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Lundi 30 juillet 2018

Lundi 30 juillet 2018

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L’événement – 2

par Jean Étèvenaux

Quand la macronie patine

Le feuilleton de l’été continue : l’affaire Benalla se poursuit, de commissions parlementaires en déclarations présidentielles, de passage au journal télévisé de 20 heures en vidéos savamment distillées, le tout assaisonné de commentaires et de manœuvres mettant en jeu le petit monde de la macronie. Tout cela parce qu’un membre de la garde rapprochée du président — un fidèle de la campagne de 2016-2017 — a été filmé alors qu’il s’en prenait violemment à des manifestants le 1er mai tout en arborant des insignes de policier, fonction qui n’a jamais été la sienne. Soi-disant sanctionné, il a en fait continué ses activités au cabinet du chef de l’État, bénéficiant de multiples passe-droits telle la libre circulation dans les locaux de l’Assemblée nationale.

Comme par hasard, l’Élysée a fait savoir que la réorganisation de la sécurité présidentielle serait menée à son terme, autrement dit que la nouvelle unité chargée de cette protection ne dépendrait que de la présidence elle-même, indépendamment des circuits traditionnels de la police et de la gendarmerie, devenant une sorte de secret service à l’américaine. Certains ont donc pu penser qu’il était devenu opportun de faire circuler certains documents pour discréditer le proche du président qui apparaissait comme la pièce maîtresse de la restructuration en cours.

Au passage, peut-être par conjonction de forces politiques, administratives et médiatiques, a été sérieusement écornée l’image d’une présidence qui non seulement se voulait exemplaire mais manifestait une rare propension à donner des leçons tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la France. Mais la certitude d’être les meilleurs a amené les membres de l’équipe présidentielle à manifester de plus en plus un véritable sentiment de supériorité confinant à l’arrogance. Cela explique la sortie du président lançant le 24 juillet aux députés de son mouvement : « Qu’ils viennent me chercher ! », ce que le prudent François Bayrou a commenté ainsi : « C’est une formule que j’ai trouvée inutilement western ».

Tandis que, voulant reprendre l’initiative, Alexandre Benalla se répandait dans la presse à la fois pour montrer qu’il était un homme du peuple et qu’il n’avait rien demandé au président, l’opinion publique semblait peu touchée par des événements jugés trop embrouillés. Pourtant ces derniers surviennent alors que la réunion du Congrès à Versailles le 9 juillet n’a apparemment débouché sur rien et que 72 % des Français estiment que, de toute manière, le rôle du Parlement « se limite à enregistrer les lois décidées par le président et le gouvernement ».

Enfin, les prévisions économiques demeurent incertaines. Le Fonds monétaire international a certes salué les réformes engagées, particulièrement celle du Code du travail et de la fiscalité, mais l’institution internationale attend avec impatience celles sur la formation professionnelle, l’apprentissage et l’assurance-chômage.


Mémoire

par Fabrice de Chanceuil

Il y a 100 ans : l’assassinat des Romanov

Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, il y a donc précisément cent ans, étaient assassinés à Ekaterinbourg, sur ordre de Lénine, le Tsar de Russie, Nicolas II, son épouse, l’Impératrice Alexandra Fiodorovna, leur cinq enfants dont le Tsarévitch Alexis Nocolaïevitch et quatre autres personnes qui étaient à leur service. Cet assassinat s’inscrit dans le contexte de la Première Guerre mondiale et de la dérive de la Révolution russe et n’est pas sans rappeler la mort tragique des membres de la Famille royale de France lors de la Révolution française en 1793.

Après avoir abdiqué le 2 mars 1917 en faveur de son frère le Grand Duc Michel, Nicolas II et sa famille ont été placés en résidence surveillée dans le Palais Alexandre situé à Tsarskoïe Selo près de Saint-Pétersbourg. Le 31 juillet, Alexandre Kerenski, chef du Gouvernement provisoire, décide d’exiler les membres de la Famille impériale à Tobolsk, en Sibérie occidentale, sous prétexte de la protéger des bolchéviks mais en fait par crainte d’un coup d’État monarchiste. Leur existence se déroule dans des conditions acceptables jusqu’à ce que les bolchéviks prennent effectivement le pouvoir en octobre 1917. A partir d’avril 1918, peut-être par crainte d’une évasion et au regard de la guerre civile entre l’Armée rouge et les Armées blanches, la famille impériale est transférée en deux convois à Ekaterinbourg où elle est placée en détention dans la villa Ipatiev.

Ekaterinbourg été choisie parce qu’elle est située dans l’Oural rouge, acquis aux idées révolutionnaires, mais celle-ci est bientôt menacée au Sud par la constitution, à Samara, d’une armée contre-révolutionnaire. Jugeant qu’il est trop tard pour transférer une nouvelle fois Nicolas II et sa famille, Lénine prend la décision de les supprimer. Le 21 juin, Yakov Iourovski, le nouveau geôlier de la villa Ipatiev, reçoit un message lui indiquant que « le Comité exécutif, exécutant la volonté du peuple, a décidé de fusiller le ci-devant tsar Nicolas Romanov, coupable d’innombrables crimes sanglants ».

Dans la nuit du 16 au 17 juillet, sous le prétexte d’un transfert dans un lieu plus sûr, la Famille impériale et les personnes restées à son service sont invitées à descendre au sous-sol de la villa. Là, après avoir déclaré à l’Empereur « Nicolaï Alexandrovitch, les vôtres ont essayé de vous sauver mais n’y sont pas parvenus, nous sommes obligés de vous fusiller, votre vie est terminée », Iourovski le tue à bout portant tandis qu’une douzaine d’hommes, dans un désordre absolu, tirent jusqu’à ce que toutes les victimes tombent, le jeune Tsarévitch, qui tentait de s’enfuir ayant, pour sa part, le crâne défoncé à coups de baïonnette. Les corps, placés dans des draps, sont ensuite conduits en camion dans une fondrière où ils sont brûlés à la chaux vive et au vitriol.

Le 25 juillet, la ville est prise par les Blancs de la Légion tchèque et l’année suivante, l’Amiral Alexandre Koltchak, chef des Armées blanches, confie au juge Nicolaï Sokolov l’enquête sur la mort du dernier tsar et de sa famille. Après avoir découvert des vêtements et des effets personnels des victimes dans la fondrière, il conclut à un massacre collectif et à l’incinération des corps. Cette version a longtemps été contestée pour donner naissance à de nombreux mythes dont, notamment, celui de la survivance de la Princesse Anastasia.

En 1990, les corps, qui n’avaient pas été complètement brûlés, sont retrouvés et identifiés par une analyse ADN. Le 17 juillet 1998, pour le 80ème anniversaire de leur mort, les corps retrouvés (il manque encore ceux de la Princesse Marie et du Tsarévitch Alexis qui seront retrouvés et identifiés en 2007) sont inhumés dans la cathédrale Pierre-et-Paul à Saint-Pétersbourg en présence des autorités et du Grand Duc Nicolas Romanovitch, chef de la Maison impériale de Russie. Le 20 août 2000, au vu de leur martyre, de la vénération populaire et des miracles imputés à leur intercession, Nicolas II et sa famille sont canonisés par l’Église orthodoxe russe et leur fête fixée au 17 juillet. Au plan politique, la Cour suprême de la Fédération de Russie reconnaît, le 1er octobre 2008, que le dernier tsar et sa famille ont été victimes de la répression politique du bolchevisme, les réhabilitant ainsi officiellement 90 ans après leur disparition tragique. Quant à la villa Ipatiev, celle-ci a été détruite en 1977. A sa place a été édifiée, en 2003, l’Église de Tous les Saints avec un musée consacré à la Famille impériale.

Avec cette réhabilitation et cette reconnaissance posthume s’arrêtent malheureusement toute ressemblance avec le sort de Louis XVI, de Marie-Antoinette et du petit Louis XVII.


Clefs

par Jean Étèvenaux

Carte postale de Corse

Personne ne contestera que, même si l’expression ne se trouve plus autant employée, la Corse reste « l’île de beauté », selon le terme utilisé par les anciens Grecs, même si d’autres portaient des appréciations plus réservées. Cela explique l’afflux de touristes arrivant et repartant par avion et par ferry, soit 8,17 millions l’an passé, avec une croissance de 5,7 %. La troisième île de la Méditerranée après la Sicile et la Sardaigne offre en particulier un millier de kilomètres de côtes, avec un ensoleillement et des plages dont le seul problème réside dans la difficulté de trouver un stationnement à proximité ; falaises, calanques et îles suscitent des promenades en mer et l’observation de toutes sortes de poissons grâce à la plongée ou même simplement des bateaux à fond transparent.

Ce tourisme représente 12 % du produit intérieur brut et représente la principale ressource avec l’agriculture, grâce à la production de clémentines, de kiwis, de châtaignes — y compris pour la fameuse bière locale —, de brebis, de bovins, de porcins et de vins — les meilleurs se trouvant dans le sud. Il profite aussi du riche passé de l’île, de la préhistoire à Pascal Paoli et à Napoléon en passant par les Génois qui, comme dans toute la Méditerranée, ont laissé leurs tours de surveillance à proximité ou non des forteresses dominant les grandes villes.

L’automobiliste peut se montrer surpris que l’essence coûte à la pompe 10 % de plus que dans le reste de la France, alors qu’elle bénéficie d’une tva de 13 % contre 20 % ailleurs. En outre, on constate que, depuis 2012, s’est développée une entreprise propre à l’île, bien qu’on la trouve aussi en Afrique, aux Caraïbes et dans la péninsule ibérique ; Vito revendique en tout cas une corsitude très affirmée, s’enorgueillissant d’avoir été « la première entreprise privée […] à promouvoir la langue corse dans le cadre de ses activités ». Elle a racheté la presque totalité des stations Shell et Total, devenant ainsi en peu de temps le premier distributeur de carburant sur l’île. Du coup, certains blogueurs ont stigmatisé « les enveloppes pour financer les nationalistes et les clubs de foot véreux ».

À dire vrai, le voyageur, français, italien ou autre, ne constate rien d’agressif contre ce qui n’est pas corse, malgré quelques tags sur la partie francophone des panneaux routiers. Certes, le coût de la vie y apparaît 26 % plus important que dans le reste de la France — dont 17 % pour la restauration, 24 % pour l’alimentation, avec des montées jusqu’à 41 % pour le fromage, 48 % pour la bière locale et 125 % pour le vin. Petite consolation, à côté de certains fruits et légumes, les cigarettes valent 24 % de moins. Mais les Corses eux-mêmes supportent ces différences, même si elles ont tendance à s’accroître avec l’été ; cet écart explique en tout cas les approvisionnements directs en Sardaigne et sur le continent, notamment pour les matériaux de construction.


Humeur

par Erwan Violin

« Un barbu c’est un barbu…

Trois barbus, c’est des barbouzes ». Nous connaissons tous la fameuse phrase du film non moins fameux de Georges Lautner. Aujourd’hui, la saturation médiatique autour de l’affaire Benalla (lui-même barbu) donne une nouvelle jeunesse à l’appellation.

Rappelez-vous, le barbouze, c’est l’épouvantail de la Vème République, le préposé aux coups foireux, le bourreau tranquille de la légalité républicaine, l’exécuteur des basses œuvres des grandes politiques. Les barbouzes, ce sont la « contre-OAS » des années soixante, les tueurs d’Auriol en 1981, les fabricants des Irlandais de Vincennes et les grandes oreilles de Mitterrand. Bref, de vilains agissements, mais une certaine gueule.

Face à ces sinistres et magnifiques guignols, le pauvre Alexandre Benalla ne fait décidément pas le poids. Quant à Emmanuel Macron, il peut toujours, comme jadis les Quatre Barbus, chanter sur un air de Rossini : « Ah, quel plaisir d’avoir une belle barbouze et de s’en servir ! ».


par Paul Chassard

Le blues de la bluecar

On a encore vu rouler à Paris et en banlieue quelques mini-voitures électriques Bolloré le 31 juillet au soir : nostalgiques ? Mais, après 5 ans de service et de polémiques, c’est fini. Les stations le long des trottoirs sont vides et on dit que des centaines de véhicules sont déjà partis à la casse sur les quelque 3 907 que se partageaient moins de 150 000 abonnés répartis sur 102 communes d’Ile-de-France. Que vont devenir les autres voitures encore utilisables ? Aller à Lyon et Bordeaux où le service semble mieux fonctionner ? Ou à l’étranger, à Turin où en Roumanie… où le groupe Bolloré continue à s’implanter ? Que vont devenir les stations parisiennes ? Il semble que, faute d’un logiciel assez performant, elles pourront tout juste, dans un premier temps, servir de parking à des voitures électriques qui ne pourraient s’y alimenter que si on leur offrait l’électricité… Et ensuite pourront-elles servir à des concurrents de Bolloré (Renault, Mini, Opel, PSA, BMW, Volkswagen, Kia…) qui ont chacun une solution à proposer… ? Ou bien faudra-t-il tout casser à grands frais comme lors du changement de prestataires pour les vélos également en auto partage ?

Entre la Mairie de Paris et le groupe Bolloré, on n’a pas fini de se rejeter la responsabilité de ce gâchis d’argent privé et public. Les tribunaux seront amenés à trancher probablement au terme d’années de procédure qui coûteront elles aussi des millions. 350 millions d’euros ont déjà été engloutis dans l’expérience.

Il y a un grand perdant et un grand responsable dans cette histoire triste, c’est le citoyen d’Ile-de-France. Car on a bien compris qu’il n’était collectivement pas mûr pour un tel partage de propriété d’un bien par excellence individuel. Qui n’a vu des usagers déménager une armoire normande dans une mini-voiture, ou d’autres s’amuser avec les suspensions ? La saleté des véhicules a été un frein aux réabonnements. Fallait-il prévoir un surveillant par station, et une femme de ménage ? Il n’y a pas de partage — ou dira-t-on de socialisme ? — envisageable, du moins en région parisienne, sans flicage. Les vélibs cassés qui encombrent les trottoirs, le métro également de plus en plus sale malgré des services de nettoiement importants témoignent chaque jour de la dégradation du sens civique. Dans les bus où le contrôle par les autres voyageurs est plus proche, il y a moins de problèmes et encore… cela dépend où ! Les comportements répréhensibles ne concernent sans doute que moins de 5 % de la population, mais cela suffit à pourrir d’avance toute expérience de « non-propriété » dont on nous dit pourtant que c’est l’avenir de l’humanité. Oui, derrière le fiasco industriel, il y a pour l’instant un fiasco idéologique. C’est triste à pleurer, mais on ne refait pas un peuple en un jour.


Livres

par Catherine Pauchet

Nouvelles

Des gens ordinaires

Primé par le National Book Award (l’équivalent du Prix Goncourt) en 1959, Le Tonneau magique de Bernard Malamud, est devenu un grand classique de la littérature américaine. Ils sont épiciers, tailleurs… des juifs en majorité, immigrés d’Europe de l’Est. Dans le New York de l’après-guerre, ils espèrent une vie meilleure qui atténuerait les souffrances et les deuils vécus. Mais le nouveau monde semble étranger à leurs attentes à croire qu’ils resteront à jamais voués au malheur et que l’espoir n’est pas fait pour eux. Ce recueil de nouvelles, treize portraits de gens ordinaires, vient d’être réédité.

« Le tonneau magique », Bernard Malamud, Rivages, 268 p., 21 €.

Récit

Brigade des stupéfiants

Pendant plus d’un an, le journaliste Alexandre Kauffmann a suivi le quotidien de l’unité Surdoses de la brigade des stupéfiants de Paris. Enquêtes, planques, filatures, actions de terrain, il raconte le travail minutieux de sept policiers d’élite (cinq hommes, deux femmes, chacun porteur d’un surnom : le Chimiste, Chat noir…) qui enquête sur les morts liées à une surdose de drogue. Ce livre très documenté qui tient de l’investigation et du polar, est une plongée dans le monde des dealeurs, petits et gros, et des toxicomanes victimes de produits toujours plus puissants et plus mortels.

« Surdose », Alexandre Kauffmann, édition Goutte d’or, 272 p., 17 €.

Tourisme

Paris

De la capitale, on connaît la Tour Eiffel et l’Opéra mais il y a bien d’autres endroits à visiter. Valérie Appert nous invite à la suivre pour une visite privée de lieux peu fréquentés et pourtant plein de surprises. Ainsi la Ruche. Depuis plus d’un siècle, ce pavillon récupéré à la fin de l’Exposition Universelle de 1900 abrite des ateliers d’artistes cachés parmi les arbres. Chagall, Modigliani et Brancusi ont travaillé ici. A voir également l’atelier de restauration du Musée de l’Air et de l’Espace, les coulisses du Crazy Horse… De quoi sortir des sentiers battus.

« Paris, visites privées », Valérie Appert, Parigramme, 128 p., 9,90 €.

Revue

Japon

Il y a 160 ans, le Japon et la France établissaient des relations diplomatiques. Jusqu’en février 2019, de nombreux événements célèbreront cet anniversaire. Pour l’occasion, le magazine A/R consacre un numéro spécial au pays du soleil levant, sa culture, ses traditions, ses paysages. Parmi les sujets abordés : les quartiers de Shinjuku (affaires) et d’Odaiba (divertissements), l’Île de Yakushima, ses cascades et ses cèdres, le pèlerinage dans la montagne de Kumano, un portfolio…

« Japon », A/R, août 2018, 6,30 €. En kiosque.


Cinéma

par Marie-Christine Renaud d’André

Capitaine Morten et la reine des araignées

Son père naviguant sur les océans, le jeune Morten, qui a été confié à la garde de la terrible Annabelle, communique avec lui grâce à son ami le pigeon voyageur.

Réalisé en stop-motion (image par image), ce film singulier et plein de charme séduit par la beauté de ses images et par les nombreuses trouvailles qui émaillent le récit. Entre réalité et fantastique, l’histoire s’égare un peu et n’évite pas les outrances. Mais l’ensemble est assez réjouissant, d’autant plus que le film est plein de gags visuels, en particulier dans l’utilisation originale des objets.

Le courage du jeune héros est réconfortant, et il y a une jolie fin. Mais la lâcheté des uns et des autres est pénible.

Film d’animation britannico-belgo-irlando-estonien (2017) de Kaspar Jancis (1h15). (Tous) Sortie le 15 août 2018.

Une famille italienne

Ils sont venus, ils sont tous là pour célébrer les 50 ans de mariage de Pietro et Alba, sur une jolie île d’Italie. Mais une terrible tempête bloque tout le monde sur place.

Avec un sujet pareil, on peut se douter que les dissensions et les lourds secrets de famille vont faire surface et déchirer l’harmonie de façade de cette belle famille italienne réunie pour fêter les anciens. C’est dire si l’ensemble est très réaliste, malgré quelques outrances. Surtout, une brochette d’excellents comédiens fait vivre cette famille… qui ressemble à tant d’autres. Comme le dit si bien le titre original A casa tutti bene (À la maison tout va bien).

Si la famille est au cœur de cette histoire, l’adultère, illustré de flashs très suggestifs est également présent.

Comédie dramatique italienne (2018) de Gabriele Muccino, avec Stefano Accorsi (Paolo), Carolina Crescentini (Ginevra), Elena Cucci (Isabella), Tea Falco (Arianna), Pierfrancesco Favino (Carlo), Claudia Gerini (Beatrice) (1h45). (Adultes avec des éléments nocifs) Sortie le 1er août 2018.


Le chiffre de la semaine

0,2%

C’est le taux de croissance enregistré par l’INSEE pour le deuxième trimestre 2018. Ce taux, inférieur aux prévisions, est identique à celui du premier trimestre de l’année. Il s’agit du taux le plus faible enregistré depuis 2016. Avec la légère augmentation du chômage (+0,1%) et la baisse en mai de la production industrielle (-0,2%), ce chiffre confirme la baisse de dynamisme de l’économie française.

Selon l’INSEE, même en cas de reprise, la croissance pour l’année 2019 devrait être de 1,7%, loin des 2% attendus par le gouvernement. Les causes de ce ralentissement, toujours selon l’INSEE seraient à chercher notamment du côté des grèves qui ont touché la SNCF et Air France et ont provoqué un recul des dépenses de transport de 3,2%.


D’un jour à l’autre

France

SNCF

Un incendie dans le transformateur électrique d’Issy-les-Moulineaux a gravement perturbé les départs des trains depuis la gare Montparnasse et d’autres gares parisiennes le 27 juillet. Plus de 80 000 voyages ont dû être annulés jusqu’au 31 juillet.

La SNCF a publié une perte de 762 millions d’euros due aux grèves du printemps contre l’ouverture à la concurrence en janvier 2019 et la fin du statut des cheminots votés au Parlement le 14 juin. La dette de la SNCF qui gère les trains dépasse les 35 milliards. Celle de SNCF Réseau, qui gère les voies ferrées, est estimée à 49 milliards d’euros.

La SNCF a confirmé le 27 juillet qu’elle commanderait 100 nouveaux TGV à Alstom-Siemens pour 3 milliards d’euros entre 2023 et 2033.

Poste

Pour compenser la baisse du trafic postal (- 6 % par an), les tarifs du courrier vont encore augmenter en 2019. Le timbre rouge « prioritaire » passera à 1,05 euro (10,5 % d’augmentation) et le timbre vert « lent » sera à 0,88 euro, soit 10 % d’augmentation. En revanche les tarifs des colis, soumis à une forte concurrence, n’augmenteront que de 1,4 %.

Commerce

L’autorité de la concurrence a infligé une amende de 20 millions d’euros à Fnac-Darty (François Pinault) pour ne pas avoir revendu avant le 1er août 2017, 6 magasins qui, selon l’autorité créent une distorsion de concurrence depuis la fusion des deux chaînes de distribution qui détiennent environ 300 succursales en France.

Circulation

Les voitures électriques en autopartage Bolloré, qui comptaient environ 150 000 abonnés, ont été définitivement retirées de Paris et sa banlieue le 31 juillet. L’industriel demande environ 230 millions de remboursement et indemnités au syndicat des communes qui a résilié la concession le 21 juin dernier à cause du déficit croissant de ce service.

Monde

Pakistan

L’ancien champion de cricket et play-boy Imran Khan, qui a promis un « État-providence islamique », et a obtenu le soutien de l’Armée et des islamistes, est arrivé en tête des élections législatives du 25 juillet. Son parti ayant obtenu 100 à 110 sièges sur les 272 de l’Assemblée nationale, il doit obtenir l’accord d’un certain nombre de partis régionaux pour former un gouvernement qui devra régler la question d’un budget au bord de la faillite (moins de deux mois de réserves de change) avec un probable appel au FMI qui imposera un plan de privatisation et restructuration fiscale à hauts risques.

Laos

Le barrage hydroélectrique de Xe-Namnoy a cédé le 23 juillet, libérant des milliards de tonnes d’eau noyant plusieurs villages. Les autorités communistes cachent le nombre réel des victimes, probablement plusieurs centaines.

Cambodge

Le parti du Premier ministre Hun Sen a remporté les élections législatives du 29 juillet (100 sièges sur 125) avec un taux de participation de 82 % selon les autorités. Son seul rival crédible, le Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC), a été dissous en 2017.

Mali

Huit millions d’électeurs inscrits (sur 18 millions d’habitants) étaient appelés le 29 juillet pour une élection présidentielle dominée par le chef de l’État sortant Ibrahim Boubacar Keita (IBK), 73 ans, et un ancien ministre des Finances, Soumaïla Cissé, 68 ans.

Nicaragua

Des milliers de manifestants ont défilé le 28 juillet à Managua, sans incidents, pour soutenir les évêques que le président Ortega accuse de complot.

Espagne

Après le retrait par la justice espagnole, le 19 juillet, du mandat d’arrêt européen le visant et sa libération en Allemagne, le dirigeant indépendantiste catalan Carles Puigdemont a pu regagner sa maison de Waterloo en Belgique le 28 juillet.

Californie

De gigantesques incendies de forêt ont fait une dizaine de morts en Californie. 38 000 personnes ont été évacuées dans le comté de Shasta. La Yosemite Valley a été fermée au public.

Grèce

Le bilan des incendies fin juillet était de 92 morts mais il y avait encore des dizaines de personnes dont on restait sans nouvelles.

Internet

Le réseau social Facebook, qui est utilisé par 2,23 milliards de terriens, a connu le 24 juillet à Wall Street un repli de 19 % de ses cours boursiers à Wall Street, ce qui a détruit 114 milliards de dollars de valeur en une seule séance.

Santé

Une nouvelle formule du médicament Lévothyrox (ou Euthyrox) contre les déficiences de la thyroïde va être introduite dans 21 pays de l’Union européenne. Le laboratoire Merck assure qu’elle n’aura pas les effets secondaires indésirables de la précédente formule qui ont causé une révolte des utilisateurs et les plaintes en justice de plus de 1 200 patients.

Sport

Cyclisme

Le Britannique Geraint Thomas a remporté le Tour de France le 29 juillet sur les Champs-Élysées devant le Néerlandais Tom Dumoulin et son compatriote Christopher Froome. Romain Bardet est le premier Français (en sixième position).


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