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Lundi 31 octobre 2016

Lundi 31 octobre 2016

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L’événement – 1

par Serge Plenier

L’avertissement wallon

Le CETA aura finalement été signé dimanche dernier. L’accord de libre échange liant le Canada et l’Europe revient de loin.
Il aura fallu en effet plusieurs modifications pour que le Parlement de Wallonie autorise la Belgique à signer le texte, après deux semaines d’une opposition résolue menée par le socialiste Paul Magnette. Ces modifications portent sur des points sensibles. Ainsi, contrairement au dispositif initial, ce seront des magistrats indépendants, nommés par l’Europe et le Canada qui pourront juger, en audience publique les conflits opposant les entreprises aux Etats. D’autres modifications concernent l’agriculture et notamment la possibilité d’interdire les OGM et l’importation de bétail aux hormones. On notera que toutes ces modifications rencontrent l’assentiment des opinions publiques, bien au-delà de la Belgique.
L’épisode wallon ne doit pas être pris à la légère. Il démontre d’abord qu’un petit parlement peut parfaitement tenir tête aux instances dirigeantes de l’Union européenne. Paul Magnette a peut-être cédé aux pressions, voire au menaces, mais les contreparties obtenues sont tout sauf négligeables.
Le deuxième enseignement de cet épisode est peu glorieux pour les institutions européennes. Tout semble s’être passé comme si l’on avait voulu imposer précipitamment le traité sans aborder les questions posant de vrais problèmes. Ce qui a été en jeu ces dernières semaines n’était rien moins que le fonctionnement de l’Union européenne, un fonctionnement toujours plus opaque et qui semble mépriser les exigences démocratiques les plus élémentaires. Ces dernières semaines, les institutions européennes ont donné le spectacle d’une caste de techniciens enfermés dans leurs certitudes et incapables de comprendre les réticences les plus légitimes.

Plus grave encore, cet épisode risque de renforcer la méfiance qui pèse déjà sur les institutions européennes. Sans remonter jusqu’à l’escamotage des référendums sur le traité de Lisbonne, le problème grec, puis, tout récemment le référendum sur le Brexit prouvent à l’envi que les Européens se lassent de plus en plus d’une Union européenne qui ne prend en compte le suffrage universel que lorsqu’il arrange ses calculs.

Minimiser l’épisode wallon, voire le prendre comme prétexte pour verrouiller le fonctionnement de l’Union européenne serait sans doute la meilleure façon de tuer définitivement l’idée européenne.


L’événement – 2

par Jean Étèvenaux

L’hallali de Hollande

Bien que la politique soit la seule activité dans laquelle on peut impunément multiplier les faillites et qu’il ne faille en aucun cas y user des adverbes « jamais » et « toujours », il semble raisonnable de se poser de sérieuses questions sur l’avenir de François Hollande. L’interrogation porte d’ailleurs au-delà de son cas personnel, car c’est bien l’exercice du pouvoir par le parti socialiste et même par l’ensemble de la gauche française qui se trouve fondamentalement mis en cause, beaucoup de ses acteurs eux-mêmes ne cachant pas leur découragement.

L’actuel président de la République a en tout cas atteint des records d’impopularité jamais observés dans le monde occidental, puisqu’il ne satisfait plus que 4 % des Français ! En outre, il apparaît lâché par des pans entiers de sa majorité, notamment depuis la publication d’Un Président ne devrait pas dire ça. Jusqu’à l’intérieur de son camp, il est apparu comme celui qui révèle des secrets d’État et qui multiplie les impairs. Voilà pourquoi de plus en plus d’observateurs s’attendent à ce que Manuel Valls, manifestement très choqué par les « confidences » de François Hollande à des journalistes et par le temps qu’il leur a consacré, se présente de plus en plus en recours. Il s’ajouterait alors à Emmanuel Macron, tandis que Jean-Luc Mélenchon disputerait la gauche de la gauche à Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann, Martine Aubry, Christiane Taubira et quelque autres dont le candidat qui sera désigné par Europe Écologie Les Verts.

Le président a été informé de la rumeur d’un appel des parlementaires socialistes contre sa nouvelle candidature. Il a également remarqué, le mercredi 26 octobre, l’absence de Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale, à son discours de clôture de la cérémonie marquant le centième anniversaire de François Mitterrand. Il a enfin forcément pris connaissance des propos des uns et des autres : Malek Boutih, député de l’Essonne et proche de Manuel Valls, affirmant que « François Hollande n’est plus la question », Carlos Da Silva, autre député de l’Essonne, notant qu’« il y a une conception du pouvoir […] qui demande une certaine hauteur de vue » ou Luc Carvounas, sénateur du Val-de-Marne, refusant de soutenir sa candidature car, « à déblatérer sur tout et tout le monde, c’est devenu indéfendable ». Le Point a même rapporté ce propos d’un proche du chef de l’État : « Le Foll, Le Drian, Sapin, etc. Ils sont effondrés, effarés, fatigués, quelque part entre la stupéfaction et la lassitude. Ils se disent juste : qu’il nous laisse finir le quinquennat dignement ».

On pourrait ajouter que François Hollande n’a pas mieux résolu ses problèmes sentimentaux. Si Ségolène Royal trône maintenant en une sorte de « vice-présidente » — ce qui ne veut pas encore dire que le troisième personnage du gouvernement acceptera de mener le Ps à la présidentielle —, Julie Gayet souffre d’une situation ambiguë, où elle dispose d’avantages mais sans place protocolaire, tandis que Valérie Trierweiler semble toujours en embuscade…


Politiques

par Alice Tulle

Sidération et entêtement

Les manifestations de policiers soulignent la perte d’autorité du président de la République, qui provoque la sidération jusque dans son propre camp.
Le 13 mars 1958, plusieurs milliers de policiers se rassemblent devant la Préfecture de police à l’appel du Syndicat général de la Police. Puis un cortège de deux mille hommes prend le chemin du Palais-Bourbon. Devant les grilles de l’Assemblée nationale, les sifflets à roulette des agents en pèlerine et les sirènes de leurs véhicules ponctuent les slogans et les insultes des policiers qui réclament l’amélioration de leurs conditions matérielles et une prime de risque – l’un des leurs a été abattu par le FLN le mois précédent. Un mois plus tard, le 13 mai, la prise du Gouvernement général par les Pieds-Noirs algérois sonnera le glas de la IVe République…

Bien entendu, la situation française de cette fin d’année 2016 n’est pas identique et nous ne sommes pas à la veille d’un coup d’État. Mais les policiers sont à nouveau très exposés et leurs conditions de travail sont exécrables. Lorsqu’un commandant de police et sa compagne, également policière, ont été assassinés par un terroriste à Magnanville le 13 juin dernier, certains hauts fonctionnaires du ministère de l’Intérieur s’étaient étonnés de l’absence de mouvement public de colère. L’attaque au cocktail Molotov de deux véhicules de police le 8 octobre à Viry-Châtillon, au cours de laquelle quatre policiers ont été blessés, a fait déborder cette colère depuis longtemps contenue.

Des cortèges se sont formés à Paris et dans plusieurs métropoles régionales le 17 octobre et les jours suivants : occupant les avenues, des fonctionnaires de police, visage souvent masqué, ont crié leur exaspération. Les fortes réductions d’effectifs sous le précédent quinquennat, le manque de moyens, l’usure des matériels et la surcharge de travail provoquée par les attentats et par les grandes manifestations sportives sont à l’origine de ce mouvement qui se déroule hors du cadre syndical et dans l’illégalité.

Les crédits annoncés par le ministre de l’Intérieur n’ont pas mis fin aux manifestations qui se déroulaient encore, fin octobre, à Paris, Toulouse, Nice, Marseille… sans que les syndicats, de droite ou de gauche, parviennent à encadrer le mouvement. Il est vrai que ce mouvement est très minoritaire et que l’ordre public n’est pas sérieusement menacé mais l’opinion publique voit que le gouvernement et le président de la République y ont perdu jusqu’aux apparences de l’autorité. Une autorité ruinée par les révélations, confidences et jugements à l’emporte-pièce de François Hollande, par le niveau inédit de la « popularité » présidentielle – autour de 4 % –, par la dissidence d’Emmanuel Macron, par les guerres intestines qui ravagent la majorité, par la « colère » et la « honte » face aux débordements présidentiels que le Premier ministre laisse filtrer.

Aucun président de la République n’avait provoqué dans l’opinion publique et surtout chez les serviteurs de l’État un tel sentiment de sidération. L’attitude de François Hollande est tellement incompréhensible – on ne comprend pas que le chef de l’État soit à ce point dépourvu de sens de l’État – que son retrait de la vie politique paraît obligé. 

Or, manifestement, le président de la République s’obstine et creuse avec entêtement, dans son propre camp, le désarroi et les divisions. Pour les militants socialistes, l’Élysée est perdu et la défaite aux élections législatives sera cuisante. Il s’agit de trouver le candidat qui sauvera une partie du groupe parlementaire et qui parviendra à éviter l’éclatement du Parti. 


Monde

par Yves La Marck

Mossoul à quel prix ?

L’Occident est-il prêt à accepter toutes les conséquences de la « libération » de la seconde ville d’Irak des mains de l’État islamique ?
Depuis le début de l’offensive sur Mossoul le 17 octobre, l’information est orientée parce que cette guerre est d’abord idéologique et qu’elle doit produire ses effets sur l’opinion qui y a été mêlée comme victime d’attentats ou comme pourvoyeuse de sympathisants djihadistes.

Ce qui se passe dans la plaine de Ninive est vécu comme un combat virtuel chez nous. Des canons de longue portée servis par une compagnie d’artilleurs, un porte-avions en veille assurent une représentation symbolique t es réunions de ministres de la Défense membres de la coalition ont lieu à Paris, mais on ne voit pas que nous ayons quelque pouvoir de décision ni sur l’opportunité ni sur les modalités des opérations, ni a fortiori, comme ce qui fut reproché en Libye, sur l’organisation de la paix. Nous pensons peut-être échapper de cette façon aux critiques qui ne manqueront pas de surgir sur la stratégie utilisée. C’est une illusion : nous aurons les conséquences.

Par conséquences, on ne vise pas seulement la dissémination des djihadistes dans la nature. On ne les tuera pas tous ; on ne les enfermera pas tous. Les conséquences, ce sera aussi la catastrophe humanitaire pour le million d’habitants que compterait encore la ville. Deux millions sont dehors dont 1, 6 million en zone kurde. Les conséquences, ce sera la déstabilisation régionale. Les Kurdes irakiens ne s’occuperont pas de Mossoul qui est en dehors de leur territoire. Le gouvernement de Bagdad, à majorité chiite et soutenu par Téhéran, qui dirige l’offensive -– sans véritable concertation avec les peshmergas – prétend y rétablir son autorité dont on a vu il y a deux ans et demi ce qu’elle valait. Les Turcs veulent exercer une forme de protectorat. Ni kurde, ni chiite, Mossoul est une ville arabe sunnite. Est-ce ce que l’on veut détruire ou neutraliser ? Le parallèle avec Alep s’impose ici. La bataille décisive est-elle celle de Mossoul ou bien se situera-t-elle en Syrie ?

La plus grosse opération militaire en Irak depuis 2003 est surtout la dernière bataille d’Obama. Une tentative américaine de sauver leur héritage irakien : Mossoul était le point fort de l’armée de Saddam Hussein dont certains officiers sont passés côté EI. Trump ne s’y est pas trompé. Mossoul doit être le cadeau dans la corbeille de la mariée si celle-ci s’appelle Hillary Clinton. Tout ceci ne nous concerne pas beaucoup.

Pouvait-on attendre ? Pouvait-on procéder autrement ? De toute manière, la guerre inclut son autojustification. La victoire emporte tout. Que dire à ceux qui à Qaraqosh voient leurs villages séculaires désormais libres, accessibles, réappropriables ? La vie reprendra-t-elle ? Tous reviendront-ils ? C’est peu probable. L’État islamique n’aura-t-il été qu’une parenthèse ? C’est hélas fort douteux. 


Environnement

par Fabrice de Chanceuil

La terre dévertébrée

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a publié, le 27 octobre dernier, le rapport « Planète vivante » chargé de faire un bilan de santé de la Terre et de sa biodiversité. Pour sa onzième édition, le rapport pointe la disparition de la moitié des vertébrés en quarante ans, ce que son dixième rapport signalait déjà en 2012.

L’étude réalisée, en effet, tous les deux ans en partenariat avec la société savante Zoological Society of London et l’ONG Global Footprint Network, se fonde sur deux indicateurs principaux.

Le premier indicateur, l’indice Planète vivante, mesure l’abondance de la biodiversité à partir du suivi de 14 152 populations (groupes d’animaux sur un territoire) appartenant à 3 706 espèces vertébrées de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et de poissons répartis sur l’ensemble de la planète. Les invertébrés, eux, n’ont pas été étudiés. Or, cet indice montre clairement une régression. Les populations de vertébrés ont, de fait, selon les dernières données disponibles, chuté de 58 % entre 1970 et 2012. A ce rythme, ces populations pourraient ainsi diminuer de 67 % d’ici à 2020.

Comment expliquer une telle situation ? Les raisons en sont connues et sont à rechercher du côté de la perte et de la dégradation des habitats imputables à l’agriculture, qui à elle seule occupe un tiers de la surface terrestre, l’exploitation forestière, l’urbanisation et l’extraction minière. A cela, il convient d’ajouter la surexploitation des espèces consécutives à un prélèvement excessif dans le milieu naturel par la chasse, la pêche et le braconnage ainsi que la pollution, les espèces invasives, les maladies multiples et, dans une moindre mesure à ce stade, le changement climatique.
Le second indicateur est celui de l’empreinte écologique qui mesure la pression exercée par l’Homme sur la nature. Il s’agit de comparer les surfaces terrestres et maritimes nécessaires à la production pour satisfaire la consommation humaine et à l’absorption des déchets, notamment les émissions de CO2, avec la surface disponible de la Terre. Mesurées en hectares globaux (hag), l’empreinte écologique s’élevait, en 2012, à 20,1 milliards d’hag soit 2,8 hag par habitant, représentant un dépassement de 61 % de la capacité biologique de la Terre évaluée à 12,2 milliards de hag soit 1,7 hag par habitant. Cela signifie que nous avons entamé sérieusement notre capital naturel, la cause principale revenant manifestement aux émissions de C02 générées par l’utilisation des énergies fossiles.

C’est ce qu’on appelle aussi le « dépassement écologique », intervenu, en fait, dès les années 1970 et qui s’accroît un peu plus chaque année. Ainsi, en 2016, le « jour du dépassement », date à laquelle l’humanité à consommé toutes les ressources que la Terre peut produire en un an, a-t-il été franchi le 8 août contre le 14 octobre en 1992 et le 1er novembre en 1986. L’Homme se montre ainsi bien mauvais gestionnaire en s’installant dans un crédit permanent constituant à puiser dans la nature plus qu’elle ne peut en donner et sans jamais reconstituer son capital, au risque de parvenir à sa totale extinction.

Qui sont les responsables ? A dire vrai, tout le monde. Bien sûr, les pays les plus riches ou les plus peuplés sont, en quantité, les premiers concernés mais, ramenée au nombre d’habitants, l’empreinte écologique la plus forte est imputable au Luxembourg (15,8 hag par habitant), la France, pour sa part, se situant au 28ème rang (5,1 hag).

Sommes-nous donc condamnés ? Non, car il n’est jamais trop tard pour bien faire. Pour cela, il faut, une fois de plus, faire évoluer nos mentalités, changer de modèle économique et, partant, nos modes de consommation.
Il n’est que temps, en effet, de nous « revertébrer » !



BD

par Gihé

Bd : aventures à travers le temps

On constate une nouvelle fois que certaines intrigues romanesques, sans se révéler toujours inspirées directement par la grande Histoire, peuvent revêtir des aspects fortement ancrés dans une époque. Elles en deviennent les témoins et si, parfois, le décor ne sert que de prétexte à un dépaysement ravissant le lecteur, elles contribuent de toute façon à faire mieux connaître le passé.

Nathalie Sergeef et Philippe Xavier, dans le deuxième livre d’Hyver 1709 (Glénat), montrent, au-delà des affrontements de personnes, la triste situation du royaume de France dans les dernières années du règne de Louis XIV, excellant à mettre en scène des aventuriers impitoyables mais aussi des hommes acharnés à mener à bien leur mission de salut public. Toujours au sein d’un hiver rigoureux, mais une soixantaine d’années plus tard, on suit, grâce à Jacques Terpant, le deuxième chapitre de ce Capitaine Perdu (Glénat), acharné à sauver les populations amérindiennes qui se sont placées sous la protection du roi de France, vénéré comme leur « père ». Au siècle suivant, Durango se révèle toujours aussi dur, mais la troublante Jessie (Soleil) refait de lui un justicier, comme le mettent efficacement en scène Yves Swolfs et Iko.

À peu près au même moment, le mythe de Sherlock Holmes s’étend au-delà du personnage de sir Arthur Conan Doyle. Sylvain Cordurié développe en effet cinq séries évoluant dans son univers. Dans le deuxième tome des Voyageurs du temps, Fugit irreparabile tempus (Soleil), sur des dessins de Vladimir Krstić-Laci, il met en scène une curieuse reine Victoria. Pour la deuxième partie des Chroniques de Moriarty, l’Accomplissement (Soleil), dessiné par Andrea Fattori, il fait du plus grand ennemi du célèbre détective un expert en sciences occultes que rien ne semble pouvoir arrêter…

Trois histoires de femmes fatales, maintenant. Wilfrid Lupano et Yannick Corboz, pour le dernier épisode de L’assassin qu’elle mérite, mettent en scène Les amants effroyables (Vents d’Ouest) : dans le Paris de l’Exposition universelle de 1900, le monde des artistes recèle bien des surprises. Rodolphe et Jean-Jacques Dzialowski, eux, font raconter, au cœur des années 30, un Voyage au pays de la peur (Glénat) se déroulant, en fait, au début du XXe siècle dans l’Antarctique. Quant à Jonathan Case, il s’attarde sut certains à-côtés du New Deal (Glénat) pour mettre en scène un improbable trio dont les deux femmes s’entendent finalement à merveille pour profiter de la situation.
Toujours le nouveau continent, cette fois vu par Kris et Maël : le premier mouvement de Notre Amérique oblige les héros à Quitter l’hiver (Futuropolis). Cette curieuse façon de sortir du conflit de 14-18 révèle bien des surprises, à commencer par une implication dans la guerre civile mexicaine.

Deux titres traitent d’affaires liées à la Seconde Guerre mondiale. Dans le sixième tome des Chasseurs d’écume, François Debois et Serge Fino partent de 1939, les sardines sous le contrôle de la Gast (Glénat) pour décrire l’Occupation du côté de Douarnenez. Toldac et Philan, à travers la deuxième partie de leur Jeu de Dames (Bamboo Édition), imaginent la suite de la récupération des savants du IIIe Reich par les Américains et les Soviétiques.
Enfin, fidèle à lui-même et dans la lignée tant graphique qu’idéologique de Tardi, Moynot propose une histoire sombre d’aujourd’hui, mais aux origines anciennes, qui fait se croiser et s’entrechoquer une jeune gauchiste et un vieux mercenaire, tout simplement appelé L’original (Casterman). Notons que l’auteur commence par se présenter comme le « Vieux Con » dans quatre pages de dessins légendés où il passe dans une moulinette très simplificatrice l’extrême droite, le gaullisme et le catholicisme traditionnel, avec quelques zestes de mouvements espagnols et nicaraguayens en prime.


Humeur

par Erwan Violin

Amalgame

Il fallait s’y attendre, le dernier défilé de la « Manif pour tous » a suscité son lot de commentaires saumâtres. après tout, ça ne coûte rien et c’est bien vu dans le microcosme politico-médiatique : ça permet de se passer d’arguments sérieux.

Il y a tout de même un phénomène un poil plus gênant. Evoquant une autre actualité, certains journalistes, évoquant l’ »intégrisme », parlent volontiers de Daesh, des djihadistes et autres radicalisés, puis, l’air de ne pas y toucher, ajoutent l’intégrisme catholique (aussi meurtrier que Daesh, comme chacun sait) et finissent par glisser « La manif pour tous » dans la liste ». Ce genre de tour de passe-passe porte un nom : cela s’appelle l’amalgame.
La technique peut être terriblement efficace, mais elle n’a jamais constitué une preuve d’honnêteté intellectuelle.

De plus, si l’on se réfère à certains procès célèbres de l’époque de la Terreur où elle fut allègrement pratiquée (procès de Danton ou d’Hébert), on peut rappeler qu’à la différence de la « Manif pour tous », elle a tué pour de vrai.


Livres

par Catherine Pauchet

Romans

La valse des arbres et du ciel

Marguerite se souvient. En 1890, elle avait dix-neuf ans et venait d’obtenir son baccalauréat. Claquemurée dans le village d’Auvers-sur-Oise et soumise à l’autorité paternelle, la vie lui était douloureuse. Elle était la fille du respecté docteur Gachet qui la voulait marier à un notable. Un jour, un homme dépenaillé se présenta pour une consultation médicale, c’était Vincent Van Gogh, il deviendra son premier amour. Jean-Michel Guenassia romance les derniers mois du peintre à travers les portraits du père Gachet, artiste raté et profiteur avisé, de Marguerite en quête d’émancipation et de liberté, et de Van Gogh dont il revisite la fin tragique.

« La valse des arbres et du ciel », Jean-Michel Guenassia, Albin Michel, 304 p. 19,50 €.

Le commis

Tant de sacrifices pour en arriver là ! Quand Morris Bober, un juif russe, a émigré, c’était avec l’espoir de vivre le rêve américain. Toute sa vie il a trimé pour finir, à soixante ans, sans économies, propriétaire d’une épicerie vieillotte que les clients désertent pour des boutiques mieux achalandées. La ruine menace sa famille et, comble de malheur, deux individus masqués l’agressent pour lui voler ses derniers dollars. La chance pourrait-elle venir de ce jeune homme d’origine italienne, épris de sa fille unique, qui se propose de l’aider gracieusement et agit comme s’il avait une faute à expier ? Chef d’œuvre de la littérature américaine, publié en 1957 puis porté au cinéma, Le Commis de Bernard Malamud vient d’être réédité.

« Le commis », Bernard Malamud, Rivages, 340 p., 21 €.

Prix Pulitzer 2016

Sous le drapeau noir

Reporter au Washington Post, Joby Warrick, 56 ans, arpente le Moyen-Orient depuis vingt ans. Il a vu se développer les conflits, il a interviewé les leaders de chaque camp et les membres de la CIA, il a enquêté. Sous le drapeau noir (Prix Pulitzer 2016) décrit la montée en puissance de Daech. Cela débute avec Abou Moussab al-Zarquaoui, de retour d’Afghanistan. Charismatique, manipulateur, cynique et violent, il agrège autour de lui les soldats de Saddam Hussein que les Etats-Unis ont démobilisés lors de l’invasion de l’Irak en 2003, des individus désœuvrés et des factions djihadistes. Puis il fonde Al Quaïda en Irak qui deviendra l’Etat Islamique. Tué en 2006, son successeur, Abou Omar al-Baghdadi étendra la terreur au monde entier. Parcours individuels, missions, psychologie… Joby Warrick analyse les rouages d’une machine créée pour semer la mort.

« Sous le drapeau noir », Joby Warrick, Cherche Midi, 424 p., 21 €.

Revue

Lucky Luke

70 ans que Lucky Luke tire plus vite que son ombre et ses fans ne s’en lassent pas ! Pour célébrer l’événement, Lire lui consacre un hors-série. Au sommaire : une carte de l’Amérique telle que Lucky Luke a pu la connaître, Jolly Jumper et Rantanplan, les Dalton et la bêtise, les 7 péchés capitaux, les femmes de l’Ouest, la reproduction de planches, des histoires inédites, la conférence donnée par Morris en 1964 à Bruxelles, un quiz… Un numéro collector.

« L’histoire secrète de Lucky Luke », Lire, hors-série n°22, novembre 2016, 7,90 €. En kiosque et en librairie.


Evénement

Le goût de la parure

Longtemps demeure des ducs d’Anjou, le château d’Angers a été transformé en musée. Le logis royal accueille une exposition consacrée à la parure (collier, ceinture, boucle de soulier…) dans la peinture du XVIIe au XIXe siècle. Y sont montrées quarante œuvres (tableaux, gravures, gouaches) issues des collections du château de Versailles. Paraître voilà l’important dans la noblesse d’Ancien Régime. Outre se faire belles – ou beaux car les messieurs ne sont pas en reste -, les parures servent de cadeaux : on les offre pour renforcer les liens diplomatiques, pour les étrennes royales et les mariages. Au fil des siècles, ces bijoux vont gagner en finesse, légèreté et fantaisie. La Révolution dispersera une grande partie des joyaux de la couronne et seuls les tableaux en restituent la splendeur grâce au talent des peintres qui magnifient l’éclat des perles et des diamants. Visiter le château d’Angers, c’est aussi l’occasion d’admirer La tenture de l’Apocalypse, une tapisserie longue de cent mètres conçue au XIVe siècle d’après le texte de Saint-Jean.

Jusqu’au 15 janvier 2017. Informations sur château-angers.fr.


Cinéma

par Marie-Christine Renaud d’André

Snowden

En juin 2013, deux journalistes se rendent, avec une caméra, dans la chambre d’un hôtel de Hong Kong, pour y rencontrer Edward Snowden, un jeune homme qui travaille dans une société sous-traitante de la NSA, l’organisme des services secrets américains. Ce qu’il a à leur révéler va provoquer un énorme scandale dans le monde entier. Les Américains, en effet, sous couvert de lutte contre le terrorisme et en violation totale avec leur Constitution, espionnent tout le monde.

Qui mieux qu’Oliver Stone, dont on connaît l’engagement dans un cinéma politique, pouvait raconter cette histoire ? En s’inspirant, en partie, de Citizenfour, de Laura Poitras, récompensé de l’Oscar du meilleur documentaire en 2015, le cinéaste retrace la prise de conscience de ce jeune patriote, choqué par ce qu’il a découvert. Au début, Edward Snowden est présenté comme une sorte d’autiste Asperger, qui met au point des logiciels sophistiqués pour la NSA. Puis, sous l’influence de Lindsay, sa compagne, il s’ouvre peu à peu aux autres et à une forme d’éthique. C’est cette relation qui est au cœur de l’histoire et montre l’influence positive de la jeune femme sur le héros. Joseph Gordon-Levitt est impressionnant de ressemblance avec son modèle, et il est l’atout majeur d’une œuvre très intéressante, mais qui manque un peu d’émotion.

Biographie américano-franco-allemande (2016) de Oliver Stone, d’après les livres de Luke Harding et Anatoly Kucherena, avec Joseph Gordon-Levitt (Edward Snowden), Shailene Woodley (Lindsay Mills), Melissa Leo (Laura Poitras), Zachary Quinto (Gleen Greenwald), Rhys Ifans (Corbin O’Brian), Tom Wilkinson (l’agent de la CIA), Nicolas Cage, Joely Richardson (2h15). (Adultes) Sortie le 2 novembre 2016.

Mr Wolff

Expert-comptable et autiste Asperger, Christian Wolff travaille pour de grandes organisations mafieuses.

Ce thriller brillant et palpitant se distingue des autres films du genre par une description du comportement des autistes. En plongeant dans le passé du héros, on découvre comment ces enfants pas comme les autres ont du mal à communiquer avec leurs semblables. C’est ce qui confère son épaisseur à cette œuvre portée par l’interprétation subtile de Ben Affleck. Surtout, le film est traversé par des touches d’un humour très noir, qui allègent une histoire sombre.

Si le héros est un criminel froid, il se révèle, peu à peu, d’une grande générosité. Les séquences mettant en scène des enfants autistes et l’ostracisme dont ils sont victimes permettent de mieux comprendre cette pathologie. Mais les violences sont souvent pénibles.

Thriller américain (2016) de Gavin O’Connor, avec Ben Affleck (Christian Wolff), Anna Kendrick (Dana Cummings), J.K. Simmons (Ray King), Jon Bernthal (Brax), Andy Umberger, Cynthia Addai-Robinson (2h10). (Grands adolescents) Sortie le 2 novembre 2016.

La folle histoire de Max et Léon

Amis depuis l’enfance, Max et Léon sont des lâches et des paresseux. En 1939, ils font tout pour être réformés, mais en vain.

Co-écrit par David Marsais et Grégoire Ludig, les deux acteurs principaux, le scénario de ce film reprend quelques-uns de leurs sketchs du Palmashow. Après un début outrancier et rarement drôle, le spectateur finit par s’habituer à cet humour absurde, car la comédie s’améliore avec le temps. Une brochette d’excellents comédiens donne vie à ces personnages allumés, avec la présence fugitive de quelques stars. Mais on est loin de réussites telles que La grande vadrouille ou Papy fait de la résistance, tant l’humour peine à décoller.
Ces lâches vont, peu à peu, se révéler et devenir des héros. Pour une fois, le film laisse entendre qu’il n’y a ni bons ni méchants, mais juste des êtres humains qui font ce qu’ils peuvent. Quelques blagues d’un goût douteux.

Comédie française (2015) de Jonathan Barré, avec David Marsais (Max), Grégoire Ludig (Léon), Alice Vial (Alice Marchal), Dominique Pinon (Michel), Bernard Farcy (Célestin), Kad Merad, Florence Foresti, Pascale Arbillot, Christophe Lambert (1h38). (Adolescents) Sortie le 2 novembre 2016.

Le ciel attendra

Après l’excellent Les héritiers, la réalisatrice s’intéresse à ces jeunes filles qui se laissent embrigader par des djihadistes. Si le sujet est intéressant, son traitement laisse dubitatif, tant il manque d’épaisseur humaine et se révèle trop didactique, en particulier avec l’omniprésence de Dounia Bouzar, directrice du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam.
Aucune explication n’est donnée sur les causes de cet embrigadement. Dommage !

Drame français (2016) de Marie-Castille Mention-Schaar, avec Sandrine Bonnaire (Catherine), Noémie Merlant (Sonia), Clotilde Coureau (Sylvie), Naomie Amarger, Zinedine Soualem (1h44). (Grands adolescents) Sortie le 5 octobre 2016.


Le chiffre de la semaine

300 millions

C’est le nombre d’enfants vivant dans des lieux où la toxicité de l’air dépasse six fois les normes internationales. C’est ce que révèle un rapport du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Selon Anthony Lake, directeur général de l’UNICEF, la pollution de l’air « contribue de façon importante à la mortalité de quelque 600.000 enfants de moins de cinq ans annuellement ».
Toujours selon ce rapport, environ deux milliards d’enfants vivent dans des zones où la pollution atmosphérique provoquée par l’utilisation des énergies fossiles, la poussière et l’incinération des déchets, dépasse les normes fixées par l’Organisation mondiale de la santé. C’est surtout en Asie du Sud et en Afrique que se trouvent les pays où les enfants respirent l’air le plus pollué.


D’un jour à l’autre

France

Police

Le président Hollande a reçu les syndicats de policiers le 26 octobre. Bernard Cazeneuve leur a promis 250 millions d’euros supplémentaires pour les équipements.

Le 28 octobre à Échirolles dans la banlieue de Grenoble, 5 policiers ont tué un homme alcoolisé de 51 ans qui menaçait son voisin avec une machette. Ils s’estimaient en légitime défense, ayant vu l’homme sortir un pistolet de derrière son dos, mais ont été mis en garde à vue pour qu’une enquête puisse le déterminer.

Fait divers

Enlevée le 24 octobre, en pleine rue à Nice, la propriétaire du Grand Hôtel de Cannes et du restaurant La Réserve à Nice, 76 ans, a été retrouvée 48 heures plus tard, ligotée mais en bonne santé, dans une fourgonnette abandonnée. L’ancien gérant du restaurant serait le commanditaire…

Médias

90 journalistes sur 117 de la rédaction d’I-Télé, chaîne de télévision d’information en accès libre sur la TNT et propriété de Vincent Bolloré, continuent la grève pour réclamer le départ de l’animateur Jean-Marc Morandini, mis en examen dans une affaire de mœurs et une plus grande indépendance éditoriale.

Migrants

2 000 migrants ont établi de nouveaux campements dans le quartier de Stalingrad à Paris après le démantèlement réussi de la « jungle » de Calais la semaine dernière.

MONDE

Etats-Unis

Le directeur du FBI, un républicain, a annoncé le 28 octobre qu’il relançait son enquête sur les courriels confidentiels d’Hillary Clinton, accusée de ne pas avoir respecté les procédures de secret lorsqu’elle était secrétaire d’État. Donald Trump évoque un scandale digne du Watergate et remonte un peu dans les sondages qui ne lui donnent plus que 15 points de retard pour l’élection présidentielle du 8 novembre.

Pakistan

Un commando a fait irruption, dans la nuit du 23 au 24 octobre, dans les dortoirs d’une école de police du sud-ouest du pays, tuant une soixantaine d’élèves et en blessant une centaine d’autres.

Gambie

Le ministre de l’Information a annoncé le 25 octobre l’intention de la Gambie de quitter la Cour pénale internationale (CPI).

RdC

Lors du sommet de Luanda sur la République démocratique du Congo, le 24 octobre, le président Joseph Kabila a fait entériner, par les chefs d’État de la région, le report de l’élection présidentielle congolaise à 2018 alors que son mandat se termine fin 2016.

Italie

Plusieurs secousses de magnitude 5 à 6 ont touché le centre de l’Italie les 26 et 30 octobre, ne faisant que des blessés.

Cuba

L’Assemblée générale de l’Onu a voté le 26 octobre, par 191 voix sur 193, une motion demandant la levée de l’embargo américain sur Cuba. Cette levée dépendra du Congrès des États-Unis.

Venezuela

Malgré ses promesses de dialogue lors de sa tournée européenne, où il a notamment rencontré le Pape, le 24 octobre, le président socialiste Nicolas Maduro a fait interdire à l’opposition libérale de recueillir des signatures pour demander sa révocation. Le pays, en faillite depuis l’effondrement des cours du pétrole, a connu une grève générale les 26 et 28 octobre.

Somalie

Un groupe de combattants se réclamant de l’État islamique a revendiqué, le 25 octobre, la conquête du port de Qandala, sur le golfe d’Aden, au Puntland (province autonome du nord de la Somalie).

Commerce

La signature du traité de libre-échange (CETA) entre le Canada et l’Union européenne a été signé le 30 octobre. Elle avait été retardée de quatre jours par un veto du Parlement wallon. Il faut maintenant obtenir la ratification de 30 parlements.

Transports

Deux chauffeurs de la société Uber ont fait reconnaître par un tribunal londonien, le 28 octobre, leur droit à être considérés comme des salariés du service américain de réservation de transports sur smartphone et non comme des indépendants. Il y a 30 000 chauffeurs Uber en Angleterre et au Pays de Galles.

Droits de l’homme

Le Parlement européen remettra, le 14 décembre à Strasbourg, le prix Sakharov des droits de l’homme à deux jeunes Yazidies d’Irak rescapées du groupe État islamique.

Yémen

L’Onu a proposé un compromis après 19 mois de guerre qui ont fait plus de 10 000 morts. Les Houthis quitteraient Sanaa et le président Hadi, exilé en Arabie saoudite, n’aurait plus qu’un rôle symbolique. Mais ce dernier a immédiatement refusé.

Syrie

Les rebelles ont repris un quartier d’Alep lors d’une contre-offensive le 28 octobre mais le président Poutine a déclaré qu’il maintenait la trêve des bombardements aériens.

Islande

Lors des élections législatives du 29 octobre, le Parti pirate et ses trois partis associés n’ont obtenu que 28 députés alors qu’il leur en fallait 32 pour avoir la majorité absolue.

Espagne

Après 10 mois de blocage politique, le président du Parti populaire, Mariano Rajoy, a été reconduit à la tête du gouvernement, par un vote de confiance du Congrès, le 29 octobre : 170 voix pour, 111 contre et 68 abstentions dont celles des socialistes.

Liban

Après deux ans et cinq mois de vacance présidentielle, le général chrétien Michel Aoun, 81 ans, devait être élu président du Liban le 1er novembre. Le sunnite Saad Hariri, ami de l’Arabie saoudite, qui a accepté ce compromis, espère redevenir Premier ministre, mais tout dépend de ce que décideront les partis chiites alliés de Damas et de l’Iran.

Irak

L’Onu a accusé l’E.I. d’avoir assassiné 250 villageois autour de Mossoul la semaine dernière et d’avoir pris 8 000 familles pour en faire des boucliers humains alors que les forces de la coalition approchent de la ville peuplée peut-être de plus d’un million de personnes et de quelques milliers de djihadistes.

Belgique

Selon la Commission d’évaluation et de contrôle de l’euthanasie, il y a eu 2 022 « actes médicaux menant à la mort » déclarés en 2015. Depuis sa légalisation en 2002, 12762 euthanasies ont été déclarées en Belgique.

Antarctique

Un accord international signé le 28 octobre en Tasmanie par 25 États, dont la Russie et la Chine, crée une zone naturelle protégée dans la mer de Ross, dans le Pacifique, sur plus de 1,55 million de km2 pour une durée de 35 ans.

Sport

Football

Nice consolide sa place en tête du classement après sa victoire face à Nantes (4 à 1) lors de la 11ème journée du championnat de Ligue 1. Monaco reste deuxième malgré son match nul (1 à 1) devant Saint-Etienne.


Plantes

par Pascal Lambot

Le lin

(Linum arvense ou linum usitatissimum)

Plante annuelle dicotylédone qui donne son nom et sert de type à la famille des linacées.

Cette herbacée est facilement reconnaissable à sa tige simple et frêle, rameuse, haute de 30 à 60 cm. Les feuilles linéaires lancéolées et sessiles sont vert foncé. Les fleurs, de couleur bleu au blanc rose, sont disposées à l’extrémité des tiges. Les fruits à cinq loges renferment chacune une graine ovale aplatie et luisante. Sa racine pivotante peut descendre à près d’un mètre.

Le lin, rare à l’état sauvage, est cultivé sur de grandes surfaces. C’est l’une des plantes textiles indigènes les plus précieuses, elle est semée au début du printemps, sur une terre légère, bien fumée et bien travaillée.
Le lin est récolté en juin par arrachage, aussitôt après la floraison, lorsque les tiges commencent à jaunir.

Ensuite, on le soumet au rouissage, (opération qui consiste à laisser les plants arrachés sur le sol pour que les micro-organismes commencent à faire disparaître l’enveloppe des fibres). Après avoir été débarrassées de leurs graines par battage, elles passent un long séjour dans l’eau, les fibres suffisamment ramollies et désagrégées, sont séchées. Ce qui donne de la filasse pour la confection de tissus d’une grande blancheur et extrêmement fin. On en fait également du papier haut de gamme, ainsi que du papier non tissé. valant les fibres de carbone ou de verre. La fibre de lin est aussi utilisée dans la fabrication d’objets tel que des raquettes et autres objets de sport… Elle rentre dans la fabrication de panneaux de bois composite, souples et résistants.

Avec les graines qui ne sont pas comestibles, on fabrique une huile qui rentre dans la confection de peintures et de vernis. Cette huile une fois bouillie s’épaissit pour se transformer en une pâte gluante, qui constitue la glu des oiseleurs.

Les résidus des graines ou tourteaux servent à engraisser et nourrir le bétail et constituent également un bon engrais.
Le tissu de lin servait de pansement avant la découverte de la ouate tirée du coton.

On se servait de la farine des graines de lin pour confectionner des cataplasmes, qui diminuent les inflammations et peuvent calmer les douleurs des érysipèles, des dartres vives et des blessures contuses. En décoction les semences de lin étaient prises pour soigner les affections des poumons et de l’estomac.

Utilisée en lavement, la même tisane soignait les dysenteries, les affections des reins et de la vessie et l’irritation des voies digestives.

Connu depuis l’ancienne Égypte comme matière première à la confection de tissu, le lin a été retrouvé en bandelettes enveloppant les momies. Déjà utilisé en Europe à l’âge de pierre, les plus anciennes traces d’utilisation datent de 36 000 ans avant J.-C. en Géorgie.

Le lin garde tout son intérêt à être cultivé de nos jours malgré l’expansion de l’usage du coton depuis peu.