L’événement – 1
par Serge Plenier
Dérives
A l’opéra de Florence, Don José ne tue plus Carmen. Le metteur en scène, suivant les injonctions du directeur du théâtre, a décidé de modifier la fin d’un des opéras les plus célèbres du répertoire mondial. Le prétexte ? « à notre époque marquée par le fléau des violences faites aux femmes, il est inconcevable qu’on applaudisse le meurtre de l’une d’elles ». Ce sera donc Carmen qui tuera Don José, en dépit des indications formelles du livret, et de la musique, en dépit surtout de la force dramatique de l’œuvre.
La nouvelle a, bien entendu provoqué un tsunami de réactions courroucées et sarcastiques. Certains se sont demandé si on n’allait pas modifier aussi la fin d’ »Othello » pour empêcher l’étranglement de la pauvre Desdémone ou bouleverser de fond en comble la trame de certains opéras, ou de certaines pièces maltraitant d’une façon ou d’une autre la gent féminine comme « Cosi fan tutte » ou Tosca.
Bien entendu, la polémique durera ce que dureront les représentations. Après tout, la partition de Bizet est toujours là et d’autres metteurs en scène moins veules sauront mieux la mettre en valeur. Pour autant, il ne s’agit pas de prendre l’affaire à la légère.
La mise en scène, ridicule ou scandaleuse au choix, de Carmen à Florence est d’abord l’illustration des dérives d’un certain féminisme, exacerbé après les révélations de l’affaire Harvey Weinstein. Bien sûr, il était urgent d’en finir avec l’indulgence dont a trop souvent bénéficié le harcèlement sexuel, mais si le scandale a libéré la parole, pour reprendre l’expression consacrée, il a aussi libéré des tentations nettement moins reluisantes, comme ce néo puritanisme qui menace les relations entre hommes et femmes d’une véritable chape de plomb ou ce prurit de la dénonciation matérialisé par le fameux « balance ton porc ». Il y a de meilleures façons de défendre une cause.
Au-delà du féminisme, il y a cette volonté de reconstruire le passé, et les œuvres qui en témoignent, au profit de la doxa contemporaine. Cette tentation est nouvelle : au Moyen Age et à la Renaissance, nul n’aurait songé à expurger un ouvrage antique tel que le « Banquet » de Platon de ses passages sur l’amour entre hommes. Prétendre modifier le passé au nom du présent présente a toujours quelque chose de totalitaire.
Dans la production de Florence, on l’a vu, Carmen tue Don José. C’est donc cela la modernité : remplacer un meurtre par un autre ?
L’événement – 2
par Jean-Gabriel Delacour
Les quatre défis d’Emmanuel Macron
Sans vouloir négliger les autres interrogations que pose la situation politique ainsi que des événements conjoncturels appelant une réponse comme l’évacuation de la zad de Notre-Dame-des-Landes, on peut avancer que, en ce début d’année, Emmanuel Macron se trouve confronté à quatre problèmes majeurs. Il s’agit de la Corse, des violences contre les policiers, des rapports avec les religions et de la pratique de la liberté de l’information. Ces questions ont été plus ou moins abordées par le président lors des diverses cérémonies de vœux, mais elles vont, de toute manière, revenir sur le devant de la scène.
La question corse apparaît en surface comme plutôt déminée à cause de la bonne volonté manifestée tant par Paris que par les nationalistes. Cela dit, si des dévolutions de pouvoir peuvent être envisagées, par exemple à la manière espagnole où les diverses « communautés » ne jouissent pas des mêmes droits, il restera à régler le statut de la langue corse par rapport au français — même si Radio France s’est déjà permis de diffuser le discours de Jean-Guy Talamoni sans le traduire en français. Tout aussi important sera le statut des non-Corses dans l’île. L’île, qui semble avoir oublié qu’elle a donné un empereur à la France, sera-t-elle un cas à part dans ce qu’on appelle encore la métropole ou deviendra-t-elle le lieu d’expérimentation d’une forme de décomposition ou de recomposition ? Le président de la République, qui ne se montre pas très à l’aise avec les territoires malgré ses déclarations en faveur de « pactes girondins », est-il prêt à des évolutions statutaires ?
Les violences de plus en plus fortes de la part de « jeunes » d’abord contre les policiers, notamment à Champigny-sur-Marne et à Argenteuil, mais aussi contre les pompiers et tout ce qui peut représenter l’État vont devoir être traitées autrement que par des mots. Cela exprime aussi le problème plus général de l’intégration de toutes les populations, avec le revirement tout dernièrement annoncé sur le service militaire d’un mois, transformé en un « parcours citoyen » d’une semaine par an au collège, au lycée et dans une association caritative…
Au sujet des religions, dont il a reconnu l’autonomie par rapport au politique, le chef de l’État a déploré que « certains tentent d’instaurer avec les pouvoirs publics une forme de rapport de force autour de la mise en œuvre de telle ou telle croyance ». En revanche, fidèle à sa méthode qui consiste à consulter puis à faire ce qu’il a lui-même décidé, il a souhaité, pensant manifestement à la procréation médicale assistée, que la « société puisse s’adapter aux évolutions qui sont en cours ».
Enfin, focalisé sur certaines « fake news » en oubliant commentaires orientés et omissions volontaires, il a annoncé un projet de loi pour contrôler l’information sur l’internet. Alors que la loi de 1881 prévoit déjà de sanctionner les « nouvelles fausses », on voit poindre les vérités d’État et les interdictions de diffusion qui renforceraient la crainte des citoyens d’être manipulés encore plus par les dirigeants politiques et les médias dominants, au service de l’État ou d’intérêts économiques.
Politiques
par Alice Tulle
Quelle déontologie ?
En présentant ses vœux à la presse, Emmanuel Macron a annoncé un projet de loi visant à protéger la démocratie de la diffusion de fausses nouvelles. L’intention suscite protestations et inquiétudes.
Le 3 janvier, les journalistes réunis à l’Élysée pour recevoir les vœux d’Emmanuel Macron ont eu droit, loin des déclarations lénifiantes, à une véritable déclaration d’intentions qui les concerne au premier chef. Le Président s’est en effet inquiété des effets d’une propagande « financée par certaines démocraties illibérales que nous condamnons au quotidien ». Ces médias, précise Emmanuel Macron, vont jusqu’à recruter des journalistes français et diffusent des fausses nouvelles qui menacent la vie démocratique dans son ensemble car leur capacité de diffusion est considérablement amplifiée par Internet.
Tout le monde a reconnu les deux médias financés par la Russie – Spoutnik et Russia Today – qui diffusent leurs programmes par Internet et qui sont accusés de manœuvres déstabilisatrices aux États-Unis et en Grande-Bretagne – mais aussi en France depuis qu’Emmanuel Macron les a directement dénoncés devant Vladimir Poutine à Versailles le 29 mai dernier. D’une manière plus générale, le président de la République s’est inquiété de la diffusion de fausses nouvelles (fake news) sur les réseaux sociaux et a annoncé un projet de loi : « En période électorale, sur les plateformes Internet, les contenus n’auront plus tout à fait les mêmes règles […]. En cas de propagation de fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge à travers une nouvelle action en référé permettant le cas échéant de supprimer le contenu mis en cause, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur concerné, voire de bloquer l’accès au site Internet. »
Plusieurs journalistes – par exemple Natacha Polony dans Le Figaro – se sont inquiétés de la bienveillance du Président et de sa volonté d’encadrement de la profession. De fait, « encadrer », c’est poser des limites et Emmanuel Macron fait comme si elles n’existaient pas. Or la loi du 29 juillet 1881, étendue en 2004 à « tout moyen de communication au public par voie électronique », punit pénalement toute diffamation, injure ou marque de mépris. Quant aux fausses nouvelles, la même loi de 1881 modifiée en 2002 prévoit que « la publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers faite de mauvaise foi », qui « aura troublé la paix publique, ou aura été susceptible de la troubler, sera punie d’une amende de 45 000 euros. »
Les médias étrangers et les sites conspirationnistes, qui abondent en effet sur Internet, avec des effets indéniables sur les esprits, peuvent donc être poursuivis et éventuellement condamnés si la justice les déclare coupables au terme d’un débat contradictoire – le juge des référés pouvant prendre dans l’urgence des mesures suspensives. Avant de durcir la législation, il faudrait com-mencer par appliquer celle qui existe. Mais il semble que le président de la République veuille aller beaucoup plus loin puisqu’il a évoqué l’élargissement des pouvoirs du Conseil supérieur de l’audiovisuel et repris la proposition de l’association « Reporters sans frontières » qui propose « une forme de certification des organes de presse respectant la déontologie du métier ».
Point de doute : la publication du projet de loi sur la presse va provoquer un intense débat.
Monde
par Yves La Marck
La révolte des œufs
Les manifestations populaires iraniennes contre le régime ont surpris. Brève flambée de violence ou mécontentement profond, elles déjouent les pronostics issus de l’accord nucléaire.
Commencées le 28 décembre à Mach-had, seconde ville du pays, tout à l’est, généralisées à plus de 70 villes secondaires, sauf dans la capitale, Téhéran, les manifestations ont subitement cessé le 3 janvier. La répression a fait 21 morts selon les bilans officiels.
La révolte fut trop improvisée pour avoir été ourdie par un mouvement d’opposition organisé. Les gens sont d’abord descendus dans la rue pour protester contre la vie chère. Les produits de première nécessité sont la cause immédiate, imparable, de toutes les révolutions. Sauf que certaines se satisfont d’une émeute tandis que d’autres vont jusqu’au changement de régime.
Le président Rouhani a entrepris de réformer depuis sa réélection, en mai dernier, afin d’engranger le bénéfice de la levée des sanctions liées au programme nucléaire en vertu de l’accord signé en juillet 2015. Celle-ci en effet n’a pas encore porté ses fruits, notamment à cause de la défaillance du système bancaire. Quand un pays traverse une longue période de sanctions internationales, l’économie dirigée prend le dessus. Du coup les investissements étrangers ne peuvent se concrétiser. Une partie du système d’échanges passait en outre par Dubai pris entre deux feux (Arabie saoudite). Trump n’aide pas. Il ne partage pas l’avis de son prédécesseur et des Européens qui ont cru que l’accord favoriserait les réformateurs.
Cette économie de résilience est contrôlée par les Gardiens de la Révolution, c’est-à-dire par le Guide, l’ayatollah Khamenei. Fort de son succès électoral, Rouhani passait pour son successeur naturel. Cela a concentré sur lui l’opposition des tenants du système. La révolution khomeiniste, il ne faut pas l’oublier, s’est faite à partir du mouvement des déshérités et des régions les plus rurales et conservatrices avec lesquelles le régime du Chah avait perdu le contact. Rouhani, soutenu par les classes moyennes, éduquées, urbaines, réformatrices, majoritaires à Téhéran, s’est lancé dans des mesures de restructuration qui touchent de plein fouet le populisme et le clientélisme où avait excellé son prédécesseur, le conservateur Ahmadinejad. Ce dernier avait pu faire illusion grâce aux revenus du pétrole à la manière de Chavez au Venezuela. Aujourd’hui on assiste à un retour en force des fondations religieuses alors qu’Ahmadinejad s’affirmait comme pouvoir civil sinon laïc. La confusion commence lorsque les deux têtes politiques, le Guide et le président, sont toutes deux religieuses : trop de turbans ?
Un élément trouble cependant l’analyse : la contestation a visé aussi l’« aventurisme extérieur », essentiellement le coût des opérations en Syrie. S’il y a consensus pour la présence en Irak depuis la guerre atroce Iran-Irak des années 1980, l’opinion publique désapprouve un projet d’hégémonie régionale qui ne la concerne pas. Les Perses n’ont jamais aimé les Levantins. Même chiites, les Libanais restent des Libanais. Le budget présenté par le gouvernement a prévu une augmentation de 20 % du budget de la défense. Ce n’est pas anormal vu la tension provoquée par l’Arabie saoudite à son égard. Mais l’armée n’est pas à la disposition du président mais du Guide et c’est lui qui, tout en concédant l’accord de limitation nucléaire, a refusé de céder sur le projet de devenir la puissance régionale dominante, autre héritage révolutionnaire du khomeinisme.
La contradiction se noue donc au cœur du régime. Au-delà du sempiternel débat conservateurs-réformateurs auquel on nous a habitués avec son cortège de droits, de démocratie, de libéralisme, ce sont les institutions, dont le Guide est le garant, qui sont contestées. La succession du Guide pourrait alors être tranchée non par les religieux mais par l’armée.
Libres propos
par Fabrice de Chanceuil
La figure du roi
Le Prince François d’Orléans, Comte de Clermont, est décédé le 31 décembre dernier à l’âge de 56 ans et a été inhumé le 6 janvier dans la Chapelle royale de Dreux, nécropole de la Famille d’Orléans. A la suite d’une toxoplasmose qui l’avait rendu handicapé à vie, le Prince s’était retrouvé, malgré lui, au cour de l’année 2016, au cœur d’un conflit familial et dynastique qui, au-delà des personnes en cause, posait une question de fond qui reste d’actualité.
En effet, le 18 mai de cette année-là, dans un document rendu public, le Prince Henri d’Orléans, Comte de Paris, Chef de la Maison de France, avait rétabli son fils aîné dans ses droits dynastiques de Dauphin de France et avait nommé son fils cadet, Jean d’Orléans, Duc de Vendôme, régent de son frère, contrevenant ainsi à une décision prise le 25 septembre 1981 par son père, le Prince Henri d’Orléans, Comte de Paris (1911-1999) qui, tirant les conséquences du handicap de son petit-fils, avait transféré ses droits à son frère venant après lui dans l’ordre de primogéniture.
Ce revirement avait entraîné, le 1er août 2016, une réaction hostile du Prince Jean d’Orléans qui avait publié un communiqué indiquant qu’il refusait de voir remise en cause la décision de son grand-père sur la non successibilité de son frère aîné, réaction qui avait entraîné le 20 août suivant celle de son père dont le secrétariat confirmait les dispositions prises par celui-ci par testament en précisant que nul n’ayant le pouvoir de modifier l’ordre dynastique, le Prince François sera « le Roi virtuel et son frère puîné Jean, le Régent réel ».
Au-delà de la querelle dynastique, la question soulevée était celle de la conception de la « figure du Roi » telle que l’avait posée un an plus tôt Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Le 1 : « La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même (…) il y a un processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du Roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le Roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace. On le voit bien avec l’interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du Général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. Pourtant, ce qu’on attend du Président de la République, c’est qu’il occupe cette fonction. Tout s’est construit sur ce malentendu ».
Monarchie ou république, quelle image doit renvoyer la « figure du Roi » ? Depuis qu’il a été élu Président de la République, Emmanuel Macron en a donné sa propre définition qui conduit les observateurs à le qualifier de Président « jupitérien », détenteur de la toute puissance. Par sa décision, le Prince Henri voulait donner une autre vision en voulant conférer à une figure faible et fragile le droit de représenter la Nation même si le Duc de Vendôme n’avait pas tort en voulant protéger son frère d’un débat qui le dépassait en affirmant qu’il ferait pour qu’on le laisse en paix et qu’on ne l’utilise pas.
En fait, la question n’est effectivement pas celle de l’exercice du pouvoir mais de l’incarnation de celui-ci, qui est au cœur de la notion de la « figure du Roi ». Quel symbole celle-ci doit elle porter et quelle image doit-elle renvoyer à ceux qui la regardent ? Tout pouvoir veut signifier la force mais le contraire de celle-ci est la faiblesse et non la fragilité. Cette dernière est le propre de notre nature humaine et le reconnaître au plus haut sommet de l’État ne serait pas un aveu de faiblesse mais au contraire l’affirmation d’une force, celle de la dignité humaine qui dépasse les situations particulières et confèrent à tous des droits inaliénables.
En ce temps de Noël qui s’achève, n’est-ce pas ce qu’a voulu signifier le Roi du Monde en naissant sur la paille d’une pauvre mangeoire ?
Clefs
par Jean Étèvenaux
Leurs vies, d’Hérode à Mobutu
Genre très couru, tant par les lecteurs que par les auteurs, la biographie permet de plonger tout à la fois dans la psychologie d’êtres humains précis et dans l’univers d’époques plus ou moins lointaines. De l’Antiquité jusqu’à nos jours, en voici quelques illustrations récentes.
Mireille Hadas-Lebel fait (re)découvrir un personnage emblématique de la prégnance romaine dans ce qu’on n’appelait pas encore le Proche-Orient, Hérode (Paris, Fayard, 2017, 368 pages). De même, Virginie Girod démonte ce qu’a fait et représenté la terrible Agrippine. Sexe, crime et pouvoir dans la Rome impériale (Paris, Tallandier, 2015, 304 pages).
En franchissant les siècles, voici, grâce à Françoise Surcouf, le roi-chevalier figure de la Renaissance, François Ier (Rennes, Ouest-France, 2015, 106 pages). Moins connu, apparaît, sous la plume de Vincent Schmid, comme un véritable apôtre de la tolérance Sébastien Castellion (Vandœuvres, 2015, 40 pages), dont on réédite par ailleurs le Conseil à la France désolée (texte de 1562 et transposition en français contemporain, présentation, notes et transposition par Michel Kneubühler, Vénissieux, La Passe du Vent, 2015, 148 pages). Mais c’est aussi l’époque des grandes maîtresses royales : Didier Le Fur évoque Diane de Poitiers (Paris, Perrin, 2017, 384 pages) et Isaure de Saint Pierre Gabrielle d’Estrées ou les belles amours (Paris, Albin Michel, 2017, 400 pages).
Pour la période de Louis XIV, Marie-Joëlle Guillaume s’attache à Vincent de Paul. Un saint au Grand Siècle (Paris, Perrin, 2015, 496 pages). Erik Orsenna se délecte avec La Fontaine 1621-1695 une école buissonnière (Paris, Stock / France Inter, 2017, 216 pages). Joël Schmidt nous fait comprendre Bossuet (Paris, Salvator, 2017, 304 pages). Michel Loude se coule dans la peau de son personnage : Je suis… François de Fénelon (Lyon, Jacques André éditeur, 2017, 88 pages).
Abordons des temps plus troublés. Avec Alain Sanders et Jean Raspail revit la figure d’Armand de La Rouërie. L’“autre héros des deux nations“ (Paris, Atelier Fol’fer, 2013, 234 pages). Grâce à Hélène Becquet, on partage le sort de Louis XVII (Paris, Perrin, 2017, 304 pages). Les grandes figures de la Révolution défilent alors : par Michel Benoit, Saint-Just, la liberté ou la mort, suivi de Le Nivernais-Morvan sous la Révolution (Clermont-Ferrand, De Borée, 2017, 384 pages) ; par Jean-Joël Brégeon, Carrier et la Terreur nantaise (Paris, Perrin, 2016 [1re édition : 1987], 368 pages) ; par Ménie Grégoire, Madame Roland (Paris, Éditions de Fallois, 2014, 272 pages) ; par Hélène Maurice-Kerymer, Le roman de Charlotte, née Marie-Anne-Charlotte de Corday d’Armont (Paris, Éditions du Rocher, 2013, 264 pages).
Très marqué par les soubresauts révolutionnaires, le XIXe siècle fournit à Giorgio Barberis l’occasion d’expliquer Louis de Bonald. Ordre et pouvoir entre subversion et providence (Paris / Perpignan, Desclée de Brouwer, 2016 [édition originale en italien : 2007], 372 pages). Dominique Paoli montre le rôle de Madame Adélaïde. Sœur et égérie de Louis-Philippe (Paris, Perrin, 2016, 352 pages), tandis qu’Éric Sartori s’attache à Rumford. Le scandaleux bienfaiteur d’Harvard (Paris, La Bisquine, 2016, 336 pages). Du côté des lettres et des arts, Claude Loude prend d’autres traits : Je suis… George Sand (Lyon, Jacques André éditeur, 2017, 88 pages) en même temps que Damien Zanone réunit et présente des textes sur George Sand et l’idéal. Une recherche en écriture (Paris, Honoré Champion, 2017, 470 pages). Odile Nguyen-Schœndorff et Pierre Widman s’imaginent : Je suis… Pierre Puvis de Chavannes (Lyon, Jacques André éditeur, 2016, 96 pages).
Retour à la politique avec l’ouvrage dirigé par Emmanuel de Waresquiel sur Les lys et la République. Henri, comte de Chambord (1820-1883) (Paris, Tallandier, 2015, 272 pages). Mona Ozouf dépeint Jules Ferry. La liberté et la tradition (Paris, Gallimard, 2014, 128 pages). On arrive vite, mis en scène par Michel Winock, à Clemenceau (Paris, Perrin, 2017 [édition revue et actualisée – 1re édition : 2007], 576 pages). À l’étranger, Jean des Cars se penche sur François-Joseph et Sissi. Le devoir et la rébellion (Paris, Perrin, 2017, 544 pages). Tout proche, mais déjà dans un autre monde, surgit, approché par Pierre Joannon, Michael Collins. Une biographie (Paris, La Table ronde, 2017 [1re édition : 1999], 384 pages).
Il suffit d’avancer encore un peu en suivant Claude-Catherine Kiejman pour faire la connaissance d’Eleanor Roosevelt. First Lady et rebelle (Paris, Tallandier, 2014 [1re édition : 2012], 256 pages). Pierre-Antoine Goy, lui, ressuscite Mannerheim. Maréchal de Finlande et allié de la Suisse (Bière / Divonne-les-Bains, Cabédita, 2013, 216 pages). On rencontre aussi des personnages inclassables, tel celui étudié par Olivier Philipponnat et Patrick Lienhardt, Emmanuel Berl. Cavalier seul (préface de Jean d’Ormesson, Paris, Vuibert, 2017, 498 pages).
Partons rencontrer ceux qui se sont engagés complètement. Ainsi, justement réunis par Annette Wieviorka, le duo organisateur du communisme français d’après-guerre, Maurice et Jeannette. Biographie du couple Thorez (Paris, Perrin, 2016 [1re édition : Fayard, 2010], 880 pages). Ainsi, de l’autre côté, étudié par Pierre Brana et Joëlle Dusseau, Philippe Henriot. La voix de la Collaboration (Paris, Perrin, 2017, 416 pages). Ainsi, dans encore une autre direction, regardé par Christine Levisse-Touzé et Julien Toureille, Leclerc. Patriote et rebelle (Rennes, Ouest-France, 2017, 200 pages). Ainsi, avec une trajectoire qui se différencie, grâce à Marc Francioli, Jacques Soustelle. L’ami qui a défié de Gaulle (Monaco, Le Rocher, 2015, 316 pages).
La grande famille gaulliste a donné diverses trajectoires. Éric Vial s’attache donc à Charles de Gaulle “portrait-mosaïque“ (Paris, Honoré Champion, 2017, 144 pages), tandis qu’Alain Pompidou et César Armand vont voir Pour l’amour de l’art. Une autre histoire des Pompidou (Paris, Plon, 2017, 272 pages) et qu’Arnaud Teyssier se penche sur Philippe Séguin. Le remords de la droite (Paris, Perrin, 2017, 416 pages). Reste le totalement inclassable, disséqué par Jean-Claude Lamy, Jean-Edern Hallier. L’idiot insaisissable (Paris, Albin Michel, 2017, 608 pages).
Hors de la vieille Europe, les sujets d’étude ne manquent pas non plus. On se plongera toujours avec profit dans le regretté Simon Leys [pseudonyme de Pierre Ryckmans], qui n’a pas été ébloui par Les habits neufs du président Mao (Paris, Ivrea, 2015 [1re édition : Champ Libre, 1971], 324 pages). Grâce à Alain Roux, on connaît mieux Chang Kaï-shek. Le grand rival de Mao (Paris, Payot, 2016, 656 pages). Les deux présidents mythiques des Usa revivent aussi : Vincent Michelot donne ainsi Kennedy (Paris, Gallimard, 2013, 300 pages) et Georges Ayache Kennedy. Vérités et légendes (Paris, Perrin, 2017, 238 pages) alors que Françoise Coste s’attache à Reagan (Paris, Perrin, 2015, 624 pages).
On terminera avec le tragi-comique, puisque Jean-Pierre Langellier a réussi à traquer les multiples vies de Mobutu (Paris, Perrin, 2017, 432 pages).
In Memoriam
par Erwan Violin
Au revoir France Gall
Après Johnny, voici que France Gall nous quitte.
Les plus anciens se souviennent de ses premiers succès, chantés d’une voix fraîche et acidulée, presque enfantine, qu’il s’agisse de « Poupée de cire, poupée de son » ou même du « Sacré Charlemagne », les chansons des vertes années, ou de l’âge tendre.
Et puis il y eut les chansons de la maturité, celles qui ont suivi sa rencontre avec Michel Berger, comme « Ella », « Babacar » ou « Résiste ». Même si elle avait, depuis de longues années, arrêté sa carrière sur la scène, nous somme presque étonnés de la savoir partie si vite. Cette artiste discrète, et même secrète, avait su nous cacher ses drames intimes, et montrer une image sur laquelle le temps n’avait pas de prise.
La vie de France Gall aura été jusque au bout une vie pour la musique, notre vie.
Livres
par Catherine Pauchet
Roman
Eloge de la sœur
Un souvenir d’enfance à la fois douloureux et joyeux traverse le livre de la coréenne Ji-young Gong. Quand elle était petite, ses parents avaient recueilli Bogsun, une adolescente maltraitée qui pensait trouver chez eux la chaleur d’une famille. Réduite au rang de domestique, la réalité sera éloignée de ses espérances. Si les adultes la regardent avec mépris, l’auteur la considère comme sa « très chère grande sœur », celle qui l’emmène au bain public, la porte sur son dos et partage ses secrets. Jusqu’au jour où Bogsun est accusée de vol. Un roman tendre et cruel sur l’apprentissage des inégalités et de l’injustice par une enfant.
« Ma très chère grande sœur », Ji-young Gong, éditions Philippe Picquier, 208 p., 18 €.
Littérature
L’art du portrait
S’il est un genre littéraire où nos écrivains excellent, c’est celui du portrait comme le prouve l’anthologie présentée par Claude Arnaud. Né dans les salons du palais du Luxembourg, demeure de la Grande Mademoiselle, il rencontre un premier succès avec la publication de Divers portraits, en 1659. La Bruyère et surtout Saint-Simon lui donneront ses lettres de noblesse. A partir de 1789, le portrait devient polémique tels ceux que Rivarol fait de Mirabeau et Talleyrand. S’il décline au XXe siècle au profit du roman social, de nos jours on ne compte plus les biographies. Près de cinq cents portraits de personnages existants ou inventés sont analysés dans cet ouvrage.
« Portraits crachés. Un trésor littéraire de Montaigne à Houellebecq », Claude Arnaud, Robert Laffont, coll. Bouquins, 924 p., 32 €.
Essai
Haïr
Philosophe et psychanalyste, Hélène L’Heuillet s’interroge sur la montée de la haine : en politique, l’invective remplace le dialogue et un désaccord en famille, entre voisins ou au travail conduit à la cassure. Les mouvements populiste et djihadiste « inaugurent, chacun à leur manière, de nouvelles formes de violence, qui ne sont compréhensibles que par la levée du refoulement sur la haine » écrit l’auteur. Les jeunes sont à la fois acteurs et victimes ; chaque année, ils sont nombreux à se suicider. N’y aurait-il plus de place pour le respect et l’amour, des autres et de soi, dans notre société ?
« Tu haïras ton prochain comme toi-même », Hélène L’Heuillet, Albin Michel, 144 p., 13 €.
Revue
Norvège
Pour son numéro d’hiver, le magazine A/R nous transporte en Norvège. Quatre sorties sont présentées : la ligne Hurtigruten qui suit les côtes déchiquetées, en voilier au-delà du cercle polaire, le Svalbard et ses aurores boréales, Bergen ouverture sur les fjords. Au sommaire aussi : l’entretien avec Jean-Louis Etienne, un week-end à Londres, les Marquises, neuf lieux secrets en Catalogne, un portfolio de Christophe Jacquot sur l’Islande enneigée…
« Norvège », A/R, Hiver 2017/1018, 6, 30 €. En kiosque.
Cinéma
par Marie-Christine Renaud d’André
Downsizing
Pour lutter contre les travers de nos sociétés surindustrialisées (réchauffement climatique, surpopulation, pollution, épuisement des terres cultivables, etc.), un chercheur norvégien a mis au point une méthode radicale : réduire la taille des êtres humains à… 12 centimètres, ce qu’il a réussi à faire sur lui-même. Bien sûr, il faut être volontaire pour cela. C’est ce qu’ont décidé Paul Safranek et son épouse Audrey, car ils veulent ainsi améliorer leur vie sur le plan matériel. Car, on l’aura compris, tout deviendra moins cher dans la vie, en particulier leur logement.
À partir d’un sujet audacieux, Alexander Payne signe un film original et souvent d’une drôlerie irrésistible, qui porte un regard très critique sur nos sociétés modernes. Car, après avoir accepté d’être réduit, le héros va découvrir que son pacte faustien se révèle décevant. Cette société en miniature à laquelle il appartient dorénavant se révèle aussi inégalitaire que l’ancienne… Matt Damon est sensationnel en homme ordinaire, et Christoph Waltz livre un numéro épatant de noceur combinard. Cette satire de notre monde corrompu est réjouissante, mais on regrette que, dans la seconde partie, l’histoire s’égare un peu et se révèle moins drôle et moins pertinente que la première.
Le parcours du héros, qui, peu à peu, commence à s’ouvrir aux autres, est très positif. D’autant plus qu’il en vient à se lancer dans une entreprise humanitaire. Surtout cette utopie est l’occasion d’avoir un regard décalé sur les terribles ravages de nos sociétés modernes.
Science-fiction américaine (2017) de Alexander Payne, avec Matt Damon (Paul Safranek), Christoph Waltz (Dusan), Hong Chau (Ngoc Lan Tran), Kristen Wiig (Audrey Safranek), Rolf Lassgard (le docteur Jorgen Asbjørnsen), Udo Kier (Konrad) (2h16). (Adolescents) Sortie le 10 janvier 2018.
Fireworks
Norimichi et Yusuke, deux amis adolescents, sont tous deux amoureux de Nazuna. Un jour, celle-ci les défie dans une piscine et promet au vainqueur de l’accompagner au feu d’artifice du soir.
Cette adaptation d’un manga de Shunji Iwai témoigne, une fois encore, de la qualité de l’animation japonaise. Les dessins sont superbes, avec de jolies couleurs, et une belle poésie imprègne cette histoire de boucle temporelle, qui permet au héros de faire des allers et retours entre présent et passé. Mais, si certaines scènes sont très réussies et émouvantes, d’autres sont un peu confuses. Beau, mais inégal.
Film d’animation japonais (2017) de Akiyuki Shimbo et Nobuyuki Takeuchi, d’après Shunji Iwai, avec les voix originales de Suzu Hirose (Nazuna), Masaki Suda (Norimichi), Mamoru Miyano (Yusuke) (1h55). (Adolescents) Sortie le 3 janvier 2018.
Pitch Perfect 3
Beca et ses amies chanteuses a capella, acceptent de participer à une tournée de concerts en Europe pour l’armée américaine.
Si l’on apprécie la musique moderne et les gags au premier degré, on sera ravi de retrouver ces héroïnes dynamiques dans ce troisième opus, de loin le meilleur de la série, qui n’hésite devant aucune blague vulgaire (mais un peu moins que dans les précédents épisodes !). En revanche, si l’on n’aime pas ce genre de film, aussi bruyant que foutraque, on évitera de perdre son temps. Il reste que, pour une fois, les chansons sont assez plaisantes. Mais le rire peine à se manifester.
Comédie musicale américaine (2017) de Trish Sie, avec Anna Kendrick (Beca), Rebel Wilson (Amy la Baleine), Hailee Steinfeld (Emily), Britanny Snow (Chloe) (1h36). (Grands adolescents) Sortie le 27 décembre 2017.
L’échappée belle
Sans prévenir, Ella et John, un couple de retraités, prennent la route avec leur camping-car. Elle a un cancer et lui est atteint de la maladie d’Alzheimer, et tous deux refusent les soins que leur conseillent leur médecin.
Entre complicité, tendresse et humour, ce road-movie de seniors est très émouvant, et il offre quelques superbes vues de l’Amérique, filmée avec amour par Paolo Virzi (Folles de joie, Les opportunistes). Le couple formé par Helen Mirren et Donald Sutherland est sensationnel, et on suit ses pérégrinations avec délectation. Mais on regrette qu’il y ait tant de longueurs, et que certaines scènes soient bien inutiles.
Comédie dramatique franco-italienne (2017) de Paolo Virzì, d’après Michale Zadoorian, avec Helen Mirren (Ella Spencer), Donald Sutherland (John Spencer), Christian McKay (Will), Janel Moloney (Jean) (1h52). (Grands adolescents) Sortie le 3 janvier 2018.
Le chiffre de la semaine
20 %
C’est le taux de diminution du trou dans la couche d’ozone entre 2005 et 2016, selon les mesures effectuées grâce au satellite Aura lancé par la NASA. Ce chiffre, et les études qui l’accompagnent, démontrent le lien entre l’utilisation des chlorofluorocarbones (les fameux CFC) et l’affaiblissement de la couche d’ozone. L’arrêt de la production de CFC est effectif depuis 1994, mais la décroissance du trou est observée depuis 2001.
Rappelons que la couche d’ozone, située dans la stratosphère, absorbe les rayonnements ultraviolets du soleil, lesquels peuvent provoquer des affections graves comme le cancer de la peau ou la dégénérescence maculaire et perturber l’ADN des êtres vivants. Le trou saisonnier dans la couche d’ozone ne devrait pas disparaître totalement avant 2060.
D’un jour à l’autre
France
Automobile
2 110 751 voitures neuves ont été immatriculées en 2017, soit une augmentation de 4,7 % par rapport à l’année précédente. Pour la première fois depuis 2000 les moteurs diesel représentent moins de la moitié des immatriculations. Les voitures électriques ne représentent que 1,18 % du marché français et les hybrides 3,8 %.
Depuis le 1er janvier, les communes ont la liberté de fixer le montant des PV de stationnement irrégulier (désormais appelés « forfaits post-stationnement » ) qui vont de 17 à 60e. Des sociétés privées sont mobilisées pour effectuer des contrôles au moyen de scanners embarqués.
Tempêtes
Du 2 au 4 janvier, les tempêtes Carmen et Eleanor notamment sur les Pyrénées-Atlantiques, les Alpes et la Corse ont tué 6 personnes.
Police
Deux policiers, une gardienne de la paix de 25 ans et un capitaine de police de 37 ans, appelés à cause d’une bagarre dans une fête privée avec plusieurs centaines de personnes, ont été lynchés par un groupe lors du réveillon de la Saint-Sylvestre à Champigny-sur-Marne. Filmée, la scène a été très largement diffusée sur Internet.
Une enquête préliminaire a été lancée pour vérifier les accusations du site Internet Mediapart selon lesquelles des enquêteurs de police auraient tenté de dissimuler le fait qu’ils auraient pu prévenir l’assassinat du père Hamel s’ils avaient mieux réagi aux informations dont ils disposaient.
Une policière de 27 ans a disparu dans la Seine à Paris au cours d’un exercice de la brigade fluviale avec les pompiers le 5 janvier.
Aéronautique
Le futur avion cargo d’Airbus, le Beluga XL, a fait sa première sortie le 5 janvier sur les pistes de l’aéroport Toulouse-Blagnac.
Aménagement
Le gouvernement devait annoncer en début de semaine ce qu’il allait faire à Notre-Dame-des-Landes : abandonner ou relancer le projet d’aéroport, évacuer les zadistes…
Euthanasie
Le Conseil d’État, saisi en référé-liberté par les parents d’une adolescente souffrant d’une maladie neuromusculaire et soignée au CHU de Nancy après un arrêt cardiaque, a confirmé, le 5 janvier, la décision du tribunal de Nancy en décembre qui autorisait les médecins à arrêter les soins intensifs qu’ils estiment désormais inutiles. Les parents vont saisir la Cour européenne des droits de l’homme.
Disparitions
La chanteuse France Gall est morte d’un cancer à l’âge de 70 ans le 7 janvier. Les grands éditeurs Bernard de Fallois et Paul Otachakvsky-Laurens sont morts la semaine dernière.
Monde
Iran
Des manifestations contre la République islamique, d’une importance jamais vue depuis 2009, ont eu lieu la semaine dernière dans plusieurs grandes villes d’Iran. La police a réagi violemment. Deux manifestants ont été tués lors d’un rassemblement à Doroud. Les soutiens du régime ont organisé des contre-manifestations.
Pérou
L’ex-président Alberto Fujimori, condamné en 2009 à 25 ans de prison pour corruption et crimes contre l’Humanité, a bénéficié d’une grâce humanitaire du président Pedro Pablo Kuczynski le 24 décembre 2017 et est sorti livre le 4 janvier de la clinique où il avait été transféré. Le prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa a pris la tête de la contestation de cette mesure illégale à ses yeux.
Russie
Le 27 décembre une bombe artisanale a fait 13 blessés dans un supermarché de Saint-Pétersbourg. Un suspect a été arrêté le 30 décembre. L’attentat a été revendiqué par l’Etat islamique.
Turquie
Le président Erdogan a été reçu le 5 janvier à Paris par le président Macron. Ce dernier n’a pas laissé espérer à son homologue une avancée quelconque sur le dossier de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.
Le 7 janvier (Noël orthodoxe) l’église bulgare Saint-Stéphane à Istanbul a été rouverte après plus de 7 ans de travaux de restauration.
États-Unis
Le 1er janvier, la Californie a été le 8e État américain à légaliser l’usage du cannabis pour un « usage récréatif ».
Le journaliste Michael Wolf a publié un livre à charge contre le président Clinton. Le Feu et la fureur recueille 200 témoignages dont celui de Steve Bannon, ex-conseiller à la Maison-Blanche qui s’en prend notamment au fils et au gendre du président, accusés de collusion avec la Russie.
Australie
Le gouvernement a annoncé le 4 janvier un projet de loi pour autoriser les exportations de cannabis à usage médical, marché mondial estimé à 55 milliards de dollars que se partagent officiellement pour l’instant l’Uruguay, le Canada, les Pays-Bas et bientôt Israël.
Nigeria
Une trentaine de bûcherons ont été massacrés par Boko-Aram le 30 décembre dans un village de l’État du Born.
Liberia
George Weah, ancien attaquant star de l’AS Monaco, du PSG et du Milan AC, Ballon d’or en 1995, a remporté l’élection présidentielle du 28 décembre avec 61,5 % des voix.
rdc
Une marche des catholiques contre le président Kabila a été sévèrement réprimée par la police le 31 décembre 2017 à Kinshasa. L’opposition cite le chiffre de 12 morts. La police reconnaît 5 morts mais non liés directement à ces événements et affirme que toutes les personnes arrêtées ont été relâchées.
Corée du Nord
La Corée du Nord a accepté le 5 janvier de discuter de la participation d’athlètes nord-coréens aux JO d’hiver en Corée du Sud le 9 février prochain.
Le site Internet australien The Diplomat, affirme qu’en avril dernier, une fusée nord-coréenne serait retombée sur un complexe industriel dans la petite ville de Tokchon.
Yémen
Un avion Tornado de fabrication britannique a été abattu par les Houtis dans la province de Saada le 7 janvier. Le 8 janvier, c’est un F-15 saoudien que des Yéménites ont touché par un missile.
Syrie
Le 7 janvier, les forces de Damas ont repris aux islamistes d’Al-Quaïda la ville de Sinjara, au sud-est de la province d’Idleb, et n’étaient plus qu’à 14 km de l’ancienne base aérienne d’Abou Douhour.
Chine
Le Président Macron était en visite d’État en Chine du 8 au 10 janvier.

