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Lundi 6 juillet 2015

Lundi 6 juillet 2015

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L’événement-1

par Serge Plenier

L’urgence culturelle

L’affaire risque de gâcher encore un peu plus l’été de François Hollande. Au départ, il y a le renvoi, le 2 juillet, de Nicolas Bourriaud, directeur de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, avant la fin de son mandat. Selon Fleur Pellerin, ministre de la Culture, ce renvoi serait dû à « des raisons de changement d’orientation de la politique ». Le problème est que son successeur pressenti ne serait autre qu’Eric de Chassey, directeur de la villa Médicis, mais surtout, selon les révélations du « Canard enchaîné », époux de la meilleurs amie de Julie Gayet, actuelle compagne du chef de l’Etat.

Parlant d’ »indélicatesse », les étudiants de l’école, dans une pétition, soulignent que cette nomination « décidée au mois de juillet et sans présentation d’un programme de gestion de cette institution le place lui-même dans la situation difficile d’avoir à justifier de ce parachutage de dernière minute ». Plus crûment, les auteurs de la pétition terminent sur leur sentiment « d’être pris pour des c..s ».

L’affaire ne serait que risible si elle ne révélait pas une fois de plus la désinvolture du traitement actuel de la culture. Cet été ce sont plus de cent festivals qui ont été annulés faute de subventions tandis que d’autres, à commencer par le Festival d’Avignon, doivent réduire leur programmation. Des orchestres prestigieux comme « Les Musiciens du Louvre » à Grenoble sont menacés et le maire de Poitiers veut vendre le théâtre municipal. Quant aux conservatoires régionaux et départementaux, la suppression des subventions de l’Etat va les obliger à supprimer des classes.

La disette budgétaire ne justifie pas tout. D’autres logiques plus ou moins avouables, d’autres alibis, sont aujourd’hui à l’œuvre. Il y a d’abord l’idée selon laquelle la culture devrait pouvoir se passer de l’argent public et n’obéir qu’à la logique du marché. C’est oublier un peu vite que jamais l’activité artistique ne s’est passée de l’argent public. Molière, auteur et directeur de troupe, bénéficiait d’une pension royale.

Il y a aussi cette méfiance, non moins inepte devant une activité culturelle considérée comme « élitiste » et réservée à certaines catégories privilégiées, comme si le peuple n’avait droit ni à la musique classique ni aux œuvres exigeantes. Les propagandistes de cette méfiance, qui se retrouvent aussi au gouvernement, ont oublié la phrase fameuse de Jean Vilar, fondateur du Théâtre National Populaire : « L’élitisme oui, mais l’élitisme pour tous ! ».
Maintenir notre activité culturelle n’est pas une simple affaire de divertissement, ni même un moyen au service d’un prétendu « vivre ensemble ». Quand on lui demanda de sacrifier les crédits de l’art au nom de l’effort de guerre, Churchill avait répondu : « Mais alors pour quoi nous battons-nous ? ».


L’événement-2

par Jean-Gabriel Delacour

Les Grecs sautent dans l’inconnu

Les Grecs devaient-ils dire « oui » et, donc, retourner à la table des négociations ou « non » et, par conséquent, se lancer dans une voie indéfinie pouvant entraîner la sortie de leur pays de la zone euro qui leur a été malgré tout si profitable ? Finalement, après une semaine d’incertitudes dans les sondages, le « non » l’a largement emporté avec 61,31 % des voix. Les premières analyses semblent montrer que ce résultat serait dû à une forte participation des jeunes (18-34 ans), alors que les retraités se sont plutôt exprimés dans l’autre sens — ce qui pourrait signifier plus de réalisme chez ceux qui souffrent déjà de la situation, alors que ceux se trouvant au début de leur vie de travail n’ont pas craint de sauter dans l’inconnu.

Affichant toujours la même confiance en lui-même tout en s’abstenant d’indication concrète sur ses desseins, le Premier ministre Alexis Tsipras a lancé une de ses habituelles déclarations : « Personne ne peut ignorer la détermination d’un peuple à prendre son destin entre ses mains. » Appelant à une forme d’union nationale, il a tenu à préciser que le résultat ne devait pas être interprété comme une volonté de « rupture avec l’Europe ». Profitant du manque de position commune de ses divers interlocuteurs et de leur crainte quasi générale de voir la machine financière se gripper, il va vraisemblablement réclamer une restructuration de la dette grecque, c’est-à-dire une renégociation de son montant. En clair, les créanciers renonceraient à une partie de ce que la Grèce leur doit. Cela pourrait constituer l’objet d’un troisième plan d’aide qui lui serait plus favorable — et qui coûterait donc davantage aux pays et institutions ayant prêté au pays.

Dans l’immédiat, la question consiste à savoir si la Banque centrale européenne va encore alimenter les établissements bancaires grecs en liquidités. Certes, elle a maintenu les prêts d’urgence accordés aux banques, mais, dès le 20 juillet, Athènes devrait lui rembourser 3,5 milliards d’euros : le pourra-t-elle, le voudra-t-elle ?

Ne sachant sans doute pas très bien eux-mêmes ce qu’ils feront, les dirigeants grecs envisagent des solutions telle celle proposée par le ministre des Finances Yanis Varoufakis : « Si nécessaire, nous distribuerons des IOU [I owe you, autrement dit des reconnaissances de dette], sous une forme électronique ». Pour celui qui se définit comme un « marxiste libertaire », cela ne semble pas poser de problème particulier que de créer une monnaie parallèle qui risquerait de vite perdre de sa valeur… Le pays pourrait alors entrer dans un cycle d’inflation, avec de grosses menaces sur les économies des épargnants. Bien que permettant peut-être de relancer les exportations, cela s’ajouterait à la récession d’une économie exsangue, à la fermeture des banques depuis la semaine dernière et au contrôle des capitaux.
Bref, outre que ses résultats inquiètent ses partenaires de l’Union européenne, le référendum ne semble avoir fait que reculer des échéances qu’il va bien falloir traiter.


Politiques

par Alice Tulle

Génération radicale ?

Député socialiste de l’Essonne, Malek Boutih a remis au Premier ministre, le 3 juillet, son rapport sur l’analyse et la prévention des phénomènes de radicalisation. Pour lui, de nombreux jeunes sont prêts à basculer dans le jihadisme.

Les attentats de janvier ont provoqué maintes réflexions sur les Français tentés par le jihad. Le Premier ministre avait notamment demandé un rapport à Malek Boutih, président de SOS Racisme de 1999 à 2003 et député de l’Essonne depuis 2012. Ce militant socialiste de la « génération Mitterrand » est connu pour son franc-parler et, de fait, le rapport (68 pages) intitulé « Génération radicale » ne s’encombre pas de circonlocutions.

Après bien d’autres observateurs, il décrit l’immense malaise qui frappe une partie de la jeunesse française et plus particulièrement celle issue, directement ou à la deuxième, voire troisième génération, de l’immigration des années 1970 à 2000. Ces jeunes gens entendent qu’on promet dans les grands médias la « mondialisation heureuse », mais on leur demande de s’adapter à une société très concurrentielle et ils voient dans les mêmes médias des injustices, des misères et une lutte des dominants contre les dominés. Le conflit israélo-palestinien occupe une place centrale dans cette vision simplifiée du monde.

S’ils quittent le spectacle de ce « monde anxiogène » pour s’interroger sur leurs conditions de vie personnelles, ces jeunes constatent les inégalités sociales où l’éclatement des familles joue un grand rôle. En 2011, une famille sur cinq est monoparentale, près du tiers des familles sont pauvres, trois millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté et près de deux millions de jeunes sont sans emploi et sans formation.

La crise sociale engendre d’énormes frustrations auxquelles les partis politiques ne répondent pas. 

Il y a encore plus grave selon Malek Boutih : « Le corpus de valeurs et l’ordre social très peu contraignant de nos sociétés démocratiques occidentales ne fournit pas un cadre suffisamment englobant et sécurisant pour s’y ancrer et s’y attacher. […] La notion de République est inintelligible, comme diluée dans le libéralisme et la modernité, et le sentiment d’appartenance à une communauté nationale est très affaibli. »

Cette crise permanente peut conduire une partie de la jeunesse à basculer dans la violence. Les groupes violents sont divers mais seuls les groupes islamistes radicalisés sont potentiellement terroristes. Le jihadisme exerce sa puissance d’attraction — où le prestige de la kalachnikov a plus d’importance que celui du Coran — pas seulement sur des individus fragiles, mais sur des jeunes de tous milieux — y compris ceux dont la famille n’est pas croyante ou est de culture chrétienne, y compris les filles. Cultivée dans une certaine gauche, tout particulièrement à Mediapart, l’idée que le jihadiste est un ancien colonisé qui a grandi dans un milieu déshérité est cependant, selon le rapport, largement une fiction cultivée à des fins politiques : en 2015, le recrutement pour la guerre sainte se fait plus dans la petite bourgeoisie urbaine que chez les marginaux.

Face à la menace, les propositions de Malek Boutih sont classiques, voire lénifiantes : elles portent sur le rôle de l’école, dévaluée par les réformes de l’enseignement, et sur des associations qui proposent bien peu face à la séduction jihadiste. Proclamer que la culture doit être une priorité relève du vœu pieux puisque, selon le rapporteur, « le corpus de valeurs » offert par la modernité est très faible. On ne le renforcera pas par décret.

Aussitôt rendu public, ce rapport a été contesté à cause de quelques approximations supposées et de la qualité de certaines personnes interrogées (on aurait entendu Frigide Barjot, mais pas telle personnalité musulmane…). Un prétexte de plus pour ne rien faire sans doute, comme après tant d’autres rapports vite enterrés.


Monde-1

par Yves La Marck

Mitres et ponchos

Du 5 au 12 juillet, le Pape se rend en Équateur, en Bolivie et au Paraguay ou plutôt en pays quechua, aymara et guarani : une autre manière d’aborder l’hémisphère sud-américain.

La sélection de ces trois pays n’a pas laissé de surprendre : les trois plus petits, moins peuplés, guère connus hors de leurs frontières, peu influents. Le Pape a mis de côté les poids lourds, évité le Venezuela trop controversé et privilégié les plus déshérités : les pays andins. Mais aussi les pays les plus indianisés ! Depuis Las Cases, l’Église s’est voulue aux côtés des indigènes mais cette réalité a trop souvent été occultée. En partie parce que les indigènes eux-mêmes s’étaient fait oublier pour survivre. Le « réveil indien » ne date que d’une vingtaine d’années.

Cette néo-indianité avait été diversement accueillie. Dans un premier temps, en effet, elle s’était donnée comme une version locale du « New Age », un néo-paganisme. Il a fallu attendre décembre 2005 pour qu’elle devienne un projet politique, économique et social avec l’élection à la présidence de la Bolivie d’Evo Morales, non pas tant à l’époque en tant qu’Aymara que comme représentant syndical des petits producteurs de coca, les Cocaleros.

Le mouvement gagna l’Équateur avec l’accession à la présidence en 2006 de Rafael Correa. Les deux hommes sont toujours en fonction après avoir été brillamment réélus déjà à deux reprises. Le Paraguay est un cas un peu à part avec l’élection en 2008 d’un ex-évêque, Fernando Lugo, porté par une vague de gauche, démis en 2012, et le retour de la droite traditionnelle en 2013 avec l’élection du président Horacio Cartes.

Les trois chefs d’État sont catholiques. Le pape François est particulièrement lié au président équatorien, le seul des trois qu’il ait reçu en visite privée au Vatican avant son voyage, en avril dernier. Correa occupe en effet une position centrale par rapport à ses deux homologues et fait personnellement le lien entre l’Action catholique traditionnelle et l’actuel mouvement identitaire (quechua en Équateur, accessoirement achuar), les fameux Jivaros, objet d’étude de notre meilleur ethnologue français actuel, Philippe Descola, dans Les lances du crépuscule.

En sautant par-dessus, excusez du peu, la théologie de la libération, morte de son propre succès. Tout se passe, en effet, comme si au cœur de cette Amérique andine l’Église vivait un troisième temps théologique et pastoral, la communion avec les peuples indigènes, avant d’en venir au quatrième annoncé par le pape François dans son encyclique Laudato’si : l’amour de la terre-mère (Pachamama en terre andine).

Le périple andin du Saint-Père sera dominé par cet enseignement. Une grande réunion des « mouvements populaires » aura lieu à Santa Cruz en Bolivie, la seconde après celle qui s’était tenue au Vatican en octobre dernier. C’est une nouvelle voie à défricher pour l’Église. Les conférences épiscopales nationales ont certes toutes un bon bout de chemin à faire pour se mettre au diapason du successeur de Pierre. Notamment dans ces pays andins encore fort marqués par un racisme anti-indien si fortement ancré depuis plus de cinq cents ans. Or ce sont ces mêmes conférences sud-américaines qui avaient attiré l’attention de celui qui n’était encore que le cardinal Bergoglio sur l’enjeu que représentaient l’Amazonie et ses populations autochtones.
L’Équateur possède une partie de l’Amazonie (où vivent les Jivaros Achuars). Après une longue bataille, le président y avait finalement accepté l’ouverture à l’exploration pétrolière d’une zone protégée. Le président Morales en Bolivie vient de suivre, se refusant dans son verbe imagé à jouer les « garde-forestiers » pour les châtelains du Nord, ce qu’il a encore qualifié d’« impérialisme vert ». Pas d’angélisme vert donc, comme en son temps l’Argentin d’adoption Roger Caillois le reprochait au chantre de l’Amazonie brésilienne Claude Lévi-Strauss (sans oublier le fondateur de l’institut d’Ethnologie équatorien Paul Rivet).

Les Indiens ne rejettent pas le progrès ni la croissance pas plus qu’ils ne répugnent au baptême et à une juste évangélisation. Un équilibre, voire une synthèse est à trouver auquel le Saint-Père, lors de ce périple, devrait donner un sens nouveau. 


Monde-2

par Yves La Marck

Le pari réussi de Tsipras

Le Premier ministre grec a obtenu une majorité de 61,3 % lors du référendum du 5 juillet. L’Union européenne n’a plus une seule erreur à commettre.
Le succès, plus fort que prévu, du non  conforte la position personnelle d’Alexis Tsipras, encore renforcée par la démission surprise, dimanche soir, de son ministre de l’Économie Yanis Varoufakis qui lui laisse les mains libres à l’intérieur comme à l’extérieur. Le parti Syriza avait gagné les élections en janvier, tout en manquant de peu la majorité absolue au Parlement. Le Premier ministre sortant, le conservateur Antonis Samaras, avait lui aussi tenté un pari en précipitant des élections qu’il avait perdues. Il subit une nouvelle et cinglante défaite qui l’oblige à quitter la tête de son parti et à laisser une opposition sans aucun leader capable de rivaliser avec le charismatique Tsipras.

Mais le score de 61,3/38,6 s’explique encore par l’abstention, majoritairement au centre, de ceux qui ne pouvaient se résoudre à voter oui ou non, tandis que l’on signalait une participation accrue des jeunes massivement en faveur du non. Le déficit par rapport à janvier est tout de même de 600 000 suffrages.

Le point fort pour Alexis Tsipras est que l’électorat de Syriza représente les deux tiers de ces 61 %. Il domine ses alliés dissidents de droite présents au sein de l’actuelle coalition gouvernementale, les communistes — le parti était hostile au référendum mais les militants ont fait la campagne du non — et les néo-nazis d’Aube dorée qui avaient voté au Parlement en faveur du référendum et du non. Ces calculs vont permettre une recomposition du système politique grec. Tsipras a obtenu le 5 juillet non tant un mandat pour renégocier avec les créanciers de la Grèce qu’un mandat pour gouverner et réformer le pays. Si l’élection de janvier avait constitué un séisme politique, le référendum du 5 juillet s’apparente à une révolution sociale.

On prédisait un score serré, une fracture de la société, prélude à une guerre civile (au moins larvée). Le résultat de 61,3 % balaie ce que certains ont appelé une tentative de coup d’État européen.

Un référendum n’est pas un instrument de négociation mais un acte politique souverain. En tant que tel, il aura des répercussions sur l’électorat et les gouvernants de pays économiquement affaiblis comme le Portugal, l’Espagne, voire l’Italie. Surtout, il influe directement sur le vote britannique à venir, sans doute sur le vote danois, et sur bien d’autres en pointillé. Le retentissement ne s’exerce pas seulement sur les forces de gauche anti-austérité mais sur les forces de droite radicale anti-européenne. Autant en Grèce le camp du oui était-il pro-européen, autant les partis de droite dans les pays eurosceptiques au nord et au centre-est de l’Europe ne le sont pas. Bruxelles devrait y réfléchir à deux fois avant de trancher.

La France occupe dans l’Union une position médiane, comme l’avait déjà montré le résultat du référendum de 2005. Le président Hollande cherche à l’exploiter avec prudence. Il sert de contrepoids à la chancelière allemande face à ses propres troupes outre-Rhin, mais ce n’est pas sans risques auprès de ses électeurs de ce côté-ci.

Le vote du 5 juillet ne devrait pas polariser davantage, en Europe comme en Grèce, mais au contraire permettre de dépasser les divisions autour d’une vision politique commune. On voudrait pouvoir conclure : « l’intendance suivra ». Qu’au moins elle ne décide pas seule de notre avenir commun. 


Europe

par Dominique Decherf

Le nœud gordien

Après la victoire du non au référendum du 5 juillet, qui va trancher le nœud gordien ? « Ou bien s’imposera une discipline démocratique garante des libertés ou bien un homme fort et casqué tirera l’épée. » Ainsi concluait le testament politique du président Georges Pompidou publié sous ce titre après son décès en 1974.

1974 est par ailleurs la date du dernier référendum tenu en Grèce : le 8 décembre, seuls 31,2 % des électeurs (résultat controversé) avaient dit « oui » au retour du roi Constantin II qui avait été démis et le régime monarchique aboli par un précédent référendum organisé le 29 juillet 1973 par le régime des colonels. Au total, cinq référendums entre 1920 et 1974 ont été organisés en Grèce portant tous sur le retour ou non du monarque : oui au retour de Constantin Ier en 1920, non à Georges II en 1924 et en 1935, oui au retour du même en 1946 !

Notez que la Grèce n’a pas tenu de référendum ni en 1981 sur son adhésion à l’Union européenne, ni en 2001 sur le passage à l’euro !!! 
La tenue du référendum en Grèce a donc toujours correspondu à une crise de régime, une crise du système politique grec. Celui du 5 juillet 2015 ne fait pas exception puisque c’est l’ensemble de la classe politique grecque qui s’est exposée. L’issue n’était pas de savoir si la perte de revenus sera de 5, de 25 ou de 50 % mais si cela peut advenir en maintenant un cadre démocratique et libéral ou s’il faut sortir de ce cadre.

Certes l’accession de Syriza en janvier dernier n’est pas comparable à la révolution des œillets au Portugal en 1975. En 1974, à la chute des colonels en Grèce, il n’y a pas eu de retour du roi mais pas non plus de révolution ou de virage à gauche : ce sont les conservateurs de Caramanlis qui ont ramassé le pouvoir comme Thiers à la chute du Second Empire sans restauration monarchique (1873).

En 2015, il n’est plus besoin d’avoir recours à l’armée pour faire tomber un gouvernement grec idéologiquement trop « divergent » (schéma 1967 contre le grand-père de Papandreou), ni même de laisser la bride sur le cou au parti néo-nazi Aube dorée pour le déstabiliser. Il suffit, comme en son temps en Amérique latine, de faire confiance aux théories monétaristes de Milton Friedman. 

L’histoire de la Grèce indépendante (depuis 1821) n’est certes pas de tout repos. Elle manifeste des fractures profondes. Cependant, les historiens font toujours état de la pérennité d’une forme d’unité nationale indéracinable autour de l’idée hellène. Ce sont toujours des forces extérieures qui ont dressé les Grecs les uns contre les autres ou à tout le moins ont permis à leurs divisions ancestrales de s’exacerber en leur donnant les moyens de se combattre : traditionnellement les influences franco-anglaises contre la puissance russe. Des débats des derniers jours autour de ce référendum, on retire la même impression : le peuple grec est fondamentalement uni dans la crise ; il est artificiellement divisé par les influences extérieures. Le référendum le pousse à se couper entre partisans du oui et partisans du non alors qu’ils sont unis sur l’essentiel. Il est dommage que l’Histoire ne permette plus à la dynastie (imposée de l’extérieur mais devenue nationale tout en étant liée par le sang aux familles royales de toute l’Europe, Espagne, Danemark, Grande-Bretagne) d’incarner cette unité profonde des Hellènes. Est-il trop tard ? Et si l’on tenait demain un septième référendum sur le retour du roi Constantin II ou de son fils, le diadoque Paul ? 


Clefs

par Jean Etèvenaux

Carte postale de Rochefort

Même si, près d’un demi-siècle plus tard, Les Demoiselles de Rochefort continuent de nourrir l’imaginaire local — « là sont deux immeubles de la place Colbert que les propriétaires ont refusé de laisser repeindre en blanc comme les autres », « ici c’est la maison du crime », « à cet endroit se trouve l’immeuble où Jacques Demy a donné une grande fête avec son équipe » — la cité charentaise vit aujourd’hui dans le présent. Son actualité reste partagée entre les désengagements de l’armée — même si quelque 4 000 personnes travaillent encore pour la Défense — et une certaine paupérisation tempérée par la volonté de la municipalité d’en faire une ville accueillante, aussi bien pour les quelque 15 000 curistes désireux de bénéficier de ses eaux chaudes que pour tous ceux qui préfèrent les vieux hôtels particuliers ou les petites maisons avec cayenne aux plus lointaines propriétés rochelaises.

Le dernier week-end a connu, notamment le samedi 4, une animation particulière avec les commémorations liées au bicentenaire du dernier passage de Napoléon avant son exil à Sainte-Hélène, ce qui a en quelque sorte complété l’effervescence toujours de mise autour de L’Hermione, qui va rentrer d’Amérique le mois prochain après avoir vogué devant la statue de la Liberté. L’aspect visuel illustré par des groupes locaux de reconstitueurs et la présence de Franck Samson, l’interprète habituel de l’Empereur, a été mis en valeur par la presse régionale. Mais celle-ci s’est contentée de reproduire les programmes touristiques, ne tentant guère d’expliquer à ses lecteurs ce que Napoléon faisait ici le 4 juillet 1815 et ne relevant pas mieux le côté piquant d’un souverain d’il y a deux siècles officiellement reçu aujourd’hui par le général quatre étoiles placé à la tête du commandement des écoles de gendarmerie, qui, du coup, a vu s’ajouter le grand aigle de la Légion d’honneur à ses décorations de la République… Ledit général avait d’ailleurs tenu à ce que le Souvenir napoléonien soit associé à ces manifestations, notamment par des conférences pour le grand public et un voyage pour ses adhérents.

Une grande partie de ces commémorations a connu pour cadre l’un des lieux les plus prestigieux de Rochefort, l’hôtel de la Marine, qui abrite le commandement des écoles de la gendarmerie nationale. Dans cette ville où toutes les rues se coupent à angles droits et où les îlots d’habitation traditionnels demeurent à taille humaine, le bâtiment n’apparaît jamais très éloigné du musée Hèbre de Saint-Clément où revit, grâce à la 3D, l’épopée de Pierre Loti, de l’Arsenal où l’on peut retrouver la copie du radeau de La Méduse, de la corderie royale dont les superbes bâtiments témoignent de l’architecture militaire du Grand Siècle ou des deux formes de radoub rappelant l’importance des chantiers navals. S’y trouvent également une multitude d’autres édifices publics, religieux ou privés situés toujours à proximité d’une Charente remontée par la marée et traversée par des siècles d’Histoire…


In memoriam

par Erwan Violin

Charles Pasqua, l’ombre et la lumière

C’était un homme politique à l’ancienne, avec tout ce que cela peut comporter de part d’ombre. D’accord, Charles Pasqua, c’était le SAC et les opérations barbouzardes, les coups tordus et une conception large, voire un peu floue de la légalité, toutes choses qui révulsent certains chroniqueurs, et qui furent pourtant la pratique la mieux partagée, à gauche comme à droite.
On en oublierait presque le gaulliste intransigeant ainsi que le ministre qui avait fait la preuve d’un vrai sens de l’Etat.
Et puis, combien de ses contempteurs vertueux auraient été capables, à quinze ans, de risquer leur peau pour la France et la liberté ?


Livres

par Catherine Pauchet

Sélection d’été

Polar

La boite à musique

Lane, trente ans, est une femme active et raffinée. Assistante d’une célèbre décoratrice d’intérieur qui magnifie les luxueux penthouses de New York, elle se voit confier une mission inhabituelle : décorer à peu de frais la modeste maison des Bennett, mère et fils. Dans une vie antérieure, tous deux ont été riches et courtisés ; c’était au temps où Parker Bennett, le patriarche, faisait fortune. Depuis le banquier a disparu en mer laissant un trou de plusieurs milliards de dollars dans le fonds d’investissement qu’il présidait et une nuée de petits porteurs ruinés les épient à l’affût du moindre indice qui permettra à la police de récupérer leurs économies. Très vite, Lane comprend que, coincée entre les avances du fils Bennett et la hargne des actionnaires lésés, elle et bientôt les siens risquent les pires ennuis. Luxe, tempête et volupté… le dernier Mary Higgings Clark pourrait être le best-seller de l’été.

« La boite à musique », Mary Higgings Clark, Albin Michel, 358 p., 22,50 €.

Jeunesse

Diabou Ndao

La gourmandise est un vilain défaut, mais comment résister au croquant des gnioules, ces délicieuses noix de palmier dont tous les enfants africains raffolent ? La petite Diabou Ndao en abuse. La nuit, on l’entend casser, encore et toujours, les gnioules à l’aide d’une pierre plate et rien ne l’en distrait. Pas même le lion qui vient d’entrer dans le village et s’approche. Ce conte sénégalais se présente sous la forme d’un album et d’un CD. Dès 3 ans.

« Diabou Ndao » raconté par Mamadou Diallo et illustré par Vanessa Hié, Syros, coll. Paroles de conteurs, 15,90 €.

Histoire

Le peuple et les choses

A quoi ressemblait Paris au XVIIIe siècle ? A un cloaque à ciel ouvert, boueux et puant. La population y vit dans une grande misère et dans l’insalubrité. Partout, la saleté règne. L’eau est polluée car la Seine charrie les résidus des tanneries, divers immondices et jusqu’aux cadavres. A chaque instant, on risque l’accident, la faute aux carrosses qui filent dans les rues étroites. Les bêtes traversent la ville par troupeau entier ; rats et chats pullulent. Mais il y a aussi des moments de joie quand la population se retrouve pour badiner autour des fontaines ou le long des promenades, deux lieux typiquement parisiens. L’historienne Arlette Farge dresse un portrait hallucinant de la capitale autrefois.

« Le peuple et les choses. Paris au XVIIIe siècle », Arlette Farge, Bayard, 250 p., 20 €.

Revue

Chine. Au-delà des mythes

Pays gigantesque avec un milliard et demi d’habitants, la Chine a toujours fasciné l’Occident, qu’il s’agisse des dynasties anciennes ou des temps maoïstes. Les Cahiers de Science & Vie consacrent un numéro à ce géant partagé entre tradition et modernité. Parmi les sujets abordés : le confucianisme, la mer de Chine, la route de la soie, les idéogrammes, les fumeurs d’opium, les dragons, la cuisine, le calendrier…

« Chine. Au-delà des mythes », Les Cahiers de Science & Vie, juillet 2015, 5.95 €. En kiosque.


Cinéma

par Marie-Christine Renaud d’André

Les Minions

Ils ont beau se démener, pour servir les plus grands méchants de l’humanité, dont Napoléon lui-même, les Minions n’ont pu les empêcher de mourir. Aujourd’hui, sans patron, ils se sont réfugiés dans une grotte et sombrent dans la dépression. Heureusement, Kevin n’est pas du genre à se laisser aller, et, avec l’aide de Stuart et de Bob, il décide de partir à la recherche d’un nouveau patron. 

Leur périple va les conduire à New York, puis en Floride, où ils deviennent les sbires de la plus grande méchante de tous les temps, Scarlet Overkill. Celle-ci a une grande ambition : dérober la couronne d’Angleterre et monter sur le trône. Pour cela, elle expédie ses nouveaux acolytes dans le Swinging London des années 60.

Avec leur allure de gélule jaune et leur drôle de langage, composé de borborygmes en français, espagnol, anglais, etc., les Minions ont séduit petits et grands dans Moi, moche et méchant, du Français Pierre Coffin (qui a assuré le doublage de ses petits héros), qui signe ce que l’on appelle une préquelle, car le film raconte les débuts de ces drôles de bonshommes. 
Dans ce périple réjouissant, on passe donc de l’Antarctique à Londres, où l’on rencontre même la reine d’Angleterre, déchue de son trône. Les gags sont très amusants, avec beaucoup d’inventivité et de clins d’œil, en particulier aux Beatles traversant Abbey Road (on ne voit que le bas de leurs pantalons !). Mais il est dommage que l’on ne rie pas plus souvent et qu’il y ait quelques outrances.

Animation américaine en 3D (2015) de Pierre Coffin et Kyle Balda, avec Sandra Bullock/Marion Cotillard (Scarlet Overkill), Jon Hamm/Guillaume Canet (Herb Overkill), Steve Carell/Gad Elmaleh (Gru jeune), Pierre Coffin (les Minions) (1h34). (Adolescents) Sortie le 8 juillet 2015.

Microbe et Gasoil

Théo a bricolé un engin, avec un moteur de tondeuse sur lequel il a construit une cabane à roulettes. À bord de cette voiture étrange, il part sur les routes, avec son ami Daniel, sans prévenir leurs proches.

On connaît le goût de Michel Gondry pour les histoires singulières et les objets qui le sont encore plus. Dans cette aventure, il fait revivre aux spectateurs les envies et les folies de deux adolescents, qui se cherchent et partent, sur la route, à la recherche d’eux-mêmes, loin de leurs parents. Il y a beaucoup de drôlerie (mais pas assez !) dans cette œuvre pleine de charme. Mais il y a aussi des scènes ratées dans un ensemble qui manque un peu de rythme.
Dans ce voyage initiatique, les héros vont réveiller leur personnalité, tout en faisant preuve d’un certain courage. Mais leur fugue, ainsi que les dangers encourus avec leur engin à roulettes appellent des réserves.

Comédie française (2015) de Michel Gondry, avec Ange Dargent (Daniel, Microbe), Théophile Baquet (Théo, Gasoil), Diane Besnier (Laura), Audrey Tautou (Marie-Thérèse), Vincent Lamoureux (Steve), Agathe Peigney (Agathe) (1h43). (Grands adolescents) Sortie le 8 juillet 2015. 

Amy

Morte à l’âge de 27 ans, Amy Winehouse était une chanteuse de jazz et de blues.

Il est difficile de résister à cette voix magnifique et à cette vie tragique. Avec des témoignages de ses proches, le réalisateur brosse un portrait aussi émouvant que fascinant. Mais quelle tragédie !
La vie de la chanteuse a été massacrée par la drogue, les scènes avec son petit ami, les arrestations, etc., mais illuminée par la passion de la musique.

Documentaire américain (2014) de Asif Kapadia, avec les voix de Blake Fielder, Chip Somers, Guy Moot (2h07). (Grands adolescents) Sortie le 8 juillet 2015.

Daddy Cool

Parce qu’il a perdu son travail, du fait de sa maladie maniaco-dépressive, la femme de Cam décide de reprendre ses études à New York, en lui laissant leurs deux filles. 

En s’inspirant de son enfance, Maya Forbes met en scène ce père atypique, qui, malgré son déséquilibre, ne sait plus quoi inventer pour faire plaisir à ses filles (faire des crêpes délicieuses, sculpter des fruits, coudre une robe de flamenco, etc. Entre rires et larmes, cette œuvre décrit, avec finesse le comportement d’un maniaco-dépressif, sans lourdeur ni jugement de valeur. Il reste que l’on ne peut qu’être ému par cet homme, certes instable, mais débordant d’amour pour les siens.

Comédie dramatique américaine (2014) de Maya Forbes, avec Mark Ruffalo (Cam Stuart), Zoe Saldana (Maggie Stuart), Imogene Wolodarsky (Amelia Stuart), Ashley Aufderheide (Faith Stuart), Kum Juch (Kim) (1h30). (Adolescents) Sortie le 8 juillet 2015.


LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

5%

C’est le taux de la baisse du nombre des morts sur la route en juin 2015, selon Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur qui a précisé que ce pourcentage représentait 15 vies sauvées par rapport à juin 2014. Le ministre a cependant rappelé que la baisse intervenait après quatre mois de hausse régulière. Le chiffre de juin ramène en fait la hausse à 1,5% contre 3,5% en 2014. Cette dernière année avait en effet enregistré la première hausse du nombre des décès (3 384) depuis douze ans. L’objectif du gouvernement est de parvenir à 2 000 décès pour l’année 2020.

Inaugurant un radar ultra perfectionné sur l’autoroute A6, Bernard Cazeneuve a en outre annoncé que 13 000 policiers et gendarmes seraient déployés sur les routes pendant l’été.


D’un jour à l’autre

France

Bioéthique

La Cour de cassation a validé le 3 juillet l’inscription à l’état civil des enfants nés d’un père français et d’une mère porteuse à l’étranger via une gestation pour autrui (GPA), pratique encore interdite en France. Le Premier ministre Manuel Valls a dit en avoir pris acte.

Politique

Le 29 juin, l’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua, figure souvent controversée du gaullisme, est décédé à l’âge de 88 ans.

Agriculture

Après la « nuit de la détresse », la grève des fermiers de France s’est intensifiée à Rennes, vendredi 3 juillet au matin, quand les agriculteurs en colère ont placé du fumier devant certains bâtiments administratifs et des supermarchés pour protester à travers toute la France contre les prix trop bas de leurs produits, notamment sur le lait et la viande.

Grande Distribution  

A la suite d’une procédure lancée par le ministère de l’Économie, la centrale d’achat des supermarchés Leclerc a été condamnée, le 4 juillet par la cour d’appel de Paris, à reverser 61,3 millions d’euros à 48 marques dont Ferrero (9,3 millions d’euros), Fleury-Michon (4,9 millions) ou Bonduelle (2,5 millions) à qui elle avait extorqué durant des années des surremises de fin d’année exorbitantes.

Climat

La première semaine de juillet, une centaine de bouches d’incendie de pompiers ont été vandalisées dans les villes de Lille, Roubaix et Tourcoing, puis en banlieue parisienne (Pantin, Aubervilliers, Bondy), créant en pleine canicule des piscines municipales improvisées dans la rue mais mettant en difficulté les services de secours.

Télévision

Alain De Greef, directeur des programmes de Canal+ de 1986 à 2000, est mort le lundi 29 juin, à l’âge de 68 ans.

Wikileaks

Le lanceur d’alerte australien Julian Assange, 43 ans — sous le coup d’un mandat d’arrêt européen lancé par la Suède à la suite d’une accusation de viol — a demandé l’asile politique au président Hollande. Une heure après que le quotidien Le Monde avait publié sa lettre, le 3 juillet, un communiqué sur le site Internet de l’Élysée a fait savoir que la demande était rejetée. Julian Assange est enfermé depuis deux ans dans les locaux de l’ambassade d’Équateur à Londres.

Monde

Grèce

Le référendum du dimanche 5 juillet sur le plan économique européen a donné la victoire au non avec 61,3% des votants.

Afrique

Le président Hollande a effectué une tournée express, les 2 et 3 juillet, vers l’Angola, en passant par le Bénin et en revenant par le Cameroun.

Égypte

Début juillet, le groupe djihadiste Daesh a lancé une série d’attaques contre l’armée égyptienne dans le Sinaï, faisant 70 morts. Pour les stopper, des F-16 de l’armée égyptienne ont bombardé la ville de Cheikh Zouweid.

Indonésie

Un avion militaire C-130 Hercules s’est écrasé sur un hôtel dans un quartier de la ville de Medan à Sumatra, faisant des dizaines de morts au sol. On ne compte aucun survivant parmi les 113 passagers.

Philippines

Au moins 36 personnes sont mortes le 2 juillet dans le naufrage par gros temps d’un ferry qui transportait près de 200 personnes, dans le centre des Philippines.

Taïwan

Le décryptage des boîtes noires de l’avion de la compagnie TransAsia qui s’était abîmé dans une rivière après son décollage de l’aéroport de Taipei, causant la mort de 43 des 58 passagers, a permis d’établir que le pilote a coupé lui-même le moteur « en tirant sur une mauvaise manette ».

Tunisie

Le président Béji Caïd Essebsi a décrété le 4 juillet le retour à l’état d’urgence (qui avait sévi de janvier 2011 à mars 2015). Huit jours après le massacre qui a fait 38 morts sur une plage de Sousse, il donne des pouvoirs supplémentaires à la police et limite le droit de grève. Les demandes d’annulation de séjours touristiques pour juillet frôleraient les 80 %. Le gouvernement a annoncé des mesures fiscales pour sauver un secteur qui, si on prend l’ensemble des acteurs concernés, assure presque 500 000 emplois et représente 15 % du produit intérieur brut (5 milliards et demi d’euros en 2013).

Nigeria

Le 1er juillet, Boko Haram, désormais affilié au groupe État Islamique (EI), a attaqué simultanément six villages de l’État de Borno, situés au nord-est du pays, faisant plus de 200 morts. à Potiskum, dans l’État de Yobe, nord-est du pays également, 5 chrétiens ont été tués le 5 juillet par un attentat-suicide à l’intérieur d’un temple pentecôtiste. A Jos, dans le  centre du pays, deux attentats ont fait 44 morts dans une mosquée et un centre commercial.

Syrie

La destruction, le 28 juin, de la sculpture du lion d’Al-Lat (lion d’Athéna) à l’entrée du musée de Palmyre par l’État Islamique a été annoncée le 2 juillet. Une vidéo montrant l’exécution de 25 soldats syriens par des adolescents dans l’amphithéâtre romain peu après la prise de la cité antique le 21 mai, a été publiée sur Internet le 4 juillet.

Les islamistes « modérés » ont pris, le 4 juillet, des positions importantes aux forces gouvernementales dans Alep, ancienne capitale économique du pays.
L’aviation américaine aurait tué 30 personnes le 4 juillet en bombardant Raqua, capitale de l’EI en Syrie.
 
Yémen

Cheikh Ahmed, émissaire de l’Onu, est arrivé à Sanaa le 5 juillet, dans l’espoir d’obtenir une trêve humanitaire alors que les bombardements saoudiens et les combats entre rebelles houtis et forces loyalistes ont encore fait une centaine de morts la semaine dernière notamment sur le territoire d’Aden, principale ville du pays, qui manque d’eau et de nourriture car ses ports sont bloqués.

Ukraine

Faute d’un accord sur les tarifs le 30 juin dernier, l’Ukraine a annoncé qu’elle se passera de gaz russe pour l’hiver 2015. Elle compte sur la solidarité de certains pays européens dont la Norvège, grand producteur, mais aussi de la Pologne, de la Slovaquie ou de la Hongrie (qui se fournissent partiellement en gaz russe).

Sport

Cyclisme

La troisième étape du Tour de France, entre Anvers et Huy a été sérieusement perturbée par une chute impliquant une vingtaine de joueurs du peloton. Le maillot jaune, Fabian Cancellara a également été touché.

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