L’événement
par Serge Plenier
Questions autour d’un pont
L’effondrement du pont Morandi à Gênes aura causé une véritable psychose, et pas seulement en Italie. De l’autre côté des Alpes, on a commencé à regarder avec suspicion les ouvrages d’art récemment édifiés comme le pont de Normandie ou le viaduc de Millau en ce demandant lequel flancherait le premier. Même les ponts les plus modestes n’échappent pas à la suspicion générale. Si l’on en croit un rapport daté de juillet dernier, 840 de nos ponts serait dans un état dégradé.
Bien entendu, il ne s’agit pas d’alimenter des peurs injustifiées. Mais la catastrophe de Gênes pose de vraies questions, et des questions dérangeantes.
La première de ces questions a été posée par le ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini, eurosceptique convaincu qui a directement mis en cause les politiques d’austérité imposées par l’Union européenne. Si la part de mauvaise foi est flagrante dans cette accusation, le problème demeure : l’orthodoxie budgétaire peut-elle prendre le pas sur la sécurité des citoyens ? Comme l’a fait remarquer Christian Spahr, porte-parole de la Commission européenne, le pacte de stabilité comporte une part de flexibilité. Reste à savoir si cette flexibilité est suffisante, et surtout si les Etats-membres de l’UE peuvent en apprécier correctement les limites.
Il y a l’Europe, mais il y a aussi la France. Le rapport sur l’état de nos ponts souligne que les ouvrages les plus dégradés sont souvent gérés par les collectivités locales. Fort bien, mais il faut alors donner à ces collectivités les moyens humains et financiers de remplir leur mission, qui est une mission de service public. La réduction des dotations aux collectivités constitue à cet égard un signal des plus inquiétants. L’actuel gouvernement considère-t-il la sécurité de nos routes comme un luxe ?
Enfin, il y a la privatisation du réseau autoroutier, accélérée sous le gouvernement Villepin, et dont le premier résultat a été l’explosion des tarifs des péages. Malgré toutes les bonnes intentions, une société privée a pour but premier de générer des profits. Quels sont aujourd’hui les moyens à la disposition de l’Etat pour corriger une telle logique ?
Décidément, l’effondrement du pont nous entraine vers de redoutables remises en cause.
Monde
par François-Xavier Esponde
La Catalogne sur la voie de l’apaisement
Le roi Felipe, le Premier ministre Pedro Sanchez, la présidente du Parlement Ana Pastor, et les plus hautes autorités espagnoles avaient rejoint sur la place de Catalogne leurs homologues catalans le 17 août dernier, pour rappeler les attentats perpétrés par les djihadistes il y a deux ans, à Barcelone et à Cambrills.
Une cérémonie de quarante minutes, sans discours, silencieuse, discrète, sans banderoles des partis mais avec des drapeaux espagnols.
Une rencontre protocolaire s’était tenue autour du roi et du président catalan le matin. Le roi avait également reçu des délégations des familles victimes des violences des terroristes et des armes.
Tous les partis sans exception avaient convenu de participer à cet hommage. Une gageure dans l’espace public espagnol et un signe des temps où la Catalogne semble s’être engagée dans la voie de l’apaisement progressif dans ses institutions et ses administrations.
La levée de l’article 155 de la Constitution, la remise aux autorités catalanes de nombre de prérogatives régionales confisquées par le gouvernement précédent, et la remise en charge du Parlement et du Gouvern à Barcelone, ont permis un retour plus normal à “la via politica” de la province, selon les institutions espagnoles.
La question des prisonniers politiques pour « actes terroristes » semble être abordée d’une manière nouvelle depuis l’arrivée de Pedro Sanchez aux affaires du pays. Le rapprochement des détenus, leur réinsertion progressive, ont pris de l’importance suivant la demande exprimée par de nombreux présidents de régions espagnoles.
De 470 en fin 2014 à 396 aujourd’hui, soit 355 hommes et 41 femmes, le nombre de ces prisonniers a baissé de 16 %. Il s’agit de 7 Galiciens, 234 Basques pour l’ETA, 3 anarchistes, 1 pour son action dans les rangs islamistes armés, 68 pour le GRAPO (maoïstes), 40 pour Al Quaeda, et 93 pour des actes commis au nom de l’État islamique…
Mais seulement 23 des emprisonnés sur les 83 à qui des mesures d’adoucissement ont été proposées les ont acceptées*. Le retour à la vie normale pour la majorité de ces détenus ne semble pas encore possible, comme l’a indiqué un récent rapport.
par François-Xavier Esponde
* Cela concerne il est vrai surtout les 118 prisonniers d’appartenance islamiste qui disposent d’un statut particulier dans les prisons nationales, et sont pourtant conviés à « adopter les voies de la réinsertion voulues par les autorités pénitentiaires du pays. » Le 20 août à 6 h du matin, un Algérien de 29 ans s’est précipité, armé d’un couteau, dans un commissariat de Cornellà de Llobregat, commune située dans la province de Barcelone, en criant « Alahou Akbar ». Il a été tué par une policière de faction.
Environnement
par Gérold de Barry
Millions de tonnes de nos déchets refoulées par les Chinois : Émoi, et moi et moi…
Le 5 juin dernier, Benoît Lecomte, Français installé aux États-Unis, se lançait dans un pari fou en plongeant dans le Pacifique pour rejoindre à la nage San Francisco depuis le Japon. Il ambitionne de parcourir 9 000 km sur six à huit mois, dans le but d’alerter l’opinion publique sur la pollution des océans, au milieu de l’accumulation – 3 fois la superficie de la France – de particules de plastique désagrégées par le soleil et l’eau de mer.
Pratiquement à la même période – mi-juillet 2018 – la presse a révélé qu’à Saint-Domingue au cœur des Caraïbes, une catastrophe écologique est en train de se produire en entachant l’image paradisiaque de carte postale par l’émergence de montagnes de déchets : bouteilles, détritus, emballages… Une pollution qui « rend les espèces malades, remet en cause la biodiversité et menace la santé de toutes les espèces y compris l’espèce humaine » explique un bénévole.
Ces deux événements de portée internationale, de part et d’autre du globe, nous situent au cœur de la problématique du traitement des déchets et de l’économie circulaire.
Mais l’année 2018 est aussi marquée par un tournant géopolitique aux répercussions majeures pour l’ensemble du monde, depuis que la Chine a fait part – 18 juillet 2017 – à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) de sa volonté de ne plus être la « poubelle du monde ». Alors que le pays importait chaque année des millions de tonnes de déchets – majoritairement en provenance de l’Europe et des États-Unis – sa décision risque de bousculer l’entièreté du commerce mondial des déchets. Les pays riches réalisent qu’il faudra incinérer leurs déchets ou les enfouir en décharges publiques ou privées…
Arnaud Brunet, directeur du Bureau international du recyclage, considère que c’est un véritable séisme, au moment où l’Union européenne exporte la moitié de ses plastiques collectés et triés, dont 85 % vers la Chine. Le Commissaire européen Fans Timmermans, chargé de l’Amélioration de la législation, des Relations inter-institutionnelles, de l’État de droit et de la Charte des droits fondamentaux, en conclut que « Nous devrions utiliser cette décision pour nous remettre en question et nous demander pourquoi nous, Européens, ne sommes pas capables de recycler nos propres déchets. » Mais le principal cheval de bataille de la Commission européenne reste la « prolifération de produits jetables à usage unique et à brève durée de vie. » Il s’ensuit que si le recyclage s’impose, la réduction de ces déchets doit être entreprise d’abord !
Lors de leur 20e Sommet, le 16 juillet 2018, la Chine et l’Union européenne ont signé un accord de coopération sur l’économie circulaire, pour une « croissance économique soutenable, une gestion efficiente des ressources et un développement durable au niveau mondial. » Il n’en demeure pas moins que, pour cesser d’être débordés par l’accumulation de déchets, les Européens devront modifier leur niveau de vie, sinon le réduire sensiblement, considérant qu’ils ne sont qu’au début d’une période d’internalisation des nuisances environnementales et de leurs obligations qui jusqu’à présent avaient été en quelque sorte traitées comme de la poussière ‘cachée sous le tapis’.
Les pays européens, maintenant obligés de faire le deuil du traitement de leurs déchets par la Chine, devront sans doute prendre des mesures drastiques en interne, pour assurer une rentabilité de leur économie circulaire. Malheureusement, la valorisation des composants électroniques n’a réellement de sens que pour les pays asiatiques où se trouvent les équipements de production manufacturière mondiale. Quel pourrait être par exemple l’usage local, pour nos territoires désindustrialisés, des D3E (Déchets d’équipement électriques et électroniques) récupérés ?
Sur de nombreux secteurs économiques, l’Europe doit prendre conscience de son bilan négatif et cette situation pourrait se pérenniser, si cette crise n’offrait pas finalement l’opportunité d’un réveil salutaire. Dans ce domaine particulier d’une industrie encore embryonnaire, l’économie circulaire sera la chance que l’Europe doit savoir saisir comme un ‘kairos’… une opportunité fugace qui ne repassera pas à sa portée de main. Pour l’instant, c’est la Chine qui a pris la main et qui tient les commandes de la mondialisation…
BD
par Gihé
Des bd dans l’Histoire
Reprenant les mythes fondateurs des civilisations ou s’attachant à une grande figure de la mémoire collective, s’insinuant dans un épisode plus ou moins connu du passé ou inventant de toutes pièces une aventure d’autrefois, les bd s’appuient souvent sur l’Histoire. Celle-ci leur fournit un scénario ou un cadre, mais en tout cas donne un habillage en phase avec une époque.
Sous la direction de Luc Ferry — il n’apparaît pas très courant qu’un ancien ministre de l’Éducation nationale s’investisse dans ce domaine —, la série de La sagesse des mythes poursuit son développement chez Glénat. Clotilde Bruneau et Alexandre Jubran exposent la deuxième partie de Jason et la Toison d’or : ce Voyage de l’Argo met notamment en scène les terribles harpyes. Toujours au scénario, Clotilde Bruneau, cette fois accompagnée de Diego Oddi, s’attache à Œdipe, dont les mésaventures inspirent à Luc Ferry ce commentaire : « prétendre tout maîtriser de ce qui advient aux hommes est purement et simplement grotesque ». Autre quête, celle exprimée par Le voyage du pèlerin (Blf éditions) : adaptant le texte du célèbre pasteur anglais dissident John Bunyan, Lee Tung et Johnny Wong Chun Wing racontent, sous la forme d’un manga, la recherche d’un homme qui refuse compromissions et facilités terrestres.
Mélangeons un peu les civilisations. Michael Le Galli et Cristiano Crescenzi ont entrepris L’odyssée de Fei Wong, dont le premier tome, consacré aux Mille et une nuits du Caire (Glénat), décrit des marins chinois prisonniers de marchands arabes servis entre autres par un eunuque franc converti à l’islam. De l’autre côté de l’Atlantique, la série Inca montre, malheureusement avec trop de digressions, les dissensions à l’intérieur du grand empire au fur et à mesure qu’avancent les conquistadors, cependant qu’une petite poignée se réfugie dans La grotte du Nautile (Glénat), le tout décrit par Granier, Bollée et Albuquerque. Un siècle plus tard, Les traqueurs d’une expédition anglaise au Yucatan cherchent une abominable créature, mais les auteurs, Tirso et David Muñoz, ne leur font guère découvrir, dans ce deuxième volume, que L’héritage de sang (Glénat). Enfin, quand on voyage, on trouve vite Venise sur les pas de Casanova (Glénat), belle étude de Bożena Anna Kowalczyk et Stéphane Beaujean permettant de comprendre comment on passe « de la peinture du XVIIIe siècle à la bande dessinée ».
Le milieu du siècle suivant a retenu deux couples d’auteurs. Jack Manini et Étienne Willem mettent joliment en scène La fille de l’Exposition universelle Paris 1855 (Grand Angle), qui mêle un bon contexte historique et des interprétations hasardeuses. Marc Bourgne et Didier Pagot s’en vont sur Le sentier de la guerre, dont le premier tome se situe autour de Fort Buford (Glénat), convoité par les Blancs et les Indiens.
Quatre destins singuliers, maintenant. D’abord Arthur Cravan (Grand Angle), extraordinaire neveu d’Oscar Wilde, dont la vie est retracée — en plus de 200 pages ! — par Jack Manini. Ensuite, Albert Ier de Monaco. Le prince explorateur (Glénat), valorisé par Philippe Thirault et Sandro et qui rencontra même Buffalo Bill, un des personnages secondaires de Fort Buford. Par ailleurs, la jeunesse de Pagnol revit dans l’adaptation du Temps des secrets (Grand Angle) réalisée par Serge Scotto et Morgann Tanco. Enfin, poursuivant leur parcours, Jean-Yves Le Naour et Claude Plumail mettent en exergue Charles de Gaulle 1958-1968. Joli mois de mai (Grand Angle).
Du côté de la Première Guerre mondiale et de ses suites, la collaboration de Thierry Lamy et de Cédric Fernandez a su montrer, parmi les Faucheurs de vent — une escadrille de combat —, les tourments de Gabrielle (Glénat). Arnaud Floc’h et Didier Quella-Guyot, eux, ont achevé l’histoire de Monument amour en montrant que leur héros n’est pas sensible qu’aux Femmes de pierre (Grand Angle).
Un petit tour à l’étranger, maintenant. Aux États-Unis, dans les années 20, La ballade de Dusty se poursuit, grâce à Aurélien Ducoudray et Gilles Aris, Sous le chapiteau Freaks (Grand Angle). En Italie, à peu près à la même époque, Noël Simsolo et Bézian font trembler tout le monde devant le Docteur Radar (Glénat), bd noire très expressionniste. Un peu plus tard, pendant la Seconde Guerre mondiale, le siège de Leningrad est complètement transfiguré par Giovanna Furio et Marco Nizzoli dans La route de la vie (Glénat).
Achevons sur les chapeaux de roue. Denis Bernard et Christian Papazoglakis retracent les 24 heures du Mans. 1951-1957 : le triomphe du jaguar (Glénat). Le même Christian Papazoglakis, adaptant l’œuvre de Mat Oxley, met en scène l’histoire incroyable d’Ernst Degner, ce pilote est-allemand passé à l’Ouest qui assura en fait à Suzuki Le prix de la vitesse (Glénat).
Livres
par Catherine Pauchet
Rentrée littéraire
Trompe l’œil
Ils sont trois, issus d’une école prestigieuse, qui se destinent à devenir peintres en décor, avec des fortunes diverses. Si Kate tarde à trouver du travail et vivote, Jonas s’est fait un nom et voit son carnet de commandes grossir. Quant à Paula, après des débuts difficiles, elle est embauchée sur deux gros chantiers : d’abord à Cinecittà où elle peint des décors de films et de séries, puis à Lascaux où elle fait partie de l’équipe qui réalise la copie de la grotte. Dans ce roman sur le monde de la création, Maylis de Kerangal mêle la gamme des couleurs à celle des mots.
« Un monde à portée de main », Maylis de Kerangal, Verticales, 286 p., 20 €.
Nouvelles
Chaos
Prix Nobel de littérature en 1988, Naguib Mahfouz est l’auteur d’une œuvre foisonnante dont de nombreuses nouvelles. Seize d’entre elles viennent d’être rééditées. Comme souvent dans ses récits, le chaos qui agite Le Caire sort le héros de sa routine entêtante, il perd pied, bascule et se retrouve aux portes de la folie. Il en va ainsi du fumeur de haschisch Ayyoub, inculpé de terrorisme, que des avocats se déchirent pour assurer la défense médiatique ou de ce conducteur de train qui traverse les gares à une vitesse diabolique. En quelques phrases, Mahfouz transporte son lecteur dans un univers à la limite du réel.
« L’Organisation secrète et autres nouvelles », Naguib Mahfouz, Actes Sud, 208 p., 21,80 €.
Ethologie
Emotions animales
Fondateur avec Jane Goodall d’une association d’éthologistes pour un traitement éthique des animaux, Marc Bekoff rassemble ici des années d’observation sur le terrain. Qu’ils vivent en milieu sauvage ou qu’ils nous tiennent compagnie, les animaux sont capables d’éprouver des sentiments et des passions (amour, jalousie, justice…). Ce livre est avant tout un plaidoyer en faveur d’un meilleur traitement animal aussi bien dans les laboratoires que dans les élevages et les zoos.
« Les émotions des animaux », Marc Bekoff, Rivages poche, 284 p., 8,90 €.
Revue
Héros de l’Antiquité
On croyait tout connaître des héros antiques mais il y a encore beaucoup à apprendre. Dans ce hors-série, Le Point dévoile de nouvelles facettes de leur psychologie. Au sommaire : les fragilités du surmâle Héraclès, la brève vie d’Achille, l’amazone Penthésilée, la malédiction des Atrides, Thésée fondateur d’une cité démocratique… Chaque portrait est rédigé par un spécialiste et accompagné d’extraits d’ouvrages.
« La vraie vie des héros de l’Antiquité », Le Point, coll. les textes fondamentaux », 7,90 €. En kiosque.
Le chiffre de la semaine
840
C’est le nombre de ponts français présentant des dégradations structurelles avec risques d’effondrement à terme si des travaux importants n’étaient pas entrepris, selon un rapport commandé par le ministère des Transports à un cabinet suisse.. Toujours selon ce rapport, un tiers des 12 000 ponts gérés par l’État seraient en mauvais état.
Rendu public le 22 juillet dernier, ce rapport a refait surface après l’effondrement du viaduc de Gênes. Il pointait le fait que sur les 200 000 ponts français (il y a un pont tous les 5 km de notre million de km de route), environ 30 % souffrent d’un manque d’entretien chronique, en particulier ceux qui dépendent des collectivités locales. Les plus à risques sont ceux en béton armé. Enfin, le rapport estime que les 800 millions d’investissement prévus pour 2018 restent insuffisants.
D’un jour à l’autre
France
Familles
L’allocation de rentrée a été versée, depuis le 16 août, à 2,8 millions de familles aux revenus modestes et ayant des enfants nés entre le 16 septembre 2000 et le 31 décembre 2012.
Présidence
Après deux semaines de vacances au fort de Brégançon, le président Emmanuel Macron est rentré à Paris le 22 août.
Paris
Le forain Marcel Campion, 78 ans, organisateur de la Foire du trône, du marché de Noël, propriétaire de la grande roue des Tuilerie, et désormais en guerre ouverte avec le maire Anne Hidalgo, a décidé de patronner des listes aux élections municipales de 2020.
Vignes
En raison de la canicule, les vendanges sont en général avancées de 15 jours en France. En Alsace, elles ont commencé le 17 août, dans l’Aube (Champagne), le 21 août.
Police
À Paris, deux faits divers ont montré la grande difficulté de la police à accomplir sa mission. Le 18 août, dans le XIXe arrondissement, une policière hors service a été assommée par le passager indemne d’une voiture accidentée (le conducteur éjecté du véhicule sur le coup est mort et il y avait un bébé à bord) à laquelle elle portait secours. Le 14 août, rue Condorcet, un policier a tué d’un coup de feu un automobiliste refusant un contrôle routier et qu’il avait poursuivi sur deux km dans Paris. Le policier a été suspendu et mis en examen pour « violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort, sans intention de la donner ».
Harkis
Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, a annoncé le 19 août qu’elle annoncera, le 25 septembre, de nouvelles mesures en faveur des anciens harkis.
Incendies
Sept personnes, dont cinq enfants ont été gravement brûlées dans l’incendie d’un immeuble à Aubervilliers en banlieue parisienne le 19 août. Le 26 juillet, une mère et ses trois enfants avaient trouvé la mort dans l’incendie de leur appartement dans la même ville. C’est un enfant de dix ans qui l’avait provoqué.
Monde
Italie
La travée principale du viaduc autoroutier de Gênes, long de 1,18 km s’est effondrée sur 80 m le 14 août. Des voitures sont tombées de 46 mètres de hauteur sur une zone industrielle habitée et ont été écrasées par des blocs de béton. Il y a eu moins 43 morts. Le gouvernement italien a proclamé l’état d’urgence pour un an pour la région. Construit sous la direction de l’architecte Riccardo Morandi de 1963 à 1967, ce pont souffrait d’erreurs de conception et de réalisation et sa fréquentation était 10 fois supérieure à celle prévue lors de sa construction. Deux autres ponts conçus par le même architecte avec la même technologie de haubans en béton armé précontraint existent dans le monde. L’un au Venezuela enjambe la baie de Maracaibo sur 8,7 km, un autre est en Libye.
Migrants
Après plusieurs épisodes du même type, en début de semaine, le bateau d’une ONG, le Diciotti, était bloqué au large de l’île de Lampedusa avec 180 migrants et quelques gardes-côtes italiens à bord. Le ministre de l’intérieur Matteo Salvini avait posé comme condition à leur débarquement en Italie un engagement collectif de l’Union européenne. Malte, qui venait d’accueillir le bateau Aquarius avec 141 migrants à bord, exigeait de même que les migrants qu’elle autoriserait à débarquer soient pris en charge par d’autres pays européens. La conférence épiscopale italienne a dénoncé une « une prise d’otages », les diverses institutions italiennes ont des interprétations divergentes du droit des réfugiés africains à être secourus et accueillis en Europe.
Floride
Des algues toxiques rouges provoquent une hécatombe chez les poissons, les dauphins, tortues marines et lamantins, sur plus de 320 km de côtes. Le tourisme est gravement affecté.
Nouvelle-Zélande
Le gouvernement a fait voter le 15 août une loi interdisant aux étrangers (sauf les Australiens et les Singapouriens) de devenir propriétaires immobiliers. Cela vise essentiellement les investisseurs chinois dont les appétits ont fait flamber les prix depuis cinq ans.
Mali
Selon les résultats publiés le 16 août, le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a été réélu le 12 août avec 67,17 % des voix. Son opposant Soumaïla Cissé n’obtient que 32,83 % des suffrages. Le taux de participation n’a été que de 34,54 % (2,7 millions de votants au lieu de 3 millions au premier tour, pour 8 millions d’inscrits).
Indonésie
Un nouveau séisme de magnitude 6,9 a frappé l’île de Lombok le 19 août.
Inde
Les inondations dues à la Mousson au Kerala ont fait 370 morts la semaine dernière.
Musique
Aretha Franklin, la Reine de la Soul, est décédée à l’âge de 76 ans, le 16 août.
Onu
Kofi Annan, l’ancien secrétaire général de l’ONU, est mort le samedi 18 août 2018 à Genève, à l’âge de 80 ans.
Agriculture
Une équipe internationale de 220 scientifiques a annoncé dans la revue Science avoir réalisé, en dix ans de travail, le séquençage du génome du blé tendre : 107 891 gènes en tout.
Chine
Genève Gay McDougall, vice-présidente du comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale, a dénoncé, le 10 août à Genèves, les camps de rééducation dans lesquels sont enfermés plus d’un million de Ouighours (minorité ethnique musulmane au Xinjiang) soumis à de longues séances de rééducation par la torture, selon plusieurs rapports crédibles d’organisations humanitaires. Le 20 août, l’ambassadeur de Chine auprès des Nations Unis à Genèves a affirmé, sans convaincre, que ces centres de rééducation « n’existent pas ».
Vietnam
Le Dinh Luong, 52 ans, militant des droits de l’homme, a été condamné à 20 ans de prison le 16 août pour avoir dénoncé sur Internet la catastrophique pollution côtière perpétrée par une firme taïwanaise.

