L’événement-1
par Serge Plenier
Le retour de l’affaire Kerviel
S’ils sont avérés, les faits sont terribles. Selon le site d’information Médiapart, Nathalie Le Roy, commandant de police, qui avait mené l’enquête sur l’affaire Kerviel entre 2008 et 2012, a dénoncé devant un juge d’instruction les manipulations et les dysfonctionnements rencontrés au cours de ses investigations. Les révélations de la policière risquent d’obliger la justice à rouvrir le dossier.
Les accusations de Nathalie Le Roy portent d’abord sur une enquête contrôlée par la Société Générale. « J’ai eu le sentiment d’avoir été instrumentalisée par la Société générale » affirme-t-elle. La policière cite des faits précis : le choix des témoins par la banque elle-même, des enregistrements effacés et des réquisitions restées lettre morte comme celle concernant les échanges par mail entre un salarié et sa directrice d’alors au sujet des activités de Jérôme Kerviel. Le parquet de Paris ne sort pas non plus indemne du témoignage de l’enquêtrice. Cette dernière mentionne ses refus obstinés d’engager de nouveaux actes et de demander de nouvelles expertises.
Bien entendu, toutes ces graves accusations attendent confirmation. Il faut s’attendre à ce que l’autorité judiciaire et la Société Générale, directement mise en cause une nouvelle fois, s’abritent derrière l’autorité de la chose jugée. Pourtant le mal est fait. Les révélations de Nathalie Le Roy renforcent les pires suspicions sur une affaire présentée comme la dérive d’un « trader » enivré par sa propre réussite. Aux yeux de l’opinion, il devient de plus en plus certain que Jérôme Kerviel a agi en accord avec sa banque. Il paraît même possible que cette dernière ait bénéficié de complicités au plus haut niveau.
Certains veulent déjà faire de l’affaire Kerviel une nouvelle affaire Dreyfus, la Société Générale endossant le rôle de l’état-major. C’est aller un peu vite en besogne. Après tout, Alfred Dreyfus était totalement innocent, pas Jérôme Kerviel.
Reste que ce rebondissement est lourd de menaces. Il fait peser un doute toujours plus important sur nos institutions, financières et politiques, marchant trop visiblement la main dans la main. En janvier 2016, un procès civil déterminera les responsabilités dans les pertes de la Société Générale. Les révélations de Nathalie Le Roy ne pourront pas être ignorées si facilement.
Nous n’en avons pas fini avec l’affaire Kerviel.
L’événement-2
par Jean-Gabriel Delacour
La nouvelle politique musulmane des États-Unis
Les États européens, collectivement ou individuellement, ne savent toujours pas comment s’y prendre avec les immigrés en grande majorité musulmans plus ou moins perdus en Méditerranée mais désireux de s’installer sur le continent ; de même, ils hésitent sur la place à donner à l’islam dans l’espace public. De leur côté, les États-Unis mènent une politique à l’échelle de la planète, pas toujours facile à décrypter et non exempte de contradictions, mais qui poursuit des buts, plus ou moins avoués et dont il faut, de toute manière, essayer de comprendre tenants et aboutissants.
A priori respectueux des identités religieuses et conscients de l’importance du fait religieux dans la vie de chaque citoyen, les Étasuniens n’aiment pas qu’on brocarde les convictions de qui que ce soit, par exemple par des caricatures. Mais, défenseurs de leurs libertés, ils se montrent impitoyables avec ceux qui s’en prennent à leur mode de vie. Voilà qui explique la condamnation à mort, le 15 mai par un tribunal fédéral, du Tchétchène Djokhar Tsarnaïev, jugé pour avoir posé les deux bombes meurtrières ayant explosé près de l’arrivée du marathon de Boston en 2013.
C’est un peu dans le même esprit que, le même jour, les forces spéciales américaines ont tué un haut responsable du pseudo-État islamique et capturé son épouse. Le fait que cela se soit déroulé en Syrie et que l’opération ait été annoncée publiquement manifeste le souci de faire comprendre clairement que Washington sait se montrer impitoyable et peut agir comme bon lui semble — même si certains supposent qu’un accord tacite a été donné par le gouvernement de Damas à une action qui ne peut que lui être bénéfique. Que, en outre, cette mission se soit déroulée au moment même où les djihadistes dudit État islamique multiplient les massacres lors de leur avancée vers Palmyre, un des joyaux du patrimoine mondial, rappelle la capacité nord-américaine à intervenir en n’importe quel lieu et pas simplement avec des bombardements ou des drones.
Toutefois, les États-Unis sont prêts à des retournements d’alliance. Jusque-là, et bien avant Barack Obama toujours soupçonné de sympathies islamiques, ils se contentaient de favoriser les entités musulmanes en Bosnie, au Kosovo ou en Turquie, où le président Recep Tayyip Erdogan se montre pourtant de plus en plus anti-occidental et de moins en moins « islamiste modéré ». Ils maintenaient aussi les alliances conclues pendant la Seconde Guerre mondiale avec les monarchies pétrolières et appuyaient le pouvoir égyptien — lequel vient de condamner à mort son ancien et éphémère président islamiste, Mohamed Morsi. Mais, aujourd’hui, délaissant les grandes puissances sunnites, qui ont d’ailleurs plus ou moins boycotté la réunion de Camp David des 14 et 15 mai — ce qui laisse d’ailleurs le champ libre à la France —, Washington veut jouer la carte iranienne, comme l’a exprimé sa volonté d’arriver à tout prix à un accord sur le nucléaire de ce pays. Il est vrai que certains analystes prévoient que le terrorisme islamiste n’aura qu’un temps…
Politiques
par Alice Tulle
Gauche radicale : le modèle grec ?
A la gauche du Parti socialiste, les stratèges cherchent à sortir de l’impasse électorale. Soutenu par le Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon avait obtenu 11 % à la présidentielle de 2014, loin derrière le Front national. Les élections européennes puis départementales sont venues confirmer que son courant ne participait pas au « grand jeu » qui se déroule entre l’UMP, le Parti socialiste et le Front national. Mais que faire ?
La victoire de Syriza en Grèce le 25 janvier 2015 et la percée de Podemos en Espagne font monter la fièvre spéculative. Ces deux formations se sont développées après avoir fédéré de petites organisations d’extrême-gauche et promis la fin de l’austérité. Comme la gauche de la gauche française est, elle aussi, contre l’austérité, pourquoi ne prendrait-t-elle pas le même chemin ? Telle est la question que se posent l’écologiste Cécile Duflot, le secrétaire national du Parti communiste Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon ou encore Clémentine Autain qui dirige au sein du Parti de Gauche une petite tendance mais bénéfice d’une forte présence médiatique.
Il serait logique que Jean-Luc Mélenchon soit le principal animateur et futur candidat du mouvement en devenir. Mais le fondateur du Parti de Gauche est autant la solution que le problème. Il y a sa personnalité, quelque peu écrasante dans des groupes qui professent le refus de la personnalisation — mais l’expérience montre que ces groupes, aussi rigoureux soient-ils dans leur égalitarisme, se font très vite une raison quand la victoire pointe à l’horizon. Il y a surtout les prises de positions de l’ancien candidat à l’élection présidentielle : très hostile au nouveau gouvernement de Kiev, il est considéré comme un partisan de Vladimir Poutine — très mal vu à la gauche de la gauche. Et Le hareng de Bismarck, livre que Jean-Luc Mélenchon vient de publier, n’arrangera pas les choses car il dénonce le « modèle allemand » sur un ton et avec des arguments qui peuvent le faire taxer de nationalisme.
Il y a pire. Le Parti de Gauche prépare son congrès et les deux motions présentées au vote des militants annoncent un tournant « souverainiste » de cette formation qui proclamait son internationalisme et sa volonté de lutter contre l’austérité sans quitter la zone euro.
Or la motion présentée par Jean-Luc Mélenchon et la direction de son parti affirme que « à ce stade de l’histoire, seul le cadre national, immédiatement disponible comme alternative aux institutions supranationales actuelles, peut permettre l’expression de la souveraineté populaire ». Elle entend mener une « bataille diplomatique » pour faire prévaloir le droit national sur le droit européen mais envisage « une seconde étape si l’Allemagne empêchait une refonte radicale des traités ». Il s’agirait alors de sortir de l’Union européenne en créant une nouvelle monnaie nationale. La seconde motion préconise la sortie immédiate de la zone euro et de l’Union européenne et la mise en œuvre d’un « protectionnisme solidaire ».
Si le congrès du Parti de Gauche confirme cette orientation la fédération des gauches radicales verra difficilement le jour. Les Verts sont partisans de l’euro et certains, non des moindres, veulent rapidement revenir au gouvernement. Les communistes, qui ne croient plus aux vertus de la dévaluation compétitive et militent pour « une construction solidaire de l’Union européenne, sont depuis longtemps ralliés à l’euro. Ils trouvent même que la BCE peut être utile (à condition de la réformer) et restent, comme toujours, tiraillés entre la radicalité et l’alliance intéressée avec les socialistes. On ne voit pas bien ce qu’ils peuvent faire avec Jean-Luc Mélenchon. Et François Hollande n’a pas besoin de se garder à gauche….
Monde – 1
par Yves La Marck
Politiques arabes
Obama ou tout autre Président américain n’est pas là pour faire la politique des Arabes ou celle des Israéliens, mais la politique américaine. Cela vient d’être rappelé les 13 et 14 mai.
Aux lendemains de l’accord-cadre de Lausanne avec l’Iran le 2 avril dernier, le président Obama avait annoncé qu’il fournirait toutes explications et assurances aux traditionnels alliés des États-Unis dans la région : Israël et les États du Golfe. Il avait donc invité à Washington et Camp David les 13 et 14 mai les six chefs d’État du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) : l’Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, les Émirats arabes unis et Oman. Ils s’appellent roi, émir, sultan, mais à part le Qatar et le Koweït, ils ne se déplacèrent pas personnellement et se firent représenter par des cheikhs, princes héritiers, conseillers, ministres. Parce que chacun avait bien compris que dans cette invitation les seigneurs n’étaient pas ceux qu’on croyait.
Ce genre de sommet n’a guère de précédent. Certes, les États-Unis ont déjà mené deux guerres du Golfe, dont la première pour l’existence même du Koweït. Leur bilan parlait pour eux. Obama a rompu le charme. D’un coup de baguette — magique ? — il a réveillé les six dormants de leur sommeil profond. Le coup — qui serait plutôt un coup de fouet — s’appelle la normalisation des relations avec l’Iran, même si Washington s’en défend et que Téhéran se fait prier.
La Maison-Blanche est dans sa responsabilité de définir solennellement là où résident les intérêts bien compris des États-Unis, en toute indépendance. Désormais Washington a les mains libres pour envisager l’échéance du 30 juin, date d’une éventuelle finalisation de l’accord nucléaire avec Téhéran.
Les monarques quasi absolus de la péninsule arabique n’avaient donc pas à se déplacer en personne pour entendre ce discours et monnayer des compensations. Leurs commis-ministres suffisaient. La liste de courses fut aussi longue que possible mais il ne fut officiellement pas question de « course aux armements ». Moyens maritimes, défense anti-missiles, surveillance des frontières, lutte anti-terroriste, qu’est-ce que ces pays n’ont pas déjà ?
A la suite de la guerre du Golfe, les États-Unis avaient déjà armé, réarmé et surarmé ces États qui n’avaient pas le choix du fournisseur, fermant la porte aux concurrents dont la France. Cette fois, en invitant François Hollande au sommet du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) à Riyad les 3 et 4 mai, en annonçant des commandes de Rafale (le Qatar après l’Égypte), les mêmes manifestent leur volonté de diversifier leurs soutiens politiques.
Obama a invité une institution, le CCG, tout comme c’est le CCG qui a invité le président français. Tout le monde ressent le besoin d’un front commun : finies les rivalités Qatar-Arabie saoudite ou Qatar-Émirats arabes unis, non plus un axe contre un autre, mais l’unité d’un bout à l’autre du désert arabe, berceau de l’identité et creuset demain d’une éventuelle renaissance arabe comme il y a un siècle.
Le général de Gaulle avait imaginé une politique arabe indépendante de Washington. On en a beaucoup médit. Sans doute sur la durée n’avait-elle pas été suffisamment mise à jour pour suivre les méandres de l’Orient compliqué. Elle avait cependant l’avantage de se présenter comme globale. L’intérêt aujourd’hui de formuler une politique arabe pour la France serait de dépasser les amitiés particulières pour un pays ou un autre et les fluctuations des relations personnelles au gré des présidents successifs. Elle ne serait possible que s’il y avait à nouveau un projet arabe et non vingt ambitions nationales confondues dans une Ligue arabe tombée aux oubliettes. Que ce soit tel ou tel dirigeant qui le porte, un descendant d’Ibn Séoud ou un émule du colonel Nasser, à la limite peu importe, pourvu qu’il rallie autour de lui un consensus.
Monde – 2
par Antoine de Souza
Un putsch manqué
Au Burundi, le président Pierre Nkurunziza a gagné son bras de fer avec la société civile et avec les dissidents au sein de l’armée. La voie est libre pour son troisième mandat.
La décision du président de briguer un troisième mandat le 26 juin, son investiture par le parti majoritaire, la validation de la démarche par la Cour constitutionnelle, ont ouvert la crise : manifestations dans la capitale, Bujumbura, faisant une vingtaine de morts, tentative de putsch le 13 mai par le général Godefroid Niyombare, affrontements entre deux factions de l’armée et de la police. Le président Nkurunziza a repris la situation en main et compte poursuivre le processus électoral commençant avec les élections législatives et communales le 26 mai.
La crise est une superposition de trois niveaux. Le premier degré est l’hostilité à un troisième mandat du président sortant. Si elle a rassemblé les principaux acteurs de la société civile, dont l’Église catholique (60 % des Burundais, avec le soutien des principaux bailleurs de fonds (Union européenne, Belgique, Pays-Bas) et des États-Unis, elle n’a pas suscité un mouvement démocratique d’une ampleur égale au rejet qui s’était vu au Burkina Faso l’an dernier, mais est restée limitée à quelques quartiers de la capitale. En réalité, la majorité de la population reste acquise au parti au pouvoir, issu du mouvement rebelle de la guerre civile (1993-2003), le CNDD-FDD.
C’est alors que la crise a été déplacée vers un second niveau : au sein de l’élite politique et surtout militaire. Issu d’une lutte armée, le parti au pouvoir est dirigé par un noyau de généraux venus de la clandestinité. Deux lignes s’y étaient opposées après les élections précédentes déjà boycottées par l’opposition en 2010 : une ligne radicale sur laquelle se situe le président sortant et une ligne modérée incarnée par le général Niyombare qui fut mis en minorité et démis de ses fonctions de chef des services de renseignement. Ce dernier a tenté un coup qui n’a fait que révéler la division d’une armée à la composition hétérogène puisque constituée à partir des éléments de l’ancienne armée et des forces rebelles intégrées dans les cadres. Il a échoué à rallier ses anciens camarades.
Le putsch a éclaté à la faveur du déplacement du président à Dar es Salam pour une réunion des présidents des cinq États membres de la Communauté d’Afrique de l’Est présentée comme une ultime tentative de médiation. La dimension régionale constitue en effet le troisième niveau de la crise : les présidents de l’Ouganda et du Rwanda ne peuvent pas dénoncer l’idée d’un troisième mandat puisqu’ils sont au pouvoir respectivement depuis 1986 et 1994, même si Museveni et Kagame n’en sont officiellement qu’à leur second mandat électoral jusqu’en 2016 pour le premier, 2017 pour le second. Le Kenya a peu à dire. Seule l’exemplaire Tanzanie proteste. D’autant qu’elle se considère comme l’ultime garante des accords d’Arusha qui, en 2000, avaient entamé le processus de transition au Burundi sous l’égide de Mandela (après Nyerere décédé en 1999).
Or c’est bien de cela qu’il s’agit : la division au sein de l’équipe dirigeante à Bujumbura vient de l’appréciation portée sur ces accords depuis leur mise en œuvre. Les miliciens Imbonerakure (« eux qui voient loin ) — qui évoquent le spectre des sinistres Interahamwe du génocide au Rwanda — veulent faire des prochaines élections un référendum contre Arusha, faire élire une majorité suffisante de députés et de sénateurs pour modifier la Constitution et mettre fin au partage ethnique qui y est inscrit. Celui-ci avantage la minorité tutsi (15 % de la population, 40 % des postes) et, selon les radicaux, freine la redistribution foncière. La majorité de la population burundaise est attachée au pluralisme politique et à la coexistence pacifique de ces dix dernières années. Si ce pacte devait être remis en cause, Kigali serait le premier à réagir.
— –
Histoire
par Fabrice de Chanceuil
Notre Père de Gand
A l’occasion du bicentenaire des Cent-Jours, pendant lesquels le Roi Louis XVIII s’exila à Gand, l’Institut d’Histoire des Monarchies a organisé dans cette ville, le 9 mai dernier, un colloque historique intitulé « Gand, Capitale du Royaume de France mars-juillet 1815 ».
Venus de France et de Belgique, les auditeurs se sont retrouvés, dès le matin, dans le bel Hôtel Falligan, du nom de son premier propriétaire et dévolu depuis 1802 à la Société royale littéraire de Gand, l’un des principaux vecteurs du rayonnement francophone en Flandre-Orientale et, par conséquent, lieu idéal pour accueillir cette manifestation.
Il revenait, par conséquent, à un Gantois d’ouvrir les travaux en la personne de Luc Beyer de Ryke, journaliste et homme politique belge, qui s’est plu à souligner qu’il aimait taquiner ses amis liégeois, qui se targueraient volontiers d’être plus français que les Français, en leur rappelant que Liège n’a jamais été la capitale de la France à la différence de Gand.
Comment cela est-il arrivé? Il revenait à Philippe Delorme, journaliste et historien français spécialiste des dynasties, de rappeler l’engrenage des évènements suite au débarquement de Napoléon à Golfe-Juan et du vol de l’Aigle, de clocher en clocher, jusqu’aux tours de Notre-Dame. Abandonné progressivement par les siens, le Roi Louis XVIII était contraint une nouvelle fois à l’exil mais confiant dans son proche retour en France, il avait choisi de ne pas s’éloigner en trouvant refuge à Gand, ville proche de la frontière et francophile. Même s’il ne pouvait prétendre rivaliser avec la légende de son adversaire, le Roi bénéficiait d’un climat de sympathie comme en témoigne la chanson populaire au titre en forme de calembour Notre Père de Gand dont l’une des strophes dit: « Nous aimons notre père de Gand, Nous aimons notre père, Et non pas cet injuste brigand [ ]Qui ravageait la terre. ».
S’inscrivant dans la lignée de cette première intervention, Philip Mansel, historien britannique, biographe de Louis XVIII et fondateur de la Society for Court Studies de Londres, s’est attaché à montrer que Louis le Désiré était convaincu qu’il serait rapidement Louis le Regretté. C’est la raison pour laquelle son exil à Gand n’eut rien de passif et qu’il y constitua, avec plusieurs personnalités qui lui étaient restées fidèles, au premier rang desquelles Chateaubriand même si les deux hommes entretenaient des relations plutôt tendues, un gouvernement prêt à reprendre le pouvoir le plus tôt possible. Pour Philip Mansel, le Roi n’était pas isolé car toute l’Europe, de la Grande-Bretagne à la Russie en passant par la Prusse et l’Autriche, était coalisée contre le retour de Napoléon et que la présence de Louis XVIII, à Gand, apportait la caution de la France à ce nouvel ensemble dont les contours continuaient à se dessiner au Congrès de Vienne.
Autre vision, comme il convient dans un colloque historique ouvert aux regards croisés, celle de Jacques-Olivier Boudon, historien français, président de l’Institut Napoléon, pour qui l’Empereur n’accordait pas une grande importance à l’exilé de Gand, plus préoccupé par la Septième Coalition dressée contre lui. Sûr de sa popularité, il estimait incarner la véritable légitimité et détenir une compétence dont son rival, à ses yeux, était dépourvue. Il avait pu, en outre, constater la faible résistance royaliste lors de sa remontée vers Paris, même s’il concédait une certaine opiniâtreté à la nièce de Louis XVIII, la Duchesse d’Angoulême qui avait mené la résistance à Bordeaux, la qualifiant même de « Seul homme de la famille », ce qui montrait le peu de cas qu’il faisait de son oncle. Pourtant c’est bien ce dernier qui, à l’issue de la bataille de Waterloo, allait quitter Gand pour retrouver son trône à Paris.
La journée n’aurait pas été complète si les participants ne s’étaient rendus sur les lieux de résidence du Roi, ce qui fut fait l’après-midi, avec une visite commentée de l’Hôtel de Hane-Steenhuyse, somptueuse résidence où flotte encore, de manière discrète, le souvenir du passage de Louis XVIII.
Il ne restait plus qu’à Patrice Vermeulen, président de l’Institut d’Histoire des Monarchies, de conclure cette journée en offrant une plaque commémorative de l’événement, illustrant ainsi le souhait évoqué au cours du colloque de voir un jour l’Hôtel de Hane-Steenhuyse accueillir un musée des Cent-Jours.
Clefs
par Jean Etèvenaux
L’hommage d’une nation au duc de Wellington
À un mois des célébrations qui, à Waterloo et aux alentours, vont rappeler le bicentenaire de la bataille décisive par laquelle Wellington a mis un terme à l’équipée napoléonienne des Cent Jours, le Royaume-Uni a offert, le mardi 12, une de ces cérémonies dont la pompe et la fréquentation attestent son sens non seulement de l’identité nationale mais de l’Histoire tout court. Il s’agissait du service religieux d’action de grâces rendu au brigadier Arthur Valerian Wellesley, 8e duc de Wellington, décédé le 31 décembre dernier, quelques mois avant son centième anniversaire.
La célébration a été conduite, selon le rite du Book of Common Prayer de 1662, par le corps des chapelains anglicans — auxquels s’ajoutent des catholiques, des protestants et des juifs — de la chapelle des Gardes sise dans les Wellington Barracks, ces casernes construites justement par le premier duc, jouxtant le palais de Buckingham. Il ne faut en effet pas oublier qu’Arthur Wellesley, premier duc de Wellington (1769-1852), après une longue carrière militaire qui avait commencé par une formation en France et s’était poursuivie par des opérations aux Pays-Bas, aux Indes, au Portugal et en Espagne, fut aussi un homme politique de premier plan, notamment comme diplomate et comme Premier ministre, procédant par exemple à l’émancipation des catholiques.
Devant plusieurs milliers de personnes, la reine Elizabeth, le prince Philip, le prince de Galles et son épouse ainsi que plusieurs membres de la famille royale ont assisté à la cérémonie. On relevait également la présence du chanteur James Blunt, qui a épousé l’année dernière la petite-fille du duc de Wellington. Parmi les personnalités politiques, on notait un petit-fils de Winston Churchill (1874-1965), sir Arthur Nicholas Winston Soames, ancien ministre du cabinet conservateur de John Major. Le Souvenir napoléonien était représenté par son vice-président, invité du duc. Rappelons que, aux obsèques nationales du premier duc, Napoléon III avait dépêché son cousin, le comte Alexandre Walewski (1810-1868), fils de Napoléon.
Outre des passages religieux de la Bible ou d’auteurs anglais, ont été donnés un poème de la mère du défunt duc, Dorothy Wellesley (1889-1956), et le prologue des Contes de Canterbury de Geoffrey Chaucer (1340-1400). Un frère du duc actuel, lord Christopher Wellesley, a lu la citation accompagnant la Military Cross remise après les combats de juin-juillet 1941 contre les troupes françaises de Vichy en Syrie. Cela explique sans doute qu’un hommage lui ait été rendu dans la chapelle, non sans humour, par le prince El Hassan ibn Talal, oncle du roi Abdallah de Jordanie.
Très attaché à Waterloo — où il a contrecarré un projet d’autoroute —, officier de la Légion d’honneur, le duc s’était exprimé peu avant sa mort sur l’importance du bicentenaire : « L’Histoire ne peut pas être oubliée et nous avons besoin de nous souvenir du courage des milliers d’hommes de beaucoup de nations qui ont combattu et sont morts en quelques heures le 18 juin 1815 ».
Humeur
par Erwan Violin
Entêtement
C’est à une certaine obstination dans l’erreur que l’on reconnaît les grands politiques. Telle est visiblement la pensée d’Emmanuel Valls et de Najat Vallaud-Belkacem.
On a beau leur dire, à gauche comme à droite, que leur réforme du collège n’est qu’un pitoyable naufrage, le Premier ministre et sa ministre de l’Education nationale se démènent comme deux pauvres diables à défendre l’indéfendable au moyen d’arguments valant leur pesant de cacahouètes. Cela en devient d’ailleurs émouvant. Leurs opposants seraient de vieux fossiles réactionnaires (merci pour Jack Lang) qui ne comprendraient rien aux questions d’éducation (merci pour l’agrégé François Bayrou).
Il faut croire qu’à Matignon, comme rue de Grenelle, on ne sait pas toujours faire la différence entre persévérance et entêtement.
Livres
par Catherine Pauchet
Roman
Quinquennat
Peu de nos romanciers ont mis en scène la vie politique française. Avec sa trilogie dite « L’Emprise », Marc Dugain fait donc figure d’exception. Dans ce deuxième tome, on suit Philippe Launay et ses acolytes. Devenu président de la République, il aborde son quinquennat tambour battant et va devoir faire face à une série de coups bas. Car en politique, rien n’est simple. Ses adversaires les plus acharnés appartiennent à son propre camp : ses filles le lâchent, son ministre des finances le défie, la CIA le tient… Quand, en plus, les pétrodollars coulent à flots, c’est la foire d’empoigne. Corruption, affairisme, trahison… au fil des pages, le lecteur oscille entre incrédulité et effroi. Et si c’était vrai ? De qui Philippe Launay est-il le sosie ?
« Quinquennat », Marc Dugain, Gallimard, 304 p., 19,50 €.
Polar
Noire Belladone
Eté 1730. Après des années à parcourir les carnavals et les foires d’Italie, le comédien Carlo Goldoni revient à Venise pour y jouer une pièce de théâtre dont il est l’auteur, mais le succès tarde à venir. Faute de mieux, il accepte le rôle d’adjoint de Zorzi Baffo, le chef de la police criminelle par ailleurs poète érotique, dont il a jadis été le collaborateur. La Sérénissime s’agite : un sénateur puritain veut y rétablir les prérogatives de l’Eglise avec l’aide du pape et des Miliciens de la Foi, et deux riches patriciens décèdent empoisonnés. Au même moment, une belle paysanne venue de Padoue se prépare à accomplir une mission très spéciale. Thierry Maugenest nous livre une nouvelle enquête de ses fins limiers, Goldoni et Baffo.
« Noire Belladone », Thierry Maugenest, Albin Michel, 295 p., 19,50 €.
Histoire
Au service du roi
De Versailles, on connaît les rois, les courtisanes, quelques ministres et d’autres beaux esprits. Mais que sait-on de tous ceux qui forment l’arrière-cour et œuvrent jour et nuit à la gloire de la monarchie ? Directeur scientifique du Centre de recherche du château de Versailles, Mathieu da Vinha dresse le portrait de méconnus tels Jean-Baptiste Lazure, cuisinier, Marie-Angélique Poisson, première femme de chambre de la dauphine, Pierre de Nyert, musicien… Ces acteurs du quotidien, du plus éloigné au plus proche du roi, ont réussi par leur talent et leur entregent à bâtir des dynasties de serviteurs et à s’enrichir sans compter. En les regardant agir et prospérer, c’est la cour, ses nobles, ses petites gens et son étiquette, que nous voyons paraître.
« Au service du roi », Mathieu da Vinha, Tallandier, 350 p., 20,90 €.
Revue
Le business de la terre
Nourrir la planète, c’est possible, mais avec quels risques et à quel prix ? Le semestriel 6 mois pose la question dans un dossier composé de trois photoreportages : l’Argentine et l’utilisation des pesticides en agriculture, quand les clandestins récoltent les tomates à la place des Italiens, les usines à nourrir. Au sommaire également : les bergers du Pamir, Leipzig, le monde de Juliette, Kim Jong-Un, dictateur nord-coréen, un train clinique en Sibérie, les accros aux jeux sur Internet, lumières du Nord… Une revue grand format tout en couleurs, avec des articles de fond et illustrée de nombreux portfolios.
« Le business de la terre », revue 6 mois, n°9, printemps-été 2015, 25,50 €. En kiosque et en librairie.
Cinéma
par Marie-Christine Renaud d’André
La tête haute
Sauver un enfant de la délinquance, n’est-ce pas le plus beau des métiers ?
Rejeté par sa mère, une femme immature, Malony, 6 ans, est placé par une juge dans un foyer d’accueil. Quelques années plus tard, la même juge l’expédie en prison, pour conduite sans permis et mise en danger de la vie d’autrui.
Petite boule de rage et de colère, le jeune héros de ce film étonnant, est accompagné, pendant plusieurs années, par une juge pour enfant attentive et compatissante, et un éducateur, ancien délinquant, qui comprend trop bien ce qu’il vit. Avec beaucoup d’empathie, et après une longue étude documentaire, Emmanuelle Bercot s’intéresse à ces hommes et à ces femmes qui se battent pour sortir les enfants de leur spirale destructrice et pallier les carences de leur éducation (familiale et scolaire). Et c’est la force de ce grand film de montrer une réalité dure, sans jamais poser de jugement sur les uns et les autres. Même la mère indigne finit par être touchante, tant on devine les carences affectives dont elle a dû être la victime. D’autant plus qu’elle sait se montrer, avec le temps, de plus en plus aimante. Ce regard plein d’humanité fait toute la force d’un film optimiste qui porte un regard plein de nuance sur une institution souvent décriée. L’interprétation est sensationnelle, avec une mention spéciale pour le jeune Rod Paradot, impressionnant de justesse dans sa rage d’enfant mal aimé.
Comédie dramatique française (2014) de Emmanuelle Bercot, avec Catherine Deneuve (la juge), Rod Paradot (Malony), Benoît Magimel (Yann), Sara Forestier (Séverine), Diane Rouxel (Tess), Anne Suarez (la directrice du CEF), Martin Loizillon (le procureur) (2h). (Adultes) Sortie le 13 mai 2015.
Refugiado
Victime d’un mari violent, Laura décide de s’enfuir avec Matias, son jeune fils. Mais son mari l’appelle.
Présenté à Cannes en 2014, ce film s’inspire, en partie, de l’enfance du réalisateur, obligé de fuir la dictature de son pays, à l’âge de son jeune héros. Mais, ici, pas d’éléments politiques dans cette œuvre bouleversante, qui s’attache aux pas de l’enfant pour décrire ce qu’il peut ressentir face à cette situation terrible. L’interprétation, en particulier celle du jeune Sebastián Molinaro, est pour beaucoup dans la réussite de ce film d’une belle épaisseur humaine.
Sans proposer de solutions, le cinéaste montre les dégâts des violences conjugales sur l’épouse et, bien sûr, sur l’enfant.
Drame argentino-germano-franco-polono-colombien (2014) de Diego Lerman, avec Julieta Diaz (Laura), Sebastián Molinaro (Matias), Marta Lubos (Antonia), Valentina Garcia Guerrero (Ana) (1h33). (Grands adolescents) Sortie le 13 mai 2015.
Naruto The Last – Le film
La Lune se rapproche dangereusement de la Terre et risque de la détruire.
Vendus dans le monde entier, les mangas de Masashi Kishimoto ont été déclinés, depuis plus de quinze ans, en séries TV et en films. Ce film est annoncé comme étant le dernier. S’il va ravir les fans, en raison de ses jolis dessins stylisés et de ses multiples combats, il risque de décevoir ceux qui ne sont pas familiers de cet univers. Car l’histoire est confuse, les mots employés obscurs, et les combats interminables.
Animation japonaise (2014) de Tsuneo Kobayashi, d’après l’œuvre de Masashi Kishimoto, avec les voix originales de Junko Takeuchi (Naruto Uzumaki), Nana Mizuki (Hinata Hyuuga), Jun Fukuyama (Toneri Ötsutsuki) (1h52). (Tous) Sortie le 13 mai 2015.
À la poursuite de demain
En touchant un pin’s, une fillette passionnée de sciences, se retrouve dans Tomorrowland, une ville du futur.
Il faut s’accrocher, au début, pour comprendre cette histoire de va-et-vient entre plusieurs époques et plusieurs mondes parallèles, tant l’intrigue est complexe. Mais, grâce à la qualité de la mise en scène et de l’interprétation, sans oublier les excellents effets spéciaux, on se laisse emporter par cette œuvre originale et très inventive, qui met en scène un futur idéalisé, tel qu’a pu le rêver Walt Disney, dont on sait le goût qu’il avait pour le futur. En prime, le film est traversé par des touches d’humour réjouissantes, qui rendent très distrayantes ces aventures futuristes.
Science-fiction américaine (2015) de Brad Bird, avec George Clooney (Frank Walker), Hugh Laurie (David Nix), Britt Robertson (Casey Newton), Raffey Cassidy (Athena), Tim McGraw (Ed Newton), Kathryn Hahn (2h10). (Adolescents) Sortie le 20 mai 2015.
LE CHIFFRE DE LA SEMAINE
265
C’est le nombre de personnes mortes sur la route en avril 2015, selon les chiffres publiés par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR). Ce chiffre équivaut à une augmentation de 4,3% par rapport à avril 2014. Sur les 4 premiers mois de l’année, la progression est de 2,5% par rapport à la même période de l’année précédente. Selon l’ONISR, cette progression s’explique notamment par une hausse des » des accidents mortels de cyclomotoristes, de motocyclistes, et dans une moindre mesure, de celle des automobilistes ».
Toujours selon l’ONISR, les accidents corporels ont enregistré, en avril dernier, une baisse de 3,3%, tandis que le nombre des personnes blessées sur la route a diminué de 1,5% avec 5865 blessés.
D’un jour à l’autre
France
Economie
La croissance du PIB français a été de 0,6% au premier trimestre 2015, selon l’INSEE. Ce chiffre apparemment bon est dû en grande partie à l’augmentation des dépenses des ménages provoquée notamment par la hausse des prix de l’énergie.
Justice
Le 14 mai, un jugement du tribunal de grande instance de Nantes demande au procureur de la République de faire transcrire sur les registres d’état civil français les actes de naissance de trois enfants nés par gestation pour autrui à l’étranger (Ukraine, Inde et États-Unis). Le gouvernement français affirme cependant que la GPA restera illégale en France.
Nathalie Le Roy, commandant de police à la Brigade financière, chargée de l’affaire Kerviel de 2008 à 2012 a affirmé devant un juge d’instruction qu’elle avait été manipulée par la Société Générale. Ses révélations, publiées sur le site d’information Médiapart, le 17 mai, remettent sérieusement en cause la thèse officielle d’un trader ayant agi isolément.
Les deux policiers poursuivis après la mort par électrocution des jeunes Zyed et Bouna, en 2005 dans un transformateur EDF de Clichy-sous-Bois, ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Rennes, le 18 mai. La mort des deux adolescents avait suscité une vague d’émeutes dans les banlieues pendant trois semaines.
Éducation
Selon une étude Odoxa publiée par iTélé le 15 mai, 61 % des Français désapprouveraient la réforme du collège de la ministre Najat Vallaud-Belkacem. Ils estiment que cette réforme va tirer le niveau global des élèves vers le bas et qu’elle va nuire à l’enseignement du latin et du grec.
Sécurité
Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé, le 14 mai qu’une opération policière visant les vendeurs de drogue mais également les consommateurs, a été menée la veille à Saint-Ouen (93). De nouvelles caméras et un dispositif policier renforcé ont été promis.
Armement
Le 15 mai, la France a proposé à la Russie de résilier le contrat portant sur la livraison de deux Mistral en remboursant 785 millions d’euros, à condition de pouvoir réexporter ces navires de guerre. Moscou demande le double et s’oppose à la revente.
Société
L’Église protestante unie de France a décidé, le 17 mai, d’autoriser la bénédiction des couples de même sexe par ses 500 pasteurs, sans les y obliger.
Cinéma
Le 68e Festival de Cannes a débuté le 13 mai au soir avec sa traditionnelle cérémonie d’ouverture, en présence de dizaines de stars internationales : Lambert Wilson, Isabella Rossellini, Julianne Moore, Naomi Watts, Emmanuelle Béart, etc.
Immigration
Le 13 mai, la Commission européenne a rendu publiques ses propositions pour mieux maîtriser l’immigration clandestine, depuis l’Afrique et l’Asie. Manuel Valls, en visite le 16 mai à Menton, poste-frontière débordé par les immigrants africains (plus de 100 000 depuis un an) venant d’Italie, a déclaré que la France refuserait un système de quotas de réfugiés par pays d’accueil qui serait contraire à la réglementation sur le droit d’asile.
Monde
Etats-Unis
Au moins 8 morts et 200 blessés, c’est le bilan d’un accident ferroviaire survenu mardi 12 mai au soir vers Philadelphie. Un train reliant Washington à New York a déraillé à cause d’un excès de vitesse. La polémique enfle autour de l’homosexualité du conducteur de 32 ans, Brandon Bostian.
Terrorisme
Après 14 heures de délibération, Djokhar Tsarnaev a été condamné à la peine capitale, le 15 mai, pour sa responsabilité dans les attentats de Boston, qui ont fait 3 morts et 264 blessés, le 15 avril 2013. De nombreux recours judiciaires sont ouverts à ses avocats.
Luxembourg
C’est le 15 mai que le Premier ministre Xavier Bettel, a « épousé » son compagnon, un Belge, quelques mois après que le Luxembourg est devenu le onzième pays à autoriser le mariage homosexuel.
Burundi
La tentative de putsch de trois généraux, le 13 mai, contre le président Pierre Nkurunziza, a échoué.
Pakistan
Le 13 mai à Karachi, six islamistes de l’E.I., circulant à moto, ont ouvert le feu sur un autobus transportant une soixantaine de pèlerins ismaéliens (courant minoritaire de l’islam chiite dont le chef spirituel est l’Aga Khan), tuant 43 d’entre eux.
Musique
Le 14 mai s’est éteint le chanteur de blues B. B. King à l’âge de 89 ans, à Las Vegas (Nevada).
Népal
Mardi 12 mai, deux semaines après le séisme qui a fait près de 7 800 morts, le Népal a été de nouveau touché par un tremblement de terre de magnitude 7,3. Un bilan temporaire fait état d’au moins 65 morts. 17 personnes ont également perdu la vie dans le nord de l’Inde, essentiellement dans l’État du Bihar.
Mer d’Andaman
Les marines indonésienne, malaisienne et thaïlandaise re-poussent hors de leurs eaux territoriales les bateaux remplis de migrants en provenance de Birmanie (réfugiés de la minorité musulmane rohingya) et du Bangladesh. Plus de 25 000 Rohingyas et Bengalais ont pris la mer entre janvier et mars. Ils seraient actuellement 8 000 boat-people menacés de mourir de faim et de béribéri dans la mer d’Andaman.
Israël
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a obtenu, le 14 mai, (par 61 voix contre 59) la confiance de la Knesset à son quatrième gouvernement, l’un des plus à droite de l’histoire du pays.
Syrie
Le 17 mai, des combats ont fait au moins 150 morts parmi les forces du régime syrien et autant parmi les djihadistes de l’État islamique à Palmyre, ville abritant les ruines romaines de l’antique capitale de la reine Zénobie. Les islamistes ont exécuté au moins 60 civils dont une dizaine d’enfants avant de se retirer. La Turquie a annoncé, le 15 mai, avoir abattu un appareil militaire (hélicoptère ) syrien à sa frontière.
Irak
L’État islamique s’est emparé, le 17 mai, de Ramadi, après deux jours de combats qui auraient fait plus de 500 morts. Ramadi, à 100 km de Bagdad, est la capitale de la province d’Al-Anbar, immense territoire ayant des frontières avec l’Arabie saoudite, la Jordanie et la Syrie.
Sport
Football
C’est fait, après sa victoire sur Montpellier (1 à 2), le PSG est champion de France de Ligue 1 dès la 37ème journée, avec 8 points d’avance sur l’Olympique lyonnais tenu en échec chez lui par Bordeaux.
Tennis
Novak Djokovic a vaincu Roger Federer en deux sets (6-4, 6-3) lors de la finale du Masters 1000 de Rome. C’est la 4ème victoire en Masters 1000 sur 4 participations du 1er joueur mondial cette année.

