L’événement-1
par Serge Plenier
Quel avenir pour la gauche ?
« La gauche peut mourir », elle « n’a jamais été aussi faible dans l’histoire de la Vème République ». S’exprimant devant le conseil national du Parti socialiste, Manuel Valls n’a pas hésité bousculer son auditoire.
Bien entendu, derrière la brutalité du constat, il y a d’abord le calcul politique. Le Premier ministre veut éviter une bataille parlementaire avec son propre camp lors du vote du projet de loi de finances rectificative (et de celui sur le financement de la Sécurité sociale).Mais le propos de Manuel Valls va au-delà.
En témoigne cette phrase « Nous sentons bien que nous sommes arrivés au bout de quelque chose, au bout peut-être même d’un cycle historique pour notre parti. » Manuel Valls est ici on ne peut plus clair : une certaine idée du socialisme a vécu, peut-être l’idée socialiste elle-même.
Manuel Valls sait de quoi il parle. Entré au PS en 1980, il a vécu ce cycle de l’intérieur. Il a vécu les premiers désenchantements avec le tournant de la rigueur en 1983. Depuis plus de trente ans, le PS collectionne victoires sans lendemain et défaites cuisantes, de la débâcle de 1993 et du séisme du 21 avril 2002 à la déconfiture des dernières européennes. Aujourd’hui, le socialisme gestionnaire ou la social-démocratie ne sont plus que les paravents d’un libéralisme plus ou moins allégé.
Significativement, ce long délitement n’a pas profité aux autres formations de gauche, écologistes ou communistes. Aujourd’hui, la gauche, toutes tendances confondues, ne représente guère que le tiers du corps électoral. Du marxisme et des grandes utopies de naguère ne subsistent plus guère que des incantations archaïques.
Bien sûr, les raisons de cette décrépitude sont multiples, et connues. La chute du Mur de Berlin a définitivement sonné le glas du rêve révolutionnaire. A cela il faut ajouter de lourdes erreurs qui ont consommé le divorce avec l’électorat ouvrier. Surtout, le discours de gauche s’est heurté non seulement aux réalités gestionnaires mais à des mutations encore inimaginables il y a vingt ans.
La Gauche ne va sans doute pas mourir, mais, faute de remises en cause radicales, elle pourrait bien se réduire à une famille politique confinée aux marges de la politique… ce qu’était le Front national il n’y a pas si longtemps. Peut-on vraiment le souhaiter ?
L’événement-2
par Jean Etèvenaux
L’intégrisme islamique avance en Irak et ailleurs
Les opérations menées avec succès dans la moitié de l’Irak par une branche dissidente d’al-Qaïda montrent sa vulnérabilité dix ans après la chute de Saddam Hussein. Elles s’inscrivent aussi dans un vaste mouvement qui, pour n’être pas forcément très coordonné, n’en exprime pas moins la volonté d’un islam jusqu’au-boutiste et radical s’affichant de plus en plus en de nombreux lieux.
On sait que l’Irak délivré de la poigne de fer qui assurait, comme dans la Syrie de Bachar al-Assad, un précaire équilibre est devenu ingouvernable, partagé entre une majorité chiite voulant gouverner à son profit et une minorité sunnite ne pouvant laisser le pouvoir à des hérétiques. S’y ajoutent des minorités soit qui ont su renforcer leur pouvoir comme les Kurdes, appuyés sur un territoire qu’ils contrôlent bien, soit qui craignent tellement pour leur avenir qu’elles émigrent en masse comme les chrétiens chaldéens. La politique américaine, très offensive sous George W. Bush puis inconsistante et hésitante sous Barack Obama, n’arrange guère la situation et on peut se demander à quoi ont servi les centaines de milliards de dollars dépensés et leurs 4 500 soldats tués.
Il faut savoir que les djihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant, qui sont en train d’avancer jusque vers Bagdad, disposent de soutiens suffisants dans les pétromonarchies du Golfe pour financer leurs actions, de surcroît alimentées par des rackets, des activités criminelles, des rançons d’otages et de la vente de pétrole. Leur image n’apparaît pas forcément mauvaise dans une population prise, après onze ans de guerre, entre la corruption et les attentats ayant causé la mort de quelque 300 000 Irakiens, civils et militaires.
Ce dont il faut aussi bien se rendre compte, c’est que la désorganisation de l’Irak, venant après celles de la Syrie, de la Libye et des pays du Sahel, dessine aux portes de l’Europe une sorte de ceinture islamo-terroriste. Sans vouloir tout mélanger, on ne peut non plus passer sous silence la constante poussée migratoire en provenance justement de ces zones de non-droit, ainsi que les agissements menés par des membres des filières envoyant des combattants en Syrie, comme l’a montré le sanglant attentat anti-juif de Bruxelles.
Il y a donc de moins en moins de différences, autres qu’organisationnelles et tactiques, entre tous ceux qui, au nom de l’islam, justifient et pratiquent l’ultra-violence. On commence à s’en rendre compte dans les régions sahéliennes où intervient l’armée française alors que celle-ci manque cruellement de moyens face à des groupes de plus en plus efficaces comme Boko Haram, voire même comme Aqmi, qui vient de revendiquer des attentats en Tunisie.
Politiques
par Alice Tulle
Conjoncture : aucun progrès
Après deux cinglantes défaites électorales, le gouvernement se montre discret sur ses résultats économiques. Comme l’actualité est chargée — Coupe du monde, Irak, grèves de la SNCF et des intermittents du spectacle… — les médias se contentent de donner rapidement les chiffres qui marquent l’évolution de la conjoncture.
Il faut s’y arrêter cependant car les grandes tendances restent inquiétantes. Il est vrai que le taux de chômage est resté stable au premier trimestre (9,7 %) pour les chômeurs métropolitains sans aucune activité mais, depuis un an, on constate une reprise de la destruction d’emplois dans tous les secteurs : elle est particulièrement nette dans l’intérim, très significatif des évolutions sur le marché de l’emploi.
Comme le ministre des Finances a récemment confirmé sa prévision de croissance à 1 % pour cette année (alors qu’il faut au moins 1,5 % pour créer des emplois) la promesse de l’inversion de la courbe du chômage devra, cette année encore, être oubliée.
Les objectifs financiers fixés par Bruxelles en fonction du Pacte de stabilité ne sont pas atteints. En 2013, le déficit budgétaire a été plus élevé que voulu (4,3 % du PIB, au lieu des 4,1 % souhaités) et l’objectif de réduction à 3,6 % en 2014 et à 2,8 % en 2015 paraît inatteignable. De fait, les hausses d’impôts n’ont pas rempli suffisamment les caisses de l’État car elles ont rapporté deux fois moins que prévu — qu’il s’agisse de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur les sociétés — soit un « manque à gagner » de 5 milliards d’euros. De même, la dette publique, que la politique d’austérité, devait réduire est en augmentation (90,6 % en 2012 ; 93,5 % en 2013) et le gouvernement peut seulement se réjouir d’un allègement de la charge financière en raison de la baisse des taux d’intérêt.
Du coup, la Commission de Bruxelles a placé la France sous « surveillance renforcée » et, à Bercy, Michel Sapin a été sommé de réduire le déficit public à 3 % en 2015 alors que le gouvernement français espérait obtenir de nouveaux aménagements.
Le ministre des Finances a donc présenté, le 11 juin, un projet de budget rectificatif qui prévoit à la fois des allègements ou une exonération d’impôts pour 3,7 millions de foyers fiscaux (1,1 milliard de recettes en moins qui devrait être équilibré par le rendement de la lutte contre la fraude) et une réduction des dépenses publiques de 1,6 milliard. La machinerie est complexe : les réductions d’impôts doivent stimuler la demande des ménages mais la baisse des dépenses publiques risque de déprimer l’activité (les dépenses de l’État sont productives) et la forte baisse du coût du travail par réduction des cotisations patronales doit relancer l’emploi…
à l’Assemblée nationale et au Sénat, l’aile gauche de la majorité a fait part de son vif mécontentement — alors que l’UMP affaiblie par sa crise interne se contente de faibles protestations. Des députés (Christian Paul, Pouria Amirshahi…) ont présenté des propositions qui rompent avec la politique de l’offre du gouvernement : ils demandent une forte augmentation du pouvoir d’achat des ménages par voie de réductions fiscales, auxquelles le gouvernement, fustigé par Bruxelles, ne peut consentir. Ce sont là des escarmouches, qui pourraient dégénérer en conflit lorsque le projet de budget pour 2015 sera présenté.
Monde
par Yves La Marck
La bataille de Bagdad
Engagée le 7 juin depuis l’Est syrien, l’offensive de « l’État islamique d’Irak et du Levant » (ISIS selon les acronymes anglais, ou Daïch selon les acronymes arabes) a progressé de Mossoul, seconde ville du pays, prise en trois jours, à Tikrit, fief de l’ancien président Saddam Hussein, pour arriver le 13 juin dans les faubourgs de la capitale. Depuis janvier, ce groupe contrôlait déjà la province de l’Ouest, Anbar, avec les villes de Fallouja et Ramadi. Les commentaires ont tendu à répartir les responsabilités entre Bush qui a déstabilisé le pays par sa guerre, Obama qui aurait fait plier bagage trop tôt aux forces américaines, Assad qui aurait soufflé sur les braises islamistes, et surtout le Premier ministre irakien depuis huit ans, Nouri al-Maliki, un chiite qui a marginalisé les sunnites (25 % de la population mais dominant jusqu’à hier armée et administration).
Tout cela est vrai, mais le plus important dans la crise présente est de l’évaluer sans céder à la panique. Personne ne souhaite revoir des bombardements américains, ni l’atroce guerre Irak-Iran des années 1980, ni une descente de l’armée turque. La prise de contrôle des provinces sunnites semble, dans l’état des forces actuel, un fait acquis. Elle peut encore être contenue.
C’est ce qu’ont compris les peshmergas, les forces de l’État semi-autonome du Kurdistan au Nord, qui en ont profité pour arrondir leur territoire aux zones qu’ils revendiquaient. Les Kurdes (14,5 % de la population) ont mis à l’abri Kirkouk, ville historiquement kurde mais fortement arabisée depuis les années 1970…
C’est moins facile pour les chiites (60 %) qui, hors du Sud où ils ont le monopole, se retrouvent mélangés avec les sunnites à Bagdad et dans la région centre. Ils ne sont pas partisans de la partition d’un Irak — où ils sont désormais en position dominante — qui passerait par la division en deux de Bagdad après combats et déplacements de population. Spirituellement unis sous l’autorité du grand Ayatollah Sistani, qui est sorti de sa réserve, ils sont politiquement fort divisés, de telle sorte que le Premier ministre, qui n’a jamais réuni que des majorités de coalition s’est isolé de plus en plus. Les élections qui venaient de se tenir le 30 avril et dont les résultats n’ont été annoncés qu’à la mi-mai le donnaient pour la troisième fois en tête, mais minoritaire.
Les partis sunnites qui avaient boycotté en 2006 et participé en masse en 2010, avaient cette fois à nouveau boycotté le scrutin, estimant n’avoir obtenu aucun résultat de leur participation.
Le Premier ministre al-Maliki s’était félicité de l’absence de violence lors du scrutin et y avait vu une « gifle » pour le terrorisme, Al Qaeda et l’ISIS !
C’était au contraire l’indication que les sunnites modérés, l’opposition politique, les forces démocratiques, tout comme les anciens cadres du régime de Saddam Hussein, les ex-baasistes, avaient changé de stratégie. Les uns comme les autres sont liés entre eux par leur solidarité dite « tribale ». L’avantage d’ISIS sur Al Qaeda en Irak a été d’être une création locale, ce qui lui permet de nouer des relations avec les structures traditionnelles et non d’apparaître comme étrangère.
En cela elle est plus comparable aux talibans au retour desquels en Afghanistan ses succès actuels constituent un encouragement. Mauvaise nouvelle pour le président qui sortira des élections afghanes du 14 juin et pour Obama !
Clefs
par Jean Etèvenaux
Partir en France
Nombreuses sont les occasions de partir en France. Pour réaliser envies et opportunités, voici quelques guides et livres aidant à les concrétiser.
Mentionnons tout d’abord l’étude de Magali Reghezza-Zit, La France. Une géographie en mouvement (Documentation photographique n° 8 096, novembre-décembre 2013, 64 pages), qui permet de revoir quelques données de base. On la complétera par une rétrospective qui n’est pas que cycliste, due à Pascal Sergent : Regards sur le Tour. 50 photos cartes (Rennes, Ouest-France, 2013, sans pagination [en fait 102 pages]). Puisqu’on utilise ce moyen de locomotion, suivons Michel Bonduelle en empruntant L’EuroVélo 6. De Nantes à Budapest, la plus longue piste cyclable du monde (Rennes, Ouest-France, 2014, 144 pages). Et, sur un parcours plus court, le même auteur propose d’aller De Paris au Mont-Saint-Michel à vélo par la véloscénie (Rennes, Ouest-France, 2014, 144 pages).
On reste tout naturellement dans la même région avec Dominique Aymard et Éric Jouan qui dévoilent Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Bretagne sans jamais avoir osé le demander (Rennes, Ouest-France, 2014, 128 pages). Philippe Lemonnier, lui, déroule son Carnet du marcheur de Bretagne (Rennes, Ouest-France, 2014, 156 pages), tandis que Chaunu détaille ses Illustres Bretons. 60 portraits (hors-série d’Ouest-France, 2013 [?], 64 pages). En s’éloignant un tout petit peu avec Edmond Thin, on (re)découvre les Îles anglo-normandes et du Cotentin. Un archipel extraordinaire (Rennes, Ouest-France, 2013, 192 pages).
L’actualité commande de ne pas oublier d’aller, avec Nicolas Moreau-Delacquis, Autour des plages du Débarquement à vélo au cœur de la Normandie (Rennes, Ouest-France, 2014, 144 pages). Si l’on est féru d’histoire militaire, l’on se rendra, avec Carl Ooghe, Sur les chemins de la Grande Guerre dans le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme, l’Aisne et la Belgique (Rennes, Ouest-France, 2014, 144 pages), avec Bernard Crochet, sur les Sites de la Première Guerre dans l’est de la France (Rennes, Ouest-France, 2014, 128 pages) et, avec André Degon, sur La ligne Maginot. Guide des forts à visiter (Rennes, Ouest-France, 2014, 120 pages).
On pourra aussi s’extasier en compagnie de Chantal Didier et de Richard Schafer : Trop forts les Lorrains ! (Rennes, Ouest-France, 2013, 192 pages). Grâce à Xavier Bailly, on découvre La Picardie gothique (Rennes, Ouest-France, 2014, 120 pages), tandis que Guillaume Lachaud initie à La Gironde (Rennes, Ouest-France, 2014, 180 pages). Il reste toujours à connaître un peu mieux Lyon et sa région (Guide vert, Boulogne-Billancourt, Michelin, 2013, 438 pages). L’on peut aussi, grâce à Olivier Cavaleri, se pencher sur une Histoire de bornes. La frontière entre le Valais et la France. Balades – Découvertes – Histoire (Genève, Slatkine, 2014, 304 pages).
On terminera tranquillement par la capitale. Jean-Christophe Collet détaille les Lieux romantiques à Paris (Rennes, Ouest-France, 2014, 120 pages) tandis qu’Éric Sander et Marc Augé s’attachent à Paris à fleur de pierre (Paris, Imprimerie nationale, 2014, 120 pages). Immanquablement, on portera alors ses Regards sur la tour Eiffel (Rennes, Ouest-France, 2014, sans pagination [en fait 102 pages]).
Humeur
par Erwan Violin
Suspense
Le scénario est bien huilé. Le gouvernement veut réformer la SNCF, certains syndicats refusent et se mettent en grève. Le gouvernement joue la fermeté et appelle les grévistes à cesser la grève. Les grévistes refusent et reconduisent la grève. Le perdant sera celui qui se fatiguera le premier. Tout le monde sera content… sauf les usagers qui ont perdu leur temps et leurs nerfs. En somme, un film classique au suspense insoutenable.
A 80 millions de pertes pour la SNCF au bout de 6 jours de grève (selon le chiffre du président de cette même SNCF), on peut tout de même trouver le divertissement un poil onéreux, et finalement pas drôle du tout.
Livres
par Catherine Pauchet
Romans
Le roman de Louise
Née en 1830 des amours coupables d’un châtelain et de sa servante, Louise Michel est, dès son enfance, sensible à l’injustice sociale et au sort des petites gens. Elève intelligente, elle quitte Vroncourt, en Haute Marne, pour Paris où elle devient une institutrice éprise de littérature et de poésie puis une militante révolutionnaire. Elle écrit dans le journal « Le Libertaire » et participe en première ligne à la Commune. Arrêtée, elle est déportée en Nouvelle Calédonie où elle enseigne aux populations locales. En 1880, elle revient en France et renoue avec l’engagement politique. Henri Gougaud, dont on connaît les talents de conteur, s’est glissé dans la peau de Louise Michel pour faire revivre la rage et la ferveur de la « Vierge rouge ».
« Le roman de Louise », Henri Gougaud, Albin Michel, 250 p., 19 €.
Le Cercle Pouchkine
Ce 24 juin 1945, à Moscou, Staline passe en revue la parade de la Victoire. La guerre est finie ; les Russes exultent, ils espèrent une vie meilleure. Au même moment, sur un pont près du Kremlin, des coups de feu retentissent. Sérafina, dix-huit ans, trouvent à ses pieds les corps de deux camarades d’école. L’une des victimes porte sur elle un document annonçant la formation d’un parti romantique à l’initiative d’un Cercle Pouchkine qui réunit des étudiants en littérature. S’agit-il d’un complot contre l’Etat ? La police secrète enquête. Elle convoque les membres du Cercle et les contraints à dénoncer leurs proches. Plusieurs fois primé pour ses romans sur l’histoire russe, Simon Montefiore explore ici les rouages meurtriers du système communiste. Un bon livre pour l’été.
« Le Cercle Pouchkine », Simon Montefiore, Belfond, 420p., 21,50 €.
Témoignage
Nos chemins sont semés de rencontres
On le repère de suite Olivier Delacroix, avec sa carrure de rugbyman, ses yeux bleus et ses dreadlocks de rasta. D’abord musicien (il a fondé le groupe Black Maria) puis journaliste d’investigation, il anime désormais « Dans les yeux d’Olivier » sur France 2 et remporte un beau succès d’audience. Il se souvient de sa première émission quand il avait visité les sœurs bénédictines du monastère Notre-Dame du Pesquié, en Ariège. Depuis il a croisé bien d’autres gens : parents d’enfants différents, jeunes délinquants… Autant de rencontres que l’on retrouve dans ce livre plein d’émotion et d’amitié pour ceux avec qui il a partagé une passion ou une souffrance. Olivier Delacroix sera en dédicace au Salon du livre de Montmorillon, les 21 et 22 juin 2014.
« Nos chemins sont semés de rencontres », Olivier Delacroix, éditions Michel Lafon, 288 p., 17,95 €.
Revue
Brésil. L’esprit des origines
Il y a mille choses à voir au Brésil, en plus des stades. Le magazine A/R (comme aller/retour) nous emmène pour un voyage insolite à la découverte des Indiens d’Amazonie qui se battent par tous les moyens, y compris les technologies modernes, pour la survie de leurs traditions. Au sommaire également : l’Irlande, la Catalogne, le Nouveau-Brunswick, Verdun, un portfolio sur les USA, Brooklyn, sur les traces de Paul Morand, la cuisine à Majorque…
« Brésil. L’esprit des origines », A/R, juin 2014, 5,90 €. En kiosque.
Cinéma
par Marie-Christine Renaud d’André
Au fil d’Ariane
Les luttes politiques ne sont pas l’unique horizon des cinéastes engagés. La légèreté et la fantaisie peuvent également faire partie de leur vie d’artiste.
Ariane prépare activement son repas d’anniversaire, quand un coup de téléphone l’informe qu’elle va se retrouver seule. Elle décide de partir, au volant de sa voiture, dans les rues de Marseille. Arrêtée devant un pont levant, elle fait la connaissance d’un jeune homme, qui lui propose de l’emmener dans un restaurant. Abandonnant sa voiture, elle monte sur sa moto et débarque chez Denis.
En attendant de pouvoir réaliser son prochain film, Robert Guédiguian s’est offert ce qu’il appelle une fantaisie, c’est-à-dire une balade légère sur les traces d’une héroïne, interprétée par sa comédienne et épouse préférée, Ariane Ascaride. Loin de ses films à messages politiques, le cinéaste s’offre une jolie dérive à travers Marseille, en compagnie de ses comédiens habituels. Bien sûr, c’est un peu chaotique, voire superficiel, mais le charme qui se dégage de cette histoire est tel que l’on se laisse volontiers embarquer par ces personnages pittoresques et attachants, d’autant plus que la musique, qu’elle soit classique ou lyrique (sans oublier, bien sûr, les chansons de Jean Ferrat) accompagne cette rêverie chaleureuse. Surtout, Ariane Ascaride fait merveille dans ce personnage ludique, avec un numéro chanté et dansé dans lequel elle révèle un talent qu’on ne lui connaissait pas. Cette flânerie ludique et pleine de charme est aussi et surtout un magnifique et touchant hommage à la femme aimée.
Comédie dramatique française (2013) de Robert Guédiguian, avec Ariane Ascaride (Ariane), Jacques Boudet (Jack), Gérard Meylan (Denis), Jean-Pierre Darroussin (le chauffeur de taxi), Adrien Jolivet, Anaïs Demoustier, Lola Naymark, Youssouf Djaoro, et la voix de Judith Magre (1h40). (Adolescents) Sortie le 18 juin 2014.
Xenia
Dany, 16 ans, et son frère Odysseas, 18 ans, viennent de perdre leur mère, une Albanaise. Leur père grec ne les ayant pas reconnus, ils risquent d’être expulsés vers l’Albanie, bien qu’ils soient tous deux nés en Grèce. Ils se mettent en quête de ce géniteur qu’ils n’ont jamais rencontré.
Avec une belle énergie, le cinéaste grec Panos H. Koutras nous entraîne dans un road-movie, qui oscille entre émotion et poésie, sur les traces d’un père inconnu. Car cette vision d’un pays en crise n’empêche pas le réalisateur de se laisser aller à des échappées oniriques, filmées avec une réelle maîtrise. Quant à la fin, elle est très originale.
Comédie dramatique franco-belgo-grecque (2014) de Panos H. Koutras, avec Kostas Nikouli (Dany), Nikos Gelia (Odysseas), Aggelos Papadimitriou (Tassos), Romanna Lobach (Maria), Marissa Triandafyllidou (Vivi) (2h08) (Grands adolescents) Sortie le 18 juin 2014.
Triple alliance
Lorsque Carly découvre que l’homme de sa vie est marié avec Kate, elle décide de se venger… avec la complicité de celle-ci et d’Amber, l’autre maîtresse du traître.
Les Américains semblent de plus en plus apprécier les comédies très féministes, qui mettent en scène des femmes fortes et décidées et des hommes ignobles. On aurait pu prendre, néanmoins, du plaisir avec cette comédie, car les trois actrices sont sensationnelles. Le problème c’est que les gags sont lourds, voire bêtes, et que l’on finit par trouver le temps bien long.
Comédie américaine (2014) de Nick Cassavetes, avec Cameron Diaz (Carly Whitten), Leslie Mann (Kate King), Kate Upton (Amber), Nikolaj Coster-Waldau (Mark King), Taylor Kinney (Phil) (1h49). (Grands adolescents) Sortie le 18 juin 2014.
Tristesse Club
Apprenant le décès de leur père, Léon et Bruno se rendent à ses obsèques, et découvrent, Chloé, leur demi-sœur.
Entre comédie et drame, ce film inégal met en scène des personnages qui finissent, malgré leurs défauts, par devenir attachants. Certes, le cinéaste, dont c’est le premier film, n’évite pas les poncifs ni les baisses de rythme. Mais on se laisse volontiers emporter dans ce road-movie fraternel, tant certaines scènes sont réussies. Tout le film montre à quel point l’enfance peut forger, en bien comme en mal, la personnalité d’un être. L’interprétation est réjouissante.
Comédie dramatique française (2014) de Vincent Mariette, avec Ludivine Sagnier (Chloé), Laurent Lafitte (Léon), Vincent Macaigne (Bruno), Noémie Lvovsky, Dominique Reymond, Anne Azoulay (1h30). (Grands adolescents) Sortie le 4 juin 2014.
LE CHIFFRE DE LA SEMAINE
686 907
C’est le nombre de candidats inscrits au baccalauréat 2014. Selon les chiffres de l’Education nationale. Il s’agit d’une augmentation de 3,3% des effectifs globaux par rapport à l’année 2013. Sur ce total, 19 786 personnes se sont inscrites en candidats libres. Le baccalauréat général draine près de la moitié des impétrants avec 341 317 inscrits, tandis que le baccalauréat professionnel a attiré 305 275 candidats. 140 215, soit 20% se sont inscrits aux épreuves du baccalauréat économique.
Les épreuves mobilisent cette année 170 000 correcteurs et examinateurs qui devront examiner environ 4 millions de copies. L’année dernière, le coût de l’examen était de 80 euros par candidat. Ce coût prenait en compte l’indemnisation des intervenants, leur rémunération et les frais d’organisation.

