L’événement
par Jean-Gabriel Delacour
Macron veut rester au-dessus de la mêlée
L’actualité de mai a montré à l’envi un Emmanuel Macron planant dans la stratosphère et laissant son gouvernement s’occuper des affaires courantes, avec des ministres envoyés en mission explicative dans les régions. Qu’il s’agisse du (dé)blocage des universités, de la lente expulsion des derniers zadistes, de la laborieuse mise en place de Parcoursup, de la grève des cheminots ou des violences et dégradations des « blacks blocs », le chef de l’État reste au loin, au propre comme au figuré. Tout au plus a-t-il fait savoir, le 25 mai depuis Saint-Pétersbourg, que « ça ne nous arrête pas », n’entendant « pas présider à la lumière des sondages ou des manifestations ».
Tout occupé à amener Vladimir Poutine à ses vues — comme il espérait l’avoir accompli avec Donald Trump —, il compte sur un ralliement général à ses vues sur l’Europe « souveraine » en dépit des fortes réticences de l’Europe centrale et orientale, des incertitudes de la nouvelle Italie et du faible soutien d’une Allemagne prudente face à tout risque de financement supplémentaire. Un an après son élection, le chef de l’État n’exerce plus la séduction de la nouveauté, malgré la mise en route de nombreuses réformes, mais qui n’ont pas touché l’essentiel : les finances publiques, toujours aussi dévorantes. À ce dernier sujet, l’annonce par le Premier ministre que l’État allait prendre à sa charge 35 milliards — plus que le budget des Armées — de la dette de la Sncf n’a pas apaisé les craintes de l’ensemble des contribuables.
Du coup, se multiplient les soubresauts de la courbe de popularité présidentielle. Dans le détail, on relève que c’est à droite qu’Emmanuel Macron perd le plus, avec une chute de 28 % d’avis favorables en un mois, selon le baromètre Ipsos / Le Point de la fin mai, qui pointe globalement 58 % d’opinions défavorables. Quant à la gauche, si elle n’arrive pas à réunir dans les rues une « véritable marée humaine », elle n’en manifeste pas moins son mécontentement.
On devine la montée d’oppositions catégorielles — comme si la tactique du président consistant à s’adresser successivement à des publics différents se retournait contre son auteur. S’y ajoute l’erreur fondamentale d’une méconnaissance, qu’on veut ne pas croire entachée de mépris, des territoires. Brillant produit de la méritocratie parisienne mais qui n’a jamais exercé de mandat électif, Emmanuel Macron a lancé une refonte de la représentation nationale, sur le principe de laquelle tout le monde a affiché son accord mais qui risque, par le jeu de la proportionnelle même limitée, de multiplier les députés hors-sol au moment où les collectivités locales voient leurs pouvoirs et leurs moyens réduits en laissant le premier rôle à l’administration, c’est-à-dire à l’État central. On peut y ajouter la réforme judiciaire supprimant des audiences et des contacts personnels au profit de procédures numériques à distance, pour se montrer « plus efficace ». En d’autres termes, Jupiter n’a besoin que de relais et non d’acteurs de la vie publique.
Politiques
par Alice Tulle
Marée humaine : faible coefficient
Les manifestations du 26 mai devaient démontrer la force croissante de l’opposition de gauche. Mais la « marée populaire » a surtout laissé percevoir l’ampleur de ses contradictions.
Jean-Luc Mélenchon aime les images fortes et les métaphores maritimes. En septembre dernier, il avait appelé le peuple de gauche à « déferler à un million sur les Champs-Élysées ». Suite au refus des organisations syndicales plus ou moins engagées dans La contestation de la réforme du Code du travail, la déferlante n’avait pas eu lieu. Cette année, l’animateur de la France insoumise a exhorté les citoyens mécontents à former, le 26 mai, dans les rues des principales villes du pays une « marée populaire » – assurément montante voire irrésistible.
Les manifestations ont eu lieu le jour dit mais leur bilan chiffré est modeste. Selon le décompte de la police, 93 000 personnes auraient participé aux manifestations alors que les organisateurs annoncent 280 000 manifestants. À Paris, une société privée a décompté 32 000 personnes là où les organisateurs en annonçaient 80 000. Si l’on fait la moyenne des estimations, la mobilisation n’évoque certainement pas la marée humaine qui aurait dû se compter en millions de manifestants.
Les organisateurs assurent bien entendu qu’il s’agit d’un bon départ mais ils ne voient pas ou ne veulent pas voir que cette prétendue « marée populaire » était celle de toutes les contradictions de la gauche politique et syndicale. Le fait nouveau, considéré comme hautement positif, est la participation de la CGT à une mobilisation politique. Certains observateurs y voient un tournant majeur puisque la CGT a renoncé le 26 mai au principe de l’indépendance syndicale proclamé par la Charte d’Amiens de 1906 qu’elle avait redécouvert après la chute de l’Union soviétique. Mais il n’est pas du tout sûr que ce tournant fasse l’unanimité chez les militants réellement attachés à l’indépendance syndicale ou restés communistes et hostiles au « trotskiste » Mélenchon. Surtout, Force ouvrière et la CFDT sont résolument hostiles au mélange des genres et l’unité d’action des mouvements de gauche et des syndicats reste un vœu pieux.
La « convergence des luttes », comme on l’avait déjà constaté le 1er mai dernier, est d’autant plus problématique que les défilés du 26 mai ont rassemblé des groupes qui poursuivent des objectifs différents ou contradictoires. On a remarqué la présence du Comité Adama Traoré dans le « cortège de tête » composé de militants autonomes plus ou moins violents. Or ce comité reprend les idées d’une extrême gauche qui privilégie, dans les universités comme dans les banlieues, le combat contre le « racisme d’État » et qui relègue les conflits sociaux loin derrière la lutte qui opposerait racistes et « racisés ». La polémique créée par les interventions d’une déléguée de l’UNEF voilée est à cet égard typique de l’évolution des thématiques militantes vers une représentation racialiste et ultra-féministe des problèmes sociaux. La France insoumise est elle-même travaillée par les courants racialistes et islamo-gauchistes et Jean-Luc Mélenchon, qui a une vision classique du combat politique et social, louvoie entre les tendances pour ne pas perdre certains députés et nombre de militants.
Comme il faut par ailleurs tenir compte des réticences du Parti communiste, des arrière-pensées de Benoît Hamon, des tactiques propres aux altermondialistes d’Attac et à d’autres associations, ce ne sont pas dans les eaux mêlées du 26 mai qu’on trouvera la réponse à la lancinante question qui travaille tout ce monde : union de la gauche ou radicalité populiste ?
Monde
par Yves La Marck
Corées : le chaud et le froid
Les tergiversations sur un éventuel sommet historique Corée du Nord/États-Unis rebattent les cartes à l’infini sans remettre en cause les réalités immuables qui font de la Chine le centre du jeu.
Depuis les Jeux olympiques d’hiver à la limite des deux Corées, on est dans l’attente de la rencontre des présidents Trump et Kim, prévue pour le 12 juin à Sin-ga-pour. Le chef de la CIA devenu secrétaire d’État, Mike Pompeo, a visité Pyongyang deux fois en quelques semaines. Kim et Moon, nord et sud, se sont rencontrés le 27 avril sur la ligne de démarcation.
Puis il y a eu un nouveau moment important le 7 mai. Ce jour-là, Trump annonçait son retrait de l’accord nucléaire iranien. Mais, significativement, Kim Jong-un était alors à Dalien, sur la côte de la mer de Chine, en compagnie du président chinois, Xi Jinping, pour la seconde fois – la première étant fin mars…
Comme si de rien n’était, le 9 mai Mike Pompeo était retourné à Pyongyang et avait réussi à obtenir la libération de trois prisonniers de nationalité américaine.
Mais, le 24 mai, dans une lettre à Kim Jong-un, Donald Trump annulait le rendez-vous prévu, sous prétexte d’une campagne d’invectives nord-coréennes contre son vice-président Mike Pence, qui n’a pas de bons souvenirs de sa présence aux Jeux, où la sœur du dirigeant nord-coréen lui avait fait de l’ombre, et contre son nouveau conseiller à la sécurité, John Bolton, belliciste notoire.
Pourquoi cette volte-face ? Le président américain voulait terroriser la Corée du Nord en partant d’une position de force et court-circuiter Pékin. S’est-il rendu compte qu’il avait sous-estimé la capacité de réaction de Xi Jinping ? Ou voulait-il plus simplement devancer une annonce d’annulation qu’il sentait venir de la part de Kim ? Car, de son côté, le président nord-coréen, après avoir fait détruire publiquement un site d’expérimentations nucléaires le 24 mai, afin de prouver qu’il n’a plus besoin de procéder à des essais souterrains, a peut-être été rappelé à l’ordre par la Chine. Celle-ci est une puissance nucléaire d’une tout autre ampleur et sans l’aval de laquelle rien ne peut se faire dans la péninsule…
Pékin sait pouvoir compter, concernant ce dossier, sur la totale collaboration de Tokyo. Une réunion tripartite totalement inédite des deux avec la Corée du Sud s’est tenue près de Tokyo à la même date. Autre rappel à l’ordre, du sud cette fois.
Le 26 mai, les présidents sud- et nord-coréens se sont encore rencontrés à la frontière de manière tout aussi inattendue et, le 27 mai, des émissaires américains se sont rendus à nouveau en Corée du Nord pour préparer la rencontre de Singapour… Bien malin qui pourra dire les gagnants et perdants de cette histoire à rebondissements.
Le président de la Corée du Sud Kim Moon Jae-in, à l’initiative de ce grand chambardement, est sans « plan B ». Les conservateurs qu’il avait défaits aux élections de l’an dernier relèvent déjà la tête.
Son homologue du nord a peut-être été aussi fragilisé. Il est remarquable que les réunions aient impliqué de son côté si peu de personnes autour de lui, et inhabituellement sa femme et sa sœur. Même dans un régime aussi opaque et personnalisé que celui de la Corée du Nord, la solitude du chef n’est pas de bon augure. Désavoué, il risquerait de retourner à une posture encore plus agressive pour prévenir tout retour des « faucons ».
Pour Trump, qu’il y ait ou non un sommet le 12 juin ou plus tard, cela ne change pas grand-chose. Complètement libre de ses actes, il n’a de comptes à rendre à personne ni en Asie ni en Europe. « L’Amérique d’abord » se rapproche de plus en plus de « l’Amérique seule ». L’Empire britannique se glorifiait à son apogée d’un « superbe isolationnisme ». Le monde n’intéresse pas Trump. Il est au-dessus ou en dehors. Cependant comment imaginer un monde sans Trump mais où Trump est quand même là ?
Mais on peut déjà dire qu’il y a un gagnant : Pékin. Son influence en Corée du Nord est ouvertement confortée.
Europe
par Jean-Philippe Delsol
Italie : un déclic pour l’Europe ?
La droite libéralo-souverainiste de la Ligue et l’anti-parti écolo-néo-libertaire du M5S ont tenté de bâtir une improbable alliance… Ils proposaient une réduction drastique des impôts en instaurant une flat tax à 15 % pour les sociétés et 15 et 20 % sur le revenu des particuliers (avec une franchise de 20 000€ pour les familles). Mais ils ne la finançaient pas. Leur projet en matière de retraite était original, mais aggravait les déséquilibres : ils voulaient laisser le choix aux individus de prendre leur retraite quand ils voudraient pour autant que le total de leur âge et de leur durée de cotisation dépassera 100. Ce chiffre est trop modeste pour que les systèmes de répartition actuels soient viables, et il ne fait pas appel à la capitalisation. Ils proposaient un revenu de citoyenneté de 780 € comme une allocation supplémentaire pour les personnes en situation de précarité qui serait aussi une dépense publique de plus conduisant, avec le reste, à une impasse de 100 à 150 Md€.
D’une manière générale, ce programme commun – qui ne va donc pas entrer en vigueur tout de suite puisque le président italien s’y oppose jusqu’à nouvel ordre – avait néanmoins le mérite de recentrer l’État sur ses missions régaliennes de sécurité (embauche de forces de l’ordre et augmentation des places de prison, assouplissement du principe de légitime défense pour permettre aux particuliers d’ouvrir le feu si quelqu’un s’introduit chez eux, même en l’absence de menace physique claire), contrôle des frontières (priorité aux expulsions et à la lutte contre le business des migrants » « ainsi que l’instauration d’un registre des imams, la fermeture immédiate des mosquées non autorisées, la soumission à référendum municipal avant toute installation d’un lieu de culte musulman), justice (lutte contre la corruption)… Certes, le texte est une liste à la Prévert qui évoque environnement, nouvelles technologies (développement de la green-economy et des voitures électriques), abandon des sanctions contre la Russie, développement du référendum d’initiative populaire, instauration d’un salaire minimum, annulation de la vente d’Alitalia et remise à plat du projet de liaison Lyon-Turin, lutte contre les jeux de hasard… Le « code éthique » du programme prévoyait que « ne peuvent pas entrer dans le gouvernement » des personnes condamnées au pénal, qui sont sous procès pour de graves crimes, ou qui appartiennent « à la franc-maçonnerie ». Il y avait de quoi satisfaire la droite et la gauche et de quoi sans doute mener à une impasse. Il y avait manifestement de l’utopie dans les propos du programme : L’action du gouvernement visera un programme de réduction de la dette publique non pas par des recettes fondées sur les impôts et l’austérité, des politiques qui n’ont pas atteint leur objectif, mais plutôt via l’augmentation du PIB à travers la relance de la demande interne. »
Mais ce populisme à géométrie variable n’exprime-t-il pas ce que ressentent les majorités silencieuses dans de nombreux pays européens ? Les deux partenaires s’étaient mis d’accord pour rester dans l’Europe et renoncer à leur demande extravagante d’exiger l’abandon de 250 Md€ de créances de la BCE sur l’Italie. Mais ils voulaient «, revoir, avec les partenaires européens, le cadre de la gouvernance économique y compris la monnaie unique, pour « revenir à la situation des origines dans laquelle les États européens étaient mus par une intention sincère de paix, de fraternité, de coopération et de solidarité ».
Certes, la monnaie unique a bon dos ; pour tous les populismes européens c’est un bouc émissaire idéal. Mais au-delà des excès et des incohérences, ce qui se passe en Italie devrait être un déclic pour l’Europe. Les dirigeants des pays européens n’ont jamais manqué jusqu’à présent de considérer que chaque crise économique ou politique devait être résolue avec plus d’Europe. En fait les Européens veulent plutôt moins d’Europe, ou du moins une autre Europe, plus vigilante sur ses frontières externes, plus ouverte à l’échange des personnes et des marchandises à l’intérieur, mais moins tatillonne, moins technocratique. Ils ne veulent pas de l’uniformité que les bureaucrates européens déguisent sous le nom d’harmonisation. Ils sont attachés à leurs racines communes, à leur culture riche de sa diversité, prêts dans les grands périls à s’unir pour se défendre, ils souhaitent que l’Europe aide chacune de ses nations à rester forte sans attenter à leur personnalité et leur identité.
Un exemple topique de ce que les peuples ne veulent plus que l’Europe fasse est ce projet de directive qui prévoit d’imposer à tous les États membres trois types de congés : congé paternité de dix jours à la naissance de l’enfant ; congé parental de quatre mois pour chaque parent pouvant être pris en une ou plusieurs fois jusqu’au douzième anniversaire de l’enfant et droit à cinq jours de congé par an pour tout salarié « pour s’occuper de proches gravement malades ou en situation de dépendance ». De quoi je me mêle !
Notre Europe est celle qui inspire et unit, qui donne envie d’aller plus loin, qui libère et permet à chacun de grandir. Pas une Europe qui nous prend en charge et décide pour nous. Si elle veut éviter la révolte et peut-être la rupture, que l’Europe, pour continuer d’œuvrer à son édification, suive le conseil d’Antoine de Saint Exupéry : « Créer le navire, ce n’est point le prévoir en détail. Car si je bâtis les plans du navire, à moi tout seul, dans sa diversité, je ne saisirai rien qui vaille la peine… Je n’ai point à connaître chaque clou du navire. Mais je dois apporter aux hommes la pente vers la mer. »
Patrimoine
par Philippe Montillet
Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins
Les 16 et 17 juin prochains aura lieu une nouvelle édition des Journées du Petit patrimoine de Pays et des Moulins1. Elles ont reçu le parrainage du célèbre journaliste Jean-Pierre Pernaut. Comment ne pas y voir un signe positif ? L’an dernier cette initiative fêtait ses 20 ans. Entrée dans l’âge adulte elle atteint aussi le temps d’une réelle reconnaissance.
Il est vrai que si ce Patrimoine de Pays demeure souvent négligé et méconnu souffrant toujours du handicap d’être très largement le parent pauvre du Patrimoine bâti, trop souvent confondu avec les seuls monuments historiques, il trouve progressivement sa place. Le travail des bénévoles, des associations, des particuliers aussi actifs que responsables porte ses fruits. Si l’on voit toujours des destructions et surtout des négligences notamment lors des rénovations, force est aussi de constater que les mentalités évoluent.
Ainsi ce n’est pas un hasard si deux journalistes se trouvent en 2018, engagés sur le front du patrimoine. Stéphane Bern s’est vu confier une mission qui porte sans doute plus –du moins à travers ce qui en filtre actuellement – sur la sauvegarde des monuments historiques confrontés à un cruel manque de moyens ; quant à Jean-Pierre Pernaut, comme il le fait au quotidien à travers son journal de TF1, il porte son regard sur le Patrimoine de Pays et soutient cette années les journées qui lui sont consacrées. Les 36 000 MH d’un côté, les 36 000 communes de l’autre. Il est vrai que c’est ainsi que se pose le débat actuellement entre le tout et le particulier, entre l’histoire locale et le roman national. Les Journées du Petit Patrimoine de Pays et des Moulins ont opté depuis toujours pour le local. Repartir de la base pour développer la conscience patrimoniale du quotidien. Voilà qui est tout à fait dans l’air de temps. Ce sont les gestes de chacun qui peuvent faire bouger les choses et modifier à la fois le regard et les façons de faire.
Ainsi ces journées ne se contentent pas de montrer et d’ouvrir des édifices à la visite, mais elles les animent c’est-à-dire qu’elles permettent d’expliquer pourquoi tel ou tel bâtiment se trouve à tel endroit, en quoi il est local. La démarche est très importante. En effet le patrimoine de Pays, essentiellement fonctionnel est, de nos jours, séparé de la fonction qui l’avait vu construire. De là naît souvent l’enchainement vicieux : la perte de fonction, du fait d’une approche trop utilitariste, entraine la destruction. Replacer ces bâtiments dans leur contexte, permet au contraire de leur redonner une fonction qui n’est pas seulement celle de deux journées, mais qui est celle d’une identité locale mieux comprise et donc préservée ainsi que celle d’une esthétique et de paysages préservés.
Cette année le thème est l’animal et l’homme. On note l’ordre des mots avec l’animal qui passe avant, c’est-à-dire la fonction. Les animaux ont eu des rôles multiples qui expliquent encore de nos jours le bâti de pays, rural notamment. Il y a bien évidemment les grands bâtiments que sont les bergeries, les écuries et les étables autant d’éléments qui paraissaient naturels il y a encore 50 ans et qui de nos jours, ayant été abandonnés, ne sont plus qu’en petit nombre. Alors que dire de ces fonctions qui accompagnaient les rapports entre l’animal et l’homme, je pense en particulier aux forges et aux ateliers de maréchaux-ferrants. Combien existent encore ? Alors quand on rentre dans le détail, les attaches pour animaux, les abreuvoirs, les travails (puisque dans ce sens c’est ainsi que s’écrit le pluriel) pour ferrer les bœufs, les laiteries et annexes diverses pour fabriquer les fromages dans les fermes, combien ont définitivement disparu. Mais le pays reste marqué aussi par toutes sortes d’animaux qui ont accompagné nos aïeux et que chacun pourra redécouvrir à l’occasion de ces journées, je pense par exemple aux coqs des clochers qui continuent fièrement à indiquer le sens du vent dominant, aux plaques de cocher qui font souvenir que le principal moyen de locomotion était la traction chevaline, aux enseignes et plus anciennement aux blasons. Derrière tout cela c’est la vie, l’identité du village qui survit et qui fait qu’un lieu est encore de nos jours agréables à vivre car il a une histoire que tous peuvent se partager. Il n’y a pas élément plus fédérateur que le patrimoine et notamment le patrimoine de pays. Il appartient à tous, puisqu’il est le décor de tous.
Puissent ces journées donner une occasion de mieux le connaître et peut-être, pour éviter que certains éléments disparaissent définitivement, aider nos Elus à penser à un Conservatoire du Patrimoine de Pays, qui permettrait d’acquérir des bâtiments quand les Inventaires montrent que seuls quelques exemples, voire un seul, subsistent. C’est faire œuvre d’avenir alors que de les préserver en leur état. Le cadre de vie de demain se façonne aujourd’hui avec les témoignages laissés par nos prédécesseurs et qui donnent du sens aux territoires.
Clefs
par Jean Étèvenaux
Situation difficile pour les Italiens
L’alliance entre la Ligue de Matteo Salvini et le Mouvement Cinq Étoiles de Luigi Di Maio s’est heurtée au président Sergio Mattarella, contraignant le chef du gouvernement désigné, Giuseppe Conte, à jeter l’éponge en refusant la personnalité proposée à l’Économie, l’universitaire et ancien ministre Paolo Savona. En évitant de gloser sur le mariage de la carpe et du lapin ou sur les combinazioni, il convient aussi de ne pas tomber dans le moralisme édictant où se trouvent le Bien et le Mal. Mais on s’interrogera sur les motivations des habitants de la troisième puissance économique de la zone euro, membre fondateur de ce qui allait devenir l’Union européenne.
En dehors des problèmes économiques et politiques, on n’a en effet certainement pas assez parlé des immigrés, vus en France surtout à travers les passages organisés dans les Alpes du sud et les embarcations secourues ou perdues en Méditerranée ; il ne faut pas non plus oublier les rencontres avec certains du pape François — lequel, tout en demandant aux Européens de les recevoir, a expliqué, le 19 janvier dernier, qu’ils devaient « connaître et respecter les lois, la culture et les traditions des pays où ils sont accueillis ». En tout cas, en 2016-2017, 350 000 migrants sont entrés en Italie — un million en vingt ans —, essentiellement à cause de la porosité des frontières maritimes. Voilà pourquoi tant d’Italiens, non seulement du nord mais aussi du sud, ont voté pour la Ligue qui promet de renvoyer au moins 500 000 clandestins.
Quelle que soit la politique finalement décidée et qu’il faudra ensuite mettre en œuvre, la nouvelle Italie apparaît, sur l’échiquier européen, devoir conforter les Autrichiens, les Hongrois, les Polonais et quelques autres qui ont manifesté leurs réticences à l’arrivée de nouveaux immigrants et à l’instauration d’une société multiculturaliste faisant fi des bases de la civilisation européenne. Cette opposition reste très mal vue des structures de l’Union européenne, jusqu’à présent prête à accepter tout le monde — alors que les pays scandinaves, qui avaient été les premiers à s’y lancer, marquent aujourd’hui leur souci de la limiter. Emmanuel Macron et Gérard Collomb vont d’ailleurs devoir gérer le refoulement italien qui toucherait forcément la France…
En ce qui concerne les autres aspects du compromis entre les deux partis « populistes », on constate que la volonté de relance économique, intéressante en elle-même avec une simplification du système fiscal et un « revenu de citoyenneté », ne s’appuie par sur de réels moyens budgétaires. L’aspect volontariste et le souci de ramener l’État à ses fonctions régaliennes restent dans le flou avec « un programme de réduction de la dette publique non pas par des recettes fondées sur les impôts et l’austérité, des politiques qui n’ont pas atteint leur objectif, mais plutôt via l’augmentation du Pib à travers la relance de la demande interne ». On comprend les difficultés à traduire cela en actes, même si beaucoup d’Italiens veulent en finir avec l’ancien système.
In memoriam
par Erwan Violin
Pierre Bellemare : le secret de l’ancienne télé
Pierre Bellemare nous a quitté le 26 mai dernier. Il avait 88 ans.
Les plus anciens se souviennent encore de ses émissions et des jeux qu’il animait sur la radio et sur l’unique chaîne de télévision en noir et blanc, qu’il s’agit de « La tête et les jambes » ou de « Pas une seconde à perdre », sans parler de la mythique « Caméra invisible ». Les plus jeunes n’oublieront pas le merveilleux conteur à la voix somptueuse.
Pierre Bellemare, c’était l’homme de l’ancienne télé. Celui qui a introduit le téléachat sur le petit écran était d’abord un pionnier. C’était aussi le dernier représentant d’une télévision soucieuse de dignité, celle de l’animateur et celle du spectateur.
Livres
par Catherine Pauchet
Thriller
Mort d’une strip-teaseuse
Jean-Christophe Grangé a abandonné (momentanément ?) les méandres de l’Afrique pour ceux, non moins complexes et tout aussi risqués, du Paris porno. Que ses fans se rassurent, le mal affleure à chaque page. Le commandant Stéphane Corso, chef du groupe 1 de la brigade criminelle, se voit confier une enquête très spéciale : des strip-teaseuses sont assassinées et le tueur a mis leur cadavre en scène. L’œuvre d’un tordu. Ses soupçons se portent sur un artiste peintre à la clientèle triée sur le volet mais une piste inattendue surgit. Suivez la femme…
« La terre des morts », Jean-Christophe Grangé, Albin Michel, 554 p., 23,90 €.
Humour
Fakir, le retour
On avait laissé le fakir Ajatashatru Lavash Patel au fait de sa gloire. Après un tour du monde en armoire Ikéa et le triomphe du livre contant ses exploits, il s’était enrichi et marié avec l’adorable Marie Rivière, bref il s’était embourgeoisé. Romain Puértolas lui donne une seconde chance d’acquérir – enfin ! – le lit à clous de ses rêves. Voici donc notre homme en Suède, en quête du nec plus ultra de la literie cloutée, le modèle Kisifrotsipik. Mêlé à une sombre affaire de diamants, il voyagera en mer Baltique amarrer à une commode. Un roman drôle, parfait pour les vacances.
« Les nouvelles aventures du fakir au pays d’Ikéa », Romain Puértolas, Le Dilettante, 288 p., 20 €.
Ethologie
Emotions animales
Biologiste, spécialisé dans la vie animale, Carl Safina a délaissé les laboratoires pour le terrain. Les années passées parmi les scientifiques et les protecteurs de la nature lui ont permis de rédiger cet ouvrage qui foisonne d’observations. Que ce soit au Kenya dans le parc d’Amboseli à suivre la marche des éléphants, aux Etats-Unis dans le parc de Yellowstone en compagnie d’une meute de loups ou dans le détroit de Haro avec les orques, il l’a constaté : les animaux font preuve d’intelligence, d’adaptation, d’amour et d’amitié. Une belle leçon de vie.
« Qu’est-ce qui fait sourire les animaux ? », Carl Safina, La Librairie Vuibert, 560 p., 24,50 €.
Revue
Troubles personnages
Le héros de série s’est transformé. Dans les années 1960, c’était un solitaire, souvent un représentant de l’ordre, bien campé sur ses valeurs, qui confortait la société dans ses certitudes. Depuis les années 1980, il est devenu « multiple » (séminariste, agent de renseignement…), un être ordinaire, partagé entre le bien et le mal, qui ébranle le téléspectateur. La revue Télévision analyse ce glissement de point de vue. Parmi les sujets abordés : la condition du héros sériel, les héros collectifs, l’anti-héros, l’actualisation médiatique du personnage…
« Troubles personnages », Télévision, n°9, 2018, Cnrs éditions, 25 €. En librairie.
Cinéma
par Marie-Christine Renaud d’André
Une année polaire
Au moment de choisir son premier poste d’instituteur, le Danois Anders Hvidegaard, fils de fermiers, à la surprise de son interlocutrice, choisit une petite communauté inuit de 80 habitants, dans le Groenland, où la vie est très rude. Au début, il est surpris de constater que presque personne ne parle le danois, ce qui rend difficile l’exercice de son métier. Surtout, la plupart des enfants sont élevés par leurs grands-parents, les parents étant, le plus souvent, alcooliques.
Ce qui frappe dans ce film magnifique, ce sont ces images somptueuses d’une nature sauvage et glacée, qui fascine par sa beauté et, malheureusement, par sa fragilité, en raison du réchauffement climatique.
Mais le vrai sujet, c’est la confrontation entre la « civilisation », incarnée par un homme venu de la ville, et une communauté qui veut conserver ses coutumes et les transmettre aux nouvelles générations. Le plus étonnant, c’est que Samuel Collardey a mêlé, sans qu’on s’en rende compte, et c’est le grand mérite de ce film, la fiction et le documentaire, car tous les comédiens du film (amateurs, bien sûr) y jouent leur propre rôle, en particulier l’excellent Anders Hvidegaard, qui est toujours instituteur dans ce village d’Inuits. La confrontation entre tradition et modernité fait tout l’intérêt d’un film qui montre que chacun a encore beaucoup de chemin à faire. Mais il est dommage que l’ensemble soit un peu trop long.
Comédie dramatique française (2017) de Samuel Collar-dey, avec Anders Hvidegaard, Asser Boassen, Thomasine Jonathansen, Gert Jonathansen, Julius B. Nielsen, Tobias Ignatiussen, et les habitants de Tiniteqilaaq, au Groenland (1h34). (Adolescents) Sortie le 30 mai 2018.
Je vais mieux
Alors qu’il accueille à dîner chez lui ses amis Édouard et Sophie, Laurent est terrassé par un affreux mal de dos.
À partir d’un sujet original, librement adapté du roman de David Foenkinos, Jean-Pierre Améris (Les émotifs anonymes, Marie Heurtin) traite d’un sujet dans l’air du temps : la souffrance physique qui est le signe que quelque chose ne va pas dans la vie. Malheureusement, s’il y a quelques scènes amusantes, elles sont rares, tant les outrances sont nombreuses, et tant certaines situations ne sont guère crédibles. C’est d’autant plus dommage que l’interprétation est sensationnelle.
Comédie française (2017) de Jean-Pierre Améris, librement adapté de David Foenkinos, avec Éric Elmosnino (Laurent), Ary Abittan (Édouard), Judith El Zein (Élise), Alice Pol (Pauline), François Berléand (Audibert), Henri Guybet (le père de Laurent) (1h26). (Grands adolescents) Sortie le 30 mai 2018.
Manifesto
Treize personnages différents (un clochard, une enseignante, une mère de famille, etc.) hurlent des manifestes communistes, dadaïstes, surréalistes, etc.
L’intérêt majeur de ce film artistiquement réussi, ce sont les prestations impressionnantes de Cate Blanchett, qui se fond dans la personnalité et les engagements de ces différents personnages. Parfois, on a même du mal à la reconnaître, tant elle maîtrise l’art du maquillage et, bien sûr, de l’art dramatique. Mais, ce film déroutant, qui aligne les manifestes sans liens entre eux ni commentaires, se révèle assez excessif et bavard, et il finit par devenir lassant. Surtout que certains manifestes sont déprimants.
Essai allemand (2016) de Julian Rosefeldt, avec Cate Blanchett (1h38). (Grands adolescents) Sortie le 23 mai 2018.
Opération Beyrouth
En 1972, à Beyrouth, Mason Skiles, un diplomate américain, voit son épouse mourir sous ses yeux, lors d’une attaque terroriste.
Avec un scénario signé de Tony Gilroy (la série Jason Bourne, Michael Clayton, etc.), ce film palpitant bénéficie de dialogues très brillants, qui montrent bien toute l’intelligence nécessaire pour exercer le métier de diplomate. Jon Hamm excelle dans l’art de manipuler ses interlocuteurs, et il est secondé par l’excellente Rosamund Pike. C’est dire si ce film privilégie l’histoire et son fascinant héros à l’action. En prime, le film plonge au cœur de la situation très complexe du Liban à cette époque.
Espionnage américain (2017) de Brad Anderson, avec Jon Hamm (Mason Skiles), Rosamund Pike (Sandy Crowder), Shea Whigham (Gary Ruzak), Dean Norris (Donald Gaines), Mark Pellegrino, Douglas Hodge (1h24). (Grands adolescents) Sortie le 30 mai 2018.
Le chiffre de la semaine
39,8%
C’est la part des immatriculations de voitures légères diesel en avril 2018, selon les chiffres du ministère de la Transition écologique et solidaire. Ce pourcentage équivaut à une stabilité que l’on retrouve également dans le pourcentage d’immatriculations de voitures à essence qui reste à 54,5%. De son côté, la part des motorisations alternatives baisse de 0,1% pour s’établir à 5,5 % (10 215 immatriculations). En effet, si la part des hybrides enregistre une timide hausse de 0,6 point pour s’établir à 4,5%, celle des véhicules électriques baisse de 0,7 point à 1%.
Pour le même mois d’avril, on enregistre également une hausse des émissions de C02 des voitures à 11,7 grammes par kilomètre.
D’un jour à l’autre
France
Courage
Mamoudou Gassama, le jeune Malien qui avait sauvé un enfant suspendu dans le vide en escaladant la façade de l’immeuble, a été reçu par Emmanuel Macron, le 28 mai. Le président de la République lui a promis sa naturalisation française et son intégration dans les Sapeurs-pompiers.
SNCF
Le Sénat a entamé, le 29 mai, l’examen du projet de loi portant sur la réforme de la SNCF. La discussion commence alors que le mouvement des cheminots connaît un affaiblissement sensible.
Gauche
La « Marée populaire » promise par Jean-Luc Mélenchon n’aura pas eu lieu. En dépit de la mobilisation d’une soixantaine de syndicats et partis politiques de gauche, les manifestants n’étaient que 31 000 à Paris pour déflier contre la politique d’Emmanuel Macron.
Politique
Nicolas Dupont-Aignan a appelé, le 24 mai, à une coalition des droites entre lui-même, Laurent Wauquiez et Marine Le Pen, sans sortir de l’Europe mais en proposant un projet européen « alternatif, crédible et raisonnable ».
Santé
La ministre de la Santé Agnès Buzyn a estimé, le 24 mai, que le cannabis thérapeutique pourrait être autorisé en France pour traiter certaines douleurs. Un spray buccal efficace dérivé du cannabis, le Sativex, pauvre en THC – molécule qui entraîne les effets « récréatifs » chez les fumeurs de cannabis – existe depuis 2014, mais le ministère et le laboratoire ne se sont pas mis d’accord sur le remboursement du produit.
Bac
60 % des lycéens ont déjà reçu une proposition du logiciel Parcoursup pour leur orientation post-bac. Les autres sont en attente.
Décès
Pierre Bellemare, figure de l’audiovisuel français, est mort à 88 ans, le 26 mai.
Serge Dassault, parlementaire avionneur français, est mort le 28 mai à 93 ans.
Monde
Italie
Le président Sergio Matarella lui ayant refusé que Paolo Savona, 81 ans et eurosceptique déclaré, devienne ministre de l’Économie, Giuseppe Conte a annoncé, le 27 mai, qu’il renonçait à être le futur président du Conseil, comme le lui avaient demandé le Mouvement 5 étoiles et la Ligue vainqueurs des dernières législatives. On s’achemine donc vers de nouvelles élections après lesquelles le président italien pourrait avoir à « se soumettre ou se démettre ». En attendant, le président italien a demandé à l’économiste Carlo Cottarelli, 64 ans, ancien haut responsable du Fonds monétaire international (FMI), de tenter de former un gouvernement.
Numérique
Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) est entré en vigueur le 25 mai. Voté en 2016 par les eurodéputés, il exige des entreprises qu’elles s’assurent du « consentement éclairé » des Européens avant de recueillir leurs données. Ce règlement prévoit aussi un droit à l’effacement des données personnelles.
Nucléaire
Après une se–maine d’échanges acerbes entre Donald Trump et Kim Jong-un, le président américain a annoncé par une lettre datée du 24 mai qu’il ne jugeait pas « approprié » d’organiser le sommet avec son homologue nord-coréen, prévu à Singapour le 12 juin. Mais dès le 26 mai, Donald Trump affirmait que le projet d’organiser le sommet n’avait « pas changé », après que les présidents nord- et sud-coréens se soient à nouveau rencontrés, le même jour, dans la zone démilitarisée.
Israël
Le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a fait savoir, le 24 mai, qu’il allait demander l’autorisation du Comité de la planification pour construire 2 500 logements israéliens en Cisjordanie occupée et 1 400 ultérieurement.
Commerce
Alors que le délai exonérant l’Europe de taxes sur l’acier et l’aluminium exportés vers les États-Unis expire le 1er juin, Donald Trump a annoncé, le 23 mai, qu’il pourrait imposer de nouveaux droits de douane, jusqu’à 25 %, sur les voitures, les camions et les pièces détachées. La part de véhicules importés par les États-Unis est passée, en vingt ans, de 32 % à 48 %.
Colombie
Ivan Duque, 41 ans, candidat de la droite et opposé aux accords de paix avec les Farc, aurait recueilli environ 40 % des voix lors du premier tour de l’élection présidentielle le 27 mai. Il affrontera au second tour le 17 juin Gustavo Petro, 58 ans, ancien maire de Bogota, représentant de la gauche antisystème et qui a recueilli plus de 25 %. Le taux de participation a été de 63 % des 36 millions d’électeurs inscrits, ce qui est un excellent taux pour ce pays.
Venezuela
L’Union européenne a annoncé, le 27 mai, de nouvelles sanctions économiques contre le régime du président Maduro qui s’est fait réélire le 20 mai lors d’un scrutin, boycotté par l’opposition.
Irlande
66,4 % d’électeurs, contre 33,6 %, se sont prononcés, le 25 mai, en faveur de l’abrogation de l’interdiction constitutionnelle de l’avortement, avec un taux de participation à 64,1 %. Le 8e amendement de la Constitution sera donc abrogé à l’automne. En vigueur depuis 1983, il interdisait l’avortement en Irlande au nom du droit à la vie de « l’enfant à naître (…) égal à celui de la mère ». Theresa May a déclaré, le 27 mai, qu’elle ne prendrait pas l’initiative d’un assouplissement de la législation sur l’avortement en Irlande du Nord.
Yémen et Oman
Le cyclone Mekenu, soufflant à 170 km heure et accompagné de pluies diluviennes, a balayé le sud du Yémen et notamment l’île de Socotra, et aussi le sud-ouest du sultanat d’Oman. Il a fait au moins une vingtaine de morts.
Quatre personnes, dont une femme, ont été tuées et onze blessées dans un raid aérien saoudien le 26 mai sur une station-service de Sanaa. Il semblerait qu’il s’agisse d’une réplique à l’attaque de l’aéroport saoudien d’Abha, à la frontière avec le Yémen, par un drone yéménite qui n’aurait fait aucun dégât. Selon le chef des opérations humanitaires de l’ONU, Mark Lowcock, plus de 8 millions de personnes sont en situation de quasi-famine au Yémen (28 millions d’habitants).
Inde
Une épidémie due au virus Nipah (transporté par des chauves-souris et identifié pour la première fois en 1998 en Malaisie où il a fait plus de 260 morts) a tué une quinzaine de personnes au Kerala depuis une dizaine de jours.
RDC et Centrafrique
Des foyers d’infection par le virus Ebola ont été détectés à la frontière entre la République démocratique du Congo et la Centrafrique. « La situation est très préoccupante : 25 décès, 54 cas enregistrés, dont 35 positifs et ce chiffre vertigineux de 1 139 personnes ayant été en contact avec un malade ou un cadavre », a déclaré Mgr Fridolin Ambongo, archevêque co-adjucateur de Kinshasa, après une visite de trois jours dans la région de Mbandaka et Bikoro, épicentre de l’épidémie.
Sport
Football
Bon cru pour les buts marqués en Ligue 1, pendant la dernière saison. Avec 1 033 buts, le championnat français bat un record de 35 ans – 2,72 buts par match –, devant la Premier League anglaise et la Liga espagnole, mais un peu au-dessous de la Bundesliga allemande. Paris a marqué 108 buts – dont 22 pour Edinson Cavani, meilleur buteur avec le Marseillais Florian Thauvin – et l’affluence du public dans les stades a augmenté de 7 % par rapport à la saison précédente.

