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Lundi 21 mai 2018

Lundi 21 mai 2018

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L’événement – 1

par Serge Plenier

Un projet de loi sans imagination

Ce n’est qu’un début. Entamée le 22 mai, la discussion du projet de loi  » pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire, et une alimentation saine et durable », avec plus de 2 500 amendements, risque fort de tourner au marathon législatif.

Le texte est pourtant relativement bref : 18 articles qui recouvrent une variété de domaines, allant des relations commerciales entre distributeurs et producteurs à la place du bio dans la restauration collective, en passant par l’utilisation des produits phytosanitaires (pesticides et autres). Mais il touche à autant de points sensibles et prétend modifier nombre de déséquilibres actuels. Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, parle même de « révolution ».

Une révolution ? Voire. Certaines mesures du texte vont incontestablement dans le bon sens en prétendant inverser le processus de construction du prix payé aux agriculteurs, en relevant le seuil de revente à perte et en prévoyant la fin des promotions excessives. Cela suffira-t-il à diminuer la pression subie par les petits producteurs ? On peut en douter. Le problème des importations de denrées bas-de-gamme se pose toujours et les mesures proposées pour prévenir le contournement de la loi ne brillent pas par leur audace.

L’autre volet du texte est plus décevant. On annonce une augmentation significative de la part du bio dans la restauration collective publique, mais cela était déjà prévu lors des quinquennats précédents, sans véritable résultat significatif. De même, on renforce les sanctions contre la maltraitance animale, mais les mesures concernant les produits néonicotinoïdes et les substances chimiques analogues, sans parler des restrictions à l’usage des produits phytopharmaceutiques, témoignent d’une surprenante timidité. L’imagination n’est décidément pas au pouvoir dans ce texte.

Il ne s’agit que d’un commencement. C’est au tour des parlementaires de se saisir du texte et de l’améliorer. Ils ne seront malheureusement pas seuls. Autour d’eux grouille déjà le petit monde des lobbyistes prêts à se battre pour des intérêts particuliers pour lesquels une alimentation saine et un revenu agricole décent ne sont pas un souci majeur.
L’alimentation est une chose trop importante pour être abandonnée aux mécanismes du seul marché.


L’événement – 2

par Jean-Gabriel Delacour

La petite musique de Gérard Collomb

Dans un document de 23 pages intitulé 1 an vu de l’intérieur Mai 2017-mai 2018, le ministre d’État Gérard Collomb présente son action, ses résultats et ses perspectives : « Un an durant lequel, avec l’ensemble des équipes du ministère de l’Intérieur, nous avons agi sans relâche, jour et nuit, au service des Français. 
Il a fallu, bien sûr, faire face aux crises qui sont hélas survenues – attentats, incendies, catastrophes naturelles, opérations de maintien de l’ordre. Et nos forces, comme les équipes préfectorales, ont su relever le défi avec professionnalisme et engagement.
 Mais nous avons aussi initié des réformes en profondeur, parce que le rôle du politique n’est pas seulement de gérer l’urgence, il est de construire l’avenir. » Et de préciser notamment avoir « choisi de donner en même temps plus de pouvoir à l’administration déconcentrée et plus de marges de manœuvre aux collectivités ». Bref, tout le monde devrait se montrer content.

Pourtant, aux yeux de certains, le bilan peut paraître maigre avec « 197 étrangers en situation irrégulière et 80 étrangers en situation régulière expulsés ou éloignés ». 
Ils s’interrogent aussi sur la « politique de substitution de policiers et gendarmes par des personnels administratifs : objectif 4 000 postes par an à la fin du quinquennat » et sur la « réduction du nombre de personnels dédiés aux fonctions d’état-major et de cabinet dans les administrations centrales et à la préfecture de police : — 100 postes par an » tout comme sur ce redéploiement de la « police scientifique et technique : plan de mutualisation et de convergence entre police et gendarmerie ».
Quant aux zadistes, le ministre a annoncé, le 18 mai, la fin de l’intervention, mais elle s’est néanmoins poursuivie, même si la presse s’est montrée peu diserte sur la question, préférant parler des blocages d’examens à Nantes. On y a d’ailleurs vu un certain nombre de manifestants de Notre-Dame-des-Landes, même s’ils ont renoncé le lendemain à organiser un grand mouvement analogue à celui du 14 avril qui s’était soldé par 12 interpellations et 64 policiers blessés.

Gérard Collomb subit aussi des attaques venues d’ailleurs. Il se livrerait ainsi à « une islamophobie décomplexée » en jugeant « choquant » le port du voile par une dirigeante de l’Unef, y voyant une « marque de volonté identitaire ». De même, certains ne lui ont pas pardonné d’avoir parlé de régions « submergées » par les migrants. Du coup, il est parfois dépeint en « bouclier du président », en réalité chargé de mettre en musique « le reniement des engagements de campagne » d’Emmanuel Macron… D’ailleurs, il serait lié au président non seulement parce qu’il fut un macroniste de la première heure mais aussi parce que l’entreprise lyonnaise GL Events, dirigée par un homme d’affaires qui lui est proche, est accusée d’avoir accordé d’appréciables ristournes pour les meetings d’En Marche! pendant la campagne présidentielle. Mais tout cela ne semble pas trop gêner l’ancien maire de Lyon, qui s’est même offert le luxe d’exprimer un avis différent de celui d’Édouard Philippe sur la prochaine limitation à 80 km /h sur certaines routes.


Politiques

par Alice Tulle

Hulot en émoi

 Depuis le mois d’octobre 2017, Nicolas Hulot se définit comme un ministre sur siège auto-éjectable. Alors que, d’ordinaire, un ministre fait tout son possible pour rester au gouvernement, l’ancien animateur de télévision s’interroge sur l’utilité de sa présence. À la rentrée, il s’était donné un an pour faire son propre bilan. Fin mai, il a raccourci les délais : « Je pense que cet été j’aurai suffisamment d’éléments pour pouvoir regarder si effectivement je participe à cette transformation sociétale » qu’est la transition écologique, a-t-il déclaré sur BFM-TV. Au fil de la même déclaration, le ministre a annoncé qu’il y aurait « un moment de vérité » avec le président de la République et le Premier ministre : « On fera le point, on tracera les perspectives et on prendra ensemble des décisions sur l’avenir, sur les prochaines étapes. Si j’arrive à imprimer un mouvement, et qu’il ne reste plus qu’à accélérer, je serai content. Si je sens qu’on n’avance pas, que les conditions ne sont pas remplies, voire qu’on régresse, j’en tirerai les leçons. »
Négligeant l’alternative classique – se taire ou démissionner – Nicolas Hulot ignore la hiérarchie gouvernementale et fixe lui-même le moment de la réunion d’évaluation. Cela n’a pas dû plaire à Emmanuel Macron ni à Édouard Philippe mais tous deux ont choisi de temporiser comme le montrent les commentaires du porte-parole du gouvernement : pour Christophe Castaner, Nicolas Hulot se heurte simplement à la « difficulté d’être ministre » et le porte-parole souhaite que son collègue reste à son poste. Curieusement, le ministre de la Transition écologique a déjà esquissé le bilan de l’année écoulée mais ne semble pas capable de discerner s’il est dans le progrès ou dans la régression. Il s’est félicité de la « fermeté » du gouvernement dans le domaine des perturbateurs endocriniens, des néonicotinoïdes et du glyphosate et voit « un changement de tropisme » sur toutes les questions relatives à la santé et à l’environnement… Mais il y a des ombres au tableau.

Dans le bilan personnel que Nicolas Hulot établira au cours de l’été, l’huile de palme pèsera certainement très lourd. Cette graisse végétale est présente dans 80 % des produits alimentaires industrialisés et sert principalement à la fabrication de carburant. Facile à cultiver et peu coûteuse, elle est produite à 90 % en Indonésie et en Malaisie au prix d’une déforestation qui détruit la biodiversité et contribue au réchauffement climatique. En juillet 2017, lorsqu’il avait présenté son plan pour le climat, le ministre avait déclaré qu’il fallait « fermer la fenêtre d’opportunité qui permet d’incorporer de l’huile de palme dans les carburants ». Or son ministère vient d’autoriser le groupe Total à exploiter une bioraffinerie à Mède, près de l’étang de Berre. Dès cet été, Total importera au moins 300 000 tonnes d’huile de palme par an.

Nicolas Hulot n’a pas changé de conviction mais se serait incliné devant des intérêts supérieurs : la Malaisie et l’Indonésie menaceraient de ne pas acheter nos avions Rafale et Airbus A400M si la France ne faisait pas un effort pour favoriser les exportations d’huile de palme. Le choix entre les impératifs climatiques et la vente de matériel militaire n’aurait pas paru décisif pour le ministre écologiste. Du moins pour le moment. 


Monde

par Yves La Marck

Le grand écart

En dépit des pressions britanniques liées à l’empoisonnement de Salisbury, le président français a maintenu son déplacement prévu en Russie les 24 et 25 mai. Occasion de faire un geste envers Poutine ? Vladimir Poutine répondra-t-il à une ouverture ?

Emmanuel Macron a été échaudé par Donald Trump sur la question de l’accord nucléaire iranien. Vladimir Poutine a repris la main sur tous les dossiers : la Turquie, la Syrie, l’Iran… Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou était à la parade de la Victoire à Moscou le 9 mai. Vladimir Poutine a même poussé son avantage jusqu’à reprendre langue avec des talibans afghans pour la première fois depuis trente ans.

Certes on est loin d’un renversement d’alliances. Mais comme en son temps la politique de détente engagée par De Gaulle, la France ne dédaigne pas l’alliance de revers que constitue historiquement la Russie. Un jeu d’équilibre subtil entre la solidarité atlantique et une coopération élargie avec la Russie favorisait le maintien pour la France d’un rôle sur la scène internationale. L’enjeu pour Moscou est toujours de sortir de la guerre froide.

Où va se positionner le président Macron ? Le débat traverse la politique intérieure française, son prédécesseur ayant choisi des positions et des actions très fermes à l’encontre de Moscou. Jusqu’à ce jour François Hollande persiste et signe. Poutine avait préféré d’autres candidats que Macron jugé atlantiste. Mais n’était-ce pas de la part de Poutine une attitude de guerre froide répondant aux sanctions européennes à son encontre ? Dès lors on lui prête des actions déstabilisatrices sur l’Union européenne, l’euro, le Brexit, la Hongrie, la République tchèque et la Pologne. Macron défendra le projet bruxellois ou franco-allemand, mais il en faudra plus pour convaincre Poutine.

Quels signaux envoyer au Kremlin ? Chez nos vosins allemands, la scène est radicalement polarisée. Comme toujours, la sensibilité allemande pour la Russie imprègne les esprits. Tous les partis politiques sont divisés sur la question. Vent debout contre le diktat trumpien sur les sanctions, une moitié de l’opinion et des médias presse la chancelière de « rouvrir » la question russe. Concrètement il s’agit de lever les sanctions cette fois avec Moscou, voire même de réintégrer la Russie dans le G 7. Inversement la hiérarchie semble s’arc-bouter sur des positions encore plus méfiantes et réservées vis-à-vis de Moscou. En réaffirmant abruptement les positions du cabinet, le nouveau ministre social-démocrate des Affaires étrangères, Heiko Maas, s’est attiré une volée de bois vert à l’intérieur de son propre parti. Les présidents des Länder de l’Est, qu’ils soient sociaux-démocrates, chrétiens-démocrates, de gauche (die Linke), sont unanimement pour une levée des sanctions, de même que l’opposition d’extrême droite, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD). La CSU bavaroise, partenaire de la coalition CDU/CSU, a conservé ses bonnes relations avec Poutine. L’ex-chancelier allemand social-démocrate Gerhard Schröder était au premier rang lors de la cérémonie d’investiture du nouveau mandat présidentiel de Vladimir Poutine le 7 mai au Kremlin. Il continue d’œuvrer au projet de gazoduc à travers la Baltique actuellement bloqué par Bruxelles.

La Chancelière a été la première à considérer qu’avec Trump, l’Europe ne peut plus compter que sur elle-même, que l’Amérique ne la protège plus, que la relation transatlantique a vécu. Mais elle n’entend faire aucune concession à Poutine : à Assise le 12 mai où elle recevait un prix du custode franciscain de la basilique, « la Lampe de la Paix », elle a exprimé son regret de n’avoir pu faire plus pour la fin de la guerre en Ukraine. Son ministre des Affaires étrangères s’est rendu à Kiev avant de se rendre à Moscou (où il était le 17 mai). Angela Merkel qui ne devait se rendre à Moscou qu’à l’été a précipité une visite de travail à Sotchi le 17 mai pour ne pas laisser son ministre seul mais aussi pour piquer la politesse à son ami Emmanuel Macron. Elle était passée derrière lui à Washington en avril. Elle veut reprendre la « formule de Normandie » entre Paris, Berlin, Moscou et Kiev qui avait abouti aux accords de Minsk de février 2015. Était-ce un hasard ? Le président ukrainien Porochenko était présent à Aix-la-Chapelle à la remise du prix Charlemagne au président Macron le 10 mai.

L’obsession gaullienne a toujours été de ne pas laisser l’Allemagne seule traiter avec Moscou, ni même d’y arriver la première (comme lors de l’Ostpolitik de Willy Brandt évoquée avec nostalgie outre-Rhin). On sent un tel mouvement d’opinion enfler en Allemagne qu’il est temps pour le président français de border la voie s’il ne veut pas être dépassé par les événements. Le nouveau gouvernement italien a inscrit la levée des sanctions contre la Russie dans son programme.


Environnement

par Fabrice de Chanceuil

L’environnement au fil des jours (4)

L’année s’achève avec un quatrième trimestre qui égrène les journées célébrant l’environnement de la manière suivante.

– 1er lundi d’octobre Journée mondiale de l’architecture : suscitée depuis 1985 par l’Union internationale des architectes, elle rappelle que l’architecture, expression de la culture, modèle également notre environnement quotidien et doit contribuer à l’édification de la ville durable.

– 4 octobre Journée mondiale des animaux : célébrée le jour de la fête de Saint-François d’Assise, le saint qui parlait aux oiseaux, elle est relayée par l’ONU qui met en avant à cette occasion son action pour protéger les espèces en voie de disparition dont on a déjà vu que certaines d’entre elles bénéficient d’une journée spéciale.

– 2ème mercredi d’octobre Journée internationale de la prévention des catastrophes naturelles : décrétée par l’Assemblée générale de l’ONU en 1990, elle veut sensibiliser le public aux risques naturels (tremblements de terre, éruptions volcaniques, feux de forêts, glissements de terrain, inondations, submersions marines, sécheresse, avalanches, tempêtes, …) pour améliorer la prévention et réduire les pertes humaines.

– 30 octobre Journée mondiale de la vie : fêtée depuis 2008 en Côte-d’Ivoire pour défendre et promouvoir les valeurs de la vie, elle s’étend progressivement au Monde entier, en proposant une minute d’acclamation pour la vie à 13h00 GMT ; c’est aussi une bonne occasion pour promouvoir l’écologie humaine.

– 6 novembre Journée internationale pour la préservation de l’environnement en temps de guerre et de conflit : « Depuis que la guerre existe les ressources naturelles en sont les victimes silencieuses » mentionne une déclaration de l’ONU, encourageant l’adoption de conventions internationales pour y remédier, notamment le Protocole additionnel aux Conventions de Genève qui interdit les méthodes et les moyens de nature à causer des dommages à l’environnement.

– 15 novembre Journée mondiale du recyclage : instituée en 1994 aux États-Unis, elle encourage le tri ménager et s’attache à montrer l’enjeu écologique majeur que représente le recyclage comme fondement de l’économie circulaire.

– 3ème semaine de novembre Semaine européenne de réduction des déchets : initiée en France par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), elle appelle, en préalable au tri, à prévenir les déchets en évitant d’en produire ou en les réutilisant comme pour le compost.

– 5 décembre Journée mondiale des sols : proclamée à Bangkok en 2002 lors du 17ème Congrès mondial de l’Union internationale de la science du sol (UISS), elle est fixée à la date anniversaire du Roi Bhumibol de Thaïlande (1927-2016), particulièrement engagé sur cette question, afin de souligner le rôle indispensable des sols dans l’alimentation de la population mondiale mais aussi ses fonctions sur l’hydrologie, la biodiversité et le stockage du carbone, au carrefour des grands cycles de la matière et de l’énergie entre atmosphère, couche végétale et eaux souterraines.

– 8 décembre Journée mondiale du climat (ou contre le changement climatique) : il s’agit d’une initiative d’associations françaises et belges engagées dans ce domaine et compte tenu de l’importance de ce sujet qui mobilise les gouvernements et la communauté scientifique internationale, on ne peut que s’étonner qu’il n’y ait pas encore de journée officielle qui lui soit consacrée.

– 10 décembre Journée internationale pour les droits des animaux : établie volontairement à la même date que la célébration des Droits de l’Homme, elle veut alerter sur l’exploitation subie par les animaux notamment au profit de la recherche scientifique.

– 11 décembre Journée internationale de la montagne : instituée en 2003 par l’ONU, elle veut monter que la montagne, qui abrite 12 % de la population mondiale, constitue à la fois un château d’eau, un réservoir de biodiversité et un acteur fondamental pour l’équilibre écologique de la planète, malheureusement menacée, selon les lieux, par le réchauffement climatique, l’exploitation abusive des ressources naturelles et le tourisme de masse.
Toutes ces journées, qui débordent parfois sur un week-end ou toute une semaine, peuvent paraître trop nombreuses avec le risque de se banaliser et, partant, d’affaiblir le message qu’elles veulent porter. En même temps, leur grand nombre permet de n’écarter aucun sujet et force est de constater, ce qui est leur objectif, que la plupart de ces journées font l’objet d’une bonne reprise médiatique avec des reportages sur les thématiques abordées et la mise en lumière des manifestations organisées à cette occasion.

A chacun, en fonction de sa sensibilité et de ses pôles d’intérêt, de choisir sa ou ses journées. Pour les gros dormeurs, il est vrai que la Journée de la marmotte est quand même bien tentante.


Clefs

par Jean Étèvenaux

Les trésors de Marguerite d’Autriche à Brou

Si d’aventure le visiteur veut découvrir autre chose que le « Bourre-en-Bresse » dont on ne parle guère à la radio que pour des commentaires sportifs, on lui recommandera la partie sud-est de Bourg dont il n’oubliera pas de prononcer la dernière lettre. Outre les spécialités gastronomiques bressanes — bleu, écrevisses, grenouilles, quenelles, volailles… — il découvrira cette merveille que reste, depuis cinq cents ans, le monastère de Brou. Classé « monument préféré des Français » en 2014, il propose en ce moment une remarquable rétrospective sur les peintres flamands de Marguerite d’Autriche, labellisée « exposition d’intérêt national ».
Ce monastère fut construit par Marguerite (1480-1530) pour abriter le tombeau de son dernier époux, à côté duquel elle repose sous un double gisant. Habsbourg par son père, l’empereur Maximilien, et princesse de Bourgogne par sa mère, fille de Charles le Téméraire, elle a été successivement promise à Charles VIII puis mariée à l’infant Juan d’Espagne avant d’épouser en 1501 le duc de Savoie Philibert II le Beau (1480-1504).

Gouverneur des Pays-Bas après avoir goûté aux affaires de France, d’Espagne et de Savoie, elle réside à Malines et joue un grand rôle sur l’échiquier européen. Ne revenant pas à Brou, elle surveille néanmoins de très près la construction de ce joyau du gothique flamboyant, y installant notamment une communauté d’augustins.

Marguerite fait enfin figure de mécène de premier ordre. Par héritage et à la suite d’acquisitions personnelles, notamment lors de ses unions, cette femme de pouvoir rassemble une collection de peintures, d’ailleurs doublée d’une très riche bibliothèque, avec, par exemple, Les très riches heures du duc de Berry. Cela permet de comprendre la réunion, à Brou, d’œuvres de Jérôme Bosch, Dirk Bouts, Jan Gossart, Hans Memling, Jan van Eyck, Bernard van Orley ou Rogier van der Weyden, ces primitifs flamands ou assimilés — on pense à l’Espagnol Juan de Flandres — qui constituèrent l’ossature de sa collection puisqu’ils ressortaient de ce qu’on appelait alors les Pays-Bas bourguignons. Bien entendu, l’exposition actuelle a bénéficié de prêts de musées allemands, belges, français, italien et suisse ainsi que de particuliers, malgré quelques inévitables déconvenues.

Du côté people, on rappellera que, en 1953, deux descendants de Marguerite et de Philibert, l’archiduc Robert de Habsbourg (1917-1996) et la princesse Marguerite de Savoie-Aoste (née en 1930), se sont mariés à Brou avec des festivités qui marquèrent d’autant plus la population qu’ils y revinrent à plusieurs reprises. Ils eurent ainsi l’occasion d’en apprécier les restaurations entreprises.

Exposition visible tous les jours jusqu’au 26 août – Monastère royal de Brou – 63, boulevard de Brou – 01000 Bourg-en-Bresse – www.monastère-de-brou.fr

Catalogue : Girault (Pierre-Gilles) et Briat-Philippe (Magali) [sous la direction de], Primitifs flamands. Trésors de Marguerite d’Autriche de Jan van Eyck à Jérôme Bosch, Bourg-en-Bresse / Rennes, Monastère royal de Brou / Presses universitaires de Rennes, 2018, 224 pages


Humeur

par Erwan Violin

Le charme séculaire de la monarchie (britannique)

Il faudra tout de même que l’on m’explique. Nos hommes politiques et nos journalistes ne cessent de nous parler de République et de valeurs républicaines, à peu près à toutes les sauces. C’est beau comme de l’antique et on finit par y croire. Puis, de l’autre côté de la Manche, un petit-fils de la Reine se marie à Windsor et tous les commentateurs de nos chaînes de télévision épiloguent à qui mieux mieux sur les rites de la cérémonie, la couleur des robes et surtout sur les chapeaux de la noble assemblée, pour le plus grand bonheur du téléspectateur.

A croire que ceux qui nous parlent de République essaient d’abord de se convaincre eux-mêmes.


Livres

par Catherine Pauchet

Roman

Au Pays des Abers

Bretagne, fin du XIXe siècle. Au Pays des Abers, la vie paraît immuable. Depuis des générations, le travail se partage entre terre et mer : les femmes à la ferme, les hommes sur les îles à récolter le goémon. Mais un autre destin attend « La Petite », on la surnomme ainsi, onze ans. Elle quitte la ferme pour devenir aide-lingère à l’Hôtel des Anges avant d’être embauchée, avec son amie Maria, dans le tout premier parc à huitres. Colette Vlérick retrace l’évolution d’une région à travers l’amitié puis la rivalité amoureuse de deux jeunes filles.

« La nacre des abers », Colette Vlérick, Calmann-Lévy, 288 p., 18,90 €.

Thriller

Indices troublants

C’est une île perdue, tout au bout de la Norvège, avant le cercle polaire, à peine une maison et un phare. Accompagnée des forces spéciales, l’inspectrice Sarah Geringën y mène l’enquête la plus délicate de sa carrière. Au bord d’une falaise git le corps nu et martyrisé de la Première Ministre norvégienne. La victime porte d’étranges tatouages et son bras semble indiquer une direction. Ces indices conduiront la policière jusqu’à l’antique cité de Byblos. Après Le Cri (bientôt en série télévisée), Nicolas Beuglet revisite les mythes fondateurs de l’humanité.

« Complot », Nicolas Beuglet, XO éditions, 496 p., 19,90 €.

Histoire

Esclavages

On connaît les traites négrières qui passent par l’Europe (France, Espagne, Portugal) et finissent en Amérique. D’autres existent. Dans cet ouvrage très documenté, Catherine Coquery-Vidrovitch retrace leur histoire. L’esclavage était développé dans l’Antiquité. Les empires arabo-musulmans l’ont intensifié en Irak, Iran et Egypte, des pays en quête d’une population servile utile à l’agriculture intensive et aux travaux hydrauliques. Rapts, razzias et guerres ont alimenté ce commerce par le biais des caravanes qui iront jusqu’à l’Océan Indien fournir en main d’œuvre Oman et Zanzibar. Des royaumes africains (Ghana, Mali…) ont fait du trafic d’êtres humains, l’origine de leur puissance. Si l’esclavage est aboli, il en demeure une discrimination envers les populations noires.

« Les routes de l’esclavage », Catherine Coquery-Vidrovitch, Albin Michel/Arte éditions, 288 p., 19,50 €.

Revue

Le bébé

Jusqu’au XIXe siècle, le sort des bébés n’était guère enviable selon Historia. Beaucoup débutent leur vie abandonnés au coin d’une rue ou à l’hospice quand ils ne sont pas tués : les cas d’infanticide sont nombreux. Ceux qui survivent, reçoivent une éducation « de choc ». Il faut attendre les temps modernes pour que l’amour maternel soit valorisé. Autres sujets traités : Mai 68, ils ont osé défier Hitler, scandale sur La Boudeuse, l’abbaye de Fontevraud, Delacroix…

« Le bébé. Des romains à Dolto », Historia, mai 2018. En kiosque.


Cinéma

par Marie-Christine Renaud d’André

Bienvenue en Sicile

Serveur dans un restaurant new-yorkais, Arturo est tombé amoureux de Flora, qu’il compte bien épouser. Mais son patron veut faire épouser à celle-ci le fils d’un mafieux local. La seule solution pour Arturo c’est de se rendre en Sicile, où habite le père de sa dulcinée, afin de lui demander la main de sa fille. Nous sommes en 1943, et, pour se rendre sur place, il n’a pas d’autre choix que de s’engager dans l’armée américaine.

Pour son second film (le premier est inédit en France), Pif, surnom de Pierfrancesco Diliberto, s’est intéressé aux accords secrets entre le gouvernement américain de l’époque et Cosa Nostra, afin de faciliter leur débarquement en Sicile. Mais, en bon Italien qui se respecte, le cinéaste a mêlé habilement la comédie au drame, ce qui fait immanquablement penser à la comédie italienne d’antan… en un peu moins bien tout de même. Pourtant, l’ensemble est très réussi, avec des scènes étonnantes et drôles, tel ce Sicilien qui prie devant une statue de Mussolini ou ces villageois s’enfuyant en portant l’un une statue du dictateur, l’autre de la Vierge. Les scènes dans les rues du village sont très réussies, en particulier lors des bombardements, et l’on passe souvent du rire à l’émotion. Quant au sujet des accords secrets avec la Mafia, il est bien développé. Mais il est dommage qu’il y ait quelques longueurs et des outrances, sans parler de la musique très envahissante.
Cette dénonciation de l’attitude cynique et irresponsable des Américains est salutaire, d’autant qu’elle n’est pas très connue. L’amour du jeune héros pour sa fiancée est magnifique, mais, comme il se doit dans ce genre de film, il y a quelques violences. 

Comédie dramatique italienne (2016) de Pif, avec Pif (Arturo Giammaresi), Andrea Di Stefano (Philip Catelli), Miriam Leone (Flora), Mario Pupella (Don Tano), Stella Egitto (Teresa), Maurizio Marchetti (Don Calo), Maurizio Bologna (Mimmo) (1h39). (Grands adolescents) Sortie le 23 mai 2018.

Le ciel étoilé au-dessus de ma tête

Après avoir connu le succès avec son premier roman, près de 20 ans plus tôt, Bruno, un quinquagénaire un peu dingo, vit seul, dans l’attente de l’inspiration. Mais ses parents, inquiets de son état mental, débarquent avec une psychiatre.

Premier long métrage de Ilan Klipper, qui vient du documentaire, ce film révèle l’excellent Laurent Poitrenaux, plus connu pour ses rôles au théâtre, qui parvient à rendre crédible son personnage d’artiste un peu fou, mais attachant. Entre rêve et réalité, c’est l’opposition entre celui qui veut vivre comme il l’entend et les proches qui supportent mal cette attitude singulière, qui est analysée. Mais le début est assez ennuyeux, et l’ensemble peut dérouter maints spectateurs.

Comédie française (2017) de Ilan Klipper, avec Laurent Poitrenaux (Bruno Weintraub), Camille Chamoux (Sophie Andreux), Marilyne Canto (Laëtitia), Alma Jodorowsky (Justyna), Michele Moretti (Simona), François Chattot (Maurice) (1h17). (Grands adolescents) Sortie le 23 mai 2018. 

Le cerveau des enfants

« Mon enfance a structuré mon cerveau », telle est la ligne directrice de Stéphanie Brillant, une journaliste de télévision installée aux États-Unis, qui, avec l’aide d‘experts, explore le cerveau des enfants. C’est ainsi que nous découvrons que tous les hommes ont la capacité de devenir matheux, car le cerveau peut développer cette capacité. Si le début est ardu, avec les intervenants scientifiques, la suite se révèle plus accessible, tant les expériences menées auprès des enfants sont passionnantes.

Documentaire franco-américain (2017) de Stéphanie Brillant, avec Matthieu Ricard, Daniel Siegel, Mary Helen Immordino-Yang, Tina Payne Bryson, Marco Iacoboni, Allan Schore, Noel Enyedy, Celeste Kidd, etc. (Adolescents) Sortie le 23 mai 2018.

Mutafukaz

Livreur de pizzas à Dark Meat City, en Californie, Angelino croise la route de la belle Luna et est pris d’étranges hallucinations. Peu après, il est pourchassé par des hommes en noir.
Dès le début, on est fasciné par l’animation très réussie de ce film, avec ces dessins magnifiques et ces rues très animées de la ville. Quant aux personnages, ils sont assez originaux, tels le héros avec sa grosse tête noire, ou son copain avec ces flammes sortant de son crâne. Mais cette histoire fantastique manque un peu d’épaisseur humaine, et l’ensemble finit par devenir lassant.

Animation franco-japonaise (2018) de Shoujirou Nishimi et Guillaume Renard, d’après les BD de Run, avec les voix de Orelsan (Angelino), Gringe (Vinz), Redouanne Harjane (Willy), Féodor Atkine (Mister K) (1h33). (Grands adolescents) Sortie le 23 mai 2018.


Le chiffre de la semaine

30 100

C’est le nombre de logements neufs vendus (plus précisément réservés) au cours du premier trimestre 2018, selon les chiffres de l’INSEE. Ce chiffre équivaut à une baisse de 5,1% par rapport au premier trimestre 2017. Les mises en vente ont augmenté de 2% pour la même période, une hausse portée par les logements individuels (+ 17,3%). La hausse des ventes de logements collectifs reste stable à 0,7%.

Les réservations de maisons individuelles pour la même période sont en net repli avec 2 400 unités, soit une baisse de 11,7% par rapport au premier trimestre 2017. Plus généralement, l’encours des maisons individuelles disponibles à la vente augmente de 1,3% avec 9 400 unités, tandis que la part des logements en construction baisse de 3,8%.


D’un jour à l’autre

France

Justice

Nouveau rebondissement dans l’affaire Grégory : les magistrats de la chambre de l’instruction de Dijon ont annulé, le 16 mai, pour erreur de procédure, les mises en examen en juillet 2017 de Murielle Bolle et des époux Jacob.

Migrants

Alors qu’environ 2 400 migrants campent dans les rues de Paris, une trentaine d’organisations ont lancé le 17 mai une pétition pour demander une « mise à l’abri d’urgence » et un « accompagnement social et sanitaire ».

Mayotte

Suite à la grève générale qui a bloqué l’île en février et mars 2018, la ministre des Outre-mer Annick Girardin, à Mayotte du 13 au 15 mai, a annoncé un plan de 1,3 milliard d’euros sur le quinquennat, dont 500 millions seront investis dans l’éducation et 200 millions dans l’hôpital.

Faits divers

Un Français d’origine burkinabé de 32 ans a été frappé à mort, le 18 mai vers 19 heures, par une bande d’une douzaine de mineurs de 14 à 17 ans, devant des familles, dans le parc de l’avenue du quartier de Saragosse à Pau. Quelques heures plus tard, le conducteur d’un véhicule a tenté d’écraser un groupe de jeunes gens.

Prison

Un détenu de 21 ans, suivi au titre de la radicalisation, fiché S et dangereux, s’est évadé le 16 mai lors d’un transfert médical de la maison d’arrêt de Brest et était activement recherché.

Rail

La fusion en cours du français Alstom et de l’allemand Siemens, qui engrangent séparément de bons résultats, devrait devenir effective au tout début 2019. Le futur ensemble comptera 63 000 salariés pour 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires, de taille à rivaliser avec ses concurrents chinois et coréens.

Politique

Nicolas Hulot a indiqué sur BFM TV-RMC, le 16 mai, qu’il « évaluerait » cet été, avec Emmanuel Macron et Édouard Philippe, son utilité au gouvernement.

Islam

Une salle de prière de Gigean (Hérault) a été fermée pour six mois par la préfecture qui y voit « un lieu de référence influent de la mouvance salafiste ». Son imam, un Français converti, « diffuse activement des idées et théories radicales » à des fidèles dont plusieurs sont radicalisés.

Pollution

L’eau de mer de la plage d’Aytré, au sud de La Rochelle, est polluée par deux bactéries dont aucune étude n’est parvenue à déterminer l’origine. Déjà fermée un mois en 2017, la plage d’1,5 km de long sera interdite de baignade pendant tout l’été.

Cinéma

Le jury du 71e Festival de Cannes, présidé par l’actrice australienne Cate Blanchett, a décerné, le 19 mai, la Palme d’or au Japonais Kore-Eda pour Une affaire de famille. Le Prix du jury est allé à Capharnaüm de la Libanaise Nadine Labaki, qui a également reçu le Prix du jury œcuménique.

Université

Le voile islamique de la présidente du syndicat étudiant Unef de la Sorbonne, Maryam Pougetoux, a suscité de nombreuses polémiques à propos de la laïcité et des droits des femmes.

Monde

Corées

La Corée du Nord, après avoir détruit un de ses sites d’essais nucléaires et libéré trois prisonniers américains, a indiqué, le 16 mai, qu’elle annulerait sa participation au sommet de Singapour, le 12 juin, entre Kim Jong-un et Donald Trump, si elle devait renoncer unilatéralement à l’arme nucléaire. Les leaders sud- et nord-coréens avaient mentionné, dans leur déclaration commune du 27 avril, une dénucléarisation complète de la péninsule, semblant englober la suppression du parapluie nucléaire américain.

Italie

Luigi di Maio, chef du Mouvement 5 Étoiles, et Matteo Salvini, chef de la Ligue du Nord, ont présenté leur gouvernement au président Sergio Mattarella le 21 mai. Parmi leurs mesures d’économies prévues, il y a l’annulation de la ligne ferroviaire Lyon-Turin. Dans les dépenses annoncées : un « revenu de citoyenneté » de 780 euros par mois pour tout adulte cherchant du travail.

Israël

Plus d’une centaine de manifestants palestiniens se sont fait tuer, en un mois et demi, par des snipers israéliens, en essayant de franchir les barbelés de la frontière nord de l’enclave de Gaza lors de grandes manifestations les vendredis.

Le président du Paraguay, Horacio Cartes, a inauguré le 21 mai la nouvelle ambassade de son pays à Jérusalem.

Douanes

Les États-Unis et la Chine sont parvenus à un accord pour réduire le déficit commercial américain et ont suspendu, le 20 mai, l’augmentation de leurs droits de douane respectifs.
Washington n’a prolongé que jusqu’au 1er juin l’exemption des droits de douane sur les aciers de l’UE, qui a du mal à réagir d’une seule voix.

Espace

La Chine, qui investit des milliards dans son programme spatial, coordonné par l’armée, a lancé le 21 mai une fusée qui doit mettre en orbite un satellite relais chargé d’assurer les communications entre la Terre et un petit robot qui devrait être déployé courant 2018 sur la face cachée de la Lune, photographiée depuis 1959 mais jamais explorée.

Venezuela

Le président sortant Nicolas Maduro a été réélu, le 20 mai, avec 67,7 % des voix et 53,9 % d’abstention selon les autorités. Cette élection présidentielle anticipée, entachée de nombreuses irrégularités, n’est pas reconnue par l’opposition ni par la communauté internationale sauf le Salvador, Cuba, l’Équateur, la Bolivie…

Cuba

Le pays a décrété deux jours de deuil national suite au crash d’un avion, le 19 mai, peu après son décollage de La Havane et qui a fait 110 victimes. Trois femmes ont survécu, tandis que l’enquête s’oriente vers l’état général de l’appareil, loué depuis moins d’un mois à la compagnie mexicaine Global Air.

Indonésie

Trois attentats-suicides commis par des familles avec leurs enfants ont été répertoriés en mai contre des églises à Surabaya. 

Vanuatu

Les autorités de l’archipel de 80 îles, situé dans le Pacifique sud, ont annoncé le 21 mai des mesures incitatives pour que les habitants de l’île d’Ambae, placée en état d’urgence en avril, l’abandonnent définitivement en raison du regain d’activité du volcan Manaro Voui.

Peinture

Un expert néerlandais a révélé le 15 mai avoir découvert un tableau inconnu de Rembrandt. Achetée il y a huit mois lors d’une vente aux enchères, la toile, ni datée ni signée, a été authentifiée par des historiens de l’art.