porté à la technocratie et à la machine judiciaire.
Politiques
par Alice Tulle
Marche arrière
Après avoir commandé un ultime rapport et fait procéder à une préparation méthodique du terrain, Emmanuel Macron a décidé de renoncer au projet de nouvel aéroport nantais.
La construction d’un nouvel aéroport à Nantes était en contradiction avec les impératifs écologiques proclamés par le gouvernement, à Paris comme sur la scène internationale. Mais renoncer, c’était affecter l’autorité de l’État que le nouveau Président tient à restaurer après le désastreux quinquennat de François Hollande. Choix cornélien. C’est finalement l’abandon du projet qui a été annoncé par le Premier ministre le 17 janvier.
En termes de communication, le terrain avait été soigneusement préparé : remise d’un rapport d’experts le 13 décembre sans nette conclusion ; visite du Premier ministre à Notre-Dame-des-Landes le 13 janvier à la suite d’une semaine de consultations des partisans et des adversaires du projet. Enfin l’annonce officielle qui met l’accent sur la capacité du gouvernement à prendre une décision. Comme un sondage donne très vite raison aux autorités, sans qu’on sache si c’est la décision en tant que telle qui est approuvée ou l’abandon du projet, l’affaire semble terminée.
Tel n’est pas totalement le cas. Sur les réseaux sociaux, des citoyens se font un malin plaisir de publier des vidéos datant de la campagne électorale, dans lesquelles le candidat Macron réaffirme à plusieurs reprises que l’aéroport sera construit et déclare notamment qu’un abandon montrerait qu’« on ne respecte pas les consultations publiques quand elles ne nous arrangent pas » et que cela entraînerait le blocage d’autres projets.
Le candidat voyait juste ! Régis de Castelnau, avocat qui a une fine connaissance de ce type d’affaires, écrivait peu avant la décision que l’abandon du projet serait le symbole d’une invraisemblable gabegie : « Cinquante ans d’études préalables, des années d’analyse, de recherches, d’expertises, d’études d’impact, de déclarations d’utilité publique, de mise en concurrence, de décisions administratives exécutoires… » annulées d’un trait de plume ! Finalement, l’État a donné raison à un petit groupe de personnes qui a perdu tous les procès engagés et qui a été largement désavoué lors du référendum organisé en Loire-Atlantique le 26 juin 2016. Comme la majorité des élus du département soutenait le projet, c’est aussi la décentralisation qui a été bafouée.
Dès lors, pourquoi une telle décision ? Il y a probablement la simple crainte d’un dérapage financier, à la lumière notamment d’un rapport de la Cour des comptes (17 janvier aussi) qui pointe celui des travaux du futur métro du Grand Paris Express. C’est la même crainte qui a motivé le retrait, le 20 janvier, par le Premier ministre de la candidature de la France pour organiser une Exposition universelle. La menace d’une démission de Nicolas Hulot, ministre réputé populaire, a sans doute pesé lourd également. Il fallait aussi éviter les affrontements sanglants que l’évacuation de la zone du futur aéroport aurait certainement déclenchés. Ces arguments sont sérieux, mais il reste que l’État a plié devant quelques centaines de militants ayant organisé une zone de non-droit et avec lesquels les représentants du gouvernement vont tout de même devoir négocier.
Même si ces négociations se concluent paisiblement, l’affaire de l’aéroport ne sera pas terminée. Un partenariat public-privé avait été conclu et il va falloir que l’État indemnise les sociétés privées, ce qui pourrait coûter au contribuable plus de trois milliards d’euros. Au vu de la facture finale, il n’est pas sûr que les Français se félicitent de la décision prise le 17 janvier.
Monde
par Yves La Marck
L’Europe vue de Sofia
La présidence tournante de l’Union européenne est assurée pour ce premier semestre 2018 par la Bulgarie. Tout un symbole et une (re)découverte.
Dernière entrée dans l’Union en 2007 avec la Roumanie (qui prendra la présidence au premier semestre 2019), la Bulgarie assume ce rôle pour la toute première fois. Encadré par le président de l’Union, le Polonais Donald Tusk, et le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov, faisait figure de paysan du Danube ! C’était le 11 janvier dernier à Sofia lors de l’inauguration officielle de cette présidence tournante qui lui échoit.
On se trouve en effet, vu de Bruxelles, à la toute extrémité de l’Union, à sa frontière extérieure terrestre avec la Turquie (sur 250 km), en première ligne en 2015 durant la crise migratoire. La Bulgarie et la Roumanie ne font pas partie de l’espace Schengen : c’est la première de leurs revendications. Elles ne sont pas non plus dans la zone euro. La Bulgarie est le plus pauvre des États membres avec une démographie en chute libre depuis 1989. Les deux pays sont, onze ans après leur adhésion, toujours soumis à un mécanisme de coopération et de vérification car ils sont aussi les plus corrompus. La Bulgarie avait fait semblant de voter une nouvelle loi anticorruption mais son président a opposé son veto car il s’agissait de créer une nouvelle agence qui aurait été contrôlée par le parti majoritaire (auquel le président de la République n’appartient pas. Il est proche des socialistes alors que le Premier ministre est conservateur).
On se dit qu’une présidence sans être membre ni de Schengen ni de l’Euro n’aura guère de prise sur les grands dossiers européens. Or ce n’est pas si sûr car le grand problème européen est aujourd’hui la fracture Est-Ouest. La Bulgarie dont la devise nationale, retenue pour sa présidence, est « L’union fait la force »*, se propose d’être « l’intermédiaire honnête et neutre des États membres ». Elle a pris langue avec le nouveau gouvernement autrichien qui assumera la présidence tournante au second semestre pour assurer une « continuité maximale ». On sait que les postes régaliens sont tenus à Vienne par le parti d’extrême droite même si le chancelier conservateur Sebastian Kurz s’est réservé le dossier européen.
Le parti du Premier ministre Borissov s’appelle : Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie. La Bulgarie est le seul État membre à posséder l’alphabet cyrillique et le second en termes de population orthodoxe**. Elle est aussi le pays avec la plus forte minorité turque (près de 10 % de la population) laquelle envoie régulièrement cinq députés au Parlement européen à Strasbourg (sur les 17 sièges bulgares). Elle n’est donc pas négligeable aux confins géographiques et humains de la Turquie mais aussi historiques et culturels avec la Russie. Sofia, contrairement aux apparences, n’est pas mal placée pour s’atteler à cette tâche. Elle rappelle que par-delà l’Europe centrale (le groupe de Visegrad, Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie) plutôt remuante ces derniers temps – une procédure officielle est dirigée contre Varsovie, il existe une Europe orientale qui a un grand besoin d’Europe.
La présidence bulgare, État balkanique oriental, a retenu naturellement parmi ses priorités les Balkans occidentaux que l’on a tendance à oublier : cinq pays de l’ex-Yougoslavie et l’Albanie, qui attendent à la porte de l’Union européenne. La haute-représentante pour la diplomatie européenne, Federica Mogherini, les avait réunis à Bruxelles fin décembre, sachant que ce serait un axe pour 2018. Leur situation largement étouffée est loin d’être stabilisée. La Bulgarie s’est rapprochée particulièrement de la Macédoine, sa voisine (et qui fut un temps bulgare). Les orthodoxes de Macédoine se sont récemment placés sous l’autorité du patriarcat bulgare.
Un haut conseil politique consultatif pour la présidence bulgare a été créé, qui compte notamment parmi ses membres l’ex-roi Siméon, né en 1937, le dernier chef d’État survivant de la dernière guerre, le seul à avoir réussi, après la chute du communisme, un retour dans la vie politique de son pays dont il fut le Premier ministre de 2001 à 2005.
L’organisation de la francophonie, dont la Bulgarie est membre, y apporte aussi son soutien.
Autant de raisons parmi d’autres de manifester une solidarité européenne à l’égard de ces quelque sept millions de Bulgares si loin de nous mais si proches aussi (notamment par certains immigrés célèbres).
Francophonie
par Fabrice de Chanceuil
Le dernier des Fransquillons
Luc Beyer de Ryke est décédé à Paris le 18 janvier dernier d’une rupture de l’aorte à l’âge de 84 ans. Si son nom n’est sans doute pas familier pour une majorité de nos concitoyens, il était pourtant certainement le plus Français des Belges car il nourrissait pour notre pays, sa culture et sa langue, une véritable passion, même s’il n’a jamais renié sa patrie d’origine dont il avait la nationalité, la Belgique, et surtout sa province natale, la Flandre.
Luc Beyer de Ryke était en effet né à Gand le 9 septembre 1933 et c’est en Belgique qu’il a conduit sa carrière à la fois journalistique et politique. Après des études en sciences politiques et diplomatiques et en journalisme à l’Université libre de Bruxelles, il s’était fait un nom dans son pays en devenant le présentateur du journal télévisé de la Radio Télévision belge francophone, fonction qu’il exerça pendant dix-huit ans de 1961 à 1979, obtenant de ce fait outre-Quiévrain une notoriété comparable à celle de Patrick Poivre d’Arvor de ce côté-ci de la frontière.
Parallèlement, il a rempli de nombreux mandats politiques, étant successivement conseiller communal à Gand, conseiller provincial de Flandre-Orientale puis de nouveau conseiller communal à Uccle.
En 1979, l’obligeant ainsi à quitter la télévision, il avait été élu par deux fois député libéral au Parlement européen jusqu’en 1989. A partir de cette date, il s’était beaucoup consacré à l’écriture en publiant plusieurs ouvrages sur ses sujets de prédilection.
D’abord la Belgique dont il aimait la curieuse alchimie mais dont il redoutait l’éclatement comme en témoigne le titre des livres qu’il lui a consacrés : Tocsin pour la Belgique (1999), La Belgique en sursis (2008) et La Belgique et ses démons : mythes fondateurs et destructeurs (2011), tous les trois publiés à Paris chez François-Xavier de Guibert.
Mais au sein de la Belgique, c’est la Flandre qui retenait toute son attention. Il était dans sa région ce que les flamingants appellent avec dédain un fransquillon, c’est-à-dire un Flamand de langue et de culture françaises. Pour comprendre cette particularité, il convient de se rapporter à l’histoire de notre voisine du Nord. Quand la Belgique est devenue indépendante des Pays-Bas en 1830, elle a choisi le français comme langue officielle unique qui a été rapidement adopté par la bourgeoisie et les classes dirigeantes flamandes. Devant les revendications de la population flamande ne parlant que le flamand, ont été instaurés en 1898 le bilinguisme national puis, en 1930, l’unilinguisme régional, le flamand devenant ainsi la seule langue reconnue en Flandre. A partir de ce moment-là, les Flamands restés attachés à la langue française ont été déconsidérés alors même qu’ils ont puissamment contribué au rayonnement culturel de la Belgique comme en témoignent les écrits littéraires de ses illustres représentants que furent Maurice Maeterlinck et Émile Verhaeren. Luc Beyer de Ryke avait consacré un ouvrage plein de tendresse et de nostalgie à cette communauté Les Lys de Flandre : vie et mort des francophones de Flandre (1302-2002) publié en 2002 chez François-Xavier de Guibert. « J’aime passionnément la Flandre, mais la Flandre en français » avait-il répondu à des journalistes venus l’interroger dans sa charmante maison de Laethem-Saint-Martin près de Gand. S’il n’était pas le dernier Flamand dont le français fût la langue maternelle, ce qui ne l’empêchait pas d’être parfaitement bilingue, il était sans doute le dernier à avoir conscience de son identité, même s’il convient de mentionner les efforts méritoires de la dynamique Association pour la promotion du français en Flandre.
Autre visage plus obscur de la Flandre, Luc Beyer de Ryke avait consacré son dernier livre Ils avaient leurs raisons 14-18 & 39-45 : la collaboration en Flandre (Mois 2016) à la collaboration de nombreux Flamands avec l’occupant allemand pendant les deux guerres mondiales au nom d’un pangermanisme assumé et parfois encore revendiqué.
Un de ses autres centres d’intérêt était l’Orient que, grand voyageur, il avait traversé à plusieurs reprises dans ses différentes dimensions, retrouvant ainsi sa vocation de journaliste, et sur lequel il avait rédigé Chemins d’Orient : les déchirures, Algérie, Liban, Israël, Palestine (François-Xavier de Guibert 2011).
Sa défense en son temps de l’Algérie française ne l’avait pourtant pas éloigné de la personne du Général de Gaulle à laquelle il vouait une véritable admiration. De De Gaulle, il avait l’imposante stature physique et même la taille exacte, 1,92 mètre comme il se plaisait à le souligner. Il savait aussi parfaitement l’imiter car sa vénération n’était pas exempte d’humour. Il avait succédé en 2008 à Jacques Dauer comme Président de l’Académie du gaullisme, se faisant ainsi le chantre et le gardien de la pensée de son modèle politique. Ce qui ne lui interdisait pas, homme libre qu’il était avant tout, de signer, sous un pseudonyme, quelques articles dans la très royaliste Action française.
« Mon seul rival international, c’est Tintin » avait déclaré un jour le Général de Gaulle, mais, assurément, le seul rival belge du héros d’Hergé, dont il était d’ailleurs l’ami, était bien Luc Beyer de Ryke dont le sourire malicieux continuera longtemps de réjouir notre mémoire.
In Memoriam
par Jean Étèvenaux
Le primat des gueules laisse triste toute la Gaule
Beaucoup l’appelaient Monsieur Paul, avec ce mélange de familiarité et de respect qui lui seyait si bien, car cet homme d’accès facile respirait une véritable autorité et inspirait un profond respect. Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, qui fut maire de Lyon pendant seize ans et qui dirigea auparavant pendant six années le neuvième arrondissement tout proche de son établissement de Collonges-au-Mont-d’Or, a résumé l’aura que dégageait ce chef à nul autre pareil : « Je me souviens que, lors des salons internationaux de la restauration et de la gastronomie, à chaque fois il y avait 150 chefs qui se déplaçaient pour Paul Bocuse parce que, pour eux, c’était le plus grand, c’était celui qui leur avait tout enseigné ».
On le surnommait, par comparaison avec le titre de primat des Gaules porté par l’archevêque de Lyon, « primat des gueules ». Véritable monument à Lyon, o les halles portent son nom depuis 2006, il incarnait depuis longtemps la gastronomie française, au point d’en être devenu l’ambassadeur. Si, depuis deux ans, on ne le voyait plus guère à ses fourneaux du fait de sa maladie de Parkinson, il n’en restait pas moins celui dont la renommée internationale exprimait un art de la table rayonnant sur tous les continents.
Ayant gardé ses trois étoiles depuis 1965, il s’était dépensé en vrp présent de l’Amérique à l’Asie. Mais c’était toujours la même cuisine qu’il offrait et promouvait, celle des bons produits arrangés de façon naturelle et parfois renouvelée, dans laquelle chacun pouvait se retrouver. Si l’on a parlé à son propos de « nouvelle cuisine », on n’y a jamais trouvé ce côté apprêté et parcimonieux que refusait une générosité issue de ses traditions familiales et de ses maîtres ; elle l’enracinait dans le terroir que tout un chacun aime retrouver. D’où ses grands succès comme sa soupe aux truffes noires VGE 1975, son foie gras de canard maison en gelée au porto Antonin Carême, son filet de sole aux nouilles Fernand Point ou sa volaille de Bresse en vessie mère Fillioux.
Cet artisan chantre du travail, de l’inventivité et de la simplicité avait construit un empire, avec 23 établissements à travers le monde, représentant un chiffre d’affaires de plus de 60 millions d’euros, et 3 écoles de cuisine portant son nom — celle d’Écully accueille un demi-millier d’élèves d’une trentaine de nationalités. La diversification et l’adaptation l’avaient amené à créer, depuis 23 ans, d’abord des brasseries puis des établissements de restauration rapide accessibles à tous, non seulement à Lyon mais ailleurs en France et à l’étranger. L’internationalisation constituait depuis longtemps une réalité pour lui ; n’avait-il pas lancé dès 1987 le concours mondial de la cuisine qui, tous les deux ans, décerne les trois Bocuse d’or, d’argent et de bronze ?
Paul Bocuse a achevé sa vie là dans la maison même où il était né le 11 février 1926 et où il était définitivement revenu en 1958. Il aura ainsi une dernière fois réalisé son souhait : « il faut que je m’endorme avec la Saône située à ma gauche ».
Humeur
par Erwan Violin
Les aventures de la mémoire
Emmanuel Macron veut prêter la tapisserie de Bayeux aux Anglais. Pour ceux qui l’ignoreraient encore, il s’agit d’une longue bande d’étoffe (70 mètres !) racontant la victoire du Normand Guillaume le Conquérant sur les Anglo-Saxons, le 14 octobre 1066.
Bien entendu, il s’agit d’un moment clé de l’histoire de l’Angleterre. Pourtant, il est possible que certains de nos voisins d’Outre Manche n’apprécient pas le cadeau à sa juste valeur : ceux-là en sont restés aux démêlés de Robin des Bois ou d’Ivanhoé avec les princes normands oppresseurs du petit peuple saxon, pour ne rien dire de ceux qui reprochent encore aux Normands d’avoir introduit le français à la cour de Londres, le « sheep » devenant « mutton » et l’ « ox » « beef » dans les assiettes.
Même reconstituée, la mémoire n’est jamais facile à gérer.
Livres
par Catherine Pauchet
Roman
Douleur de l’esclavage
La Basilique Sainte-Marie Majeure de Rome abrite le buste dit de « Nigrita », le premier ambassadeur africain au Vatican. Wilfried N’Sondé raconte son odyssée dans un récit poignant qui retrace les origines et les douleurs du peuple des Bakongos. Né vers 1583, le petit Nsaku Ne Vunda est éduqué par les missionnaires portugais qui en feront un prêtre ; il devient Don Antonio Manuel. Après des années de sacerdoce, le roi du Kongo le charge d’une mission secrète auprès du pape. Monté sur un bateau négrier où il assiste impuissant aux souffrances infligées à ses frères de peau, il passe par le Nouveau Monde puis l’Espagne où il est torturé par l’Inquisition avant d’arriver en Italie et de délivrer son message.
« Un océan, deux mers, trois continents », Wilfried N’Sondé, Actes Sud, 272 p., 20 €.
Thriller
Survivre
Il y a d’abord le rapt d’une jeune fille puis sa séquestration dans une caisse, ensuite sa lente soumission, enfin sa mort. Ce processus d’anéantissement, Flora l’a supporté pendant plus d’un an mais elle a trouvé la force de résister à son bourreau et de s’enfuir ; elle est une survivante. Depuis qu’elle est revenue à la vie avec l’aide de sa mère et d’un psychologue du FBI, elle n’a qu’une obsession : sauver celles qui ont été kidnappées et ce n’est pas sans risques. Fausses pistes, rebondissements… Lisa Gardner donne le beau rôle à la détective D.D. Warren du département de police de Boston.
« Lumière noire », Lisa Gardner, Albin Michel, 500 p., 22,50 €.
Ornithologie
Plumes et ailes
Rédacteur en chef de la revue Ornithos, Marc Duquet connaît les oiseaux par cœur et sait faire partager ses découvertes. Dans ce beau livre illustré de photos spectaculaires et de schémas explicatifs, il montre comment se compose l’aile, à quoi sert le plumage, les différences sortes de vol (battu, plané, stationnaire et à voile), la formation d’une ascendance thermique… Au fil des pages, tout l’univers de l’oiseau se dévoile, depuis les tactiques de séduction de la femelle aux techniques de délimitation du territoire. Un ouvrage à la fois ludique et pédagogique.
« Des plumes et des ailes », Marc Duquet, Delachaux et Niestlé, 192 p., 29,90 €.
Revue
Les Tuniques bleues
Historia consacre un numéro entier à Blutch et Chesterfield, le duo mythique des Tuniques bleues. Cette bande dessinée, créée par Raoul Cauvin et Willy Lambil, s’inspire des cavaliers de l’armée fédérale durant les guerres indiennes et la guerre de Sécession. Parmi les thèmes traités : la conquête du « grand désert », haro sur les Peaux-rouges, Little Big Horn, la crème de la cavalerie, un entretien avec les deux créateurs…
« La véritable histoire des tuniques bleues », Historia, numéro spécial, 5,95 €. En kiosque.
Cinéma
par Marie-Christine Renaud d’André
Pentagon Papers
A près la mort de son époux, Katharine Graham reprend la direction du Washington Post, qui appartenait à son père. Seule femme à diriger un grand organe de presse, elle fait équipe avec Ben Bradlee, rédacteur en chef. Quand, en 1971, le New York Times publie une partie des « Pentagon Papers », classés secret défense «, qui dévoilent les mensonges de plusieurs présidents américains sur la guerre du Vietnam, Ben Bradley se bat pour obtenir ces documents. Mais Katharine Graham est confrontée à un cas de conscience : publier ces documents et risquer la faillite voire la prison, ou ne pas les publier…
Fasciné par le scénario de Liz Hannah, Steven Spielberg, qui travaillait alors sur la post-production de Ready Player, qui sort fin mars, décide, toutes affaires cessantes, de le mettre en scène, avec Meryl Streep et Tom Hanks, fort heureusement disponibles. Avec son talent habituel, le cinéaste plonge dans l’atmosphère survoltée d’une salle de rédaction des années 70 mais aussi dans celle de l’imprimerie, avec ses étonnantes techniques.
Ce film montre que la liberté de la presse est souvent mise en danger par des hommes politiques sans vergogne (l’histoire se déroule un an avant le début du Watergate). Quant à l’héroïne, elle affronte la difficulté pour une femme de s’imposer alors dans un monde d’hommes.
Le courage de ces journalistes et de cette femme est exemplaire. Cet hommage à la liberté de la presse est réconfortant, à notre époque où le président américain est en guerre ouverte avec les médias. Comme l’a dit la Cour suprême : « La presse doit être au service des gouvernés, non des gouvernants. »
Comédie dramatique américaine (2017) de Steven Spielberg, avec Meryl Streep (Katharine Graham), Tom Hanks (Ben Bradlee), Sarah Paulson (Tony Bradlee), Bob Odenkirk (Ben Bagdikian), Bruce Greenwood (Robert McNamara), Matthew Rhys (Daniel Ellsberg) (1h55). (Adolescents) Sortie le 24 janvier 2018.
La douleur
Entre juin 1944, date de l’arrestation de son mari Robert Antelme, et avril 1945, Marguerite Duras est rongée par la douleur de l’attente.
Ce film magnifique, adaptation du livre autobiographique de Marguerite Duras, utilise toutes les ressources du langage cinématographique pour nous faire ressentir la détresse de son héroïne, écartelée entre l’espoir d’un retour ou la douleur du deuil. La photo, le montage, la bande-son, etc., tout confère à cette œuvre envoûtante un caractère original, brillant et poignant. Mélanie Thierry est impressionnante dans un rôle dramatique, et elle est l’atout majeur d’une œuvre qui hantera longtemps l’âme du spectateur.
Drame français (2017) de Emmanuel Finkiel, d’après Marguerite Duras, avec Mélanie Thierry (Marguerite Duras), Benoît Magimel (Pierre Rabier), Benjamin Biolay (Dionys), Shulamit Adar (Madame Katz), Grégoire Leprince-Ringuet (Jacques Morland, nom de guerre de François Mitterrand) (2h06). (Grands adolescents) Sortie le 24 janvier 2018.
La juste route
En août 1945, l’arrivée de deux juifs sème la panique dans ce village de Hongrie.
Avec un superbe noir et blanc, Ferenc Török décrit la réaction choquante de ces villageois, uniquement préoccupés par le fait que ces juifs pourraient réclamer leurs biens confisqués. Sobre et bien filmée, cette œuvre poignante réussit à éviter tout pathos, afin de décrire une situation, certainement courante pour l’époque.
Entre culpabilité et panique, les uns et les autres expriment leur peur de cette arrivée inopinée. Mais, le pire est que ces victimes ne reçoivent ni l’accueil ni la compassion auxquels elles auraient dû avoir droit.
Drame hongrois en NB (2017) de Ferenc Török, d’après Gábor T. Szántó, avec Péter Rudolf (Istvan Szentes), Bence Tasnádi (Arpad Szentes), Tamás Szabó (1h31). (Grands adolescents) Sortie le 17 janvier 2018.
The Greatest Showman
Pour relancer son cirque et assurer l’avenir de sa famille, P. T. Barnum a l’idée d’y montrer des géants, des nains, une femme à barbe, etc.
Dans ce film joyeux et festif, les chants et les danses se succèdent sans interruption, et l’histoire retrace, de manière très arrangée, l’aventure extraordinaire de P. T. Barnum, surnommé « le prince des charlatans ». Hugh Jackman est impressionnant dans son interprétation chantée et dansée, et il illumine cette histoire énergique et très distrayante. Mais la musique est souvent assourdissante, et – pour peu qu’on se soit un peu renseigné – l’on regrette que l’histoire de cet homme soit à ce point déformée.
Réaliser ses rêves, respecter la différence et préférer l’amour et l’amitié à la richesse et la gloire, telles sont les valeurs défendues dans ce film… peu conforme à la réalité.
Comédie musicale américaine (2017) de Michael Gracey, avec Hugh Jackman (P. T. Barnum), Zac Efron (Phillip Carlyle), Michelle Williams (Charity Barnum), Rebecca Ferguson (Jenny Lind), Zendaya (Anne Wheeler) (1h45). (Adolescents) Sortie le 24 janvier 2018.
Le chiffre de la semaine
67,2 millions
C’est le nombre d’habitants de la France au 1er janvier 2018, selon les chiffres du bilan démographique de l’année 2017 réalisé par l’INSEE. Ce chiffre équivaut à une hausse de 0,3% par rapport à l’année 2016 (66,9 millions). Cette hausse est principalement due au solde naturel (différence entre les naissances et les décès). Le solde migratoire est resté stable avec 69 000 entrées sur le territoire.
Cette croissance de population atteint cependant un point historiquement bas. Le nombre de naissances a baissé de 2,1% (767 000 bébés) avec un taux de fécondité de 0,88 enfant par femme contre 2 enfants entre 2006 et 2014. De son côté, le nombre de décès a augmenté de 1,5%, soit 9 000 personnes décédées de plus qu’en 2016.
D’un jour à l’autre
France
Démographie
Selon le bilan 2017 présenté par l’Insee le 16 janvier, le pays compte 67,2 millions d’habitants, en augmentation de 233 000 par rapport à 2016. Le nombre d’enfants par femme est passé à 1,88 en 2017 contre deux autour de l’an 2000 et les générations du baby-boom (1945-1974) entrent dans des tranches d’âge où les décès sont plus importants.
Équipement
Le Premier ministre a annoncé, le 17 janvier, que « les conditions » du transfert de l’aéroport de Nantes n’étaient « pas réunies ». Édouard Philippe a laissé aux « squatteurs » jusqu’au printemps pour quitter « progressivement des terres qui ne leur appartiennent pas ».
Agroalimentaire
Des magistrats et 70 enquêteurs de la gendarmerie ont perquisitionné, le 17 janvier, le siège social de Lactalis à Laval, l’usine de Craon d’où sont sortis les lots de lait contaminé à la salmonelle, ainsi que trois autres sites du groupe.
Aéronautique
Alors qu’Airbus avait évoqué, le 15 janvier, l’arrêt possible du géant A380, faute de commandes, la compagnie Emirates vient d’annoncer 20 commandes fermes et 16 en option.
Prisons
120 établissements pénitentiaires (sur 188) étaient bloqués par les surveillants de prison le 22 janvier à la suite de plusieurs agressions de gardiens par des détenus islamistes. La ministre de la Justice Nicole Belloubet a fait des propositions de nouveaux moyens qui ont été jugées insuffisantes par les syndicats.
Multinationales
Le président Macron a visité, le 22 janvier après-midi, l’usine Toyota d’Onnaing (Nord) puis a reçu en soirée à Versailles 140 dirigeants de multinationales étrangères pour un sommet à huis clos baptisé « Choose France » (Choisissez la France).
Pédophilie
Le contrôle des casiers judiciaires des agents de l’Éducation nationale, qui doit se poursuivre jusqu’au second semestre 2018, a permis de mettre au jour 83 condamnations passées pour pédopornographie ou violences sur mineurs ce qui a conduit à 26 radiations ainsi qu’à des suspensions et des blâmes.
Disparitions
Le grand chef lyonnais Paul Bocuse est mort le 20 janvier à l’âge de 91 ans. Il laisse un Empire estimé à 50 millions d’euros. L’ancien ministre RPR de l’Enseignement supérieur, Alain Devaquet, est mort le 21 janvier. Il avait dû démissionner en 1986 de son poste de ministre du gouvernement Chirac suite au retrait de son projet de réforme de l’Enseignement supérieur après un mouvement de contestation qui avait vu la mort de l’étudiant Malik Oussekine.
Monde
Rohingyas
La Birmanie et le Bangladesh ont conclu un accord, le 16 janvier, qui organise sur deux ans le retour en Birmanie de 655 000 Rohingyas réfugiés au Bangladesh depuis fin août. Les Rohingyas ne sont cependant pas autorisés à rentrer directement chez eux, mais dans cinq camps qui ouvriront dans l’État de Rakhine.
Roumanie
Pour la deuxième fois en moins d’un an, le Premier ministre a été contraint à la démission, le 17 janvier, sous la pression du chef du Parti social-démocrate, héritier du Parti communiste et qui contrôle pratiquement tous les organes, locaux comme nationaux.
Etats-Unis
Le gouvernement fédéral était officiellement à court d’argent dimanche dernier faute du vote d’une rallonge budgétaire par le Sénat. C’est la situation classique de Shutdown, bras-de-fer dont des parlementaires veulent profiter pour forcer la main au Président, ici sur la question d’un statut à accorder à des immigrés clandestins arrivés aux États-Unis alors qu’ils étaient mineurs.
Le département d’État a annoncé, le 16 janvier, retenir un versement de 65 millions de dollars à l’agence de l’ONU pour les Palestiniens. Washington ne veut plus fournir à lui seul 30 % des fonds de cette agence et réclame que des réformes soient engagées. Le président palestinien doit se rendre à Bruxelles pour demander une augmentation de l’aide européenne. Comme ses chances de l’obtenir sont limitées, il devrait se tourner vers les pays du Golfe.
Apple s’est dit prêt, le 17 janvier, à payer un « impôt de rapatriement » de 38 milliards de dollars, sur ses bénéfices réalisés à l’étranger, conformément à la réforme fiscale votée en décembre dernier.
Corées
Les deux Corées défileront ensemble, sous une bannière favorable à leur réunification, lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pyeongchang (Corée du Sud, du 9 au 25 février). Elles sont également d’accord pour ne former qu’une seule équipe féminine de hockey sur glace, tandis qu’une délégation nord-coréenne est arrivée à Séoul le 21 janvier, une première depuis 4 ans, pour inspecter les sites.
Automobile
Renault-Nissan aurait pris la première place au classement des ventes mondiales, avec 10,6 millions de véhicules vendus, juste devant Volkswagen (10, 54 millions) et Toyota (10,35 millions). Le groupe franco-japonais enregistre une hausse de 17 % de ses ventes en Asie-Pacifique et de 13,5 % en Eurasie, notamment en Iran (+ 49 %).
Syrie
L’armée turque a lancé le 20 janvier une vaste opération de bombardement contre les combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) de la poche d’Afrin à la frontière avec la Turquie.
Fortune
Selon l’ONG Oxfam, utilisant des données publiées par le Crédit Suisse, 61 milliardaires détiennent autant de richesses que la moitié la moins riche de la population de la planète. 1 % des « Terriens », les plus riches, auraient accaparé 82 % de la richesse mondiale créée en 2017. De telles « constations » sont censées interpeller les dirigeants économiques réunis du 23 au 26 janvier au sommet de Davos.
RDC
Au moins cinq personnes ont été tuées et 33 blessées, le 21 janvier, lors de la marche à Kinshasa organisée par un collectif proche de l’Église catholique qui demande au président Kabila de respecter la Constitution en ne briguant pas un troisième mandat.
Afghanistan
Un commando de cinq talibans a attaqué, le 20 janvier au soir, l’hôtel Intercontinental de Kaboul, faisant au moins 18 morts dont 14 étrangers. Il a fallu 12 heures pour éliminer tous les assaillants qui ont mis le feu à l’hôtel.

