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Lundi 30 juin 2014

Lundi 30 juin 2014

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L’événement-1

par Serge Plenier

L’UMP va-t-elle mourir ?

L’UMP n’en a pas fini avec son chemin de croix. Chaque semaine apporte son lot de catastrophes entre mises en examen, gardes à vue, scandales à la Bygmalion, polémiques et guerre des chefs. La défaite de Nicolas Sarkozy et les législatives de 2012 ont laissé un champ de ruines.

Il y a bien sûr des responsabilités personnelles, à commencer par celle de l’ancien président de la République dont les négligences et la désinvolture (pour ne pas dire plus) ont largement contribué aux ennuis financiers du parti. Il y a aussi tous ceux qui ont, depuis deux ans, donné le spectacle peu glorieux de querelles sordides comme s’ils ne concevaient leur parti que comme un gigantesque fromage. L’affaire Bygmalion, qui n’est pas terminée,
Derrière tout cela, il y a surtout le péché originel de l’UMP. Conçu à l’origine pour assurer une majorité à Jacques Chirac réélu en 2002, il est devenu ensuite l’enjeu d’une lutte sans merci entre sarkozystes et chiraquiens. En somme, voilà un parti politique dont la seule justification est d’ordre politicien. Il s’agit non pas de faire avancer une idée ou même une idéologie, mais de soutenir une ambition personnelle.

A ce point de vue, la comparaison entre l’UMP et le PS ne doit pas faire illusion. L’état du Parti socialiste n’est sans doute pas extraordinaire, mais enfin ce parti s’est bâti sur une cohérence idéologique même relative, et sur un mythe qui a du moins le mérite d’exister, même si l’on en pense ce qu’on veut. Le socialisme s’est peut-être fracassé contre les réalités, mais il est demeuré un point de repère.

Rien de tel avec l’UMP. Quelle unité peut-il y avoir entre les derniers gaullistes, les libéraux et les partisans d’une droite « forte » ? Quelle est la cohérence entre les défenseurs du centre droit et les dévots du marché  Le socle commun de l’UMP se réduit au strict minimum. De plus, la droite française s’est longtemps définie par une opposition résolue au communisme. Quel sens peut avoir une telle opposition depuis 1989 ? En un sens, l’UMP est orpheline de la chute du mur de Berlin.

Face à la menace du Front national, l’UMP demeure nécessaire. Mais elle ne survivra qu’au prix d’une réflexion sérieuse, et d’une véritable refondation idéologique.


L’événement-2

par Jean-Gabriel Delacour

Le retour du califat

Au moment où commence le ramadan, quatrième pilier de l’islam, qui n’apparaît pas exactement comme un jeûne — puisqu’on se rattrape à la nuit tombée —, il convient de s’interroger sur ce que représente le rétablissement du califat. Cette forme de pouvoir politico-religieux a en effet été proclamée, le 29 juin, premier jour du ramadan, par les djihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant, engagés dans le combat au sein d’une région qui regroupe pour le moment la Syrie et l’Irak, mais qui pourrait bien se développer dans une bonne partie du monde musulman. La prudence des responsables religieux de l’islam en France, peu diserts sur le sujet, ne doit pas empêcher de se poser quelques questions.
En droit, le califat désigne le territoire reconnaissant l’autorité d’un calife. Depuis Mohamed, l’Histoire en a connu plusieurs, dont le dernier, dans le cadre de l’empire ottoman, a disparu en 1924. Les tentatives de le faire ressurgir ont ensuite échoué, notamment celle du chérif de La Mecque Hussein Al-Rachid — d’où est issue la dynastie jordanienne. Celui-ci avait tenté d’établir son pouvoir en Syrie, mais les Français l’en avaient empêché. On voit que la partie se jouait déjà dans les territoires où agit actuellement l’É.I.I.L, manifestement soucieux de déconstruire ce qui avait été mis en place après le démantèlement de l’empire turc. En tout cas, la réapparition d’un « émir des croyants » devrait permettre de renouer avec le glorieux passé islamique. ; voilà pourquoi on a désigné « le cheikh djihadiste Al-Baghdadi calife des musulmans ».

Cette prétention de l’É.I.I.L. doit être également vue comme une volonté de remodeler le paysage politique régional. En effet, les accords Sykes-Picot de 1916 avaient permis d’organiser le partage du Moyen-Orient en zones d’influence entre le Royaume-Uni, la France, la Russie et l’Italie. Depuis, divers États et peut-être même aussi des nations se sont développés là-bas, s’appuyant sur un nationalisme jusque-là plutôt laïc, que ce fût au Liban, en Syrie, en Irak ou en Jordanie. Les réunir sous une férule religieuse et qui plus est fondamentaliste risquerait de ne pas se révéler très facile.

On assiste en tout cas au énième épisode de la recomposition avortée du Moyen Orient, d’abord en Irak puis en Syrie. L’échec des puissances occidentales à mettre en place des régimes fiables à la place de ceux de Saddam Hussein et de Bachar al-Assad n’aura apparemment servi qu’à propulser ces djihadistes voulant établir la charia et la loi islamique dans ces contrées, les autres opposants se retrouvant vite éliminés. Quant aux minorités comme les chrétiens, elles n’ont d’autre choix que de fuir pour trouver refuge toujours plus loin, obligées une fois encore d’abandonner des terres où elles vivaient tant bien que mal depuis des siècles — en l’occurrence depuis l’époque de Jésus.


Politiques

par Alice Tulle

L’échec de Marine Le Pen

Soumise à la concurrence de l’eurosceptique Nigel Farage, Marine Le Pen n’a pas pu former son groupe au Parlement européen. Cet échec souligne la grande diversité des formations « populistes » en Europe.

Fondateur du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), Nigel Farage est le grand vainqueur des élections européennes outre-Manche puisque l’UKIP est arrivé en tête avec 27,5 % des voix, loin devant les travaillistes (25,4 %) et les conservateurs (23, 8 %). Ces Britanniques, qui militent pour que la Grande-Bretagne sorte de l’Union européenne, semblent proches du Front national. Il n’en est rien. Nigel Farage exprime depuis longtemps sa sympathie pour le gaulliste Dupont-Aignan et dénonce la xénophobie du Front national.

D’entrée de jeu, une alliance entre les deux formations était impossible et comme l’UKIP et le Front national voulaient constituer un groupe parlementaire, leur rivalité a éclaté au grand jour et c’est finalement Nigel Farage qui l’a emporté. Son groupe (ELD : Europe, Libertés, Démocratie) compte 48 députés, dont 24 membres du l’UKIP et 17 élus italiens du Mouvement 5 Étoiles de Beppe Grillo.

La présidente du Front national voulait ajouter aux 23 élus frontistes les députés du Parti de la liberté du Néerlandais (PVV) Geert Wilders, du Parti de la liberté autrichien (FPÖ), de la Ligue du Nord italienne et les Flamands du Vlaams Belang mais il lui fallait rassembler des députés de sept pays différents, ce qui n’a pas été possible : le Front national ne voulait pas s’allier avec les Grecs de l’Aube dorée, trop extrémistes, les Néerlandais refusaient les Polonais du Congrès de la nouvelle droite en raison de leur homophobie, les Suédois ont préféré rejoindre Nigel Farage de même que les élus lituaniens.

L’échec de Marine Le Pen nuit à sa crédibilité et la prive d’une confortable subvention annuelle de 30 millions d’euros. Mais elle gagnera une grande tranquillité d’esprit car les partis qu’elle voulait rassembler sont très hétérogènes, voire opposés sur le plan idéologique. Le Front national se situe dans le prolongement des mouvements nationalistes français de la première moitié du XXe siècle, attachés à leur manière à l’unité du pays. Au contraire, le Vlaams Belang est un mouvement flamand séparatiste et sa violente xénophobie s’inscrit dans un projet de destruction de la Belgique. De même, en Italie, la Ligue du Nord est un mouvement régionaliste et séparatiste comme l’indique son intitulé : Lega Nord per l’indipendenza della Padania. Alors que le Front national veut renégocier les traités européens, milite pour la sortie de la zone euro et souhaite un référendum sur l’appartenance à l’Union européenne, la Lega Nord milite pour une Europe des régions et pour la création de « zones monétaires optimales » interdisant tout retour à des monnaies nationales. Le parti autrichien FPÖ est nationaliste mais il est partisan du maintien de la zone euro grâce à l’expulsion des États qui ont des économies trop faibles : Grèce, Espagne, Portugal. Le parti néerlandais de Geert Wilders présente lui aussi de fortes spécificités : c’est un parti protestataire de type « hédoniste » selon la catégorie élaborée par le sociologue Gaël Brustier, qui dénonce l’islam parce que cette religion s’oppose à la libre expression de l’individualisme tel qu’il s’exprime dans le féminisme et chez les homosexuels militants.

Ces fortes divergences font douter de l’existence d’un « populisme » européen : les mouvements protestataires de ce début de siècle expriment des singularités selon l’histoire et la sociologie de chaque pays. L’Internationale d’extrême droite est et restera une fiction.


Monde

par Yves La Marck

L’opposition européenne

Le Parlement européen élu le 25 mai a tenu sa première session du 1er au 3 juillet. L’opposition s’est organisée sans les Français.

Si les deux  principaux groupes, le Parti Populaire Européen (PPE) de centre-droit et le Parti socialiste, sont toujours aux commandes, formant ensemble une large majorité (412 sur 751) pour mettre le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, majorité culminant même à 480 avec les libéraux et centristes du belge Verhofstat, l’opposition s’organise. Celle-ci a en effet augmenté son nombre de sièges de 124 à 170, auxquels il convient d’ajouter les 52 députés de l’ultra-gauche. Fort hétéroclite, elle commence néanmoins à prendre forme.

à l’issue des tractations sur la formation des groupes, le grand vainqueur, plutôt inattendu, est le Premier ministre britannique David Cameron. Il avait pourtant essuyé une défaite cinglante au Royaume-Uni perdant six sièges. Mais il a eu l’habileté de prendre la tête d’une très mordante campagne anti-Juncker, pas tant intuitu personae que parce qu’il refusait une nouvelle dérive « fédéraliste » laissant au Parlement le soin de décider de la présidence de la Commission au détriment des chefs d’État et de gouvernement. Le résultat est en tout cas qu’à Strasbourg le groupe des conservateurs et réformistes (ECR) qui avait perdu onze sièges aux élections en gagne plus de vingt par le jeu des transfuges : David Cameron a recruté à la fois chez les libéraux centristes et chez les « indépendantistes » de son ennemi Nigel Farage. Après débats, le parti majoritaire en Flandre de Bart de Wever a quitté les libéraux pour se rallier aux conservateurs ; de son côté l’Alternative pour l’Allemagne, qui prône le retour à une sorte de zone mark, avec 7 élus en a fait de même, au grand dam de la chancelière Angela Merkel, autre motif s’il en était besoin de querelle anglo-allemande. Au total, le groupe conservateur regroupe des élus de quatorze États-membres et, passant devant les libéraux (68 contre 67), devient la troisième formation du Parlement européen. 

L’attractivité de la position conservatrice britannique relativise à la fois le succès de l’UKIP de Nigel Farage, arrivé en tête en Angleterre, et celui du Front National (FN), les deux s’excluant l’un l’autre. Nigel Farage, qui perd ses alliés danois et finlandais attirés par les conservateurs, parvient de justesse à renouveler son groupe Europe, Libertés, Démocratie (ELD) en nouant une alliance surréaliste avec le Mouvement 5 étoiles italien de Beppe Grillo et en débauchant une élue du FN. Il ne restait plus assez de place pour Marine Le Pen entre les infréquentables néo-nazis grecs et révisionnistes polonais et une droite plus classique, libérale autant que nationale. Marine Le Pen est coincée entre deux Britanniques, Syed Kamall (député de Londres, président du groupe conservateur de David Cameron) et Nigel Farage, trois chefs de groupe allemands, PPE, PS et Verts, et le moralisme des Nordiques. Bref, l’alchimie européenne lui échappe.  

Il lui aurait suffi du ralliement de deux députés de pays différents pour obtenir la représentativité minimum exigée par Strasbourg pour constituer un groupe et bénéficier des avantages y afférant. Mais, quand bien même cela se produirait, le message du Front national — et de ses minuscules alliés — risque de ne pas être bien audible. Le Front est loin d’avoir théorisé une troisième voie entre les deux modèles britanniques de la rupture et de la réforme. 

Mais c’est la classe politique française dans son ensemble — sauf les quelques européistes libéraux centristes — qui est marginalisée à Strasbourg et — on le verra dans la composition de la Commission — sans doute aussi à Bruxelles. Pour les héritiers de « l’Europe à la française », ce n’est pas brillant. 


Environnement

par Fabrice de Chanceuil

Substituer ou séquestrer: telle est la question

La Chaire Économie du climat, créée conjointement par l’Université de Paris-Dauphine et la Caisse des dépôts et consignations (CDC Climat) vient de rendre un rapport rédigé par Sylvain Caurla et Philippe Delacote intitulé: « La prise en compte des enjeux forestiers dans la lutte contre le changement climatique: leçons de la modélisation de la filière bois française ». Derrière ce titre un peu complexe, les auteurs s’attachent à montrer que les choix faits en France pour permettre à la forêt de contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre ne sont peut-être pas les plus efficients.

En effet, pour mettre en œuvre cette politique, la France s’appuie aujourd’hui largement sur la substitution énergétique. Cela se traduit par la mise en place de plans d’aide à la mobilisation de bois-énergie ou à la production de chaleur issue de la biomasse forestière. De fait, les émissions de produits issus du bois sont généralement plus faibles que celles entraînées par la consommation d’autres produits. Ainsi, la consommation de produits bois-énergie, en substitution aux énergies fossiles, et la consommation de certains produits en bois venant en substitution à des produits issus d’autres filières pour la construction, l’isolation, l’emballage et le mobilier, permettent de réduire les émissions d’origine fossile.

Dans ces conditions, l’action de l’État ne repose pas, à ce jour, sur des mesures privilégiant la séquestration du carbone en forêt du fait de la prise en compte très partielle de la séquestration in situ dans les politiques climatiques internationales découlant du Protocole de Kyoto. Pourtant, la gestion des surfaces forestières influence la quantité de carbone séquestrée dans la biomasse forestière. La densification des forêts, la reforestation ou la diminution de la déforestation permettent d’augmenter la séquestration nette du carbone dans les écosystèmes forestiers.

Afin d’apprécier la pertinence de ces choix, des chercheurs du laboratoire d’économie forestière de Nancy ont développé un modèle bioéconomique de la filière forêt-bois française, dénommé French Forest Sector Model (FFSM), utilisé pour des simulations de politiques climatiques et l’analyse de leurs impacts. Les premiers résultats de ce modèle aboutissent à trois conclusions.
Tout d’abord, une politique ambitieuse de substitution peut être à l’origine de tensions sur la ressource et sur les marchés du bois d’industrie. En effet, les bois utilisés pour la production d’énergie, provenant le plus souvent de coupes d’éclaircies, sont autant de matériaux qui sont enlevés à la filière de la trituration déjà soumise à une forte concurrence internationale.

Ensuite, il apparaît qu’une politique de séquestration présente un meilleur bilan carbone à l’horizon 2020 qu’une politique de substitution. Les résultats de l’étude montrent que, sur le plan environnemental, une subvention à la séquestration conduit à un bilan d’émissions plus favorable qu’une subvention à la substitution énergétique alors même qu’au plan économique, une subvention à la substitution est cinquante fois plus coûteuse qu’une subvention à la séquestration.

Enfin, les auteurs du rapport ont simulé l’adoption d’une taxe carbone généralisée sur la filière forêt-bois incluant les coûts de récolte, de transformation et de transport. Il en ressort qu’une telle taxe aurait un effet globalement positif sur la filière, avec un effet d’augmentation et de relocalisation de la production.

C’est aussi un tel constat qui avait conduit à instaurer l’écotaxe sur les transports routiers dont on sait ce qu’il en est advenu.


Clefs

par Jean Etèvenaux

Partir à l’étranger

Pour mieux connaître les pays que l’on se propose de visiter ou de traverser à l’occasion des vacances, divers guides et livres peuvent être recommandés.
Juste de l’autre côté des Pyrénées, voici la Catalogne. Valence et Murcie (Paris, Lonely Planet, 2013, 352 pages), complété par Barcelone. Catalogne 2013-2014 (Petit futé, Paris, Nouvelles Éditions de l’Université, 2013 [12e édition], 312 pages + plan de ville et d’accès) et précisé, grâce à Immaculada Loréz Otzet, par Le monastère de Sant Pere de Rodes (Sant Vicenç de Castellet, Farell Editors, 2004, 40 pages).

En allant vers l’extrême ouest, l’une des plus vieilles nations du continent européen se découvre à travers Portugal (Guide vert, Boulogne-Billancourt, Michelin, 2014, 602 pages), Portugal (Paris, Lonely Planet, 2011, 560 pages) et Portugal (Petit futé, Paris, Nouvelles Éditions de l’Université, 2013 [11e édition], 576 pages). Sa capitale s’appréciera dans Lisbonne (Petit futé, Paris, Nouvelles Éditions de l’Université, 2014, 360 pages + plan de la ville) et Lisbonne en quelques jours (Paris, Lonely Planet, 2013, 168 pages + plan de la ville).
Après avoir effectué un agréable détour par Londres (Paris, Lonely Planet, 2014, 480 pages + plan), passions-nous, à la suite de Christian Vellas, pour Les légendes les plus étranges de Suisse (Genève, Slatkine, 2013, 184 pages), ce qui n’interdit pas de s’arrêter, en compagnie de Konrad Witz, sur Le maître-autel de la cathédrale de Genève (Genève, Slatkine, 2013, 216 pages).

La botte de l’autre côté des Alpes est offerte dans son ensemble avec Italie (Paris, Lonely Planet, 2012 [réimpression 2013], 880 pages). On commence à la détailler avec l’Italie du Nord (Petit futé, Carnet de voyage, Paris, Nouvelles Éditions de l’Université, 2013, 144 pages + plan de la ville). On rétrécira son champ d’investigation dans Venise (Paris, Lonely Planet, 2014, 336 pages + plan). On descendra ensuite vers Florence. Toscane/Ombrie (Petit futé, Paris, Nouvelles Éditions de l’Université, 2014, 432 pages) en laissant à Carlo Caselli le soin de faire découvrir la Toscane insolite et secrète (Versailles, Jonglez, 2012, 288 pages). Bien sûr, la capitale sera scrutée dans Rome (Paris, Lonely Planet, 2014, 384 pages + plan), Rome (Petit futé, Paris, Nouvelles Éditions de l’Université, 2014 [11e édition], 360 pages) et Un grand week-end à Rome (Paris, Hachette, 2013, 160 pages + plan de Rome). Plus bas attendent les merveilles de la Sicile (Le Routard, Paris, Hachette, 2014, 560 pages), de Sicile et îles Éoliennes (Guide Évasion, Paris, Hachette, 2013, 352 pages) et de Sicile – Îles Éoliennes (Petit futé, Paris, Nouvelles Éditions de l’Université, 2014, 480 pages).

Un monde de transition, ensuite, avec Roumanie et Bulgarie (Paris, Lonely Planet, 2013, 528 pages). Puis Vladimir Fédorovski invite à s’immerger dans La magie de Saint-Pétersbourg. Promenades insolites et splendeurs éternelles (Paris, Le Rocher, 2012, 128 pages).

Loin, du côté de l’Extrême-Orient, voici la Thaïlande 2013-2014 (Petit futé, Paris, Nouvelles Éditions de l’Université, 2013 [10e édition], 600 pages + plan de ville et d’accès), complétée, sous la plume d’Austin Bush, par Bangkok en quelques jours (Paris, Lonely Planet, 2013 [2e édition], 184 pages + plan détachable). C’est l’occasion de se rendre un peu plus loin, sur une terre qui s’ouvre : Michel Ferrer fait découvrir la Birmanie (Genève, Olizane, 2012, 320 pages). On mettra également à profit Myanmar (Birmanie) (Paris, Lonely Planet, 2012 [7e édition], 412 pages) et Myanmar Birmanie (Petit futé, Paris, Nouvelles Éditions de l’Université, 2012 [5e édition], 384 pages). Le périple pourra, en compagnie de Bradley Mayhew, Lindsay Brown et Trent Holden, monter jusqu’au Népal (Paris, Lonely Planet, 2012 [7e édition], 416 pages), également accessible grâce à Népal Bhoutan (Petit futé, Paris, Nouvelles Éditions de l’Université, 2012 [2e édition], 288 pages).

Enfin, riche de nombreuses traditions et à la croisée de beaucoup d’influences, le pays de M6 — comme on l’appelle là-bas. Voici donc le Maroc (Guides bleus, Paris, Hachette, 2012, 496 pages) et aussi Maroc (Guides Voir, Paris, Hachette, 2012, 408 pages), Maroc (Petit futé, Paris, Nouvelles Éditions de l’Université, 2014, 552 pages) et Maroc (Le Routard, Paris, Hachette, 2014, 660 pages + plan de Marrakech). Plus particulièrement, existe la présentation de Marrakech Essaouira (Petit futé, Paris, Nouvelles Éditions de l’Université, 2013, 312 pages), avec aussi Un grand week-end à Marrakech (Paris, Hachette, 2013, 144 pages + plan de Marrakech).

N’oublions pas la solution de rechange — ou d’attente —, valable partout : 500 façons de voyager dans son canapé. 500 films, livres, disques qui donnent envie de partir (Paris, Lonely Planet, 2013, 272 pages).


Humeur

par Erwan Violin

Un changement, maintenant.

C’est la grande mutation de l’été, un extraordinaire bouleversement de nos habitudes. Les chancelleries et les rédactions s’affolent devant cette véritable révolution socialo-politique, bref ce cataclysme : François Hollande a changé de lunettes.

On suppose que le président de la République devait être fatigué de ses anciens binocles qui l’empêchaient sans doute de voir la montée de la courbe du chômage et quelques autres réalités désagréables.

Reste à savoir ce qu’annonce ce changement. Mais les commentateurs qui ont relayé l’information ont maintenant de quoi s’occuper pendant les vacances… à défaut d’informations sérieuses.


Livres

par Catherine Pauchet

Policier historique

La septième nuit de Venise

Venise, 1727. Les Turcs s’apprêtent à envahir la ville. Malgré cette menace, les Vénitiens continuent de vivre à leur manière : dans l’insouciance et les plaisirs. Le long des canaux et dans les riches maisons, on n’entend que rires et musique ; cette année-là, le carnaval est somptueux. Mais en coulisses, une affaire plus sérieuse commence. Des scientifiques ont mis au point une invention qui doit révolutionner la navigation et offrir la victoire à la Sérénissime. Pour la récupérer, certains vont aller jusqu’au meurtre. Un Espagnol est tué, l’enquête de police est confiée à deux hommes qui cachent bien leur jeu : l’inspecteur Zorzi Baffo, poète à ses heures, et son adjoint Carlo Goldoni, auteur de comédies. Thierry Maugenest (Venise.net, Les Rillettes de Proust…) nous introduit dans les alcôves et les tripots de la Venise du XVIIIe siècle.
« La septième nuit de Venise », Thierry Maugenest, Albin Michel, 300 p., 19,50 €

Jeunesse

Ava préfère l’amour

Ava se retrouve à l’hôpital à la suite d’un accident provoqué par Théo, un fantôme jaloux (eh oui, cela existe, au moins dans les livres de Maïté Bernard !). Sortie du coma, elle repense à ce qu’elle a appris avant de sombrer : Victoire, sa mère, peut elle aussi voir et parler aux fantômes. La jeune fille veut connaître la vérité : pourquoi lui a-t-elle caché ce don ? Que s’est-il passé sur l’île d’Aurigny quand sa mère avait son âge ? Pour trouver la réponse, Ava est prête à faire toutes les bêtises possibles. Amour et rebondissements sont au programme du quatrième volet de cette série très prisée des adolescents. Un bon livre pour l’été.

« Ava préfère l’amour », Maïté Bernard, Syros, 336 p., 16,90 €. Dès 12 ans.

Photographie

La composition étape par étape

Voici le moment tant espéré des vacances. Tout est dans le sac : le maillot de bain, la serviette, l’appareil photo et le dépliant d’Anne-Laure Jacquart qui tient dans la poche. Ce livret consacré à la composition donne des conseils pratiques : angle de prise de vue, cadrage, gestion des espaces et des lignes… pour réussir de jolies photos.

« La composition étape par étape », Anne-Laure Jacquart, dépliant de 13 p., 6,90 €.

Revue

Napoléon

Il y a deux cents ans, les troupes coalisées d’Europe entraient dans Paris. Napoléon abdique, le retour des Bourbons se prépare. Le mensuel « L’histoire » commémore l’événement en consacrant un numéro entier à la Campagne de France. Parmi les sujets abordés : les Russes à Paris, la fin de la France impériale, Talleyrand, le congrés de Vienne, dernier bateau pour Sainte-Hélène, la légende…
« Napoléon. Comment un empire s’écroule », L’Histoire, juillet/août 2014, 6,40 €.


Cinéma

par Marie-Christine Renaud d’André

Dragons et Vikings

La vie est belle sur l’île de Beurk, où Vikings et dragons vivent en harmonie, au point de participer ensemble à des grandes courses, au cours desquelles les dragons, chevauchés par les humains, se défient. Harold, le fils du chef de l’île, lui, est inséparable de son ami le dragon Krokmou, avec lequel il parcourt les cieux, à la recherche de contrées inconnues.

C’est ainsi qu’ils arrivent tous deux dans une grotte immense, où se trouve une multitude de dragons sauvages, dont Dragon Rider. Une découverte qui va entraîner une lutte terrible et mettre en danger la paix.

Ils étaient deux réalisateurs aux commandes du premier opus, Chris Sanders et Dean DeBlois. C’est ce dernier qui se retrouve seul, pour l’écriture du scénario et à la réalisation de cette suite superbe. Dès le départ, on est sous le charme d’un film spectaculaire, surtout en 3D, avec des scènes éblouissantes et des couleurs magnifiques. Certains décors sont d’une grande beauté (on pense notamment à ceux de Avatar), et les monstres sont très réussis (la référence, là, est Godzilla).
Mais c’est, surtout, le scénario, avec ses personnages bien typés, son humour ravageur et ses multiples rebondissements, qui emporte l’adhésion. Une fois encore, les studios DreamWorks prouvent qu’ils sont passés maîtres dans l’art de raconter une belle histoire en animation.

Film d’animation américain en 3D (2014) de Dean DeBlois, d’après l’œuvre de Cressida Cowell, avec Jay Baruchel/Donald Reignoux (Harold), Cate Blanchett/Isabelle Gardien (Valka), Gerard Butler/Emmanuel Jacomy (Stoïk), America Ferrera/Florine Orphelin, Craig Ferguson/Julien Kramer (Gueulfor), Jonah Hill/Charles Pestel (Rustik) (1h45). (Adolescents) Sortie le 2 juillet 2014.

Gett, le procès de Viviane Amsalem

En Israël, seuls les rabbins sont habilités à prononcer un divorce. Viviane, elle, veut divorcer depuis trois ans, mais Elisha, son mari, refuse. Ils comparaissent tous deux devant un tribunal rabbinique.

Grâce entre autres à l’unité de lieu (la salle du procès) ce film est un oppressant suspense et il offre une plongée saisissante au cœur de la justice israélienne. Avec un regard, un geste, un silence, les réalisateurs (frère et sœur dans la vie) parviennent à rendre passionnante et poignante cette histoire terrible. Entre fiction et documentaire, ce film est une belle réussite.

Drame franco-germano-israélien (2013) de Ronit et Shlomi Elkabetz, avec Ronit Elkabetz (Viviane), Simon Abkarian (Elisha), Menashe Noy (Carmel), Sasson Gabay (le juge) (1h55). (Grands adolescents) Sortie le 25 juin 2014.

The Two Faces of January

À Athènes, en 1962, Chester et sa femme Colette, de riches touristes américains, font la connaissance de Rydal, un séduisant guide, qui se révèle être un escroc. Mais on ne sait qui est le plus retors.

Cette brillante adaptation d’un roman de Patricia Highsmith est portée par une interprétation de grande classe.

Le scénario est astucieux, mais inégal, tant il y a d’éléments peu crédibles. Il reste que la réalisation est élégante, et les caractères bien dessinés.

Policier américano-britannico-français (2014) de Hossein Amini, d’après Patricia Highsmith, avec Viggo Mortensen (Chester MacFarland), Kirsten Dunst (Colette MacFarland), Oscar Isaac (Rydal), Daisy Bevan (Laurent) (1h37). (Grands adolescents) Sortie le 18 juin 2014.

Albert à l’Ouest

Dans cette fin du XIXe siècle, Albert tente de survivre dans ce Far West qu’il déteste.

Il vaut mieux ne pas avoir l’estomac trop fragile pour goûter ce genre de film, car la vulgarité, voire la scatologie sont à l’ordre du jour. Autant dire que Seth MacFarlane est un adolescent un peu attardé qui affectionne l’humour transgressif. Mais, dans le genre, il frappe fort avec cette comédie délirante, conduite à un rythme vif et truffée de gags hilarants. Aidé par une brochette de comédiens en pleine forme, Seth MacFarlane offre une vision très décalée de la conquête de l’Ouest.

L’humour potache se situe souvent en dessous de la ceinture, mais c’est si drôle et si rythmé que l’on n’a guère le temps de s’en apercevoir, car on est déjà passé à un autre gag. Vous voilà prévenus !

Comédie américaine (2014) de Seth MacFarlane, avec Seth MacFarlane (Albert), Charlize Theron (Anna), Amanda Seyfried (Louise), Liam Neeson (Clinch), Giovanni Ribisi (Edward), Neil Patrick Harris (Foy) (1h57). (Adultes) Sortie le 2 juillet 2014.


LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

1 985,9 milliards d’euros

C’est le montant de la dette publique brute de toute la France au premier trimestre de l’année 2014 selon les chiffres publiés par l’INSEE Cette dette a augmenté de 45,5 milliards par rapport au dernier trimestre 2013. Aujourd’hui, cette dette publique brute représente 93,6% du PIB français, soit une hausse de 1,8 points par rapport au 4ème trimestre 2013.

Avec +43,3 milliards d’euros, c’est l’Etat qui génère la plus grosse part de cette augmentation (dette négociable à long terme et à court terme) devant les administrations de la Sécurité sociale (+4,6 milliards). En sens inverse, la contribution à la dette des administrations publiques locales a baissé de 2,1 milliards d’euros.