L’événement-1
par Serge Plenier
Une gauche disloquée
La gauche a-t-elle sauvé les meubles ? C’est en tout cas ce que veut croire Manuel Valls qui a parlé d’un « score honorable pour la majorité ». Reste simplement à savoir ce que l’on met derrière le mot « majorité ». Après tout les écologistes, ou du moins une bonne partie d’entre eux refusent toute participation au gouvernement et certains n’ont pas hésité à s’allier au Front de gauche dont on peut difficilement prétendre qu’il appartient à la majorité. Les artifices permettant de classer un candidat « Front de gauche » ou autre parmi les « divers gauche » ne trompent personne.
Pour la gauche prise dans son ensemble, les chiffres du premier tour des départementales sont cruels : les candidats socialistes et leurs alliés radicaux de gauche n’ont rassemblé que 21,85% des voix, tandis qu’Europe Ecologie-Les Verts baisse à 2,05%, du moins si l’on se fie aux nomenclatures du ministère de l’Intérieur. Quant au Front de gauche, il ne rassemblerait que 6,81% des votants (en comptant ses alliés). En somme, toutes tendances confondues, la gauche a rassemblé moins de 31% des votants.
Mais ce mot « gauche » a-t-il encore un sens ? Faire la somme des voix des partisans de Jean-Luc Mélenchon avec celles des défenseurs de la loi Macron revient peu ou prou à additionner des carottes et des ananas. Et l’on ne parlera pas des écologistes prisonniers de leurs éternels psychodrames. La gauche n’était pas simplement divisée lors de ce premier tour, elle était tout simplement disloquée.
Cette dislocation n’est pas seulement conjoncturelle. Bien sûr, l’orientation sociale-libérale du gouvernement en a dérouté plus d’un au sein même du PS et l’absence de résultats n’a pas arrangé les choses, mais cela n’explique pas tout. Aujourd’hui, une partie non négligeable de la gauche rejette l’actuel gouvernement socialiste à qui elle reproche violemment ce qu’elle analyse comme une dérive droitière. Le fossé est aujourd’hui idéologique.
Cette gauche contestataire, qui va d’une partie d’Europe Ecologie-Les Verts au Front de gauche et à divers courants associatifs, peut sembler archaïque, son poids électoral paraît faible, mais son impact médiatique et sa capacité de mobilisation, notamment grâce à Internet, demeurent non négligeables. On l’a vu lors de l’affaire du barrage de Sivens.
Il sera difficile à François Hollande et Manuel Valls de rassembler cette partie de la gauche qui ne veut pas d’eux.
L’événement-2
par Jean Etèvenaux
Avant tout un vote anti-Hollande
Les résultats du premier tour des premières élections départementales, de surcroît avec des binômes homme-femme, ont surpris. D’abord, parce que le Front national n’est arrivé qu’en troisième position, ensuite parce que l’abstention a reculé, même si elle concerne près de la moitié des inscrits. Il faut ajouter que la campagne n’avait pas brillé par sa clarté — les compétences des départements, notamment en matière sociale, ne sont pas véritablement définies par rapport aux nouvelles régions — et que, à l’annonce des résultats, le Premier ministre a paru quelque peu déphasé en voulant rejouer la carte habituelle du Ps depuis 30 ans : appeler « tous les républicains à faire barrage » au Fn.
La première réalité réside dans le fait que la gauche gouvernementale, qui a politisé la consultation en se concentrant sur le Fn, apparaît comme la grande perdante, éliminée dès le premier tour d’un quart des cantons. Elle subit à la fois le vote anti-Hollande, y compris chez plus de 40 % des électeurs socialistes, et son incapacité à aborder les véritables préoccupations des Français — l’emploi, l’insécurité, l’immigration, le terrorisme… On se trouve donc très loin de l’effet Charlie et de toutes les tentatives de récupération.
Deuxième constat : le Fn n’est pas devenu le premier parti de France, sauf au sens strict du terme car les autres résultent en fait d’alliances. Certes il améliore fortement ses positions dans un type d’élection qui ne lui a guère été favorable jusqu’à maintenant. Mais il stagne, alors même que ne sont pas intervenues dans le décompte final les voix des métropoles parisienne et lyonnaise, où il n’a jamais réalisé de gros scores. Cela peut être attribué à son manque de lisibilité sur un certain nombre de questions, notamment économiques et sociales, par exemple avec des prises de position favorables aux dirigeants grecs d’extrême gauche. Il ne manquait pourtant pas d’atouts : pratiquement le seul à vraiment aborder la question des départements, il présentait des candidats très jeunes — 300 âgés de moins de 25 ans — et il développait des idées, même si elles semblaient parfois confuses quand il s’agissait de promouvoir moins d’impôts tout en défendant les services publics ; il a également bénéficié des critiques incessantes des autres formations auxquelles les électeurs ont pu reprocher de ne pas suffisamment s’expliquer sur leurs programmes.
Bien entendu, le second tour peut ménager des surprises. Toutefois, celles-ci revêtiront certainement un aspect plus local que national et les grandes tendances du 22 mars seront vraisemblablement confirmées. On va donc se retrouver avec deux blocs de droite et de gauche, le deuxième restant fort divisé, et un Front national minoritaire, mais toujours en position de force.
Quant au président François Hollande, il va sans doute accentuer son retrait de la politique intérieure. Au moins pour le moment.
Politiques
par Alice Tulle
Lendemain de victoire
Les trois principaux dirigeants politiques se réjouissent d’avoir remporté une victoire au lendemain du premier tour des élections départementales. Mais où était la bataille ?
L’an passé la campagne pour les élections municipales s’était déroulée selon des stratégies locales et sur des enjeux locaux. Lors des résultats du premier tour, le scrutin avait pris une importance nationale et il y avait eu par la suite changement de Premier ministre — décision inédite dans l’histoire de la cinquième République dans de telles circonstances.
Cette année, la campagne pour les élections départementales s’est déroulée sur des enjeux nationaux, mais il était acquis avant le 22 mars que le Premier ministre ne changerait pas. Le premier tour a donc été présenté comme une mise au point sur les rapports de force entre les partis politiques et il est probable que la plupart des électeurs ont effectivement voté selon des considérations plus nationales que départementales. L’abstention moins forte que prévu (49,78 %) renforce cette probabilité.
Ces départementales, qui remplacent les cantonales, ont été conçues dans la confusion. Selon François Hollande, qui s’exprimait au début de l’année dernière, les départements devaient être supprimés, et Manuel Valls avait précisé que ce serait chose faite en 2021. Puis le Premier ministre avait déclaré quelques mois plus tard que les départements seraient maintenus. Pouvait-on dès lors voter en toute connaissance de cause ?
Non, car le projet de loi portant sur la Nouvelle organisation territoriale de la République ne sera pas adoptée avant le mois de juin. Cela signifie que les électeurs ont été appelés à élire des conseillers dont ils ignorent les compétences : ils savent seulement qu’elles seront réduites puisqu’il est prévu que le département perdra sa clause de compétence générale.
De surcroît, la carte électorale a été redécoupée et maints électeurs ont vu leurs repères se brouiller. Il est donc pertinent d’examiner les rapports de force entre les partis.
Selon un rituel bien établi, tous les chefs de parti déclarent avoir remporté une victoire. Les résultats de la droite classique (UMP + UDI = 27 %, divers droite = 6,7 %), du Front national (25 %) et des partis de gauche (PS = 21 %, divers gauche = 7 %, Front de gauche = 4,7 %, écologistes = 2 %) sont évidemment plus contrastés. L’UMP peut se réjouir d’arriver en tête et la stratégie « droitiste » de Nicolas Sarkozy se trouve confortée par rapport à celle, « centriste », d’Alain Juppé ; mais un Front national qui représente un quart de l’électorat est très préoccupant pour la présidentielle.
Le Front national confirme quant à lui sa progression en voix et son implantation mais il n’est pas « le premier parti de France ». Le Parti socialiste peut se réjouir également : il a échappé à la déroute que les observateurs lui promettaient et il peut faire bonne figure en continuant sa campagne — si peu efficace — contre le Front national. Mais il n’échappera pas à une lourde défaite au second tour.
Pour les états-majors, les élections départementales s’inscrivent dans leur stratégie présidentielle. Dans un système composé de trois partis principaux, le problème, pour Nicolas Sarkozy et François Hollande est d’éviter l’élimination au soir du premier tour. Deux ans avant la grande confrontation, les chances du candidat socialiste et du candidat de la droite classique restent entières.
Monde – 1
par Yves La Marck
Bibi le magicien
Le Premier ministre israélien a réussi son pari de la dissolution. Débarrassé des soucis de réélection, il travaille désormais pour l’Histoire.
Benyamin Netanyahou (« Bibi ») a largement gagné les élections du 17 mars dernier avec 30 sièges pour son parti, le Likoud, soit un gain de douze sièges. Il a creusé l’écart avec son principal rival, Yitzhak Herzog, dont la coalition de centre-gauche n’a pas dépassé 24 sièges. Avec ce quatrième mandat, Netanyahou devient le Premier ministre qui aura été le plus longtemps en fonctions depuis la création de l’État d’Israël, dépassant en longévité David Ben Gourion.
Certes il ne viendrait à personne l’idée de le comparer au vieux lutteur, ni à Menahem Begin, fondateur du Likoud, ou encore à Yitzhak Rabin, assassiné en 1995. Il n’est pas « roi d’Israël » titre dont on affublait Ariel Sharon. Non, Netanyahou est un virtuose de la tactique politicienne, sans chercher pour autant le consensus. Au contraire, remarquable diviseur, il a gagné contre un adversaire qui voulait rassembler au centre. Herzog ne s’est jamais réclamé de la gauche et a conclu des alliances à droite (Mme Tzipi Livni vient du Likoud) sous une confondante appellation d’ « Union sioniste ».
Diviseur, Netanyahou s’est encore voulu tel en provoquant délibérément la fracture au sein de son propre cabinet, amenant la dissolution de décembre dernier autour du projet controversé de déclaration d’Israël comme « État de la nation juive ». Mme Tzipi Livni et le centriste Yaïr Lapid, tous deux ministres, s’y étaient opposés. Ils sortent perdants de l’élection.
En revanche, ce projet a remobilisé la minorité arabe israélienne que le relèvement du seuil pour être élu obligeait à unir ses forces disparates (des communistes aux islamistes). Avec 14 sièges (10,5 % des suffrages), la liste d’union s’affirme comme la troisième formation à la Knesset. Cette présence demeurera un objet de division puisqu’elle exclut toute possibilité d’union nationale (entre droite et centre-gauche) celle-ci ayant pour effet de faire du dirigeant communiste arabe le leader officiel de l’opposition avec les privilèges y afférant !
La posture de Netanyahou lui a surtout permis de rassembler la droite et ainsi de lui subordonner les dirigeants d’extrême droite qui cherchaient à lui faire ombrage, les trop remuants Avigdor Lieberman et Naftali Bennett. Alors que le Likoud en 2013 faisait à peine jeu égal avec chacun des deux, il les domine désormais dans un rapport de deux à un. Si l’on ajoute que le Likoud a eu à faire face à un nouveau parti issu de ses rangs sous la houlette du ministre des Finances, avec dix sièges, on mesure l’ampleur du redressement d’un parti dont l’on nous expliquait qu’il avait fait son temps ! Il faudra d’ailleurs revenir sur la présentation biaisée de ces élections dans les médias internationaux qui semble avoir coïncidé avec le voyage de Netanyahou à Washington le 3 mars. Sans doute la dramatisation des derniers jours de campagne – dont le rejet public de tout État palestinien – a-t-elle décidé des hésitants. Il n’en reste pas moins que le retournement de tendance est trop net pour qu’il n’y ait pas eu manipulation des informations et même des sondages. Les intéressés en ont été pour leurs frais : le parti républicain américain se trouve justifié a posteriori d’avoir fait confiance à « Bibi » et réciproquement. Cela promet pour l’élection présidentielle américaine de 2016 !
Les Palestiniens et les Iraniens sont les grands perdants. Herzog n’aurait sans doute pas modifié la donne mais la perception aurait été — autre. La victoire sans appel de « Bibi » n’est pas qu’un simple report de quatre ans de toute perspective de règlement. C’est le signal de réorientations majeures. Comme sur un marché, les acteurs vont procéder à des arbitrages, se reporter vers des secteurs plus porteurs. C’est à cette jonction que Netanyahou, ayant acquis la stature d’homme d’État, pourrait donner une vision, ce qui a manqué jusqu’ici à ses gouvernements successifs.
Monde – 2
par Yves La Marck
Au bord de l’implosion
Deux ans après la mort d’Hugo Chavez (5 mars 2013), le « chavisme » frôle l’abîme. Son successeur est aux abois. Le coup de grâce viendra-t-il d’Obama ?
Le Venezuela, « menace pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis » ? C’est la question que le président Obama a posée le 9 mars en annonçant des sanctions contre sept fonctionnaires de Caracas. Le 15 mars suivant, en réaction, le président Nicolas Maduro obtenait de son Congrès des « pouvoirs spéciaux ». Un conflit avec Washington est un bon prétexte pour juguler l’opposition. Il n’avait déjà pas hésité, le 19 février, à faire arrêter le maire de Caracas, Antonio Ledezma, accusé de complot. Celui-ci a rejoint en prison un autre dirigeant de l’opposition, Leopoldo Lopez, qui avait mené les manifestations du printemps 2014 (43 morts).
Ne reste en piste, en face de lui, que l’ancien opposant aux élections présidentielles il y a deux ans, battu sur le fil (?), Henrique Capriles, qui est assuré de gagner les prochaines élections législatives en octobre… si elles ont lieu et si elles sont libres.
Mais que pèsent ces jeux politiciens face à la catastrophe économique que traverse le pays ? Il n’y a jamais eu autant de bolivars en circulation. Le Libertador a donné son nom à la révolution chaviste mais aussi à la monnaie nationale dont les montants ont été multipliés par quatre en deux ans. Il faut désormais au marché 180 bolivars pour un dollar. Or la plus grosse coupure est celle de cent bolivars. On reconnaît ici tous les traits de l’inflation galopante (+ 60 % en novembre) : graves pénuries, doublement en un an des prix alimentaires…
Coupables ? Les deux habituels suspects : la guerre économique menée par les spéculateurs ; la dépendance à l’égard du pétrole brut. La chute brutale du prix de celui-ci, qui constitue 97 % des recettes du pays, occasionne des déficits colossaux et, à bref délai, une cessation de paiements, la faillite.
Bien avant la chute des cours, la mauvaise gestion de la société nationale de pétrole avait déjà fait chuter la production. Mais surtout, le président Maduro a jusqu’à présent refusé la dévaluation et le programme d’ajustement qui devrait l’accompagner pour maintenir le pays à flot. Il a même remplacé les ministres civils qui prônaient cette solution par des militaires.
La réponse qu’il privilégie est uniquement politique. Le 17 mars, le ministre des Affaires étrangères du Venezuela a même acheté une page de publicité dans le New York Times pour répliquer au président américain. Mais pour convaincre qui ?
Les médiations en cours depuis plus d’un an, de la part de plusieurs diplomaties voisines, sont au point mort. L’Alba groupe de onze pays latino-américains — Cuba Venezuela, Bolivie, Équateur, Nicaragua, Dominique, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Sainte-Lucie, la Grenade, Antigua et Barbuda, Saint-Christophe-et-Niévès — a apporté un soutien verbal au Venezuela le 14 mars. Mais, en vérité, personne ne veut plus se mêler de la situation. Cuba, est pris entre deux feux. S’il ne veut pas compromettre le rapprochement qui doit culminer avec sa première participation au prochain sommet des Amériques prévu dans un mois, Raul Castro laissera son frère Fidel apporter un soutien au Venezuela à titre purement personnel.
Le régime peut-il tomber tout seul ? L’armée, un gouvernement de transition, l’Union nationale, les modalités possibles sont diverses. L’Église catholique s’emploie à en faire éclore une. Maduro demeure dans la rhétorique de la Révolution bolivarienne. Mais il n’a pas la moindre idée de ce qu’il convient de faire de ses « pleins pouvoirs ». Il n’a fait qu’obtenir le pouvoir de se suicider, ce que les locaux appellent un autogolpe, un coup d’État contre soi-même, ce qui revient à peu près, en football, à marquer un but contre son camp.
Planète
par Antoine de Souza
L’île d’Utopie
Le Vanuatu, qui s’était fait oublier, vivant heureux, vient brutalement de se rappeler à l’attention du monde en se posant comme victime du changement climatique. Le cyclone Pam avec des vents de 350 km/h a dévasté une partie de l’archipel des Vanuatu dans la nuit du 13 au 14 mars. Le bilan matériel est catastrophique mais seules onze victimes auraient été confirmées. La raison avancée de cette statistique relativement heureuse est que les zones sinistrées étaient rurales, donc à l’architecture traditionnelle de maisons en branchages et toits de chaume. Si elles se sont effondrées facilement, elles n’ont pas trop heurté les habitants, comme cela se serait passé avec des constructions en dur et des toits de tôle ondulée.
Néanmoins, la destruction des cultures et des plantations met en péril un autre aspect de cette vie traditionnelle : l’autarcie. Chaque île — douze majeures et soixante-dix petites — vivait quasiment sur elle-même, le Vanuatu pratiquant 108 langues vernaculaires… Plus généralement, le mode de pouvoir lié à la terre est longtemps resté éclaté en petits groupes, selon le modèle de « sociétés sans État » développé par l’anthropologue Pierre Clastres. En réalité, il faut plutôt parler aujourd’hui de « sociétés dans l’État » (Éric Wittersheim) car, depuis l’indépendance en 1980 de cet unique « condominium » franco-britannique des Nouvelles-Hébrides, s’est créé un pouvoir central fort assorti d’une migration continue vers la capitale Port-Vila. Toute l’histoire politique du Vanuatu au cours des trente-cinq dernières années, au cours desquels la population a plus que doublé (officiellement 277 137 en 2015), a tourné autour de cet affrontement entre la « coutume » et le « progrès ». Rendre aujourd’hui ce dernier responsable de tous les maux ou faire du premier l’origine de tous les bienfaits aurait un petit relent rousseauiste du « bon sauvage » si la lutte n’avait été aussi intense avec des ramifications internationales capitales.
En effet, ce fut un combat acharné entre protestants et catholiques (15 %), anglophones (65 %) et francophones (35 %), Banque mondiale et anthropologues, centralisateurs de Port-Vila et autonomistes, voire séparatistes dans les îles les plus excentrées : Santo au nord, Tanna au sud. Tout aurait pu mal tourner sans le kava, boisson anesthésiante de la famille des poivriers, mais aussi — plus sérieusement ! — sans une culture du consensus qui a inspiré certains gouvernements à se montrer plus inclusifs.
La « discrétion » française dans cette affaire ne s’explique pas autrement : la Nouvelle-Calédonie est le plus proche voisin du Vanuatu (540 km), comme de la Bretagne à Paris, alors que la côte australienne est à 1 750 km (les îles Matthew et Hunter rattachées à la Nouvelle-Calédonie sont d’ailleurs revendiquées par le Vanuatu). Or ce sont les Australiens qui se conduisent en puissance régionale et interviennent avec tous leurs moyens civils et militaires, avec les Néo-Zélandais. De Nouméa où vivent de nombreux Ni-Vanuatu, on a péniblement pu dégager un avion de patrouille et, aux dernières nouvelles, « LA » frégate, Le Vendémiaire, pour accéder aux îles dépourvues d’aéroports ! Faiblesse de nos moyens regroupés sur l’axe Afrique – Moyen-Orient au détriment des outre-mer français depuis les deux derniers Livres blancs de la Défense, mais aussi volonté politique de ne pas compromettre les fragiles équilibres ethniques au Vanuatu et, en miroir, en Nouvelle-Calédonie.
Longtemps, le Vanuatu, seul pays du Pacifique sud membre du mouvement des non-alignés, a activement soutenu les mouvements d’indépendance kanaks ; il a été à la pointe de la contestation de la reprise des essais nucléaires (1995) comme, aujourd’hui, de la revendication d’une compensation pour les changements climatiques provoqués par le « progrès » et par les pays développés. Seuls deux ministres français se sont rendus au Vanuatu, l’un en 1993, l’autre en 2011 !
Le paradoxe, au demeurant peu original, veut que le Vanuatu soit aussi un paradis fiscal, centre financier off-shore, et qu’il ait attiré les milliardaires américains dont l’un avait imaginé, à l’indépendance, faire de l’île de Santo (Espiritu Santo) un refuge fiscal mais aussi climatique en s’alliant à un mouvement millénariste en vogue sur cette île rebaptisée « île d’Utopie ». Cela ne vous dit rien ? Relisez L’île à hélice de Jules Verne (1895) qui « anticipait » déjà une île artificielle pour milliardaires américains évoluant de San Francisco à Auckland pour toujours demeurer en zone tempérée !
BD
par Gihé
Quand les bd déroulent l’Histoire
Toute bonne bande dessinée repose sur une histoire. Lorsqu’elle s’appuie sur l’Histoire, elle se donne un atout supplémentaire, à condition que le scénariste et le dessinateur manient aussi bien la sage érudition qui éloigne des incompréhensions que l’habile intrigue qui retient l’attention. En voici quelques heureux exemples.
Pour le deuxième tome de Médée (Casterman), Nancy Peña et Blandine Le Callet tournent avec une rare dextérité Le couteau dans la plaie : ce récit mythologique verse dans une sombre cruauté alors que les principaux protagonistes quittent les sortilèges de la terre pour les dangers de la mer. Swolfs, égal à lui-même dans la précision noueuse de son trait, dirige Le prince de la mort (Glénat) vers La première mort dans une œuvre pas très réaliste oscillant entre le Moyen Âge chrétien et l’heroic fantasy mais toujours aussi envoûtante. L’époque médiévale apparaît plus crédible dans le 26e tome des Aigles décapitées (Glénat), Mon frère, ce bâtard, la série étant aujourd’hui entièrement réalisée par Michel Pierret.
Au début du XVIe siècle, de l’autre côté de l’Atlantique, voici le Conquistador (Glénat) de Dufaux et Xavier ; pour sa quatrième aventure, le choc entre le monde espagnol et l’empire aztèque devient de plus en plus violent mais aussi, par certains côtés, plus fusionnel. En revanche, c’est un univers plus feutré, celui d’avant la Révolution, qui est mis en scène dans Les maîtres saintiers (Glénat) : ces faiseurs de cloches, pour leur première apparition, se retrouvent À l’accord parfait, 1788, grâce à la collaboration de Le Bollée et Serge Fino, qui ont mijoté un habile scénario. Peu après, très précisément au moment où Napoléon se morfond à l’île d’Elbe, Les pirates de Barataria (Glénat) profitent d’une opportunité pour se rendre en Gaspésie ; Marc Bourgne et Franck Bonnet font ainsi connaître le monde interlope de la Louisiane.
L’association entre Bonifay, Meddour et Paitreau, eux, ramène John Arthur Livingstone le roi des singes (Vents d’Ouest) depuis l’Afrique jusqu’à l’Angleterre victorienne ; ce deuxième tome provoque nombre de scènes incongrues en même temps que des situations et des rencontres surprenantes et parfois émouvantes. Du côté de la France, Boisserie, Guillaume et Kerfriden poursuivent leur exploration de La banque (Dargaud) avec la deuxième génération, celle de 1857-1871, plus exactement le tome 3 : derrière le Paris haussmannien en pleine construction, que de drames personnels et sociaux ! François Dermaut, lui, se lance dans la mise en scène de Rosa (Glénat) avec un premier tome, Le pari, qui présente cette singulière épouse d’un tenancier de ferme-bistrot dans la Normandie du début du XXe siècle ; le dessin, qui rappelle immanquablement certaines trognes de sa série des Chemins de Malefosse, ne manque pas d’attrait. Plus grave est celui de Fino qui, en compagnie de Debois, signe le quatrième tome des Chasseurs d’écume (Glénat), lequel détaille 1920, la révolte des chevaliers de fer blanc, autrement dit ceux qui mettent en boîte, à Douarnenez, le poisson ramené de la pêche.
Humeur
par Erwan Violin
Sauvage mais pas trop
Nous l’avons eue notre marée du siècle. Les caméras et les touristes se sont déplacés en masse pour venir voir le Mont Saint Michel redevenir une île et l’Océan prendre un peu plus de sable au littoral des Landes.
Ce n’est pas la première marée du siècle, ni, certainement la dernière et, jusqu’à aujourd’hui, on n’éprouvait pas le besoin de déplacer les personnalités, encore moins les ministres. Mais celle-ci avait un grand avantage : elle était pittoresque et pas trop dangereuse, même si elle a fait deux victimes. Gageons que les touristes ne seraient pas venus si nombreux si on avait eu droit à une marée du siècle bien méchante avec son lot de tempêtes et de destruction. On aime bien la nature quand elle est sauvage juste ce qu’il faut.
Livres
par Catherine Pauchet
Roman
La petite fille qui avait avalé un nuage
grand comme la Tour Eiffel
D’autres que Providence Dupois auraient renoncé et fait demi-tour, pestant contre les éléments qui obscurcissaient leur route. Mais pas elle. Pas Providence. En digne agent du service public de La Poste, cette factrice, habituée à tous les climats, a relevé le défi. Qu’on en juge : elle était à l’aéroport, valise aux pieds, billet en main, prête à décoller pour le Maroc quand un volcan islandais (on vous épargne le nom) a craché des nuages de cendres clouant au sol les avions. Impossible d’aller chercher la petite Zahera, atteinte de mucoviscidose et dont les jours sont comptés, puis de la ramener en France pour des soins. Devant l’urgence, elle décide d’apprendre à voler : son périple sera moins simple qu’il n’y parait à courte vue. Romain Puértolas (L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa) en remet une couche et on ne s’en lasse pas.
« La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel », Romain Puértolas, Le Dilettante, 256 p., 19 €.
Jeunesse
Boîtes à bonheurs
Comme toutes les petites filles (enfin ! presque toutes), Lola a été très sage et sa maman lui a promis un cadeau. Elle choisit deux boîtes, une grande et une petite, qu’elle appelle « mes boîtes à bonheurs ». Maintenant elle doit les remplir. Alphonse, son ours en peluche et aussi son grand bonheur, ira dans la grande boîte… Cette jolie histoire, signée Carl Norac et illustrée par Claude K. Dubois, ravira les enfants à partir de trois ans.
« Boîtes à bonheurs », Carl Norac et Claude K. Dubois, Pastel/L’école des loisirs, album de 32 p, 9,70 €.
Témoignage
L’évasion
Le 19 décembre 2012, un commando fait irruption dans la villa de Francis Collomp à Rimi (Nigéria). L’ingénieur français est enlevé, il restera séquestré onze mois. Dans ce livre, il raconte sa captivité, son quotidien parmi les djihadistes de Boko Haram et d’Ansaru, la plupart très jeunes et sans autre éducation que l’école coranique. Jamais, il ne s’avouera vaincu. Dès le premier instant, il n’a qu’une idée en tête : s’évader, il s’y prépare avec calme et méthode, marchant inlassablement dans sa cellule, guettant la plus petite faute de ses geôliers. Jusqu’au jour où la porte de sa cellule restée ouverte par inadvertance lui permet de fuir. Le retour en France aussi a été difficile : retraite coupée, problèmes bancaires… mais Francis Collomp a encore tenu bon. Un témoignage qui inspire le respect.
« L’évasion », Francis Collomp, XO éditions, 304 p., 18,90 €.
Revue
L’appel du Nord
Un nombre croissant de voyageurs apprécient les paysages, les coutumes et la convivialité des nordiques. Le bimensuel A/R (comme aller/retour) consacre son dossier central au grand Nord et à ce qui en fait le charme : espaces infinis, soleil de nuit, rennes, volcans et trolls farceurs. Au sommaire : la nature grandiose de l’Islande, la rencontre avec les nomades nénèstes de Sibérie, ainsi que le Nicaragua, le Yukon, le Kerala, la Bretagne…
« L’appel du Nord », A/R, n°26, mars-avril 2015, 5,90 €. En kiosque.
Cinéma
par Marie-Christine Renaud d’André
Cendrillon
Elle vivait heureuse entre son père et sa mère, mais ce bonheur paisible a été brisé par le décès de la mère d’Ella. Peu de temps après, son père décide de se remarier avec une jolie veuve, mère de deux filles. Si tout se passe bien, au début, quand le père d’Ella meurt à son tour, la jeune fille est transformée, par sa belle-famille, en servante méprisée.
Un jour, Ella fait la connaissance d’un beau jeune homme dans la forêt. Elle ignore qu’il s’agit du prince héritier… Vous connaissez déjà l’histoire ? Cela ne veut pas dire que les studios Disney ont manqué d’inspiration, bien au contraire.
Le plus célèbre des contes pour enfants, repris par Charles Perrault et les frères Grimm, avait déjà fait l’objet du magnifique film d’animation produit par Disney (que l’on pourra revoir le soir de Pâques, sur M6, à 20h50). C’est le très shakespearien Kenneth Branagh qui s’est emparé cette fois-ci de la mise en scène de cette superproduction. En restant très fidèle au film de 1950, il raconte, avec élégance et légèreté, l’histoire de cette malheureuse jeune fille. Les décors et costumes sont splendides, en particulier lors de la scène du bal, et les effets spéciaux sont très réussis. À cet égard, les transformations de la citrouille en carrosse et des rats en laquais sont éblouissantes.
La jeune Lily James est une héroïne aussi émouvante que jolie, mais Cate Blanchett en fait des tonnes en marâtre, et la réalisation est un peu trop sage.
Les recommandations de la mère de Cendrillon (être courageuse et bienveillante) vont soutenir la jeune fille dans ses cruelles épreuves. Mais il n’était pas utile de les répéter aussi souvent.
Fantastique américain en 3D (2015) de Kenneth Branagh, avec Lily James (Ella), Richard Madden (le prince charmant), Cate Blanchett (la belle-mère), Helena Bonham Carter (la fée marraine), Hollyday Grainger (Anastasie), Sophie McShera (Javotte), Stellan Skarsgärd, Derek Jacobia (1h45). (Tous) Sortie le 25 mars 2015.
Diversion
Nicky enseigne ses ficelles d’arnaqueur à Jess, une ravissante jeune femme. Les films d’arnaques séduisent les cinéastes, car ils permettent de jouer sur les retournements de situation. Et c’est ce qui fait tout le charme de ce thriller bien mené et porté par un excellent duo de comédiens. Will Smith en pygmalion est très charismatique, tandis que Margot Robbie lui donne la réplique avec beaucoup de charme. Mais les multiples twists du scénario finissent par rendre incompréhensibles certaines scènes, et il y a beaucoup d’invraisemblances dans ce thriller distrayant.
Thriller américain (2015) de Glenn Ficarra et John Requa, avec Will Smith (Nicky), Margot Robbie (Jess Barrett), Rodrigo Santoro (Rafael Garriga), Adrian Martinez (Farhad), Gerald McRaney (1h45). (Adultes avec des éléments nocifs) Sortie le 25 mars 2015.
À trois on y va
Charlotte aime Micha, mais le trompe avec Mélodie… qui couche avec Micha.
Entre comédie et drame, Jérôme Bonnell raconte un triangle amoureux avec une belle élégance. Sa caméra cerne ses personnages avec finesse et émotion, d’autant plus qu’ils sont magistralement interprétés. Malheureusement, s’il y a quelques scènes vaudevillesques très réussies, le spectateur finit par trouver le temps bien long. On est très loin de Jules et Jim. N’est pas François Truffaut qui veut !
Le respect de l’autre ne semble pas étouffer les personnages de cette histoire très amorale et érotique.
Comédie française (2014) de Jérôme Bonnell, avec Anaïs Demoustier (Mélodie), Félix Moati (Micha), Sophie Verbeeck (Charlotte), Patrick d’Assumçao (William), Olivier Broche (un prévenu) (1h26). (Adultes avec des éléments nocifs) Sortie le 25 mars 2015.
Anton Tchekhov 1890
En 1890, Anton Tchekhov est un médecin qui, pour faire vivre sa famille modeste, écrit des nouvelles.
Origines modestes, faillite paternelle, désert culturel, mais aussi amour de la famille, respect de la souffrance des autres, difficultés à aimer, etc., tels sont les aspects de la vie de l’écrivain abordés dans ce film magnifique, aux décors et costumes superbes, et à la réalisation sobre et inventive. Malgré un début un peu long, on est rapidement pris par cette histoire émouvante, aux personnages parfaitement dessinés et interprétés, et à la fin bouleversante.
Il y a beaucoup d’amour et de tendresse au sein de cette famille, et le personnage de la sœur dévouée est magnifique. Quant à la compassion dont Tchekhov fait preuve face aux souffrances des bagnards, elle est bouleversante.
Biographie française (2014) de René Féret, avec Nicolas Giraud (Anton Tchekhov), Lolita Chammah (Macha Tchekhov), Robinson Stévenin (Kolia Tchekhov), Jacques Bonnaffé (Souvorine), Jenna Thiam (Lika), Brontis Jodorowsky (Alexandre Tchekhov), Marie Féret (Anna, l’institutrice), Alexandre Zeff (Isaac), Frédéric Pierrot (Tolstoï) (1h36). (Adultes) Sortie le 18 mars 2015.
LE CHIFFRE DE LA SEMAINE
1,21milliard
C’est le montant en euros de la collecte nette du Livret A et du Livret de Développement Durable pour le mois de février, selon les chiffres publiés par la Caisse des Dépôts et Consignations. Il s’agit d’une collecte négative puisque la décollecte (baisse des fonds gérés) atteint 0,97 milliard pour le Livret A et 0,23 milliard pour le Livret de Développement Durable. Depuis le début de l’année, le recul est de 1,83 milliard pour le livret A et de 0,43 milliard pour le LDD. En fin février, l’encours total du Livret A s’élève à 261,2 milliards pour le livret A et à 101,7 milliards pour le LDD.
Cette décollecte est due principalement à la baisse à 1% des deux livrets. La baisse, historique, avait été décidée le 1er août afin de tenir compte du recul de l’inflation.
D’un jour à l’autre
France
Départementales
Avec une abstention d’un peu plus de 49 %, les élections départementales ont donné au premier tour du 22 mars, l’UMP-UDI-DVD à 36,02 % (110 binômes élus dès le premier tour) devant le PS-PRG-DVG à 28,22 % (28 binômes élus). Le FN est troisième à 25,12 % (4 binômes élus). Front de gauche + Parti communiste revendiquent 9,4% . EELV serait à 2,02 %. Pour le second tour il y aura 314 triangulaires et une quadrangulaire.
Environnement
Par la suite d’un pic de pollution (particules fines), la circulation alternée a été décidée à Paris et sa proche banlieue pour le 23 mars. Cependant, Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, a décidé de ne pas maintenir la mesure lors des jours suivants.
Justice
Les deux policiers qui étaient accusés de « non assistance à personne en danger » à propos de la mort de deux jeunes gens dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois en octobre 2005, ont comparu devant le tribunal correctionnel de Rennes. Le ministère public a requis la relaxe. Le verdict devrait être rendu en mai.
Mer
La « marée du siècle » du 21 mars a fait deux victimes : un pêcheur à pied en Gironde, ainsi qu’une personne au large de l’Ile Grande, dans les Côtes d’Armor. Quinze personnes ont dû être secourues.
Avortement
Dans la nuit du 18 au 19 mars, dans le cadre de la loi sur la santé de Marisol Touraine, les députés ont voté la suppression du délai de réflexion de sept jours obligatoire entre la première et la deuxième consultation pour obtenir une interruption volontaire de grossesse.
Infanticides
À Louchats (Gironde), le jeudi 19 mars, un père de famille a découvert le corps d’un bébé de deux jours dans un sac Isotherme. Cet infanticide perpétré par son épouse de 35 ans n’est pas le premier puisque quatre autres nourrissons ont été retrouvés dans le congélateur du pavillon où le couple et leurs deux filles de 14 et 17 ans résident.
Soleil
Le vendredi 20 mars au matin, une éclipse partielle du soleil était visible depuis le nord de l’Europe. En France, le mauvais temps l’a masquée sauf dans le nord-est et près de l’Espagne. Prochaine éclipse partielle : en août 2026.
SNCF
832 cheminots de nationalité ou d’origine marocaine poursuivent la SNCF devant le Conseil des prud’hommes de Paris, estimant avoir été victimes de discriminations. Engagés en 1970, ils n’avaient pas bénéficié du statut de cheminot réservé alors aux ressortissants de l’Union européenne.
Monde
Tunisie
Le 18 mars à Tunis, deux jihadistes ont pris d’assaut le musée du Bardo, mitoyen du Parlement tunisien, faisant 21 morts, dont deux ou trois Français et quarante-deux blessés. Un ou plusieurs complices sont en fuite. Le secteur du tourisme compte pour 7 % de l’économie nationale.
Suède
Une fusillade à l’arme automatique dans un pub a fait deux morts et une quinzaine de blessés à Göteborg, la deuxième ville de Suède, dans la nuit du 18 au 19 mars. La police privilégie la piste du règlement de compte.
Italie
Depuis le 16 mars, une série d’arrestations menace de faire vaciller le ministre des Infrastructures et des Transports, Maurizio Lupi, un des principaux alliés de Matteo Renzi au centre-droit. Malgré la nomination du magistrat Raffaele Cantone à la tête de l’Autorité anti-corruption en mars 2014, la multiplication des scandales financiers commence à ternir l’image réformiste du gouvernement.
Le fabricant de pneus italien Pirelli (fondé à Milan en 1872, 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires) a annoncé le 22 mars qu’il passait sous contrôle de son partenaire chinois ChemChina (36 milliards de chiffre d’affaires).
Brésil
Trois jours après les manifestations massives dirigées contre elle dans tout le pays (sa cote de popularité a chuté à 13 %), la présidente Dilma Rousseff, a annoncé le mercredi 18 mars une grande quantité de mesures anticorruption au milieu du scandale monumental qui éclabousse le géant pétrolier Petrobras.
Grèce
Alexis Tsipras s’est expliqué sur ses projets de réformes devant un mini-sommet de la zone euro le jeudi 19 mars à Bruxelles. Y participaient François Hollande, Angela Merkel, Mario Draghi, Jean-Claude Juncker et Jeroen Dijsselbloem. Alexis Tsipras a par ailleurs été reçu par la chancelière allemande à Berlin le 23 mars.
Israël
Benjamin Netanyahu triomphe aux élections législatives en Israël le mardi 17 mars. Le Premier ministre sortant a gagné l’élection avec 23,26% des voix.
Sierra Leone
Une nouvelle mise en quarantaine de trois jours, entre le vendredi 20 et le dimanche 22 mars, pour 2,5 millions d’habitants (incluant la capitale, Freetown) a été décrétée pour lutter contre la pandémie du virus d’Ebola.
Yémen
Trois attentats devant des mosquées chiites de Sanaa ont fait au moins 142 morts et 351 blessés le 20 mars. Ils ont été revendiqués par l’État Islamique (E.I.) qui tente de supplanter Al-Qaïda dans la course au terrorisme sunnite. Les milices chiites houthis ont décidé, elles, de descendre jusqu’à Aden pour en déloger le président sunnite Abd-Rabbou Mansour Hadi. L’armée américaine a fermé ses dernières bases dans le pays.
Sénégal
Karim Wade, fils de l’ancien président du Sénégal, a été condamné à 6 ans de prison pour corruption le 23 mars.
Mali
Pour faire sa propagande, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a fait savoir la semaine dernière qu’elle avait décapité un Malien accusé de collaborer avec les Français.
Singapour
Considéré comme le fondateur de la richissime ville-État, dont il a été le Premier ministre durant 30 ans, Lee Kuan Yew est mort le 22 mars à 91 ans. C’est son propre fils qui est l’actuel Premier ministre.
Pakistan
Pour la première fois depuis 2008, un défilé militaire a eu lieu à Islamabad, sans incidents, pour la fête nationale du 23 mars. Mais des combats quotidiens continuent avec des groupes islamistes à la frontière avec l’Afghanistan.
Égypte
Le régime multiplie les annonces de marchés publics passés avec des sociétés étrangères. Ainsi, l’allemand Siemens vient-il de signer un contrat de dix milliards d’euros dans l’équipement électrique dont une centrale thermique à gaz et de vastes champs d’éoliennes.
Sport
Football
Le PSG a repris la tête du classement après sa victoire sur Lorient (3 à 1) lors de la 20ème journée du championnat de Ligue 1. L’OL, vaincu à domicile par Nice (1 à 2) passe en deuxième position, talonné par l’OM vainqueur de Lens (0 à 4).
Rugby
L’Irlande a remporté le Tournoi des 6 Nations en battant l’Ecosse par 40 à 10 tandis que le Pays de Galles battait l’Italie par 61 à 20. La France a dû s’incliner devant l’Angleterre sur le score de 55 à 35.

