L’événement-1
par Serge Plenier
Rassembler la gauche ?
Les socialistes peuvent savourer la victoire de leur candidate, Karine Daniel, dans la législative partielle de Loire-Atlantique, dans l’ancienne circonscription de Jean-Marc Ayrault. Pour la rue de Solférino, les bonnes nouvelles sont plutôt rares, ces derniers temps. On oubliera au passage un taux d’abstention de plus de 74 % et, en valeur absolue, un nombre de voix qui n’atteint pas la moitié de celui des législatives de 1993, catastrophiques pour la gauche (27 661 voix contre 11 142 le 24 avril). En somme, voici une jolie victoire à la Pyrrhus.
Derrière ce succès illusoire, il y a la réalité d’un Parti socialiste qui se débat au milieu d’un champ de ruines. Entre la dégringolade de François Hollande et de son Premier ministre dans les sondages, les foucades d’un Emmanuel Macron et les piteuses tentatives de Jean-Christophe Cambadélis, le PS paraît s’acheminer, résigné, vers un nouveau 21 avril, et, à terme, vers son effacement du paysage politique. Une nouvelle fois se retrouve vérifié l’adage selon lequel la gauche au pouvoir a toujours tendance à se « droitiser » peu ou prou sous la loi d’airain des contraintes gestionnaires.
Cette situation fait d’ailleurs les délices d’une autre gauche, celle qui défile contre la loi El-Khomri et se pâme devant la Nuit debout, celle aussi qui se prépare à soutenir, faute de mieux, la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Requinquée par les succès de Podemos en Espagne, cette nouvelle gauche radicale s’est éloignée des vieilles icônes trotskystes pour se faire tout à tous et invoquer une « convergence des luttes » pour le moins nébuleuse. Ceux-là ne souhaitent nullement se rapprocher d’un gouvernement qu’ils accusent de tous les reniements ; sans doute même souhaitent-ils sa défaite.
Rassembler la gauche, comme le veulent les derniers fidèles de François Hollande ? Encore faut-il savoir de quelle gauche il s’agit et pour quel projet. Le PS a perdu sa capacité à produire du rêve, et les rêves de la gauche de la gauche ne paraissent guère rassurants. Surtout, la notion même de « gauche » paraît atomisée et même vidée de son contenu.
Rassembler la gauche ? Mais peut-on rassembler ce qui n’existe plus ?
L’événement-2
par Jean Étèvenaux
Un conseiller inattendu pour les évêques français
Les dirigeants de l’Église catholique ont naturellement le droit de faire appel à des personnes compétentes pour les aider de façon permanente ou occasionnelle. Voilà pourquoi la nomination d’Alain Christnacht à la tête de la commission pédophilie de la Conférence des évêques de France ne présente en soi rien d’anormal. Mais elle intervient à la suite d’explications jugées un peu courtes sur le pape François ne ramenant avec lui de Lesbos que des réfugiés de confession islamique et l’organisation en France de cérémonies où se côtoyaient chrétiens et musulmans dans un contexte imprécis et mal présenté. Du coup, l’appel à un ancien directeur de cabinet de Christiane Taubira, même arrivé après le « mariage pour tous », a créé quelques interrogations.
Il ne s’agit pas de mettre en cause la personne : Alain Christnacht s’est toujours présenté comme catholique — ce qui ne relève pas d’une attitude courante dans le milieu politico-administratif. Commandeur de l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand depuis 2011, il siège au conseil d’administration des Scouts et Guides de France. C’est d’ailleurs à cause de ce profil ouvertement chrétien qu’il aurait été nommé membre de l’Observatoire de la laïcité par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Il a exercé de nombreuses autres responsabilités, de directeur général de la Fédération française de football à la présidence du conseil d’administration de l’Institut d’études politiques de Grenoble. Ce conseiller d’État passé par la préfectorale et les services de renseignement est apparu pour la première fois sur la place publique en 1988 lors des affaires de Nouvelle-Calédonie, puis est toujours resté très proche du Parti socialiste.
Voilà qui explique pourquoi s’est constitué le collectif J’ai mal à mon Église. Celui-ci récuse la désignation de l’intéressé à la tête de la commission épiscopale en s’appuyant sur plusieurs éléments : « Rien ne justifie de confier la présidence de cette commission à une personne qui participe, en particulier comme fondateur et membre du think tank Terra Nova, à l’élaboration et la promotion de projets en totale contradiction avec l’enseignement de l’Église. [… Sa] nomination […] est très inquiétante, aussi bien sur le discernement que la naïveté de ceux qui ont pris cette décision : pensent-ils encore vraiment que le fait de s’allier avec les pourfendeurs de la pensée et de la société chrétienne va attirer sur eux leurs bonnes grâces ? »
Se pose ainsi le problème principal : à un moment où les questions de pédophilie dans le corps ecclésiastique français suscitent non seulement des interrogations mais encore des manœuvres de déstabilisation quand il ne s’agit pas d’attaques frontales, est-il opportun de paraître courtiser ainsi le pouvoir politique et le monde médiatique ? On pourrait aussi se demander si les évêques de France ne pouvaient pas trouver quelqu’un de moins marqué et d’aussi compétent, ne serait-ce que parmi ceux qui suivent l’enseignement de l’Église… De son côté, l’intéressé a indiqué ne pas vouloir à ses côtés que « des gens trop proches de l’Église ».
Politiques
par Alice Tulle
La CGT se ressaisit
Rien ne vaut une bonne tension sociale pour revigorer une organisation syndicale. La loi El Khomri a eu cet effet sur la CGT, qui tenait la semaine dernière son 51e congrès.
Fondée en 1895, la CGT est la plus vieille confédération syndicale française et elle rassemble encore 600 000 adhérents, même si sa suprématie est désormais menacée par une CFDT plus réformiste qui en revendique 800 000. Cela mérite un minimum d’attention, surtout en une période de tension sociale. Or la mort du chanteur Prince a occupé un temps d’antenne cent fois supérieur au 51e congrès, à Marseille, de la « cégète » comme disent ses militants. Signe des temps ? Plutôt une banalité : cela fait longtemps que les syndicats, toutes tendances confondues, ne retiennent plus l’attention des médias.
Pourtant, la tension est forte depuis la publication de la loi El Khomri et deux grandes confédérations syndicales, la CGT et Force ouvrière, sont en pointe dans la contestation de ce texte malencontreusement publié quelques semaines avant le congrès cégétiste. À l’Élysée et à Matignon, on avait sans doute parié sur la faiblesse de la CGT, durement touchée par les révélations sur le train de vie et les émoluments de son secrétaire général, Thierry Lepaon, qui avait dû démissionner en janvier 2015 (il a curieusement été nommé par le gouvernement à la tête d’une « Agence de la langue française » le 14 avril dernier). Au contraire, la loi El Khomri a provoqué la remobilisation de la CGT qui a réussi à organiser des manifestations bien suivies à défaut d’être massives.
Le 51e congrès s’annonçait donc sous un jour favorable mais il a été perturbé par une affichette cégétiste dénonçant les violences policières, qui a scandalisé les policiers, le syndicat FO de la Police nationale et… le syndicat CGT-Police. De plus, le rapport d’activité, qui porte sur le bilan de la Confédération depuis 2013, a été rejeté par 30 % des délégués, un chiffre record qui traduit le mécontentement d’une partie de la base. Philippe Martinez, qui a succédé à Thierry Lepaon à la tête de la confédération, a cependant réussi à rassembler ses militants. Réélu avec 95,4 % des voix par les mille délégués réunis à Marseille du 18 au 22 avril le secrétaire général de la CGT a lancé un appel à la poursuite de la lutte en phase avec les motions votées : appel à la manifestation et à la grève interprofessionnelle pour le 28 avril suivies d’assemblées générales chargées de se prononcer sur la reconduction du mouvement.
L’épreuve de force continue et le gouvernement n’est pas sûr de gagner la partie. Le problème tient moins à la pugnacité des syndicats contestataires qu’aux faiblesses et aux contradictions du pouvoir exécutif. La majorité est divisée sur la loi El Khomri et le gouvernement a perdu le soutien du patronat qui menace à son tour d’appeler au retrait du texte, vidé selon lui de son contenu positif. Le comportement d’Emmanuel Macron ajoute à la déstabilisation du président de la République et du Premier ministre : après avoir défié Manuel Valls en se prononçant contre l’impôt sur la fortune, le ministre de l’Économie a déclaré que sa nomination à Bercy n’en faisait pas « l’obligé » de François Hollande.
Seul réconfort pour le gouvernement : l’écroulement lent de Nuit debout. Déconsidérés par l’expulsion d’Alain Finkielkraut de la place de la République, puis l’incendie d’une voiture de police, les premiers animateurs ont proposé une action commune avec les syndicats le 1er Mai. La proposition a été noyée dans le flot des prises de parole. Les palabres nocturnes cesseront peut-être. Mais pour les actions diurnes, c’est une autre affaire.
Monde
par Yves Lamarck
Ce n’est qu’un au revoir
Barack Obama a commencé à Londres une tournée d’adieux qui n’augure rien de bon pour la Grande-Bretagne, pour l’Europe et pour les États-Unis.
Barack et Michelle Obama, le 22 avril, ont souhaité à Windsor un heureux anniversaire à la reine d’Angleterre qui venait de célébrer la veille ses quatre-vingt-dix ans. Le président des anciennes treize colonies américaines venait en quelque sorte rendre hommage à la vieille souveraine. Ou bien était-ce le fils d’un sujet impérial né avant l’indépendance du Kenya alors qu’Elisabeth était déjà sur le trône ?
Le maire de Londres partisan du Brexit, Boris Johnson, qui a fait justement allusion aux origines d’Obama, en a tiré une conclusion erronée : loin de nourrir pour cette raison le moindre ressentiment à l’égard de l’ancienne puissance coloniale, le métis de ces deux mondes est au contraire sensible à son prestige inégalé à travers l’histoire, y compris la sienne et doublement. à moins que Johnson n’ait en vue celui qui devrait lui succéder après les élections du 5 mai prochain à la mairie de la capitale : le favori travailliste, l’anglo-pakistanais Sadik Khan.
Il est vrai en revanche que le temps est venu de clore définitivement ce brillant épisode et de tourner la page. Obama sait qu’il n’en a plus que pour neuf mois durant lesquels il ne sera que le spectateur de la lutte pour sa propre succession. Est-ce pour autant que le monde arrive également à un tournant comme il en exprime le sentiment ?
à l’évidence, les 90 ans de la reine en font également une survivante. Le jour se rapproche où cette formidable gardienne d’un imperturbable statu quo va laisser la place. La majorité des Britanniques le ressentent dans leur tréfonds. L’exception anglaise millénaire ne va-t-elle pas disparaître avec Sa quasi-centenaire Majesté ? La coïncidence des deux événements, l’anniversaire et la visite officielle, laisse, sous les allures de fête et de célébration, un confus sentiment de malaise.
Barack Obama a mis le doigt là où ça fait mal. Ce n’est pas seulement lui en tant que personne ou elle, la reine, mais ce sont les deux pays qui se disent en quelque sorte adieu. Obama l’a fait savoir clairement : les États-Unis ne seront pas la porte de sortie d’un Royaume-Uni qui quitterait l’Union européenne. Londres est au contraire, depuis quarante ans, la porte d’entrée dans l’Union pour les anciennes possessions britanniques – américaines, mais aussi asiatiques ou africaines – qui, non familières avec ses coutumes et ses langues, préféraient le truchement anglais pour les y conduire.
Londres en dehors de l’Union c’est le retour à la situation de 1962 où De Gaulle lui avait fermé la porte parce que le gouvernement britannique ne voulait pas renoncer à sa « relation spéciale » avec Washington.
Désolé : en 2017, il n’y aura plus de filet de protection pour amortir le choc du Brexit. Londres tombera dans le vide et devra se ramasser tout seul à terre. Personne ne sera plus là à Washington pour lui faire des offres de service. Ni Barack Obama, ni bien sûr Donald Trump et même pas Hillary Clinton. Le navire amiral américain a déjà commencé à pivoter comme on le sait vers l’Asie. Il ne fera plus machine arrière.
Comme si le message n’était pas assez clair, Obama poursuivait le 24 avril sur l’Allemagne — ironie de l’histoire, à Hanovre d’où est venue la dynastie régnant à Londres depuis le début du XVIIIe siècle.
Pas d’escale cette fois à Paris — ce qui en dit assez long sur l’opinion que l’on a de la France outre-Atlantique, et pas seulement Donald Trump qui l’a choisie comme répulsif, un contre-exemple, qui le fait grimper dans les sondages.
Sauf imprévu, il n’y aura plus qu’un seul voyage du président Obama en Europe avant la fin de son mandat : en juillet à Varsovie pour le sommet de l’OTAN.
Environnement
par Fabrice de Chanceuil
175 signa-terre
La réunion, très médiatisée, des 175 États venus, le 22 avril, Journée de la terre, au siège des Nations-Unies à New-York, signer l’accord sur le climat négocié à Paris en décembre dernier, pouvait laisser penser que cet accord était enfin adopté. En fait, ce n’est pas encore tout à fait le cas. Il s’agissait d’une étape sur la longue route de la ratification.
Les 195 États qui, avec l’Union européenne, avaient adopté l’accord de Paris le 12 décembre 2015 à l’issue de la 21ème Conférence des parties (CdP ou COP 21) de la Convention-cadre des Nations-Unies sur le changement climatique, avaient accompli un geste politique de grande ampleur mais qui restait à confirmer au plan juridique pour lui permettre de donner tous ses effets. De fait, pour entrer en vigueur en 2020, l’accord de Paris doit être ratifié, accepté ou approuvé par au moins 55 pays représentant au moins 55% des émissions de gaz à effet de serre. A ce jour, seuls 15 pays sont allés jusqu’au bout du processus de ratification, pour la plupart des petits États insulaires, particulièrement concernés par le réchauffement climatique et l’une de ses principales conséquences pour eux, le montée des eaux, comme l’avait bien montré le résultat de l’appel aux « bonnes pratiques » lancé l’année dernière par le Carrefour des acteurs sociaux.
La session de l’ONU de vendredi dernier était donc une étape intermédiaire, celle de la signature officielle du document. On attendait 171 États, il en est venu 175, dont une soixante représentée par leur chef d’État ou de gouvernement, ce qui constitue, incontestablement, un succès, d’autant que les pays présents représentent globalement 93 % des émissions de gaz à effet de serre. C’est la première fois qu’autant d’États se retrouvent en même temps pour signer un accord. Le précédent record était détenu par la Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer qui, en 1982, avait réuni 119 signataires sur une seule journée.
D’où l’importance des gestes symboliques exprimés tout au long de ce que, dans son introduction prononcée en français, le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon a qualifié de « moment d’histoire ». On se souviendra, en particulier, de la présence de l’acteur Leonardo Di Caprio, ambassadeur de bonne volonté des Nations-Unies, qui a déclaré « Le Monde nous regarde (…) , le temps est venu d’une action sans précédent (pour promouvoir les énergies propres) » et surtout du geste du Secrétaire d’État américain John Kerry qui a apposé sa signature avec sa petite-fille dans les bras, non pas parce qu’il n’avait pas trouvé de baby-sitter mais parce qu’il voulait signifier que l’engagement de son pays valait pour les générations futures. Le Président de la République française, François Hollande, qui a signé le premier en tant que représentant du pays présidant la COP 21, s’est lui aussi félicité de cette présence massive, appelant ses homologues à être encore plus ambitieux. « Il faut aller vite, encore plus vite » a t-il déclaré, les invitant à « aller plus loin que les promesses qui ont été faites, que les engagements qui ont été pris ».
Pour autant, chaque pays doit encore conduire le processus de ratification jusqu’à son terme, selon les dispositions qui lui sont propres. Ainsi, s’agissant de la France, l’accord sera présenté en Conseil des ministres le 5 mai prochain puis débattu à l’Assemblée nationale à partir du 18 mai suivant, le processus parlementaire devant s’achever avant l’été, permettant ainsi au Chef de l’État de promulguer la loi ratifiant l’accord. Pour les autres, il leur restera à peu près un an pour faire de même, l’accord restant ouvert à la ratification jusqu’en 2017.
D’ici-là, la France aura cessé de présider la COP 21 pour passer la main au Maroc appelé à présider la COP 22. Les temps changent, comme le climat.
Le monde comme il va
par Frédéric Aimard
Petits règlements de comptes
Les fils de Michel Debré, Bernard, le médecin, et Jean-Louis, le juge, qui ont chacun fait de belles carrières politiques, sont des « grandes gueules », prêts à tuer père et mère pour un bon mot à la télévision. On comprend combien le second a dû souffrir durant les neuf années où il a été président du Conseil constitutionnel et où il s’est imposé un certain devoir de réserve. Du coup, il s’est épanché dans son cher Journal au jour le jour. Et, à peine remplacé à cette haute fonction par Laurent Fabius, le voilà qui publie une sélection de ses vacheries favorites pour tout le petit monde politique qu’il fréquente depuis sa tendre enfance.
Heureusement, on en reste au superficiel. Par exemple, que Rachida Dati ait eu un comportement d’enfant gâtée quand elle était ministre de la Justice, on s’en doute un peu. Les compliments à l’égard de Christiane Taubira, qui a occupé le même poste, surprennent un peu plus, sauf quand on se rend compte que Jean-Louis Debré, sur l’affaire du Mariage pour tous, est un parfait bobo. Et puis ce qui compte pour lui, c’est qu’on lui fasse bonne figure, comme l’aimable François Hollande par exemple. Le principal reproche fait à un Giscard, un Villepin, un Juppé et à tant d’autres, c’est d’être des prétentieux qui ne savent que faire leur autopromotion. Il n’y a pourtant pas besoin d’avoir fait des études de psychomorphologie pour décrypter la photo de Jean-Louis sur la couverture de son livre et en déduire qu’il ne souffre pas trop d’un manque de confiance en lui-même. A en croire ses confidences d’ailleurs, avant lui, le Conseil constitutionnel n’était pas géré, et après lui, on peut se demander s’il le sera…
Ses révélations, discrètes, commencent par une histoire de voiture de fonction rachetée pour un euro à la fin d’un leasing par un ancien membre qui, en plus, ne paye pas ses PV de stationnement. Manque de chance, le jour même de la sortie de son livre, on apprend que Jean-Louis – celui qui dans tout le livre circule à Vélib’ autour du Palais-Royal où il a le privilège d’être logé – a essayé, il y a quelques jours, vers la place de la République, d’impressionner un policier en se présentant comme un « ancien de la Maison » (il a été ministre de l’Intérieur) alors qu’il conduisait de manière fantaisiste une voiture du service de protection des personnalités qu’on lui avait prêtée sans lui en donner les papiers… Hum !
C’est sûr qu’il y a pire. Bernadette Chirac qui fait réclamer par Sarkozy le paiement de l’indemnité de son mari comme membre de droit du Conseil constitutionnel, alors que, poursuivi en justice, il a envoyé une lettre pour y suspendre sa participation. Bernadette est systématiquement présentée sous un jour défavorable. Et puis Jean-François Copé et Sarkozy, l’affaire Bygmalion et le dépassement des frais de la campagne présidentielle. C’est finalement le seul intérêt fondamental du livre où l’on comprend que ce n’est pas la première campagne présidentielle qui a donné lieu à des dérapages financiers à droite. Mais, en l’occurrence, on peut dire que Nicolas Sarkozy a manqué de mesure et de chance, alors que son rival heureux aurait tout aussi bien pu voir ses comptes retoqués si l’organisation juridique du contrôle avait été différente. Pour le coup, le livre ne laisse pas beaucoup de chances au candidat Sarkozy d’aller au bout d’une future présidentielle. C’était sans doute son but principal. Pour le reste, malgré les pages plus sensibles sur la maladie de Chirac, ou des côtés a priori sympathiques mais à vérifier (le mépris des décorations), on a affaire à un texte qui ne vole pas haut et dont l’auteur aurait pu reporter la publication à beaucoup plus tard, voire le garder pour lui-même. La littérature n’y aurait rien perdu et l’Histoire pas grand-chose.
BD
par Gihé
Toujours la bd historique
La bande dessinée historique se porte bien. Elle continue à produire de bons albums dans le domaine de l’Histoire pure, de la collecte d’anecdotes ou de l’histoire de l’art. Elle donne aussi l’occasion de découvertes au-delà de nos frontières.
L’excellente collection des Grands Peintres chez Glénat permet, en s’attardant sur un moment précis de la vie d’un artiste, de reconstituer aussi bien son milieu que ses tourments, ses liens avec d’autres personnages connus que ses rapports avec ses collègues. Ainsi en est-il de Gauguin, de Patrick Weber et Nicoby, de Monet, de Frank Secka et Vincent Gravé, et d’Egon Schiele, de Dimitri Joannidès et Nicolas Sure. On doit particulièrement admirer la technique permettant de retrouver la manière du maître.
Jean Prost, qui a derrière lui la double expérience de l’enseignant et du dessinateur, détaille les Mystères en pays lyonnais (Éditions du Cosmogone) ; grâce à un sagace petit diablotin, le lecteur est entraîné dans deux millénaires d’Histoire et de légendes. Remarquable est la description de Jeanne d’Arc (Glénat / Fayard) par Jérôme Le Gris, Murielle Gaude-Ferragu et Ignacio Noé : ce travail agréable à l’œil permet de saisir l’héroïne dans toute son exception en même temps qu’elle donne à Charles VII une posture bien plus royale que d’habitude. Plus généralement, avec humour mais non sans véracité, Cazenove, Richez et Peral racontent La guerre de Cent Ans 1337-1453 (Bamboo). De l’autre côté de la Méditerranée, la dernière œuvre du regretté dessinateur algérien Mohamed Bouslah met en valeur la personnalité et les aventures de Salah Bey (Éditions Sedia), ce Turc d’Izmir qui devint bey de Constantine au XVIIIe siècle.
Napoléon fait toujours recette, comme en témoignent trois albums qui, chacun à sa manière, favorisent l’approche de celui dont on vient de fêter tant de bicentenaires. Dans De mal empire, le premier tome de Napoléon (Bamboo), Lapuss’ et Stédo s’attachent, certes de manière caricaturale, à de multiples épisodes de sa vie ; notons que le dossier final a été réalisé par David Chanteranne, historien déjà chevronné et rédacteur en chef de Napoléon Ier et de la Revue du Souvenir Napoléonien. Pour la quatrième — et dernière — partie de leur Napoléon Bonaparte (Casterman), Pascal Davoz et Jean Torton, toujours sur les pas de Jacques Martin, proposent un travail très minutieux encore qu’un peu trop hagiographique. En revanche, sur la même période chronologique, Noël Simsolo, Jean Tulard et Fabrizio Fiorentino montrent avec sobriété et efficacité, dans le troisième et ultime volume de leur Napoléon (Glénat / Fayard), ce qui s’est déroulé à dater de la naissance du roi de Rome en 1811.
Pour la partie contemporaine, plus précisément celle des conflits mondiaux, deux titres retiennent l’attention. Jean-Yves Le Naour, Marko et Iñaki Holgado, dans le premier tome de Verdun (Bamboo), exposent ce qui s’est passé Avant l’orage. Quant au quatrième tome de L’aéropostale des pilotes de légende (Soleil), Christophe Bec et Patrick A. Dumas le consacrent à Saint-Exupéry d’une manière fort novatrice.
Terminons par deux approches originales. Dans le registre païen jubilatoire, Ralf König s’attaque à la tradition tournant autour de sainte Ursule, Les onze mille vierges (Glénat) ; c’est totalement iconoclaste et un peu long — tout au moins pour le lecteur français, moins familier des traditions de la ville de Cologne. Bien plus passionnante apparaît l’œuvre de Laurent-Frédéric Bollée et Olivier Martin, J’ai tué Marat (Vents d’Ouest) : après la scène de l’exécution de Charlotte Corday, un dialogue imaginaire entre elle et Jean-Paul Marat aide à comprendre les motivations d’alors.
Humeur
par Erwan Violin
God save the Queen !
Le 90ème anniversaire de la reine Elizabeth a été célébré comme il se doit par les Britanniques. De ce côté-ci de la Manche, nous avons un peu tendance à considérer la monarchie britannique comme une survivance pittoresque, un anachronisme touristique, bref, une excentricité de plus sur les bords de la Tamise.
Et pourtant, qu’y a-t-il de moins excentrique, que cette grande dame qui a vu passer depuis plus de soixante ans tout ce que le monde a compté de chefs d’Etat importants ? Elizabeth II ne représente pas une survivance : elle incarne une permanence.
Livres
par Catherine Pauchet
Roman
Des chauves-souris, des singes et des hommes
Dans ce village africain, le malheur est arrivé par petites touches. Au début, il y a Olympe furieuse d’être laissée à la lisière de la forêt par les garçons de sa tribu, pourquoi s’encombrer d’une fille ? Elle rentre chez elle portant une chauve-souris, la bête est douce et tient dans le creux de sa main. Puis les garçons reviennent. Eux, c’est le cadavre d’un singe au dos argenté qu’ils portent en triomphe, tous vont le déguster. Ensuite les villageois tombent malades et meurent les uns après les autres. Un mal mystérieux se propage qui n’épargne ni le personnel médical ni les humanitaires. Dans ce conte moderne, Paule Constant revient sur les origines du virus Ebola, une épidémie partie des animaux et qui accable les hommes.
« Des chauves-souris, des singes et des hommes », Paule Constant, Gallimard, 166 p., 17,50 €.
Premier polar
Les enfants du Cap
Noordhoek, banlieue chic du Cap. Sa plage de sable fin s’étend à l’infini au grand bonheur des riverains. Jusqu’au jour où Marge Labuschagne, psychologue criminelle à la retraite, y découvre le corps d’un ancien patient. L’enquête est confiée à l’inspectrice Persy Jonas ; c’est sa première affaire de meurtre et elle tient à s’illustrer. Ces deux femmes vont devoir collaborer alors que tout (ou presque) les oppose. Percy est noire, venue des townships, et pense tenir le meurtrier en Sean Dollery, un ami d’enfance qui a mal tourné. Marge est blanche, issue d’un milieu favorisé, elle va multiplier les pistes pour trouver l’assassin. Ecrit de main de maître, ce premier polar de la Sud-africaine Michèle Rowe mêle tensions raciales, trafics de drogue, corruption et secrets cachés au tréfonds des êtres, coupables ou non.
« Les enfants du Cap », Michèle Rowe, Albin Michel, 444 p., 22 €.
Botanique
Miscellanées des plantes
Passionnés de botanique ou curieux de nature, ce livre vert, joliment illustré de gravures et de dessins, vous est dédié. Anne-France Dautheville y a rassemblé plus de deux cents chroniques et anecdotes tirées des sciences, de l’histoire, de la littérature, des récits de voyage et même des légendes, sur les plantes et leur environnement. Pourquoi offre-t-on du muguet le 1er mai ? comment les fleurs attirent-elles leur pollinisateur ? à quoi servent les coccinelles ?… l’auteur a réponse à tout. Un livre à butiner.
« Miscellanées des plantes », Anne-France Dautheville, préface de Jean-Marie Pelt, Buchet-Chastel, 144 p., 15 €.
Revue
Vauban
Existe-t-il plus grand bâtisseur que Vauban, sans cesse à consolider les frontières de la France ? Citadelles, places fortes, canaux… il est l’homme de pierre par excellence. Mais il fut aussi stratège (il conduira victorieusement une cinquantaine de sièges), urbaniste et architecte (il créera neuf villes), statisticien, agronome, hydrographe… La revue Château de Versailles dresse le portrait d’un serviteur de l’Etat aux multiples talents. Parmi les autres sujets : les bâtards de Louis XIV, l’audience royale, les fontainiers, un entretien avec Jean-Louis Debré…
« Vauban, précurseur et visionnaire », Château de Versailles, n°21, avril-mai-juin 2016, 9,90 €. En kiosque.
Télévision
La bonne dame de Nancy
L’affaire avait passionné les médias et le public. Tout commence en 1985 avec la disparition de Bernard Hettier. Rapidement, la police accuse sa maîtresse, Simone Weber, 56 ans, de l’avoir tué puis dépecé à l’aide d’une meuleuse à béton. S’en suivra une instruction de quatre ans au cours de laquelle le juge Thiel fera vider un canal, retourner son jardin et l’auditionnera soixante-dix-sept fois. Mais Simone Weber est coriace : elle n’avouera jamais. Toujours souriante et calme, elle niera les évidences, multipliera les contradictions sans se troubler, éludera la mort mystérieuse de son premier mari, et épuisera vingt-cinq avocats dont Jacques Vergès. En février 1991, elle était condamnée à vingt ans de réclusion criminelle. Le réalisateur a choisi Véronique Genest pour incarner ce personnage retors.
Biopic franco-belge (2016) de Denis Malleval, avec Véronique Genest (Simone Weber), Yvan Le Bolloc’h (Bernard Hettier), Véronique Kapoïan (Madeleine Weber), Mathias Mlekuz (le juge Thiel). 1h30. Tous publics. Diffusion sur France 3, mardi 3 mai 2016, à 20h50.
Cinéma
par Marie-Christine Renaud d’André
Captain America : civil war
On le sait, l’équipe des Avengers ne fait pas vraiment dans la dentelle quand il s’agit de sauver l’humanité, ce qui signifie que les dégâts collatéraux sont nombreux. À tel point ici que l’ONU a décidé qu’il était temps de mettre fin à l’indépendance de ces superhéros et de les soumettre à la supervision d’un organisme international.
Mais si cette nouvelle organisation est acceptée par Tony Stark, alias Iron Man, et Nathasha Romanoff, alias la Veuve Noire, Captain America refuse catégoriquement de perdre son autonomie. Bientôt, les anciens amis iront même juqu’à se battre… ce qui fera le bonheur malsain d’un mystérieux Zemo.
Dans cette adaptation des BD de Marvel, on retrouve tout ce qui fait leur intérêt au cinéma, en particulier des combats magistralement mis en images par deux cinéastes inspirés et servis par des effets spéciaux époustouflants.
Menée à un rythme très nerveux (parfois trop), l’histoire n’est pas toujours aisée à suivre dans le détail, surtout pour ceux qui ne seraient pas encore familiers de l’univers de Marvel. Mais le spectacle est si distrayant et l’humour si présent, surtout dans la seconde partie, que l’on ne saurait bouder son plaisir bien que l’ensemble soit un peu trop long.
Aventures américaines (2016) de Anthony Russo et Joe Russo, avec Chris Evans (Steve Rogers/Captain America), Robert Downey Jr. (Tony Stark/Iron Man), Scarlett Johansson (Natasha Romanoff/La Veuve Noire), Sebastian Stan (Bucky Barnes/le Soldat de l’hiver), Anthony Mackie (Sam Wilson/le Faucon), Daniel Brühl (Zemo) (2h30).(Adolescents) Sortie le 27 avril 2016.
Nos souvenirs
La forêt d’Aokigahara, au pied du mont Fuji, attire de nombreux candidats au suicide, tel Arthur Brennan, un Américain qui vient de perdre Joan, son épouse.
Trois comédiens immenses (Matthew McConaughey, Ken Watanabe et Naomi Watts) et un brillant metteur en scène, tout était réuni pour faire un grand film, d’autant que le sujet, très original, s’y prêtait bien. Malheureusement, si les images de cette immense forêt sont splendides et s’il y a quelques scènes très émouvantes, le film se perd un peu dans de trop nombreux retours en arrière, souvent inutiles, et dans une histoire conjugale qui verse dans la mièvrerie.
Drame américain (2016) de Gus Van Sant, avec Matthew McConaughey (Arthur Brennan), Ken Watanabe (Takumi Nakamura), Naomi Watts (Joan Brennan), Katie Aselton (Gabriella Laforte), Jordan Gavaris (Eric) (1h50). (Grands adolescents) Sortie le 27 avril 2016.
Tracks
En 1975, Robyn Davidson traverse seule le désert australien, sur 2700 km.
Cette adaptation du livre de Robyn Davidson, qui retraçait son étonnante aventure, bénéficie d’une superbe photographie du désert. Les chameaux, filmés de près, sont de véritables personnages d’un film magnifique… mais beaucoup trop long. Malgré son talent, la jeune Mia Wasikowska peine à provoquer l’émotion. Dommage !
Aventures australiennes (2015) de John Curran, d’après Robyn Davidson, avec Mia Wasikowska (Robyn Davidson), Adam Driver (Rick Smolan), Rainer Bock (Kurt Posel), Rolly Mintuma (Eddy) (1h52). (Adolescents) Sortie le 27 avril 2016.
Adopte un veuf
Depuis la mort de son épouse, Hubert Jacquin se laisse aller à la déprime, dans son grand appartement.
Depuis L’étudiante et Monsieur Henri et Five, d’Igor Gotesman, la colocation est de mise dans les comédies françaises. Mais on n’attendait pas François Desagnat dans une comédie, certes inégale, mais qui évite les vulgarités. Les dialogues sont assez amusants, et les situations, même si certaines sont invraisemblables, provoquent le rire. Car l’interprétation, emportée par l’excellent André Dussollier, est sensationnelle, avec, en particulier, une brochette de seconds rôles épatants. Sans être un chef-d’œuvre, cette sympathique comédie parvient à distraire en décrivant notre société qui n’est faite ni pour les jeunes ni pour les vieux…
Comédie française (2015) de François Desagnat, avec André Dussollier (Hubert Jacquin), Bérengère Krief (Manuela Baudry), Arnaud Ducret (Paul-Gérard Langlois), Julia Piaton (Marion Legloux), Nicolas Marié (1h37). (Adolescents) Sortie le 20 avril 2016.
LE CHIFFRE DE LA SEMAINE
333 350
C’est le nombre de demandeurs d’asile auxquels les 28 Etats membres de l’Union européenne ont accordé un statut protecteur en 2015, selon les chiffres publiés par Eurostat. Ce nombre équivaut à une hausse de 72% par rapport à 2014. Au total, l’UE a accordé un statut protecteur à 1,1 million de demandeurs d’asile depuis 2008.
50% de ces demandeurs d’asile sont des citoyens syriens, soit 166 100 personnes. Loin derrière viennent les réfugiés venus d’Erythrée (8%, soit 27 600) puis les Irakiens (23 700, soit 7%). Plus de 60% des Syriens concernés ont bénéficié d’un statut protecteur en Allemagne. Quant aux Erythréens bénéficiaires d’une protection, plus des trois quarts ont bénéficié d’un statut protecteur en Allemagne, en Suède et aux Pays-Bas.
D’un jour à l’autre
France
Commerce
La Fnac, soutenue par Vivendi, et Conforama, filiale du groupe sud-africain Steinhoff, se sont lancés dans une surenchère boursière pour le rachat de Darty, propriété d’actionnaires britanniques valorisée à plus d’un milliard d’euros.
Électricité
EDF, en mal de financement et devant faire face à la baisse des prix de l’énergie, va lancer une augmentation de capital de 4 milliards d’euros dont l’État souscrira les deux tiers. Le projet de réacteurs EPR en Grande-Bretagne (évalué à une trentaine de milliards d’euros) ne pourra pas être lancé avant plusieurs années.
Électricité
Un grand prix de monoplaces électriques (Formule E) a eu lieu le 23 avril sur un circuit réalisé autour de l’hôtel des Invalides. Elles roulent à 220 km/h mais n’ont que 30 minutes d’autonomie.
Trains
Une nouvelle grève des TGV, des TER et des RER était prévue par l’ensemble des syndicats de la SNCF pour le 26 avril.
Législative partielle
La candidate socialiste Karine Daniel l’a emporté le 24 avril au second tour dans la 3e circonscription de Loire-Atlantique avec 55,4 % des voix, prenant la suite de Jean-Marc Ayrault devenu ministre des Affaires étrangères.
En Marche
Après avoir critiqué l’inefficacité de l’Impôt sur la fortune et déclaré qu’il n’était pas « l’obligé » du Président, la popularité d’Emmanuel Macron, qui a fondé son propre mouvement « En marche » le 6 avril, est au plus haut (57 % d’opinions favorables).
Monde
Autriche
Le candidat du parti d’extrême droite FPÖ, Norbert Hofer, 45 ans, a obtenu 35,5 % des voix au premier tour de l’élection présidentielle le 24 avril, devant un candidat soutenu par les écologistes, Alexander Van der Bellen (21,1 %), et une candidate indépendante, Irmgard Griss (18,8 %). Les partis SPÖ (démocrates-chrétiens) et ÖVO (conservateurs), qui gouvernent le pays au sein d’une grande coalition, font autour de 11 % chacun. Le deuxième tour aura lieu le 22 mai.
Musique
Le chanteur américain Prince est mort à 57 ans le 21 avril dans ses studios d’enregistrement Praisley Park à Chanhassem (Minnesota). Ses 39 albums se sont vendus à 100 millions d’exemplaires.
Mali
Le groupe djihadiste Ansar Dine a revendiqué l’enlèvement, le 16 avril, de trois humanitaires de la Croix-Rouge près de Kidal dans le nord-est du Mali avant de les relâcher.
Tchad
Le président Déby, au pouvoir depuis 26 ans, a été réélu dès le premier tour de la présidentielle du 10 avril avec 61,56 % des voix.
Migrants
Le naufrage d’un bateau de migrants venant de Somalie, Éthiopie, Soudan, Érythrée… au large des côtes libyennes, aurait fait 500 noyés le 20 avril. 41 rescapés ont pu rejoindre Athènes.
Syrie
Rastane, ville rebelle de 120 000 habitants (gouvernorat de Homs) assiégée depuis 2011 par les forces de Damas, a reçu son premier convoi humanitaire depuis 2012 : 65 camions de nourriture et médicaments. 500 blessés et malades ont pu être évacués vers des zones rebelles.
A Qamishli, province de Jézirah, au nord-est du pays, les milices kurdes (YPG) se sont emparées le 21 avril d’une position défendue par l’armée de Damas, au prix de plusieurs morts de part et d’autre.
Des bombardements quotidiens et des raids aériens ont repris sur divers quartiers d’Alep depuis plus d’une semaine, fragilisant la trêve conclue il y a deux mois.
Argentine
Le président Mauricio Macri a fait rembourser l’intégralité des sommes réclamées par les « fonds vautours » américains, en échange de quoi la justice new-yorkaise a autorisé l’Argentine à emprunter à nouveau sur les marchés internationaux.
Climat
Le 22 avril, au siège de l’Onu à New York, 175 pays ont signé l’accord de la Cop21 sur le climat. Le président Hollande a signé le premier ce traité qui a été négocié à Paris.
Yougoslavie
Radovan Karadzic, complice du massacre de Srebrenica en juillet 1995, a été condamné, le 21 avril, à 40 ans de prison par le tribunal international de La Haye.
Obama
Après son passage en Grande-Bretagne les 22 et 23 avril, où il a dîné avec la famille royale et fermement pris position contre le Brexit, Barack Obama est arrivé le 24 avril en Allemagne où il a pris position pour une signature rapide du traité de libre-échange atlantique (Tafta).
Trump
Pour tenter d’empêcher Donald Trump — grand vainqueur du caucus de New York le 19 avril — d’obtenir les 1 237 délégués qui lui assureraient d’être le candidat républicain pour la prochaine présidentielle, ses challengers, Ted Cruz et John Kasich, largement distancés, ont conclu un accord de non-concurrence entre eux. Selon les États, l’un ou l’autre se présentera. Leur but est d’obliger Trump à passer par une convention négociée en juillet prochain. Côté démocrate, Hillary Clinton a définitivement pris l’ascendant sur Bernie Sanders.
Sport
Football
Le PSG a remporté la finale de la Coupe de la Ligue face au LOSC par 2 à 1.

