L’événement – 1
par Serge Plenier
Boues rouges : au-delà de la polémique
On peut voir l’affaire sous l’angle purement politicien. L’affaire des boues rouges déversées dans le Parc national des Calanques serait un nouvel épisode de la petite guerre qui oppose depuis longtemps Manuel Valls à Ségolène Royal. Il suffit de se rappeler les différends entre le Premier ministre et sa ministre de l’Environnement, du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes au projet d’autoroute A 831 traversant le Marais poitevin. Ségolène Royal sait profiter à merveille de l’immunité que lui procure son statut de mère des enfants du président.
Bien entendu, ce nouveau couac est un nouveau coup porté à la cohésion du gouvernement. Ségolène Royal, qui n’a visiblement pas enterré toutes ses ambitions, a profité d’un sujet de l’émission « Thalassa » pour consolider sa popularité du côté des écologistes. L’affaire tombe mal pour Manuel Valls déjà fragilisé par la démission d’Emmanuel Macron. Que peut faire un Premier ministre qui ne parvient pas à contrôler ses ministres ?
Mais il faut aussi regarder le litige d’un peu plus près. Les boues rouges en question ne sont pas un produit anodin. Résidu de l’extraction du minerai d’aluminium, elles contiennent, entre autres composants, du plomb, de la soude, de l’arsenic, du mercure et de l’uranium 238. Ces éléments sont introduits dans la Méditerranée par une canalisation, installée en 1966, qui les rejette à 7 kilomètres de la côte, entre Fos-sur-Mer et Toulon. D’une toxicité reconnue, elles ont provoqué la disparition d’une part non négligeable de la faune et de la flore, surtout, elles pèsent encore sur la sécurité de la chaine alimentaire. Et l’on ne parle pas des dangers qui menacent ceux et celles qui les manipulent.
Bien entendu, la société Alteo, responsable des rejets, a entamé des travaux de filtrages pour tenter de limiter la part des substances nocives, mais les résultats se font attendre De plus, les défenseurs de l’environnement doivent compter aussi avec les élus locaux et les populations peu soucieux de voir disparaître une usine qui procure près de 1500 emplois directs ou induits. La logique environnementale et les contraintes économiques paraissent difficilement conciliables.
Il faut savoir gré à Ségolène Royal d’avoir, quels que soient ses motifs, rappelé que le maintien d’une activité ne justifie pas tout, et surtout pas la destruction de l’environnement.
L’événement – 2
par Jean-Gabriel Delacour
Macron : sortir pour mieux rentrer ?
On ne fera pas à Emmanuel Macron l’injure de supposer que sa démission puisse correspondre à un moment de doute existentiel ou d’opportunisme politicien. L’ancien ministre de l’Économie présente, malgré sa jeunesse, des qualités évidentes et une expérience des secteurs publics et privés qui excluent tout coup de tête. En revanche, il est permis de s’interroger non seulement sur le sens de sa démarche mais encore plus sur ses chances d’atteindre ses objectifs.
Justement, ceux-ci n’ont pas été dévoilés et, fidèle à son image, il explique qu’il ne faut pas brûler les étapes pour que chaque chose vienne en son temps. Il n’empêche : l’élection présidentielle se tiendra dans huit mois et l’arène se trouve déjà occupée par une multitude de candidats même si, pour le moment, il s’agit surtout de candidats à la candidature, qu’il y ait ou non des primaires départageant certains d’entre eux. On comprend d’ailleurs fort bien qu’il veuille se différencier de tous les autres, puisqu’il joue à fond la carte de la nouveauté dans un paysage encombré de quinquagénaires et, surtout, de sexagénaires et de septuagénaires.
Seulement, voilà : si la présidentielle française se veut, selon l’esprit du fondateur de la Ve République, une rencontre sans intermédiaire entre l’aspirant chef de l’État et le peuple, il faut pouvoir compter sur un appareil autre que quelques dizaines de milliers de sympathisants ayant rejoint un mouvement fort loin de constituer un parti. De plus en plus influencée par le système américain qui met en jeu des appareils et des financements gigantesques, cette élection requiert de véritables troupes, disciplinées et militantes. On l’a constaté en 1988 et en 1995, lorsque successivement Raymond Barre et Édouard Balladur, pourtant portés par une réelle popularité et d’encourageants sondages, se sont fait éliminer au premier tour par un Rpr à la botte de Jacques Chirac. On a également vu comment François Bayrou, qui a aussi voulu jouer une carte centriste, a été écarté en 2002, en 2007 et en 2012.
Emmanuel Macron ne manque pas d’atouts, mais ceux-ci apparaissent davantage ressortir de son image et de l’attention que lui portent les médias, ce qui ne suffit pas à lui assurer le succès. En outre, si son positionnement économique relève sans conteste d’un libéralisme débarrassé de tous les oripeaux étatistes accumulés depuis des dizaines d’années, ses positions dans les autres domaines restent totalement inconnues. Il ne suffit pas de se montrer bras dessus bras dessous avec Philippe de Villiers pour incarner la réforme morale que tant attendent ou même, tout simplement, le retour au bon sens et aux valeurs de base. Du coup, des observateurs ne manquent pas de le définir comme un libéral-libertaire ne croyant pas à grand chose en dehors des vertus du marché.
Conscient de ses manques, il a déclaré vouloir exprimer ses vues « de manière ambitieuse et complète ». On attend donc, après sa sortie ministérielle, sa rentrée d’homme politique.
Politiques
par Alice Tulle
La route est longue
Après avoir démissionné de sa fonction ministérielle fin août, Emmanuel Macron prépare le lancement de sa campagne présidentielle. Cet homme pressé trouble le jeu à gauche comme à droite.
C’est le signe d’une crise majeure de la représentation politique, en France mais pas seulement. De nouvelles formations politiques sont propulsées sur le devant de la scène et de nouvelles personnalités, inconnues voici peu, bousculent le jeu des grands acteurs. Ainsi Syriza et Alexis Tsipras en Grèce, Podemos et Pablo Iglesias en Espagne, le mouvement Cinq Étoiles en Italie, Alternativ für Deutschland de l’autre côté du Rhin et peut-être le mouvement En Marche lancé par Emmanuel Macron le 12 juillet dernier.
D’ordinaire, les nouvelles formations s’inscrivent dans le courant populiste, à droite ou à gauche, parce qu’elles contestent les élites gouvernantes. Emmanuel Macron n’est certes pas populiste, mais il veut rassembler des citoyens de droite et de gauche et critique la « caste » dirigeante mais selon une inspiration libérale qui lui fait invoquer la « liberté des entrepreneurs et des créateurs » (1).
Après avoir multiplié les petites phrases provocatrices qui exaspéraient la gauche classique et lancé son mouvement qui était un défi au Premier ministre, le ministre de l’Économie a envoyé au président de la République, le 30 août, une lettre de démission qui a fait grand bruit. Le départ de l’homme pressé du hollandisme était hautement prévisible puisque le fondateur d’En marche avait déclaré en juillet que rien ne pouvait arrêter ce mouvement qui serait porté « jusqu’en 2017, jusqu’à la victoire ! ». Son rival Manuel Valls avait raison d’y voir une déclaration de candidature, et non une opération de récupération de libéraux de gauche en faveur de François Hollande…
La déclaration de candidature n’est pas faite, le projet est en cours d’élaboration, les réseaux de soutien se constituent, le financement reste largement à trouver, mais le spectaculaire départ du ministre de l’Économie est une nouvelle épreuve pour la gauche et singulièrement pour François Hollande. Tacticien rusé, le président de la République est pris à son piège. Lui qui avait lancé Emmanuel Macron pour neutraliser l’influence de Manuel Valls, candidat potentiel, voit sa créature s’évader et le prendre en tenaille : entre Emmanuel Macron sur son aile droite et Arnaud Montebourg sur son aile gauche, l’espace électoral de François Hollande se réduit à tel point que sa victoire au premier tour contre la droite classique relèverait du miracle.
Le futur candidat de la gauche libérale trouble aussi les candidats aux primaires de la droite. Tous assurent qu’Emmanuel Macron est un homme de l’autre camp et dénoncent son bilan ministériel en oubliant qu’il a la sympathie du Medef et, sans doute, les faveurs d’électeurs de droite qui pourraient faire gravement défaut au candidat qui sortira vainqueur de la bataille des primaires.
Emmanuel Macron tente d’exploiter son avantage médiatique en affirmant que le clivage entre les progressistes et les conservateurs doit remplacer l’affrontement entre la droite et la gauche – le progressisme étant défini comme une volonté de réformes destinées à libérer les initiatives. Ce réformisme défendu par un homme neuf et hors partis ne peut pas être le seul programme d’un candidat alors que les Français redoutent de nouveaux attentats, débattent avec passion des questions relatives à la laïcité et s’interrogent sur la souveraineté de leur nation. C’est sur la réponse à ces questions que l’ancien ministre sera finalement jugé.
Monde
par Yves La Marck
Gabon : Affaire de famille
La réélection du président gabonais Ali Bongo acquise d’une courte tête est contestée à l’intérieur et à l’extérieur. Contrairement à l’habitude, la France a nettement pris position.
Ali Bongo avait succédé à son père Omar Bongo qui avait régné sur cet émirat pétrolier africain pendant près de quarante ans. Omar Bongo était, avec le président ivoirien Houphouët-Boigny et le président camerounais Paul Biya – toujours en fonction –, l’un des doyens de la Françafrique historique. Le fils avait été intronisé par la famille – qui s’étend au voisin congolais (Brazzaville) – et adoubé – après hésitations – par le président Sarkozy. Une élection ratifia ce choix en 2009 face à 22 concurrents.
Il en est allé autrement cette fois. Face à Ali Bongo est apparu un candidat de poids en la personne de Jean Ping, ex-bras droit du père Bongo, ex-mari de sa fille préférée, Pascaline. Ex-ministre des Affaires étrangères, Jean Ping fut président de la Commission de l’Union Africaine (UA) de 2008 à 2012. La surprise additionnelle survint le 16 août quand les principaux candidats d’une opposition naturellement éclatée acceptèrent de se retirer en faveur de Jean Ping. Cela n’a pu aboutir sans une pression extérieure, régionale et sans doute parisienne.
Paris, qui n’a pas bougé dans les élections antérieures de l’année 2016 – qui enregistre un record de seize élections en Afrique subsaharienne – ni au Congo-Brazzaville, ni au Tchad, ni à Djibouti, qui a peut-être joué dans les coulisses au Bénin au profit du franco-béninois Lionel Zinsou, en vain, a fait comprendre qu’Ali Bongo n’était pas le candidat du président Hollande. Jamais on n’avait entendu un ministre des Affaires étrangères français aller si loin dans l’expression de « préoccupations » dans un dossier qui, le plus souvent, ne l’intéresse que de loin. J.-M. Ayrault fut en l’occurrence peut-être le porte-parole du quai d’Orsay, mais surtout de ses convictions d’ancien Premier ministre partisan d’une autre politique de coopération en Afrique.
Sur le fond des choses, les résultats feraient pâlir bien d’autres expériences. Même si les anciens potentats s’habituent à des scores plus raisonnables que les 99 % d’antan, Ali Bongo s’était contenté en 2009 de moins de 42 % et en 2016 de 49,8 %, mais dans un scrutin à un seul tour, s’épargnant les incertitudes d’un second tour. Le nombre de voix obtenues en chiffres absolus est comparable : 140 ou 180 000 voix, ce qui est peu mais le Gabon n’a jamais compté beaucoup plus d’un million d’habitants dans des recensements toujours appro-ximatifs.
S’agissant cette fois d’un duel, c’est la différence qui interpelle : à peine un point et demi, soit 5 600 voix. Jean Ping menait de 60 000 voix, soit plus de 15 points, avant que ne parviennent les suffrages de la province de la famille Bongo, le Haut-Ogoué, au nord du pays, avec une participation de 99,93 % et 95,46 % des suffrages en faveur du fils du pays qui ont comblé l’écart.
La fraude n’explique pas tout. Le vote ethnique doit être relativisé. D’abord parce qu’il se pratique partout. Ensuite parce qu’il est en relation directe avec le mode de gouvernement qui veut que le vainqueur emporte tout. Il n’est pas spécifique à l’Ogoué ni au Gabon et joue dans quasiment tous les pays d’Afrique subsaharienne. L’évolution démocratique est cependant rapide, liée à l’urbanisation où les appartenances régionales tendent à s’estomper.
Quelles que soient ses préférences, ou celles de tel ou tel clan ou réseau, la France ne peut guère aller trop loin dans la déstabilisation d’un pays tel que le Gabon. L’échec de ceux qui, à Paris, ont soutenu la candidature de Jean Ping n’est qu’une preuve supplémentaire de l’impuissance de ceux qui souhaitent une intervention de l’ex-puissance coloniale dans son ancien pré carré, neutralisée par le fait qu’ils agissent le plus souvent au rebours de son histoire et de ses intérêts. Cela n’augure pas bien des enjeux à venir au Congo-Kinshasa où une élection doit être convoquée en novembre, et a fortiori au Cameroun à échéance encore inconnue.
Société
par Alexandre Da Silva
La réforme Cazeneuve
Après les attentats de juillet et le débat passionné provoqué par le « burkini », le gouvernement tente de rattraper le temps perdu en créant une Fondation pour l’islam de France qu’il a placée sous l’égide de Jean-Pierre Chevènement.
Voici un an, l’auteur d’un petit livre sur l’islam de France (1) sonnait l’alarme. Sous le pseudonyme de Camille Desmoulins, un haut fonctionnaire expliquait que les institutions représentatives des musulmans étaient en situation d’échec et que les problèmes cruciaux relatifs à la formation des imams et au financement des établissements religieux demeuraient.
Dès le début des années quatre-vingt, tous les responsables politiques s’accordaient pourtant sur la nécessité d’une représentation instituée des musulmans de France. Le problème posé était plus difficile à résoudre que pour les catholiques, les protestants et les juifs puisque l’islam sunnite qui est prépondérant en France n’a pas de clergé. S’il y avait en France une « communauté musulmane », celle-ci aurait résolu la difficulté en se constituant en fédération d’associations locales. Mais, qu’ils soient français ou étrangers, les musulmans sont divisés entre groupes nationaux – algériens, marocains, tunisiens, turcs – écoles de droit, islam politisé, extrémiste, et tradition soufie sans parler des conflits d’intérêts autour des labels hallal et des pèlerinages.
L’État devait intervenir. En 1990, Pierre Joxe a lui-même choisi les représentants du culte musulman et les a installés dans un Conseil d’Orientation et de Réflexion sur l’Islam de France (CORIF)… immédiatement discrédité par le mode de désignation de personnalités – celles-ci faisant figure d’agents de la puissance publique. En 1993, Charles Pasqua avait fait la même erreur que son prédécesseur de gauche en créant un Conseil Représentatif des Musulmans de France (CRMF) pas plus représentatif que le précédent. En 1997, Jean-Pierre Chevènement, à son tour ministre de l’Intérieur, avait compris que les représentants de l’Islam devaient être choisis par les croyants eux-mêmes mais sans aboutir à une institution concrète. En 2003, Nicolas Sarkozy avait réussi à créer, non sans mal, le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) qui désigna comme président Dalil Boubakeur, recteur de la
mosquée de Paris.
Cette réforme institutionnelle semblait d’autant plus positive que Dominique de Villepin, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, avait créé en 2005 la Fondation des œuvres de l’islam de France. « Elle devait, rappelle Camille Desmoulins, servir de lieu de centralisation des dons, en particulier ceux venant de l’étranger, afin de garantir la licéité de leur provenance. Elle devait également en optimiser l’utilisation en fixant les priorités afin d’accélérer la construction de mosquées dans les territoires en déficit. »
Le Conseil français du culte musulman s’est installé dans la durée mais cette représentation divisée n’intéresse guère les élites musulmanes françaises. C’est l’État qui a créé des aumôniers musulmans à l’armée et dans les prisons pour répondre à une obligation inscrite dans la loi de 1905, avec validation a posteriori des nominations par le CFCM. Mais l’État a péché par laxisme en renouvelant avec des pays étrangers (Algérie, Tunisie, Maroc, Turquie), les conventions qui permettent de faire venir en France des imams rémunérés par ces pays. Quant à la fondation créée par Dominique de Villepin, elle n’intéressa personne et fut dissoute en 2014.
Sur ces trente dernières années, le bilan n’est pas complètement négatif. Dans le respect de la loi de 1905, l’État et les collectivités locales concernées se sont ingéniés à « sortir l’islam des caves » : deux millions de musulmans qui pratiquent régulièrement leur religion disposent aujourd’hui de 2 500 lieux de culte qui assurent à l’islam visibilité et respectabilité. Il reste que l’autorité du CFCM est peu reconnue et que des croyants se laissent trop facilement entraîner par des prédicateurs extrémistes qui prônent le voile intégral dans la rue et le port du burkini à la plage afin d’organiser des communautés militantes radicales. Dans le climat d’extrême tension créé par les attentats, le ministre de l’Intérieur ne pouvait plus se contenter de gérer les héritages du passé. Préparé depuis quelques mois, un plan de réformes a été annoncé le 29 août, dans une conjoncture marquée par la publication d’arrêtés municipaux interdisant le port du burkini, tandis que plusieurs personnalités réclamaient une loi interdisant les tenues islamistes et que le Conseil d’État était saisi.
D’emblée, Bernard Cazeneuve a précisé que le combat contre l’islamisme radical ne visait « en aucune façon » les musulmans français « qui sont dans leur immense majorité des républicains qui n’aspirent qu’à vivre leur religion de façon digne et paisible. Ce combat décisif pour la nation, nous devons au contraire le mener avec eux ». Tel est l’esprit d’une réforme qui sera mise en œuvre dans quatre domaines : représentation de l’islam, financement des lieux de culte, formation des imams, association de l’élite musulmane aux tâches communes. Le CFCM certifiera les imams dont la formation théologique sera complétée par une formation civique et juridique assurée par l’État en association avec plusieurs universités qui proposent un enseignement d’islamologie. Une Fondation pour l’islam de France, sous la forme d’une association cultuelle de la loi de 1905, sera financée par l’État à hauteur de 5 millions d’euros pour la partie profane et des fonds devront être trouvés en France pour financer les activités religieuses.
Jean-Pierre Chevènement a été désigné pour présider cette fondation. Certains, au gouvernement, auraient préféré qu’on choisisse une femme musulmane. Or il ne s’agit pas d’une institution religieuse, encore moins d’une structure communautaire : la Fondation est un organisme public décrété d’utilité publique et il est normal que sa présidence revienne à un homme d’État. Jean-Pierre Chevènement a pour lui d’avoir été ministre de l’Intérieur, donc ministre en charge des cultes, pendant plus de trois ans (de juin 1997 à août 2000), de bien connaître maints pays musulmans et d’avoir une conception de la citoyenneté qui exclut toute dérive communautariste.
Il sait que sa tâche est difficile, que de nouveaux attentats risquent de provoquer des réactions violentes et que, pour lui-même, il n’y a que des coups à prendre. Ceux-ci viendront moins de l’opposition de droite, qui respecte ce républicain intègre, que des fractions de la gauche qui voient dans le communautarisme islamiste la revanche des anciens colonisés. Jean-Pierre Chevènement sera combattu mais c’est pourtant dans un souci d’apaisement qu’il veut accomplir sa mission.
(1) Camille Desmoulins, L’islam au feu rouge, Collection Le poing sur la table, Le Cerf, 2015.
Patrimoine
par Philippe Montillet
Journée du Patrimoine 2016
Les 17 et 18 septembre prochains auront lieu les journées Européennes du Patrimoine. Chaque année, depuis 1984 cet évènement attire un public nombreux. Pourtant au-delà des chiffres de fréquentation qui s’établissent toujours autour de 10 millions de participants ce qui en fait sans doute, avec quelques évènements sportifs comme le Tour de France, la manifestation qui attire le plus de monde, il faut se poser quelques questions et comprendre la nature de ces journées.
Rester au quantitatif serait bien un comble pour le patrimoine qui sous-tend une certaine idée de qualité. Une réflexion s’impose sur le sens même de ces journées. En effet elles sont assez paradoxales puisque, si elles attirent beaucoup de visiteurs, elles n’empêchent pas la situation assez tragique du patrimoine bâti français. Il continue à se dégrader par manque d’entretien. Les moyens sont trop faibles par rapport à l’ampleur des travaux. L’Etat réduit ses crédits et les concentre sur quelques éléments phares, les communes manquent de fonds mais aussi de vraie volonté, et les particuliers déjà largement imposés ont bien du mal à subvenir au surcoût que représente la sauvegarde du bâti existant dans ses caractéristiques. Quant aux destructions, elles sont toujours nombreuses –sous nos yeux et pas seulement à Palmyre ou Tombouctou. Chaque année nous voyons des « scandales » plus ou moins révélés par la presse et toujours plus par les blogs et autres sites associatifs qui tentent d’attirer l’attention sur tel ou tel édifice qui se trouve à la veille d’être démoli. Les mêmes causes depuis deux siècles se retrouvent. Il s’agit souvent du renouvellement urbain qui entraîne la destruction d’édifices et parfois de quartiers jugés trop vétustes et sans intérêt et qui doivent donc disparaître. Derrière des motifs qui pourraient être louables il y a souvent des questions financières d’un tout autre ordre d’idée. Plusieurs affaires de ce type ont défrayé la chronique ces derniers temps tant à Paris que dans plusieurs villes de province où il s’agissait de détruire des églises du XIXe siècle qui avaient perdu leur usage et qui ne correspondaient plus aux besoins. Sans doute vrai. Partiellement ! L’usage de ces bâtiments était amené à évoluer mais ces édifices au-delà du bâtiment lui-même était aussi le témoin d’une évolution urbaine notamment de quartiers neufs édifiés justement au cours du XIXe siècle qui a été celui de la forte croissance urbaine. Or ces quartiers étaient édifiés souvent avec l’église qui en fixait l’ordonnance et en organisait la cohérence. Elle servait de repère et de pôle de centralité. Un immeuble ne remplace pas cette fonction pourtant essentielle si l’on ne veut pas voir les villes perdre de leur nature multifonctionnelle. Les villes ne sont pas seulement des cités dortoirs ou des secteurs d’activité !
L’autre grande cause de destruction du patrimoine est la perte de fonction. Cela a longtemps touché le patrimoine rural notamment à proximité des villes, qui voyaient leur ancienne couronne de bourgs ruraux remplacée par des constructions pavillonnaires portant atteinte tant au paysage qu’à l’espace par une consommation effrénée du sol. Des dizaines de kilomètres carrés sont consommées depuis des décennies ainsi. L’identité de ces villages a été très atteinte et beaucoup ont déjà perdu de leur intérêt d’autant qu’à la prolifération pavillonnaire qui les malmenait est venue s’ajouter la standardisation du bâti ancien existant par usage plus ou moins abusif de matériaux inadaptés (parpaings, ciment…), d’huisseries industrielles, de modes (par exemple, les façades de moellons apparents remplaçant les enduits à la chaux…) peu compatibles avec l’esprit du lieu. Après le patrimoine rural c’est maintenant au patrimoine industriel d’être l’objet de toutes les attaques. Alors, là aussi il faut bien s’entendre, tout ne peut être conservé en l’état mais tout non plus ne peut être détruit sans analyse préalable. Comme déjà soulevé plus haut, ces usines faisaient partie d’une phase de développement de nos villes. Elles étaient une part de leur histoire, alors comme pour l’histoire des hommes qui se continue perpétuellement génération après génération mais pour laquelle on conserve le souvenir des quelques hommes et celui de quelques évènements, il faudrait pouvoir conserver des témoins de l’histoire matérielle des lieux. Mais pour se faire encore faudrait-il faire du patrimoine une priorité ! Le prendre enfin au sérieux. Non pas seulement deux jours par an à travers des opérations médiatiques…et l’énergie de milliers de bénévoles. C’est-à-dire en commençant par des inventaires toujours promis mais jamais vraiment terminés, et surtout intégrés obligatoirement dans les documents et les projets d’urbanisme. Il faut savoir discerner ce qui mérite ou non d’être préservé pour les générations futures, puisque telle est bien l’origine du concept de « patrimoine », ce que le père transmet…
L’histoire forme un tout. Celle du bâti aussi et celle-ci doit pouvoir se comprendre dans toutes ses strates. Cette mémoire des lieux est essentielle pour notre génération souvent confrontée à des changements trop drastiques et trop rapides et pour celles qui nous suivront qui auront besoin de comprendre comment leur pays s’est constitué avec ses phases, rurale, préindustrielle, industrielle, fonctionnelle (gares et grands équipements, par exemple) et maintenant post-industrielle (immeubles de bureaux et de commerces).
Oui, les Journées du patrimoine ont leur raison d’être pour permettre de mieux comprendre l’espace dans lequel chacun de nous évolue. Leur avoir donné comme thème cette année « Patrimoine et citoyenneté » sera l’occasion de le rappeler et de redire combien les « vieilles pierres » véhiculent non pas seulement une certaine nostalgie des temps passés ou un temps de l’art et du beau, mais aussi une conception sociale et éthique de la vie. De la vie publique !
Clefs
par Jean Étèvenaux
L’Asie centrale à l’époque post-soviétique
Le décès, annoncé le 2 septembre, du président ouzbek Karimov représente peut-être un saut dans l’inconnu pour les habitants de l’un des États les plus fermés au monde, bien que trois successeurs issus du sérail soient déjà envisagés. Il attire en tout cas l’attention sur ce monde bien particulier de l’Asie centrale ex-soviétique. Celle-ci comprend cinq pays : le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan. L’ensemble, au-delà de ses disparités, représente quelque 4 millions de km2, dont les deux tiers pour le seul Kazakhstan, et 70 millions d’habitants, dont 32 pour l’Ouzbékistan.
Surnommé le « père de la nation », Islam Karimov, 78 ans, régnait sans partage depuis un quart de siècle. Ses voisins, à l’exception du Kirghizistan qui a connu deux révolutions populaires en 2005 et 2010, se trouvent plus ou moins dans des situations semblables, les chefs locaux du Parti communiste s’étant opportunément transformés en nationalistes à la disparition de l’Urss, dont ils se sont détachés sans heurts. En revanche, de nombreux litiges frontaliers, héritages du découpage soviétique, les opposent parfois les uns aux autres.
Majoritairement sunnites, les États de l’ancienne Asie soviétique connaissent des minorités ethniques — un quart de la population kazakhe est d’origine russe — et religieuse — allant des chiites aux bahaïs en passant par les chrétiens. Une de leurs hantises concerne ce que l’on appelle en Occident la radicalisation. Voilà pourquoi, notamment depuis le début de l’année, les autorités du Tadjikistan ont rasé 13 000 barbes, fermé plus de 160 magasins de vêtements traditionnels musulmans et convaincu plus de 1 700 femmes de ne plus porter le foulard. De même, le parlement a adopté une loi pour donner aux enfants un prénom tadjik tiré d’une liste officielle de 10 000 noms. De son côté, la Cour suprême du Tadjikistan a interdit le seul parti officiellement musulman, la Renaissance islamique du Tadjikistan. On avance d’ailleurs que près de 2 000 Tadjiks combattraient en Syrie au sein de Daesh.
S’efforçant d’entretenir de bonnes relations avec Moscou et l’Occident — même si les États-Unis ont dû fermer leur base de Manas au Kirghizistan — ces États se tournent aussi vers la Chine, notamment par le biais de l’Organisation de coopération de Shanghai. C’est ainsi que la ligne Vahdat-Yovon, premier chemin de fer construit dans le cadre du programme de la Nouvelle Route de la soie dans un pays d’Asie centrale, est officiellement entrée en service le 24 août, pour le 25e anniversaire de l’indépendance du Tadjikistan. Le sommet du G20, qui se déroulait les 4 et 5 septembre en Chine et d’où le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, invité de la Chine, est parti prématurément pour assister aux obsèques de son homologue ouzbek, illustre le déplacement vers l’Extrême-Orient de cette région autrefois placée sous le contrôle exclusif de Moscou.
Livres
par Catherine Pauchet
Rentrée littéraire
Romans – spécial jeunes écrivains
La chute d’Icare
Il était beau, avec un regard ténébreux. Surtout, il était aviateur. Un héros comme l’histoire – et les femmes – les adorent. Né en 1915 à Vezzani, Albert Preziosi est nourri de récits corses et d’aventures. Il affectionne les empereurs orientaux : Alexandre Le Grand…, les bagarres et les défis. Il va être servi. En 1940, il dérobe un avion et file à Londres. Le voilà capitaine dans les Forces françaises aériennes libres d’abord, dans le Régiment de chasse Normandie-Niemen ensuite. Les missions s’enchaînent : l’Egypte, le Liban, la Lybie où la légende veut que, recueilli par des bédouins après un accident d’avion, il aurait eu un fils avec Aïcha : le futur Mouammar Kadhafi, le front russe enfin où il trouve la mort. Jean-François Roseau, vingt-six ans, signe son second roman, une épopée à la gloire des pionniers de l’aviation.
« La chute d’Icare », Jean-François Roseau, éditions de Fallois, 350 p., 20 €.
Les filles
Californie, 1969. Evie Boyd a quatorze ans. Son père vient de quitter le domicile familial, la laissant à une mère négligente. Pas d’amour, pas d’amie, mal dans sa tête et dans son corps, elle est fascinée par trois filles débraillées et droguées, provocatrices et libres, qu’elle croise dans un square. La plus âgée, Suzanne, la remarque et l’entraîne dans une secte, à la merci d’un gourou dépravé. Evie a désormais une famille qui l’aime et la protège ; pour elle, elle est prête au pire. Avec The Girls (Les Filles), Emma Cline, vingt-six ans, signe un premier roman remarqué, traduit en de multiples langues, grâce à des portraits d’ados en quête de reconnaissance qui oscillent entre candeur et cruauté et par un souci du détail dans cette lente dégringolade qui les conduira au drame.
« The Girls », Emma Cline, Quai Voltaire, 336 p., 21 €.
Correspondance
Romain Rolland et Stefan Zweig
Romain Rolland et Stefan Zweig, deux intellectuels de l’entre deux-guerres. Le premier est français, pacifiste et proche des communistes ; le second est autrichien, pacifiste lui aussi mais à sa manière : moins engagé, hésitant sur la conduite à tenir, et fervent européen. Ils ont correspondu, beaucoup, des centaines de lettres. Cette correspondance intense est publiée en trois volumes. Le dernier couvre la période 1928-1940. L’Europe est en effervescence : le chômage monte et, avec lui, le repli sur soi, la recherche du bouc-émissaire et la haine de l’autre. Les deux écrivains témoignent de leur inquiétude quant au monde tel qu’il s’annonce.
« Romain Rolland, Stefan Zweig. Correspondance 1928-1940 », présentée par Jean-Yves Brancy, Albin Michel, 624 p., 32 €.
Revue
Réseaux sociaux
Les éditions Dupuis lancent un trimestriel Groom en hommage au légendaire Spirou. Destiné à un public d’adolescents (mais pas que), il traite des sujets de société sous la forme de bandes dessinées, y compris l’édito. Au sujet du numéro 2 : les réseaux sociaux (jeux, business, drague, espionnage, harcèlement…) avec des dessins signés Mikko, Jake Raynal…
« Réseaux sociaux », Groom, n°2, septembre 2016, 6,90 €. En kiosque.
Cinéma
par Marie-Christine Renaud d’André
Franz
Dans une ville d’Allemagne, en 1919, Anna se rend au cimetière tous les jours pour se recueillir sur la tombe de Frantz, son fiancé mort pendant la guerre. Un jour, elle remarque un jeune homme qui fait de même. Il s’agit d’Adrien, un Français, qui a connu Frantz à Paris, avec lequel il était devenu ami. Mais la présence du jeune Français choque les habitants de la ville.
Avec une délicatesse et une subtilité qu’on ne lui connaissait pas, François Ozon (Sous le sable, 8 femmes, Ricky) signe une œuvre magnifique et bouleversante, qui plonge dans la période de l’après-guerre, du côté allemand, puis du côté français, avec les conséquences terribles sur les survivants. Avec un noir et blanc superbe, éclairé brièvement par la couleur lors des séquences heureuses et paisibles, il décrit la relation amicale entre un rescapé de la guerre et une jeune femme brisée par le chagrin. La musique (les deux amis jouaient du violon) et la peinture cimentent une amitié entre deux hommes, avant de la cimenter entre deux peuples.
Si Pierre Niney incarne avec finesse son personnage tourmenté, la jeune Paula Beer est la révélation de cette œuvre originale, libre adaptation d’un film d’Ernst Lubitsch (Broken Lullaby), qui avait porté à l’écran, en 1932, une pièce de Maurice Rostang.
Si l’on sent le personnage hanté par le suicide et la culpabilité, c’est le pardon et la réconciliation, avec une belle scène de confession, qui sont au cœur de cette ode subtile à la future amitié entre France et Allemagne… qui ne pourra se réaliser que plusieurs décennies (et une autre guerre !) plus tard.
Drame franco-allemand en NB (2016) de François Ozon, avec Pierre Niney (Adrien), Paula Beer (Anna), Ernst Stötzner (Hoffmeister), Marie Gruber (Magda), Cyrielle Clair (la mère d’Adrien), Alice de Lencquesaing (Fanny) (1h53). (Adolescents) Sortie le 7 septembre 2016.
Voir du pays
À leur retour d’Afghanistan, deux jeunes femmes soldats, Marine et Aurore, passent trois jours, avec leur section, dans un hôtel cinq étoiles, à Chypre, afin de décompresser et d’essayer « d’oublier la guerre ».
Au plus près des visages et des corps, les réalisatrices filment ces héroïnes dans une œuvre bouleversante, qui montre qu’il n’est jamais facile de faire la guerre et de tuer. Dans ce film très original, ce sont les motivations des héroïnes et leur difficile retour à une vie normale, sans oublier les relations avec leurs collègues masculins, qui sont étudiés. Mais, s’il y a des scènes très émouvantes et réussies, d’autres sont plus artificielles, et la seconde partie est bien longue.
Si les héroïnes ne manquent ni de courage ni d’esprit d’indépendance, le machisme des soldats est un peu trop souligné. Une scène érotique.
Comédie dramatique française (2016) de Delphine Coulin et Muriel Coulin, d’après le roman de Delphine Coulin, avec Soko (Marine), Ariane Labed (Aurore), Ginger Roman (Fanny), Karim Leklou (Max), Andreas Konstantinou (Chrystos) (1h42). (Adultes avec des éléments nocifs) Sortie le 7 septembre 2016.
Relève – Histoire d’une création
Danseur étoile du New York City Ballet, le Français Benjamin Millepied a été nommé directeur de la danse de l’Opéra de Paris, en novembre 2014. À la surprise de tous, il a démissionné de son poste en février 2016.
Dans ce magnifique documentaire (réalisé avant l’annonce de sa démission et diffusé sur Canal + dans une version plus courte), les réalisateurs nous entraînent sur les pas (de danse) de Benjamin Millepied. On découvre un patron atypique, habité par la passion et le plaisir de la danse, qui se montre proche de ses danseurs. Magnifique !
Documentaire français (2015) de Thierry Demaizière et Alban Teurlai, avec Benjamin Millepied (2h). (Adolescents) Sortie le 7 septembre 2016.
Un petit boulot
Au chômage et criblé de dettes, Jacques, un ouvrier, se voit proposer par Gardot, un notable local, de tuer son épouse infidèle. Sans trop d’hésitations, il devient tueur à gages.
Si le sujet semble sinistre, le film, librement adapté d’un roman de Iain Levison, est une comédie noire, dont les dialogues ont été écrits par le comédien Michel Blanc. Entre thriller et comédie, cette œuvre n’est qu’à moitié réussie. Si certaines scènes fonctionnent bien, d’autres s’étirent inutilement, et le rire, même grinçant, n’est pas toujours au rendez-vous. C’est bien dommage, car l’interprétation est sensationnelle. Malheureusement, Pascal Chaumeil est décédé, peu après la fin du tournage, à l’âge de 54 ans.
La morale n’est guère présente dans cette œuvre noire, car le héros n’hésite pas longtemps à devenir un tueur. Mais c’est la règle du genre.
Comédie française (2015) de Pascal Chaumeil, d’après Iain Levison, avec Romain Duris (Jacques), Michel Blanc (Gardot), Alice Belaïdi (Anita), Gustave Kervern (Tom), Charlie Dupont (Jeff) (1h37). (Grands adolescents) Sortie le 31 août 2016.
LE CHIFFRE DE LA SEMAINE
23 162
C’est le nombre de ménages vivant dans des logements de moins de 9 m2 en France, selon les données du ministère du Logement. 14 198 de ces logements se retrouvent en Ile de France, don 7 000 à Paris. En bas du tableau, la Corse ne compte que 48 foyers occupant des logements de ce type.
La Fondation Abbé Pierre, qui a eu la première connaissance de ces chiffres, a dénoncé l’inactivité de l’Etat dans ce domaine en rappelant que, dans la capitale, une cinquantaine seulement d’arrêtés préfectoraux avait, dans l’année écoulée, été promulgués pour interdire des logements indignes à la location. Selon la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain), un logement doit offrir « un volume habitable au moins égal à 20 mètres cubes ».
D’un jour à l’autre
France
Terrorisme
Deux Marocains expulsés de France le 26 août à la demande du Maroc, préparaient, selon la police marocaine, des attentats à Metz contre un restaurant et une boîte de nuit.
Racisme
Plusieurs milliers d’Asiatiques ont manifesté le 4 septembre, place de la République à Paris contre les agressions ciblées et le racket dont ils sont victimes en banlieue nord de Paris, de la part de « jeunes » d’origine nord-africaine. L’assassinat, le 7 août dernier, de Zhang Chaolin, Chinois d’Aubervilliers, a été le déclencheur de cette mobilisation.
Droite
Sept des treize candidats à la primaire ont fait le déplacement de l’université d’été de Les Républicains à La Baule les 3 et 4 septembre, mais en évitant le plus possible de se croiser. Ils ont jusqu’au 9 septembre pour déposer leurs 250 parrainages d’élus, dont au moins 20 parlementaires et 2 500 adhérents du parti.
Justice
Le procès pour fraude fiscale de l’ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac s’est ouvert devant le tribunal correctionnel de Paris le 5 septembre. Il doit durer dix jours.
Le parquet de Paris a requis le renvoi en correctionnelle de Nicolas Sarkozy et de treize autres personnes mises en examen pour le délit de financement illégal de sa campagne présidentielle en 2012, dans l’affaire Bygmalion.
Faits divers
Le 31 août, le député européen, vice-président du Modem et des Semaines sociales, ancien directeur du Credoc, Robert Rochefort, 60 ans, a été dénoncé par un vigile pour exhibitionnisme dans un magasin Castorama à Vélizy-Villacoublay (Yvelines). Entendu par la police, il aurait donné son accord pour une procédure de composition pénale. Mais ensuite, il a nié les faits.
Deux gardiens de prison ont été blessés le 4 septembre par un détenu islamiste dans la prison d’Osny (Val-de-Marne).
MONDE
Climat
A l’ouverture du G20 le 3 septembre à Hangzou (Chine) les présidents Barack Obama et Xi Jinping ont annoncé ensemble au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon que leurs pays respectifs (qui représentent 40 % de la pollution mondiale) ratifiaient le traité de Paris sur le réchauffement climatique.
Irlande
Le gouvernement de Dublin a décidé, le 2 septembre, de faire appel de la décision de la Commission européenne publiée le 30 août, qui exige que la firme américaine Apple rembourse à l’Irlande 13 milliards d’euros d’avantages fiscaux indûment consentis dans le cadre d’une politique de dumping fiscal. Cela représente 5 % d’une année de produit intérieur brut ou un quart du budget de l’État. La Danoise Margrethe Vestager Hansen, commissaire européenne à la Concurrence, a déjà fait condamner Starbuck (pour des aides d’État illicites en Hollande) et Fiat-Chrysler (pour le même motif au Luxembourg). Ses services épluchent les comptes d’Amazon, de Google et de Gazprom.
Ouzbekistan
Islom Karimov, président depuis 1990, est décédé d’un AVC à l’âge de 78 ans à Tachkent le 2 septembre et a été inhumé à Samarcande.
Syrie
Des chars turcs sont entrés dans le village d’Al-Rai dans le nord de la Syrie, le 3 septembre, afin de consolider la position des rebelles syriens face à l’E.I. et d’empêcher les Kurdes des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) de contrôler, sur 90 km entre Aazaz et Jarabulus, la frontière avec la province turque de Kilis.
Les forces de Damas ont repris, le 4 septembre, les écoles militaires d’Alep qui leur avaient été arrachées début août par les rebelles islamistes. Le siège des quartiers rebelles est ainsi rétabli plus hermétiquement.
États-Unis
Une fusée Falcon 9 a explosé au sol le 2 septembre. Plusieurs satellites très coûteux ont été détruits. Le programme de navette spatiale low cost développé par Elon Musk, propriétaire de la société SpaceX, en sera retardé, son éventuel rachat par un fonds chinois également.
Écologie
Des millions d’abeilles ont été tuées le 29 août en Caroline du Sud, dans le sud-est des États-Unis, par un épandage de Nalde, insecticide antimoustiques, lors d’une campagne contre le virus Zika.
Hygiène
Plus de 2000 références de savons antibactériens ont été interdites aux États-Unis par la Food and Drug Administration (FDA). Ils ne sont pas plus efficaces que du savon ordinaire et contiennent des produits dangereux à long terme.
Allemagne
Les sociaux démocrates du SPD sont arrivés en tête des élections régionales du 4 septembre en Mecklembourg-Poméranie occidentale (land le plus pauvre de l’ex-RDA, 1,6 million d’habitants), avec 30 % des suffrages. Ils perdent ainsi 5 %, talonnés par le parti anti-immigrés AfD (22 %). Les conservateurs de la CDU, parti de la chancelière Angela Merkel, enfant du pays, n’obtiennent que 19 %.
Sport
Formule 1
Nico Rosberg (Mercedes) a remporté le Grand Prix d’Italie sur le circuit de Monza. Il a devancé son coéquipier Lewiss Hamilton handicapé par un mauvais départ.

