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Lundi 21 novembre 2016

Lundi 21 novembre 2016

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L’événement – 1

par Serge Plenier

L’avertissement de la primaire

Avec 4 047 429 votants au premier tour, la primaire de la droite est du centre est d’ores et déjà un beau succès, et pas seulement pour François Fillon. Les Républicains peuvent se féliciter de la mobilisation du « peuple de droite ». On n’attend plus que la primaire socialiste de la fin du mois de janvier 2017 pour savoir si la gauche fera aussi bien.

Pourtant, les partis de droite et du centre auraient tort de se réjouir trop vite. La réussite de cette primaire constitue aussi un avertissement.

Pour la droite, le simple fait d’avoir dû organiser un tel scrutin prouve déjà qu’aucun dirigeant des Républicains, pas même Nicolas Sarkozy, n’a pu faire figure de candidat naturel. En clair, il ne s’est dégagé depuis 2012, aucune personnalité incontestable, aucun leader charismatique, au sein du parti. Il s’agit bel et bien de la fin du cycle ouvert par le Général de Gaulle. On peut d’ailleurs raisonnablement penser que cette fin de cycle risque de peser sur l’équilibre des institutions de la Vème République.

Mais la leçon de cette primaire dépasse le seul cas de la droite. Que plus de quatre millions de citoyens se soient déplacés constitue aussi un sérieux avertissement aux appareils politiques. Il ne s’agit plus de laisser un comité central quelconque décider de celui (ou celle) qui défendra les couleur du Parti à l’occasion du scrutin présidentiel.

Car le vote à la primaire est aussi un vote de défiance à l’égard des partis politiques soupçonnés de confisquer la démocratie. Le quinquennat qui se termine aura fourni sur ce point de fâcheux exemples. Les « frondeurs » du Parti socialiste n’ont pas résisté au chantage à l’investiture, pas plus que les députés de la majorité n’ont osé censurer la « loi travail » pourtant rejetée par l’ensemble de leurs militants. Et ce qui vaut pour la gauche aujourd’hui a également valu pour la droite lorsqu’elle était au pouvoir. Que les états-majors parisiens choisissent in fine nos élus locaux et les parlementaires autorisés à se présenter n’est pas un symptôme de bonne santé démocratique.

La réussite – incontestable – de la primaire de la droite et du centre n’est décidément pas anodine. Il est temps d’en finir avec la République des apparatchiks.


L’événement – 2

par Jean-Gabriel Delacour

François Fillon, l’anti-héros qui sait gagner

Ayant lui-même participé à des courses sur le circuit des 24 heures du Mans, François Fillon connaît bien les problèmes d’accélération, de ralentissement, de négociation de virage et, plus généralement, de contrôle de conduite ou de montée en puissance. Voilà qui explique l’extraordinaire dynamique qui l’a propulsé loin en tête de tous ses concurrents — 16 points devant Alain Juppé — dans la primaire de la droite et du centre. C’est d’ailleurs lui qui, ayant annoncé sa candidature dès 2013, avait poussé à la mise en place de cette compétition interne inédite à droite.

Le coup de tonnerre de la consultation du 20 novembre doit être perçu avant tout comme son œuvre, c’est-à-dire comme le résultat d’une action patiente et méthodique s’appuyant à la fois sur un programme précis et sans ambiguïté et sur un ensemble de soutiens, notamment chez les parlementaires, mais aussi dans des groupes d’influence comme Sens Commun, collectif d’opposants au mariage homosexuel. Son allure de gendre idéal, sérieux et posé, et son long passé réformateur notamment dans l’enseignement et le système des retraites lui ont assuré une popularité discrète mais profonde, ne présentant aucun point commun avec l’excitation bling-bling.

Bien entendu, sa progression fulgurante dans les sondages depuis un mois et, surtout, depuis une semaine — avec, en corollaire, le tassement d’Alain Juppé, le sur-place de Nicolas Sarkozy, qui a du coup annoncé son retrait de la vie politique, et l’effondrement de Bruno Le Maire — a été difficilement prise en compte par des médias pour lesquels le maire de Bordeaux restait l’hypothèse la plus plausible et, surtout, la plus rassurante. De ce côté, son élection s’inscrit dans la grande tradition d’une année 2016 qui a vu le Brexit et Donald Trump démentir prévisions et certitudes des « experts » et même de François Hollande, qui avait pronostiqué : « Fillon n’a aucune chance ».

Mais il faut voir plus loin que les qualités personnelles et le contexte global. La participation de 4 millions de votants ayant parfois accepté une heure de queue et pour certains desquels il a fallu reporter la clôture effective a montré deux choses : l’intérêt réel provoqué par le choix proposé et la manifestation d’une lame de fond d’électeurs se sentant jusque-là négligés. Comme quoi l’avenir n’est pas toujours écrit par les politologues et les résultats ne sont pas forcément connus des médias. Depuis quelque temps, on le sentait d’ailleurs dans les conversations privées et les dîners en ville.

François Fillon va avoir besoin de tout son sang-froid pour éviter les chausse-trapes que quelques personnes ne vont pas manquer de lui dresser. Il va également lui falloir toute la puissance de la machine électorale des Républicains et de leurs alliés pour accroître son empathie avec le plus grand nombre possible de Français, qu’il faut convaincre et associer aux réformes.
Ses adversaires à gauche et au Front national — qui risque de perdre une part de son électorat — préféreraient évidemment un candidat plus caricatural ou moins convaincu. Certes, il lui reste encore à passer l’épreuve du second tour, mais il semble que ce ne soit pas l’étape la plus difficile.


Monde

par Yves La Marck

Avent à Caracas

Le pape François s’est personnellement impliqué dans la résolution du conflit interne d’un Venezuela où un régime socialiste exsangue refuse de rendre les armes.

Au Venezuela, les entreprises publiques du pétrole, qui finançaient une économie sous contrôle étatique, sont au bord de la faillite du fait de la baisse des cours mondiaux des matières premières et, surtout, d’une gestion catastrophique. Le pouvoir socialiste refuse pourtant de rendre le pouvoir à une opposition de droite désormais majoritaire dans les urnes. Il y aurait besoin d’un arbitrage et d’une rapide sortie de crise.

On se souvient que l’ex-président Hugo Chavez, décédé en 2013, avait salué l’élection de Jorge Bergoglio comme un don du Ciel. Le pape François a accepté de dépêcher à Caracas un envoyé spécial du Saint-Siège pour faciliter et accompagner un dialogue entre pouvoir et opposition. Un premier round de négociations engagé le 30 octobre s’est achevé le 12 novembre par une déclaration conjointe lue par Mgr Claudio Mario Celli qui fut sous-secrétaire d’État entre 1990 et 1995. Sous le titre « Vivre ensemble en paix », les parties s’engagent à respecter « le strict cadre constitutionnel » et à garantir un « processus démocratique, pacifique et électoral ». Les pourparlers reprendront le 6 décembre.

Le renoncement à la violence est un acquis capital tant le pays est au bord d’une sorte de guerre civile. La large victoire de l’opposition aux élections législatives du 6 décembre 2015 (56,2 % des voix contre 41 % au parti chaviste, 112 sièges contre 55) avait été suivie d’une proposition de destitution du président Nicolas Maduro sous la forme constitutionnelle d’un « référendum révocatoire ». Deux millions de signatures avaient été recueillies quand, le 20 octobre, le Tribunal suprême a suspendu la procédure, déclenchant des manifestations géantes et une grève générale. L’Assemblée devait voter une motion de défiance et une marche contre le palais présidentiel était prévue pour le 3 novembre. L’intervention du Pape a sans doute permis d’éviter une telle éventualité lourde de conséquences : l’opposition mettait purement et simplement l’armée vénézuélienne au pied du mur, d’avoir à tirer dans la foule ou de faire un coup d’État.

Le Saint-Siège s’était plusieurs fois déclaré disponible pour toute action jugée utile. En juillet, un groupe de « facilitateurs » présidé par l’ancien président colombien Ernesto Samper, composé des deux ex-présidents de la République dominicaine et du Panama et de l’ancien Premier ministre espagnol Zapatero, avait écrit au Pape pour qu’il désigne un représentant qui se joindrait à eux. Le Vatican avait aussitôt accepté.

La tournure de plus en plus dramatique prise par les événements avait donné à ce rôle un caractère plus décisif. Le Saint-Siège s’est soudain retrouvé en première ligne. Le président Maduro avait lui-même été reçu le 24 octobre en audience privée et imprévue par le pape François au Vatican.

Outre le souverain pontife, au moins deux hautes personnalités de l’Église sont intéressées au premier chef par le cas du Venezuela. Le numéro deux du Vatican, le cardinal Parolin, secrétaire d’État, était nonce apostolique à Caracas de 2009 à 2013 juste avant d’être nommé à sa haute fonction à Rome. Le nouveau général des jésuites, élu le 14 octobre, n’est autre que le provincial vénézuélien, Arturo Sosa Abascal, premier Latino-Américain à ce poste. Tous deux sont les meilleurs connaisseurs qui puissent être de la situation et du « chavisme », du temps de sa grandeur comme de sa décadence.

En nommant cardinal ce même mois d’octobre l’archevêque de Mérida, Balthazar Porras Cardozo, figure extrêmement populaire, le pape François avait une nouvelle fois montré sa sollicitude pour ce peuple vénézuélien si généreux et si meurtri.

En s’engageant personnellement – et non en ayant recours par exemple à Sant’ Egidio – le Pape protège l’Église locale, mais il s’avance seul en terrain découvert. Il peut par son prestige, son expertise et son courage faire reculer les chars, arrêter les bras des radicaux des deux bords – quinze formations de l’opposition n’ont pas rejoint à ce jour les conversations – et entamer le long processus de réconciliation. Nul ne peut aller trop loin dans l’affrontement et la catastrophe, notamment les chefs militaires, compagnons de Chavez – mais pas du civil Maduro –, auxquels celui-ci a délégué de plus en plus de missions plus ou moins impossibles, dont celle de faire fonctionner les services publics et d’assurer le contrôle des changes dans un pays qui connaît près de 500 % d’inflation en 2016, taux qui devrait tripler en 2017 et maintenant d’assurer la distribution des rations alimentaires. Les chefs militaires savent que c’est trop pour l’armée qui peut s’y briser. L’opposition a proposé l’inclusion du ministre de la Défense dans les discussions : le sabre et le goupillon ! Réponse espérée avant les fêtes de Noël.


Clefs

par Jean Étèvenaux

Se promener en France par les livres

Grâce aux livres, on peut découvrir la France. Ce sera soit pour préparer un voyage soit pour découvrir tranquillement des régions que l’on connaît déjà ou que l’on envisage d’aller visiter. En tout cas, dans ce domaine aussi, albums, guides et autres ouvrages s’avèrent fort utiles.

Avec Bernard Crochet, on parcourt le Patrimoine retrouvé de France. Redécouverte de plus de 150 sites et monuments (Rennes, Ouest-France, 2016, 234 pages). Michel Bonduelle, lui, invite à pédaler à travers La Somme en roue libre. Véloguide (Rennes, Ouest-France, 2016, 96 pages). Les amoureux de la capitale se précipiteront, aux côtés d’Aurélie Blondel et de Sophie Senart, dans Le Paris qu’on aime (Paris, Lonely Planet / Place des éditeurs, 2016, 40 pages). On fera également confiance à ceux qui nous ont précédés pour admirer Paris. Regards d’artistes XVIe – XXe siècles. Gravures. Peintures. Affiches (Grenoble, Glénat [1re édition : Paris, Atlas, 2015], 358 pages). René Gast et Guillaume Rateau dévoilent, eux, Tous les secrets de Paris (Rennes, Ouest-France, 2016, 288 pages).

C’est dans une région éminemment touristique et agréable qu’Hervé Ronné nous convie dans Bretagne (Rennes, Ouest-France, 2016, 140 pages). On complètera avec les aquarelles et le texte de Marie-Madeleine Flambard emmenant Parcourir la Bretagne (Rennes, Ouest-France, 2016, s.p. [en fait 120 pages]). On s’arrêtera dès lors, grâce à Denise Delouche, sur Les peintres de la Bretagne (Rennes, Ouest-France, 2016, 352 pages). On pourra alors achever, en compagnie d’Alain Le Borne, avec La Rance. De la source à l’estuaire. 22 balades et une randonnée en 4 étapes (Rennes, Ouest-France, 2016, 128 pages).

Plus bas, Jean-Michel Bérerd, Jean-Philippe Buord, Claude Didier, Jacques Duclieu, Pierre Grison, Alain Lequien, Philippe Marconnet et Claude Muller nous font approcher Les mystères de Rhône-Alpes (Clermont-Ferrand, de Borée, 2016, 368 pages). De son côté, Philippe Lemonnier amène aux Découvertes sur le chemin des huguenots. Drôme – Isère – Savoie – Haute-Savoie (Rennes, Ouest-France, 2016, 120 pages). Concernant la métropole de Rhône-Alpes-Auvergne, on a le choix entre Lyon (Paris, Le Petit Futé, Nouvelles Éditions de l’Université, 2015, 552 pages, avec possibilité d’obtenir gratuitement la version numérique), Lyon (Paris, Le Routard, Hachette, 2015, 176 pages + plan détachable) et la perspective offerte par Gérald Gambier : Découvrir Lyon et son patrimoine mondial, Mirabel, IDC Éditions, 2015, 96 pages — avec des versions anglaise, allemande, russe, italienne, japonaise et espagnole. Il faut aussi penser à Un grand week-end à Lyon (Paris, Hachette, 2014, 128 pages + plan détachable), qu’on peut d’ailleurs élargir Autour de Lyon (Paris, Le Petit Futé, Nouvelles Éditions de l’Université, 2015, 384 pages, avec possibilité d’obtenir gratuitement la version numérique).

Pour approfondir la connaissance de la capitale des Gaules, on lira, de Claude Ferrero, Les miscellanées de Lyon. Morceaux choisis à découvrir et à partager où s’illustre le charme de Lyon (Rennes, Ouest-France, 2016, 126 pages) ainsi que Tous les secrets de Lyon et de ses environs (Rennes, Ouest-France, 2016, 290 pages). Grâce à Gérald Gambier, on approchera Fourvière. Une basilique symboliste (Mirabel, IDC Éditions, 2016, 96 pages — existe aussi une version anglaise) et Lyon. Les 210 plus belles traboules (Lussas, IDC Éditions, 2015, 120 pages). Enfin, sous la houlette de Sophie Hochart, on arpentera Lyon Presqu’île d’hier à aujourd’hui (Tours, Éditions Sutton, 2016, 128 pages).

À peine un dépaysement en terminant avec les Fleurs des Alpes. Fiches illustrées (Rennes, Ouest-France, 2016, sans pagination) et les Légendes et histoires du Léman (Genève, Slatkine, 2016, 152 pages) rapportées par Christian Vellas.


Humeur

par Erwan Violin

Pas de pitié pour François Hollande

Il y en a qui n’ont aucune pitié. Sans doute inspirés par l’exemple des soutiens d’Hillary Clinton, une soixantaine de personnalités du monde artistique et du show-biz, bref des gens « qui comptent », ont décidé d’enfoncer un peu plus ce pauvre François Hollande.

C’est ainsi que, sous couvert de dénoncer le « Hollande-bashing », ces hypocrites se sont fendus, dans le Journal du Dimanche, d’une tribune où ils prétendent défendre le bilan de leur victime d’une façon qui ne peut que déclencher une intense rigolade.

Non, le pauvre Hollande, déjà bien mal en point n’avait pas besoin de ça.


Livres

par Catherine Pauchet

Thriller

Message sans réponse

Il y a des appels auxquels on ne répond pas, quitte à le regretter toute sa vie. Accoudée au bar, Eden Radley guette l’arrivée d’un homme rencontré sur Internet. Son téléphone sonne : c’est Tara, sa mère. Qu’elle laisse un message ! Elle ne décroche pas. Cette mère indigne a abandonné sa famille pour filer le parfait amour avec le jeune Flynn. Pourquoi s’enquiquiner à lui répondre ? Le lendemain, la nouvelle tombe : Tara a tué Jeremy, un enfant handicapé qu’elle a eu de Flynn, avant de se suicider. Le remords taraude Eden qui veut comprendre ce geste cruel, mais certaines vérités sont dangereuses à connaître. Patricia MacDonald excelle dans ce thriller.

« Message sans réponse », Patricia MacDonald, Albin Michel, 308 p., 19,90 €.

Essai

L’impossible exil

L’exil, une douleur, une agonie parfois. Professeur de littérature, George Prochnik s’est mis dans la tête, et les pas, de Stefan Zweig pour retracer ses années d’errance de Vienne à Petrópolis où il se donne la mort avec son épouse. Cette recherche est aussi celle de ses origines : Prochnik est fils d’exilés, sa famille a fui le nazisme, elle a tout laissé derrière elle en quittant l’Autriche et affronte le rejet à New York. Alors Zweig, l’écrivain adulé, le bourgeois, le dandy, comment a-t-il traversé cette période ? Il aide les réfugiés (une recommandation, un peu d’argent), fait des conférences, il écrit, beaucoup, des lettres, des livres : le dernier « Le monde d’hier ». Il regarde en arrière et voit l’écroulement de l’Europe. Il a perdu « sa maison, sa langue, ses amis » et l’espoir l’abandonne. Cet essai, plein d’émotion et qui montre la fragilité de l’homme face à son destin, se lit comme un roman.

« L’impossible exil », George Prochnik, Grasset, 446 p., 23 €.

Revues

Contes

Les contes ne servent pas qu’à bercer les petits du monde entier, ils permettent aussi d’appréhender l’environnement. La revue Mythologie(s) consacre un hors-série à la relation entre le conte et la nature à l’origine de bien des récits. Parmi les sujets traités : des contes sénoufos, slaves, kabyles et japonais, la forêt de Bretagne, l’herbier vietnamien, la pluie, les étangs, les grottes, La Belle au bois dormant… De quoi retrouver une âme d’enfant et stimuler notre imaginaire.

« Contes. La nature, racine de notre récit », Mythologie(s), hors-série n°10, novembre 2016, 9,50 €. En kiosque.

Jeux de cour

Versailles, lieu de pouvoir et de plaisirs. La noblesse y gagne et y perd des fortunes aux jeux, aux cartes surtout, avant d’écouter de la musique, de danser ou de faire une partie de traineau sur le Grand Canal gelé, à ses risques et périls. En appui à l’exposition « Fêtes et divertissements » qui se tiendra au château de Versailles à partir du 29 novembre, la revue éponyme consacre son dossier central aux distractions de cour. Au sommaire également : les horlogers, les filles de Louis XV, le chevalet des galeries historiques, Pétain et le château, un entretien avec le parfumeur Francis Kurkdjian…

« Jeux, musique et promenade à la cour », Château de Versailles, nov./déc. 2016, 9,90 €. En kiosque. Exposition jusqu’en mars 2017. Informations sur www.chateauversailles.fr


Cinéma

par Marie-Christine Renaud d’André

La fille de Brest

Le docteur Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest, se pose des questions sur l’incidence du Mediator, commercialisé par le laboratoire Servier, sur les malformations cardiaques de certains de ses patients. Elle en parle au docteur Antoine Le Bihan, qui dirige une petite équipe de chercheurs, et le convainc de monter un dossier pour le présenter devant l’AFSSAPS (l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé). Mais les experts de cet organisme d’État la jugent incompétente.

Cette magnifique histoire retrace le combat de David contre Goliath, mais, surtout, brosse le superbe portrait d’une femme courageuse et déterminée, mue exclusivement par la défense de ses patients. Après un début un peu ardu, en raison des explications scientifiques dispensées, le spectateur est rapidement sous le charme de ce personnage, fort et déterminé, mais aussi plein de vie et de drôlerie, qui se bat contre une administration sourde et aveugle et contre la collusion entre certains médecins et les laboratoires qui les financent. Sidse Babett Knudsen, l’inoubliable interprète de la série danoise Borgen, brille de sa forte personnalité et de son humanité, sans oublier, bien sûr, son charme. En braquant sa caméra sur son héroïne, la réalisatrice a réussi un excellent thriller, sur un sujet qui nous concerne tous, sans jamais tomber dans le procès manichéen. 

En montrant Irène en famille, entourée de l’amour des siens, la réalisatrice souligne comment cette femme, apparemment ordinaire, a pu se lancer, avec un grand courage, dans un combat extraordinaire. Mais les deux scènes d’opération, dont une d’autopsie, risquent de heurter les personnes sensibles. 

Comédie dramatique française (2015) de Emmanuelle Bercot, d’après Irène Frachon, avec Sidse Babett Knudsen (Irène Frachon), Benoît Magimel (Antoine Le Bihan), Charlotte Laemmel (Patoche), Isabelle de Hertogh (Corinne Zacharria), Lara Neuman (2h08). (Adolescents) Sortie le 23 novembre 2016.

Dernières nouvelles du cosmos

Diagnostiquée autiste très jeune, Hélène Nicola n’a jamais été à l’école et ne sait ni lire ni écrire. Mais, quand elle a eu 20 ans, sa mère a compris qu’elle recélait des trésors dans sa tête, qu’elle pouvait s’exprimer avec des lettres de l’alphabet plastifiées. Comment a-t-elle appris à rédiger ces aphorismes, sans jamais pouvoir tenir un livre ? Nul ne le sait, mais, à l’âge de 30 ans, sans prononcer une phrase, elle a déjà signé un livre étonnant (Algorithme éponyme), sous le nom de Babouillec Sp, et a vu son texte adapté au théâtre à Avignon, par Pierre Meunier.

Dans ce documentaire étonnant, Julie Bertucelli a filmé seule, sans cameraman ni preneur de son, cette jeune fille incroyable, que d’aucuns, s’arrêtant à son apparence physique, pourraient qualifier de « débile mentale », mais qui se révèle, au contraire, d’une intelligence extraordinaire, avec une force poétique rare. Ainsi, après avoir vu le film, elle a écrit, avec ses lettres plastifiées : « À travers ton film Julie, j’apparais comme une personne hors circuit, qui, avec sa boîte de lettres, compose un langage d’une autre appartenance, et les mondes se rejoignent. Avec plaisir, je m’observe dans ton œil goguenard, habité par l’amour de la lumière directe, fluide, embellissant les contours poétiques du réel. » Les mondes se rejoignent, en effet, et l’on comprend, en regardant le visage éblouissant de cette jeune autiste, que l’on n’a pas fini de découvrir toutes les facettes d’un être humain et de son intelligence. Une intelligence qui, grâce à l’amour sans limite de sa mère Véronique (elle a arrêté de travailler pour s’occuper d’elle) a pu s’exprimer librement. Cette rencontre hors norme hante l’âme du spectateur, longtemps après la fin de la projection.

Documentaire français (2016) de Julie Bertuccelli, avec Hélène Nicola, dite Babouillec Sp (Sp pour sans parole) (1h25). (Adolescents) Sortie le 9 novembre 2016.

Seuls dans Berlin

À Berlin, en 1940, Otto et Anna Quangel, apprennent la mort au front de leur fils unique. Ils décident de résister en rédigeant des cartes postales critiquant la politique d’Hitler.

Cette histoire incroyable, mais vraie, a été racontée par Hans Fallada. C’est le Français Vincent Perez qui l’a adaptée et mise en scène, certes de manière un peu sage, mais passionnante. Car, outre l’histoire de ce couple, c’est la vie quotidienne dans un immeuble berlinois de l’époque, qu’il raconte, avec la peur, l’espionnage, la dénonciation, etc. Malgré une bande originale en anglais, l’interprétation est digne d’éloges, et met en relief l’incroyable audace de ces héros.

N’espérant plus rien de la vie, les deux héros se lancent, avec courage, dans une bataille perdue. Une scène un peu violente illustre la brutalité des nazis.

Drame franco-germano-britannique (2016) de Vincent Perez, d’après Hans Fallada, avec Emma Thompson (Anna Quangel), Bren–dan Gleeson (Otto Quangel), Daniel Brühl (Escherich), Mikael Persbrandt (Prall) (1h43). (Adolescents) Sortie le 23 nov. 2016.


Le chiffre de la semaine

1,55 millions

C’est, en euros, le prix auquel a été adjugée une planche de l’album de Tintin « On a marché sur la lune » lors d’une vente aux enchères à la maison de vente d’art moderne Artcurial, à Paris. La planche en question, d’un format de 50×35 cm réalisée à l’encre de Chine et à la gouache blanche, montre Tintin, le capitaine Haddock et Milou découvrant les joies de la pesanteur lunaire et contemplant un « clair de terre ». L’estimation de départ de la planche, s’élevait au minimum à 700 000 euros.

Déjà, en mai 2014, le dessin original de la double page de garde des albums avait été adjugé à plus de 2,6 millions d’euros. De même, une double planche du « Sceptre d’Ottokar » avait été adjugée, en octobre 2015, à plus de 1,5 millions d’euros.


D’un jour à l’autre

France

État Civil

Le parquet de Nice a saisi le juge des affaires familiales pour interdire à un couple, M. et Mme  Mérah, de nommer leur nouveau-né Mohamed, comme le terroriste qui a assassiné 7 personnes en mai 2012.

Espace

Le cosmonaute rouennais Thomas Pesquet a décollé le 17 novembre de Baïkonour (Kazakhstan) à bord d’un vaisseau Soyouz, en compagnie d’un Russe et d’une Américaine, et a rejoint la Station spatiale internationale, où il passera six mois. Il a emporté des petits plats préparés par la société Hénaff.

Gauche

Emmanuel Macron, ancien ministre de l’Économie (d’août 2014 à avril 2016), a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle le 16 novembre à Bobigny. Il ne passera pas par la primaire de « la belle alliance populaire ».

Droite

François Fillon (44,1 ) et Alain Juppé (28,6 )  sont arrivés en tête du premier tour de la primaire de la droite et du centre qui a mobilisé 4 millions d’électeurs le 20 novembre. Nicolas Sarkozy est éliminé (20,6 ) et appelle à voter Fillon. Nathalie Kosciusko-Morizet (2,6%) appelle à voter Juppé. Bruno Le Maire (2,4%) se prononce en faveur de Fillon. Jean-Frédéric Poisson (1,5%) devait solliciter les deux finalistes avant de prendre parti. Jean-François Copé (0,3%). Le second tour a lieu ce 27 novembre.

Front national

Le tribunal de grande instance de Nanterre a validé, le 17 novembre, l’exclusion du député européen Jean-Marie Le Pen du Front national, mais l’a maintenu comme « président d’honneur » ce qui lui permet de siéger dans les instances dirigeantes du parti qu’il a fondé. Il devra être convoqué à chaque réunion sous peine d’une astreinte de 2000 euros. Lors de l’inauguration de son QG de campagne présidentielle au 262 rue du Fg Saint-Honoré, Marine Le Pen a présenté son nouveau logo : une rose bleue sans épine.

Économie

La société Mégabus (34 autocars et 175 salariés), filiale du groupe de transports britannique Stagecoach, a perdu son principal contrat avec une compagnie allemande et va licencier.

Médecine

Trois patients de Nantes traités pour un cancer du système lympathique sont morts d’une crise cardiaque. On suspecte un médicament de remplacement faute de stocks suffisants de Melphalan.

Télévision

Après 31 jours de lutte contre leur propriétaire Vincent Bolloré, les salariés d’iTélé ont voté la fin de la grève le 16 novembre.

Météo

125 000 personnes ont été privées d’électricité dans 10 départements de l’Ouest, suite aux tempêtes du week-end dernier.

MONDE

États-Unis  

Contrairement à ce que l’on croyait au soir du scrutin, la candidate Hillary Clinton cumulerait 2 millions de suffrages de plus que le président élu. Les grands électeurs voteront le 19 décembre dans chaque État et leur vote sera officialisé au Sénat 15 jours plus tard.

Le président Obama fait une « tournée d’adieu » qui l’a conduit en Grèce le 15 novembre, puis à Berlin, le 18 novembre, où il a notamment rencontré la chancelière allemande Angela Merkel, le président François Hollande, les Premiers ministres Matteo Renzi, Mariano Rajoy, Theresa May… Il est allé au Pérou le 19 pour le sommet de l’Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (APEC).

RD-Congo

Le président Joseph Kabila, dont le mandat se termine le 19 décembre, a nommé le 17 novembre Samy Badibanga, un de ses opposants historiques, au poste de Premier ministre, mais a interdit toute manifestation à Kinshasa des partisans d’Étienne Tshisekedi.

Haïti

Le premier tour de l’élection présidentielle a été organisé le 20 novembre malgré les conséquences du récent ouragan Matthew. Les résultats seront connus d’ici une semaine.

Mali

7,2 millions de Maliens étaient appelés à voter pour des élections municipales le 20 novembre. 5 soldats ont été tués dans un attentat.

Allemagne

Le groupe Volkswagen (276 000 salariés en Allemagne et 610 000 dans le monde) a annoncé la suppression de 23 000 postes en Allemagne et 7 000 dans les pays de l’Est européen, d’ici à 2020.

Irak

L’armée irakienne affirmait en début de semaine avoir libéré près des quatre cinquièmes de Mossoul.

Syrie

L’arrivée du porte-avions nucléaire russe Amiral Kouznetsov au large des côtes de Syrie la semaine dernière a été le signal d’une reprise des bombardements des quartiers est d’Alep et des provinces d’Idleb et de Homs, dans le nord-ouest et le centre du pays. Dans les quartiers bombardés d’Allégées plusieurs manifestations contre les comités de distribution d’aide alimentaire auraient été réprimées dans le sang par les islamistes.

Inde

Le train de nuit Patna-Indore transportant 500 personnes est sorti des rails à proximité de la ville de Kan-pur, dans l’État de l’Uttar Pradesh, le 19 novembre. Il y aurait 130 morts et de nombreux blessés.

Allemagne

Angela Merkel, 62 ans, au pouvoir depuis 11 ans, a annoncé le 20 novembre qu’elle briguait un quatrième mandat à la tête de son parti, la CDU, et comme chancelière.

Sport

Football

Nice reste en tête après sa victoire (0 à 1) sur St Etienne lors de la 13ème journée du championnat de Ligue 1. Deuxième au classement, Monaco a battu Lorient par 0 à 3.


Plantes

par Pascal Lambot

Le Liseron

(convolvulus)

Plante herbacée vivace à rhizome, de la famille des convolvulaceae (du latin convolvere “s’enrouler”), dont on rencontre, dans nos campagnes, deux variétés bien distinctes : le liseron des haies (convolvulus sepium) ou lisette, manchette de la Vierge, fleurs d’entonnoir, couronne de Notre-Dame, et le liseron des champs (convolvulus arvensis), surnommé petit liset, campanette, vrillée, clochette champêtre, robe de la Vierge.

La première de ces espèces croît dans les haies, les broussailles, les lieux ombragés, au pied des buissons, et possède comme toutes les plantes de cette famille, des tiges grimpantes, longues et flexibles.

Le long de ces tiges à la belle saison, de juin à octobre, éclosent des fleurs blanches ou rosées, en forme d’entonnoir, qui une fois fécondées laissent la place à des capsules, renfermant de nombreuses graines.
Le liseron est d’une croissance très rapide, pouvant donner naissance chaque jour à une feuille, qui a la forme d’une flèche d’un beau vert tendre.

Le liseron des champs est beaucoup plus petit que le liseron des haies. On le rencontre communément dans les terres cultivées et dans les jardins potagers, ou ses longues racines blanchâtres se multiplient outre mesure. Ses tiges grêles, ne dépassent pas 50 centimètres de hauteur. Le petit comme le grand liseron ont les mêmes propriétés que l’on trouve dans la racine.
Racine au goût un peu âcre, que l’on récoltait de juillet à août, pour en faire un sirop. Il était utilisé comme purgatif très énergique dans le traitement des hydropisies et des maladies constitutionnelles chroniques.

Une infusion de feuilles de liseron donne un excellent laxatif.

Grâce à ses racines plongeant profondément dans le sol cette plante contient pleins d’éléments nutritifs, et elle est un excellent engrais, à condition de laisser sécher feuilles, tiges et racines avant de les mettre au compost.
Le liseron peut être un indicateur de la nature du sol, car il pousse de préférence dans des sols pauvres en silices au sous-sol tassé et riche en azote.

C’est une plante très mellifère, qui attire beaucoup d’insectes, pouvant favoriser la pollinisation des fruits et légumes de votre jardin. Sans oublier l’esthétique de ces corolles, qui fleuriront votre environnement à peu de frais, à condition de bien surveiller sa prolifération.


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