In Memoriam
par Serge Plenier
Charles Aznavour, le dernier géant
On le croyait éternel, comme si l’âge n’avait pas de prise sur ce grand monsieur de la chanson française. Pour beaucoup d’entre nous, il était déjà là dès l’enfance. Pourtant, Charles Aznavour nous a quittés à l’âge de 94 ans.
Charles Aznavour aura jusqu’au bout incarné la chanson française. Chanteur, parolier, compositeur et éditeur musical, il avait d’abord écrit pour les plus grands, à commencer par Edith Piaf dont il fut le secrétaire, mais aussi pour Gilbert Bécaud. Les années passant, il ajoutera à ce début de liste, des artistes aussi inattendus que Johny Halliday, Sylvie Vartan ou Serge Gainsbourg.
Mais c’est sur la scène qu’il explosera, non sans tâtonnements. Complexé par sa taille, ses gestes et même sa voix, il finira par conquérir définitivement le public avec des « tubes » immortels comme « La Mamma », « La Bohême » ou « Je m’voyais déjà… ». Dans chacune de ses chansons, il avait l’art d’aborder les sujets éternels sans jamais verser dans la mièvrerie ou la guimauve. En tout, plus d’un millier de chansons témoignent de l’apport irremplaçable de Charles Aznavour à la chanson française.
Outre le chanteur, il y avait aussi le comédien de cinéma. On se souviendra longtemps de ses prestations dans « Un taxi pour Tobrouk » ou « Les Fantômes du chapelier ». L’homme savait rendre à merveille la fragilité et la tendresse de ses personnages, ainsi que leur lucidité.
Et pourtant, cet artiste si français à tant d’égards était resté indéfectiblement fidèle à ses racines arméniennes. Né Shahnourh Varinag Aznavourian, il ne manquera jamais de se battre à sa façon pour son pays d’origine, notamment après le terrible tremblement de terre de 1988. a ce point de vue, Charles Aznavour a prouvé qu’une assimilation réussi n’a jamais été un obstacle à la reconnaissance et au respect de ses origines.
Charles Aznavour nous manquera. Bien sûr, nous pourrons toujours écouter ses chansons, mais son énergie, la légende vivante qu’il était nous manqueront en ces temps où la chanson française peine de plus en plus à se réinventer.
Adieu, Monsieur Aznavour.
L’événement
par Jean-Gabriel Delacour
Les droites d’Édouard Philippe et de Laurent Wauquiez
Le débat sur France 2, le 27 septembre, entre le Premier ministre Édouard Philippe et le président des Républicains Laurent Wauquiez était attendu des observateurs politiques mais aussi d’une partie des Français. Qu’allait-il se passer entre les deux hommes qui, il n’y a guère plus d’un an et demi, appartenaient au même parti ? même si le maire du Havre incarnait la tendance assez centriste d’Alain Juppé alors que le président d’Auvergne-Rhône-Alpes affichait des attitudes plus tranchées, existait entre eux un véritable compagnonnage. On aurait donc aimé que, au-delà des formules, les deux hommes montrent vraiment ce qui, aujourd’hui, les sépare non seulement sur l’immigration — qui a accaparé la presque totalité de leur demi-heure de confrontation — mais aussi sur le pouvoir d’achat, sur les impôts, sur le chômage, sur l’Europe et les affaires étrangères, sur le rôle et les moyens de l’armée, sur la santé, sur l’éducation, sur la laïcité, sur l’islam, sur la pma, sur l’écologie… De ce point de vue, on est resté sur sa faim.
En revanche, puisqu’Édouard Philippe, lorsqu’il avait été nommé Premier ministre, avait revendiqué sa qualité d’« homme de droite », on peut émettre quelques considérations sur les différences entre les déclarations lorsqu’on se trouve dans l’opposition et lorsqu’on a accédé au pouvoir — indépendamment des évolutions personnelles, comme celle du chef du gouvernement sur certaines questions de société. Les commentateurs un peu acerbes pourraient même parler de la droite des slogans et de la droite des responsabilités, la seconde confrontée à des réalités qui ne peuvent plus facilement être balayées par des mots. En tout cas, on a un peu l’impression que la droite d’Édouard Philippe, à force de se vouloir crédible et réaliste en même temps qu’elle entend incarner un certain « progressisme », notamment contre les « populistes » français et étrangers, s’est éloignée de ses fondamentaux. Cela explique d’ailleurs, même s’il faut tenir compte de l’air du temps, c’est-à-dire de la chute de popularité de l’équipe dirigeante et des multiples mécontentements des citoyens, que nombre de personnalités dites de droite qui avaient été séduites par la première année d’Emmanuel Macron — tels Xavier Bertrand, Christian Estrosi ou Valérie Pécresse — se montrent elles aussi sévères vis-à-vis de l’exécutif. Aujourd’hui, la droite macron-compatible ne semble plus à la mode et, pour les municipales de 2020, la tendance serait plutôt à accepter des affidés du président sur les listes de droite plutôt que de passer des accords.
Tout cela rejoint une vieille règle politique, non abolie par le « en même temps » macronien : ou on appartient au gouvernement et à sa majorité ou on se situe dans l’opposition. Cela implique aussi la reconnaissance qu’Emmanuel Macron et ceux qui marchent avec lui appartiennent à la gauche, celle du progressisme sociétal et du libéralisme cosmopolite. En contrepartie, la droite ne devrait pas avoir peur de se dire conservatrice : ce serait plus simple pour tout le monde.
Politiques
par Alice Tulle
Premier de corvée
Alors que la politique présidentielle se heurte à une forte impopularité, le Premier ministre a voulu montrer qu’il gardait le cap lors d’une émission télévisée où il fut confronté à Laurent Wauquiez.
Édouard Philippe n’a pas la tâche facile. Alors que la Constitution établit que « le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation », nul n’ignore que la politique du pays est décidée dans l’ensemble et régie dans les détails à l’Élysée. Plus que jamais depuis l’adoption du quinquennat, le Premier ministre est le directeur de cabinet du président de la République, à ceci près qu’il doit assumer la ligne présidentielle devant la représentation nationale et devant l’opinion. Chef du parti majoritaire à l’Assemblée nationale, le Premier ministre doit également se garder sur sa droite et sur sa gauche dans les polémiques quotidiennes et dans la perspective des prochaines élections.
Difficulté supplémentaire : alors que ses prédécesseurs menaient leurs batailles sans états d’âme, selon la ligne de leur parti, Édouard Philippe, qui vient de la droite – il a participé à la fondation de l’UMP – doit assumer une politique qui peut être, selon les sujets, de gauche, de centre-droit ou de droite. Invité le 27 septembre sur France, le Premier ministre s’est donc livré à un exercice polyphonique qui n’a pas troublé le concert élyséen.
Après avoir défendu Gérard Collomb, qui se consacrerait entièrement à sa tâche alors qu’il est candidat à la mairie de Lyon, après avoir réduit au rang de fait divers l’affaire Benalla, Édouard Philippe s’est placé dans la logique de la droite libérale lorsqu’il a annoncé que, dans certains cas, « une certaine forme de dégressivité » des allocations chômage pouvait être envisagée. Mais il s’est aligné sur la gauche sociétale en déclarant qu’il était « à titre personnel, plutôt favorable » à la PMA. Puis, face à Laurent Wauquiez, qui l’attaquait sur la politique de l’immigration, il a pris une position centriste en refusant la remise en cause du droit du sol – aménagé à Mayotte – et de l’Aide médicale d’État, tout en rejetant une politique des quotas.
Le débat du 27 septembre n’a pas fait bouger les lignes. Laurent Wauquiez reste confronté au Rassemblement national, sur sa droite et, sur sa gauche, à ceux qui sont attirés par la majorité présidentielle. Édouard Philippe doit affronter pour le compte d’Emmanuel Macron une impopularité record. La colère est particulièrement vive chez les retraités et dans la fonction publique mais aussi dans ce qu’on appelle « les territoires ».
Depuis un an, le mécontentement grandit dans les collectivités locales, à tel point qu’on peut parler d’exaspération. François Baroin, qui préside l’Association des maires de France, Dominique Bussereau qui est à la tête de l’Assemblée des départements et Hervé Morin qui représente l’Association des régions de France se sont associés pour mettre au point une réplique. Les plans d’économies drastiques, la baisse brutale du nombre des contrats aidés et la suppression prochaine de la taxe d’habitation sont à l’origine de cette fronde qui risque de rétrécir la base électorale du parti majoritaire. Le Premier ministre, qui n’a aucune marge de manœuvre paraît distant aux élus voire méprisant…
Détournant la métaphore macronienne du « premier de cordée », certains membres de la majorité plaignent Édouard Philippe d’être le « Premier de corvée ». Il est vrai que les prochains mois vont être rudes : dans une conjoncture économique défavorable, il va falloir tenter de calmer les élus locaux, les retraités, les fonctionnaires… sans remettre en cause les objectifs de réduction des dépenses publiques. Mission impossible ?
Monde
par Yves La Marck
Iran / USA : Le bras de fer
Les présidents américain et iranien se sont succédés le 25 septembre à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies. Au-delà des effets de manche, la situation devient de plus en plus sérieuse. Hassan Rohani avait quitté Téhéran le lendemain d’un attentat spectaculaire à Ahvaz dans le sud-ouest de l’Iran. Cinq terroristes en uniforme militaire avaient ouvert le feu lors d’un défilé des gardiens de la Révolution (pasdaran) le 22 septembre faisant au moins 24 morts et 60 blessés, mais sans atteindre la tribune officielle. La responsabilité de l’attentat, revendiqué à la fois par Daech et par Ahwazi, une organisation dissidente d’un groupe sunnite local, a été attribuée par l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution, aux États-Unis, à l’Arabie saoudite et à Abou Dhabi. Le président iranien a accusé formellement la Maison Blanche de travailler directement à un changement de régime à Téhéran.
L’attentat d’Ahvaz est donc intervenu au moment de la commémoration du déclenchement de la guerre Irak-Iran en 1980 qui a fait en huit années 600 000 victimes côté iranien. Les quelque deux millions d’arabes iraniens sunnites étaient alors restés loyaux au régime de Téhéran. Ils sont concentrés dans cette province méridionale du Khouzistan qui, incidemment, détient les plus importantes réserves pétrolières du pays, jouxtant celles de l’Irak (Bassorah), du Koweit et de l’Arabie saoudite.
Les funérailles des victimes le 24 septembre ont donné lieu à un important concours de foule. Le souvenir de la guerre Irak-Iran reste en effet très prégnant dans toutes les mémoires. Que ce soit le laïc Saddam Hussein hier ou le djihadisme de Daech aujourd’hui, c’est toujours la Perse qui est attaquée. La cohésion autour d’un nationalisme millénaire s’en trouve renforcée.
L’attentat d’Ahvaz est concomitant avec d’autres attentats dans le Kurdistan iranien au nord-ouest et dans la région baloutche frontalière avec le Pakistan et l’Afghanistan au sud-est. à chaque fois, l’idée est de monter des minorités ethniques ou religieuses contre le pouvoir central perse. Ces tentatives périphériques, qu’elles soient spontanées ou suscitées depuis l’extérieur, n’ont jamais mené nulle part.
L’autre arme utilisée par Washington – les sanctions économiques – est autrement plus dangereuse. Rétablies le 7 août, les mesures touchant les échanges commerciaux, les transactions financières, les investissements, le transport aérien, seront renforcées le 4 novembre par celles touchant les exportations pétrolières.
Après les Européens contraints, quoi qu’ils en aient dit, par les premières, ce sont les acheteurs asiatiques (Japon, Corée du Sud, peut-être Inde) qui devraient rapidement se détacher de l’Iran. La Chine, tout à sa guerre commerciale avec les États-Unis, et la Russie, partenaire stratégique de l’Iran mais concurrent pétrolier, n’y pourront toujours pas grand-chose. Mais, comme on l’a vu dans des cas analogues, en favorisant une organisation autarcique de l’économie, un tel régime de sanctions, profite ici encore un peu plus aux institutions semi-officielles gérées par les gardiens de la Révolution dont les capacités de résistance sont extensives. Les grands perdants sont, une fois de plus, le secteur privé, notamment les commerçants du Bazar de Téhéran, et les classes moyennes libérales.
Séparatismes politiques et sanctions économiques seraient plus efficaces si l’objectif était clair. Si le renversement du régime est exclu, si celui-ci continue d’adhérer à l’accord nucléaire quitte à entrer dans de nouvelles négociations dont Rohani a admis la possibilité à New York, l’objectif déclaré de Donald Trump vise le soutien de Téhéran au « terrorisme », par quoi il faut entendre la présence iranienne en Syrie. Or celle-ci est justifiée par les pasdaran précisément par le souvenir de la guerre avec l’Irak. L’émergence et la progression de Daech a bien montré que si en effet le djihad sunnite n’était pas arrêté en Syrie, il déferlerait à travers l’Irak. C’est un enjeu mésopotamien par excellence.
Pour Israël, la présence iranienne à ses frontières, sur le Golan, outre son soutien au Hezbollah libanais, représente un casus belli. Pour le renseignement israélien, c’est devenu la priorité la plus immédiate quand la menace nucléaire paraît plus lointaine, et a en tout cas été éloignée par l’accord international de 2015. Il est certes plus facile à Israël de bombarder les bases iraniennes en Syrie quand celles-ci ne disposent pas de moyens de représailles ou de dissuasion atomique et alors que la protection russe n’est pas pleinement opérationnelle. L’ouverture d’un nouveau front, un troisième après Gaza et le Sud-Liban, n’est toutefois pas de nature à rassurer les Israéliens. On ne voit pas ce qui ferait reculer Téhéran, sinon un accord régional global dont on est fort loin. Entre Israël et Téhéran, c’est peut-être Vladimir Poutine qui est actuellement le mieux placé pour se poser en arbitre, mieux en tout cas que Donald Trump qui a choisi son camp.
Clefs
par Jean Etévenaux
Le surprenant accord entre la Chine et le Vatican
Après l’accord signé à Pékin le 22 septembre entre Mgr Antoine Camilleri, sous-secrétaire pour les relations du Saint-Siège avec les États, et Wang Chao, vice-ministre des Affaires étrangères de la République populaire de Chine, les commentaires n’ont guère été nombreux et se sont montrés encore moins susceptibles d’aider à comprendre cette première officialisation des rapports. Or, si tout le monde sait que, dans sa perspective avant tout pastorale, le pape François a voulu donner à l’Église en Chine plus de visibilité et de présence, les buts des autorités de Pékin semblent plus difficiles à déchiffrer, surtout en une période où la répression à l’encontre des pratiques religieuses ne cesse de s’accroître. Cette problématique se trouve renforcée par le fait que, depuis près de soixante-dix ans, la politique constante des autorités communistes s’est refusée à toute reconnaissance du lien inévitable entre Rome et les catholiques chinois tout en contrôlant de très près les structures et les hommes incarnant sur place l’Église.
Le fait que cet accord, peu publié en Chine même, ait été défini comme « provisoire » permet toute sorte d’aménagements, voire d’entorses. Pour le moment, seul le Vatican semble avoir effectué des concessions, puisqu’il a reconnu des évêques de l’Église officielle ordonnés sans son accord, voire excommuniés. Rien n’est dit sur ceux de l’Église clandestine ni sur ceux — la majorité — jouissant de facto de la double investiture de Rome et de Pékin ; on ignore, par exemple, le sort réservé à Mgr Ma Daqin, évêque de Shanghai qui, le jour même de son entrée en fonction en 2012, a été empêché de remplir sa charge après avoir indiqué quitter l’Association catholique patriotique, la courroie de transmission du Parti auprès de l’Église. Il y a aussi des évêques dont on ignore le sort, tandis que, parmi ceux jusque-là non reconnus par Rome, se trouvent des personnalités sur lesquelles le pouvoir a fortement prise du fait de leur faiblesse, de leur corruption ou de leurs mœurs. En outre, on ignore comment, dans la pratique, seront choisis les nouveaux évêques, le Saint-Siège ne disposant apparemment que d’un droit de veto.
Le pouvoir, déjà avant le régime communiste, s’est toujours méfié des groupes considérés comme liés à l’étranger et il craint quiconque prêche autre chose que le confucianisme, le taoïsme ou le bouddhisme. Depuis que Xi Jinping est président, les Églises chrétiennes sont incitées à se siniser tandis qu’enfants, fonctionnaires et retraités sont interdits aux cultes — sans oublier, depuis cinq ans, les milliers de destructions de croix sur les édifices, catholiques comme protestants.
Dans l’optique chinoise, le Vatican perd forcément la face après son changement d’attitude. Dans l’optique religieuse, les autorités pourront, comme l’a fait remarquer l’évêque émérite de Hongkong, le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, se prévaloir du pape face aux réticences et résistances des catholiques persécutés. Du coup, certains craignent un schisme chez les « clandestins ».
Livres
par Catherine Pauchet
Roman
Héros maudit
Manuel Mena a dix-neuf ans, en 1938, quand il meurt au cours de la bataille de l’Ebre qui donne l’avantage au général Franco. Il aurait pu étudier à l’université, il a préféré se battre pour les idées de la Phalange. Intégré à une unité d’élite, il participe à la plupart des combats, est blessé et décoré. A travers le portrait de son grand-oncle, mort en héros pour sa famille, en salaud pour l’histoire, Javier Cercas retrace les débuts de la guerre civile espagnole. Alternant passé et présent, l’auteur s’interroge sur la mémoire et le couple vainqueurs/vaincus.
« Le monarque des ombres », Javier Cercas, Actes Sud, 320 p., 22,50 €.
Destin brisé
Ariège, 1912. Héritier d’une famille de garagistes, Pierre Maurel a une ambition : devenir ingénieur, et la jolie Clémence, dix-sept ans elle aussi, le mange des yeux. Rien que du bonheur en perspective. Jusqu’au jour où ce bel avenir se casse. Une femme aguicheuse, une rixe dans un bal, le voilà accusé à tort d’avoir tué un homme. Incapable de prouver son innocence, il disparaît. Des années plus tard, un fils vient d’Amérique avec le désir de découvrir Pierre, le père dont il ignore tout. Georges-Patrick Gleize décrit la fuite sans fin d’un homme meurtri.
« Les noisetiers du bout du monde », Georges-Patrick Gleize, Calmann-Lévy, 368 p., 19,90 €.
Jeunesse
Adorable
La petite Lola veut participer au jeu télévisé Qui sera la plus adorable ? et elle compte bien gagner le gros lot. Pour cela, elle s’entraîne dur : elle sera patiente avec son agaçant frangin, serviable avec sa mémé, attentionnée avec ses copains de classe… Mais n’est-ce pas lassant d’être toujours gentille ?
« Adorable, c’est tout moi », Carl Norac & Claude K. Dubois, Pastel, 28 p., 9,70 €. De 3 à 6 ans.
Revue
Les Alpes vues d’ailleurs
Entièrement dédiée à la montagne, la revue trimestrielle L’Alpe consacre un dossier à ces voyageurs qui ont arpenté les Alpes. Entre autres, la canadienne Harriet Rosenberg venue préparer sa thèse sur Abriès, un village du Queyras, ou le Papou Mundiya Kepanga heureux de s’initier au ski et à la fondue. Parmi les sujets abordés : la terminologie alpine, Félix von Cube, pionnier de l’alpinisme en Corse, autour du Léman… Une belle revue grand format illustrée de gravures anciennes, dessins et photos.
« Les Alpes vues d’ailleurs », L’Alpe, Glénat/Musée Dauphinois, automne 2018, 18 €. En librairie.
Cinéma
par Marie-Christine Renaud d’André
Nos batailles
Depuis toujours, Olivier, contremaître dans une grande entreprise de ventes en ligne, du style Amazon, a toujours eu à cœur de défendre les intérêts de ses collaborateurs contre une direction toujours plus inhumaine. Mais, bien qu’il se soit battu pour éviter le licenciement d’un ouvrier, jugé trop âgé par la direction, celui-ci est brutalement remercié et finit par se suicider. Peu après, Laura, son épouse dont il n’a pas vu le mal-être, disparaît sans un mot d’explication, le laissant seul avec leurs deux jeunes enfants.
Dès le début, le spectateur est pris par cette œuvre poignante, qui navigue entre le monde de l’entreprise et celui de la cellule familiale, sur les traces de ce héros qui met tout en œuvre pour aider les uns et les autres. C’est ce passage d’un monde à l’autre, toujours décrit avec beaucoup de réalisme et de justesse, qui fait tout l’intérêt d’un film très émouvant, aux dialogues pleins de finesse. En effet, le réalisateur n’a pas donné de dialogues à ses comédiens et les a laissé improviser, au fur et à mesure, ce qui donne beaucoup d’authenticité à ces échanges, dans l’entreprise, comme en famille.
Surtout, il s’est bien gardé de juger qui que ce soit, et s’attache essentiellement à l’humain. Romain Duris est impressionnant d’émotion et de finesse, et il trouve là son meilleur rôle depuis longtemps. Surtout, il est entouré d’une brochette d’excellents comédiens.
Sensible à la souffrance des autres et père très attentif, même s’il peut être maladroit, comme tous les pères, le héros est très attachant. Mais l’attitude de la mère est incompréhensible et choquante. ν
Comédie dramatique franco-belge (2018) de Guillaume Senez, avec Romain Duris (Olivier), Laure Calamy (Claire), Laetitia Dosch (Betty), Lucie Debay (Laura), Dominique Valadié (Joëlle), Basile Grunberger (Elliot), Lena Girard Voss (Rose) (1h38). (Grands adolescents) Sortie le 3 octobre 2018.
Frères ennemis
Driss, un policier, est muté aux Stups. Il enquête sur les trafics de drogue… dans la cité où il a passé son enfance. Il y retrouve Manuel, son ami d’enfance.
Des dialogues pas toujours très compréhensibles rendent le début un peu confus. Mais cela n’a guère d’importance, tant ce thriller est haletant et superbement mis en images, avec une atmosphère nocturne parfaitement créée. Matthias Schoenaerts et Reda Kateb sont impressionnants de justesse, et le rythme très soutenu fait de cet excellent film une superbe réussite.
Thriller franco-belge (2018) de David Oelhoffen, avec Matthias Schoenaerts (Manuel), Reda Kateb (Driss), Sabrina Ouazani (Mounia), Adel Bencherif (Imrane), Nicolas Giraud (Rémi), Marc Barbé (Marc) (1h51). (Grands adolescents) Sortie le 3 octobre 2018.
Le vent tourne
À la montagne, Alex et Pauline élèvent leurs bêtes dans le plus pur respect de la nature. Ils décident de faire installer une éolienne…
Devant des paysages somptueux et bien filmés, cette histoire met en scène l’opposition entre le respect de la nature et le modernisme. Mais elle souligne également la terrible pollution visuelle et sonore des éoliennes, fer de lance de nombreux écologistes. Si l’interprétation est sensationnelle, on regrette que le thème du désir soit traité de manière un peu anecdotique et qu’il y ait beaucoup de longueurs.
Comédie dramatique franco-helvetico-belge (2018) de Bettina Oberli, avec Mélanie Thierry (Pauline), Pierre Deladonchamps (Alex), Nuno Lopes (Samuel), Anastasia Shevtosova (Galina) (1h27). (Adultes avec des éléments nocifs) Sortie le 26 septembre 2018.
En mille morceaux
Elle ne s’est jamais remise de l’assassinat d’Olivier, son jeune fils, 25 ans auparavant. Quand Éric Gobert, l’assassin, sort de prison, Nicole Parmentier lui donne rendez-vous.
Dans un décor chaotique (l’atelier d’une miroiterie), avec des vitres explosées en mille morceaux, Véronique Mériadec filme ce face-à-face incroyable entre deux êtres brisés par la vie. Si le début est très dur, peu à peu, le dialogue s’instaure entre la mère de la victime et son assassin. Clémentine Célarié et Serge Riaboukine apportent à ce film leur immense talent. Surtout, cette œuvre est un poignant plaidoyer pour la justice restaurative, introduite en France en 2014, qui a permis au Canada de faire baisser de 30% le taux de récidive.
Dans ce film très dur, la fin est bouleversante, avec un plaidoyer pour la foi en Dieu et, bien sûr, pour le pardon, à commencer par le pardon à soi-même.
Drame français (2018) de Véronique Mériadec, avec Clémentine Célarié (Nicole Parmentier), Serge Riaboukine (Éric Gobert), Lilly Mériadec (la voisine), Juan Carlos Ruiz, Jean-Baptiste Marchais (1h23). (Grands adolescents) Sortie le 3 octobre 2018.
Le chiffre de la semaine
12,8%
C’est le taux de la baisse du nombre d’immatriculations de voitures neuves en septembre 2018, selon les chiffres publiés par le Comité des constructeurs français d’automobiles. 148.752 immatriculations de voitures particulières neuves ont en effet été enregistrées. Sur les neuf premiers mois de l’année, la hausse des immatriculations est de 6,5%.
Ce repli affecte notamment les voitures françaises qui représentent 60,93% du marché, soit une baisse de 7%. Le groupe Renault chute de 17,8%, tandis que le groupe PSA (Peugeot, DS, Citroën, Opel) enregistre une hausse de 2,6% malgré une baisse de 8,4% pour la marque DS. Les marques étrangères voient leur nombre d’immatriculations chuter de 20,6%, même si Toyota/Lexus, Hyundai et Volvo parviennent à tirer leur épingle du jeu.
D’un jour à l’autre
France
Antilles
Emmanuel Macron s’est rendu, le 29 septembre, sur l’île de Saint-Martin, aux Antilles, pour constater l’état de la reconstruction après les dégâts causés par la tempête Irma en septembre 2017. Un selfie avec un jeune repris de justice provocateur a suscité une polémique sur la dignité de la fonction présidentielle.
Transports
La commission que Valérie Pécresse avait chargée d’étudier la proposition d’Anne Hidalgo de rendre gratuits les transports en commun en Île-de-France, a estimé que cela ferait perdre 3,3 milliards d’euros au syndicat des transports et coûterait 500 euros d’impôts par foyer et a au contraire préconisé une nette augmentation des tarifs en les différenciant selon les distances et les horaires afin de tenter d’éviter la saturation de certaines lignes à certaines heures.
Boucherie
Un commando de militants « végans » a incendié le 28 septembre un abattoir à Hotonnes (Ain) mettant 80 personnes au chômage technique.
Ratp
Le conseil de discipline de la RATP a infligé le 26 septembre un jour de mise à pied au chauffeur de bus qui avait giflé, le 13 septembre dans le Val-de-Marne, un collégien inconscient et mal-poli. La mère du collégien a porté plainte contre le chauffeur qui a reçu le soutien de 300000 personnes sur Internet.
Vieillesse
Du 1er octobre au 1er décembre 2018, une consultation citoyenne par Internet sur le grand âge est organisée par la ministre de la Santé Agnès Buzyn sur le thème : Comment mieux prendre soin de nos aînés ? »
Chanson
Charles Aznavour est mort dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre à 94 ans.
Bande dessinée
René Pétillon, dessinateur au Canard enchaîné et auteur des albums de Jack Palmer, dont la fameuse Enquête corse, qui a été portée au cinéma en 2004, est mort à 72 ans, le 30 septembre.
Monde
Migrants
Les 58 migrants sauvés au large de la Libye par le navire humanitaire Aquarius ont pu débarquer le 30 septembre dans le port de La Valette à Malte. La France en accueillera 18, l’Allemagne et l’Espagne 15 chacune et le Portugal 10
États-Unis
Une universitaire de 51 ans, Christine Blasey-Ford, a accusé le juge fédéral Kavanaugh, choisi par Donald Trump pour la Cour suprême, de tentative de viol en 1982 alors qu’elle avait 15 ans et lui 17, lors d’une soirée alcoolisée. Elle a témoigné publiquement devant la commission judiciaire du Sénat qui a cependant validé la candidature de Brett Kavanaugh par 11 voix contre 10. Les standards des organisations de lutte contre les abus sexuels ont été aussitôt pris d’assaut par des centaines de femmes souhaitant témoigner d’agressions sexuelles. Le juge Kavanaugh a été mis en cause par deux autres femmes, dont l’une a été interrogée par le FBI à la suite d’une demande d’enquête complémentaire du président Trump.
Indonésie
Un séisme et un tsunami ont tué plus de 900 personnes aux Célèbes le 30 septembre.
Espagne
L’ancien Premier ministre français Manuel Valls a confirmé le 30 septembre qu’il démissionnait de l’Assemblée nationale pour concourir à l’élection municipale de Barcelone en Catalogne.
Macédoine
La république anciennement yougoslave a voté 91 % pour le changement de nom négocié avec les Grecs : elle s’appellera République de macédoine du Nord si son Parlement confirme cette décision à une majorité des deux tiers. Seulement 31 % des électeurs inscrits ont participé à ce référendum du 30 septembre. Les Grecs n’ont pas encore voté sur ce sujet.
Réseaux sociaux
Facebook a admis que 50 millions de ses comptes ont pu être victimes d’une attaque pirate entre le 16 et le 25 septembre. Le cours de bourse de la firme a baissé de 2,6 % à Wall Street le 28 septembre.
Voitures électriques
Le constructeur automobile Tesla a été condamné le 30 septembre, par la Securities and Exchange Commission (SEC), à 20 millions de dollars d’amende pour manipulation du cours de bourse par les tweets irresponsables de son fondateur et dirigeant Elon Musk. Celui-ci devra payer personnellement la même amende et a dû démissionner de son poste de président de Tesla, mais il reste directeur général.
Afrique
Melania Trump, épouse du président Américain, se rendra en octobre au Kenya, au Ghana, au Malawi et en Égypte.
Irak
3,1 millions d’électeurs étaient appelés à élire 111 députés au Kurdistan irakien le 30 septembre. La participation aurait été entre 53 et 60 %.
La blogueuse Tara Farès qui comptait 2,7 millions de « followers » sur Twitter a été abattue dans sa voiture à Bagdad, le 27 septembre. On soupçonne les milices chiites de ce crime qui n’est pas leur premier du genre.
Grande-Bretagne
Selon les calculs de la revue Challenges, le Brexit aurait coûté 52 milliards de livres en deux ans à la Grande-Bretagne.
Médecine
Le prix Nobel de médecine a été partagé, le 1er octobre entre l’Américain James P. Allison, 70 ans, et le Japonais Tasuku Honjo, 76 ans, immunologistes qui ont amélioré le traitement de certains cancers comme le mélanome (cancer de la peau).
Slovaquie
Le procureur de Bratislava a déclaré le 1er octobre avoir identifiée la commanditaire et les exécutants de l’assassinat, le 21 février 2018, du journaliste Jan Kuciak et de sa fiancée. Quatre personnes ont été arrêtées. Le journaliste enquêtait sur les liens entre les politiques slovaques et la mafia italienne. Cet assassinat avait provoqué de grandes manifestations et la démission du Premier ministre Robert Fico.
Sports
Golf
Grâce notamment aux performances de l’Italien Francesco Molinari, les Européens ont remporté la « Ryder Cup » au Golf National de Saint-Quentin-en-Yvelines, du 28 au 30 septembre aux dépens des Américains, et malgré la présence de Tiger Wood.

