L’événement – 1
par Serge Plenier
Lutter contre le djihadisme ?
C’est devenu véritablement mécanique. Au lendemain de chaque attentat, des voix s’élèvent un peu partout pour dénoncer les failles de la lutte contre le terrorisme islamique. Il aurait fallu montrer plus de fermeté, mieux surveiller les individus fichés « S » et faire la chasse à l’idéologie salafiste (ou wahhabite).
L’attentat de Trèbes, avec ses quatre victimes, ne fait pas exception à la règle. Chacun y est allé de sa recherche des responsables. On a ainsi mis en cause le préfet de l’Aude, le ministre de l’Intérieur et, bien entendu, d’Emmanuel Macron, tous également accusés de laxisme coupable et d’incompétence manifeste. Les responsables politiques ont également réclamé pêle-mêle le retour de l’état d’urgence comme Laurent Wauquiez, le retrait de la nationalité française et l’expulsion pour les binationaux, tandis que Manuel Valls a tout simplement proposé l’interdiction du salafisme sur notre territoire. Enfin, il y a la question lancinante du sort des djihadistes partis combattre en Syrie.
Le problème de la plupart de ces mesures est qu’elles sont soit inapplicables, soit inefficaces. La mise en place de l’état d’urgence sous François Hollande n’a en rien diminué les risques d’attentat, comme le reconnaît le criminologue Alain Bauer et l’interdiction du salafisme poserait plus de problèmes qu’elle n’en résoudrait. On n’interdit pas une idéologie, si criminelle soit-elle, par un simple texte de loi. De même, surveiller étroitement les quelque 12 000 fichés « S » est rigoureusement impossible dans l’état actuel des effectifs.
Surtout les solutions proposées restent à la surface du problème. Les forces de l’ordre travaillent déjà beaucoup, et bien, à éviter la plupart des attentats, mais cela ne suffit pas. La lutte contre le terrorisme islamiste n’est pas simplement une question de moyens policiers ou judiciaires. L’accueil hostile (et violent) des forces de l’ordre et des journalistes dans la cité Ozanam, là où habitait l’assassin de Trèbes, de même que les propos effarants de la compagne de ce dernier, montrent que le djihadisme prospère sur un terreau favorable, un terreau fait de frustrations sociales mais aussi identitaires. C’est parce qu’on ne leur propose plus une identité qui leur permette de se construire que des jeunes se replient sur une identité originelle reconstituée et largement fantasmée.
Lutter contre le djihadisme suppose un véritable effort d’analyse… et de remise en cause.
L’événement – 2
par Jean-Gabriel Delacour
L’autre danger qui menace la société
Le président Macron se trouve actuellement confronté à une grave menace terroriste dont on sait qu’elle ne s’arrêtera pas par enchantement — d’où la décision que lui-même et son gouvernement ont prise de renforcer les moyens de l’ensemble des forces protégeant la société à l’intérieur et à l’extérieur de la France. Il a d’ailleurs déclaré de manière surprenante que le péril islamiste se définissait comme « endogène » alors qu’il provient de l’extérieur même s’il dispose de relais logistiques et d’appuis idéologiques sur le territoire national.
Par ailleurs, le pouvoir doit faire face à deux autres phénomènes propres à la France, qui se sont développés depuis des dizaines d’années. Bien connu, le premier réside dans un pouvoir syndical bien précis, celui de la Cgt. Fondamentalement différente des autres centrales, réformistes ou plus révolutionnaires, la Confédération générale du Travail forme un outil qui ne constitue plus le bras armé d’un Pcf devenu moribond mais une citadelle préoccupée de ses intérêts et qui veut défendre ses positions privilégiées, que ce soit chez les dockers, dans la presse ou à la Sncf. Le gouvernement connaît les données du problème et, apparemment, il n’apparaît pas enclin à céder comme l’ont pratiquement fait tous ses prédécesseurs.
La deuxième force de désorganisation menaçant la société de l’intérieur ne présente pas en revanche la même visibilité. Elle agit de façon disséminée, liée ou non à des groupes « alternatifs », « écologistes » ou d’« aide aux migrants ». En outre, héritière du romantisme qui entoure encore mai 1968, elle bénéficie souvent d’une sympathie médiatique comme pour les « étudiants pacifiques » de Montpellier victimes des « violences » de « l’extrême droite », alors que la majorité n’en pouvait plus d’être chassée de ses cours par une minorité imposant sa loi par la force.
Ainsi, dans l’indifférence de la plupart des autorités académiques et civiles, de grands centres universitaires tels Montpellier, Nantes, Paris — surtout Jussieu et Saint-Denis —, Rennes ou Toulouse sont partiellement livrés à des groupes « progressistes » qui veulent empêcher la machine de fonctionner. Aux traditionnelles revendications contre la « sélection », pour le « salaire étudiant » ou en faveur de la « déconstruction du savoir » s’ajoute maintenant une pression constante en faveur des « migrants ». Une bonne dose de culpabilisation de l’Occident s’y ajoute, comme en témoignent les inscriptions qu’on voit maintenant fleurir : « Mort aux Blancs », « Fuck White People », « Français = PD », « Anti-France vaincra », « Je suis trop blanc », « Assimilation = ethnicide », « Femmes, voilez-vous ! », « Tue un raciste puis brûle son corps de sale bâtard »…
Les responsables universitaires ne savent plus quoi faire. Ils oscillent entre la négociation avec ces groupes, afin que puissent se tenir cours et examens, et le désarroi devant des locaux reconvertis en dortoirs et en cuisines pour des migrants emmenés, à l’occasion, dans la nécropole royale de Saint-Denis à l’heure de la messe dominicale…
Politiques
par Alice Tulle
Grèves : la bataille de l’opinion
Lancé le 22 mars, le mouvement de grèves et de manifestations est prévu pour trois mois. Voulue par le gouvernement et les syndicats contestataires, l’épreuve de force est engagée…
Le gouvernement affiche sa volonté de négocier les réformes et déplore que les syndicats se raidissent dans la grève mais le contenu des réformes de la fonction publique et de la SNCF est déjà décidé et le recours aux ordonnances montre que le débat avec les syndicats et les oppositions parlementaires doit s’effacer devant l’efficacité.
Depuis l’ambassade de France à New Delhi, à la mi-mars, Emmanuel Macron avait prévenu ses soutiens et ses adversaires : « Nous allons continuer à réformer la France en profondeur […] ça ne s’arrêtera ni demain, ni le mois prochain, ni dans les trois mois. » Cela voulait dire que le chef de l’État n’avait pas peur des syndicats et qu’il était prêt pour une épreuve de force.
Le choix de l’affrontement est logique : puisque le quinquennat tout entier va être consacré à des réformes en profondeur de la société et de l’économie françaises, il faut éviter de mener à chaque fois des batailles pour la conquête ou la reconquête de l’opinion. Mieux vaut mener tout de suite une bataille de rupture, qui permettra de disloquer le front syndical et d’isoler la confédération la plus récalcitrante – à savoir la CGT.
L’Élysée, qui pilote l’ensemble du gouvernement, peut-il gagner ? Emmanuel Macron dispose de plusieurs atouts : les syndicats sont déjà divisés et l’on tient pour assuré que la CFDT acceptera les réformes au prix de quelques concessions. De surcroît les syndicats contestataires (FO, la CGT) sont échaudés par leur échec de septembre 2017 face aux ordonnances réformant le droit du travail. Briser le mouvement des cheminots, c’est détruire l’une des forteresses de la CGT et porter un coup très rude à cette confédération en proie à une grave crise interne. Dès lors, le chemin serait largement dégagé pour lancer le futur train de réformes…
La journée de manifestations et de grèves du 22 mars semble justifier cette stratégie. Les cheminots ont certes été très nombreux à descendre dans la rue, la grève a été largement suivie à la SNCF mais la mobilisation des fonctionnaires a été modeste avec 12 % de grévistes. Au total, la police a recensé 323 000 manifestants dans toute la France. C’est plus qu’en septembre contre les ordonnances mais, même si le nombre de manifestants est sous-estimé, ce n’est pas un mouvement de fond.
L’Élysée n’a cependant pas encore gagné la partie. La CGT et FO connaissent la stratégie gouvernementale et ne peuvent s’y opposer que de manière frontale car ils jouent leur crédibilité. À l’initiative de Sud-Rail, une grève de deux jours sur cinq a été décidée à la SNCF, pour une durée de trois mois. Nul ne peut dire si cette nouvelle tactique sera efficace.
Les syndicats contestataires parient de leur côté que les mouvements de grève dans le transport ferroviaire et à Air France seront amplifiés par le mécontentement des retraités et de plusieurs autres catégories de salariés. Ils ne comptent guère sur le relais politique offert par La France insoumise en raison des foucades de Jean-Luc Mélenchon mais constatent que la popularité du président de la République est en baisse très nette.
Le gouvernement compte sur la lassitude des usagers face aux grèves à répétition alors que les syndicats contestataires espèrent une exaspération croissante, qui provoquerait la « convergence des luttes ».
C’est bien l’opinion publique qui est l’enjeu de la bataille et nul ne peut dire de quel côté elle penchera.
Monde
par Yves La Marck
Brexit au long cours
Le sommet européen de Bruxelles le 22 mars a marqué la solidarité des Vingt-Sept avec Londres dans l’affaire de l’empoisonnement d’un agent double anglo-soviétique. Les mesures concrètes avaient semblé manquer… jusqu’au 26 mars, où on a appris que 14 pays européens, dont la France, mais aussi les États-Unis et le Canada, expulsaient des diplomates russes. Qu’en sera-t-il de la Coupe du monde de football où aucun officiel britannique n’assistera et des visites à haut niveau (dont celle d’Emmanuel Macron prévue fin mai) ?
La perte de crédibilité de la Grande-Bretagne, depuis le vote du Brexit en juin 2016, s’en trouve heureusement atténuée. Car, dans un an, le 29 mars 2019, celui-ci sera consommé et la Première ministre britannique ne siègera plus au Conseil européen… La diplomatie des chequers aura du mal à se prévaloir de la politique étrangère et de sécurité commune…
Theresa May n’est déjà plus présente qu’à la première journée des sommets européens. Elle ne l’était plus le 23 mars lorsque les 27 ont adopté, à l’unanimité, les termes de négociation de la phase finale du Brexit. Pressée d’avancer, la Première ministre, à l’origine championne d’un Brexit dur (« hard »), a dû s’incliner devant les exigences de la Commission de Bruxelles, l’une après l’autre : la participation au budget commun jusqu’à son terme le 31 décembre 2020, la garantie de leur statut actuel aux ressortissants européens installés en Grande-Bretagne jusqu’à la même date, le respect de la politique commune de pêche également jusqu’à 2021.
Grâce à quoi, les Britanniques bénéficieront des avantages du marché unique mais sans plus avoir voix au chapitre. Durant cette phase de transition de 21 mois, la Grande-Bretagne sera dans la situation actuelle de la Norvège qui se soumet aux règlements communautaires sans participer à leur adoption. On a peine à croire que ce soit là le retour à la pleine souveraineté nationale voulue par les partisans du Brexit. On ne peut imaginer le Parlement de Westminster accepter une telle mise sous tutelle. On ne voit donc pas Theresa May demeurer Première ministre après mars 2019.
Se sachant condamnée, elle se sacrifierait pour endosser le bilan de ce sale boulot ? Ses récentes concessions tendraient à le laisser penser. Son offensive anti-russe serait sa planche de salut.
En réalité l’enjeu économique est crucial. Si elle a cédé sur tous ces points c’est qu’elle était pressée d’engager la discussion de fond qui est celle des accords commerciaux entre l’Union européenne et le Royaume-Uni à l’issue de la phase transitoire. L’option norvégienne n’est en effet pas durable, ne serait-ce qu’en raison de la dimension et de la diversification des deux économies. Theresa May a indiqué à plusieurs reprises qu’elle voulait sortir du marché unique et de l’union douanière. Ce qu’elle a proposé le 2 mars ne tient pas la route : une sorte d’accord de libre-échange comme celui que vient de signer le Canada avec l’Union européenne ! Avec une négociation secteur par secteur : totalement inacceptable pour les 27, solidement unis sur ce principe.
De ce choix stratégique dépendent pourtant la croissance à venir de milliers d’entreprises et le maintien de centaines de milliers d’emplois des deux côtés de la Manche et de la mer du Nord. Et a fortiori de la mer d’Irlande. Tout à sa « vision », « anglaise », du commerce international, de la « merx » comme disait Montesquieu, Theresa May semblé avoir oublié de penser géographiquement ou simplement humainement. Elle a en particulier fait une concession % contre le Brexit. Le dynamisme économique de l’Eire a aussi profité au Nord. Le Brexit fragilise directement la récente prospérité d’un pôle de développement utile à l’Europe entière. Dublin contre Londres, le choix européen est clair. Cela n’ira pas à terme sans conséquences politiques.
majeure, qui va résonner longtemps comme historique. Elle a en effet accepté le principe que, si les deux parties ne trouvaient pas d’autre solution, l’Irlande du Nord conserverait les obligations réglementaires du marché unique ! Ce qui signifie que la frontière douanière serait reportée en mer d’Irlande. Il n’y aura pas de restauration d’une frontière commerciale terrestre entre les deux Irlandes. Cette décision est certes dans la logique de l’accord dit du Vendredi saint, le 10 avril 1998, dont on célébrera sous peu les vingt ans. Cet accord qui a mis fin à la guerre civile en Ulster avait également – on l’avait un peu oublié – repensé la question frontalière entre les deux Irlandes pour la première fois depuis 1922. Mis au défi par le Brexit, il jouit d’un large consensus au Nord et au Sud. Dublin menaçait d’ailleurs tout accord bruxellois de son droit de veto ; et les Irlandais du Nord avaient voté à 56
Environnement
par Fabrice de Chanceuil
Éteindre les lumières pour éclairer les décisions
Le samedi 24 mars, bien que ce ne fût pas le dernier samedi du mois de mars normalement choisi pour cette manifestation, a été organisé, entre 20h30 et 21h30, heure locale, l’événement, une Heure pour la Planète, consistant, pendant ce laps de temps, à éteindre les lumières et à débrancher les appareils électriques afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et, partant, à limiter le réchauffement climatique. Cette année, cette manifestation a eu lieu concomitamment avec la 6ème session, à Medellin, en Colombie, de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).
C’est en 2007, en Australie, qu’a eu lieu, pour la première fois, une Heure pour la Planète, à l’initiative du Fonds mondial pour la nature (WWF) et le quotidien australien Sydney Morning Herald. Depuis, l’initiative a été relayée dans le Monde entier, et en 2018, 187 pays y ont participé avec, notamment, l’extinction des feux de monuments emblématiques, en commençant par l’Opéra de Sydney suivi, entre autres, par le Christ Rédempteur de Rio de Janeiro, la Tour Eiffel à Paris et même la Basilique Saint-Pierre à Rome. La baisse de la consommation d’énergie pendant cette période est peu significative en soi et toute symbolique afin de marquer les esprits pour une prise de conscience des dérèglements climatiques et d’une de ses conséquences, la disparition des espèces.
« La biodiversité et le changement climatique sont les deux faces de la même pièce de la crise écologique a laquelle nous sommes confrontés » s’est ainsi exprimé Marco Lambertini, directeur général du WWF à l’occasion de la 6ème session de l’IPBES ouverte à Medellin le 17 mars. De son côté, Robert Watson, président de l’IPBES, qui réunit 750 scientifiques et décideurs en provenance de 129 pays, a déclaré : « Si nous continuons ainsi, oui, la sixième extinction, la première causée par les humains, va se poursuivre ! ». La Plateforme évoque ainsi le risque d’une « extinction massive » d’espèces, la sixième en 500 millions d’années et la première depuis la disparition des dinosaures il y a 65 millions d’années. Deux espèces de vertébrés ont disparu en moyenne chaque année depuis un siècle et une autre est sur le point d’être anéantie avec la mort de Sudan, dernier mâle rhinocéros blanc du Kenya dont l’espèce, décimée par le braconnage, ne compte plus que deux femelles. Pour le WWF, entre un quart et la moitié des espèces de 33 régions du Monde parmi les plus riches en biodiversité pourraient être menacées par le dérèglement du climat d’ici 2080.
L’emploi du conditionnel exprime néanmoins une lueur d’espoir que confirme Robert Watson : « La bonne nouvelle, c’est (…) qu’il n’est pas trop tard ». C’est ce que tendent à démontrer les quatre énormes rapports de l’IPBES présentés le 26 mars portant respectivement sur l’Amérique, l’Afrique, l’Asie-Pacifique et l’Europe-Asie centrale, couvrant ainsi toute la planète à l’exception des eaux internationales des océans et l’Antarctique. La synthèse de chacun de ces quatre rapports, dont chaque mot a été soupesé dans le cadre d’une âpre négociation qui a duré toute la semaine, est une invitation claire et ferme faite aux dirigeants pour orienter leurs décisions en matière de protection de la biodiversité.
Mais il en va de cette session de l’IPBES comme de toutes les grandes négociations internationales sur le sujet, notamment la Conférence de Paris de 2015 sur le climat. Comme la France en son temps, la Colombie peut se vanter d’un beau succès diplomatique mais les résumés adoptés par les négociateurs ne sont que des « suggestions », dès lors non contraignantes, comme l’a précisé la secrétaire générale de la Plateforme, Anne Larigauderie, avec tous les risques d’inaction que cela suppose.
Tel est le sort de notre Histoire tragique où la force du symbole a bien du mal à être dépassée. « Je fais le mal que je ne voudrais pas faire et ne fais pas le bien que je voudrais faire » déplorait déjà, en substance, Saint-Paul, dans son Épître aux Romains.
Patrimoine
par Philippe Montillet
Patrimoine et/ ou mémoire du territoire
Patrimoine et/ ou mémoire du territoire ? Il faut choisir ! Il y a cent ans le choix a été fait, avec la loi fondatrice du 31 décembre 1913 pour le patrimoine et la protection des Monuments historiques. D’incontestables effets positifs en découlèrent, même si, bien évidemment, il faut regretter le manque de moyens en hommes comme en crédits qui fait que de nombreux monuments historiques ne sont pas dans l’état où l’on souhaiterait qu’ils fussent. Mais apprécions ce qui a été et est fait. Beaucoup de monuments ont été sauvés et de grands chantiers voient le jour régulièrement, Chambord, Saint-Denis… D’autre part si la loi de 1913 a été fondatrice d’un mouvement de protection elle a été aussi initiatrice et, par la suite, d’autres textes sont venus la renforcer, pensons notamment à l’évolution concernant les abords des Monuments historiques qui permet de préserver leur environnement. Enfin ajoutons que depuis cette loi et encore plus depuis la fin des années 1960 il y a eu toujours une évidente sympathie de la part de l’opinion en faveur du patrimoine. Donc, ne nions pas un incontestable résultat positif.
Pourtant est-il suffisant et répond-il toujours aux enjeux actuels? En effet, cette approche strictement monumentale qui privilégie l’élément exceptionnel (environ 40 000 pour la France tout entière), l’élément remarquable, ne permet pas à notre pays de conserver son patrimoine dans son ensemble. Celui-ci est beaucoup plus important que les seuls Monuments dits historiques. La recherche, les travaux d’inventaire, l’évolution des idées y incluent désormais le patrimoine vernaculaire, le patrimoine de Pays, celui qui donne la qualité et l’identité des territoires. Or sur ce point le bât blesse car ce patrimoine est très inégalement pris en compte faisant perdre aux territoires une grande part de leur mémoire. De très nombreuses communes sont, sur ce point, si sinistrées que l’on peut parfois se demander s’il n’est pas trop tard pour agir. La France ayant développé cette culture patrimoniale de l’exception n’a pas été assez vigilante sur la majorité de ce qui forme les paysages bâtis de ses communes. Pour sauver une brebis nous avons abandonné le troupeau…
Cela tient à une incompréhension du phénomène. En effet lorsque la législation sur les Monuments historiques s’est mise en place, en 1913, à la suite de débats qui ont duré en fait des dizaines d’années, il s’agissait d’écrire ce qu’il convient, de nos jours de nommer le roman national. Celui qui s’est confondu avec la période de stabilisation de la République. Entre les instituteurs et les inspecteurs des Monuments historiques, le combat était le même au nom d’une certaine image de la France. Dans cette approche il n’y avait qu’un seul territoire, celui de la Patrie et tout était fait pour gommer le reste. L’esprit province était une injure au bon goût, et les styles régionaux qualifiés de « pittoresques » ce qui voulait tout dire, pendant que les langues régionales étaient persécutées.
Un siècle plus tard, force est de reconnaître que les fondements de la société ont évolué. Il y a une autre approche dans laquelle le territoire n’est plus exactement le même. Entre l’Europe et la mondialisation des échanges les horizons ont bougé, redonnant a contrario, à la proximité, à l’autre bout de l’échelle, son utilité, voire sa nécessité. Le village et le canton retrouvent toute leur place dans un monde trop vaste accessible certes à la pensée et à la raison mais ni au cœur ni au regard nécessaires pour donner des repères. Il y a donc place désormais pour une autre politique du bâti existant incluant ce qui est humble. Il n’est plus question de se limiter aux seuls monuments historiques mais plus largement de défendre la mémoire des territoires à travers tous les témoins que l’histoire nous a laissé. Cela est d’autant plus nécessaire que, notamment autour des grandes villes, les communes sont confrontées à une forte croissance démographique. Actuellement celle-ci est assez mal gérée puisque privilégiant le quantitatif sur le qualitatif d’où le recours à des rénovations urbaines drastiques qui s’écrivent en termes de destruction pour reconstruire plus haut, plus grand. Mais ces reconstructions sont rarement pensées en s’inspirant de l’existant. Ne respectant souvent pas les parcelles qui, jusqu’alors, avaient été la base de la trame urbaine, elles rompent tous les rythmes. Les urbanisations qui en sortent demeurent trop souvent comme des verrues en périphérie des bourgs avec des réseaux viaires mal adaptés. Ainsi la destruction de l’ancien bâti n’aboutit pas à des résultats favorables mais crée des entités sans vrai sens et dans lesquelles les habitants ne trouvent pas vraiment leur place, n’y ayant plus de repères. La perte est sur les deux tableaux, celui de l’identité des communes, détruite, et celui d’une évolution pourtant bien nécessaire, bien mal conçue puisque sans fondements.
Le seul moyen de remédier à de telles erreurs est de revenir à un urbanisme qui s’appuie sur la mémoire des territoires. En connaissant bien l’existant (tant bâti que naturel – nature du sol, lien avec les rivières…), l’avenir peut se penser et s’édifier avec de meilleures chances de réussir. L’avenir du patrimoine, ainsi, passe plus par le droit de l’urbanisme que par les législations sur les seuls monuments historiques. Il s’agit d’un choix : vouloir préserver quelques éléments seulement ou sauvegarder l’image et donc l’identité de la France. Œuvre individuelle ou bien commun.
Clefs
par Jean Étèvenaux
Israël toujours au cœur du Moyen-Orient
Malgré une crise gouvernementale évitée à propos du service militaire des ultra-orthodoxes et la persistance des enquêtes pour corruption le visant, le Premier ministre Benyamin Netanyahu semble toujours aussi déterminé dans sa conduite de l’État d’Israël. Il est vrai que non seulement les Palestiniens apparaissent à nouveau très divisés sous un Mahmoud Abbas vieillissant et sans pouvoir. En outre, Donald Trump lui manifeste de plus en plus son appui ; le président américain a d’ailleurs promulgué, le 23 mars, une loi supprimant une partie de l’aide aux Palestiniens jusqu’à ce qu’ils mettent fin aux allocations aux terroristes et aux familles des agresseurs abattus.
Par ailleurs, Israël apparaît dans une perspective globalement plus favorable sur l’échiquier moyen-oriental. Cela explique sans doute pourquoi des hommes politiques et d’anciens responsables de Tsahal n’ont pas craint d’exprimer leur fierté le 21 après la première reconnaissance publique indiquant que les forces aériennes avaient détruit un réacteur nucléaire syrien en 2007. Alors que, en général, les officiels font preuve d’un mutisme inébranlable, un ancien ministre n’a pas craint de décrire l’opération comme l’une des décisions stratégiques israéliennes les plus importantes.
On sait qu’Israël a été soupçonné de dizaines d’attaques ciblées au Moyen-Orient, dont la plus célèbre reste celle de 1981 contre le réacteur nucléaire de Tammouz, à 17 km de Bagdad, construit avec l’aide de la France. Il y a eu également des opérations contre des scientifiques, notamment iraniens, surtout dans la dernière décennie. Se sont également produites des dizaines de frappes aériennes contre l’armée syrienne et ses alliés — autrement dit le Hezbollah — depuis le début de la guerre en Syrie en 2011. Toutefois, un ancien vice-ministre de la Défense a affirmé le 21 mars qu’Israël avait cessé ses attaques contre le système de défense antiaérien syrien parce que Vladimir Poutine avait appelé Benyamin Netanyahu pour lui dire : « Ça suffit ».
Quant au rapprochement de facto avec Riyad, il a trouvé une confirmation dans le fait qu’Air India a effectué, le 22 mars, son premier vol direct à destination de Tel-Aviv en passant par l’espace aérien de l’Arabie saoudite, ce qui lui restait jusque-là interdit. On notera également que le journaliste saoudien Loay al-Charif a posté un message vidéo en hébreu disant aux Israéliens et aux Juifs de ne pas craindre l’éventualité que son pays obtienne l’arme nucléaire, car elle ne viserait qu’à assurer l’auto-défense contre les agresseurs régionaux.
On constate enfin que même des sportifs iraniens, bien qu’ils se trouvent ensuite plus ou moins désavoués, se risquent à rencontrer des Israéliens lors de compétitions se déroulant au dehors de l’État hébreu. Bref, Israël se montre de plus en plus incontournable, même si plusieurs de ses responsables craignent prochainement de fortes violences de la part de certains Palestiniens.
Humeur
par Erwan Violin
Le grand registre
On a retrouvé Sarkozy ! A vrai dire, il nous manquait un peu avec son sens du « show » et son vocabulaire fleuri. Il aura suffi de deux jours de garde à vue pour qu’on le retrouve sur TF1, gonflé à bloc et prêt à rendre coup pour coup. Dans le grand registre, nous avons eu droit au pur chevalier blanc calomnié par une bande d’individus abjects, d’assassins sordides et de margoulins innommables. Etait-il convaincant ? Certains disent que non, mais l’essentiel n’est peut-être pas là.
L’essentiel est que le téléspectateur ait eu sa ration d’émotions fortes en direct, générant de solides recettes publicitaires. Nicolas Sarkozy demeure une bonne affaire.
Livres
par Catherine Pauchet
Thriller
La voyeuse
Grâce à son appareil photo et à un téléobjectif, Anna connaît tout de la vie de ses voisins, dans cette rue de Harlem : disputes, ameublement… Depuis que son mari l’a quittée, prenant avec lui leur fille unique, elle s’occupe comme elle le peut. Elle boit, elle se bourre de médicaments, elle espionne. Elle perd la tête surtout. Alors quand elle raconte à la police qu’elle a assisté en direct au meurtre de madame Russell, elle passe pour une folle d’autant que la supposée victime se présente… en pleine forme. Avec ce premier thriller, A.J. Finn s’impose dans le domaine du suspense. Le livre, qui a connu un énorme succès en Amérique, est en cours d’adaptation au cinéma.
« La femme à la fenêtre », A.J. Finn, Presses de la Cité, 522 p., 21,90 €.
Aventure
Trappeur du Yukon
C’est un rêve d’aventure et de liberté qui se double d’une histoire d’amour. Le Québécois Rock Boivin a dix-huit ans quand il quitte son confort et ses études pour s’installer dans le Yukon. Là il rencontre Kathryn perchée sur un « monstre mécanique », un engin de chantier, dans une mine d’or. Ils s’établiront dans le grand nord canadien parmi les chiens et les loups. Aujourd’hui âgés de plus de soixante-cinq ans, ils continuent de s’aimer et de mener la vie de « coureurs des bois », en osmose avec la nature.
« Rêves de trappeur », Rock & Kathryn Boivin, Préface de Nicolas Vanier. XO éditions, 304 p., 19,90 €.
Economie
Gagner des contrats
Rien ne prédestinait Philippe Bohn à un rôle de négociateur d’affaires. D’abord assistant de photographes (Helmut Newton, Franck Horvat), il s’engage pour l’indépendance de l’Angola. Ce combat lui permet d’établir un réseau de relations en Afrique qu’il mettra au service d’Airbus, d’Elf-Aquitaine (avec Alfred Sirven) et de Vivendi Environnement (avec Henri Proglio). Dans ce livre, cet homme d’influence dévoile le processus complexe (identifier les interlocuteurs, répondre aux attentes, emporter la décision…) qui conduit à la signature de contrats à plusieurs millions, voire milliards, d’euros.
« Profession : agent d’influence », Philippe Bohn, Plon, 194 p., 17,90 €.
Revue
Série noire
Temps Noir, la revue des littératures policières, consacre son dossier central aux romans de la « Série Noire » (Gallimard) qui ont fait les riches heures du cinéma français et américain (Touchez pas au Grisbi d’Albert Simonin, Classe tous risques de José Giovanni…). Autres sujets traités : le passé de collaborateur de Michel Audiard, auteur de textes antisémites dans l’hebdomadaire L’Appel entre 1943 et 1944, une dvdthèque de films noirs britanniques 1940-1960, des entretiens avec Fabrice Colin, François Angelier, Claro et Brian Evenson…
« La » Série Noire » fait son cinéma », Temps Noir, n°20, éditions Joseph K., 352 p.,19,50 €. En librairie.
Cinéma
par Marie-Christine Renaud d’André
Ready Player One
En 2045, le monde a été dévasté par des crises économiques, ce qui a contraint la population à vivre dans des mobil-homes crasseux. Dans l’un d’eux, le jeune Wade oublie ses soucis en se réfugiant dans l’Oasis, un univers virtuel, dans lequel il vit une vie rêvée à travers son avatar. Quand le propriétaire du jeu, James Halliday, meurt, on apprend qu’il lègue sa fortune et Oasis à celui qui trouvera trois clés cachées à l’intérieur de ce monde virtuel.
Après l’excellent Pentagon Papers, tourné en catastrophe alors que Steven Spielberg s’occupait de la post-production du présent film, le cinéaste prouve, une fois encore, qu’il est l’un des meilleurs avec cette œuvre qui navigue entre le monde virtuel et le monde réel, adaptation d’un roman d’Ernest Cline. Les scènes spectaculaires, avec d’excellents effets spéciaux et une magistrale utilisation de la motion-capture, se succèdent à un très bon rythme, et l’humour est de la fête, ainsi que de nombreux clins d’œil cinématographiques, notamment une scène éblouissante dans le Shining de Stanley Kubrick, et à l’univers des jeux vidéo des années 80.
Mais, derrière le spectacle éblouissant, il y a une véritable réflexion sur notre époque et ses travers.
Ce vibrant plaidoyer en faveur d’un retour vers des relations authentiques entre les êtres humains devrait faire réfléchir certains jeunes d’aujourd’hui. Le film parle également de transmission, non pas sur des critères matériels, mais sur l’intelligence et le désir de se dépasser. Surtout, les héros vont découvrir l’importance de l’amour et de l’amitié. Les quelques violences qui émaillent le film sont surtout virtuelles.
Science-fiction américaine (2018) de Steven Spielberg, d’après Ernest Cline, avec Tye Sheridan (Parzival/Wade), Olivia Cooke Art3mis/Samantha), Ben Mendelsohn (Sorrento), Lena Waithe (Aech/Helen), Simon Pegg (Ogden Morrow), Mark Rylance (Halliday) (2h20). (Adolescents) Sortie le 28 mars 2018.
Pacific Rim Uprising
Son père a été un héros de la guerre contre les Kaiju, ces créatures extra-terrestres, mais Jake est devenu un délinquant.
Ceux qui ont apprécié le premier opus, signé de Guillermo Del Toro, retrouveront avec grand plaisir cette suite des aventures des humains se défendant, avec l’aide de gigantesques robots, des extra-terrestres qui veulent les éliminer. C’est prenant et très spectaculaire, avec quelques touches d’humour ou d’émotion. Mais cette succession de combats incessants finit par devenir un peu lassante et fatigante car l’ensemble est bien trop long.
Science-fiction américaine (2018) de Steven S. DeKnight, avec John Boyega (Jake Pentecost), Scott Eastwood (Nate Lambert), Cailee Spaeny (Amara), Jing Tian (Liwen Shao), Burn Gorman (le docteur Hermann) (1h51). (Grands adolescents) Sortie le 21 mars 2018.
Le collier rouge
En 1919, le commandant Lantier se rend dans la cellule où se trouve enfermé Lantier, un ancien soldat, héros de la guerre.
Malgré une mise en scène assez académique, on est vite pris par cette histoire émouvante, adaptation d’un roman de Jean-Christophe Rufin. Portée par l’interprétation toute en nuances de deux excellents comédiens, François Cluzet et Nicolas Duvauchelle, cette histoire, qui fait revivre les années de la guerre et celles de l’après-guerre, avec la rage de certains soldats, est passionnante. Quant au chien, avec son collier rouge, il est très attachant.
Comédie dramatique française (2016) de Jean Becker, d’après Jean-Christophe Rufin, avec François Cluzet (Lantier), Nicolas Duvauchelle (Morlac), Sophie Verbeeck (Valentine), Jean-Quentin Chatelain (Dujeux) (1h23). (Grands adolescents) Sortie le 28 mars 2018.
Blue
La Terre est appelée planète bleue, car recouverte, à 71 % par l’océan. Dans les profondeurs de ces eaux, vivent de nombreuses espèces, dont les dauphins, en particulier, le jeune Blue.
Dès le début, le spectateur est ébloui par la beauté de ces fonds marins, habités par de multiples espèces, souvent d’une originalité sidérante, comme cette squille multicolore, une crevette d’une quinzaine de centimètres de long, qui est la reine de… l’uppercut ! Keith Scholey (Félins, Grizzly) et Alastair Fothergill (Un jour sur Terre, et de nombreux documentaires pour la BBC, tel Prédateurs, diffusé il y a peu sur France 2) ont bénéficié des dernières technologies (drones, caméras sous-marines, etc.) afin d’être au plus près de ces animaux. Ce film magnifique est un beau plaidoyer en faveur de la protection de la nature, et il séduira petits et grands.
Documentaire américain (2018) de Keith Scholey et Alastair Fothergill, avec un commentaire dit par Cécile de France (1h18). (Tous) Sortie le 28 mars 2018.
Le chiffre de la semaine
35 %
C’est le taux de la baisse du nombre d’oiseaux en milieu agricole cultivé selon les résultats d’une étude du CNRS menée dans les Deux-Sèvres depuis 1995. Ce chiffre concorde avec les données recueillies depuis 1989 par le « Suivi Temporel des Oiseaux Communs » (STOC), dépendant du Muséum d’histoire naturelle, qui estime le déclin à 1/3. Les deux organismes pointent « un niveau proche de la catastrophe écologique ». Le déclin est également observé dans d’autres milieux, mais avec une amplitude moindre. Enfin, des chiffres semblables ont été enregistrés dans le reste de l’Europe.
Aux origines de ce déclin dramatique, on trouve essentiellement les pratiques agricoles avec l’utilisation de pesticides, responsable de la baisse brutale des populations d’insectes.
D’un jour à l’autre
France
Justice
Nicolas Sarkozy a été mis en examen le 21 mars, après deux jours de garde à vue, pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de détournement de fonds publics libyens ». L’an-cien président va faire appel de son contrôle judiciaire qui lui interdit de rencontrer ses anciens ministres poursuivis dans la même affaire.
Manifestations
Le mouvement social du 22 mars aurait mobilisé 180 000 personnes selon la police, plus de 400 000 selon la CGT, pour la défense du statut des cheminots et des fonctionnaires.
Attentat
Un terroriste de 25 ans, se présentant comme un soldat de l’État islamique, a tué 4 personnes et en a blessé 15 autres, à Carcassonne et à Trèbes, dans l’Aude, le 23 mars. Parmi les victimes, le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, 44 ans, qui s’est substitué à une otage, mère de famille de 40 ans.
Université
Le doyen de la faculté de droit de Montpellier a démissionné après que des hommes encagoulés, dans la nuit du 22 au 23 mars, ont délogé avec la possible complicité de personnels et d’enseignants de la faculté, des étudiants grévistes qui occupaient un amphithéâtre.
Budget
Le déficit de l’État, des collectivités locales et de la Sécurité sociale a été de 2,7 % du Produit intérieur brut (PIB) français en 2007, ce qui remet la France dans les normes européennes (3 % maximum).
Santé
Le Sidaction, dont le porte-parole est Line Renaud, a reçu 4,4 millions d’euros de promesses de dons lors de la soirée télévisée du 24 mars.
Monde
Afghanistan
Au moins 26 personnes ont été tuées et une vingtaine d’autres blessées dans un attentat suicide à Kaboul, le 21 mars, durant les célébrations de Norouz, le Nouvel An perse.
Israël
Le ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, en reconnaissant, le 21 mars, qu’Israël était à l’origine de l’attaque aérienne sur un présumé réacteur nucléaire secret de la Syrie, en 2007, a voulu adresser un message au Moyen-Orient : son pays ne permettra jamais « que l’arme nucléaire tombe dans les mains de ceux qui menacent son existence : la Syrie hier, l’Iran aujourd’hui ».
États-Unis
Washington a décidé, le 22 mars, d’exempter l’UE de la hausse des taxes sur l’acier et l’aluminium, après le déplacement de la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström. Les droits de douane – jusqu’à 50 milliards de dollars – sont maintenus contre la Chine, accusée de concurrence déloyale ». « Pékin a répliqué en dévoilant une liste de 125 produits américains pouvant être frappés en représailles. La Chine pourrait ralentir ses achats de bons du Trésor américains.
800 000 personnes ont défilé à Washington, le 24 mars, un million dans 800 villes du pays, pour réclamer un durcissement de la législation sur les armes à feu après le massacre, le 14 février dernier, dans un lycée de Floride.
Pérou
Le président Pedro Pablo Kuczynski a démissionné, le 21 mars, alors qu’il allait être destitué par le Parlement. Impliqué dans un vaste scandale de corruption avec le géant brésilien du BTP Odebrecht, qui touche une partie de la classe politique d’Amérique latine, il a laissé la place à son vice-président Martin Vizcarra, qui a prêté serment le 23 mars.
Espagne
L’ex-président catalan Carles Puigdemont, exilé en Belgique depuis octobre 2017 pour échapper à la justice espagnole, a été arrêté le 25 mars par la police allemande à la frontière avec le Danemark. Il était sous le coup d’un mandat d’arrêt européen depuis le 23 mars.
Russie
64 personnes ont péri dans l’incendie qui a ravagé le 25 mars un centre commercial à Kemerovo en Sibérie.
Cameroun
Des élections pour faire désigner par les conseillers municipaux 70 séna-teurs (30 autres sont directement nommés par le pouvoir) ont eu lieu le 25 mars. Les résultats, à peu près connus d’avance, seront proclamés par le Conseil constitutionnel dans quelques jours.
Syrie
Damas a repris 90 % de la Ghouta orientale. Environ 7 000 rebelles et leurs familles ont pu quitter les villes de Faylaq al-Rahmane et d’Arbine en bus les 24 et 25 mars, sous protection russe, vers les derniers bastions islamistes dans la province d’Idleb.
Yémen
Le 25 mars, pour marquer la troisième année de l’intervention militaire de la « coalition arabe » au Yémen (10 000 morts, 60 000 blessés…), les forces houties ont réussi à tirer des missiles en direction des villes saoudiennes de Riyad, Khamis Me-cheit, Najrane et Jazane. Il n’y aurait cependant eu qu’une seule victime.
Sports
Patinage
Un mois après leur médaille d’argent à PyongCheang, les danseurs sur glace Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, 22 et 23 ans, ont remporté à Milan, le 24 mars, leur troisième titre mondial – après ceux de 2015 et 2016 – et trois records du monde.

