L’événement – 1
par Serge Plenier
Taxe d’habitation : sortir du piège
Le piège de la taxe d’habitation va-t-il se refermer sur Emmanuel Macron ? Alors que le chef de l’Etat avait promis l’abolition progressive de cet impôt à compter de 2018, voici que 6027 communes ont décidé d’augmenter leur taux, réduisant à néant l’effet de la réforme. Bien sûr, il faut rappeler que ce chiffre ne représente que 15% des communes, mais ce 15% suffit à jeter un doute sérieux sur les méthodes du pouvoir exécutif.
Les maires qui ont augmenté leur taux de taxe d’habitation ne l’ont pas fait de gaité de cœur, encore moins par pure volonté de nuire à l’action gouvernementale. Pour la plupart, il s’agit de compenser la baisse, souvent dramatique, des dotations de l’Etat, une baisse d’ailleurs entamée dès le quinquennat de François Hollande. Pour certains, il s’agit aussi de financer des équipements prévus de longue date. Comme le rappelle l’Association des Maires de France, dans son communiqué du 12 octobre dernier, rappelle que les communes « sont les premiers investisseurs publics loin devant l’Etat ».
Mais, quelles que soient les motivations des maires, qui n’ont fait qu’appliquer le principe constitutionnel de libre administration des collectivités locales, la réponse du gouvernement et de ses soutiens, n’a pas été à la hauteur, c’est le moins qu’on puisse dire. Il y a d’abord eu l’ignoble « #BalanceTonMaire », lancé par des militants de LREM, et vite désavoué. Il y a eu aussi la réaction vexée du Premier ministre accompagnée de la diffusion à grande échelle des taux de toutes les communes. Ce pouvoir a décidément un problème avec les territoires et ceux qui les administrent.
Surtout, ce nouveau cafouillage démontre à l’évidence la volonté de recentralisation aujourd’hui à l’œuvre, une volonté qui ne peut à la longue que s’avérer délétère. On a voulu couper dans une ressource essentielle des collectivités locales sans étudier à fond les conséquences d’un tel bouleversement. Le manque à gagner sera compensé à l’euro près ? On veut bien le croire, mais la formule, cent fois utilisée, ne suscite plus guère que le scepticisme.
Elus les plus populaires, les maires, se dépensent sans compter pour leur commune. Ils méritent mieux qu’un mépris enrobé de phrases creuses. Ils méritent, enfin, une nouvelle étape de la décentralisation, ils méritent une décentralisation qui leur donnera les moyens de leur dévouement.
L’événement – 2
par Jean-Gabriel Delacour
Haro sur les populistes
Ils sont partout, les populistes. Dès qu’une élection consacre le développement d’un parti ou d’une personnalité plus ou moins anti-système, l’épithète lui est accolée. On vient de le voir en Allemagne avec la consultation régionale en Bavière comme au Québec au début du mois ou lors de la victoire de Donald Trump aux États-Unis il y a deux ans tout comme, aujourd’hui, la spectaculaire apparition du Brésilien Jair Bolsonaro. En France, le mot est appliqué aussi bien à Jean-Luc Mélenchon qu’à Marine Le Pen. À l’étranger, il est utilisé aussi bien pour divers pays d’Amérique latine — plutôt pour des situations passées — qu’en Europe. Sur notre continent, certains discernent un arc centre-méditerranéen comprenant la Pologne, la Hongrie, l’Autriche, la Slovaquie et l’Italie, sans oublier quelques solides implantations en Belgique, en Bulgarie, au Danemark, en Espagne, en Estonie, en Finlande, en Grèce, en Lettonie, en Lituanie, aux Pays-Bas, en République tchèque, au Royaume-Uni, en Slovénie ou en Suisse ; existe aussi le cas particulier de la Grèce — où Syriza a été amenée, avec Alexis Tsipras, à appliquer ce qu’elle dénonçait…
On se trouve en tout cas très loin de l’acception d’origine qui désignait un mouvement politique d’inspiration socialiste dans la Russie tsariste de la fin du XIXe siècle ou un manifeste littéraire dans la France des lendemains de la Grande Guerre. Chez nombre de commentateurs, le mot a fini par devenir une sorte de slogan réducteur empêchant toute discussion. Il doit jeter l’opprobre sur un contradicteur, comme, autrefois, on en usait avec l’épithète d’« anti-communiste primaire ». Dans un de ses derniers ouvrages, Populisme, les demeurés de l’Histoire (Paris / Perpignan, Le Rocher, 2015, 268 pages), Chantal Delsol a bien exposé que le terme « est d’abord une injure » pour désigner des formations politiques rassemblant essentiellement « des idiots, des imbéciles et même des tarés ».
Plus profondément, la philosophe y a décelé « une réticence de l’opinion dominante à accepter le destin d’une véritable démocratie dans l’espace européen ». De manière explicite ou non, les élites politiques et médiatiques se servent effectivement du mot pour repousser les manières de voir autres que les leurs, en s’appuyant sur les « spécialistes » et les « experts » confortant le point de vue officiel. De leur côté, les populistes récusent les dirigeants qui, prétendant parler en leur nom, ne tiennent pas compte de leurs opinions et les rejettent dans les ténèbres en les stigmatisant ; que ce soit au niveau national ou européen, en effet, ceux qui gouvernent sont tellement convaincus d’incarner le Bien et la Vertu qu’ils ne laissent ni espace ni espoir à ceux qui ne vont pas dans le même sens qu’eux. C’est ce qu’a expliqué le président Macron, pour lequel le populisme ne constitue qu’« une lèpre » face à laquelle tous les « progressistes » doivent se soutenir, surtout au niveau européen.
Politiques
par Alice Tulle
Remaniement lent
Selon le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, le remaniement devait être une question de jours. Le Premier ministre devait remettre sa démission au président de la République le 8 octobre, être confirmé dans ses fonctions puis constituer un nouveau gouvernement largement remanié au fil des concertations avec l’Élysée, prononcer un discours de politique générale devant l’Assemblée nationale et solliciter un vote de confiance qui lui aurait été largement accordé…
Le 9 octobre, Édouard Philippe est reçu comme prévu par Emmanuel Macron mais il ne propose pas sa démission et le remaniement est reporté au retour du voyage présidentiel en Arménie. Tout au long de la semaine, les rumeurs vont bon train. Elles portent sur les noms des pressentis et des démis mais aussi sur les désaccords qui auraient surgi entre l’Élysée et Matignon sur les noms des nouveaux ministres et sur les pouvoirs effectifs d’Édouard Philippe.
La longueur inhabituelle de la transition d’une équipe ministérielle confirme la faible capacité de renouvellement d’un gouvernement qui ne s’appuie pas, comme par le passé, sur un parti historique – tels le RPR, l’UMP, le Parti socialiste. Ce constat devenu banal étant rappelé, on ne saurait exagérer les conflits entre le président de la République et son Premier ministre. Les conflits de ce type qui ont existé dans l’histoire de la Ve République procédaient de véritables oppositions politiques et sociologiques, à l’intérieur d’une même majorité, entre giscardiens et chiraquiens, entre mitterrandistes et rocardiens. Même si Édouard Philippe vient de la droite et Emmanuel Macron de la gauche, il y a identité de vues entre les deux hommes sur la politique économique et sociale, sur la politique européenne, sur les grandes affaires internationales et rien ne permet de dire, pour le moment, que le Premier ministre est saisi par l’ambition présidentielle. Cependant, cette période d’attente n’est pas sans conséquences fâcheuses. Comme avant les élections nationales, la haute administration s’est figée : au vu des déplacements ministériels annulés, des réunions reportées, des décisions différées, on ne peut souscrire aux affirmations de Benjamin Griveaux sur la nécessité pour le Président de prendre son temps pour mieux agir en professionnel de l’action publique. Il y a des urgences. Évoqués par Gérard Collomb lors de son départ, les « problèmes immenses » qui se posent dans certains quartiers continuent de s’aggraver – qu’il s’agisse du communautarisme islamiste ou des violences liées au trafic de drogue.
Le flottement dans les ministères n’a pas profité aux oppositions. La droite est tiraillée entre l’attirance pour Emmanuel Macron et une contestation qui n’a pas trouvé ses thèmes porteurs. Le Rassemblement national est empêtré dans ses difficultés financières et judiciaires. La France insoumise est profondément divisée entre la tendance islamo-gauchiste et les partisans d’un souverainisme de gauche, Jean-Luc Mélenchon naviguant à l’estime entre les opinions contraires. Le Parti socialiste, qui a quitté son siège de la rue de Solférino où il triomphait en 1981, vient de perdre toute son aile gauche. Quelle que soit la composition du nouveau gouvernement, le calme continuera de régner sur le front parlementaire.
Monde
par Yves La Marck
Le vote Bolsonaro
L’ampleur du vote en faveur de Jair Bolsonaro au premier tour de la présidentielle brésilienne s’explique par une conjonction de facteurs négatifs qui ne préfigurent pas positivement de ce que serait son mandat s’il était élu le 28 octobre.
Jair Bolsonaro a manqué de peu son élection présidentielle dès le premier tour. Pour un candidat marginal, un député de base de Rio de Janeiro, peu connu nationalement, crédité de quelques pour cent au début de la campagne, son ascension a été fulgurante. Aucun sondage ne le créditait des 46 % qu’il a obtenus dans les urnes contre 29 % à son suivant, Fernando Haddad. Certains gardent l’espoir d’une réaction dans l’opinion d’ici le second tour. Le nombre de bulletins blancs et nuls a atteint dix millions (près de 10 % des votants), traduisant l’embarras d’un grand nombre. Pour autant les sondages donnent Bolsonaro vainqueur à 60 contre 40.
Les électeurs qui ont voté Bolsonaro sont sans doute les premiers surpris de se retrouver si nombreux à avoir fait le même choix alors que leurs motivations respectives sont si différentes. Le vote Bolsonaro a en effet été analysé essentiellement comme un vote négatif : au rejet viscéral des opposants de toujours de la gauche incarnée par le Parti des Travailleurs (PT) et à la disqualification de la droite modérée classique qui a perdu toutes les élections depuis 2002 (après avoir gouverné de 1985 à 2002), s’ajoute la déception d’une génération de partisans de Lula, l’ex-président de 2002 à 2010. Ce basculement peut expliquer pourquoi le candidat du PT Fernando Haddad n’a pas été en mesure d’atteindre les scores que les sondages accordaient à Lula avant son invalidation.
Le PT a d’abord commis une erreur tactique grave, celle d’avoir maintenu jusqu’à la dernière minute la candidature de Lula emprisonné. Haddad n’a pu ainsi se faire connaître nationalement. La seconde erreur d’appréciation a été de confondre Lula et le PT Or la popularité de Lula ne s’est pas transmise à l’ensemble d’un parti usé par le pouvoir. Lula a permis à environ vingt millions de pauvres d’accéder à un niveau de vie plus décent. Ceux-là qui n’avaient rien ont soudain pu acquérir quelques biens – ne serait-ce qu’un réfrigérateur – qu’ils ne songent plus maintenant qu’à conserver. Leur première préoccupation de nouveaux nantis est de se protéger de l’insécurité qui a crû en proportion de l’enrichissement. Le nombre de crimes n’a jamais été aussi élevé pour un pays déjà connu pour être violent. Que dire des vols !
Bolsonaro a touché la corde sensible quand il a centré sa campagne sur l’ordre. Plus son propos était excessif dans le sens de l’exercice de la force, mieux il était reçu par toutes les couches de la population.
Or c’est aussi sa faiblesse. Le prochain mandat est menacé par la crise monétaire qui risque de remettre en cause l’enrichissement précité et de reprolétariser les ex-pauvres. Une thérapie de choc, dans le genre de celle imposée au Chili par le général Pinochet grâce aux économistes de Chicago dont Bolsonaro vante les mérites, ne sera vraisemblablement pas bien accueillie dans la rue.
Quant à l’armée, dont Bolsonaro est un adepte, quoique n’y ayant jamais dépassé le grade de capitaine, elle n’est plus l’ancienne armée qu’il a connue lors de la dictature militaire (1964-1985). C’est une armée moderne, démocratique, qui n’aspire pas à exercer le pouvoir, mais qui peine à se gérer : armée de 334 000 hommes, qui doit exercer le contrôle de milliers de kilomètres de frontières, avec une profondeur de 150 km, face à dix pays sud-américains dont certains problématiques comme le Venezuela et la Colombie, et qui doit, de surcroît, mener des opérations « sentinelle » partout à travers les grandes villes – tandis qu’elle répugne clairement à faire le coup de feu dans les favelas. Les trois quarts des dépenses du budget de la défense passent aux charges de personnel et aux retraites, ce qui ne prédispose pas les militaires à l’ultra-libéralisme, et la faiblesse des équipements de l’armée ne lui permet plus qu’une dérisoire figuration internationale. Oubliée l’époque où elle ambitionnait l’hégémonie sur l’Atlantique sud. Le recours à l’armée n’est pas la solution miracle contrairement aux aspirations du candidat Bolsonaro.
Des coalitions informes et mouvantes entre les formations qui n’ont pour la plupart aucune ligne idéologique et ne sont que des lobbies sont le lot de toute présidence. Or c’est cette situation qui, par l’obligation de compromis et de transactions, entretient une forme banale, si l’on peut dire, de corruption de la classe politique. La moitié des congressistes a été renouvelée, mais sans réelle conséquence sur le système. Alors que la course à la présidence prenait cette tournure, le Congrès continuait sur sa lancée avec une trentaine de partis représentés dont le plus important – le PT ne dépasse pas 56 sièges, le second étant le petit parti libéral auquel Bolsonaro avait adhéré et qui fait un bond de 8 à 52 sièges, le tout sur un total de 513. Des coalitions informes et mouvantes entre les formations qui n’ont pour la plupart aucune ligne idéologique et ne sont que des lobbies sont le lot de toute présidence. Or c’est cette situation qui, par l’obligation de compromis et de transactions, entretient une forme banale, si l’on peut dire, de corruption de la classe politique. La moitié des congressistes a été renouvelée, mais sans réelle conséquence sur le système.
Religion
par Gérard Leclerc
La radicalité de l’Évangile
Que François parle le langage de la radicalité ne saurait nous étonner. Tout son passé l’annonçait, et son pontificat ne cesse de l’attester. Parfois cette radicalité choque les esprits contemporains, ahuris d’être ainsi secoués sans ménagement. Ainsi, lorsque le Pape ose parler de l’avortement comme d’un « recours à un tueur à gages », il brave tous les canons en cours, au moment où chez nous une offensive de vaste ampleur est lancée contre le droit à la clause de conscience. Et le conseil de l’Ordre des médecins de s’insurger. Il est vrai que ledit conseil s’inscrit désormais dans une ligne « progressiste », avalisant la PMA pour toutes, au risque d’ailleurs d’un grave déchirement des consciences de la profession, très loin en deçà de sa déontologie fondatrice.
Du coup, on s’aperçoit que ce Pape avait été peut-être imprudemment loué en vertu de ses prétendus accommodements avec le monde contemporain. C’était oublier que l’ouverture est charité à l’égard de tous, souci du prochain et du lointain, mais jamais au prix de l’abandon des exigences de l’Évangile. De là, son homélie de dimanche, pour la canonisation de Paul VI, de Mgr Romero et de cinq autres témoins de la foi : « Jésus est radical. Il donne tout, et demande tout. Jésus ne se contente pas d’un pourcentage d’amour : nous ne pouvons pas l’aimer à vingt, à cinquante ou à soixante pour cent. Ou tout ou rien ! Jésus nous invite à retourner aux sources de la joie, qui sont la rencontre avec lui, le choix courageux de prendre des risques pour le suivre, le goût de quitter quelque chose pour embrasser sa vie. »
Quand Vatican II fait appel à la vocation universelle à la sainteté, ce n’est pas pour favoriser les demi-mesures, mais entraîner tout le peuple chrétien dans les mêmes exigences. Pourtant, lorsque le même François privilégie aussi la thématique de la miséricorde divine, ne semble-t-il pas aller à l’inverse de cette radicalité ? Sûrement pas, la miséricorde ne consiste pas dans l’ignorance des préceptes divins. C’est la sollicitude de Dieu qui permet aux pécheurs de se ressaisir pour retrouver la voie de la perfection évangélique. La fameuse parabole de l’ascenseur, chère à Thérèse de l’Enfant-Jésus, pourrait être ici invoquée. Si François intervient si vigoureusement sur la question de l’avortement, c’est pour rappeler la réalité de la faute, aujourd’hui niée jusqu’à en faire un droit fondamental. Le même Pape tend une main secourable à toutes celles et à tous ceux qui sont associés à ce déni de la vie humaine, pour les relever. « Dans la difficulté, et au milieu des incompréhensions », mais « de manière passionnée » pour témoigner « de la beauté et de la joie de suivre Jésus totalement ».
Mémoire
par Fabrice de Chanceuil
L’Europe a-t-elle raté la paix en 1917 ? (1)
Tel est le titre du colloque qui s’est tenu le 2 octobre dernier à l’Institut culturel Hongrois Balassi à Paris à l’initiative de plusieurs associations (Carrefour des acteurs sociaux, La Fédération, Vivre l’Histoire ensemble !, Droits du religieux ancien combattant et Institut d’histoire des monarchies) sous la direction d’Henri Peter et avec la volonté d’apporter des regards croisés sur la question posée.
L’année 1917 est effectivement une année charnière au cours de la Première Guerre mondiale en raison de l’enlisement du conflit, de l’épuisement des belligérants, tant au point de vue humain qu’économique, de l’arrivée sur le trône d’Autriche-Hongrie de l’Empereur Charles, résolument pacifiste, et de la défection de la Russie devenue communiste.
Après un accueil par Janos Havasi, directeur de l’Institut Balassi et une ouverture par Gergely Fejerdy, Premier conseiller de l’Ambassade de Hongrie représentant l’Ambassadeur en mission à Budapest, la matinée a été consacrée aux tentatives de paix à l’initiative des Puissances centrales.
Le Professeur Gergely Romsics, directeur de recherche en histoire de l’Académie hongroise des sciences a tout d’abord apporté un regard hongrois sur le sujet en indiquant que l’Autriche-Hongrie avait aussi des buts de guerre, notamment dans les Balkans, et que, le conflit avançant, si elle était prête à faire des concessions, elle restait inflexible sur sa frontière italienne. Finalement, l’impossibilité de trouver une position commune avec l’Allemagne, avec laquelle l’Autriche-Hongrie était intimement liée, n’a pas permis d’aboutir à une solution.
C’est un regard français mais aussi circulaire qu’a présenté ensuite le Professeur Georges-Henri Soutou, professeur à la Sorbonne et à l’Institut d’études politiques de Paris, en expliquant tout d’abord qu’avec la Première Guerre mondiale, l’Europe entre dans une nouvelle ère des relations internationales. Alors que jusqu’alors, il n’y avait pas de conflits sans que, parallèlement, ne fussent entamées des négociations officielles pour y mettre fin, aucune discussion de ce type n’a été engagée pour ce conflit, même si ont été faites des propositions publiques de paix par certains belligérants, laissant ainsi les chances de paix à des négociations secrètes.
Celles-ci ont été lancées dès 1915 mais la plus marquante a été celle conduite en 1917, à la demande de l’Empereur Charles, par ses beaux-frères les Princes Sixte et Xavier de Bourbon-Parme qui échouera en raison de l’opposition du ministre austro-hongrois des affaires étrangères, le Comte Ottokar Czernin, à une paix séparée n’incluant pas l’Allemagne.
Indépendamment de celle du Pape Benoît XV qui sera développée plus longuement l’après-midi, d’autres tentatives ont eu lieu par la suite, sans plus de succès, à l’initiative d’Aristide Briand et du Baron Oscar von der Lancken, de Paul Painlevé, du Comte Harry Kessler et de Richard von Kühlmann.
L’échec de ces tentatives s’explique par le fait que, à par peut-être l’Empereur Charles réellement habité par un désir de paix, les protagonistes recherchaient avant tout la réalisation de leurs buts de guerre : gain de territoires (en particulier le retour de l’Alsace-Lorraine pour la France et l’obtention du Tyrol et du Trentin pour l’Italie), recouvrement de leur souveraineté pour les États occupés (Belgique, Serbie et Monténégro) ou bien encore prise de contrôle indirect sur leurs voisins (choix fait par l’Allemagne notamment sur la Pologne et la Belgique plutôt qu’une annexion).
Une autre tentative encore fut celle de Mathias Erzberger, développée par Rainer Geiger, professeur de droit international, apportant ainsi un regard allemand sur le sujet. Député du Zentrum au Reichstag, Erzberger inspira une résolution de paix du Parlement allemand en 1917 qui rencontra une vive opposition du Grand Quartier général dirigé par le Général Erich Ludendorff et qui, ce ce fait, n’aboutit pas, amenant le conférencier à estimer que le militarisme allemand a été le principal responsable de l’échec de la paix.
Idée en partie contestée lors de la table ronde qui a suivi rassemblant également Catherine Horel, directrice de recherche au CNRS et la Princesse Marie-Thérèse de Bourbon-Parme, descendante des négociateurs de 1917, qui a montré que chaque camp avait effectivement ses jusqu’au-boutistes, entraînant les peuples dans une « mystique de la guerre » faisant de la Première Guerre mondiale une guerre totale peu propice aux compromis.
Clefs
par Jean Etévenaux
Bernard Buffet et Jean Couty se retrouvent
Si Bernard Buffet est décédé en 1999, Jean Couty est mort huit ans plus tôt, en 1991. Le dernier était né en 1907, alors que le premier n’a vu le jour qu’en 1928. L’on peut néanmoins dire que tous deux ont traversé le siècle, Jean Couty commençant à dessiner au lendemain de la Première Guerre mondiale et Bernard Buffet de la Seconde. Représentant l’un et l’autre une peinture figurative et expressionniste pas toujours appréciée des critiques contemporains, ils ont également su se servir de couleurs variées retenant l’œil du spectateur. Bien sûr, l’un est plus tourmenté que l’autre, puisque les verticales de Buffet présentent un côté grave que les arrondis de Couty ne soulignent pas, mais ils peuvent être qualifiés en commun de chercheurs de sagesse attachés au réel et à ce qui se trouve derrière. Cela explique d’ailleurs leur longue présence au Salon des peintres témoins de leur temps au Musée d’art moderne de la ville de Paris.
Si le thème de la mort reste sans doute davantage traité par Bernard Buffet, avec notamment sa dernière toile juste avant son suicide, Jean Couty témoignait d’une quête de sens illuminée par sa foi chrétienne qui lui fournissait des sujets volontiers religieux — ce que Buffet, il convient de le préciser, ne dédaignait pas. Ils s’estimaient et se montraient surtout conscients de ce qu’ils devaient à leurs devanciers, à tous ceux qui, durant des siècles, s’étaient appliqués à mettre en valeur le réel. Voilà pourquoi ils expriment un humanisme pour lequel l’homme ne constitue pas une abstraction, mais un être de chair et de sang — d’où beaucoup de portraits —, de même que leurs monuments et leurs villes reflètent les époques de l’histoire humaine.
Cette exposition se tient dans le musée qui a été installé juste à côté de la maison où vivait Jean Couty. Ce bâtiment qui porte son nom et qui ne reçoit aucune aide de l’État aide donc à la connaissance d’un peintre essentiellement connu auprès du grand public de la région lyonnaise, mais dont la notoriété artistique est établie dans toute la France depuis plus d’un demi-siècle. Le rapprochement, ou sans doute plus exactement le parallèle, établi avec Bernard Buffet offre une excellente occasion de redécouvrir des maîtres du XXe siècle accessibles au plus grand nombre et qui illustrent avec bonheur le monde dans lequel ils ont vécu sans s’enfermer dans des représentations soit idéologiques soit abstraites.
Musée Jean Couty – 1, place Henri Barbusse – 69009 Lyon – www.museejeancouty.fr – 04 72 42 20 00
Bernard Buffet et Jean Couty. Parcours croisés, Lyon, Musée Jean Couty, 2018, 40 pages [foliotées de 3 à 42]
Bernard Buffet Jean Couty. Parcours croisés. Musée Jean Couty. Lyon, Lyon, Le Progrès, 2018, 48 pages [foliotées de 3 à 50]
Livres
par Catherine Pauchet
Roman
L’épreuve de la foi
New York, début du XXème siècle. Jim, employé aux chemins de fer, a été licencié. Il se suicide au gaz laissant derrière lui Annie, son épouse enceinte. Dans ce quartier pauvre où dominent les immigrés d’origine irlandaise, la vie sociale est animée par une congrégation religieuse. Les sœurs sont de toutes les peines : elles distribuent de la nourriture, soignent les alcooliques et les enfants battus, toilettent les invalides, assistent les mourants. Annie travaillera à la blanchisserie et sa fille Sally bénéficiera d’une bonne éducation. Devenue adulte, Sally envisage d’entrer dans les ordres. Pour tester sa vocation, les nonnes lui font faire la tournée des malades. Alice McDermott signe un roman plein d’humanité où foi et dureté de la vie entrent en résonnance.
« La neuvième heure », Alice McDermott, Quai Voltaire, 288 p., 22,50 €.
Polar
Scandale
Linwood Barclay poursuit son exploration des bas-fonds de Promise Falls. La cité périclite, même le cinéma drive-in ferme. Tandis que le dernier film passe, l’écran explose. Bilan : quatre morts dont Adam et Miriam Chalmers. L’inspecteur Barry Duckworth est persuadé qu’il s’agit d’un crime. Pendant ce temps, le détective privé Carl Weaver enquête sur le cambriolage de la maison des Chalmers. Des vidéos ont été volées : le couple organisait des soirées échangistes chez lui et les filmaient. Des notables s’inquiètent.
« Faux amis », Linwood Barclay, Belfond Noir, 496 p., 21,90 €.
Histoire
Désastre sanitaire
La « grippe espagnole », ainsi nommée car c’est à l’Espagne que l’on doit la connaissance de la maladie, fut le plus grand désastre du XXème siècle. En 1918, treize semaines à peine suffiront à ce virus H1N1 pour se répandre à travers le monde. La pandémie tuera entre 50 et 100 millions de personnes autant que les deux guerres mondiales réunies. Laura Spinney reconstitue son origine lointaine et son évolution foudroyante, les symptômes et les soins. Elle montre comment cette maladie a influencé les politiques de santé. La journaliste scientifique met en parallèle les grandes épidémies passées et actuelles : peste noire, Ebola, Sida, Zika, et s’interroge : à quand la prochaine et comment la prévenir ?
« La grande tueuse », Laura Spinney, Albin Michel, 432 p., 24 €.
Revue
Le journal intime
De grands auteurs (Kafka, Gide, Virginia Woolf…) ont tenu leur journal intime. Lire consacre un dossier à ces ouvrages qui sont des œuvres littéraires à part entière et revêtent des formes diverses : confessions, autobiographie et, de nos jours, blogs. Parmi les autres sujets abordés : l’univers de Catherine Poulain (qui publie Le Cœur blanc chez L’Olivier), un entretien avec Riad Sattouf (qui sort L’Arabe du futur 4 chez Allary éditions), l’actualité du livre, des bonnes feuilles…
« Le journal intime », Lire, octobre 2018, 6,90 €. En kiosque.
Cinéma
par Marie-Christine Renaud d’André
First Man – Le premier homme sur la Lune
En 1961, Neil Armstrong, qui travaille comme pilote d’essai à la NASA, perd sa fillette d’une tumeur au cerveau. Peu après, il reprend le travail et participe activement aux différents essais entrepris par les Américains pour la conquête de l’espace. Le 21 juillet 1969, sous les yeux fascinés de centaines de millions de spectateurs dans le monde entier, il est le premier homme à poser le pied sur la Lune. «Un petit pas pour l’homme, mais un bond de géant pour l’humanité», dira-t-il très justement.
Cette adaptation de la biographie de Neil Armstrong, signée de James R. Hansen, a été réalisée par Damien Chazelle (La La Land, Whiplash) que l’on n’attendait pas dans une œuvre aussi remarquable et spectaculaire. En effet, la première scène est éblouissante et impressionnante, tant elle donne l’impression au spectateur qu’il se trouve à l’intérieur même de la cabine spatiale. Car l’atout majeur de ce film remarquable consiste à alterner des scènes très spectaculaires, avec d’autres plus intimes, qui permettent d’approfondir la personnalité attachante de Neil Armstrong, que l’on suit au sein de sa famille. Entre les dissensions avec son épouse, les réconciliations, et les périodes d’entraînements, qui peuvent, parfois, se terminer de manière tragique, on suit le parcours chaotique de cet homme attachant, magistralement interprété par un Ryan Gosling qui semble habité par son personnage.
L’amour magnifique du héros pour sa fille donne lieu à une scène très émouvante… sur la Lune. Quant à l’amour qui unit les deux époux, même s’il connaît des hauts et des bas, il est très beau et est illustré par une très belle scène finale.
Biographie américaine (2018) de Damien Chazelle, d’après le livre de James R. Hansen, avec Ryan Gosling (Neil Armstrong), Claire Foy (Janet Armstrong), Jason Clarke (Ed White), Kyle Chandler (Deke Slayton), Corey Stoll (Buzz Aldrin), Ciaran Hinds (Bob Gilruth) (2h20). (Adolescents) Sortie le 17 octobre 2018.
Yéti & Compagnie
Au sommet d’une montagne vit une communauté de yétis, qui croient que les humains, appelés les petits-pieds, n’existent pas.
Dès le début, ce film plein de charme et de drôlerie, frappe par l’originalité de son histoire et de ses gags, tous plus hilarants les uns que les autres. Car cette fable est menée à un rythme trépidant, avec une musique entraînante… même si elle est, parfois, assourdissante. Mais il est dommage que la dernière partie soit un peu moins réussie, même si elle est toujours aussi distrayante.
La nécessité de bien connaître l’autre est au cœur de ce joli film, qui met en scène des héros très courageux, prêts à cacher la vérité pour protéger leurs proches. Mais certaines scènes peuvent effrayer les tout-petits.
Film d’animation américain (2018) de Karey Kirkpatrick, avec les voix de Channing Tatum (Migo), James Corden (Percy), Zendaya (Meechee) (1h37). (Tous) Sortie le 17 octobre 2018.
Le jeu
Lors d’un dîner, quatre amis d’enfance et leurs épouses décident de poser leurs téléphones ouverts sur la table, afin que tous puissent lire leurs SMS et écouter leurs appels.
On rit beaucoup avec cette comédie, adaptation d’un film italien de Paolo Genovese, inédit en France. Il faut reconnaître que la bande d’excellents comédiens, parmi lesquels la formidable Québécoise Suzanne Clément, est pour beaucoup dans le plaisir que l’on prend à suivre ces querelles amicales. Mais, la seconde partie, qui verse un peu trop dans le drame, est moins réussie et finit par rendre le film un peu lassant. Dommage !
«Pour vivre heureux, vivons cachés», telle pourrait être la morale de cette histoire qui montre à quel point les réseaux sociaux peuvent malmener l’amour conjugal et l’amitié. Quelques trivialités.
Comédie française (2017) de Fred Cavayé, avec Bérénice Bejo (Marie), Suzanne Clément (Charlotte), Stéphane De Groodt (Vincent), Vincent Elbaz (Thomas), Grégory Gadebois (Ben), Doria Tillier (Léa), Roschdy Zem (1h30). (Grands adolescents) Sortie le 17 octobre 2018.
Wine Calling – Le vin se lève
De plus en plus, les viticulteurs se tournent vers des vins naturels, comme en Occitanie.
Cette plongée au sein d’un groupe de viticulteurs, qui refusent les diktats de la profession permet de mieux connaître ceux qui ont décidé de respecter la nature et la terre… en travaillant beaucoup plus que pour un vin traditionnel. On fait la connaissance de gens joyeux et solidaires qui mettent en relief l’aspect collectif de leur activité. Ce film, qui se déroule devant des paysages superbes, est une ode magnifique à la vie et à la solidarité. Mais c’est, parfois, un peu technique.
Documentaire français (2018) de Bruno Sauvard, avec Laurence Manya Krief, Olivier Cros et Sylvain Respaut, Stéphane Morin, Jean Sébastien Gioan, Jean-François Nicq, Céline Georget et Michaël Georget, Loïc Roure (1h30). (Adolescents) Sortie le 17 octobre 2018.
Le chiffre de la semaine
606 000
C’est le nombre de personnes décédées en France en 2017 selon les chiffres de l’INSEE. Il s’agit d’un nouveau record depuis le début de l’après-guerre. Cette augmentation du nombre des décès, continue depuis 10 ans (531 000 décès en 2007), s’explique d’abord par le vieillissement de la population des baby-boomers, mais aussi, toujours selon l’INSEE par une épidémie de grippe particulièrement meurtrière avec un pic de 67 000 décès « dépassé pour la dernière fois en décembre 1969 ».
L’âge moyen des personnes décédées en 2017 était de 83 ans pur les femmes et de 76 ans pour les hommes. L’âge médian est plus élevé avec une moitié des décès au-delà de 87 ans pour les femmes et de 79 ans pour les hommes.
D’un jour à l’autre
France
Politique
Le PS a rendu les clés, le 12 octobre, de son siège historique du « 10, rue de Solférino ». Le conseil national du parti, réuni les 13 et 14 octobre, a pris acte du départ du chef de file de l’aile gauche, le député européen Emmanuel Maurel, suivi de la sénatrice Marie-Noël Lienemann, qui devraient rejoindre La France insoumise.
Pollution
Une semaine après la collision de deux navires, le 6 octobre, au large du cap Corse, il ne restait en mer que 2 % des 200 m3 de carburant échappés des soutes.
Violences
Un adolescent de 12 ans, originaire de Bagnolet (Seine-Saint-Denis), est mort, le 14 octobre, lors d’une rixe entre bandes rivales dans la ville voisine des Lilas.
Transports
La ministre des Transports, Élisabeth Borne, ex-présidente de la RATP, s’est dessaisie du dossier de la construction du futur CDG Express – liaison rapide entre Paris et l’aéroport de Roissy. En effet, la RATP est candidate à l’attribution du marché. C’est donc François de Rugy, ministre de la Transition écologique, qui décidera de l’attribution du contrat, « pour éviter toute suspicion possible de conflit d’intérêts ».
Fiscalité
1038 milliards d’euros : c’est le montant, en 2017, des prélèvements obligatoires – ensemble des impôts et cotisations publiques –, soit 43 milliards de plus qu’en 2016 et 45,3 % du PIB. La taxe d’habitation baisse cet automne, pour 60 % du total des ménages assujettis à la taxe, mais pas forcément de 30 % comme annoncé par le gouvernement. En effet, beaucoup de communes ont décidé d’augmenter leurs taux, ce qui rogne d’autant la baisse espérée. Le gouvernement prévoit la suppression de la taxe pour tous les ménages en 2021.
Budget
La discussion budgétaire a débuté le 15 octobre à l’Assemblée. Le deuxième budget du quinquennat prévoit une hausse du pouvoir d’achat pour les Français, évaluée à 3,5 milliards mais contestée selon les ménages – les retraités et les ménages modestes seront mis à contribution. Pour les entreprises, les charges devraient baisser d’environ 18,8 milliards.
Intempéries
L’Aude a été placée en vigilance rouge le 15 octobre, après que des pluies violentes se sont abattues sur le nord du département. Six personnes sont mortes dans les crues qui ont atteint un niveau sans précédent depuis 1891. Deux personnes avaient été retrouvées noyées, le 11 octobre, dans leur véhicule emporté en mer, victimes des violents orages qui frappaient le département du Var. Le bilan des orages et crues dans la nuit du 14 au 15 est de 10 morts et 1 disparu.
Disparition
Louis Fouquet, dernier des 128 résistants de l’île de Sein, partis sitôt après l’Appel du 18-Juin, est mort le 11 octobre.
Culture
Le gouvernement a nommé le président d’Engie, Jean-Pierre Clamadieu, président du conseil d’administration de l’Opéra de Paris. Il est le premier dirigeant privé à ce poste. L’État a renforcé sa tutelle il y a un an et élargi les compétences du conseil d’administration de l’Opéra qu’il subventionne à hauteur de 100 millions d’euros par an.
Syndicalisme
11 % des salariés français étaient syndiqués en 2016. Ce taux est une moyenne entre le secteur public (19,1 %) et le privé (8,4 %) et reste stable depuis les années 1990. Il était à 20 % dans les années 1960.
Monde
Allemagne
Lors des élections du 14 octobre en Bavière, l’Union chrétienne-sociale (CSU), le parti conservateur bavarois allié de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel, n’a recueilli que 37,2 % des voix, ce qui est un échec historique pour ce parti et notamment pour son encombrant ministre de l’Intérieur Horst Seehofer. Le Parti social démocrate (SPD), autre allié d’Angela Merkel, n’a mobilisé que 9,7 % des électeurs. Les électeurs libres (Freie Wähler, conservateurs) obtiennent 11,6 %, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), 10,2 % et les Verts atteignent les 17,5 %. Le 28 octobre ont lieu des élections en Hesse, qui seront cruciales pour l’avenir de la coalition menée par Angela Merkel.
Turquie
Le pasteur américain Andrew Brunson a été libéré et a pu rentrer aux États-Unis après presque deux ans de détention injustifiée en Turquie sous l’inculpation de « terrorisme ».
Les autorités turques reprochent à l’Arabie saoudite de ne pas coopérer sur l’enquête concernant la disparition d’un journaliste op-posant saoudien, Jamal Khashoggi, qui n’a pas réapparu après être entré le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul. Sur la chaîne CBS, le président Trump a menacé l’Arabie saoudite d’« extrême châtiment » si la responsabilité des Saoudiens dans le probable assassinat du journaliste, résidant habituellement aux États-Unis, était prouvée.
Un camion qui transportait des migrants cherchant à s’embarquer pour l’île de Samos s’est renversé près d’Izmir le 14 octobre. Il y a 22 morts et 13 blessés.
Yémen
Au moins 55 civils ont été tués et 170 autres blessés dans des attaques aériennes saoudiennes le 11 octobre sur le port de Hodeida, selon le Comité international de la Croix Rouge. Plusieurs minibus ont été touchés par l’aviation saoudienne le 13 octobre dans la province de Hodeida. Il y a eu 15 morts et au moins 20 blessés, tous civils selon les Houtis.
Brexit
Les négociations sur le Brexit devaient se dénouer le mercredi 17 à Bruxelles. La question de la frontière de la Grande-Bretagne avec l’Irlande était un point de blocage majeur.
Syrie
Malgré l’accord entre la Russie et la Turquie, les islamistes de la province d’Idleb n’avaient pas quitté la future zone démilitarisée en début de semaine.
Francophonie
L’Organisation internationale de la Francophonie a choisi, le 12 octobre, en conclusion du sommet d’Erevan, la Rwandaise Louise Mushikiwabo comme nouvelle secrétaire générale.
Algérie
Le laboratoire français Sanofi a inauguré le 11 octobre à Sidi Abdallah une troisième usine pharmaceutique de 85 millions d’euros, destinée à exporter dans toute l’Afrique
Sports
Auto
Mick Schumacher, 19 ans, est devenu le 13 octobre champion d’Europe de Formule 3 à Hockenheim.

